Michaël Ehmann : pionnier du Pop-Corn européen !

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Michaël Ehmann : pionnier du Pop-Corn européen !

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Economie
Michaël Ehmann : pionnier duPop-Corn européen ! A 41 ans, l’Allemand Michaël Ehmann est devenu le leader européen du maïs à pop-corn avec sa société Nataïs. Une activité qu’il a développé dans le Gers à Bézéril, près de Gimont et qui connaît un succès croissant grâce au pop-corn « micro-ondable » ! En 2005, Nataïs a réalisé 12 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 85 % à l’export. France à cultiver du maïs à éclater Le Canard Gascon : de façon significative et à proposer Comment vous est venue en Europe une alternative au pop-l’idée de produire du maïscorn américain. à pop-corn ? Le Canard Gascon : Le pop-corn Michael Ehmann :Lors d’un voya-est-il aujourd’hui un débouché inté-ge aux Etats-Unis, d’où est origi-ressant pour des agriculteurs ? naire mon épouse, j’ai découvert la Michael Ehmann :peut le dire. On culture du maïs pour le pop-corn. Cela permet de sécuriser un revenu J’ai ramené des semences et j’ai intéressant. Ici, 120 agriculteurs tra-fait des tests sur mon exploitation vaillent déjà pour nous et représen-agricole. Je suis plutôt curieux et tent une surface de 2500 hectares. j’avais envie d’essayer de nou-En 2007 nous allons encore nous velles choses. Le maïs à éclater développer et les surfaces devraient est une variété très particulière. Il avoisiner 3000 hectares. Il y a des est vitreux avec un grain très dur. aides de la PAC sur ce type de maïs. J’ai d’abord démarré par une petite Michaël Ehmann a hissé Nataïs au premier rang des producteurs euro-Et malgré les variations du marché, surface. J’ai trouvé mon premier péens de pop-corn. Il mise aujourd’hui sur le pop-corn micro-ondable. ça reste une culture plus intéressante client, puis nous avons augmenté que le maïs de consommation. En les surfaces. Ensuite j’ai cherché contrepartie, nous avons des exigences envers nos producteurs pour ce d’autres agriculteurs qui désormais produisent pour nous. qui est de la traçabilité, par exemple. Le Canard Gascon : Pourquoi vous êtes-vous installé dans le sud-ouest ? Le Canard Gascon : Sur quel type de marché êtes-vous présent ? Michael Ehmann :Mon père avait acheté une exploitation agricole en Michael Ehmann :Actuellement nous travaillons sur deux marchés. 1981 ici dans le Gers entre Gimont et Samatan, à Bézéril. Il faisait du D’abord le pop-corn à éclater en tant que matière première que nous maïs de consommation, du tournesol, du colza et du blé. Nous avons fournissons à différentes sociétés :des cinémas ou des industriels qui fondé la société en 1991 avec Robert Millet, un agriculteur installé dans le commercialisent eux-mêmes. Ensuite, le pop-corn que l’on utilise le Gers. Elle s’appelait « Pop-Corn Midi-Pyrénées ». En 2005, nous avec un four micro-onde et que nous commercialisons directement. avons séparé nos activités. Robert Millet produit désormais du maïs C’est cette seconde activité que nous souhaitons développer de façon doux. J’ai continué seul avec le pop-corn et la société a été rebaptisée intensive. Aux Etats-Unis, 60 à 70% du pop-corn est commercialisé Nataïs. sous forme micro-ondable et nous sommes convaincus qu’il y aura la même évolution en Europe. Ce pop-corn a deux avantages : au niveau Le Canard Gascon : Votre premier client était français ? logistique il est plus facile à transporter car il prend moins de place que Michael Ehmann :Non, c’était un client allemand. Il était décidé à créer le pop-corn éclaté mais surtout quand on l’éclate chez soi il est plus frais du pop-corn à éclater pour l’Europe car jusque là, tout le pop-corn était et meilleur qu’un produit déjà éclaté à l’avance. C’est donc un concept importé des Etats-Unis. Nous avons donc été la première société en tourné vers l’avenir et qui va prendre la place du produit standard.
Située à Bézéril près de Gimont, l’entreprise s’est engagée dans une démarche de développement durable.
Le Canard Gascon n°12 28
Nataïs a développé un outil industriel spécifique et unique en Europe pour ensacher du pop-corn à passer au micro-onde.
La tour de tri : le maïs y est déposé par les camions puis hissé au som-met afin de passer par les différents tamis.
Le Canard Gascon : Traditionnellement, on le faisait éclater dans une poêle avec un peu d’huile. Au micro-onde, retrouve-t-on la même qua-lité gustative ? Michael Ehmann :C’est mieux encore. La qualité est parfaitement maî-trisée car le produit a été étudié. C’est amusant à faire, pratique et en plus on ne salit pas de casserole.
Des hangars servent à stocker le pop-corn. Ici, environ deux mois de production d’avance...
Le Canard Gascon : Vous avez des concurrents ? Michael Ehmann :Sur la matière première, nous avons des concurrents en France, en Espagne et en Hongrie. Sur le pop-corn micro-ondable on a des concurrents en Espagne. Mais le dynamisme commercial et le fait qu’on soit les premiers en Europe à l’avoir fait nous place comme leaders sur ce marché.
Le Canard Gascon : Votre équipe est-elle importante ? Michael Ehmann : Nous sommes cinquante personnes en tout. Cinq d’entre elles travaillent au commercial, sept travaillent pour la partie administrative et le reste en production. Nous participons à beaucoup de salons internationaux agro-alimentaires. Par exemple en participant au SIAL (1)à Paris en octobre nous avons reçu des visiteurs d’une trentaine de pays différents.
Le Canard Gascon : Peut-on imaginer que votre pop-corn se vende un jour aux Etats-Unis ? Michael Ehmann :C’est comme si des Américains voulaient vendre du foie gras en France. On peut toujours l’imaginer, mais nous ne serions pas compétitifs. Leur marché est très développé et donc la concurrence est particulièrement rude.
« L’avenir est au pop-corn micro-ondes ! »
Grâce à des moyens électroniques sophistiqués, chaque grain est calibré et évalué avant d’être sélectionné.
Le Canard Gascon : Quelle est votre production ? Michael Ehmann : 15 000 tonnes de maïs à éclater. Le marché global de l’Europe est d’environ 50 000 à 60 000 tonnes.
Le Canard Gascon : Utilisez-vous du maïs OGM ? Michael Ehmann :Nos semences viennent des Etats-Unis mais Non. sont garanties sans OGM. Il n’y a pas en Europe de semenciers qui fas-sent des recherches sur le maïs à éclater. C’est une niche. Les volumes sont faibles et la recherche sur ce domaine n’est pas rentable en Europe. Mais nous avons des partenariats avec des semenciers aux Etats-Unis pour faire évoluer le produit. Pour nous il est très important que nos clients soient sécurisés sur le fait que notre maïs est sans OGM.
Le Canard Gascon : L’usine est relativement importante et en pleine campagne. Etes-vous aussi animé par un souci environnemental ? Michael Ehmann :L’entreprise est engagée dans une démarche de déve-loppement durable. Je suis absolument convaincu que nous avons une responsabilité sur le plan environnemental et social. Nous allons donc commencer à mettre en place de l’agriculture raisonnée avec un certain nombre de nos producteurs : on ne traite les cultures que lorsque c’est vraiment nécessaire, on établit des seuils, on fait une fertilisation sur chaque parcelle en fonction de l’analyse des sols. C’est à mi-chemin entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique.
Le Canard Gascon : Aujourd’hui, vous vous sentez Gascon ? Michael Ehmann :Je suis définitivement installé en France, mais je me sens Européen. Je n’ai pas encore demandé la nationalité française, mais je me sens parfaitement intégré ici. Propos recueillis par Jean-Louis Le Breton (1) Salon International de l’Alimentation
Pour le consommateur, les produits Nataïs apparaissent sous la marque Maxi-Pop, essentiellement dans les grandes surfaces.
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