APPORTS DE L'EUTONIE A LA PRÉPARATION A LA NAISSANCE

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APPORTS DE L'EUTONIE A LA PRÉPARATION A LA NAISSANCE

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Sandrine BENSOUSSAN  Juin 2004            APPORTS DE L'EUTONIE  A LA PRÉPARATION  A LA NAISSANCE  
 Merci à Francine Doucé pour son enseignement durant ses trois ans, et pour sa bonne humeur.  Merci à Stéphanie, dont les compétences m’ont évité bien des ennuis dactylographiques !                         
SOMMAIRE   A- INTRODUCTION   B- GENERALITES  1- Origines de l’eutonie 2- Définition et domaines d’application 3- Buts 4- Principes et moyens 5- Modifications dues à la grossesse 5.1- Modifications physiologiques 5.2- Pathologies accessibles à l'eutonie 5.3- Versant psychique de la grossesse   C- INTERETS DE L'EUTONIE EN PREPARATION A LA NAISSANCE  1- Connaître son anatomie 2- Le schéma corporel, trouver son axe et notion de globalité 3- Savoir s'individualiser de son bébé avant l'accouchement 4- Se relaxer 5- Résoudre ou aider aux maux physiques de la grossesse 5.1- Vomissements gravidiques 5.2- Menace d'accouchement prématuré, faux travail 5.3- Hypertension gravidique 5.4- Constipation et hémorroïdes 5.5- Lombalgies, sciatalgies 5.6- Contractures rachidiennes (douleurs du dos) 5.7- Libération de la respiration 6- Acceptation psychique de la grossesse, réassurance de la future mère sur ses propres capacités   D- CONCLUSION  
A- INTRODUCTION     L’eutonie, littéralement « bon tonus », est une pratique corporelle visant à atteindre un juste tonus, une tonicité harmonieuse dans les gestes courants comme dans l’effort. Ceci a pour but d’économiser son énergie tout en restant efficace dans ses mouvements. De plus, l’eutonie permet de découvrir son corps et l’image que l’on s’en fait, d’ améliorer sac apacité de perception des sensations au sein de ce corps, et d’en faciliter son fonctionnement. Le bien-être psychique est intimement lié au bien-être physique.  A l’Hôpital de l’Arbresle, depuis maintenant trois ans, nous avons eu la chance de bénéficier d’une formation en eutonie, adaptée à nous sages-femmes. L’idée était, à terme, d’en faire profiter nos patientes lors de la préparation à la naissance, et éventuellement plus tard lors de rééducation du post-partum. Cette pratique respectant le rythme et les limites de chacune, est très bien adaptée aux femmes enceintes. Pour l’instant, trop peu y ont malheureusement accès, ces séances étant encore minoritaires par rapport aux séances de préparation dite classique. De plus on essaie de travailler en petits groupes, ce qui n’est pas une chose facile au sein d’un hôpital, et réduit donc le nombre total de femmes y participant. Les multipares (femmes ayant déjà au moins un enfant) y ont été conviées les premières, puis les primipares (celles qui n’ont pas encore d’enfant). Finalement, toutes ont l’air demandeuses d’une pratique permettant de développer ce ressenti à l’intérieur de leur corps et de découvrir des exercices ludiques vraiment adaptés à elles.  Dans un premier temps nous verrons qui est à l’origine de l’eutonie, ce que ce terme regroupe, quelles en sont les bases et à qui peut s’adresser cette pratique. Après un rappel sur les modifications physiologiques et pathologiques dues à la grossesse, nous envisagerons les différent moyens d’aider la femme enceinte par l’eutonie, que ce soit en physiologie, pour les maux de la grossesse, ou bien sur le plan psychique.  Nous rappelons que ce mémoire ne relate en aucune façon l’histoire de l’installation de l’eutonie au Centre Périnatal, ni aucun cas de patiente. Il se veut une modeste tentative de réponse, accessible à toutes, à la sempiternelle question : « Qu’est-ce que l’eutonie, et qu’es-tce que l’on y fait ? ». J’espère simplement qu’il donnera envie aux patientes qui le parcourront, de rejoindre nos séances. 1
B- GENERALITES     1- ORIGINES DE L’EUTONIE  GERDA ALEXANDER est née en Allemagne en 1908. Au sein de sa famille, elle a très tôt côtoyé la musique et la danse. Dès sept ans, elle prend des leçons de rythmique, méthode Dalcroze, méthode à laquelle ses parents sont attachés. Elle souhaite alors devenir danseuse professionnelle. Mais à l’age de seize ans, elle souffre de rhumatisme articulaire et d’une endocardite. Les médecins sont pessimistes. Ils lui conseillent une immobilité stricte et de s’économiser. De là est née l’idée de se mouvoir avec le minimum d’énergie nécessaire. Elle finit quand même en Allemagne, ses études de professeur de rythmique à défaut de devenir danseuse. Dans les années 1930, elle entreprend une recherche sur le mouvement naturel de l’être humain. Elle élabore ainsi une pédagogie du mouvement basée sur la sensation et la recherche de l’économie dans l’effort. Cette démarche se nommera EUTONIE. Elle part travailler au Danemark, pour un temps croît-elle, pour appliquer cet enseignement à la danse et à la musique. Elle pense rentrer en Allemagne, mais en 1933 l’installation du régime nazi l’en empêchera, et finalement Gerda Alexander restera au Danemark toute sa carrière. En 1940, elle y fonde une école internationale de l’eutonie. Elle pourra en faire profiter aux danseurs, gens de théâtre, et aux musiciens. Mais elle a aussi travaillé dans des jardins d’enfants pour former le personnel, observer et animer les jeux des petits, et travaillé avec des personnes handicapées.   2- DEFINITION ET DOMAINES D’APPLICATION  Ce travail à partir des sens, est difficile à définir par des mots. Le terme eutonie a été créé en 1957. Il est littéralement formé de : eu, préfixe voulant dire bien, juste, harmonie et de tonos, tonus ou tension. C’est donc une technique de recherche d’une tonicité harmonieusement équilibrée, en adaptation constante avec la situation ou l’action du moment.  Vue sous un autre angle, l’eutonie peut également se définir comme une pratique corporelle fondée sur l’observation de ses sensations, pour une meilleure connaissance de soi. 2
 En prenant conscience de nos propres sensations, on favorise l’autorégulation du tonus musculaire, de la respiration et de l’ensemble de la physiologie du corps. Mais l’eutonie c’est aussi une méthode de développement personnel, où chacun à son rythme, explore ses possibilités de mouvement, ses limites, et découvre et étoffe ses capacités de perception dans son corps.  Les domaines d’application de l’eutonie sont vastes et variés. On citera :  ? la santé : médecine préventive  médecine curative  maternité (préparation à la naissance et post-partum)  gérontologie  rééducation psychomotrice  psychologie et psychiatrie  ? l’éducation : psychomotrice  physique  scolaire  des adultes  somatique  ? la vie quotidienne : relaxation  gestion du stress   communication  développement personnel  ? les arts et créations : musique  chant  danse  théâtre…   3- LES BUTS  L’eutonie permet le développement de ses propres capacités physiques, organiques et psychiques, c’est à dire du corps et de l’esprit. Elle permet de découvrir ou mieux connaître son corps, et au besoin de reconstituer son image corporelle (comme après un accouchement par exemple). S’économiser dans ses gestes et mouvements est recherché, mais tout en restant efficace, pour la vie de tous les jours et lors de sports, chant…  3
 De là, on peut espérer en retirer :  33un fonctionnement harmonieux du corps, sans mauvaises tensions ou douleurs 33une détente et une tranquillité dans la passivité et le repos 33la restructuration ou restauration du schéma corporel (de l’image qu’on a de soi et de celle qu’on offre aux autres), de son identité personnelle, et donc développer ce sentiment de distinction ,d’unicité et de positivité 33trouver un équilibre psychique et un réel sentiment de sécurité intérieure 33trouver la voie de son autonomie 33s’ouvrir aux autres 33et enfin développer une certaine créativité dans ses gestes.   4- PRINCIPES ET MOYENS  L’enseignant est neutre, ce qui lui fait respecter la personnalité de ses élèves, pour qu’ils puissent évoluer seuls et être autonomes. Gerda Alexander parle d’élève et non de patient, même en milieu hospitalier. L’enseignant ne doit pas rendre ses élèves dépendants de lui, mais au contraire les mener sur le chemin de l’auto-connaissance. La pratique de l’eutonie doit renforcer la confiance en chacun de nous.  A chaque fois, on adapte la séance aux élèves, selon leur état physique et leur mental du moment. On propose alors des exercices pouvant convenir à tout le groupe, mais où chacun pourra en tirer des choses différentes, selon son état de départ. L’important est la façon dont on réalise l’exercice, pas l’exercice lui-même, puisque chacun en tirera des bienfaits propres. Le rythme de chacun est respecté.  Le ressenti est essentiel, avant et après les exercices. Cette notion figure d’ailleurs dans la définition. Cela permet d’observer les « plus » apportés par les exercices proposés, mais aussi d’être bien présent dans une pièce et avec les autres.  A partir de la notion de relâchement / détente, Gerda Alexander a créé 8 positions dites positions de contrôle, servant à faire le diagnostic du lieu des tensions musculaires, avant de travailler à leur normalisation. Ces positions de contrôle ne sont pas une fin en soi, mais servent simplement à chaque élève, à contrôler sa propre évolution au fil des séances.  4
 Une des choses à cultiver pour la bonne pratique de l’eutonie, est la sensibilité de la peau par le toucher. Ainsi on pourra percevoir la différence entre ses propres limites et le monde extérieur, pour avoir une image de soi complète. Chaque séance peut être commencée par des étirements et des repoussés de toutes les parties du corps contre le sol, pour démarrer avec une image corporelle intègre. En début de formation d’eutonie et régulièrement pendant, l’enseignant a recours au modelage ou au dessin que chaque élève fait de son corps comme il le ressent. Son évolution montre le chemin parcouru par l’élève quant à la représentation qu’il a de lui . Le toucher est différent du contact, car ce premier se maintient dans notre périphérie. Lors du contact, l’énergie sort des limites du corps propre, pour aller vers un objet ou un autre corps. Ce contact est important pour libérer les tensions localisées à tel ou tel endroit dans le corps.  Gerda Alexander a définit le transport des forces par l’os. Ce transport est la base de tout effort, pour repousser ou prendre appui. En position debout, le réflexe postural est spontané et part de la plante des pieds. C’est une force anti-gravitaire, soit vers le haut, puisque le poids du corps va vers le bas. En position assise, cette force part des ischions (points d’appui du bassin). Ce principe, comme les autres énoncés, est retrouvé dans les exercices proposés pour la femme enceinte.  En eutonie, la relaxation n’utilise pas l’annulation totale du tonus, car ce serait la mort, mais elle demande une attention pour abaisser ce tonus de départ. Sans tonus minimum on ne peut rien faire ! Et l’eutonie a pour principe de faire fonctionner correctement le corps avec le minimum d’effort et donc d’énergie. On peut inclure dans cette relaxation un circuit d’énergie (expliqué plus loin). On peut également utiliser des baguettes de bambou positionnées au niveau des tensions, ce qui permettra de décharger les tensions nocives pour l’organisme, en installant la conscience au niveau de ces baguettes.  Le dernier point évoqué ici sera la création corporelle en eutonie. Gerda Alexander y accorde une importance particulière, car c’est le mode d’expression de l’autonomie de chaque élève. La création de nouveaux mouvements non programmés par le corps, mettra en évidence des difficultés qui ne feraient pas surface si on répétait simplement des mouvements connus et répétés.  5
  5- MODIFICATIONS DUES A LA GROSSESSE  5.1- Modifications physiologiques  Au fil des mois, le ventre s'arrondissant, la femme enceinte doit maintenir son centre de gravité. Chez la femme non enceinte celui-ci se situe à mi-chemin entre la symphyse pubienne et l'ombilic, et lors de la grossesse ce centre de gravité se situe au centre de l'utérus.  Du fait de l'imprégnation hormonale, les ligaments de la femme enceinte deviennent plus souples et il peut en résulter des tiraillements et douleurs au niveau des articulations sacro-iliaques, les fameuses « sciatiques » de grossesse. On peut trouver aussi des douleurs ligamentaires diffuses dans le bassin, dont le coccyx et la symphyse pubienne.  Les fonctions d'élimination peuvent aussi être perturbées : des envies plus fréquentes d'uriner, une digestion plus lente, et souvent une constipation pouvant être précoce, dues à une réorganisation des viscères dans le bassin.  Dès le début de la grossesse le volume sanguin circulant va augmenter puisque c'est par le sang de la mère que le fœtus sera alimenté et oxygéné. Il en résulte une augmentation du travail du cœur maternel et un essoufflement fréquent chez la femme enceinte. De plus, sa capacité respiratoire peut être réduite, proportionnellement au terme de la grossesse. De part la compression des troncs veineux de retour (iliaques) par le poids de l'utérus au niveau du pli de l'aine, on peut observer des œdèmes des membres inférieurs et des hémorroïdes. La grossesse multiplie par cinq les fonctions cardiaque, respiratoire et rénale.   5.2- Pathologies accessibles à l'eutonie  Ne seront citées ici que trois pathologies pour lesquelles on peut avoir recours à l'eutonie.  Les vomissements du premier trimestre, faisant partie des signes dits sympathiques de grossesse, ne sont heureusement pas présents chez toutes les patientes. De part leur récurrence, ils posent le problème de la fatigue car certaines femmes n'arrivent pas à s’alimenter correctement. 6
 La cause en serait l'imprégnation hormonale de la grossesse, et certains suggèrent un facteur psychologique, où cet état gravidique ne serait pas totalement accepté.  L'hypertension gravidique qui peut démarrer à tout moment, peut avoir de graves conséquences sur l'alimentation et l'oxygénation du fœtus. Des mécanismes placentaires (cause ovulaire) et rénaux (cause maternelle) sont incriminés.  La menace d'accouchement prématuré (MAP) est une pathologie des deux et troisième trimestres. On lui reconnaît des causes évidentes : grossesses multiples, malformations utérines, infections et fièvre maternelles, infections de l'œuf... et d’autres causes non retrouvées. Dans tous les cas, l'utérus se met à se contracter trop précocement pendant la grossesse, pouvant alors entraîner des modifications du col de l'utérus et une descente prématurée du bébé dans le bassin, voire l’accouchement.   5.3- Versant psychique de la grossesse  Le lien mère- enfant passe de la fusion vers l'individualisation. La femme enceinte a tendance à fusionner dans son esprit, avec le bébé qu'elle porte. Mais il va falloir avant l'accouchement, qu'elle sache s'individualiser et voir l'enfant qui naîtra comme un être autre, différent d'elle-même, pouvant être autonome sans elle. Cela est d'autant plus difficile que seule la mère a pu, pendant neuf mois, gérer les fonctions vitales et l’« hébergement » de son enfant. Si ce travail psychologique est adapté pendant la grossesse (grâce à la préparation à la naissance par exemple), on peut espérer que la naissance ne soit pas vécue comme une rupture mais comme une continuité, où s'établira une communication mère-enfant saine. 7
EN PCR- EIPNATERRAETITOS ND AE  LL'AE NUTAIOSNSIAE NCE      Pour chaque thème développé, gardons à l'esprit que la liste des exercices proposés n'est pas exhaustive, et qu'il n'y a pas de « recettes » toutes faites. Chaque exercice sera bénéfique aux patientes-élèves mais pas forcément de la même manière de l'une à l'autre et pourra s'appliquer parfois pour traiter des pathologies différentes. L’eutonie est une approche globale du corps, ainsi, quelque soit la voie que l’on prenne, on aboutit toujours aux symptômes.   1- CONNAÎTRE SON ANATOMIE  Les deux exemples pris ici ne sont pas limitatifs.  Le Bassin osseux : Connaître les dimensions de son bassin par l'extérieur permet de prendre conscience du volume et donc de la place disponible pour l'enfant.  ? Tapotements du bassin osseux avec une balle de tennis. La femme enceinte s'allonge sur le coté gauche (décubitus latéral gauche ou DLG), son poignet restant souple, elle tapote toutes les faces osseuses du bassin (pubis, branche ischio-pubienne, ischion, sacrum, aile iliaque et branche ilio-pubienne). Temps d'observation après un côté, puis faire l'autre. Prendre conscience des dimensions du bassin et du relâchement profond.  ? Massage avec la balle de tennis, sur soi en DLG, des parties molles du bassin depuis le pubis en bas jusqu'au sternum en haut. Prise de conscience du volume existant pour le développement de l'enfant in utero.  ? Assise sur le gros ballon, faire des mouvements en cercle avec le bassin, antéversion , rétroversion du bassin, latéro-version et.torsion… Le bassin est mobile. Sentir à l'inspiration et à l'expiration les mouvements du bassin et du sacrum sur ce ballon.  8
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