Sujet de la communication : ' La crise financi re et l'application ...

Publié par

Sujet de la communication : ' La crise financi re et l'application ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 128
Nombre de pages : 22
Voir plus Voir moins
Sujet de la communication :
 La crise financire et l’application des accords de Ble : est ce le meilleur remde ? .  
Rsum :
M. Hamza FEKIR1.
Afin de s’adapter  la libralisation de la sphre financire entame dans les annes 80,
marque notamment par la fin de l’encadrement de crdit, la disparition des diffrentes
formes de protection de l’Etat dont bnficiaient les banques, et la privatisation de la quasi-
totalit des tablissements en Europe, la rglementation bancaire a volu vers une approche
prudentielle, perue comme le seul mode de rgulation n’entrant pas en contradiction avec les
rgles du march. La rglementation bancaire actuelle ‘Ble II’ s’appuie sur la supervision, la
discipline du march et les ratios prudentiels, en particulier les ratios des fonds propres
minimaux.
La crise financire dnomme de ‘subprime’ qu’a travers le monde durant ces dernires
annes a pouss plusieurs conomistes  se demander si cette rglementation prudentielle est
toujours d’actualit, et surtout pourquoi n’a pas-t-elle permis de prvoir et d’viter la crise
actuelle. L’objet donc, de cet article est de prsenter l’architecture du nouvel accord de Ble
qui se base sur trois piliers se consolidant mutuellement, et surtout d’expliquer quel rle a-t-il
pu jouer dans cette crise financire.
Mots cls :
Banque, rglementation prudentielle, risques, crise financire.
1M. Hamza FEKIR,Doctorant, Maitre-assistant  l’universit d’Oran. Mail : fekir.hamza@gmail.com
1
Introduction :
L’activit bancaire est devenue plus que jamais un dterminant de la stabilit financire et
conomique dans le monde. Dernirement, la crise des subprimes survenue aux Etats-Unis
d’Amrique a encore une fois plac les banques au centre des dbats sur les crises financires.
Les crises bancaires ont t l’objet d’une large discussion depuis la fin des annes 70 ; la crise
de la dette internationale survenue en Amrique Latine, au dbut des annes 80, celle du
currency boardargentin en 2001 et autres crises financires, ont plus qu’anim cette
discussion.
La multiplication de ces crises financires oblige  un rexamen critique des effets de la
globalisation financire. On peut considrer que ces crises sont la consquence d’un processus
d’intgration trop rapide et qui a oubli que la finance est le lieu privilgi des dfaillances de
march, conduisant  des prises de risques et une instabilit excessives.
Dans ce cas, la globalisation financire devrait s’accompagner d’une rglementation plus forte
de la prise de risque des institutions financires. Ces vnements n’ont fait donc que
renforcer les arguments en faveur d’une rglementation prudentielle des banques  l’chelle
internationale.
Cette communication vise entre autres,  enrichir la discussion portant sur la ncessit d’une
rglementation prudentielle des banques, et plus particulirement son rle pour garantir la
stabilit du systme financier. Notre problmatique s’articule alors, au tour des questions
suivantes :
Pourquoi une rglementation prudentielle ? La rglementation ‘Ble II’ telle qu’elle est dfinie par le Comit est-elle ncessaire et suffisante pour garantir la prennit, la stabilit et la solidit du systme financier ? Les rgles de fonds propres ont-elles amorti l’impact de la crise actuelle ? Tout naturellement, on se demande si ce nouvel accord de Ble est toujours d’actualit et surtout de savoir pourquoi n’a pas-t-il permis de prvoir ou d’viter la crise actuelle ? Cette problmatique fait l’objet d’un grand dbat entre les conomistes, les partisans et les
opposants d’une rglementation prudentielle. C’est la raison pour laquelle, au cours de cet
article, nous essayerons en premier lieu, de prsenter et d’expliquer les tenants et les
aboutissants de la rglementation prudentielle, ensuite, nous mettons l’accent succinctement
sur la crise des subprimes, tout en essayant de comprendre son origine et son impact sur
l’conomie mondiale, et enfin, nous nous intresserons au rle jou par Ble II.
1- La rglementation prudentielle : dfinition, principe et objectifs.
La rglementation prudentielle prcise en ralit tous les lments (lois ou rgles) susceptibles
de limiter les faillites en cascade des banques. En effet, l'objectif est d'viter que la faillite 2
d'une banque n'entrane la faillite de tout le systme financier (risque systmique). Dans le
cadre de cette communication, nous nous intresserons particulirement  la rglementation
prudentielle dicte par le Comit de Ble.
Le principe de base de cette rglementation est d’imposer aux banques la dtention d’un
certain niveau de fonds propres et de quasi-fonds propres en lien avec les risques encourus.
Ainsi, le crdit n’est pas limit en soi. Il n’y a pas de quota  respecter et la fixation des taux
d’intrt est libre, mais l’existence d’une telle contrainte conduit les banques  limiter leur
crdit et surtout  en limiter les risques. Il ne s’agit pas donc, d’agir directement sur les
marchs en fixant les prix ou les quantits, mais d’adopter une rglementation prudentielle
ayant pour but d’orienter le comportement des institutions financires.
Cette rglementation a comme principaux objectifs, le dveloppement et la promotion de la
solidit et la stabilit du systme financier avec un ratio de solvabilit (Ratio McDonough) qui
serait plus sensible aux risques rellement encourus par un tablissement. Elle vise aussi,
l’amlioration des conditions de la concurrence bancaire en liminant les possibilits
d’arbitrage rglementaire ; ainsi que l’laboration d’une approche plus exhaustive de contrle
des risques bancaires ; et surtout, la protection des dposants. Enfin, l’objectif ultime de toute
rglementation prudentielle ne peut tre que de favoriser un systme bancaire prudent et de
renforcer la scurit et la fiabilit du systme financier.
Cette stabilit et fiabilit souhaite par le Comit de Ble via la rglementation prudentielle
est base surtout sur le montant des fonds propres minium que doit dtenir chaque banque
afin d’avoir la possibilit d’octroyer des credits aux agents conomiques. Le montant des fonds propres est considr comme le pivot de la rglementation Ble II2.
1-1 Pourquoi les fonds propres ?
Les fonds propres sont l’ensemble des ressources  couvrant le risque  de la banque, c’est--
dire celles qui ne seront en principe rembourses qu’avec la liquidation de la banque (fonds
propres), ou celles qui ne doivent tre rembourses qu’ trs longue chance (quasi-fonds
propres).
La solvabilit d’une banque est reprsente par sa capacit  faire face aux demandes de
retrait de ses dposants, et cela fait partie de la responsabilit des autorits de tutelle ; de
s’assurer que les banques sont bien aptes  faire face  leurs obligations. Il y va en effet de la
stabilit de l’conomie tout en entire d’un pays.
2H. FEKIR,  Prsentation du nouvel accord de Ble sur les fonds propres , Revue Management- Information-Finance (MIF), N5, Numro ISSN : 1630-1889, Lyon, Dcembre 2004 3
Or, une banque se trouve davantage en scurit si une partie de son actif circulant n’est pas
finance par des ressources qui viendront  chance dans l’anne. L’actif prsente toujours
un caractre alatoire et donc risqu ; en particulier quand il est constitu essentiellement de
crances comme pour les banques, alors que les dettes elles sont inluctable ; c’est pour quoi
il faut qu’une partie de l’actif soit finance non pas par les dettes mais par du capital.
D’autre part, si on impose  une banque d’augmenter ses fonds propres elle a plus  perdre en
cas de faillite et aura donc tendance  adopter des activits moins risques. Donc, le niveau
des fonds propres est garant de la solidit financire de la banque. Les fonds propres sont
donc garants de la solvabilit de la banque face aux pertes que les risques pris  l’actif sont
susceptibles d’engendrer.
Pour toutes ces raisons, le Comit de Ble a fait du montant des fonds propres son cheval de
bataille. Le montant de ces derniers est considr comme la condition sine qua non
permettant d’exprimer la capacit d’une banque  faire face  une ventuelle faillite. Le
montant des fonds propres est donc un gage de scurit permettant d’absorber des pertes
ventuelles et de protger les dposants. C’est pourquoi, le ratio de solvabilit dans le cas des
banques s’exprime par le rapport du montant des fonds propres au montant des crdits
distribus, ceux-ci tant pondrs par leur caractre plus au moins risqu.
1-2 L’volution de la rglementation prudentielle : de Ble I  Ble II.
Instaur en 1974 par les autorits des pays membre du G10, le Comit de Ble est une
instance qui regroupe aujourd’hui 13 pays. Son but est la scurisation des relations bancaires,
 travers notamment l’harmonisation des dispositifs de contrle nationaux.
Ce Comit a introduit en Juillet 1988 un nouveau cadre rglementaire que l’on appel
communment l’accord de Ble sur les fonds propres. Cet accord de 1988 est relatif au ratio
international de solvabilit ou ratio Cooke (du nom du prsident de ce Comit). Ce ratio de
solvabilit tel qu’il a t dfini en 1988 par le Comit avait l’avantage de sa simplicit et donc
de sa facilit d’application. Cependant, cette simplicit est devenue trop simplificatrice au fil
des annes avec l’amlioration des techniques financires qui requirent un ratio plus labor.
De ce fait, le Comit de Ble sur le contrle bancaire a dcid de rformer le premier accord,
par un deuxime qui est mis en œuvre  partir du dbut de 2007.
Ce nouveau dispositif offre une gamme d’options allant de mcanismes simples aux mthodologies avances pour mesurer le risque de crdit et le risque oprationnel3, afin de
3Le risque oprationnel constitue une nouveaut dans ce dispositif car avant cet accord ce risque n’a pas t pris en considration 4
dterminer les niveaux des fonds propres. Il prvoit une architecture souple dans laquelle les
banques dans le cadre du processus de surveillance prudentielle, adopteront l’option la mieux
adapte  leur niveau de technicit et  leur profil de risque. Il introduit aussi expressment
des incitations en faveur de mesures du risque plus rigoureuses et plus exactes.
L’objectif premier de cette rforme est d’encourager les tablissements  amliorer leur
capacit de mesure, de gestion et de couverture de leurs risques afin de prserver leur
solvabilit, renforcer la stabilit financire, et ainsi viter toute crise ventuelle.
Evolution de la rglementation prudentielle.
Source :H. FEKIR,  L’impact de la reglmentation prudentielle sur le comportement des banques , Mmoire en vu d’obtention d’un Diplme d’Etudes Approfondie, en Analyse des Politiques Economiques, option : conomie montaire ouverte, universit de Bourgogne, France, Juin 2004. 1-2-1 Ble I ou ‘ratio Cooke’ :
Le Comit de Ble a publi en Juillet 1988 l’accord relatif au ratio international de solvabilit
ou ratio Cooke ou encore ‘Ble I’. Ce dernier oblige les banques  dterminer un niveau de
fonds propres proportionnel  la valeur de leur actif. Il impose que les fonds propres soient au
moins gaux  8 % des actifs totaux de la banque et des activits de hors bilan, pondrs par des coefficients4de risque.
Il s’agit d’une rgle prudentielle et non d’un dispositif de politique montaire destin  lutter
contre l’inflation ou stabiliser la valeur externe des monnaies intressant l’ensemble des
4Ils reprsentent le niveau ventuel que le risque devient rel. Ils varient de 0  1, selon la qualit de l’emprunteur. Pour un Etat ce coefficient est de 0, car le risque de dfaut est quasiment nul. 5
tablissements  exerant un volume notable d’activits de caractre international  c’est  dire les tablissements pour lesquelles ces activits reprsentent 33 % du bilan5.
Le ratio Cooke a constitu la premire tape vers une approche prudentielle fonde sur une
norme de fonds propres, calcule selon une formule connue et accepte de tous. Il a fait
l’objet d’une directive de la Commission Europenne en 1989, qui ont gnralis l’usage 
l’ensemble des banques de l’Union. Ce ratio permet de prmunir le dposant contre le risque
de faillite et constitue un mcanisme incitatif permettant de contrler la prise de risque par les
banques.
Ratio Cooke =
Total des fonds propres
Risque de crdit
8%
Le principe directeur de ce ratio est d’exiger un niveau de fonds propres proportionnel au
risque de crdit auquel la banque est expose. Plus la banque prend le risque, plus elle doit
constituer des fonds propres. Ces fonds propres doivent permettre d’amortir des pertes sur des
oprations bancaires et aussi viter la faillite de la banque. Si la banque souhaite augmenter
son rsultat en prenant plus de risque, elle se trouve dans l’obligation d’augmenter ses fonds
propres, ce qui a pour effet rduire la rentabilit de la banque et le bnfice par action s’en
trouvera rduit. Ceci qui aura un effet contraire sur la richesse des actionnaires de la banque.
Le ratio Cooke incite donc la banque  limiter les risques.
Toutefois, ce ratio prsentait  l’poque comme une mesure innovante pour faire face aux
ventuelles crises que puissent connaitre les banques, prsentait des limites ds le dbut des
annes 90, et ne faisait pas l’objet de l’unanimit des conomistes. Les critiques adresses au
premier accord de Ble s’tablissent  deux niveaux :
en cause l’efficacit de la rglementation prudentielle ; remet Un premier niveau
Cette premire critique trouve ses fondements dans la prise en compte du risque. La
prsentation du ratio de solvabilit montre qu’il repose sur un calcul de la valeur comptable
des actifs bancaires, ces actifs tant pondrs par des coefficients de risque bass sur le risque
de contrepartie. Or il est indniable que l’activit bancaire supporte d’autres risques, les plus
vidents tant les risques de taux d’intrt, les risques de change dfinissant les risques de
march.
Un second niveau suggre que la rglementation prudentielle serait non seulement
inefficace, mais qu’elle pourrait avoir des effets pervers.
5Christian Descamps, Jacques Soichot, Economie et  gestion de la banque , les essentiels de la gestion, 2002. 6
Cette seconde critique est en fait une consquence directe de la premire. La question qui se
pose est de savoir si, puisqu’elle ne prend en compte que le risque de contrepartie, la
rglementation prudentielle ne risque pas d’engendrer des effets pervers, c’est--dire de
conduire au rsultat inverse  celui recherch. De manire plus gnrale, l’ide est de dire que
la banque va dvelopper une stratgie tenant compte de la contrainte que constitue la
rglementation prudentielle. L’imposition d’une exigence en fonds propres va donc peser sur
la rentabilit des fonds propres. En effet  l’intrieur d’une mme catgorie, il existe une
multitude d’investissements possibles, avec des degrs de risque diffrents. La banque a donc
la possibilit de restructurer son portefeuille afin de compenser la diminution de sa rentabilit
tout en respectant la contrainte de capital. Mais, peut-tre que cette stratgie de la part des
banques va entraner une augmentation de la probabilit de faillite, susceptible de compenser la diminution initialement engendre par l’augmentation du niveau des fonds propres6.
La rglementation prudentielle peut donc engendrer des effets pervers car la restructuration du
portefeuille peut conduire  une situation o la probabilit de faillite est suprieure  celle de
la situation de dpart. La raison est la seule prise en compte du risque de contrepartie, alors
qu’il est vident que la banque subit d’autres types de risques  l’instar du risque de march et
du risque oprationnel (mme si, ce premier accord a subi un amendement en 1996, ce qui a
permis de prendre en considration le risque de march et de le consacr une partie des fonds
propres dtenus par la banque). Sensible  cette critique les autorits rglementaires des
diffrents pays ont dcid de renforcer la rglementation prudentielle en essayant d’amliorer la prise en compte des diffrents types de risque7, ce qui a donn naissance d’un nouvel
accord dnomm ‘Ble II’.
1-2-2 Architecture du nouvel accord de Ble : Le Nouvel accord repose sur trois piliers se consolidant mutuellement ; ces trois lments
runis devraient contribuer  la scurit et  la solidit du systme financier. Le Comit insiste
sur la ncessit d’une application rigoureuse simultane des trois piliers et entend cooprer
activement avec les autorits de contrle bancaire pour parvenir  une mise en œuvre efficace
de tous aspects de l’accord. Mme si, le montant des fonds propres dtenu par la banque reste
la principale mesure permettant de scuriser et de solidifier le systme financier.
Pilier1 : Exigences minimales des fonds propres :
Les mesures quantitatives concernant les exigences en fonds propres constituent le point de
dpart du Nouvel accord, de mme que pour la premire fois, le Comit de Ble stipule des
6Thse de doctorat, Universit de Poitiers.Bonnet N.,  Risque bancaire et rglementation prudentielle , 7  La rglementation prudentielle , Document de travail, CDC, Avril 1999.Patrick ARTUS,
7
exigences en fonds propres explicites en regard du risque oprationnel (le risque de march a
dj t pris en considration en 1996 via une directive europenne). Si les rglementations
concernant les risques du march n’ont pas chang, il n’en est pas de mme pour les
procdures de mesure du risque de crdit qui, elles sont plus labores que dans l’accord de
1988. Dans le nouveau dispositif, la dfinition des fonds propres et l’exigence minimale de 8
% restent les mmes. Cependant, le montant des fonds propres a t affect diffremment
selon des pourcentages dfinis par le comit en fonction des diffrents types et l’ampleur des
risques (75 % des fonds propres seront affects au risque de crdit ce qui correspond  une
quivalence de 6 %, 20 % au risque oprationnel et 5 % au risque du march).
Ratio Mc Donough8=
Total des fonds propres
8%
Risque de crdit +Risque de march + Risque oprationnel
L’objectif de ce premier pilier est d’amliorer le calcul des risques et leur couverture par les
fonds propres ; assurer une meilleure stabilit micro-prudentielle avec un ratio mieux proportionn aux risques9.
Le nouveau dispositif offre une gamme d’options allant de mcanismes simples aux
mthodologies avances pour mesurer le risque de crdit et le risque oprationnel (qui
constitue une nouveaut dans ce dispositif car avant cet accord ce risque n’a pas t pris en
considration), afin de dterminer les niveaux des fonds propres. Il prvoit une architecture
souple dans laquelle les banques, dans le cadre du processus de surveillance prudentielle
adopteront l’option la mieux adapte  leur niveau de technicit et  leur profil de risque. Il
introduit aussi expressment des incitations en faveur de mesures du risque plus rigoureuses et
plus exactes.
Le Nouvel accord est destin  tablir des approches  la fois plus exhaustives et plus
diffrencies en fonction du risque que l’accord de 1988, tout en prservant le niveau global
de fonds propres rglementaires. Des exigences en fonds propres plus conformes aux risques
permettront aux banques de grer leurs activits avec davantage d’efficience, en proposant
surtout des mthodes d’valuation diffrentes (standards, avances ou internes) en fonction
du niveau de sophistication et du systme interne d’information de chaque banque.
Avec Ble II, les exigences de fonds propres couvrent un large ventail de risque : le risque de
crdit, les risques de march, le risque oprationnel. La mesure du risque de crdit a t
8de New York, prside galement le Comit de Ble.William Mc Donough, prsident de la rserve fdrale 9PIERRE-YVES Thoraval, ALAIN Duchateau,  Stabilit financire et nouvel accord de Ble , Secrtariat gnral de la Commission bancaire 8
considrablement affine (tout en respectant les conditions requises, la banque en plus de la
mthode standard dj utilise, peut faire recours aux mthodes internes ou avances).
Ble II confirme  cet gard la place faite aux modles internes dans le dispositif prudentiel.
Au sein du menu d’approches proposes, les banques peuvent en effet utiliser une approche
fonde sur leurs modles internes d’valuation du risque de crdit,  la condition de satisfaire
tout un ensemble de conditions qualitatives et quantitatives. Les banques qui ne remplissent
pas ces conditions s’en remettent  une approche standard adosse  des notations externes,
certes moins fine et donc plus exigeante en fonds propres que les approches modles internes,
mais mieux ajuste que celle qui prvalait dans le cadre du ratio Cooke.
Cependant, le rgulateur a sitt fini d’adapter avec Ble II son dispositif aux volutions qu’il
jugeait ncessaires depuis Ble I, qu’il accuse dj un retard face  l’volution de l’activit
bancaire. Sous la pression conjugue des exigences de solvabilit des rgulateurs et des
exigences de rentabilit de leurs apporteurs de fonds, les banques ne portent plus une large
part des risques qu’elles produisent, elles les transfrent de diverses manires dont la
sophistication va croissant, au moyen d’oprations de titrisation, de drivs de crdit ou de
structuration de produits. Les banques sont ainsi passes d’un  modle d’octroi et de
conservation  du crdit  un  modle d’octroi puis cession  qui fatalement rduit
l’incitation des banques  slectionner les crdits et  suivre les risques associs. Les risques
qu’il s’agit de mieux mesurer et de mieux grer ne sont plus tant aujourd’hui ceux que portent
les banques dans leurs bilans mais ceux qu’elles ne conservent pas et transfrent sur d’autres
acteurs pas ncessairement astreints au mme encadrement.
Piliers 2 : Processus de surveillance prudentielle :
Le deuxime pilier du nouveau dispositif vise  introduire davantage de cohrence entre les
risques pris par une banque et l’allocation des fonds propres au sein de cette dernire. Le
nouvel dispositif des fonds propres (avril 2003) repose sur quatre principes fondamentaux :
Les banques doivent disposer d’un systme de mesure interne de l’adquation de leur
fonds propres  leur profil de risques et d’une stratgie de maintien de cette adquation ;
Les autorits de contrle doivent examiner ce systme de mesure et cette stratgie est
s’assurer de leur conformit avec la rglementation ;
Les autorits de contrle attendent des banques qu’elles disposent de fonds propres
suprieurs  ceux fixs rglementairement et doivent pouvoir le leur imposer ;
9
Les autorits de contrle doivent pouvoir intervenir de manire prventive afin d’viter
que les fonds propres des banques ne tombent en de de niveaux prudents et doivent pouvoir
leur imposer une action correctrice si le niveau de ces derniers n’est pas maintenu ou restaur.
Le processus de surveillance constitue donc, un complment essentiel aux mesures de fonds
propres rglementaires et aux rgles gnrales dfinies par le premier pilier. Il permet de
vrifier l’adquation des fonds propres de la banque sur la base de l’valuation complte des
risques qu’elle encourt. Une fois que les autorits de contrle ont vrifi les procdures
internes d’affectation de fonds propres ralises par la banque, elles peuvent revoir  la hausse
les exigences minimales des fonds propres.
Pilier 3 : Discipline de march.
Depuis quelques annes dj, les autorits de contrle considrent que la qualit de
l’information financire est un lment fondamental de l’efficience des marchs et de la
solidit des systmes financiers. L’opacit protectrice utilise auparavant par les banques afin
de surprendre les marchs a laiss sa place  l’ouverture, la communication et la transparence.
En s’inspirant de ses recommandations antrieures, le Comit de Ble a dfini un ensemble
d’informations, que les banques devront publier sur un rythme semestriel, par exemple :
touchant auchamp d’application du ratio (consolidation), le niveau et la structure dtaille
des fonds propres ou mme l’exposition au risque/mode de gestion de risque (crdit, march,
oprationnel, taux ….).
La logique qui sous-tend le troisime pilier est que l’amlioration de la communication
financire permet de renforcer la discipline de march, perue comme un complment 
l’action des autorits de contrle. L’information financire est, en effet, toujours une
incitation  rationaliser la gestion des risques pour traduire la ncessaire cohrence dans la
dmarche des banques entre leur systme de gestion interne, de mme qu’en communiquant
des informations dtailles sur tous les types de risque, une banque permet  tous les autres
acteurs du march de mieux analyser son profil de risque et l’adquation de ses fonds propres,
de mme que l’utilisation des mthodes avances sera conditionne par la publication de ces informations. Cette proccupation rejoint celle de la transparence financire10.
1-3 Comparaison Ble I et Ble II : L’accord de 1988 ne pose que le principe d'une exigence quantitative fonde sur une mthode
de calcul uniforme. Le dispositif actuel reposera sur trois types d'obligations (les piliers) :
Les tablissements devront disposer d'un montant de fonds propres au moins gal  un
niveau calcul selon l’une des mthodes proposes (Pilier I) ;
10Gense et enjeux , Confrence- dbat, association d’conomie financireCHRISTIAN NOYER ., Ble II :
10
Les autorits disposeront de pouvoirs renforcs et pourront en particulier imposer, au cas
par cas, des exigences suprieures  celles rsultant de la mthode utilise (Pilier II) ;
Les tablissements seront soumis  la discipline de march (Pilier III), tant tenus de
publier des informations trs compltes sur la nature, le volume et les mthodes de
gestion de leurs risques ainsi que sur l'adquation de leurs fonds propres.
Par rapport  Ble I, l’accord actuel comporte cinq novations principales :
Des exigences en fonds propres s'imposeront non seulement pour les risques de crdit et
pour les risques de march mais aussi pour les risques oprationnels ;
Pour calculer les exigences en fonds propres au titre de chaque type de risque, les
tablissements se verront ouvrir plusieurs options, notamment entre des mthodes
standards et des mthodes fondes sur des notations ou des mesures internes ;
Le mode de calcul de ces exigences intgrera davantage la ralit des risques, notamment
par une meilleure prise en compte des techniques de rduction des risques ;
Les exigences en fonds propres pourront tre adaptes individuellement en fonction du
profil de risque de chaque tablissement, les autorits de contrle pouvant imposer des
exigences individuelles suprieures  celles calcules dans le cadre du pilier 1 ;
Les tablissements devront publier des informations dtailles sur leurs risques et
l'adquation de leurs fonds propres.
Afin de mieux cerner la diffrence entre Ble I et Ble II et de mettre en vidence les
innovations apportes par la nouvelle rglementation, nous proposons la prsentation
suivante :
11
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.