LE MONITEUR.FR – 28 OCTOBRE 2009

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LE MONITEUR.FR – 28 OCTOBRE 2009

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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LE MONITEUR.FR
28 OCTOBRE 2009
L'ACTUALITE EN CONTINU ET LES SERVICES DE LA
CONSTRUCTION
http://www.lemoniteur.fr/153-profession/article/actualite/689755-maitrise-d-oeuvre-et-conseil-la-cicf-lance-une-operation-verite-sur-les-prix
Maîtrise d'oeuvre et conseil : la CICF lance une opération vérité
sur les prix
Dominique Errard
| 28/10/2009 |
11:12
|
Profession
© CICF
Exemple de répartition des coûts des prestations d'ingénierie
La Chambre de l'ingénierie et du conseil de France (CICF) vient de
lancer une méthode d'analyse des offres d'ingénierie. Une réponse
à la baisse généralisée de la rémunération de la maîtrise d'œuvre.
Avec la crise économique, c'est un peu le régime de la double peine qui s'applique aux maîtres
d'œuvre. Leur rémunération souffre à la fois d'une baisse des taux de calcul de leurs honoraires qui
font l'objet d'âpres négociations avec les maîtres d'ouvrage -quand elles ne sont pas tirées vers le bas
par les maîtres d'œuvre eux-mêmes dans une sorte d'enchère négative- et à la fois d'une dévalorisation
des travaux sur lesquels s'appliquent ces taux.
En clair, "ce qui valait 100 dans le bâtiment il y a un an à peine ne vaut pas plus que 90, et le taux de
rémunération de la maîtrise d'œuvre qui s'y applique pour le calcul des honoraires est, dans le même
temps, passé de 10 à 8% environ", commente François Amblard, président de la Chambre de
l'ingénierie et du conseil de France (CICF).
Perte sèche : près de 30% des honoraires, alors que les missions restent généralement les mêmes et la
complexité des études ne faiblit pas (elle a plutôt tendance à augmenter du fait des nouveaux objectifs
environnementaux).
"Une heure d'ingénieur vaut environ 80 à 90 euros"
"La CICF a écrit à quelques 3.000 maîtres d'ouvrage publics pour les sensibiliser à cette baisse
anormale des prix, réagit François Amblard, et encouragés par leurs réponses nous avons élaboré une
méthode d'analyse des offres de prestations intellectuelles à leur attention". Ainsi, cette méthode -sorte
d'opération vérité sur les prix- doit éclairer les maîtres d'ouvrage sur le coût des prestations
intellectuelles.
Objectifs déclarés : les responsabiliser et éviter qu'ils ne tirent davantage les prix vers le bas,
entraînant la maîtrise d'œuvre, ou le conseil, dans une spirale de moindre rémunération et, au fond, de
moindre qualité des prestations : "une heure d'ingénieur vaut environ 80 à 90 euros (secrétariat inclus)
et nous constatons qu'il existe des opérations où elles sont négociées à moitié moins cher" poursuit le
président de la CICF qui dénonce cette pratique dangereuse à laquelle contribue parfois la maîtrise
d'ouvrage.
Un logiciel pour analyser les offres
Pour tenter d'enrayer cette descente aux enfers économique, la CICF propose un petit module de
formation à l'attention des maîtres d'ouvrage publics et privés (mais également des autres composantes
de la maîtrise d'œuvre : architectes et économistes). Un tour de France est d'ailleurs organisé par les
représentants de la Chambre qui parcourront tous les départements pendant plus d'une année pour
porter la bonne parole en matière de calcul du coût des études d'ingénierie*. La méthode élaborée par
la CICF y est expliquée et distribuée sous la forme d'un logiciel qui permet de cerner la valeur des
prestations, de consulter en transparence et d'analyser les offres. "Nous voulons aider les maîtres
d'ouvrage à comprendre le prix d'une prestation intellectuelle et attirer leur attention sur les offres
d'ingénierie anormalement basses pour qu'elles fassent l'objet d'une analyse approfondie", précise
François Amblard qui estime, au fond, qu'il est anormal que les prestations soient rémunérées en
fonction du coût de l'ouvrage. Le calcul au pourcentage étant également souvent suspecté de ne pas
inciter les maîtres d'œuvre à l'optimisation économique du projet.
Une question dont on sait qu'elle est débattue au sein même de la maîtrise d'œuvre et qu'elle a fait
l'objet, en 2002, de l'élaboration d'une "méthode de calcul du prix horaire de l'agence" proposée par
l'Ordre des architectes, permettant de déboucher sur une rémunération "au temps à passer".
Ingénieristes et architectes se rejoindraient donc sur ce point. Reste que la répartition entre eux des
honoraires de maîtrise d'œuvre demeure un autre et épineux problème... (voir l'avis d'expert).
* Le tour de France de la CICF a débuté à Annecy et se poursuivra à Rennes le 1er décembre, Marseille le 7 décembre,
Paris le 11 décembre, Strasbourg le 14 décembre et Bordeaux 16 décembre (plus d'informations sur
www.Cicf.fr
, rubrique
"actualités"). Contact CICF, Anne-Marie Lallemant : 01.44.30.49.48 ; e-mail :
lallement@cicf.fr
(Le logiciel coûte 120
euros HT).
FOCUS
Avis d'expert : François Amblard, président de la CICF
"Architectes-Ingénieurs : les usages de rémunération doivent être revus"
"La CICF n'accepte pas les tendances que prend la répartition des honoraires entre architectes
et ingénieristes dans le contexte économique actuel. Dans leur rôle de mandataire de la
maîtrise d'œuvre, certains architectes tentent de récupérer sur l'ingénierie ce qu'ils perdent
avec la baisse de leur taux de rémunération appliqué à des travaux dont la valeur est
également en baisse. Ce point nous inquiète d'autant plus que le besoin d'études
supplémentaires techniques dues aux nouveaux objectifs du Grenelle (bâtiment BBC), et donc
la rémunération de l'ingénierie, devrait être plus importante.
Le traditionnel "55% pour l'architecte, 45% en mission de base seule pour les bureaux
d'études (répartis de façon synthétique en 13% pour les études économiques, 13% pour les
études structure, 13% pour les études fluides et 6% pour d'autres spécificités)" n'est plus
nécessairement la solution.
Pour lutter contre les prix d'ingénierie anormalement bas qui ont cours actuellement et pour
encourager les maîtres d'ouvrage à mieux répartir les honoraires entre architectes et
ingénieristes, la CICF projette la création d'une association de valorisation de l'achat
responsable et équitable de prestations intellectuelles. Sa mission serait d'assister la maîtrise
d'ouvrage dans ses choix de rémunération de sa maîtrise d'œuvre."
Propos recueillis par Dominique Errard
Dominique Errard
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Source LE MONITEUR.FR
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