Rapport du Secrétariat sur les statistiques des tendances du ...

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Rapport du Secrétariat sur les statistiques des tendances du ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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      UNODC/HONLAF/19/2  1er septembre 2009 Français Original: anglais  Dix-neuvième Réunion des chefs des services chargés au plan national de la lutte contre le trafic illicite des drogues, Afrique Windhoek, 12-16 octobre 2009 Point 3 de l’ordre du jour provisoire* Situation actuelle de la coopération régionale et sous-régionale dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogues       Rapport du Secrétariat sur les statistiques des tendances du  trafic de drogues en Afrique et dans le monde   Résumé  Le présent rapport donne un aperçu des tendances actuelles de la production et du trafic illicites de drogues en Afrique et dans le monde, en se fondant sur les informations les plus récentes dont dispose l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Il présente des informations concernant la culture et la production illicites de drogues pour 2007 et 2008 ainsi que des statistiques sur les saisies de drogues pour 2007 et, lorsqu’elles sont disponibles, pour 2008.  Les dérivés du cannabis sont restés les drogues ayant fait lobjet du plus vaste trafic au niveau mondial, représentant approximativement la moitié des saisies mondiales. En 2007, le Maroc était toujours le pays africain ayant fait état du volume annuel le plus important de saisies de résine de cannabis, et l’Espagne avait enregistré le volume le plus important de saisies au niveau mondial. Toutefois, en 2008 le Maroc a signalé une réduction de la superficie estimative consacrée à la culture du cannabis. Les saisies d’herbe de cannabis en Afrique ont fortement diminué en 2007, ce qui compense en partie l’augmentation enregistrée dans les Amériques. __________________ *   UNODC/HONLAF/19/1.  V.09-86102 (F) *0986102*    
 UNODC/HONLAF/19/2  2   En 2008, la culture du cocaïer est restée concentrée en Colombie, au Pérou et dans l’État plurinational de Bolivie. La superficie totale consacrée à cette culture a diminué de façon notable en Colombie, où elle continue néanmoins de représenter environ la moitié des surfaces cultivées au niveau mondial. L’Afrique a continué à jouer un rôle important comme zone de transit de la cocaïne provenant d’Amérique du Sud qui est introduite clandestinement en Europe, mais certains indicateurs donnaient à penser que le trafic de cocaïne en Afrique était en pleine mutation et que d’autres itinéraires retrouvaient leur importance.  En 2008, la superficie totale consacrée à la culture du pavot à opium en Afghanistan a diminué de près d’un cinquième. Néanmoins, la part de l’Afghanistan dans la production mondiale d’opium reste de loin la plus importante. En Afrique, une culture de pavot à opium et une production d’opium limitées ont persisté en Égypte. Les saisies d’opiacés en Afrique n’ont continué de représenter qu’une faible fraction du total mondial, mais les saisies d’héroïne ont augmenté dans diverses parties du continent, en particulier en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.  Parmi les quatre grandes catégories de drogues illicites, les stimulants de type amphétamine sont ceux pour lesquels le marché mondial a été le plus dynamique. En 2007, on a observé des augmentations notables des saisies d’amphétamines et de “substances du groupe ecstasy” au niveau mondial, tandis que la fabrication de stimulants de type amphétamine s’est déplacée vers de nouvelles régions. En Afrique, le Nigéria a fait état des plus importantes saisies de stimulants de type amphétamine et les signalements de laboratoires clandestins indiquent que la fabrication de substances de ce type s’est poursuivie en Afrique du Sud.   
 UNODC/HONLAF/19/2 Table des matières   I. Introduction...................................................................... A. Objet......................................................................... B. Sources d’information........................................................... C. Limitations des données.........................................................II. Tendances mondiales des cultures illicites et de la production de drogues d’origine végétale, 2007-2008....................................................................... A. Cannabis...................................................................... B. Opiacés....................................................................... C. Coca.........................................................................III. Tendances du trafic de drogues jusqu’en 1997.......................................... A. Cannabis...................................................................... B. Opiacés....................................................................... C. Cocaïne....................................................................... D. Stimulants de type amphétamine.................................................. E. Autres drogues.................................................................Tableau  Saisies de drogues en Afrique et dans le monde, 2006 et 2007.............................Figures I. Production illicite d’opium en Afghanistan, au Myanmar et en République démocratique populaire lao, 1997-2008...........................................................II. Culture du cocaïer en Colombie, au Pérou et dans l’État plurinational de Bolivie, 1997-2008...III. Ventilation des saisies d’herbe de cannabis dans le monde, 1997-2007......................IV. Saisies de résine de cannabis au Maroc, en Afrique du Nord et en Afrique, 1997-2007.........V. Saisies d’opium en Égypte, 2002-2008................................................VI. Saisies d’héroїne en Afrique, par sous-région, 1997-2007................................VII. Saisies de cocaїne en Afrique, par sous-région, 2000-2007................................VIII. Répartition géographique des points d’origine des envois de cocaїne saisis en Europe, 2000-2008 ......................................................................IX. Nombre de laboratoires de méthamphétamine et de cathinone/méthcathinone saisis en Afrique du Sud (toutes tailles), 2002-2007..........................................X. Saisies de stimulants du groupe des amphétamines, 2000-2007............................XI. Saisies de méthaqualone en Afrique du Sud, en Afrique et dans le monde, 1997-2007.........   gePa4444556801111620427211792151718121225226723 
   UNODC/HONLAF/19/2  I. Introduction    A. Objet   1. Le présent rapport donne un aperçu des tendances de la production ou de la fabrication, ainsi que du trafic des principales drogues illicites en Afrique et dans le monde. Les statistiques et l’analyse qui y sont présentées sont fondées sur les informations les plus récentes dont dispose l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC). 2. Le rapport examine la culture illicite du cocaïer, du pavot à opium et du cannabis et la production illicite de coca et d’opium jusqu’à l’année 2008 incluse. En ce qui concerne le trafic de drogues, il analyse les statistiques sur les saisies pour 2007 et, lorsqu’elles sont disponibles, pour 2008 et indique les dernières tendances du trafic d’opiacés, de cannabis, de cocaïne et de stimulants de type amphétamine1. 3. Le rapport vise à aider les autorités nationales compétentes à lutter plus efficacement contre la production et le trafic de drogues illicites et à mieux coordonner leur action aux niveaux régional et sous-régional.   B. Sources d’information   4. Les renseignements concernant les cultures illicites de plantes et la production de drogues d’origine végétale proviennent des résultats des dernières enquêtes de surveillance des cultures illicites présentés par l’UNODC. Les réponses des gouvernements au questionnaire destiné aux rapports annuels, partie III (offre illicite de drogues), pour 2007 et les années précédentes, ainsi que les informations fournies pour 2008, lorsqu’elles étaient disponibles, sont la principale source d’information sur le trafic de drogues. À la fin de juin 2009, 116 États Membres, dont 19 États africains2, avaient soumis leurs réponses à la troisième partie du questionnaire destiné aux rapports annuels. Les autres sources d’information sont les rapports relatifs aux saisies importantes de drogues et les rapports officiels des gouvernements, dont certains sont publiés sous forme électronique.   C. Limitations des données   5. Les statistiques concernant les saisies de drogues constituent des indicateurs indirects valables des tendances du trafic. Il faut toutefois les considérer avec prudence car elles correspondent également à différentes méthodes d’établissement __________________  1  Les stimulants de type amphétamine, tels que définis par l’UNODC, comprennent: a) les amphétamines (amphétamine, méthamphétamine); b) l’“ecstasy” (méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA)) et produits apparentés, dont le méthylènedioxyamphétamine (MDA) (les substances du groupe “ecstasy”); et c) un certain nombre d’autres stimulants de synthèse comme la méthcathinone, la phentermine et la fénétylline.  2  Les États Membres africains qui, à la fin de juin 2009, avaient soumis leurs réponses étaient les suivants: Afrique du Sud, Algérie, Angola, Cameroun, Égypte, Gambie, Ghana, Kenya, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Maurice, Namibie, Nigéria, Swaziland, Togo, Zambie et Zimbabwe.  4   
      UNODC/HONLAF/19/2des rapports et leur qualité dépend de l’importance et de l’efficacité des moyens de détection et de répression.   II. Tendances mondiales des cultures illicites et de la production de drogues d’origine végétale, 2007-2008   A. Cannabis   6. Contrairement à des cultures illicites telles que celles de la feuille de coca et du pavot à opium, le cannabis se prête à diverses méthodes de culture et pousse facilement dans différents environnements, ce qui rend difficile l’évaluation de l’ampleur de la culture et de la production. L’UNODC estime toutefois qu’il continue à dominer le marché mondial des drogues illicites du point de vue de l’étendue des cultures, du volume de la production et du nombre de consommateurs. 7. En Afghanistan, la superficie cultivée est passée de 30 000 ha en 2005 à 50 000 ha en 2006 et à 70 000 ha en 20073, 4. Pour établir une comparaison, la superficie consacrée à la culture du cannabis en Afghanistan en 2007 représente 36 % de celle consacrée à la culture du pavot à opium dans le pays cette année-là. Selon l’enquête initiale qu’il a menée sur la culture du cannabis en Afghanistan fin 2008, l’UNODC a déterminé que dans 20 des 34 provinces du pays le cannabis était très largement cultivé. 8. En Afrique, le Burundi a signalé la culture de faibles quantités de cannabis dans le pays en 2008. Une production d’herbe de cannabis avait été observée dans le pays entre les mois de mars et mai. Le Cameroun a déterminé que la culture de cannabis et la production d’herbe de cannabis avaient légèrement augmenté en 2007. L’Égypte a éradiqué 115 ha de culture de cannabis en 2007 et 132 ha en 2008 et a indiqué que pendant ces deux années la culture du cannabis s’était concentrée dans la péninsule du Sinaï et en Haute-Égypte. 9. LÉrythrée a signalé quen 2008 des essais de culture de cannabis en faibles quantités par des particuliers avaient été observés et que la culture de cannabis faisait son apparition dans différentes villes. La Gambie a fait état d’une légère augmentation de la culture du cannabis en 2007. La culture d’herbe de cannabis sur son territoire était pratiquée dans la région de North Bank. 10. Le Ghana a indiqué que l’introduction de l’irrigation en 2008 permettait aux exploitants agricoles de cultiver l’herbe de cannabis toute l’année. Malgré ce progrès, le prix du cannabis avait considérablement augmenté, très probablement en raison des pertes sur les récoltes provoquées par les inondations dans le bassin de la Volta. On a recensé des cultures de cannabis dans les 10 régions du pays. 11. À Madagascar, le cannabis était cultivé en 2007 dans les régions d’Amoron’i Mania, Androy, Anosy, Diana, Ihorombe et Sava. Le Zimbabwe a indiqué que 85 % de l’herbe de cannabis saisie dans le pays en 2007 et 2008 provenaient du Malawi. __________________  3  Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Afghanistan: Opium Survey 2006 (novembre 2006).  4  Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Afghanistan: Opium Survey 2007 (octobre 2007).  5
 UNODC/HONLAF/19/2  12. L’enquête la plus récente de l’UNODC sur la culture de cannabis au Maroc remonte à 20055. La superficie totale consacrée à la culture de cannabis dans le pays était estimée à 72 500 ha en 2005, en recul par rapport aux 134 000 ha cultivés en 2003. Le Maroc a estimé que la superficie consacrée à la culture du cannabis s’est maintenue à ce niveau en 2006 et 2007, mais a indiqué qu’elle était tombée à 60 000 ha en 2008 et que 4 377 ha avaient été éradiqués. 13. Le Nigéria a estimé que la totalité de l’herbe de cannabis présente sur son territoire en 2007 provenait du pays lui-même. La République de Corée a estimé que 72,5 % de l’herbe de cannabis introduite clandestinement sur son territoire provenaient du Nigéria. 14. L’Afrique du Sud a indiqué que le prix du cannabis dans le pays avait légèrement augmenté en 2007. Le programme national de pulvérisation du cannabis avait détruit selon les estimations 1 328 tonnes dans les zones de culture, ce qui a entraîné une réduction de l’offre de cannabis sur le marché illicite. L’Afrique du Sud a estimé que seulement 20 % de l’herbe de cannabis faisant l’objet d’un trafic sur son territoire étaient produits dans le pays, 75 % provenant du Lesotho et 5 % du Swaziland. L’Afrique du Sud a cependant été désignée par la Région administrative spéciale de Hong Kong (Chine), l’Irlande, le Japon, la Namibie et la Roumanie comme le pays d’origine d’une partie de l’herbe de cannabis faisant l’objet d’un trafic sur leur territoire en 2007. 15. Le Swaziland a fait état d’une légère extension de la culture de cannabis en 2007 et en 2008, estimant à 37 468 ha la superficie plantée en cannabis en 2008. Cette culture était pratiquée dans les zones montagneuses de Hhohho, Manzini, Shiselweni et Lubombo. 16. En République-Unie de Tanzanie, 72 ha de cultures de cannabis ont été éradiqués en 2008. L’extension de la culture de cannabis dans le pays a été imputée en partie aux nouveaux modes de culture utilisés dans des zones difficilement accessibles aux services de détection et de répression et au manque de ressources pour financer les opérations d’éradication. Le Togo a signalé qu’en 2007 le cannabis était cultivé à Kouvé, dans la préfecture de Yoto, et à Niamtougou, dans la préfecture de Doufelgou. 17. La Zambie a estimé que 98 % de lherbe de cannabis sur son territoire en 2007 provenaient du pays lui-même. Le Zimbabwe a indiqué qu’en 2008 les zones de culture de cannabis étaient également réparties entre les régions de Beitbridge, Binga, Mount Darwin, Mutoko et Nyanga.   B. Opiacés   18. La production d’opiacés a considérablement augmenté au cours de la période 2001-2008, en raison principalement de la hausse de la production en Afghanistan. D’après des rapports provenant de diverses sources, le pavot à opium, dans une mesure limitée, est cultivé de façon illicite dans de nombreux pays du monde entier, pour certains desquels les données recueillies dans le cadre de l’enquête ne sont pas __________________  5  Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Maroc: Enquête sur le cannabis 2005, Résumé (janvier 2007).  6   
     UNODC/HONLAF/19/2disponibles. Toutefois, la culture illicite du pavot à opium en Afghanistan a continué à représenter une grande partie de la production mondiale. 19. La superficie totale consacrée à la culture du pavot à opium en Afghanistan est tombée de 193 000 ha en 2007 à 157 000 ha en 2008 (soit une baisse de 19 %)6. Cette baisse a été attribuée à l’efficacité de la lutte contre le trafic de drogues dans les provinces du nord et de l’est et aux mauvaises récoltes dues aux conditions météorologiques. Ce recul est intervenu après deux années consécutives de hausse de la production, les zones cultivées ayant augmenté de 86 % entre 2005 et 2007. Les surfaces cultivées en 2008 étaient donc encore beaucoup plus étendues que celles recensées sur toute la période 2002-2005 (voir fig. I). Figure I  Production illicite dopium en Afghanistan, au Myanmar et en République démocratique populaire lao, 1997-2008   9 000 8 000 7 000 6 000 5 000000 4 000 3 2 000 1 000 0 199719981999200020012002200320042005200620072008  AfghanistanMyanmarRépublique démocratique populaire lao 20. Le nombre de provinces afghanes exemptes de pavot est passé de 13 en 2007 à 18 en 20087. On remarquera en particulier que la province de Nangarhar est entrée dans cette catégorie. La culture du pavot à opium s’est concentrée dans sept provinces situées dans le sud et l’ouest du pays: Helmand, Farah, Kandahar, Uruzgan, Nimroz, Zabul et Daykundi. La superficie cultivée dans le Helmand, qui atteignait 103 590 ha en 2008 est restée pour l’essentiel stable par rapport à 2007 (102 770 ha) et a représenté les deux tiers de la superficie totale cultivée en Afghanistan en 2008. 21. Malgré la diminution notable des cultures, la production potentielle d’opium en Afghanistan n’a reculé que de 6 %, fléchissant de 8 200 tonnes en 2007 à 7 700 tonnes en 2008. Le rendement moyen s’est amélioré, passant de 42,5 kg par __________________  6  Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Afghanistan: Opium Survey 2008 (novembre 2008).  7  Une province est considérée comme “exempte de pavot” lorsque la superficie estimative plantée en pavot à opium est inférieure à 100 ha. 7 
 UNODC/HONLAF/19/2  hectare en 2007 à 48,8 kg par hectare en 2008, du fait d’un déplacement des cultures vers des terres bien irriguées dans le sud du pays. 22. En Asie du Sud-Est, le pavot à opium est traditionnellement cultivé au Myanmar, en République démocratique populaire lao, en Thaïlande et au Viet Nam principalement. Dans ces pays, il pousse généralement sur des collines escarpées, aux sols pauvres et non irrigués, ce qui explique que les rendements y soient moins bons qu’en Afghanistan. D’après le système de surveillance des cultures en Thaïlande, des quantités négligeables de pavot à opium ont été cultivées dans le pays ces dernières années. Selon les données sur l’éradication communiquées par le Gouvernement vietnamien, les cultures de pavot sont également négligeables dans ce pays. 23. Au Myanmar, la culture du pavot à opium a chuté de 163 000 ha en 1996 à 21 500 ha en 2006, avant de reprendre fortement, pour atteindre 27 700 ha en 2007 puis 28 500 ha en 2008. La culture du pavot est signalée dans les États Chan, Kachin et Kayah, en particulier dans le sud de l’État Chan, où les doubles récoltes, l’irrigation et la fertilisation permettent d’obtenir de meilleurs rendements. On estime à 410 tonnes la production d’opium au Myanmar en 2008, un niveau inférieur à celui de 2007 (460 tonnes), mais qui reste nettement supérieur à ceux de 2005 et 2006, qui étaient les plus faibles depuis 1990. 24. En République démocratique populaire lao, la culture du pavot à opium est tombée de 26 800 ha en 1998 à 1 500 ha en 2007, mais elle est restée fondamentalement stable en 2008, avec 1 600 ha. La production d’opium, tombée à 9,0 tonnes en 2007, est restée à peu près stable en 2008 (9,6 tonnes). Cette année-là, elle était pratiquée dans six provinces du pays, tout en étant plus particulièrement concentrée dans les provinces de Phongsaly et de Houaphanh. 25. Si de petites quantités d’héroïne d’origine asiatique commençaient à arriver sur le marché illicite d’Amérique du Nord, les opiacés illicites vendus sur les marchés des Amériques continuaient à provenir principalement du pavot à opium cultivé dans la région. Les superficies cultivées sur le continent américain restaient toutefois modestes par rapport à celles d’Asie. 26. LÉgypte a éradiqué 98 ha de cultures de pavot à opium en 2007 et 121 ha en 2008 et a indiqué que pendant les deux années en question le pavot à opium était cultivé sur son territoire dans la péninsule du Sinaï et en Haute-Égypte. D’après les autorités égyptiennes, bien que l’on ait observé une production d’opium dans le pays, aucun cas de fabrication d’héroïne n’avait été signalé8.   C. Coca   27. En 2008, la culture du cocaïer est restée concentrée en Colombie, au Pérou et dans l’État plurinational de Bolivie. De 2007 à 2008, la superficie totale consacrée à cette culture dans ces trois pays a reculé de 8 %, de 181 600 ha à 167 600 ha, mais, selon les estimations, le recul a été beaucoup plus marqué pour la fabrication de cocaïne, de 994 tonnes à 845 tonnes. Cette baisse était due à une diminution __________________  8  Rapport de pays présenté par l’Égypte à la dix-huitième Réunion des chefs des services chargés au plan national de la lutte contre le trafic illicite des drogues, Afrique, tenue à Yamoussoukro, du 8 au 12 septembre 2008.   8  
     UNODC/HONLAF/19/2significative en Colombie qui comptait néanmoins pour près de la moitié des cultures mondiales de cocaïer et de la fabrication potentielle de cocaïne (voir fig. II). 28. L’évolution la plus marquée en ce qui concerne la superficie consacrée à la culture du cocaïer et la fabrication de cocaïne a eu lieu en Colombie, où la superficie consacrée à cette culture est tombée de 99 000 ha à 81 000 ha. Une ventilation par région montre que les cultures les plus importantes en 2008 se situaient dans la région du Pacifique, où le rendement de la feuille de coca fraîche était considéré comme faible, puis dans la région du Centre. En 2008, les cultures dans les régions du Meta-Guaviare, du Putumayo-Caquetá et de l’Orénoque ont nettement reculé par rapport à 2006 et 2007. Les estimations concernant la production de la feuille de coca fraîche pour le Meta-Guaviare et, dans une moindre mesure, le Putumayo-Caquetá ont aussi été revues compte tenu des nouvelles données sur le rendement de la feuille de coca dans ces deux régions. La fabrication de cocaïne en Colombie aurait fortement diminué, de 600 tonnes en 2007 à 430 tonnes en 2008. Figure II  Culture du cocaïer en Colombie, au Pérou et dans lÉtat plurinational de Bolivie, 1997-2008   250 000  200 000 150 000  100 000  50 000  0199719981999200020012002200320042005200620072008 ColombiePérouÉtat plurinational de Bolivie  29. Au Pérou, la culture du cocaïer a augmenté progressivement entre 2005 et 2008, s’établissant à 56 100 ha en 20089, niveau le plus élevé depuis 1997. Les cultures les plus importantes étaient toujours dans les régions d’Alto Huallaga, __________________  9 Il s’agit de la superficie estimée dans l’enquête sur la culture de la coca au Pérou en 2008, réalisée conjointement par le Gouvernement péruvien et l’UNODC. Voir, Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Perú: Monitoreo de Cultivos de Coca (juin 2009). Dans ses réponses au questionnaire destiné aux rapports annuels pour 2008, le Pérou a signalé une superficie nette cultivée (après éradication) de 43 556,88 ha, et l’éradication de 10 091,26 ha.  9
 UNODC/HONLAF/19/2  d’Apurímac-Ene et de La Convención-Lares qui ensemble ont représenté 85 % des cultures du cocaïer en 2008. C’est dans la région d’Apurímac-Ene, qui représentait la moitié de la production de feuille de coca, que le rendement restait le plus élevé. Selon les estimations, la production de cocaïne au Pérou a été de 302 tonnes en 2008, soit une hausse par rapport à 2007 (290 tonnes). 30. La superficie cultivée a aussi continué d’augmenter dans l’État plurinational de Bolivie, passant de 28 900 ha en 2007 à 30 500 ha en 2008, dont 12 000 ha avaient été consacrés à la culture du cocaïer en vertu de la loi n° 100810 pour des usages traditionnels. L’augmentation de la superficie cultivée s’explique par la progression des cultures dans deux zones principales: les Yungas de La Paz et les tropiques de Cochabamba. Selon les estimations, la fabrication potentielle de cocaïne dans l’État plurinational de Bolivie a été de 113 tonnes en 2008 contre 104 tonnes en 2007. 31. En Colombie, la superficie totale des cultures de cocaïne éradiquées est restée en bonne partie inchangée (229 611 ha en 2008 contre 219 939 ha en 2007). Toutefois, une partie plus importante de cette superficie (96 115 ha en 2008 contre 66 805 ha en 2007) a été détruite manuellement, le reste l’ayant été par pulvérisation. Au Pérou, la superficie éradiquée a reculé, de 12 072 ha en 2007 à 10 143 ha en 200811, ce qui s’explique peut-être en partie par le fait qu’en 2008, les cultures ont été éradiquées exclusivement dans le cadre d’opérations d’éradication forcée12 contrairement à 2007, où 1 016 ha avaient été éradiqués dans le cadre de programmes volontaires. Les superficies éradiquées ont également chuté dans l’État plurinational de Bolivie (5 484 ha en 2008 contre 6 269 ha 2007). 32. En 2007, plus de 7 200 laboratoires clandestins de transformation de la coca ou de ses dérivés ont été découverts dans le monde13. Ces laboratoires sont encore concentrés en Colombie, au Pérou et dans l’État plurinational de Bolivie. Ce dernier et le Pérou ont également détruit un grand nombre de puits de macération de coca. L’existence d’un petit nombre de laboratoires a été aussi signalée en Espagne (18), au Chili (5), aux États-Unis d’Amérique (3), en Afrique du Sud, en Équateur et au Mexique (1 dans chaque pays).   III. Tendances du trafic de drogues jusqu’en 1997   33. Le tableau ci-après indique les quantités signalées de drogues saisies pour certains types de drogues en 2006 et 2007. Les saisies réalisées par les pays et territoires africains sont exprimées en poids total et en pourcentage du total mondial du trafic de drogues. Le cannabis, les stimulants de type amphétamine et la __________________  10 Ley del Régimen de la Coca y Sustancias Controladas (1988) de l’État plurinational de Bolivie.  11 Comme signalé à l’UNODC par le Gouvernement péruvien et indiqué dans la publication de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime intitulée Perú: Monitoreo de Cultivos de Coca. Dans ses réponses au questionnaire destiné aux rapports annuels pour 2008, le Pérou a signalé l’éradication de 11 056,2 ha en 2007 et de 10 091,26 ha en 2008. Le chiffre pour 2007 recouvre uniquement les opérations d’éradication forcée, tandis que le chiffre pour 2008 est inférieur de 0,5 % aux chiffres correspondants publiés pour 2008.  12 Perú: Monitoreo de Cultivos de Coca.  13 Ce chiffre comprend des laboratoires fabriquant de la pâte de coca, de la cocaïne base, du chlorhydrate de cocaïne et du crack.  10   
      UNODC/HONLAF/19/2méthaqualone sont les drogues qui ont fait l’objet du trafic le plus important en Afrique si l’on considère la proportion de saisies mondiales opérées dans des pays africains. Les saisies de cocaïne ont représenté moins de 1 % du total mondial, mais ce chiffre n’est pas représentatif de la quantité de cocaïne qui transiterait par la région. Tableau  Saisies de drogues en Afrique et dans le monde, 2006 et 2007  Saisies signalées en 2006Pourcentage Saisies signalées en 2007 Pourcentage (kg) des saisies (kg) des saisies mondiales mondiales opérées en opérées en Type de drogues Afrique MondeAfrique en 2006 Afrique Monde Afrique en2007Cannabis    Herbe de cannabis 1 220 578 5 247 25723,3629 1395 605 355 11,2 Résine de cannabis 132 784 1 003 45313,2140 5441 296 348 10,8Coca    Cocaïnea 845b 692 5290,15 505710 056 0,8Opiacés    Opiumc 33 383 8570,049508 267 0,0 Morphine 37 46 3910,1027 366 0,0 Héroïne 335 56 8710,631164 701 0,5Stimulants de type amphétamine   Amphétamine 1 18 7660,0523 634 0,0 Méthamphétamine 1 18 8240,01318 211 0,1 “Ecstasy”d 27 4 8970,667 948 0,1 Non précisé 833  8 24810,17021 802 39,0Dépresseurs    Méthaqualone 773 5 29414,693111 83,1  a Cocaïne base et sels de cocaïne.  b Ne tient pas compte d’une saisie de 14,2 tonnes signalée par le Nigéria, étant donné que l’analyse consécutive n’a pas confirmé la présence de substances placées sous contrôle.  c Opium brut et opium préparé.  d Méthylènedioxyamphétamine (MDA), 3,4-méthylènedioxyéthylamphétamine (MDEA), méthylènedioxyméthamphétamine (MDMA).    A. Cannabis   34. Les dérivés du cannabis restent les drogues dont le trafic au niveau mondial est le plus important: environ la moitié des saisies réalisées dans le monde portaient sur ces dérivés. Sur les 143 pays et territoires pour lesquels l’UNODC disposait de données concernant les saisies pour 2007, 132 avaient saisi des dérivés du cannabis14. En 2007, l’herbe de cannabis était toujours la drogue la plus souvent saisie en Afrique, dans les Amériques et en Océanie, alors qu’en Europe c’était la résine de cannabis qui occupait cette place devant l’herbe de cannabis. __________________  14 En particulier herbe de cannabis, résine de cannabis et huile de cannabis. 11 
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