L'irrigation du maïs mise à mal par les sécheresses

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L'irrigation du maïs mise à mal par les sécheresses

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Numéro 194 - mars 2007
100 000hectares de maïs irrigué en moins de 2003 à 2006
L’irrigation du maïs mise à mal par les sécheresses
ace aux sécheresses suc-situations diffèrent cependant Faute de précipitations, les producteurs cessives et au manqueselon les régions, en fonction F d’eau, les producteurs dedes impacts locaux des séche-de maïs irrigué augmentent les doses maïs irrigué sont contraints deresses et des disponibilités en s’adapter. De 2003 à 2006, leseau. Ce qui se traduit aussi sur d’eau mais réduisent les surfaces. Les besoins en eau d’irrigation desla rentabilité des exploitations. cultures de maïs sont de 30 % conditions d’accès à l’eau déterminent supérieurs à la moyenne de laMoins de surfaces décennie précédente. Pour yAlors qu’elles étaient restées la rentabilité de l’irrigation. répondre, les agriculteurs rédui-stables depuis le milieu des sent les surfaces, et se préser-années quatre-vingt-dix, les vent la possibilité d’augmentersuperficies de maïs irrigué dimi-si nécessaire leurs apports d’eaunuent fortement sur la période sur les surfaces restantes. Lesrécente. Entre2003 et 2006, elles baissent de 100000 hec-tares soit 13 %. Le recul atteint 26 % en Poitou-Charentes, 2003-2006 : quatre sécheresses successives région où les ressources en eau Besoins théoriques en eau d'irrigation à l'hectare du maïs grain sont particulièrement limitées. Il (indice 100 sur la moyenne 19932003) 160 est de 12 % en Midi-Pyrénées 155 et de 10 % en Aquitaine, pre-144 mière région par l’étendue de 140 ses surfaces en maïs. Dans le même temps, les volumes d’eau 120 121 121114 à l’hectare progressent pour 120 compenser les déficits de préci-3 pitations. Ils sont de 1600 m 103 101 100par hectare pendant l’année 2002 assez arrosée. Les apports 94 93 88d’eau passent en moyenne à 83 803 2 400m pendantla séche-79 62 resse de 2003. Ils sont un peu 3 inférieurs à 2000 men 2004 60 623 mais remontent à 2700 mà l’hectare en 2005. Ce haut 40niveau, supérieur à celui de 2003, est lié à la zone d’impact 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 d el as é c h e r e s s e .E l l es e Source : Agreste - Osirisconcentre en 2005 en Aquitaine,>
>où les besoins en eau des cul-tures landaises sont toujours éle-Une sécheresse plus généralisée en 2003… vés pour cause de sols sableux.Indicateur 2003 de besoins théoriques La progression de l’irrigation vienten eau d’irrigation du maïs aussi de ce que les producteurs France : 155% aquitains ont été soumis en 2005 à des restrictions plus loca-Rapport à lisées qu’en 2003. la moyenne 19932003 (en %) Arrêtés préfectoraux pas de maïs irrigué Pour en savoirL’adaptation des cultures aux 60 – 100 plus…disponibilités en eau s’appuie à 100 – 140 [Les résultats desla fois sur la réglementation et 140 – 180 exploitations agricoles dusur les stratégies d’anticipation 180 – 290 Rica] « Difficultés pour ledes exploitants. Pour maîtriser secteur végétal en 2005 »,les consommations, des arrêtés n° 190, février 2007préfectoraux sont publiés. Les Source : Agreste - Osiris mesures prises correspondent à « Guide d’utilisationtrois niveaux d’alerte selon l’étatsupérieurs d’une vingtaine dede la main-d’œuvre est égale-d’Osiris »,Agreste-Chiffresquintaux à ceux des culturesdes ressources disponibles. Ellesment importante, car l’irrigation et données Agriculture,est gourmande en temps de tra-sèches. Le gain est d’autant pluspeuvent aller jusqu’à l’interdic-n° 181, août 2006important que la sécheresse estvail. L’irrigation constitue pour lestion des prélèvements agricoles sur un ou plusieurs bassins ver-agriculteurs une couvertureintense. Il atteint sur l’ensemble « L’irrigation, un outilsants. En 2006, les arrêtés ontcontre les risques climatiques etde la France 30 quintaux par en voie de stabilisation »,concerné 65 départements. Ilsune assurance sur les rende-hectare en 2003 et 22 en 2005. Agreste-Aquitaine, n° 3,Les écarts peuvent dépasser lesments. Mais lorsque les res-ont également été appliqués de mars 2005sources d’eau s’annoncent2003 à 2005. Mais les interdic-40 quintaux à l’hectare dans les tions administratives arriventinsuffisantes, mieux vaut substi-régions les plus méridionales « Sécheresse etgénéralement après l’implanta-tuer au maïs d’autres cultures agriculture - Réduire lamoins gourmandes en eau. Ention du maïs, effectuée de la mi-La facture d’eau vulnérabilité de2005, les producteurs ont ainsiavril au début du mois de juin. Et de l’irrigation atteint l’agriculture à un risquediminué de 10 % par rapport àbien après le choix des assole-accru de manque d’eau »,en moyenne ments, en partie fixé à l’automne2004 les cultures de maïs au Expertise scientifiqueavec l’implantation des culturesprofit du colza, du tournesol ou 66 euros par hectare collective, Inra,des fèves et féveroles.d’hiver. Pour déterminer leur irrigué octobre 2006palette de cultures, les agricul-teurs s’appuient d’abord sur lesLe coût de l’irrigationcomme Midi-Pyrénées et l’Aqui-« L’environnement entaine. Mais l’irrigation a un coût.En moyenne sur la périodeprévisions de ressources en eau France »,Les synthèses deet sur leurs résultats écono-Sur la période 2003-2005, les1995-2005, les rendements à l’Ifen, édition 2006,miques passés. La disponibilitél’hectare du maïs irrigué sontproducteurs spécialisés dans le octobre 2006m a ï si r r i g u ée nd é p e n s e n t moyenne 2900 euros d’électri-et le site Internetc i t é .m o n t a n t sC e sp o r t e n t … qu’en 2005 du Scees :notamment sur l’alimentation Indicateur 2005 de besoins théoriques www.agreste.agriculture.des pompes d’irrigation dans les en eau d’irrigation du maïs gouv.frexploitations sans accès à un France : 144%réseau collectif de distribution d ’ e a u .L ’ a l i m e n t a t i o nd e s pompes peut parfois utiliser Rapport à la moyennes o u r c e sd ’ é n e r g i ed ’ a u t r e s 19932003 (en %) comme le gazole. Sur la période pas de maïs irrigué 2003-2005, la facture d’eau de 60 – 100 l’irrigation atteint 2600 euros, 100 – 140soit 66 euros par hectare irrigué. 140 – 180Elle varie fortement selon les conditions d’accès à l’eau. Hors 180 – 290 électricité et redevance d’irriga-tion, l’eau est gratuite pour ceux qui la prélèvent directement.> Source : Agreste - Osiris
Un recul prononcé en Poitou-Charentes Superficies enmaïsgrain irrigué (en hectare)
PoitouCharentes Centre MidiPyrénées Aquitaine Pays de laLoire RhôneAlpes Alsace
2003
117 500 93800 147 100 176000 57 100 49 200 51 500
Variation 1 2006Variation (en %)
86900 80 000 129600 158500 52 300 46100 49600
— 30600 — 13800 — 17500 — 17500 — 4800 — 3100 — 1900
— 26 — 15 — 12 — 10 8 6 — 4
France 734700 637600 —97 100— 13 1. Provisoire. Source : Agreste - Statistique agricole annuelle
Loin devant les centrales électriques L’irrigation est la première utilisatrice « nette » des eaux pré-levées en France. Il est toutefois difficile, selon l’Institut français de l’environnement (Ifen), de mesurer précisément les volumes concernés faute d’une bonne connaissance de nombreux prélè-vements. Pour les seules quantités recensées en 2002, les cen-trales électriques de tous types en prélèvent55%, l’eau potable en représente 19%, l’irrigation 14% et les autres industries 12 %. Mais contrairement aux centrales électriques, qui resti-tuent une grande partie de l’eau prélevée, l’eau d’irrigation n’est pas renvoyée dans les rivières. L’agriculture représente ainsi près de la moitié des consommations réelles d’eau.
>430 euros à l’hectare en Aqui-perçues par les exploitations irri-Cela concerne une moitié des p r o d u c t e u r s .L ’ e a uc o û t eguant du maïs, pour l’ensembletaine et Midi-Pyrénées. 130 euros par hectare irriguéde leurs productions sur la pour 31 % des agriculteurs, quipériode 2003-2005, s’élèventL’incidence des DPU dépendent d’un réseau collectifen moyenne à 413 euros l’hec-L’instauration des droits à paie-de distribution d’eau. Les pro-tare. Elles sont de 380 eurosment unique (DPU) pourrait ducteurs du Centre, qui dispo-dans le Centre, et dépassent leschanger la donne en matière> sent à 80 % d’un accès indivi-duel à l’eau, paient en moyenne La première culture irriguée 30 euros d’eau par hectare irri-gué. La dépense est similaire en Le recensement agricole 2000 dénombre 1,6mil- lessuperficies irriguées se sont stabilisées depuis la Poitou-Charentes. Elle est de lion d’hectares irrigués, soit6réforme de la politique agricole commune de 1993.% de la superficie 45 euros en Aquitaine, et de agricole. Avec 780000 hectares, le maïs grain étaitElle a notamment fixé un plafond de surfaces irri-180 en Rhône-Alpes où l’eau la première culture irriguée. Plus de 130000 hec-guées à ne pas dépasser pour bénéficier de l’inté-provient majoritairement de tares de légumes, 120000 de vergers, 100 000 hec-gralité de l’aide pour le maïs irrigué. L’irrigation a réseaux collectifs. tares de maïs fourrage et 70000 de protéagineuxtoutefois porté sur 1,9 million d’hectares en 2003, étaient également irrigués. En comparaison, seulsune année de grande sécheresse où de nom-Rentabilité 17 000hectares de blé dur et 15breuses cultures de blé ont été irriguées. En 200000 de blé tendre5, La rentabilité de l’irrigation étaient irrigués en 2000. Les cultures de maïs grainon dénombre 1,7 million d’hectares agricoles irri-dépend pour beaucoup de ces étaient alors pour moitié irriguées. Après une fortegués. Ils demeurent pour l’essentiel localisés dans charges. Elle a une incidence sur croissance au début des années quatre-vingt-dix,le Sud-Ouest, la Beauce, la Provence et l’Alsace. les résultats des exploitations car l em a ï si r r i g u éc o u v r ee nL‘irrigation en 2000 moyenne 30 % des superficiesPrincipales cultures irriguées Part des superficiesagricoles irriguées par commune (millier d’hectares) des producteurs. Cette part n’est 781 Maïs grain que de 20 % dans le Centre oùFrance : 6 % Légumes132 le blé et la betterave dominent. Vergers118 Elle dépasse les 40 % en Aqui-Maïs fourrage105 taine, berceau de la culture du Protéagineux67 maïs. Le maïs irrigué a été sou-Céréales hors maïs et blés64 tenu depuis la réforme de la en % Pommes de terre56 politique agricole commune depas d'irrigation Superficies toujours en herbe37 1993 par l’instauration d’une 0 – 537 Soja prime. Elle s’élève en moyenne 5 – 10Betterave industrielle34 Prairies temporaires à 500 euros par hectare de maïs 33 10 – 20 et artificielles irrigué en 2005 (voir encadré Blé dur17 20 – 100 méthodologique). Cette prime Vigne16 est plus élevée que celles ver-Blé tendre15 sées pour le maïs sec ou lesTournesol11 Source : Agreste - Recensement agricole 2000 autres céréales. Les subventions
1 Chiffres clés 2003 à 2005 pour les exploitations cultivant du maïs grainirrigué (valeursmoyennes) FranceCentre PoitouCharentes AquitaRhôneAline MidiPyrénéespes Échantillon44578 6387 9442 Population représentée19 9002800 2700 3800000 4900 2 Superficies(ha) Superficieagricoleutilisée (SAU)9314612671 7464 SAU irriguée3952 453833 29 Surface enmaïsgrain2829 2529 3719 Surface enmaïsgrain irriguée2829 251929 37 Rendementdumaïsgrain (q/ha)97104 969691 96 Résultats économiques(euro) Eaud’irrigationpar hairrigué6644 1130 316181 Électricitépar hade SAU3121 2853 2029 Subventions d’exploitation38 40055 300498400 2500 3200 308500 Subventions d’exploitationpar ha413379 395430 438445 Résultatcourantavantimpôts (RCAI)28 8003539 000600 27810000 20000 22 Nature du réseau d’irrigation(2005) Collectifpublic17 %77 %17 %14 %4 %0 % Collectifprivé14 %4 %8% 7%% 20% 24 Individuel47 %840 %8% 34% 41% 14% Mixte22 %3 %44 %12 %25 %25 % 1. Exploitations dontlasurface enmaïsgrain représenteplus de 5 % de lasurfaceagricole etdontaumoins 90 % dumaïs estirrigué. Source : Agreste - Réseau d’information comptable agricole (Rica)
>d’irrigation. Mis en place à partir de 2006, les DPU autorisent les agriculteurs à conserver 75 % des aides moyennes perçues entre 2000 et 2002 qu’il y ait o un o np r o d u c t i o n .S e u l e réserve imposée : le maintien des sols en bon état. En aban-donnant l’irrigation du maïs pour une culture sèche ou une autre production, les agriculteurs ne
perdent ainsi qu’une faible par-tie de leurs subventions. Ils dimi-nuent dans le même temps sub-stantiellement leurs charges. Le colza, dont les cours sont main-tenus par le marché des biocar-burants et qui bénéficie d’aides spécifiques aux cultures énergé-tiques constitue aujourd’hui une alternative au maïs irrigué. En 2007, la progression du colza est
Méthodologie
Les besoins en eau du maïs sont estimés à partir du dispositif Osiris. Il a été élaboré par Météo France, l’Institut national de la recherche agro-nomique (Inra) et le Service central des enquêtes et études statistiques (Scees) du ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Osiris fournit un indi-cateur annuel des variations des besoins physiologiques du maïs grain en eau, qui prend en compte les précipitations, les températures et les prin-cipales caractéristiques des sols. Ces besoins sont estimés uniquement durant la période d’irrigation du maïs. L’indicateur est déterminé par comparaison à un besoin théorique de référence calculé sur la période de onze années s’étalant de 1993 à 2003. Il est établi sur les 198 petites régions agricoles dont le maïs irrigué représentait au moins 3 % de la superficie agricole en 2000.
estimée à 25 % en Midi-Pyré-nées et 12 % en Aquitaine.
Véronique Rabaud Scees – Bureau des statistiques végétales et forestières et Mélanie Chassard Scees – Bureau du Rica
Les apports d’eau sur le maïs irrigué sont issus des déclarations effec-tuées par un échantillon d’exploitants lors de la réalisation de l’enquête annuelle du Scees sur les terres labourables. L’objectif premier de cette enquête est d’estimer les rendements des cultures annuelles des exploi-tations. Les surfaces correspondantes ainsi que les doses d’irrigation sur maïs sont également collectées.
Le montant à l'hectare des aides Pac se déduit du rendement de réfé-rence de la zone et du montant unitaire des aides. Les montants moyens nationaux ont été calculés à partir des fichiers d'aides. En 2003, 2004 et 2005, ils s’élèvent pour le maïs irrigué à500 euros par hectare.
Secrétariat général.SERVICE CENTRAL DES ENQUÊTES ET ÉTUDES STATISTIQUES 251, ruede Vaugirard, 75732 Paris Ced49 55 85 85ex 15. Tél. : 0149 55 85 03— Fax : 01 Directricede la publication : Virginie Madelindacteur en chef : Laurent BisaultConception : Yann Le Chevalier Composition : SceesImpression : Scees ToulouseDépôt légal : à parutionISSN : 02461803Prix : 2,50© Agreste 2007
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