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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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misersurlespauvrespar John Elkins © Getty Images / Gallo Images
1NOTRE PLANETE :LA MONDIALISATION ET L’ENVIRONNEMENT
Aux grands maux, les grands remèdes du moins est-cela ce que l’on pense traditionnellement. Quatremilliards de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour, plus d’un milliard n’ont pas accès à une eau propre et des millions d’autres meurent chaque années de maladies évitables ou de famine.Erosion des sols, amenuisement de la diversité biologique, réchauffement planétaire, la liste des maux est longue.M. Mohammed Yunus, à qui a été récemment attribué le Prix Nobel de la Paix pour ses activités d’avant-garde en matière de microfinancement, s’est engagé dans une voie différente qui consiste à responsabiliser les individus en leur accordant de petits prêts afin qu’ils créent des débouchés économiques pour eux-mêmes et leurs familles.Il s’agit là d’une solution potentiellement universelle qui permet à l’aide de petits pas de résoudre des problèmes individuels.
En assurant des services financiers sur des marchés délaissés, le microfinancement peut être la pierre de voûte du développement économique en stimulant la croissance réelle et en contribuant dans une large mesure à la réalisation de l’Objectif du Millénaire pour le développement qu’est l’éradication de la pauvreté.Cette formule donne les moyens et l’occasion d’exploiter l’esprit d’entreprise que possèdent les communautés à faibles revenus partout dans le monde.Elle peut aussi enclencher un processus vertueux, grâce auquel la prochaine génération sera en meilleure santé, mieux éduquée et aura plus de possibilités.
Les grands problèmes peuvent paraître insolubles.Toutefois, les petits problèmes semblent quant à eux, pouvoir être résolus tandis que le monde des affaires aime agir et enregistrer des progrès tangibles.Les formules à la mode que l’on entend souvent à Wall Street - « Aller au-delà des attentes », « offrir de la valeur » et « rendre des comptes » - témoignent du fait que cette communauté s’intéresse aux résultats.Mettre à profit l’énergie, la détermination, la discipline et les capacités du monde des affaires pour résoudre certains des problèmes mondiaux parmi les plus ardus et les plus difficiles à régler, telle a été l’idée fondamentale du livre novateur de l’économiste C. K. Prahalad intitulé The Fortune at the Bottom of the Pyramid.L’engagement dynamique du monde des affaires améliore les conditions de vie des personnes alors que de nouveaux débouchés économiques commercialement viables et d’importance variable peuvent naître de ces nouveaux marchés et bénéficier à tout un chacun.
Les sociétés peuvent ne pas chercher à faire d’énormes profits au bas de la pyramide économique – en fait, il pourrait être immoral de le faire – mais elles ont la responsabilité de mettre à profit leur savoir-faire et leurs connaissances pour essayer de résoudre les problèmes.Cette approche relie la vision stratégique de M. Prahalad, fondée sur le « bas de la pyramide » à l’objectif concret de la plupart des entreprises commerciales.Notre savoir-faire chez Visa consiste à mettre en place des réseaux efficaces et sécurisés de paiements.De ce fait, notre rôle est tout naturellement d’en faire profiter ceux qui s’adonnent au microfinancement et à collaborer étroitement avec eux en faisant en sorte qu’une plus grande partie de leurs avoirs soit investie sous forme de petits prêts et moins fréquemment dans les infrastructures et les systèmes d’information nécessaires pour gérer leurs affaires.
Il conviendrait de considérer le petit portefeuille actuel de programmes de microfinancement de Visa comme un début.L’engagement auprès d’organisations populaires œuvrant activement au sein des communautés locales ainsi que la volonté d’apprendre constitue le principal élément de toute mise sur pied d’affaires à but lucratif.Ce passage au stade de nos «intérêts bien compris» -c’est-à-dire à l’adaptation de nos modèles en matière d’affaires de façon à pouvoir utiliser l’infrastructure en place aux fins de ce débouché d’une manière qui soit commercialement viable et durable – constitue l’étape suivante nécessaire pour développer les investissements et l’activité.
Adapter franchement les moyens de Visa aux besoins non satisfaits de la communauté œuvrant dans le domaine du microfinancement en voie d’expansion aura pour effet de mettre sur pied une véritable activité économique et mettra mieux à même de dispenser les avantages du microfinancement au niveau requis.Trois types importants d’intéressés bénéficieront indéniablement du renoncement aux paiements en espèces au profit d’un plus grand recours aux paiements électroniques :
Le Client: La majorité des bénéficiaires des microcrédits sont des femmes;d’ordinaire, les prêts leur sont accordés en espèces et en un seul versement, ce qui les expose particulièrement aux vols et aux escroqueries.Plutôt que d’avoir des
espèces, ces femmes peuvent avoir une carte Visa de prépaiement ou une carte de débit. Ainsi,leur pécule est à l’abri des vols et elles peuvent y avoir accès chaque fois qu’elle en ont besoin.Il ressort d’un programme pilote de recherche réalisé au Guatemala que l’une des principales raisons pour lesquelles les bénéficiaires des microcédits appréciaient de pouvoir disposer d’une carte Visa tenait au fait qu’ils éprouvaient un plus grand sentiment de sécurité.
L’Institution de microfinancement (IMF): Le fait de recourir à l’électronique pour l’octroi et le recouvrement des prêts peut réduire le fardeau consistant à collecter, distribuer et gérer un grand nombre de petits prêts en espèces.Il importe de rendre les IMF plus efficaces si le nombre de personnes pouvant bénéficier d’un accès au microfinancement doit atteindre les 300 millions d’individus prévus. L’électroniqueleur permet de mieux servir leurs clients et de gérer plus efficacement leurs ressources, d’offrir de nouveaux produits et d’étendre les avantages du microfinancement à un pourcentage de personnes plus important.Et sur certains marchés concurrentiels du microfinancement, cette technique peut contribuer à différencier une IMF d’une autre.
Les institutions financières: En matière de paiement, les banques disposent de l’infrastructure électronique nécessaire mais elles n’ont ni l’expérience ni les compétences requises pour gérer les risques et former le marché visé.Les IMF établissent des relations avec chacun de leurs clients mais elles n’ont pas accès aux infrastructures électroniques qui leur permettraient de cibler le microcrédit.Les banques commerciales locales peuvent bénéficier de diverses façons des occasions offertes par le microfinancement commercial.Elles peuvent avoir accès à une nouvelle catégorie de clients, vendre accessoirement des produits non concurrentiels et également tirer parti des nouveaux dépôts et des nouveaux flux de revenus assurés par un plus grand emploi des cartes Visa de débit, de crédit et de prépaiement aux points de vente.
En conséquence, la stratégie de Visa consiste à encourager les partenariats entre banques et IMF, de façon à conjuguer la commodité et la sécurité des cartes et les systèmes de paiements électroniques avec les très nombreux contacts communautaires des IMF.Tout cela justifie l’ensemble de nos efforts visant à mettre la banque à la disposition de ceux qui n’y ont pas accès et à favoriser l’accès des consommateurs à faibles revenus au secteur financier traditionnel.
On se laisse parfois aisément entrainer dans des débats intellectuels concernant les différentes approches des grandes questions du jour – à ruminer les vues divergentes de Jeffrey Sach ou de William Easterly sur la façon d’éradiquer la pauvreté, qui est l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement.Ou encore à débattre de la question de savoir si les entreprises commerciales ont un rôle utile et digne d’intérêt dans le développement du microfinancement ou si tout simplement elles en profitent au détriment des plus démunis de la planète.
Comme dans la plupart des cas, la réalité se situe quelque part entre ces deux positions. Ily aura des situations où non seulement aucune affaire ne sera viable mais où également aucune éthique ne pourrait justifier une entreprise lucrative au bas de la pyramide.La philanthropie, qu’elle soit privée ou gouvernementale, aura toujours un rôle à jouer.Cependant, le monde des affaires aura aussi de nombreuses occasions de déployer son savoir-faire et ses capitaux pour créer des entreprises viables et donner aux individus les moyens de changer leurs conditions d’existence tout en permettant un emploi mieux ciblé des fonds à caractère « philantropique » de la part de ceux pour qui c’est là la seule façon morale et pratique de fournir une aide.
Tout comme M. Yunus, qui ne s’est pas laissé accabler par l’ampleur du problème mais s’est concentré sur des solutions modestes pouvant être développées, nous ne devrions pas laisser ces débats théoriques nous égarer.Le microfinancement fonctionne et lorsque les entreprises peuvent jouer un rôle constructif en accroissant l’efficacité et l’efficience en appliquant leurs compétences et savoir-faire essentiels à ce domaine, elles peuvent et devraient pouvoir en bénéficier.Visa est sans conteste résolue à développer son infrastructure, ses produits et son savoir-faire pour exploiter l’occasion offerte par cet important marché tout en améliorant les conditions de vie des millions de personnes dans le monde à qui certains services font défaut.
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