PORTRAITS D'HAÏTI

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PORTRAITS D'HAÏTI

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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PORTRAITS D’ HAÏTI
JUILLET 2010
Cet ouvrage s’ adresse à ceux qui souhaitent découvrir ce petit pays des caraïbes. Il a été écrit afin de permettre aux éventuels touristes de préparer leur voyage avec un avant-goût de leurs possibles rencontres.
Sa lecture va, je le souhaite, transmettre un peu de ma passion pour cette terre et pour ses habitants. Mais, j’ aspire avant tout à faire découvrir le visage caché d’ Haïti. Ses croyances, ses rêves et ses espoirs. En partageant mon expérience du pays j’ espère facili ter et encourager sa découverte.
Certains mots ou expressions font l’ objet d’ une explication  spécifique. Ils constituent un BABA indispensable pour appréhender la vie Haïtienne.
Les conseils au voyageur achèvent ce petit guide. Ils contribueront, j’ espère, à transformer un voyage « dans un pays pauvre » en un véritable échange culturel et humain.
 
 
 
 
Port au P rince, 3 juillet 2010. C’ est mon second voyage de l’ année en Haïti. Le premier avait suivi le tremblement de terre du 12 janvier. Durant une courte semaine j’ avais effectué une mission d’ évaluation et de soutien humanitaire à Fontamara, un quartier populaire de la capitale. Trop court pour prendre le temps de ren contres. Trop occupé par l’ immense tâche à accomplir. J’ étais reparti avec un sentiment d’ inachevé. Un second voyage s’ imposait.  
Durant celui-ci j’ ai pu pénétrer davantage la société Haïtienne. Par tir à la découverte de la population rurale, celle qui vit « loin de la capitale ». Percevoir de nouvelles vérités d’ Haïti , Nation qui prend ses fondations dans une philosophie de la vie bien particulière. Mes précédents voyages m’ avaient sans aucun doute bien préparé. Fort de mes expériences Haïtiennes j’ ai tenté d’ ouvrir mon regard sur des habitants croisés au hasard des routes. Je les ai observés , j’ ai été attentif à leur comportement, leur s attitudes. J’ ai pu échanger avec eux. Ma maigre connaissance du C réole m’ a ouvert les portes de leurs consciences et de leur vision du monde. J’ ai donc pris le parti de faire partager ma connaissance du pays en évoquant ces rencontres. Que ces Haïtiens soient remerciés pour leur accueil et leur gentillesse mais surtout pour la richesse des moments que nous avons partagés.
 
Nicolas
Grand et mince il doit approcher la soixantaine. Il vit seul sur le toit d’ une des rares maisons non effondrées de Port au Prince. Quand j ’ écris « seul » : traduisez en célibataire. Ce toit, il en partage l’ espace avec une quinzaine de personnes. La terreur suscitée par le tremblement a obligé les habitants à dormir à l’ extérieur. Passer la nuit sous un toit en béton n’ est pas encore envisageable. Le paysage de maisons effondrées, la vue constante sur ces demeures devenues des cimetières ont engendré un changement des comportements. Le temps du sommeil a donc naturellement lui aussi été affecté. C’ est la raison pour laquelle Nicolas a choisi avec d’ autres de s’ installer sur ce toit. Le climat tropical favorise grandement cette transformation. La douceur des nuits permet (quand la pluie n’ est pas de la partie) un repos du corps et de l’ esprit.  
Son installation se résume à une tente. Là, on pourrait prononcer le mot « luxe ». Je ne veux pas m’ étendre sur les conditions d’ hébergement dans la capitale. Je préfère laisser le lecteur imaginer une ville de 3 millions de personnes détruite à 80%.
Mais Nicolas a eu de la chance. La maison dans laquelle il travaille (et où il vit) n’ a pas été endommagée. L’ onde sismique l’ a épargné e . Si tout autour de lui n’ est que ruines, le ciel a décidé de lui préserver son lieu de vie.
Sa tente repose sur une grille métallique elle-même posée sur des parpaings de béton. Ainsi Nicolas protège sa demeure des pluies et des insectes rampants. Sa « villa sur les toits » renferme toutes ses richesses, toute sa fortune. Cette modeste tente de 2 places lui a permis de mettre à l’ abri l’ ensemble de ses biens. Nicolas ne possède rien, ou si peu. Son habit du dimanche, quelques tee-shirts très usagés, une paire de chaussures pour la messe, une paire de draps . L’ inventaire ne va guère plus loin. Son bien le plus précieux ? Il me l’ a dévoilé en sortant de sa poche son portefeuille. Là se cachait une photo de son enfant. Celui qui est allé vivre en France adopté par une famille. Je l’ ai découvert entouré par ses parents adoptifs au milieu d’ un champ de fleur. J’ ai cru reconnaitre les Alpes. Son petit garçon, il n’ a pu le garder. Il a été contraint de l’ abandonner pour pouvoir lui offrir une   « meilleure vie ». Nicolas ne possède rien. La lecture lui est inconnue et seuls ses bras et sa capacité à abattre le travail lui permettent de survivre chaque jour. Chaque jour, en effet il a en charge l’ entretien de la maison o ù est posée sa tente. Il s’ occupe de l’ eau, de la surveillance des citernes, de l’ approvisionnement en charbon, du nettoyage. Il nettoie les terrasses avec son balai de paille, assure la surveillance du bien quand les autres sont partis. Il ne quitte que rarement cette maison. Son refuge. Son domicile.
Quand il sort, Nicolas se rend en bas de la rue. Le soir quand toutes les tâches sont terminées. Là, une échoppe propose du clarin . La petite bouteille de 30cl est remplie d’ herbes qui donnent à l’ alcool de canne toute sa force. La journée s’ est achevée. Avant
que la nuit ne tombe complètement sur Port au Prince, Nicolas va déguster son clarin. Il va le partager avec ceux qui sont présents. Les quelques Gourdes glanées ici et là suffisent à ce moment de plaisir. Qu’ il est bon ton clarin Nicolas !
Nicolas est fier d’ être Haïtien. Il porte en lui la force et les faiblesses de ce pays. Fort dans ses convictions et dans la capacité à se réjouir de la minute présente. Faible dans sa culture et dans sa perception de l’ inconnu.
La gentillesse de cet homme m’ a profondément touché. Alors que j’ étais souffrant  (la conséquence d’ une vilaine infection) il a veillé sur moi. Il m’ a aménagé un espace de repos digne des plus grands hôtels. Il a e u soin de veiller à l’ ombre et à la propreté du lieu. Il a su préserver ma convalescence . Nicolas, tu restes l’ un de mes plus beaux souvenirs d’ Haïti. Cet homme qui ne possède qu’ un toit de toile et des effets misérables possède un cœur et un sens de la vie qui ont été le déclencheur de l’ écriture de cette série de portraits .
Si Dieu veut je retournerai boire du Clarin à Port au Prince avec mon ami Nicolas.
 
 
Nicolas
DIDINE
Aller chercher l’ eau à la source. L’ eau « propre » pour la cuisine. Descendre à la rivière laver le linge. Cueillir les fruits dans la forêt. S’ occuper du foyer. Voici le quotidien de Didine. Comme toutes les femmes Haïtiennes, c ’ est sur elle que repose la bonne marche de la maison, de la kay . Les « corvées », c ’ est pour elle , jusqu'à ce que ses enfants soient assez grands pour prendre la relève. Ce n’ est pas encore le cas. Elle n’ a que 30 ans Didine mais déjà 4 enfants. Son mari ne peut guère l’ aider au quotidien. Il a 68 ans et peut tout juste s’ occuper de la cuisine et de la conduite financière de leur petite maison de terre et de bois.  
A quelques kilomètres de Jérémie, cette famille de paysans m’ a accueilli quelques jours. Le temps pour moi de mieux comprendre le fonctionnement de la famille Haïtienne et de partager la vie « en province » . Sur les hauteurs de la rivière Grande Anse leur kay n’ est plus toute jeune. Les fissures et les ouvertures dans les murs témoignent de la difficulté à entretenir ce bien. Entourée par une forêt d’ arbres fruitiers , elle se compose de deux pièces d’ environ 8  mètres carrés. Toutes servent exclusivement comme chambre à coucher. La cuisine se trouve à l’ extérieur dans une cabane en bois. Le toilette est un puisard et le bain se fait au vu et au su de tous.
Didine se lève tôt le matin. Il y a du monde à la source et celle-ci est à 3 kilomètres…  Elle est heureuse d’ avoir un mari. Quelqu’ un qui lui a offert un foyer et de s enfants. Elle se prend à rêver d’ un avenir dans ce coin de campagne. La famille possède beaucoup de terre et les plantations sont nombreuses. Quand ses enfants seront en âge, ils pourront l’ aider aux récoltes, vendre les fruits au marché et ainsi augment er les entrées d’ argent. Qui sait ? Elle pourra peut-être s’ offrir de nouveaux habits et quelques parures ?
Cette vie de misère, Didine l’ affronte avec un sourire quasi permanent. Elle remercie Dieu de lui avoir donné des fruits et de faire pousser la canne. Elle sait replanter pour entretenir ses cultures. Elle sait apprécier la plus petite saveur. Elle se nourrit avec ce que la nature lui donne. La nuit, comme tous les autres, elle ne regarde pas le ciel. Quand il y a une étoile filante c’ est le signe que quelqu’ un est parti. Ce s peurs du noir et de l’ obscurité  sont profondément ancrées dans la société haïtienne . C’ est sans doute pourquoi elle a sauté de joie quand je lui ai offert une lampe dynamo. Je la revois chanter et crier dans sa petite maison pour ce cadeau inestimable. Ce bien rare qui va lui permettre de repousser les limites de la nuit, d’ affronter une peur des ténèbres viscérale et de conserver à chaque utilisation un souvenir de moi.
Il y a une personne sur laquelle Didine veille avec beaucoup d’ attention. C’ est GranMa.
 
 
Didine
GRANMA
Elle a été faite en 1915. Son âge impose le respect à tous.
Un peu sourde, mais lucide et valide, elle passe ses journées sous le porche de la kay. Didine veille sur elle. Elle la coiffe, l’ aide à la toilette. D’ aucun s passent la voir, prennent des nouvelles et lui demandent conseils. L’ espérance de vie en Haïti est de 47 ans pour les femmes. Elle a atteint le double ! Loin de la capitale, dans un lieu préservé de toute pollution, elle a assisté aux rares transformations sociales. Elle évoque l’ apparition des motos chinoises qui ont inondé le pays et qui ont remplacé les bourriques . Elle parle du télép hone portable comme d’ une hérésie. Elle n’ a jamais quitté sa province. D es quatre fils qu’ elle a eus, un seul est encore de ce monde . C’ est Antoine, le mari de Didine, âgé de 68 ans. Elle redoute qu’il ne parte avant elle.
GRANMA s’ est préparée au grand v oyage. Elle a acheté depuis longtemps son cercueil. Il était installé dans la pièce à vivre. Mais les années ont passé, le bois a pourri et elle a du en commander un nouveau. Elle s’ endort chaque soir avec sa couronne mortuaire au dessus du lit. Elle ne veut pas aller « dans le froid ». Elle veut être immédiatement enterrée quand le sommeil éternel viendra. Sa cérémonie est déjà programmée et les messes réservées.
Elle critique les « vagabonds », ceux qui ne travaillent plus la terre et qui viennent glaner sur ses terres quelques fruits. Elle n’ a plus la force de s’ y opposer .
GRANMA c ’ est une rencontre, une leçon sur la manière d’ aborder sa fin de vie. Elle est venue me parler, la veille de mon départ, seule. Elle m’ a montré un billet de 200 gourdes et e lle m’ a parlé de ses funérailles. Droit dans les yeux elle m’ a sollicité comme une mère demande à son fils un peu d’ aide pour que sa cérémonie soit sans souci. Personne ne peut l’ aider à cela plus que moi. Seul et unique « blanc » qui ait partagé son toit durant ces 96 années je ne pouvais rester indifférent. Le destin nous place parfois dans des situations très particulières . C’ est en séchant ses larmes qu’ elle a glissé dans le creux de sa main un bien petit billet de 20 dollars américain. J’ ai passé ma d ernière nuit à Jérémie comme les autres à dormir à ses côtés dans la même pièce, sous la même couronne funéraire.
 
 
 
 
Granma
INCONNUE AU BATON
Elle passe près de la maison comme une ombre. Maigre sous ses habits troués elle se déplace lentement. Son ventre bien rond traduit une naissance prochaine. Elle fuit les regards et ramasse la longue perche qui trainait là. Elle s’ en sert pour faire tomb er quelques citrons. Ils lui seront utiles pour cuisiner le poisson et le poulet. Son glanage achevé, elle repart sans un mot.
Les langues se délient. Didine m’ explique qu’ elle n’ a pas encore 30 ans, 10 enfants  et qu’ elle est positive. 6 de ses enfants sont touchés par la maladie . Pas de traitement. Aucun moyen contraceptif. Une vie de misère à la merci d es hommes qui passent… Pour un dollar Haïtien elle a du livrer son corps. Pour survivre avec ses enfants elle s’ est exposée. Le virus est là, bien actif. Son départ est proche . Tous le savent et c’ est pourquoi on la laisse prendre ces quelques citrons.
Le sida fait des ravages dans les provinces Haïtiennes. L’ inconnue au bâton me l’ a rappelé.
 
 
 
JEAN BAPTISTE
C’ est l’ histoire d’ une rencontre l’ instant d’ une  pluie. Une averse tropicale localisée sur la plage d’ Anse d’ Azur à une dizaine de kilomètre s de Jé rémie. C’ est LA plage du secteur , de la zone. En plein juillet elle était néanmoins déserte. Le sable blanc se noyait dans une mer turquoise. Un paysage de carte postale. Mais Anse d’ Azur c’ est aussi, à mes yeux, un symbole du désastre écologique qui frapp e Haïti. Bien qu’ isolée de toute habitation , les « fatras » et détritus en tout genre abandonnés par les rares visiteurs sont légions. La pluie comme partout dans le pays fait office d’ entreprise de nettoyage et entraine tout cela vers la mer. L’ absence totale de politique et d’ éducation environnementale s sont à l’ origine d’ une catastrophe à venir. Sans oublier ces considérations, mon re gard s’ est porté sur la seule personne visible. Un pê cheur. Le temps de l’ averse il est venu partager notre abri : d’ anciennes douches à moitié effondrées datant de l’époque Duvalier . Nous avons échangé quelques mots, évoqué la peur que les Haïtiens ont de la mer, sur les superstitions qui l’ entoure nt . Comme l’ é crasante majorité et bien que pêcheur, Jean Baptiste ne sait pas nager. Il a peur de prendre la mer et préfère rester sur la côte. Pas de prise aujourd’ hui. Juste quelques coquillages qui lui serviro nt d’ appâts. J’ ai raccompagné le pêcheur d’ Anse d’ Azur chez lui. Nous avons marché quelques kilomètres en échangeant mes trop rares mots de créole. J’ ai pu ensuite évoquer son nom et ainsi commenc er à percer les mystères de cette langue qui m’ était jusqu' alors peu compréhensible.
Mwen rélé Régis, mwen allé baigné Anse d’Azur. Mwen palé p écheu Jean Baptiste la. Mwen connaissé li . Il y a là sans doute quelques fautes orthographiques mais la prononciation et le sens sont correctes. Merci à toi Jean Baptiste pour avoir été le déclencheur du plaisir et de la volonté de débuter mon apprentissage de ta langue.
 
POLICIER DE JEREMIE
Il veille sur l’ entrée du poste de police. Installé sur une chaise, il assiste au défilé incessant des motos chinoises . Situé à l’ entrée de la ville, face à la gare routière le commissariat n’ est pas un lieu de grande activité. Si à Port au Prince le métier de policier comporte des risques accrus, Jérémie est une ville très calme. Hormis quelques rixes entre des personnes ayant abusé du clarin et quelques « vagabonds les interventions de la police se limitent aux » patrouilles quotidiennes. Ici, comme dans tous le pays, ce sont les casques bleus qui font redouter des incidents. Mais en vérité, leur présence est de plus en plus rejetée. A juste raison. Enfermé dans leur base les soldats onusiens sont peu actifs. « Ils ne font que passer » dans leurs véhicules flambants exhibant leur puissant armement et leurs uniformes impeccables.
Le sien aussi est impeccable. Flanqué du drapeau Haïtien sur l’ épaule, le policier de Jérémie assure « l’ accueil » du poste. Il se balance sur sa chaise les yeux rivés sur un livre. Juste un regard de temps à autre pour dévisager tel ou tel passant et adresser un salut. La nuit tombe. Le commissariat se charge en pénombre. Quand tout à coup. « Ils » ont donné l’ électricité. Petit mouvement de personnes. Chacun va mettre en charge son téléphone portable. Cela représentera toujours une économie. En ville il faut se rendre à la boutique et payer pour cela. Les policiers peuvent le faire sur leur lieu de travail.
Il est retourné s’ installer sur sa chaise. Malgré la faible lumière il est concentré sur sa lecture. Je m’ approche. Mon petit vocabulaire en créole me permet d’ engager la conversation . Voilà maintenant plus d’ une heure que j’ étais là. A côté de lui, installé moi aussi sur une chaise dans le poste. J’ attendais le moment du départ du bus pour Port au Prince et il était plus tranquille d’ attendre dans ce lieu. Je m’ intéresse à son ouvrage . C’ est un très vieux « que sais-je ? » qui a pour titre « les grands philosophes ». Ce livre date des débuts des années 80. On devine qu’ il a été lu des centaines de fois. Les pages sont parsemée s d’ annotations. Le papier est jauni. La couverture tient par miracle. Il m’ explique qu’ il étudie pour présenter des concours au sein de la police. La philosophie tient une place prépondérante dans ce concours. Cette discipline méprisée en France est un véritable pilier de l’ Education Haïtienne. Son étude débute très tôt (dès le collège) et ouvre les portes des Institutions. C’ est une nouvelle rencontre. Je viens de mettre à jour un nouveau volet de la société Haïtienne. Ce policier lisant un livre traitant de philosophie à l’ entrée du commissariat de Jérémie m’ appa rait comme un symbole. Il porte en lui un indice fondamental sur la construction des savoirs en Haïti : l’ apprentissage de la philosophie.
Mais déjà le bus klaxonne. Le chauffeur de la compagnie « Dieu qui décide » appelle les derniers passagers. J’ en suis . Je laisse le policier de Jérémie à sa lecture. Même pas le temps d’ une photo. Juste un bonsoir et je suis parti dans la nuit.
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