Monitoring des médias sur la couverture journalistique du sida

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Monitoring des médias sur la couverture jlao urréngiaolins tidqeus e Gdrua nsidds aL daacsns 
Burundi, République démocratique du Congo, Rwanda Période du 20 avril au 4 mai 2008
Des médias pour la pluralité
Rapport de synthèse par Mouhamadou Tidiane Kassé Consultant principal Spécialiste Médias et Vih/sida
Monitoring des médias sur la couverture journalist du Sida diaqnus el a  région  des Grands Lacs
Burundi, République démocratique du Congo, Rwanda Période du 20 avril au 4 mai 2008
Rapport de synthèse
par Mouhamadou Tidiane Kassé Consultant principal Spécialiste Médias et VIH/Sida
Des médias pour la pluralité
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Cette étude a été coordonnée et rédigée par Mouhamadou Tidiane Kassé. Elle a été réalisée en partenariat avec Simon Kururu, Antoine Saka Saka et Jean-Paul Kayihura, consultants, respeivement, pour le Burundi, la RD Congo et le Rwanda. Elle a impliqué la participation d’agents des centres de monitoring de ces trois pays.
Le centre de monitoring de l’Organisation des Médias d’Afrique Centrale à Bujumbura avec Innocent Nsabimana (Responsable du Centre de Monitoring) et Oscar Bahizi (agent du Centre de Monitoring). Le Centre National de la Communication - Bujumbura, avec les observateurs et analystes Jocelyne Ininahazwe et Alain Gashaka. Autorité des Médias - Kinshasa et son Centre de Monitoring des Mé-La Haute dias Congolais, avec M. Banza Tiefolo (Coordonnateur du Centre) et M. Alex Kangu Mvengo (Coordonnateur adjoint du Centre). Haut Conseil de la Presse -Rwanda, avec Eric Bazirema et Pascal Mutembe-rezi. Les observateurs analystes : Mireille Ndeke Ami, George Pengele, Corneille Longwa, Barnabé Mipa Iyong, Hubert Kadima, Bruno Uba et Jean-Pierre Kalonda.
http://www.panosparis.org http://www.panosaids.org/
Monitoring des médias sur la couverture de l’ information sur le Vih et le sida dans la région
Un peu d’histoire
L’engagement de l’Institut Panos Paris (IPP) en faveur d’une meilleure médiatisation du VIH/Sida dans les pays des Grands Lacs L’IPP est engagé depuis plus de 20 ans en faveur du pluralisme et de l’indépen -dance des médias. En Afrique centrale, et notamment dans les trois pays francophones des Grands Lacs que constituent la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi, c’est au travers d’un projet d’appui aux médias dans la prévention et la résolution des conflits qui ensanglantent la région depuis plus de trois décennies que l’IPP a pris toute la mesure des effets dévastateurs, en termes de propagation de la pandémie. En effet, les violences faites aux femmes et les viols en série utilisés comme véritables arme de guerre ont entraîné une dramatique progression des taux de prévalence du VIH/Sida dans les trois pays concernés. Est apparue alors la nécessité de renforcer les compétences des médias et des journalistes locaux dans le traitement médiatique de cette question, sur laquelle les populations restent très largement sous-informées, tant sur le plan de la prévention que des traite-ments existants. C’est en 2006 que l’IPP a donc résolu de rejoindre le Global Aids Program, aujourd’hui développé à l’échelle inter-continentale par les 8 instituts Panos. Depuis son engagement au sein du Global Aids Programm, l’IPP tente d’apporter, en RDC, au Burundi et au Rwanda, des réponses à différents niveaux pour une meilleure visibilité du VIH/Sida et pour une meilleure compréhension des enjeux qu’il recouvre par les populations des trois pays :
k La formation professionnelle L’IPP forme des journalistes à un traitement professionnel du VIH/Sida. Mieux maîtriser le sujet, les différents enjeux qu’il revêt, connaître les différents aeurs concernés, tels sont les chantiers parmi d’autres lancés au cours de ces formations. Depuis 2006, plus d’une centaine de journalistes ont été formés au Rwanda, Bu -rundi et en République Démocratique du Congo.
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k La mise à disposition de fonds d’appui aux reportages de terrain Les journalistes formés ont tous pu réaliser des reportages en presse écrite et radio sur de très nombreux sujets liés au VIH/Sida (la transmission de la mère à l’enfant, les populations les plus exposées, les différents moyens de prévention…). Au total, plus de 140 reportages ont été produits et largement diffusés localement. Outre la nécessité d’apporter des informations fiables, vérifiées, de diversifier, de recouper les sources et de lutter contre les discriminations dont pâtissent les ma -lades, ces reportages favorisent un meilleure prise en compte du VIH/Sida dans les politiques publiques.
k La création d’espaces de débats publics sur le VIH/Sida. Des aivités nombreuses et innovantes ont été, au cours des trois dernières années, organisées par l IPP et ont permis aux médias de s’emparer de la question. Tables-rondes entre différents aeurs concernés (associations de personnes vivant avec le Sida, autorités, médecins, associations de défense des droits de l’homme, journa -listes…), l’organisation de synergies radio permettant la diffusion simultanées de débats pluriels par les stations d’un même pays, organisation d’un prix au Burundi sur la meilleure produion médiatique sur le Sida… Après avoir analysé les résultats de ces premières initiatives, globalement réussies, l’IPP a constaté que tant les journalistes que leurs audiences restaient demandeurs de ce type d’aivités et des informations qu’elles produisent. Afin de fonder une véritable stratégie à long terme sur cette thématique sensible et pour l’orienter en toute connaissance de cause des forces et des faiblesses de la situation existante, l’IPP a donc décidé, de dresser un bilan tant qualitatif que quantitatif de la ma -nière dont les médias des trois pays couvrent auellement le VIH/Sida.
Monitoring des médias sur la couverture de l’ information sur le Vih et le sida dans la région
Sommaire
Un peu d’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
L’engagement de l’Institut Panos Paris en faveur d’une meilleure médiatisation du VIH/Sida dans les pays des Grands Lacs . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1. Introduion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1 - Médias et Sida : des acquis, des limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 – Aller plus loin avec les médias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2. Le thème média et Sida dans les études menées dans les pays des Grands Lacs . . 12
3. Les objeifs spécifiques du rapport . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.1 - Le monitoring : objeifs et importance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.2  Utilisation des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
4. Méthodologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4.1 – Renforcement des capacités des chargés du monitoring . . . . . . . . . . . . . . . 16
4.2 – Critères de séleion des médias et des contenus à « monitorer » . . . . . . . . 20
4.3 – Elaboration du guide et de la grille de monitoring. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
4.4 - Centres de monitoring impliqués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.5 - Enquête auprès des journalistes, des partenaires et des consommateurs des médias sur la qualité des contenus d’information . . . . . . . . 23 5. Analyse quantitative de l’information sur le Sida par rapport aux autres sujets . . 24
5.1 - Burundi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.2 – République démocratique du Congo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
5.3 – Rwanda. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Présentation graphique de quelques données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
6. Analyse qualitative de l’information sur la couverture du VIH/Sida . . . . . . . . . . 33
6.1 – Burundi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
6.2 – République démocratique du Congo. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
6.3 – Rwanda. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Annexe i - VIH/Sida au Burundi, au Rwanda et en RDC : état des lieux . . . . . . . . 43
Annexe ii - Les médias séleionnés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Annexe iii - Les centres de monitoring impliqués . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
Annexe iv - Synthèse des entretiens sur la qualité de l’information sur le Sida . . . . 56
Annexe v Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67 -
Annexe vi - Acronymes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
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La seule évaluation de l’influence des medias sur les comportements ou les convic -tions de tous et de chacun commande au chercheur de considérer la société elle-même, à travers les règles de son organisation et de son changement… Ce qui importe, c’est la façon dont les médias amplifient ou compromettent les échanges entre les individus et entre les groupes, exerçant du même coup une influence à l’endroit de la société et de ses membres (Francis Balle, Médias et Société, ed.1984 : 63) Dans la lutte contre le Sida, une influence positive des médias dans les change-ments de comportement et dans les changements sociaux est fondamentale. Cela tient aux urgences et aux enjeux du moment pour contenir et faire reculer une pandémie à laquelle l’Afrique paie le plus lourd tribut au monde. Kofi Annan, ex-secrétaire général de l’ONU : « Le Sida (…) est devenu une me-nace importante pour la stabilité économique, sociale et politique en Afrique, particulièrement dans les régions du Sud et de l’Est ».1Et il souligne qu’« en 1998, le Sida a tué dix fois plus d’Africains que les conflits armes ». abo Mbecki, alors vice-président d’Afrique du Sud, dans un message à son pays en 1998 : « Aujourd’hui, la moitié de nos jeunes risquent de ne pas arriver à l’âge adulte. Leur éducation n’aura servi à rien. » Le BIT estime que, si l’on n’améliore pas l’accès au traitement, 48 millions de travailleurs seront perdus en 2010, et 74 millions en 2015, ce qui fera de cette maladie une des causes de mortalité les plus importantes dans le monde du travail. Extrait d’un Communiqué de presse de l’OIT (Organisation internationale du travail) publié le 12 juillet 2004 En 2004, une enquête en Éthiopie auprès des épouses d’officiers de police a montré qu’environ un tiers d’entre elles vivaient avec le VIH. « Aujourd’hui, il n’y a pas un seul autre faeur qui sape de manière aussi systématique les réalisations de cinq décennies d’investissements en ressources humaines, en éducation, en santé et en bien-être de nations entières ».2 L’OnuSida, dans son document intitulé Sida en Afrique, Trois Scénarios pour 2025, faisait le constat suivant : « Entre 35 et 42 millions de personnes vivent auellement avec le VIH et le Sida dans le monde. Environ 25,5 millions d entre elles vivent sur le continent africain où, à cette date, 13 millions d’individus sont déjà décédés du Sida (2,2 millions pour la seule année 2003), et 12 millions d’en -fants ont perdu au moins un de leurs deux parents du fait de la maladie ».
1.Cf. MARI, Nicole, « Le fléau du développement » inContinental, N° 14, 2000, p. 49. 2.CfM’PELE, Pierre, « Impact : la réalité de l’épidémie » in. Safco, N° 4, édition spéciale, 2001, p. 1.
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1. Introduction
En commanditant un travail de monitoring de l’information sur le VIH et le Sida dans les pays des Grands Lacs (Burundi, Rd Congo, Rwanda), l’Institut Panos Paris avait pour objeif d’opérer une analyse quantitative et qualitative de la couverture de la pandémie par les médias de ces pays. L’intérêt d’une telle étude repose sur une évaluation de l’apport de la presse dans la lutte contre le Sida, en tenant compte : de ses acquis et de ses limites, des défis à relever pour un meilleur traitement médiatique du VIH et du Sida, des attentes des aeurs de la réponse à l’épidémie pour une meilleure implica -tion des médias dans l’information, la sensibilisation sociale, la mobilisation, ainsi que les changements individuels et colleifs de comportement. Face à un virus contre lequel la science n’a pas encore apporté de solution définitive, et une maladie dont aucune réponse médicale n’a encore pu inverser le pronostic fatal, la prévention reste la meilleure stratégie de lutte contre le virus. Celle-ci repose essentiellement sur la communication, l’information et la sensibilisation, conférant ainsi un rôle essentiel aux médias.
1.1 - Médias et Sida : des acquis, des limites Depuis l’apparition du Sida en Afrique dans les années 1980, avec l’impa drama -tique qu’il a entraîné, les médias ont évolué dans leur perception de l’épidémie et dans son traitement. Ils ont ainsi pu jouer un rôle de premier plan dans la sensibi -lisation. On note une évolution tant sur le plan quantitatif que qualitatif dans les contenus des informations médiatiques relatives à ce sujet. L’offre d’informations s’est accrue, diversifiée, améliorée. La perception que les journalistes et l’opinion publique ont du Sida a évolué. Ils ont aujourd’hui une meilleure compréhension des faits liés à l’épidémie et maîtrisent mieux les enjeux économiques, sociaux, politiques qui la caraérisent.
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1.1.1 – Les acquis Plusieurs éléments ont concouru à cette avancée :
a) L’évolution du paysage médiatique La libéralisation du seeur dans beaucoup de pays africains, à partir du début des années 1990, a permis l’émergence d’une presse plurielle et diversifiée. Dès lors on a noté une plus grande offre d’informations et une meilleure visibilité de la question du Sida.
b) La formation des journalistes Depuis plusieurs années, les organisations et associations impliquées dans la réponse à l’épidémie ont initié des formations en faveur des journalistes. Aussi bien sur le plan thématique que sur le plan éditorial, celles-ci ont permis, entre autres : d’améliorer les connaissances des journalistes ;   ;de valoriser davantage le traitement de l’information sur le Sida de faire diminuer la perception négative du Sida véhiculée par les médias ; de rendre l’information sur le Sida plus régulière ; c) La prise de conscience, par les acteurs de la réponse à l’épidémie, de l’impor -tance de la communication Les stratégies nationales de lutte contre le Sida intègrent désormais des plans de communication. Dans ce cadre, les aeurs opérationnels impliquent de plus en plus les médias dans leurs aivités. Les journalistes ne sont plus seulement des cibles, mais tendent à être intégrés comme des aeurs ayant un rôle dans les stra -tégies de lutte. On ne les invite plus uniquement pour les ouvertures et les clôtures de séminaire ; ils sont de plus en plus souvent impliqués dans les travaux et intégrés dans la conception et la mise en œuvre des stratégies mises en place.
d) L’implication des journalistes Mieux informés et sensibilisés aux enjeux de l’épidémie, de plus en plus de jour -nalistes, certains d’entre eux séropositifs, se sont engagés dans des réseaux dont la finalité est de promouvoir un meilleur traitement de l’information sur le Sida. Dans la plupart des pays africains, il existe des réseaux de journalistes engagés dans la lutte contre le Sida. En mars 2008, un réseau des réseaux a été installé. Dénommé Réseau des médias africains contre le Sida, la tuberculose et le palu -disme (Remastp), il englobe des pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Son ambition est de s’élargir aux autres régions du continent.
1.1.2 – Les limites Mais ces acquis cachent mal les déficiences persistantes dans le traitement de l’information sur le Sida. Les médias peuvent jouer un rôle plus déterminant dans la réponse à l’épidémie au niveau de l’information (ce qui est leur rôle de base) mais aussi de l’éducation et de la sensibilisation (comme rôle annexe), voire de la mobilisation des populations (comme impa possible). Car, malgré l’engagement de plus en plus fort de journalistes et une information plus présente dans les mé -
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dias sur le Sida, la qualité des contenus souffre encore de différentes contraintes. On note ainsi que : a) Le sujet n’est pas souvent jugé assez « vendeur »aux yeux de responsables éditoriaux guidés par une logique commerciale liée à la recherche de l’élément qui gonfle l’audimat ou le leorat. Le Sida peut intéresser la presse, dès lors que le fait concerné est « à scandale ». Le traitement qui en est fait choque, suscite la peur  ou le rejet, contribuant ainsi à renforcer la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH.
b) L’intérêt journalistique pour le Sida est généralement événementiel En dehors des grands événements (Journée mondiale du Sida) ou des sollicitations à l’endroit des rédaions (couverture de séminaires), les initiatives prises spontané -ment par les journalistes pour couvrir les problèmes quotidiens rencontrés par les malades du Sida, par exemple, ou pour rendre compte des aivités d’associations de personnes atteintes du Sida, restent rares. Cela indique que le Sida n’est toujours pas inscrit comme une préoccupation quotidienne sur l’agenda des journalistes. Ce manque d’intérêt se vérifie aussi dans les approches rédaionnelles. Les grands genres qui mettent en valeur l’information (analyse, enquête, reportage, etc.) sont absents de cette thématique. C’est souvent le compte rendu qui prévaut. c) L’approche journalistique n’épouse pas suffisamment la dimension hu -maineen faire réellement le fait de société qu’il est devenude cette épidémie, pour en Afrique, traduire le vécu des séropositifs et faire comprendre à la communauté la réalité forte que représente la pandémie : « Même si on n’est pas infeé, on est affeé ». En d’autres termes : « Le Sida est l’affaire de tous ! » d) Le traitement de l’information sur le Sida ne dépasse pas souvent les aspects liés à la santé(accès aux soins), à la science (recherche) ou aux statis -tiques (évolution de la prévalence). Or le Sida a des incidences multi-formes (so -ciales, culturelles et économiques notamment), autour desquelles se cristallisent aujourd’hui les plus gros défis liés à la lutte contre cette épidémie devenue un problème de développement. Certes les médias jouent aujourd’hui un rôle de première importance dans la sensibilisation et la prévention du VIH et du Sida. Mais les enjeux et les urgences sont tels qu’ils sont encore loin de répondre aux attentes des différents aeurs impliqués dans la lutte contre le virus. Plus de vingt ans après l’apparition de l’épidémie, le déni de l’infeion et le rejet des malades restent forts. L’ignorance nourrit encore les peurs, les fausses percep -tions, les mythes et les rumeurs. Seulement, l’ironie qui avait accueilli les premiers cas, avec les jeux de mots imagés autour de l’acronyme Sida (qui s’était vu traduit en Syndrome imaginaire pour décourager les amoureux), a fait place à une réalité que se décline aujourd’hui en anglais sous un nouveau jeu de mots aux consonan -ces plus dramatiques :Africa Is Dying Slowly !1(Aids) Mais pour une maladie dont on parle tant, le faible niveau de connaissance pousse à s’interroger sur la qualité et la nature de l’information fournie. Au Rwanda, les résultats de l’Etude démographique et de santé de 2005 montrent que 46,4 % de
1. Traduction littérale : L’Afrique est en train de mourir lentement !
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