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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Ulaan Baatar - Mongolie NC 17-08-2006 Vols British Airways Paris - Londres et Londres Pekin : pas de problemes malgre le renforcement des mesures de securite suite a l'arrestation des terroristes la semaine precedente. Vol Pekin - Ulan Bator : au moment d'entamer la descente sur Ulan Bator l'avion reprend de l'altitude et l'hotesse nous annonce que les conditions meteo ne nous permettent pas d'atterrir. Pourtant il fait un temps de reve. Nous ne comprenons pas et n'aurons jamais d'autre explication. Retour a Pekin, il est 12h. On passe la journee a l'aeroport, dans la salle d'embarquement a faire connaissance avec les autres passagers du vol CA901 et on apprend a attendre. On a beau se plaindre, c'est le bon plan pour absorber le decalage horaire en douceur. Sieste / cafe chez Starbucks / seance parfumage au CK One en duty free pour masquer les odeurs car ca fait quand meme plus de 30h qu'on a quitte Paris et je manque d'asphyxier Nicolas a chaque fois que je leve les bras, ca sent deja le yack / re-sieste / plateau repas / seance hydratation-nutrition avec les produits Creme de la Mer en duty free (pour les connaisseuses : tant qu'a faire autant choisir les plus chers). Le vol est d'abord reporte a 15h, puis 19h et finalement annule. Vers 20h le personnel d'Air China affrete un bus qui nous conduit a l'hotel Schengen ou personne bien sur ne parle anglais ! Le lendemain : journee passee a l'hotel a attendre que notre vol decolle enfin. C'est chose faite a 19h apres 2 ou 3 reports que l'on ne mentionne plus. Second miracle, nos bagages enregistres a Paris apparaissent sur le tapis de debarquement. Troisieme miracle, il est 23h et le chauffeur de la Guesthouse d'Ulan Bator nous attend a la sortie de l'aeroport avec son petit panneau. Le pauvre a du faire au moins 5 allers-retours ces 2 derniers jours !
Ulaan Baatar - Mongolie NC 20-08-2006 Ulan Bator (UB pour les intimes) n'est pas une ville tres agreable a proprement parler. Elle a ce petit quelquechose de "pas fini" des villes du far west avec ses routes asphaltees qui se transforment tout a coup en pistes de terre battue et ses poteaux telegraphiques a l'implantation anarchique. Sans oublier l'architecture severement marquee par la periode stalinienne : de quoi faire fremir les amateurs de belles pierres. Le moindre immeuble de plus de 3 etages ressemble a une cite du 9.3. et c'est tout juste si on ose s'y engager de jour. A quelques minutes du centre ville, on apercoit les premieres yourtes (ou gers) masquees par des palissades. Des chiens errants fameliques poursuivent les voitures et les enfants des rues retrouvent les sous-sols a la nuit tombee recherchant la chaleur des canalisations. UB, on y passe par necessite, c'est le bon spot pour organiser des tours dans le reste du pays, trouver une jeep et des co-equipiers. Mais curieusement on a fini par s'attacher a cette drole de ville grace a quelques belles rencontres et a ses bakeries qui ont ameliore l'ordinaire ! En fin de compte, on y a passe de tres bons moments et c'est sur on reviendra. Merci a Camille et Sylvain et a leur "famille d'accueil" : Samka, Dikchi...
Tsetserleg - Mongolie NC 26-08-2006 Au coeur de la province de l’Arkhangai, centre de la Mongolie, Tsetserleg accroche ses bidonvilles a flanc de coline. C'est plus un relais essence-vodka qu'une veritable ville. C’est notre deuxieme etape depuis que nous avons quitte Ulan Bator. Ce soir, notre Naran Guest House releve du nec plus ultra. On a une chambre double, chose rare dans un pays de dortoirs et un filet d'eau tiede, la c'est un miracle ! Le disco du sous-sol draine toute la jeunesse locale. On se tremousse sur de la techno mongole et du rap russe. Les filles sont jeunes et sortent en groupe. Elles sont ultra-maquillees, portent des jeans, talons hauts et sweat-shirts a capuche dernier cri. Candice n’est pas tout a fait au niveau avec sa panoplie pantalon de trek-baskets-polaire ! On se fait des amis le temps d'une soiree mais on n'ira pas jusqu'a l'echange du sang, meme si cette jeune fille Mongole, et mormonne de surcroit avait l'air d'y tenir ! Heureusement, car on apprendra en arrivant a Pekin que plusieurs cas de peste noire se sont declares apres notre passage, que la ville a ete placee en quarantaine et que les touristes, coinces la-bas, tentent de quitter la ville clandestinement a bord de camions-passeurs !
retour Khövsgöl-UB Mongolie NC -26-08-2006 Apres 14 jours d'expedition dans la campagne mongole, c'est le retour a Ulan Bator. Les 2 derniers jours ont ete les plus rudes et nous sommes rentres completement casses. On a passe une soiree a la dure chez une famille nomade entre Moron et Bulgan. Ca n'etait pourtant pas la premiere fois mais ca passait mieux au debut du voyage... Allez savoir pourquoi ! On a eu droit, comme le veut l'usage chez toute famille mongole qui se respecte, au lait de jument, a l'alcool et au fromage de yack ... C'etait tellement infect qu'on en etait reduit a cacher ce dernier dans nos poches et a reverser le lait dans le thermos des que nos hotes avaient le dos tourne ! Ajoutez a cela une visite privee de la roulotte-boucherie ou la famille stockait et decoupait la viande...eurk...les dernieres marmottes abattues etant encore etendues sur le sol ... Le soir, il y avait 16 personnes dans la yourte, tout le voisinage s'etait reuni pour savourer l'attraction que nous representions. Impossible de communiquer cette fois car Georges notre chauffeur s'etait endormi avec ses 3 mots d'anglais. On s'est donc regarde dans le blanc des yeux pendant
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2 heures puis les curieux se sont esquives sur leurs motos dans la nuit. Au moment de se coucher notre famille d'accueil n'a pas resiste au plaisir d'exhiber sa TV en noir et blanc et nous avons regarde heberlues, les championnats d'Asie de judo ainsi qu'un film francais savamment double en mongol. Comme il n'y avait pas assez de lits dans la yourte, on s'est etendu par terre dans nos sacs de couchage, emitoufles dans nos vetements, pour lutter contre les -5c une fois le feu eteint. Au petit matin, on est reparti en quatrieme vitesse pour echapper aux horreurs qui nous attendaient a en croire les morceaux de viande sechee que notre hote avait conserve sous son lit pour le petit dejeuner ! Ensuite nous avons eu droit a 2 jours de route en tape-cul a 30 km/heure pour rentrer a UB. Il nous reste maintenant 2 jours pur recuperer avant de reprendre le train-couchette et le "sleeping bus" pour Pekin (32 heures de trajet...). Khovsgol lake - Mongolie NC  31-08-2006 Nous venons de passer 3 jours a nous geler les *** a Hatgal dans le parc naturel du Kovsgol, au bord du lac eponyme. Contre vent, neige et grele, nous avons randonner, a pied et a cheval pour Nicolas qui se plait de plus en plus sur ces montures « de petite taille »… Revers de la medaille, son guide l'a emmene dejeuner dans sa yourte, pour une tete de chevre sechee ( le meilleur morceau). Le sechage en zone humide se traduit plutot en un delicieux pourrissage. Cauchemar garanti!Nous sommes a quelques kilometres de la frontiere siberienne, ou les paysages de "taiga" ont remplce la steppe. L'automne a commence a bruler les feuillages, mais le soleil perce encore parfois les nuages, lechant ces paysages. Le relief s’est fait plus acere, et les quelques paturages a yacks finissent toujours en marecage jusqu’au lac. Le soir, le premier geste en arivant au campement et d’allumer le feu. On joue au carte, avec le chauffeur mongol qui est bien le seul a comprendre les regles, ou aux echecs. Pas une seule douche cette semaine et le lac nest vraiment pas praticable pour ca. Mais on s’habitue a tout… Transmongolien - Mongolie NC 07-09-2006 Transmongolien Ulan Bator - Pekin (7 au 9 sept 2006) Arrivee a Pekin apres 1 jour et 2 nuits de Transmongolien puis d'un cahotique "sleeping bus" ou l'on ne dort jamais !!! D'abord 18h de train-couchette pour atteindre la frontiere sino-mongole. On embarque dans le train mythique a 20h30, voiture 1, compartiment n.3 avec 2 etudiants ardechois. Une chance ! On aurait pu avoir a supporter les crachats des chinois toute une nuit ! La soiree commence mal : malgre l'interdiction de fumer placee ostensiblement au-dessus de la fenetre, on allume tous une clope. Un flic deboule alors dans le compartiment et veut nous donner a tous une amende. Nicolas reussit a l'amadouer au bout de 20 mn et le trouffion repart, mais il a quand meme reussi a nous faire peur ! D'autres policiers, patibulaires mais presque, font irruption toutes les 5 mn. Ca ne nous empeche pas de discuter tous les 4 tambour battant jusqu'a 23h. Le train est assez confortable meme si on est loin de l'Orient Express et on peut se servir de l'eau chaude a volonte dans le couloir grace au poele a bois installe a l'entree de chaque voiture. La nuit est agitee car on traverse le desert de Gobi et le sable s'insinue a travers les vitres jusque dans nos duvets. Arrivee le lendemain a 9h a Erlian, ville frontiere cote chinois. Les controles de passeports et de visas n'en finissent plus et vers 12h on nous debarque enfin. Un minibus nous transfere jusqu'a la gare routiere ou nous remontons dans un sleeping-bus de la Mongolia Inter Railway vers 15h. Celui-la vaut le detour : il y a 40 couchettes de 50 cm de large sur 1,50 m de long, calibrees pour les petits chinois, le tout sur 3 rangees de 2 etages. On se croirait dans un wagon a bestiaux ! Bien entendu, les chinois sont a l'avant et les touristes occidentaux parques a l'arriere. Nicolas a droit a une place de choix, ce qui nous vaut un fou-rire monunental. Une poutre empiete de 20 cm sur son alcove, sa fenetre ne ferme pas (ce qui lui vaudra un bon rhume apres coup) et le haut-parleur au-dessus de sa couchette est deregle et hurle a tue-tete ! Il finira par le demonter a coup de canif. Les "allees" entre les couchettes sont tellement etroites qu'on doit se deplacer de profil tout en evitant les coups de pieds ou de genoux involontaires des voisins. Le conducteur s'arrete officiellement une fois en 16h dans un relais routiers ou on avale une noodle cup en vitesse. Pendant la nuit, profitant d'un embouteillage, on se jette tous dehors comme des sauvages pour se ... degourdir les jambes ... Une fois arrives a Pekin, nous ne sommes pas au bout de nos peines. On partage un taxi jusqu'au centre-ville avec les 2 jeunes francais mais ensuite impossible de trouver la Jade Youth Hostel ou nous avons reserve depuis UB. Apres 3 heures de recherches desesperees a travers les hutongs, avec nos 20 kgs sur le dos, nous nous rabattons sur une autre auberge de jeunesse fort sympathique, la Saga Youth Hostel ou nous retrouvons nos copains francais et tout le confort moderne. Constat inquietant pour les 3 prochains jours : absolument personne ne parle anglais dans cette ville... Beijing (Pekin) - Chine NC 09-09-2006 Nous n'avons que 3 jours a passer a Pekin. C'est insuffisant pour faire le tour de cette ville immense mais tout a fait honnete pour 2 voyageurs epuises par leur expedition en Mongolie. Les avenues comptent parfois 12 ou 13 files, les batiments administratifs ou commerciaux affichent une architecture quelque peu "pompiere", toujours a la limite de l'ecrasant. Le marbre et le granit repondent aux poutrelles dorees et plaquages de faux Page 2/30
toits style empire. Le premier jour, on s'attelle aux details pratiques : dormir, douche, sieste, lessive, petit-dej, sieste, retrait de cash... Ceci etant regle, on part decourvrir l'incontournable place Tien An Men et la Cite Interdite. Mais la, petite deception. L'enceinte noire de monde, principalement des chinois d'ailleurs, aligne ses petits kiosques a bracelets, porte-clefs, chips etc... Ca casse nettement l'ambiance, sauf si on est dingue de Disneyland; c'est une assez bonne imitation. En ressortant, Nico achete un petit phrasebook de mandarin pour se debrouiller avec ce minimum de vocabulaire et nous passons une heure avec la vendeuse qui s'evertue a nous donner des conseils de prononciation. Peine perdue, c'est imprononcable! On montrera donc les ideogrammes aux gens plutot que de borgborrer peiniblement ces signes... Puis session shopping dans un mall dedie aux vetements de sport "made in China". On doit s'equiper en vetements chauds en prevision des prochaines destinations : Ladakh et Nepal et des passages de cols a 5000 m. La doudoune est a 15 euros, en negociant assez mal encore car ce sont les debuts. A la tombee de la nuit, diner dans un resto repute pour ses canards laques. Celui-ci etant plein, la patronne nous envoie dans ce qui a du etre son premier etablissement, pas tres loin, dans une ruelle sombre et etroite, mais si... odorante! Nous ne serons pas decus. Le canard et les serveuses sont delicieuses, et pour ne rien gacher, elles sont tombees amoureuses de Nicolas et sont a ses petits soins. La balade digestive a travers les ruelles mal eclairees sera pour Nicolas l'occasion de tenter un petit coiffeur boui-boui, car ici on travaille a toute heure du jour et de la nuit. Communisme et syndicalisme ne riment pas en chinois... On passe le deuxieme jour a visiter le Palais d'Ete de l'Empereur, accompagnes par une colombienne de Medelin de la meme guest house. La journee est toute de flaneries le long du lac, dans les jardins et temples du palais. Le soir on essaie un petit resto chinois au coin de la rue: Menu incomprehensible, mais notre voisin de table a pitie de nous. On se voit servir de succulentes aubergines au soja et des beignets-batonnets de porc aux herbes. Un regal ! Enfin, le dernier jour, plutot que de passer la moitie de la journee dans un bus pour aller voir la Grande Muraille a 80 km du centre ville, on prefere prendre notre temps et se promener dans les hutongs, ces vieilles ruelles traditionnelles pour lesquelles la lutte semble perdue, tant l'immobilier est devenu vorace a quelques encablures des JO de 2008. C'est l'occasion de retrouver le fameux marche en plein air ou se situait la scene finale de l'emission Pekin Express que nous avions suivi cet hiver. Rappelez-vous, on y voyait des brochettes d'animaux innomables : requins, hippocampes, serpents, scorpions, larves ... On a donc pu verifier que les pekinois en sont tres friands et qu'ils les consomment a toute heure du jour ou de la nuit ... Candice tente le Bubble tea, mais on est loin du "the noir au sesame" de ZenZoo. Hong Kong - Hong Kong NC 12-09-2006 L'avion nous depose a Hong Kong ce matin a 11h et nous ne reprenons l'avion pour Delhi que ce soir 23h. Nous mettons donc a profit la journee pour decouvrir le centre-ville. Premiere impression : des gratte-ciels a perte de vue et une vegetation tropicale qui s'insinue dans chaque espace laisse libre. En arrivant sur Nathan Road, artere principale de Mong Kok la densite de building au metre carre devient suffocante. Les immeubles satures d'enseignes publicitaires s'elancant vers le ciel, ce qui n'est pas sans rappeler New York, hormis les echafaudages en bambous, freles esquifs au milieu du chaos architectural. Partout le bruit et une circulation infernale. Les trottoirs sont surcharges et les passages pietons drainent un flux incessants de chinois affaires. La sensation d'etouffement perdure jusqu'au quartier de Tshi Cha Tsuim aux abords de la baie. Sur l'autre rive, le front de mer prend des allures futuristes. Le spectacle est saisissant ! On deambule le long de la "promenade des stars" du cinema hongkongais, a la recherche d'une steak house que nous ne trouverons jamais. Nos besoins carnivores attendront, de meme que le "foot massage" au tarif exorbitant. Nico est tout esbaudi par les prix des appareils photo, -50%. Nous avons aussi decouvert la plus grande librairie specialisee en design, architecture, photo et nous y avons pris racine une bonne heure. Taschen, ca changeait des yourtes mongoles! Peu a peu nous decouvrons a l'abri des climatisations des temples de la consommation, du luxe comme du tres tres cheap, jusque dans les halls des immeubles d'affaire. Les grandes marques sont inevitables, un vrai piege pour cadre stresse qui parait n'avoir comme horizon que de rentrer dans les mega-tours qui ont fini de remplir la baie. Mais le passage a Hong-Kong est trop court pour savoir. Heureusement, nous devons y repasser plus tard dans notre periple. Vallée de la Nubra - Inde NC 17-09-2006
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La premiere journee debute par 2 heures de jeep jusqu’au col enneige du Khardong La a 5600 m. Pas de mal des montagnes mais on a quand meme du mal a respirer. Nous passons plusieurs check-points tenus par des militaires que l’on compte par milliers dans les casernes de la region. En redescendant dans la vallee, le paysage d’abord aride et rocailleux se metamorphose en une oasis verdoyante semee de peupliers, noyers et pommiers. La riviere Shayok irrigue cette region reculee, proche de la frontiere chinoise. La fin de la journee s’acheve par la visite du petit monastere de Hunre en compagnie d’un vieux moine bavard. Nuit a Diskit, a la Olthang Guest House sur la rive ouest du fleuve. On finit les noodle soups qu’on se coltine depuis Ulan Bator … La deuxieme journee demarre tres fort par une ascension a pic pour assister a la priere de 7h au monastere de Diskit, perche sur un piton rocheux. Les moines nous offrent le traditionnel the sale au beurre de yack, decidement toujours aussi infect. 2 heures de jeep pour repasser sur la rive Est et atteindre le village de Sumoor. Visite d’un autre monastere tres actif ou des dizaines de petits moinillons en pleine seance de “rasage” de crane nous accueillent avec effusion. Les femmes preparent le pain pour le repas des moines et nous font gouter a ces delicieuses galettes a base de farine d’orge. Encore une heure jusqu’a Panamik pour constater que les sources d'eau chaude ne valaient pas le detour ... Comme souvent depuis le debut du voyage, les “hot springs” tant attendues ne sont qu’un pauvre filet d’eau croupie, parfois chaude. Nuit a Sumoor dans une Family Rest House. La douche est froide mais le riz aux legumes (rice dal) est particulierement bien assaisonne. Nico se brule avec un piment et se compromet dans une partie de des avec nos 3 jeep-mates : 2 israeliennes et 1 suisse allemande. Le troisieme jour, encore une priere de bon matin au monastere de Sumoor ! Celle-ci est plus rythmee mais au bout de 1h45 de litanies on quitte les lieux. Retour a Leh, 6 h de route. RAS sinon qu’on apprecie vraiment la pizza du petit restau qu’on a degote au coin de la rue ! Ladakh - Inde NC 21-09-2006 Impossible de faire un trek dans les environs de Leh a moins de 30 dollars par personne, la journee. On passe donc 2 jours a envisager toutes les possibilites et a consulter toutes les travel agencies mais ils sont tous decides a racketer les touristes et nous a ne pas rentrer dans leur jeu. Le 19 au matin, desesperes, on s’apprete donc a quitter Leh prematurement pour rejoindre Srinagar ou Manali lorsqu’on tombe sur Rafael, un petit bresilien, reggae-man et fumeur de marijuana sympa qui part randonner par ses propres moyens dans la Vallee du Sham. On decide de le suivre et on prend un bus local en debut d’apres-midi tous les trois. 3h de route jusqu’a Likir ou on doit quasiment sauter du bus en marche au milieu de nulle part, faute d’indication du chauffeur. On monte a pied (5 km) jusqu’au monastere pour admirer le magnifique boudha dore de 10 metres de haut et on redescend a travers champs a la tombee de la nuit avec la Petzel sur le front jusqu’a la Old Likkir Guest House. Les chambres sentent l’etable et n’ont pas du voir le balai depuis vingt ans mais le patron, un vieux paysan Ladakhi tres jovial nous accueille a bras ouverts. Dans cet endroit isole, le ciel est incroyable scintillant de millions d’etoiles. Le lendemain reveil matinal pour assister a la priere des moines au monastere avant de commencer notre longue journee de trek. Six heures de marche entre 3500 et 4000 m avec d’enormes deniveles dont 3 passages de cols qui nous coupent les jambes et le souffle. Extenuant! C’est l’automne et les paysans collectent legumes et fourrage pour l’hiver. On assiste a des scenes bucoliques a souhait qui recompensent largement tous ces efforts. Rafael, hypnotise par la beaute de ces campagnes (et un bon gros joint), nous quitte a Yangthang ou il compte rester quelques jours. On continue jusqu’a Hemis Shupackchan pour finir par poser nos sacs a la Toro Guest House vers 15 heures. On est pas peu fiers d’avoir gagne une heure sur les sept heures que mettent habituellement les touristes (et les Ladakhis) a faire ce troncon du “Baby Trek” ! C’est le nom convenu du parcourt, mais une solide sante est requise pour cette trotte. La soiree est moins rejouissante. Assaillis par des hordes de mouches on renonce a faire la moindre sieste et le diner se termine par une petite intoxication alimentaire pour Candice, qui a oublie un court instant que les conditions de refrigeration n’etaient pas optimales ! Le lendemain matin, nous retrouvons notre Lungskor Guest House de Leh, sa chambre panoramique a 200 roupies (3 euros) et ses douches communes avec bonheur. On passe l’apres-midi a buller au Garden Restaurant, devenu notre QG de plein air, a discuter avec des touristes anglaises et a preparer notre viree en jeep a Manali avec un couple de francais rencontres quelques jours plus tot. Ladakh - Inde NC 24-09-2006 On quitte Leh le 22 septembre au matin avec un gentil couple de francais quinqua. 7h de jeep le prermier jour par un tres beau soleil, 25 a 30 degres comme tous les jours depuis notre arrivee. La route est encore une fois epoustouflante de beaute. On nous avait prevenus mais quand meme ... On mesure a nouveau la chance qu'on a de decouvrir des regions aussi mythiques et reculees. Les paysages changent toutes les heures : montagnes arides, canyons encaisses, riviere turquoise, berges de sable blanc, oasis d'arbres fruitiers, troupeaux de yacks en pagaille et un passage de col a 5300 m. Le soir, nuit au lac Tso Moriri, chez l'habitant. Les matelas sont miteux et la grande tente “bedroom” en toile de parachute est a moitie trouee. Diner vers 19h des que la nuit tombe, dans une deuxieme tente "dining" qui fait office d’epicerie-restaurant... Riz + legumes (dal) + chapati (crepe du genre pita). Veillee au coin du feu avec la famille qui continue a servir les ladakhis du village a la lueur d’une faible ampoule : tres convivial dans 10 metres carres ! Il doit faire -10 degres pendant la nuit et on a beau empiler
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tous nos vetements (thermiques, polaires, doudoune) plus les sacs de couchage et sous-sacs polaires il y a de quoi y laisser nos extremites ! Maintenant c’est officiel, il ne faut pas croire tout ce que racontent les vendeurs du Vieux Campeur ! Nous n’avons pas ferme l’oeil de la nuit. Une meute de chiens tout aussi reveilles accompagne cette nuit blanche. Le lendemain matin, on repart direct tout habilles (sans douche of course) et commencons par une petite randonnee de 2 heures pour admirer le Tso Moriri, ce lac d'altitude borde de pics enneiges. Il y a de quoi devenir lyrique. Mais ce qui l’est moins c’est de respirer comme un boeuf et de faire des pauses toutes les 3 minutes a cause du manque d'oxygene a 4800 m ! Encore 7h de jeep en tape-cul en passant le long d'un autre lac sublime, le Tso Kar. Un vrai lagon des mers du sud a 5100 m, des roches de craie blanche, des sources chaudes jaillissant de petits monticules de soufre. Nous croisons un troupeau de ce que nous decretons etre des okapis, qui s’ebrouent au bord de la route (drole de bete a mi-chemin entre le cheval et l'antilope, ceux qui verront les photos nous dirons si on a eu bon). Au loin, une femme frippee, surement un peu sorciere, agite son moulin a priere au milieu de nulle part... Le soir, premier imprevu, on reste bloques a Pang dans un camp de tentes, le relais routier du coin, crasseux a souhait. Le pont a cede; il est impraticable et notre tentative de franchissement est un echec : la jeep s’est enlisee. 6 ou 7 bonnes ames et une bonne heure d’effort seront necessaires a ramener le vehicule au sec. Toujours pas de douche et iI fait si froid que se deshabiller est un defi que nous ne releverons pas. Deuxieme nuit par –10c. Le lendemain, on est debout a 6h30 et dans la jeep a 7h apres avoir englouti quelques black teas, biscuits a la noix de coco (une valeur sure) et chapatis au sucre revigorants. Tout ca pour faire le pied de grue au bord de la riviere jusqu’a 9h30. Des dizaines de camions et jeeps sont arrives pendant la nuit et se retrouvent coinces au bord de la riviere. On assiste completement frigorifies aux tentatives plus ou moins fructueuses de passer a gue. On prie Boudha, et parfois, ca marche…C'est vraiment epique ! Une centaine de touristes, militaires et villageois se massent le long de la riviere, hurlant en tout sens pour encourager les vaillants conducteurs qui pataugent pieds nus dans l’eau glacee pour desembourber leurs voitures ! Apres cet intermede qui nous a permis de faire connaissance avec une francaise en mission humanitaire et de retrouver Rafael notre pote bresilien rencontre lors du trek de la vallee du Sham, nous repartons pour 12h de jeep sur des pistes epouvantables a travers les chaines montagneuses du Spiti. On ose a peine s’arreter dans les immondes boujes ou vous ne trouverez qu’un dal nauseabond et un black tea. Le retard du matin nous impose de finir les derniers kilometres de nuit. La route a flan de falaise est a deconseiller aux ames sensibles mais on arrive tout de meme sains et saufs a Manali ! Manali, Himachal Pradesh, Inde du Nord (25 sept 2006) – mis sur le blog le 25 sept 06 Il est 13h et nous venons de finir de dejeuner dans un petit restau paradisiaque au bord d'un torrent, le River Music Garden Restaurant, en plein milieu de la vieille ville de Manali. Nous etions environnes de pins centenaires et de hautes montagnes, berces par une petite musique reggae. On vous recommande la “veg pizza” et le “papaya juice”. Ca y est la papaye a enfin fait son apparition dans notre voyage et ca n’est pas trop tot ! Manali est une vraie perle : un petit morceau d'Inde nichee au pied de magnifiques sommets verdoyants. Ca vous rappelle les Alpes suisses, en beaucoup plus grand ... C'est en tout cas une halte ideale et bienfaisante apres les derniers jours que l’on pourrait qualifier de rudes et “roots", parfois trash, notamment la route de Leh a Manali. Sequence meteo : c’est la fin de la saison dans le nord de l’Inde mais il fait encore 25 degres en plein soleil, de quoi rechauffer nos vieux os malmenes ces derniers jours. Pour l’instant nous passons de l’hotel 3 etoiles, le Johnson Lodge (negocie de haute lutte a 8 euros la nuit), au restau et du restau au cyber cafй. On verra plus tard pour les visites de temples et les randonnees, la region regorgeant de chemins de treks, bordes de Marijuana pour les amateurs. Manali - Inde NC 25-09-2006 Il est 13h et nous venons de finir de dejeuner dans un petit restau paradisiaque au bord d'un torrent, le River Music Garden Restaurant, en plein milieu de la vieille ville de Manali. Nous etions environnes de pins centenaires et de hautes montagnes, berces par une petite musique reggae. On vous recommande la “veg pizza” et le “papaya juice”. Ca y est la papaye a enfin fait son apparition dans notre voyage et ca n’est pas trop tot ! Manali est une vraie perle : un petit morceau d'Inde nichee au pied de magnifiques sommets verdoyants. Ca vous rappelle les Alpes suisses, en beaucoup plus grand ... C'est en tout cas une halte ideale et bienfaisante apres les derniers jours que l’on pourrait qualifier de rudes et “roots", parfois trash, notamment la route de Leh a Manali. Sequence meteo : c’est la fin de la saison dans le nord de l’Inde mais il fait encore 25 degres en plein soleil, de quoi rechauffer nos vieux os malmenes ces derniers jours. Pour l’instant nous passons de l’hotel 3 etoiles, le Johnson Lodge (negocie de haute lutte a 8 euros la nuit), au restau et du restau au cyber cafe. On verra plus tard pour les visites de temples et les randonnees, la region regorgeant de chemins de treks, bordes de Marijuana pour les amateurs. Shimla - Inde NC 01-10-2006 Trois jours de detente a Shimla, dans l’etat d’Himmachal Pradesh. Le cadre est coquet et completement decale; cette ville est un OVNI comparee a ce que nous vu de l'Inde. Batie a flanc de montagne, a 2200 m et blotie dans une foret de pins, Shimla affiche son architecture purement britannique. Des cottages aux maisons de villes a colombages, vous etes a Oxford ou dans le Sussex, mais surement pas en Inde. Ancienne capitale d'ete de l'administration britannique, comme en Page 5/30
temoigne le very scottish palais du Viceroy des Indes, c'est aujourd'hui un lieu de villegiature pour les riches familles de Delhi. Celles-ci deambulent le long de Mall Road, barbapapa en tete, suivies des glaces et popcorns. Les gamins attrapent les bulles de de savon ou defilent sur leurs chevaux de location sur la grand place de Scandal Point, plus fiers que le prince de la statue de bronze! Les femmes se font faire des tatouages au henne. Ce soir, c’est la fete de Kali. Une maree humaine deferle dans son temple, sur le Ridge. On s’y faufile. Ca bouscule, ca presse et ca prie… L’aimable cohue nous emmene dans la salle de priere ou se deposent par vagues les fruits, le riz et autres offrandes. Les hauts-parleurs scandent une musique entetante qui nous casse rapidement les oreilles, mais Nicolas a juste le temps de se faire, involontairement, "benir" par le pretre qui lui fait humer la fumee noiratre d'une lampe a huile. Le lendemain, nous faisons la connaissance d'un medecin gastro-enterologue qui termine ses journees par une promenade. Nous le suivons, mais le quinquagenaire est sacrement rapide. On finit a bout de souffle, la langue trainant sur Mall Road. Il nous souhaite alors que tous nos reves se realisent comme les siens se sont realises et nous donne rendez-vous dans 27 ans pour passer la flamme a notre tour! Puis nous rencontrons une famille, de Delhi justement. L’homme, sa femme, la soeur et la niece. Ils nous invitent a leur table pour dejeuner et nous discutons pendant 2 heures des traditions en Inde, des vertus du mariage arrange, le leur etant tres heureux. Shimla - Inde NC 02-10-2006 Arrivee a Delhi le 2 octobre au soir apres 12h d'un voyage en train tres eprouvant . Shimla -> Kalka : 6h les jambes encastrees dans le sac a dos avec des momes qui hurlaient a la mort a chaque fois qu'on passait dans un tunnel (il y en a eu 93...), meme les boules Quies ne servaient a rien. Puis Kalka -> Delhi : a nouveau 6h en 2e classe car il n'y avait plus de place en 1e. Et la on a eu l'experience indienne de notre vie : des hordes de gens se sont engouffrees dans le train apres le 1er arret. Il y avait 1 place assise pour 2 places debout sans parler des pauvres heres accroupis en travers des allees. Un veritable enfer sous de vieux ventilateurs datant de la 1e guerre mondiale. Au milieu du chaos ambiant, nous avons fait la connaissance d’un photographe de mode et de sa femme sculpteur. Une belle rencontre telle qu’on les aime. Delhi - Inde NC 05-10-2006 Dehli pourrit lentement le long d'un fleuve, pardon, d'un canal d'eaux usees. La ville vit encore, grouille et surgit de toutes parts. Les millions de rickshaws poussent, tirent et se choquent jusqu’a l’epuisement. Le bruit est omni-present, les conducteurs ayant remplace leurs clignotants par le klaxon. On dit que la situation s’est amelioree depuis que l’Etat a passe une loi anti-pollution. Il en faudra bien une dizaine de plus pour detroner la ville « la plus polluee du monde ». . Evidemment, la pauvrete est partout, invasive et impudique. Le harcelement des touristes est permanent et tres organise. Toute personne venant a votre rencontre vous aidera… a vous perdre en vous envoyant d’agence de voyage en agence de voyage quand vous ne cherchez que l’office de tourisme, a vous faire changer d’hotel sous tous les pretextes (pour toucher une maigre commission bien sur), et des histoires bien plus sordides circulent ici. L’habit ne faisant pas le moine, aucun uniforme ne doit representer a vos yeux une garantie quelconque. La faim l’emporte sur la morale.Dans cette ambiance de fin du monde, on se sent partage entre des sentiments tres forts de compassion et de repulsion, la pitie alternant avec une sensation de rejet visceral comme si la pauvrete etait transmissible par un simple regard ou contact physique. La seule regle de survie est : N’ecoutez que vous meme. Depuis que nous appliquons ceci, tout ce passe bien. Et nous continuons a prier notre mascotte (le petit chat porte-bonheur…) et ca marche.Pendant 3 jours nous avons essaye d’alterner sous 35 degres : - Des visites de la ville dans une voiture avec chauffeur et clim, plutot que de negocier au coup par coup avec des rickshaws qui nous voient venir de loin. Au programme pour ceux qui connaissent la ville : Old Delhi (le Fort Rouge, la mosquee Jama Masjid, le bazar de Chandi Chownk, le tombeau de Gandhi), New Delhi (Connaught Place, President's Estate, le quartier des ambassades, India Gate, Humayun's Tombs, Lotus Temple) et Qtub Minar. - Et des seances "repos", pour s’extraire de la tourmente, passees a flaner dans les hotels 5 etoiles. Mention speciale au petit diner aux chandelles que nous nous sommes offert dans un magnifique restau mediterraneen. Luxe, calme et volupte ! On a prefere troquer une des nuits d’hotel que vous nous aviez offertes avant le depart pour un restaurant de premiere categorie dans un jardin divinement arbore ! Bilan de ce passage a Delhi : une ville corrosive au possible, a eviter si ce n’est pour y passer une journee éclair a visiter les monuments qui en valent la peine. Pokhara - Népal NC 17-10-2006 Apres 1 semaine passee a decouvir Kathmandou et sa vallee, il est temps de demarrer le trek du Tour des Annapurnas : On est quand venus au Nepal pour ca! On fait d’abord une halte de 3 jours a Pokhara (200 km a l’ouest de KTM) et entamons une intense preparation tant physique que psychologique en ecumant les differents bars et restaus de la ville. La ville s'etire au bord du lac Phewa, et un quartier a ete construit de toutes pieces pour attirer les trekkers. Les multiples bars a la deco en bambou proposent un choix de cocktails des plus oses : nous nous laissons surprendre par le « Yeti Fart » et le « Sex on the Lake » … On est a 800 m d'altitude, il fait 25c, la vegetation est luxuriante et l’ambiance plus antillaise
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que nepalaise. Concerts en plein air au "Busy bee". Pour compenser ces abus, on se fait un petit tour en barque sur le lac, satisfaits de penser qu’on l’aurait paye 50 fois plus cher au Bois de Boulogne un dimanche frileux d’octobre. Nous testons aussi les cloques aux mains, dans la perspective de gouter plus tard aux cloques aux pieds. Au final, il faut se faire violence pour s’extraire de la douce torpeur qui nous envahit jour apres jour. Ah, le manque de pratique des vieux cons trentenaires … on a oublie que l’abus d’alcool etait dangereux pour la sante ! On se met en route le 17/10. Faux-depart, car les bus sont en greve. Les chauffeurs protestent contre la double taxe qui leur est infligee par le gouvernement et par les maoistes. D’autres greves suivront : un coup de chance car on sera moins nombreux a randonner, de nombreux touristes restant coinces a Kathmandou ou Pokhara. Tour des Annapurnas - Népal NC 28-10-2006 Enfin, c’est parti, le 18/10 pour 5h de bus jusqu’au village de Besisahar. La route est bonne, mais ce qui devait etre un bus a touristes (ndlr : plus confortable que le bus local) se revele etre un poulailler apres que les habitants des villages que nous traversons aient remplis le moindre espace vide. Debarques a Besisahar, nous cherchons le prochain bus pour Khudi afin d’eviter les 2 premieres heures de marche sur une route plus frequentee par les camions que par les anes. La aura lieu la rencontre qui va illuminer notre trek : Patrice et Valerie, Francais originaires de l’Aveyron. Nous partons ensemble a la recherche de l’arret de bus et ne nous quitterons plus. Premier checkpost « officiel » et presentation du permis de trek delivre par l’ACAP (un organisme gouvernemental certifie). Cette forme de racket organisee ne vaut pas mieux que celle plus sauvage, pratiquee par les Maoistes au detour d’un chemin. Et dans les 2 cas, c’est 20 dollars par personne donc pas de jaloux ! Nos sacs a dos font 12 a 13 kgs. Au bout de 2 heures de marche nous faisons une pause coca dans le village de Ngadi. Candice qui s’est surestimee engage un porteur pour la suite du trek. 55 kgs et hypocondriaque, Nabin, n’est pas un porteur professionnel mais il a un bon sourire et surtout, il a besoin d’argent. Il part totalement sous-equipe et achetera en cours de route de quoi lutter contre le froid, saoulant regulierement Nico pour des conseils... Les 4 premiers jours, il fait une chaleur tropicale et la journee se termine souvent par un orage qui continue jusque tard dans la nuit. Les villages se succedent rapidement: Bahundanda, Jagat, Chamje, Tal, Chame, Dharapani, Bagarchhap, Thaleku … Nous longeons la riviere Kali Gandaki qui vrombit de plus en plus bas a mesure que nous prenons de l’altitude. Les 500 a 1000 m de denivele par jour, soit 5 a 6 h de marche en moyenne, sont une epreuve pour les cuisses. Nous doublons des troupeaux d’anes qui menacent a tout moment de nous envoyer dans le fosse d’un coup de rein. Les ponts suspendus nous donnent le vertige et nous restons sans voix devant la beaute des cascades qui surgissent de l’autre versant de la montagne. C’est un festival ! La nature est a la fete, dans toute son exuberance. Le paysage evolue au fur et a mesure de notre ascension. Nous quittons les rizieres en terrasses pour des panoramas plus alpins. Dans les villages, les gosses sales et morveux se pressent pour une photo. Ca nous va bien! Trop souvent ils vous lancent un rapide « Namaste » dans l’espoir de recuperer des « school pens » ou des « chocolates ». Ils n‘ont comme seul jouet qu’une bouteille en plastique vide tenue en laisse par une cordelette. Les femmes, sont plus farouches et plus difficiles a "immortaliser". Comme elles sont belles pourtant, dans leurs travaux de la vie quotidienne : portant le bois, ramassant les cereales, preparant le repas sur le seuil de la maison ! A Chame, nous faisons la rencontre des Maoistes qui nous traitent avec beaucoup plus d’egards que prevu. Depuis 2001, ils ont appris a menager les touristes ! Apres nous avoir explique que nous penetrions dans une zone controlee par eux, ils nous soulagent aimablement de 20 dollars par tete et nous offrent the et biscuits de bienvenue. Sur leur bureau de fortune, vous trouverez des tracts et des bouquins sur l'histoire du mouvement. On sale! Nous continuons notre chemin, contents d’avoir passe ce checkpoint sans encombres. Le soir, dans les guest houses, nous troquons la salle a manger contre la cuisine. Les familles et les porteurs sont la et Nabin sert d’intermediaire avec ce petit monde aui se rechauffe autour du fourneau. Chez les "3 Sisters" de Dharapani, a defaut d’une douche chaude, nous decouvrons certaines specialites du Nepal telles que le « Rackshi », un petit "vin" local a base d’acool de riz (genre mauvais sake), le « Mustang Coffee », un melange revigorant de Rackshi, sucre, miel et cafe, et les radish pickles.Le 5e jour, nous sommes deja a 2500 m d’altitude. Il commence a neiger sur le village d’Upper Pisang. Nous nous refugions au "Yack & Yeti" pour nous rechauffer autour d’un black tea. Les sapins sont bientot recouverts d’un doux manteau blanc.Nous tombons sous le charme de cette vallee qui nous rappelle la magie de certaines scenes du Seigneur des Anneaux. Puis Dukur Pokhari, Braga et bientot Manang, a 3500 m. Nous devons consacrer le7e jour a nous acclimater pour eviter le tristement celebre mal des montagnes lie a l’altitude. C’est l’occasion de se reposer, de decouvrir le Gangapurna Lake, un surprenant lac de montagne aux eaux turquoises. Pour passer le temps, nous nous lancons dans la recherche de la meilleure « bakery » de la bourgade. Une dizaine d’echoppes rivalisent pour proposer les plus gros « croissants » et « cinnamon rolls ». Les soirees et les nuits sont tres fraiches. Nous empilons les couches de polaires et gore-tex, gants et bonnets. Le soir, les lodges mettent un poele sous la table mais nos conversations s’achevent rarement apres 20h. Une fois les plats de « Dal Bhat* » ou de « Chowmeins** » engloutis, il faut se refugier tout habilles dans nos sacs de couchage. Les 8e et 9e jours, les villages se rarefient le long du chemin. Yak Karkha et Thorong Phedi comptent 2 voire 3 lodges. Le froid est intense. Nous nous rapprochons du col et sommes maintenant a 4500 m. Au matin, on peut savourer une vue imprenable sur l’Annapurna III. Le paysage est totalement mineral, a peine tache par quelques arbustes et buissons chetifs. Ce soir, l’ambiance est electrique dans la salle a manger de l’hotel Annapurna Base Camp.
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Chacun a en tete la journee de demain, la plus dure de tout le trek avec ses 1000 m de denivele en montee puis 1600 m en descente, le tout sur pres de 10h de marche (c'est ce qui est ecrit dans les guides). Nous savons tous que nous allons en baver. Au matin, c'est le concours de celui qui part le plus tot: 80 trekkers s'echelonnent entre 4h30 et 6h30. Nous perdons le concours, et la petite bande des 4 se met en route vers 6h30. Nous mettrons 3h30 jusqu’au sommet : un vrai record si l'on en croit le Lonely Planet et les guides locaux qui nous annoncaient 4 a 6 h de marche ! Candice assure le suivi psychologique de Nabin, son porteur, qui peine a respirer et pleurniche un peu, n’etant en fait jamais monte a plus de 3000 m. On a finalement droit a un lever de soleil feerique sur les sommets enneiges de l’Annapurnas avant de passer, victorieux, le col du Thorong La, a 5400 m. Les fanions tibetains multicolors flottent au vent, le ciel est bleu vif, l’air est si fin et pur... La neige crisse sous nos pas. Un renne s’enfuit dans la neige … que demander de plus ?!? Rien car dans la descente, Nicolas se blesse au genou et au bout d'1 heure il ne peut plus poser le pied par terre. Il n’a d’autre choix que de se faire les 1600m de denivele "a cloche pied", en s’aidant d’un baton de marche  qu'un ami hollandais lui prete. Arrives a Muktinath, village situe a 3800m et qui doit compter 25 ames..., nous trouvons un telephone satellite et appelons Saint-AXA au secours. Il reste au moins 6h de marche sur un chemin de muletier avant d'arriver a Jomsom ou on nous pourrions peut-etre prendre un avion, encore faudrait-il s’y rendre en mule ou a moto ! Au dela, c'est 6 jours de marche jusqu'au premier hopital.Saint-Axa rappelle et la, chapeau, quelle efficacite: Le lendemain matin un helico de l'armee vient nous chercher au village (heureusement qu'il y avait un heliport). Il nous ramene a Kathmandou avec transfert immediat au Capital Hospital (specialites : orthopedie et gyneco !!!). Nicolas passe plusieurs radios et se fait examiner par tout ce que la clinique compte de medecins, y compris "le grand professeur", la star locale de l'orthopedie: genouillere et 15 jours de repos. Si l’on voit le bon cote des choses, on n’aura pas fait le tour complet des Annapurnas mais les 2 tiers du chemin, vu la plus belle partie des paysages du trek et on a quand meme eu droit a un tour de 2 h en helico (un luxe pour 0 EUR) pendant lequel Nicolas s’est fait une serie de photos digne de "La Terre vue du Ciel" !!! *Dal Bhat = plat nepalais a base de riz, lentilles et legumes dans une sauce au curry **Chowmein = nouilles chinoises frites avec œufs et legumes Kathmandu - Népal NC 04-11-2006 L’arrivee a Kathmandou contraste fortement avec la vision apocalyptique que nous gardons de Delhi: C’est un reel soulagement après l’enfer de la capitale indienne ! Certes les taxis klaxonnent plus que necessaire, les habitants se raclent la gorge a des profondeurs insondables et les ordures s’amoncellent sur les trottoirs, mais tout est plus supportable ici. Durant les premiers jours, nous avons l’impression d’etre au paradis. Depuis la Tibet Peace Guest House, notre QG legerement en retrait du quartier si touristique de Thamel, nous partons a la decouverte de la ville. C’est certainement l'un des noms qui nous a fait le plus rever depuis que l’idee de tour du monde a germe dans notre esprit et si chaque pas tue une peu du mythe, un beau souvenir vaut toujours mieux qu'une grande illusion.Les premiers jours, nous decidons de laisser ce damne Guide du Routard au clou et partons a pied nous perdre dans les ruelles encombrees autour de Thahity et Indra Chowk, les arteres commercantes les plus grouillantes de la ville.Les minuscules boutiques, aussi etroites que basses de plafond, s’alignent de chaque cote des rues torteuses. Tous les corps de métiers se cotoient sans logique apparente : bouchers, bijoutiers, tanneurs, marchandes des 4 saisons …On vient y acheter un pot de peinture ou un kilo de viande de yack, se faire confectionner un sari couteux ou deguster quelques beignets frits sur une toile ciree d’un autre age … L’arc en ciel de couleurs des tailleurs et les marchands de pigments illuminent les paves crasseux. Vos sens sont tour a tour ravis et violentes, sans repos. L'encens et la myrrhe se melent a la pourriture et aux excrement pour vous souhaiter la bienvenue. Les rickshaws chassent au ralenti tandis que les taxis et motos fondent sur leurs proies a grand renfort de klaxons. Nous nous frayons un passage, sans coupe-coupe, jusqu'a Durbar Square, coeur architectural de Kathmandou. L’atmosphere change en quelques pas a l'oree de la place. Cette clairiere dans la ville date de l’epoque medievale. Sur 1km2, on a fait pousser l'ancien palais royal et des temples de toutes tailles dedies a Shiva, Vishnu et quelques unes des 3000 autres divinites hindoues. On y deambule au coucher du soleil, virevoltant autour des vendeurs de flutes, de tiger balm et de faux couteaux newaris, immortalisant discretement quelques faux Sahdus et quelques vraies beautes (sinon c’est souvent 10 NRP la photo…). La vallee de Kathmandu recelle d'autres tresors, grace a la concurrence que se sont livrees quelques villes au XVIeme. Il fait maintenant bon flaner dans les bourgades de Patan ou Bakhtapur, entre leurs maisons a 1 ou 2 etages en bois ouvrage, ouvertes de fenetres a clairevoie et de moucharabiehs. Patan propose un interessant musee des religions nepalaises et on vous demandera un droit d’entrée de 750 NRP=8 EUR a l'entree de Bakhtapur, soit disant pour la renovation (qui en fait est integralement financee par l'UNESCO)... A Thamel, de jour comme de nuit, c’est la sollicitation permanente. Si on achetait la moitie de ce qu'on nous propose, on se retrouverait facilement : dans un rickshaw pour faire le tour de la ville de nuit, fumant un joint en machouillant une pizza, collier "authentiquement tibetain" autour du cou, et badigeonnes de beaume du tigre de la tete aux pieds. Un banana split ambulant...Mais comme les nepalais nous accostent avec le sourire, on a beau etre blases, on refuse courtoisement, appreciant le gap qui les separe des indiens de Dehli. Au retour du trek, nous devons nous mettre en quete d’un billet d’avion pour Bangkok, pour reposer le genou de Nico mais impossible de decoller avant la semaine suivante. Il ne reste donc qu'a mettre ces quelques jours a profit pour decouvrir la ville autrement:-Un cours de cuisine nepalaise qui aurait pu s'intituler : de l'usage delicat de l'arsenal des piments.-Une séance de
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meditation a l’Himalayan Buddhist Center, -Quelques pots avec des expatries belges pour se remettre dans le droit chemin et achever d'ecumer la liste incalculable de bars et restaurants de Thamel. Quel sens du devoir : il est dit que nous les aurons tous faits ! Bangkok - Thaïlande nc 15-11-2006 Apres un mois au Nepal et la derniere semaine coinces a Kathmandou a attendre un vol pour la Thailande, nous retrouvons Bangkok et nos petites habitudes avec bonheur : notre chambre 114 au White Lodge et les petits-dejeuners sur la terrasse ombragee du Pisces. On evite soigneusement Kao San Road et ses hordes de touristes et nous nous basons pres de Siam Square, le centre commercant de la ville. La megalopole a beaucoup change depuis notre passage en 2004. Tout nous semble encore plus moderne, plus lisse et plus propre. Le traffic est toujours plus dense, quasiment impraticable pendant une bonne moitie de la journee, les shopping centers ont continue de pousser comme des champignons. L'echangeur monstrueux de Siam Square est toujours la, protegeant de son ombre les boutiques de luxe du Paragon. Nous survolons les avenues depuis des passerelles futuristes, surement empruntes au design de Capitaine Flam a moins que ce ne soit le Skytrain... Sous nos pieds la circulation est infernale : taxis aux couleurs flashy, jusqu'a un beau rose nacre, motos-slalommeuses survoltees, les derniers touk-touks petaradant pour les touristes uniquement. Les malls s'enchainent : MBK, Tokyu, Siam Center, Siam Discovery, Paragon, Central World ... Nous nous engouffrons regulierement dans leurs allees climatisees pour faire notre shopping : fringues, medocs etc. La fraicheur de l'air est bienvenue tant les etudiantes, toutes jambes dehors, rivalisent de beaute et de sex-appeal! Dans leur panoplies girly, perchees sur de hauts talons, elles balancent leur silhouette filiforme le long des vitrine, toutes de dehanches et de peau devoilee. Dans d'autres rues, ce sont les effluves de poisson seche qui vous accostent, avec leurs copines : les brochettes de porc. A cote, les vendeurs de fruits decoupent les papayes mangues et ananas a grands coups de haches pour les servir dans de petits sachets individuels. Des smurfeurs s'entrainent sur le trottoir : tatouages, abdominaux et choregraphies. Suivant l'heure de la journee vous aurez a faire aux debutants ou aux pros (ceux qui auront survecu a la toupie sur le crane, saut carpe reception sur une main) Les decorations de Noel ont plus de lustre que celles du Boulevard Haussmann. Elles sont souvent plus oses, plus voyantes, quand au gout, a chacun de voir. Erik, notre copain hollandais rencontre en trek au Nepal, nous fait decouvrir un restaurant francais et un lounge japonais dans le quartier des expats. Les prix exorbitants vallent bien ceux du Tse ou du Murat! Puis nous admirons la vue du haut de la terrasse de son condominium: En contrebas, un des nombreux quartiers a prostituees de Bangkok. Quand nous redescendons voir ca de plus pret, le plus choquant reste le melange lourd de leurs mauvais parfums et des fumees des stands a poissons. Nous refaisons ici le plein de tout ce qui nous manque, et surtout nous nous gavons sans trop de scrupule de tout le reste : mode pour Candice, boeuf pour Nico, cine et magazines pour les deux.Entre 2 achats, nous visitons les temples et musees en suivant a la lettre l'itineraire de notre Lonely Planet. Les pagodes sont bondees et dorees a l'exces (Wat Pho, Wat Pra Kew, Grand Palace, Dusik Palace) et nous leur preferons l'atmosphere paisible des anciennes maisons en tek rehabilitees (Vimanmek Mansion, Sakad Palace).  Kho Phan Ghan - Thaïlande nc 30-11-2006 Apres l'accident du Nepal, Nicolas doit laisser son genou au repos. Quelle meilleure option que la plage pour limiter ses efforts ? Au gre des rencontres nous avons liste quelques plages susceptibles de nous convenir. Nous choisissons Koh Phangan, au sud, avec un stop a Koh Samui, histoire de voir a quoi ressemble une ile denaturee comme on nous l'a decrite. Nous achetons le "joint ticket" train de nuit + bateau jusqu'a cette derniere ile et passons 3 jours sur Ko Samui entre Mae Nam et Chattweng. La premiere plage n'a aucun interet et nous servira seulement a reprendre le bateau facilement pour l'ile suivante : elle est peu arboree et le sable est grossier, presaue terreux. La seconde, longue de plusieurs kilometres, vaut le detour pour la densite de boutiques et bars au centimetre carre. C'est la basse saison et nous ne verrons pas la maree de touristes qu'on nous avait predite mais c'est deja trop. Les restaurants surdimensionnes laissent imaginer a quoi peut ressembler la haute saison, et ca construit encore. L'artere principale pourrait rivaliser avec les stations balneaires de la Costa Brava. Dans la rue, entre 2 averses, car c'est la fin de la saison des pluies, nous discutons avec des vendeurs nepalais venus chercher fortune en Thailande . Le lendemain, nous rencontrons des escrocs du time-share. Ces derniers nous font perdre une demi journee a nous exposer les joies de la non-propriete mais nous profitons en contre-partie du petit-dejeuner gargantuesque au bord de la piscine a debordement, vu sur la mer. Koh Phangan est assez differente de Koh Samui. On y trouve toutes sortes de plages pour toutes sortes d'envies : les couples, les familles, les fetards. Les plages de la cote ouest, bordees de recifs coraliens, offrent des eaux claires, ideales pour le snorkeling. Hat Salad est notre premier stop : petite plage de sable fin digne d'une carte postale. Seuls 3 ou 4 hotels emergent des palmiers. Candice rencontre une anglaise professeur de yoga et tente un cours en pleine foret vierge. Nous pensions louer un scooter mais les routes sont decidement trop mauvaises (volontairement parait-il pour facturer la carosserie). Deux jours plus tard nous partons pour Ban Tai ou a lieu la Black Moon Party. Ce fut une drole de soiree ou entre 2 parties de ping-pong a l'hotel Milky Bay, nous sirotons des sceaux de rhum-coca dans l'espoir d'etre assez bourres pour apprecier la transe ! Candice perd par KO au bout d'une demie-heure, et de son second sceau. Nico tient le coup jusqu'a 3h du matin, mais sans beaucoup d'entrain. Le lendemain le mal de tete lancinant nous confirme que "ces conneries, c'est plus de notre age". Ca suffit comme ca, on va s'isoler pendant 3 jours au nord est a Page 9/30
Tong Noi Pan, une plage quasi-deserte ou les loisirs ne sont pas legions. Heureusement il fait maintenant tres beau et on peut bronzer et bouquiner sur la plage mais on tourne rapidement en rond, coinces a partir du couche du soleil sous la moustiquaire de notre bungalow spartiate. Cela fait surtout une semaine que nous sommes a la plage et on commence a s'ennuyer fermement. Ou est l'action, ou sont les bons vieux bus pourris dans la jungle? On retente donc notre chance et retrouvons la civilisation du cote de Hat Rin, au sud-est de l'ile ? Pendant 5 jours nous debilisons sur place. Entre 2 bains de soleil, nous passons nos journees et nos soirees dans des bars a regarder des centaines d'episodes de "Friends" ou "Sex & the City" en sirotant d'excellents jus de fruits frais. Les sous-titres rivalisent dans l'art de l'approximation, surement fait localement sur des copies pirates. La moitie des touristes ici est israelienne et les menus souvent rediges en hebreu, sans parler des noms de bars qui feraient presque sourire : Dr Falafel, Mama Schnitzel ... On n'avait pas l'intention de venir en Thailande au depart, mais bon, le but est atteint : Le genou de Nico s'est remis. Et point. Nous sommes finalement contents de retrouver la chaleur de Bangkok et d'oter le sable de nos sandales.  Yangon (Rangoon) - Myanmar (Birmanie) nc 12-12-2006 Yangon ou Rangoon ? Yangon depuis que le general Saw Maung a decide en 1989 de renommer le pays et les villes pour leur oter toute consonnance britannique. On dit maintenant Yangon, cela sonne plus Bamar et exit l'heritage colonial.Les premiers jours a Yangon sont places sous le signe de notre rencontre avec Yiyi et sa famille. Yiyi est une quinquagenaire rigolote, originaire de l'etat Shan, au nord-est du pays. Mariee a un professeur d'anglais canadien qui vit a Bangkok, elle eleve ses 4 filles Natascha-Ku Ku 21 ans, Nawlong 19 ans, Catherine-Chu Chu 13 ans, Ana- ie Nie 11 ans. Nos amis Maeva et Luc ont rencontre Yiyi il y a 3 ans et nous ont mis en contact avant notre arrivee. Elle et ses filles nous attendent a l'aeroport et nous prennent, litteralement, en main. Nous ne les quitterons quasiment plus pendant 4 jours. De dejeuners chez elles dans un vieil appartement sur Mahabandoola Road, a de petits diners dans les restaurants indiens de la 21th street en passant par la visite de la Pagode Shwedagon ou une promenade dans le parc Kandawguyi, nous sommes embrasses, etreints, couverts de cadeaux et de bisous par cette famille douee d'une gentillesse hors du commun. On nous avait dit et redit que les birmans etaient particulierement gentils et cordiaux mais la, pour un debut, ca depassait tous les possibles. Dans cette drole de famille, les filles adulent Britney Spears, se dehanchent sur les rythmes de Shakira et passent 8 h par jour a chatter sur internet. Elles vivent dans un petite bulle a l'occidentale et restent un cas particulier parmi les Birmans que nous rencontrerons. Yangon, c'est un petit choc en arrivant de Bangkok. La ville ressemble a l'idee que nous nous faisons de la capitale thailandaise dans les annees 50. Une metropole a taille humaine, a peine 5 millions d'habitants. Une faible densite au metre carre, d'autant que seules 2 tours depassent les 20 etages dans le centre-ville. Les infrastructures sont limitees voire inexistantes : moyens de transport insuffisants, coupures d'eau parfois, et d'electricite chaque jour, notamment depuis que le courant est achemine vers Pyinmana la nouvelle capitale, sortie du chapeau de la dictature l'annee derniere. Des bus, plus des tas de rouille, manquent de rendre l'ame a chaque arret, transbahutant une masse compacte de passagers. Certains sont assis sur le toit, d'autres debout, s'accrochent a l'exterieur en equilibre instable. Les taxis sont nombreux et totalement branlants. Les sieges sont defonces (Nico s'est d'ailleurs retrouve avec le siege du chauffeur sur les genoux), les vitres ne remontent plus depuis bien longtemps. Les routes sont parsemees de nids de poule, un vrai jeu video, et en levant la tete on a apercoit d'epaisses nuees de fils electriques entremeles. Les batiments coloniaux, pour la plupart a l'abandon depuis le retrait des anglais en 1947, sont totalement delabres. Comme a La Havane, on se prend a imaginer de quels feux ils ont pu briller. Mais quelques decennies plus tard, quel gachis, leurs murs fissures et couleurs delavees ne seront bientot plus. Sur Pansodan Street, d'anciens hotels de luxe d'avant-guerre ont ete transformes en banques et departements d'Etat aux noms esoteriques. On trouve un ministere pour tout, les robinets, le temps qui passe. Bureaucratie, bureaucratie... Mahabandoola Road , l'une des trois arteres principales, aligne ses echoppes, mordant sur le trottoir et etranglant le passage. On y trouve tout et n'importe quoi : un joyeux bric a brac. Sur des stands ambulants ou a meme le sol, poses sur des baches en plastique : tournevis, montres, sachets de betel, piles, epingles a nourrice, lunettes de soleil, stylos, calendriers... De l'autre cote de la rue, debute China Town et son marche pas catholique ! Nous promenons nos yeux et nos narines entre les brochettes de boyaux de porc, les poissons seches, les saucisses de poulet reconstitue et toutes les sucreries a base de riz, noix de coco et cacahuetes que les birmans avalent a toute heure de la journee. Nous retrouvons les raclements de gorge qui nous faisaient deja fremir en Inde et au Nepal . Les hommes machent et crachent le betel, leurs dents ensanglantees a force de mastiquer cette noix rougeatre. Les differentes communautes semblent vivre en harmonie : bamars (l'ethnie majoritaire), indiens, chinois, pakistanais ... Les mosquees cotoient les temples hindous et les pagodes buddhistes. On nous explique que personne ne tient a faire de vagues car l'armee se chargerait de retablir l'ordre et on se souvient trop bien des evenements de 1989. La monnaie nationale, le kyat (1 Euro = 1500 Kyats), a prononcer "tchat", est une vaste plaisanterie. Comme le plus gros billet affiche 1 000 K, on se retrouve avec une liasse grotesque apres avoir change 100 $. Il n'est pas rare, pour les achats importants, une television, qu'un Birman se deplace avec un enorme sac a riz rempli de billets ! Mais tout cela reste coherent avec le niveau de vie extremement bas. La Birmanie est l'un des pays les plus pauvres en terme de PIB par habitant malgre des ressources colossales en gaz, pierre, bois etc. Les terres sont fertiles. Un professeur d'anglais gagne environ 30 $ par mois (vs 150 $ en Thailande et meme 60 $ au Nepal ). Pourtant, certains biens de consommation sont anormalement chers et totalement hors de portee de la classe moyenne : 3 000 $ pour ouvrir une ligne telephonique fixe et 12 000 $ pour un portable. Quelle autre explication que la paranoia d'un general soucieux de limiter les communications entre ses administres. Le premier matin,
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reveil a 4h45 car nous allons assister au lever du soleil a Shwedagon Paya, la plus spectaculaire et la plus reveree des pagodes birmanes : un stupa dore a la feuille d'or, haut de 98 metres, datant du 10e siecle, entoure de dizaines d'autres temples aux influences diverses, allant jusqu'au sytle hindou. Chaque birman espere venir s'y recueillir au moins une fois dans sa vie. Aux premieres lueurs de l'aube, nous penetrons, pieds nus, dans l'enceinte sacree. Les dalles sont encore froides, seuls quelques pelerins sont deja la, agenouilles devant l'un des multiples autels. Les mains chargees d'offrandes (fleurs de lotus, noix de coco, bananes, cigarettes, fleches en aluminium, feuilles d'or ...) ils prient pour que la chance soit sur eux et sur leurs familles. Dans tout le pays, on accomode le buddhisme a la sauce animiste. Les nats, des esprits ou des saints, sont presque aussi veneres que Boudha, pour leurs pouvoirs surnaturels. On verse sur certaines statues de Boudha autant de verres d'eau que d'annees deja passees sur cette terre. Sur d'autres, on colle tant de feuilles d'or que certaines statues sont difformes voire invisibles ! Elle est bien loin la sobriete du boudhisme nepalais ou ladakhi. Nicolas sympathise avec le gerant du cafe internet ou il grave ses (trop nombreux) CD de photos. Ce jeune birman d'origine chinoise est lui aussi un passionne de photo. Le dernier soir, il nous emmene diner chez un ami chef cuistot et photographe amateur. Notre ami possede sa propre voiture, chose rarissime a Yangon. Cela laisse supposer qu'il appartient a la bourgeoisie de Yangon (le prix d'une voiture est deux fois plus eleve qu'en France, et pour une occasion encore). Nous roulons 20 mns sur les routes mal ou pas eclairees de l'ouest de Yangon. La famille de son ami, Thar, tient un restaurant chinois dans Sanchaung, l'un des townships de Yangon. Sur les murs de la grande salle en ceramique blanche, sont accrochees de magnifiques posters couleur de paysages birmans. La cuisine est delicieuse et si nous nous lechons les babines, c'est autant pour le sweet & sour chicken que pour les ragots a caractere politique que notre ami d'un soir veut bien nous lacher. Il nous offre une theorie sur la raison d'etre de la nouvelle capitale, dans le nord du pays. La rumeur veut que cette ville serait construite sur un labyrinthe de tunnels souterrains qui menent dans les montagnes. Le General Than Shwe et sa junte s'echapperaient donc plus facilement en cas d'invasion "des Americains" (pourtant tres occupes en ce moment), ou si une opposition armee voyait le jour en Birmanie pour les renverser. Apres le diner, Thar nous invite a monter voir ses photos sur son ordinateur. On ne s'en remettra pas. Beaucoup d'entre elles ont gagne des concours de photo en Thailande, a Singapour, Hong Kong. Ce jeune type, en plus d'etre un excellent cuisinier, a un sacre talent pour les paysages structures. Ses compositions sont on ne peut plus graphiques, voire geometriques. Il acheve de nous degouter en nous faisant la liste de son materiel : les premiers boitiers Nikon numeriques et des optiques de qualite mediocre. Comme quoi rien ne sert d'investir des millions dans le matos. Le talent on l'a ou on l'a pas. Tous les matins, 3 petites filles patientent devant la Okinawa Guest House dans l'espoir de vendre leurs paquets de cartes postales aux touristes. Les photos datent des annees 70 et les couleurs sont delavees mais par charite les gens leur en achetent. Candice succombe pour la somme de 2 000 K (1,3 euros). Les gamines ne vont pas a l'ecole car si l'ecole est gratuite selon la loi, il faut bakchicher les professeurs payer les uniformes, les livres, les notes aux examens pour passer dans la classe superieure etc... De toute facon, sans famille bien placee ou relations, aucun metier n'est a l'horizon. Faute d'enjeu donc, et de moyens, la majorite des Birmans envoient leurs enfants travailler a la place. Nicolas prend les fillettes en photo et leur offre quelques beaux portraits. Il conseille a Thida de tenter de vendre d'autres genre de cartes postales, type aquarelles et comme la "mise de depart" est trop elevee pour elle, il lui donne la somme necessaire pour demarrer. La encore, 2 000 K, c'est un petit investissement, mais cela lui vaut une reconnaissance eternelle et un vrai beguin. Ou seraient-ce ses yeux bleus et sa peau claire ? Candice fait cadeau d'un flacon de vernis a ongles a Shabane qui admire ses ongles de pied rose fuschia. Et de fil en aiguillle nous sympathisons. Les petites filles nous emmenent au Bogyoke Aung San Market et nous nous promenons dans les allees proprettes de cette gigantesque halle aux bijoux. Rien a voir avec les autres marches que nous avons visite en Birmanie. Tout est clean et lumineux, rien ne depasse. Les touristes deambulent en groupe, camera au poing. A la veille de notre depart pour Bagan, Shabane et Thida nous offrent colliers et bagues "de mariage" pour Noel. Nous leur laissons de petits cadeaux a la reception de la guest house : de fausses besaces Diesel pour ranger leurs cartes postales. A notre retour, c'est la fete et de nouveaux cadeaux. Les petites sont de plus en plus calines et mignonnes jusqu'au jour du depart ou elles veulent nous inviter a aller a la piscine. Au moment de monter dans le taxi, les larmes coules sur le thanaka. Leurs petites joues mouillees collees sur nos t-shirts, nous avons le coeur serre. Endurcies par la survie, elles demeurent des enfants, qui s'attachent et se livrent. Ca ne durera probablement pas... Ngapali beach - Myanmar (Birmanie) Candice 17-12-2006 Le matin de notre 3e jour a Yangon , l'appareil photo de Nicolas a decide de rendre l'ame. Quelles solutions envisager dans un pays ou les distributeurs Canon ne connaissent pas encore le numerique ? On est mechant mais la verite n'est pas si loin. L'idee de rentrer a Bangkok pour faire reparer son 5D commence a germer et devient bientot une evidence. Les 12 000 photos () que Nicolas prendra de la Birmanie par la suite justifieront pleinement ce choix un peu fou. Des le lendemain nous prenons nos billets d'avion et le surlendemain Nicolas est a Bangkok faisant pression chez Canon pour obtenir une reparation sous 72h ! Candice, dont les parents arrivent la veille de Noel en Birmanie, ne veut pas prendre le risque de se voir refuser un 2e visa birman, ce qui ne pourrait arriver a Nicolas avec ses 2 passeports. Elle fait le choix d'aller passer la semaine a la plage en attendant le retour de son homme. Yangon , c'est sympa, mais de la a y passer une semaine supplementaire ... faut pas charrier.
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