Un témoin de jéhovah meurt après avoir refusé une transfusion

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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 vu uu uu u de la Bible qui demande de « s’abstenir du sang ».— PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL
leSoleilsamedi13janvier2007
Un témoin de Jéhovah meurt après avoir refusé une transfusion
Valérie Gaudreau vgaudreau@lesoleil.com
Un témoin de Jéhovah de 26 ans, Jean-Claude Lavoie, est décédé le 27 décembre à l’hôpital Saint-François d’Assise après avoir re-fusé une transfusion sanguine.
Aujourd’hui, le frère du défunt dé-plore que des soins médicaux puis-sent être refusés pour des motifs religieux. Pendant ce temps, le pè-re de Jean-Claude Lavoie appuie le choix de son fils décédé. Le jeune homme souffrait d’une tumeur à l’intestin et malgré les conseils des médecins, il a refusé toute transfusion, selon la chaîne TQS qui a rendue publique cette histoire jeudi. « Au départ, il était prévu dans le dossier qu’ils l’opéraient sans transfusion, mais il y a eu des com-plications. C’est malheureux, mais ça a viré à ça, a expliqué à TQS Jo-celyn Lavoie, le père du défunt. Ce qui est important est de respecter le choix de Jean-Claude. » Loin de partager le point de vue de son père, le frère de Jean-Claude, Jonathan Lavoie, un ex-témoin de Jéhovah, a lancé une pétition sur le Web. Il veut inci-ter les gouvernements à rendre illégaux les refus de traitement pour des raisons religieuses. Ac-tuellement, les médecins ne peu-vent forcer un adulte à recevoir des soins. « Les Témoins de Jéhovah refu-sent les transfusions sanguines pour des raisons religieuses. Ce-ci entraîne un stress immense sur la famille, le personnel hospita-
lier, (...) mais plus important en-spécialiste des religions en entre-core, des pertes de vies humai-vue auSoleil. nes », écrit Jonathan Lavoie dansTout cela, bien sûr, à condition sa pétition en ligne à l’adresseque la personne malade ait la ca-www.primovivere.orgde choisir.. pacité À propos de son frère, il ajoute :À ce titre, il rappelle que cette « S’il avait reçu une transfusionhistoire se retrouve dans les mé-sanguine au début de son traite-dias en même temps que la nais-ment, il serait vivant aujourd’hui. »sance de sextuplés à Vancouver, En fin de journée hier, près deaussi nés de parents Témoins de 1000 personnes avaient signé laJéhovah. pétition. «Ce sera intéressant car si ja-mais il y a un besoin de transfu-DROIT FONDAMENTAL sion sanguine, la Cour suprême a Mais pour Alain Bouchard,prévu en 1995 qu’il en feront une professeur à la faculté de théolo-quand même. Les parents pour-gie et de sciences religieuses deraient contester. » Ces dernières l’Université Laval, il serait éton-années, la question de transfuser nant que cette démarche changeou non un témoin de Jéhovah a les choses.donné lieu à plusieurs guerres ju-« Malheureusement pour ceridiques au Canada. jeune homme, je crois que sa pé-Les Témoins de Jéhovah ap-tition n’aura pas de suite. Refu-puient ce refus sur un segment de ser un soin est un droit fonda-la Bible qui demande de « s’abste-mental dans notre société », ex-nir du sang ». plique-t-il, tout en qualifiant cet-Mais selon Alain Bouchard, ce te histoire de « triste ».dogme pourrait éventuellement Quand la personne est cons-s’assouplir. « Il y a 20, 25 ans, la ciente de son choix, dit-il, il estposition des Témoins de Jéhovah bien difficile de s’y opposer.était aussi dure sur les transplan-« C’est comme ceux qui abandon-tations ; ce n’est plus le cas au-nent ou refusent un traitement dejourd’hui. Ça ne me surprendrait chimiothérapie. On n’en entendpas que dans 10, 15 ans ce soit la jamais parler, mais ça fait partiemême chose avec les transfu-du même dossier », explique lesions sanguines. » « C’est comme ceux qui abandonnent ou refusent un traitement de chimiothérapie. On n’en entend jamais parler, mais ça fait » partie du même dossier
— Alain Bouchard, professeur à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval
Débat éthique autour de la naissance de sextuplés
Émilie Côté La Presse
Comme la majorité des bébés pré-maturés de 25 semaines, les sextu-plés nés à Vancouver la fin de se-maine dernière pourraient avoir besoin de transfusions sanguines. Depuis trois jours, cela suscite un débat éthique, car leurs parents sont des Témoins de Jéhovah. Le gouvernement de la Colom-bie-Britannique s’est dit prêt à prendre les dispositions légales pour que la survie des six bébés ne soit pas menacée. De son côté, la communauté des Témoins de Jéhovah a demandé au public d’éviter les « présomp-tions stéréotypées » au sujet de ses membres. Dans un communi-qué, le porte-parole Mark Ruge rappelle l’interdiction faite à ses
coreligionnaires de « s’abstenir de sang », et fait valoir que des hô-pitaux canadiens et américains ont des solutions de rechange dans le traitement des grands prématurés. Les sextuplés, une première ca-nadienne, sont sortis du ventre de leur mère après seulement 25 se-maines de gestation. Les quatre garçons et les deux filles pesaient entre 700 et 800 grammes.
MÉDECIN PRÉOCCUPÉ Lundi, l’obstétricien Timothy Ro-we s’est dit préoccupé par leurs chances de survie. Plusieurs ex-perts ont affirmé que les poupons risquaient d’avoir besoin de trans-fusions. « Plus le bébé est prématu-ré, plus le besoin d’une transfusion r augmente, confirme le DNabeel Ali, néonatalogiste au Centre uni-
versitaire de santé McGill (CUSM). On peut sauver des bébés à partir de 23, 24 semaines de gestation. À 25 semaines, on parle encore de bé-bés extrêmement prématurés. La majorité auront besoin d’une transfusion. »
Le gouvernement s’est dit prêt à prendre les dispositions légales pour que les six bébés ne soient pas menacés
Depuis la naissance des sextu-plés, leurs parents ont préféré rester anonymes, à l’abri des ca-méras. La communauté des Té-moins de Jéhovah a demandé que leur vœu soit respecté. « Le choix d’un traitement et les discussions
à ce sujet sont une affaire privée entre les parents et l’équipe mé-dicale », indique le communiqué. David Roy, directeur du Centre de bioéthique de l’Institut de re-cherches cliniques de Montréal (IRCM), partage cet avis.
«UN CALCUL MÉDICAL» Toutefois, cette naissance sou-lève plusieurs préoccupations éthiques, souligne le bioéthicien. « Celles des médecins, de la socié-té, des parents et des Témoins de Jéhovah. C’est important de pro-téger les parents des différentes pressions exercées sur eux. » Tout le débatà savoir s’il faut donner une transfusion sanguine à un bébé né de parents Témoins de Jéhovahreprésente « un cal-cul médical et éthique très com-plexe », prévient David Roy.
r Le DRoy souligne que des nou-veau-nés qui pèsent à peine 800 grammes font face à de nom-breux obstacles. Le recours à une transfusion sanguine est une dé-cision importante, qui s’accom-pagne d’une « grande marge d’in-certitude ». Afin d’éviter l’acharnement thé-rapeutique, il faut évaluer les pos-sibilités de séquelles pour le bébé et ses probabilités de survie. « Si les probabilités sont très basses, on pourrait, éthiquement, ne pas conseiller la transfusion. Car les parents risqueraient de vivre une double perte : la perte de leur en-fant et le sentiment d’avoir en-freint les règles de leur religion, expose le bioéthicien. Mais si les probabilités de survie sont raison-nables, la protection de la vie de l’enfant vient en priorité. »
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