Quelle disposition à payer pour l'usage des - Resume_sftag09 LE GOFF

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Quelle disposition à payer pour l'usage des - Resume_sftag09 LE GOFF

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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QUELLE DISPOSITION A PAYER POUR L’USAGE DES TIC PAR LES CITOYENS FRAGILISES A DOMICILE ?
M. LE GOFF-PRONOST*† † Telecom Bretagne, département LUSSI, Logiques des Usages, Sciences Sociales et de l’Information Technopôle Brest-Iroise CS 83818 29238 Brest cedex 3 – France CREM – M@rsouin *Corresponding author. Email:myriam.legoff@telecom-bretagne.eumots clés:modèle économique, disposition à payer, télémédecine, maintien à domicile disposition à payer pour ce service. Dans un troisième 1. Introduction temps, nous essayons d’identifier le modèle Le maintien à domicile des citoyens fragilisés, économique sous-jacent en précisant les dépenses personnes malades, personnes handicapées ou âgées, relatives au remboursement public de celles relatives favorisé par l’existence des TIC est une évolution à la participation financière des usagers. envisagée du système de santé. Les conditions de diffusion nécessaires sont la présence d’une offre 3. Résultats industrielle et d’une demande solvable. Dans cet article, nous nous attachons à décrire les déterminantsPour qu’il y ait une demande, il faut à la base un d’usage des TIC spécifiques de la population ciblebesoin. Nous avons identifié 7 besoins qui favorisent afin d’en déterminer leur fonction de demande. Outrel’intégration des TIC dans la vie quotidienne des les adaptations des interfaces techniques et descitoyens fragilisés : besoin de santé, de sécurité, de services adaptés, le principal frein à l’usage reste lecommunication et de lien social, de stimulation des coût de ces dispositifs. La question devient donc cellecapacités cognitives, de soutien pour les aidants, de de la prise en charge financière : financement publicmobilité. ou par le patient ? Le modèle économique n’est pasAinsi, les TIC apparaissent comme un soutien à résolu et pour le compléter il est nécessaire decertaines démarches, comme des « facilitateurs » pour mesurer la valeur accordée à ce type de technologiesles plus experts mais aussi, pour les autres, comme un par les personnes fragilisées et leur entourage, i.e.domaine obscur tant par les offres existantes, les leur disposition à payer.services possibles et les coûts induits.  Unpremier constat est que la notion de TIC est peu parlante, les personnes pensent immédiatement à 2. Matériel et Méthode Internet qu’elles soient utilisatrices ou non, mais ne Pour tenter de répondre à la problématique, dans vont pas plus loin. On constate également que les un premier temps, nous proposons une vision de la personnes fragilisées n’ont pas d’usages spécifiques. demande à partir d’une étude exploratoire auprès de La grande priorité reste la recherche d’information citoyens fragilisés (personnes malades, handicapées mais dans un objectif d’apprentissage. Cependant, à ou âgées). Ceci nous permet de mettre en avant les l’identique de Masson et al. [1], on constate quelques principaux déterminants d’usage des TIC en barrières liées aux problèmes d’interfaces non santé/autonomie (analyse sur 8 personnes adaptées soit aux personnes âgées, soit aux personnes interrogées). Dans un deuxième temps, une enquête handicapées. Certains sites restent inaccessibles. sur les usages d’Internet a été menée auprès d’un Nous avons pu observer un emploi du temps passé quartier défavorisé de la ville de Brest. Une extraction devant l’écran assez volumineux pour les personnes a permis d’identifier le comportement des personnes les plus dépendantes. Mais ce temps passé n’est pas âgées (16 personnes sur 126) face à Internet et leur
ressenti comme une conséquence de leur déficience, excepté pour l’aidant. On remarque également que le réseau familial a une forte influence et incite à l’acquisition de matériel : il joue le rôle de prescripteur pour l’équipement et d’incitation pour les usages. De même, Internet crée de nouveaux contacts et permet d’échanger des expériences de vie. Il y a une certaine difficulté à se représenter l’intérêt de nouvelles technologies plus avancées, essentiellement parce qu’il y a une faible visibilité des offres pour les personnes concernées, parce qu’ils ne connaissent pas les logiciels adaptés. Les relations avec les professionnels de santé sont peu demandées, sauf si elles proviennent des médecins eux-mêmes. Enfin, le budget reste une contrainte majeure. Certaines personnes sont conscientes de l’intérêt de la domotique, mais leur allocation pour personne handicapée ne peut couvrir ce type de service. Il y a déjà les aides techniques qui sont suffisamment chères. 4. Discussion Les coûts des technologies et les coûts de connexion sont connus, la difficulté est alors de savoir qui prend en charge ces coûts : le patient ou les prestations sociales ? Dans le cadre de la population identifiée on se situe à la fois dans le médical et le social dont certains côtés relèvent du secteur marchand (services de divertissement, de télérelation, lien social...) et où des modèles économiques traditionnels peuvent être engagés faisant intervenir soit la participation personnelle de la personne âgée elle-même, soit de ses aidants familiaux : financement par la publicité, la facturation à l'usage, sites marchands, abonnement, place de marché, communauté. Lorsque l’on se situe dans le non-marchand, on peut voir intervenir les collectivités territoriales, l'Etat, les mutuelles, les caisses de retraite, les assurances, ou l'idée d'une assurance dépendance où "le cinquième risque" va conduire à des contrats de type assurance... Dans le cas des dispositifs de télémédecine, les personnes âgées peuvent assumer les frais d’une connexion Internet mais l’achat de l’équipement peut être lourd. A l’identique de certaines aides techniques, ces technologies pourraient figurer sur la LPPR (liste des produits et prestations remboursés) afin qu’elles puissent être prises en charge par l’assurance maladie, du moins pour la réponse à un besoin médical. De même, du côté des professionnels de santé, la télémédecine à domicile ne se développera que s’ils sont rémunérés pour les actes effectués à distance. Dans le cas des dispositifs de téléassistance, on achoppe sur le même problème du manque de
ressources des usagers pour financer ces technologies. A l’heure actuelle, on fonctionne approximativement sur le modèle suivant : 1/ 3 des dépenses totales relatives à la mise en place de dispositifs d’assistance est pris en charge par le téléassisteur, 1/3 par les pouvoirs publics et 1/3 reste à la charge de la personne âgée. Or le financement de ce dernier tiers est problématique du fait du montant des retraites et du pouvoir d’achat assez faible d’une partie importante des personnes qui pourraient avoir accès à ces services. Selon le Cercle Santé Société (2007), l’ensemble des pays européens sont favorables pour une prise en charge mixte du maintien à domicile des personnes âgées. 5. Conclusion En conclusion, les déterminants d’usage des personnes fragilisées sont proches de ceux de la population générale. Une forte incitation à rechercher de l’information sur le Net est peut être marquée ainsi que des facilités d’accès à certaines informations lorsqu’on est à mobilité réduite ou pour gagner en autonomie. Mais ceci n’est pas révélé par la personne elle-même. Ainsi, la principale difficulté est de se représenter vis à vis des nouvelles technologies, vis à vis de sa maladie, son âge ou sa dépendance. Une fois cette difficulté surmontée, les coûts des dispositifs sont mis en avant et freinent les usages. Se pose alors la question de la valeur accordée à ces technologies et services par la personne elle-même. Afin de faire révéler la disposition à payer des personnes âgées, la méthode d’évaluation contingente est la plus appropriée [2]. La mesure de la disposition à payer permet de convertir à la fois les effets de santé en monnaie, mais également d’autres effets comme le bien être, l’exclusion, l’isolement, l’anxiété… References[1] Masson R., Aubert S., « Un outil de recherche d’informations sur le Web pour les seniors », ASSISTH 2007, novembre, Paris. [2] Mitchell R., Carson R., Using surveys to value public goods: the contingent valuation method. Hopkins University Press, Washington DC, 1989. Remerciements Nous remercions le CGIET pour son soutien lors de la mission intitulée « Usages des TIC par les patients et citoyens fragilisés sur leur lieu de vie », qui a conduit à ces travaux.
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