1 exposition ouverte tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h ...

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1 exposition ouverte tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Présentations de l'exposition aux enseignants mercredi 13 octobre et mercredi 20 octobre 2010, 16h   
 
 
   
 Maarten van Heemskerck,Saint Luc peignant la Vierge, vers 1553 Huile sur bois, Musée des Beaux-Arts, Rennes      exposition ouverte tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h (sauf lundis et jours fériés) ouverture en continu le mardi
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Informations pratiques
  
Musée des Beaux-Arts 20 quai Emile Zola 35000 Rennes  02 23 62 17 45 www.mbar.org  exposition ouverte tous les jours (sauf lundis et jours fériés) de 10h à 12h et de 14h à 18h ouverture en continu le mardi           La gratuité est accordée aux groupes scolaires accompagnés et aux enseignants préparant une visite dont la date a été préalablement fixée.  Seuls les groupes ayant réservé seront admis dans l'enceinte du musée. Afin de faciliter l'enregistrement des groupes, merci de présenter le carton de confirmation à l'accueil du musée.  Pour tous les groupes, réservation obligatoire au 02 23 62 17 41 lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 8h45 - 11h45 / 13h30 - 16h30  Permanence de la conseillère-relais : Andrée Chapalain : mercredi 14h30 - 17h30 Téléphone : 02 23 62 17 54  Nous rappelons que : > Les élèves sont sous la responsabilité des enseignants et des accompagnateurs. Aucun élève ne doit être laissé seul, en particulier pour les groupes sans animation qui circulent librement dans l'ensemble du musée. En cas d'incident, l'établissement scolaire sera tenu pour responsable. > Il est demandé aux établissements scolaires de prévoir un nombre suffisant d'adultes pour encadrer les élèves. > L'effectif du groupe ne doit en aucun cas être supérieur à 30 élèves. > Il est interdit de manger et de boire dans les salles. > Seul l'usage de crayons papier est autorisé : les stylos à bille ou à encre, les feutres, les compas et les paires de ciseaux sont prohibés. > Il est interdit de crier. > Il est interdit de courir. > Il est interdit de s'approcher à moins de 1 mètre des œuvres, et à plus forte raison de les toucher. > Les photos sont autorisées, mais sans flash. En cas de non-respect de ces règles élémentaires de conduite, le personnel du musée est autorisé à demander le départ immédiat du groupe. Merci de votre compréhension
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Plan de l'exposition 6 oct Rez-de-chaussée   
1. 2. 3.
 L'étude et la représentation du corps humain L'homme et le cosmos Des leçons pour la vie quotidienne
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obre 20
10 - 4 janvier 2011
 
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Heemskerck & l’humanisme Une œuvre à penser  L’exposition de Rennes,Heemskerck & l’humanisme, présentée du6 novembre au 4 janvier 2011,rassemble autour du chef-d’œuvre de l’artisteSaint Luc peignant la Vierge(peint vers 1553 et conservé à Rennes) un ensemble de dessins, estampes et livres anciens. Cette présentation inédite met en lumière le travail accompli par l’artiste à son retour d’Italie (1536), travail essentiellement graphique témoignant des rencontres et des discussions que ce m au ès d’un en stes. dÀe rlnai eRreennatriestsiaenntc eà,  lHeasa ralretistesprvont peu àt opuerua gsee  dd’hifumraenni l’art devient :cier des artisans activité libérale et non plus mécanique. Nourri de culture gréco-latine, à laquelle s’agrègent les plus récentes découvertes scientifiques, l’humanisme de la Renaissance, vivifié par des débats théoriques au sein de cercles de lettrés, aspire à un idéal qui proscrit le compartimentage des connaissances. De ce fait, l’artiste de la Renaissance, sans être érudit en philosophie, théologie, sciences, mathématiques ou astronomie, s’empare néanmoins de savoirs étrangers à son domaine d’activité. Des interactions se produisent alors entre les différentes disciplines fréquentées, lesquelles s’ensemencent les unes les autres pour constituer le terreau d’une création, saluée comme expression du génie personnel de l’artiste. Il en résulte un art dense, riche, profond dont le caractère peut être qualifié d’universel parce que synthétisant les aspirations d’une époque.  Le maniérisme, un style qui gagne l’Europe. Au moment où Heemskerck séjourne en Italie (1532-1536), le grand style classique a cédé la place au maniérisme, dont les libertés formelles répondent bien aux exigences décoratives des grands chantiers mis en œuvre par les papes : un art dela manieraqui fait suite à Michel- Ange, lequel est considéré comme insurpassable et dont l’exemple inspire souvent débordements et outrances à des artistes, conscients que « presque tout a été dit ». D’où cette insistance sur le style, sur la « manière » propre à chacun d’entre eux, se revendiquant avant tout comme « modernes ». Un art encore qualifié de virtuose, précieux, raffiné, s’éloignant du modèle naturel et s’affranchissant des normes (triomphe dela fantasiasurla mimésis), un art qui est aussi inventif et polyvalent quant aux matériaux ou aux supports qu’il utilise (stuc, orfèvrerie, céramique…) ; un art enfin qui se propage à travers toute l’Europe, là où se développent des foyers artistiques comme Fontainebleau, Prague et bien d’autres. C’est donc à la faveur des nombreux chantiers initiés par des princes dans les cours européennes mais aussi grâce à la montée en puissance d’une classe de riches banquiers et commerçants désireux de vivre aristocratiquement que les ateliers vont rivaliser d’invention. La circulation des estampes, des livres et des recueils de motifs connaît alors un essor sans précédent, grâce à l’imprimerie : de ce fait il devient facile de se procurer des reproductions et des gravures, vecteurs d’idées et d’innovations plastiques. L’exposition de Rennes illustre bien l’importance de l’activité graphique des artistes. Celle-ci constitue un langage à la fois autonome (par son abondance et son dynamisme) et complémentaire (en lien avec des œuvres majeures) et permet de cerner la complexité d’une époque qui ne cesse d’enrichir ses pratiques à partir de l’influence déterminante de l’Italie. Les œuvres graphiques qui accompagnent le tableau de RennesSaint Luc peignant la Viergede sens qui sous tendent cette œuvre, nous, mettent en lumière les réseaux familiarisant un peu plus avec le renouveau de la pensée humaniste.  
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 L’exposition aborde successivement trois aspects fondamentaux de l’humanisme :  l’étude et la représentation du corps humain  l’homme et le cosmos  l’éducation morale  Le formidable développement de l’estampe au XVIesiècle en Europe.  C’est en partie grâce au développement des arts graphiques que les idées et les styles se répandent en Europe ; idées de l’humanisme (mais aussi de la Réforme religieuse) et cela en raison d’un coût relativement modeste et d’une facilité de diffusion de ce nouveau medium. Un nouveau public se montre attentif et désireux d’acquérir des estampes : érudits, lettrés, collectionneurs comme marchands et gens du peuple trouvent là matière à se cultiver ou encore à méditer et parfois aussi à se distraire. Martin Schongauer (mort à Colmar en 1491), puis Albrecht Dürer avaient perfectionné la technique du burin, faisant valoir des compositions ambitieuses et détaillées, d’une richesse tonale rarement égalée auparavant. Au XVIe siècle, le développement de l’estampe s’accompagne d’une formidable recherche technique sur les supports (fer, acier, cuivre) et sur l’outillage (burin, pointe sèche, eau forte). On collectionne les gravures, on les encadre, on les conserve dans des albums avec grand soin. Vendues en boutique chez des imprimeurs et des libraires, elles peuvent aussi être directement achetées auprès des artistes. Elles voyagent du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Une véritable industrie voit même le jour : certains graveurs s’entourent d’une armée de burinistes pour répondre à une demande croissante ; le marché explose ! (c’est le cas des aquafortistes flamands Hieronymus Cock et Philips Galle à Anvers) S’agit-il uniquement de copies de tableaux ? L’estampe répond en effet à cette première fonction nourrissant au passage et de manière commode l’inspiration de suiveurs ou de concurrents (d’où l’unité de style européen, notamment dans les arts décoratifs). Mais l’intense activité qui se déploie autour de la gravure avec un marché toujours plus porteur fait que le genre s’affirme de manière autonome, au point de rivaliser avec la peinture. Bientôt ce sont les graveurs qui s’adressent aux peintres pour leur demander des modèles à graver. Ainsi se développe une production d’un genre nouveau qui englobe aussi bien l’image pieuse que l’allégorie profane, le portrait, le paysage…
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 Maarten van Heemskerck Saint Luc peignant la Vierge vers 1553, Huile sur bois, 205,5 x 143,5 cm (six planches assemblées verticalement)   Dans cette œuvre magistrale s’affirme le credo humaniste d’un artiste néerlandais, élu dans sa ville natale de Haarlem doyen de la guilde des peintres. Formé dans l’atelier de Jean Van Scorel, c’est en Italie (1532 à 1536) et notamment au contact de l’œuvre de Michel-Ange, que se produit sa véritable révolution artistique. De retour à Haarlem, Heemskerck fréquente les grands penseurs de son temps, humanistes, médecins, historiens. Il s’emploie alors à évoquer cette nouvelle érudition dans la peinture mais aussi dans des dessins, dont la diffusion par la gravure à l’échelle européenne lui assure une grande notoriété. Il est d’un bel effet ce tableau monumental aux couleurs chaudes, à l’espace dense et cloisonné, creusé par une perspective d’emboîtements où se joue une multitude de scènes propres à nous entraîner à la fois dans l’Italie du XVIe siècle comme dans l’univers mental d’un artiste du Nord qui vécut avec passion une époque de grands bouleversements ! Des figures majeures sont installées au premier plan du tableau : un saint, Luc, et la Vierge Marie, assise sur un trône, tenant l’enfant Jésus sur ses genoux. Ici les personnages, par leur taille imposante, dilatent l’espace frontal, accusant un contraste avec l’arrière-plan dont les éléments se réduisent rapidement dans une alternance d’ombre et de lumière. Si cette construction spatiale savamment élaborée ne crée pas de rupture visuelle, elle implique en revanche par sa discontinuité une exploration graduée, inhérente au caractère érudit de l’œuvre. En effet, c’est dans une double échelle de lecture, globale et locale, dans un constant va-et-vient entre l’ensemble et le détail, que se fait l’émergence du sens ainsi que le plaisir de la contemplation.
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Une harmonie de tons chauds et rompus, commandée par le puissant contraste chromatique des couleurs rouge-pourpre et bleue, drapant respectivement au premier plan Saint Luc et la Vierge, englobe une abondante iconographie : Saint Luc : évangéliste, compagnon de Saint Paul, « Luc le médecin » (Syrien d’origine) est aussi présenté dans une légende du VIe comme l’auteur d’une série d’icônes de la siècle tr pVeiienrtgree,s . dLeosù  asttar ibduétssi gdnea tSioainn ta uL uXc VsoeÉavgnli etel  ant œuf le bitcré d l),reoitnavres(siofrap pa doncoe e mmitar snoc seoproes de et guildèilcs palette du peintre. Le thème deSaint Luc peignant la Vierge est fréquent dans la peinture du Nord où les corporations de peintres sont prépondérantes. Durant la Renaissance, le statut de l’artiste évolue : sa consécration souligne comment la peinture, autrefois considérée comme un art mécanique devient un art libéral (l’art,cosa mentalefait de l’artiste un humaniste, un intellectuel). Le cadre : l’atelier du peintre, espace clos plutôt sombre, s’ouvre sur une cour intérieure qui décrit fidèlement le palais Sassi à Rome. On y découvre, dans une lumière dorée un sculpteur et, à l’étage ses aides au travail ainsi qu’une série de statues antiques, dont un Apollon assis, aux accents maniéristes, quelque peu féminisé et contorsionné. C’est dans un esprit de dialogue et d’émulation avec l’Antiquité que l’artiste reprend pour la figure de la Vierge au premier plan, la pose inversée d’Apollon. Heemskerck applique à cette composition une des conquêtes de la Renaissance qui vise à ordonner les apparences du monde visible : la perspective linéaire avec un point de fuite central (ici le genou d’Apollon). Tandis que figurent des symboles religieux traditionnels comme le perroquet (l’étrangeté de sa voix évoque le mystère de l’annonce faite à Marie) ou la noix (sa double consistance rappelle le bois de la croix et la chair martyrisée), on note une profusion d’allusions à la science et à la médecine : la sphère armillaire (avec la terre au centre de l’univers) située au dessus de la tête de la Vierge désigne le monde des savants plus que les récentes découvertes (le système de Ptolémée, astronome du IIe devient caduque avec les recherches de siècle Copernic). La présence d’un zodiaque dans la sphère armillaire souligne l’influence des astres sur la santé des hommes, santé contrôlée par l’observation fréquente des urines et qu’évoque au premier plan la présence d’un urinal renversé. Science de l’univers et médecine du corps sont imbriquées dans le tableau comme dans la culture humaniste. Au pied de la Vierge, un ouvrage ouvert en direction du spectateur fait apparaître sur la page de gauche un texte de Galien, célèbre médecin de l’Antiquité tandis que sur la page de droite figure une planche d’anatomie de Vésale, médecin flamand contemporain. A la Renaissance, l’anatomie et tout ce qui touche au dessin du corps constitue la preuve de la qualification d’un artiste ; ces artistes qui appartiennent d’ailleurs avec médecins et savants à une même communauté d’esprit. A. Chapalain
 
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1/ La représentation du corps humain  Une des grandes conquêtes de la Renaissance avec la perspective est sans doute celle de l’anatomie ; l’une et l’autre contribuant à restituer les apparences du monde visible suivant le principe de l’imitation. Mais alors que le XVe italien se tourne volontiers vers l'art siècle antique pour puiser ses modèles dans la statuaire (en raison du caractère anthropocentrique de cet art), il faudra toute l’ingéniosité de quelques passionnés pour mettre au point la perspective, artifice destiné à creuser l’espace (en deux dimensions) pour contenir les figures, désormais rendues aux lois de la gravité, puisque disposées de manière illusionniste, « les pieds sur terre », comme on le notait chez Masaccio, à Florence vers 1420. Sans doute est-ce à la « rencontre » de Platon et du christianisme au quattrocento que l’on doit la redécouverte du corps humain ; l’un et l’autre prônant la défense de celui-ci comme reflet, imparfait certes mais néanmoins acceptable du divin : en effet la philosophie platonicienne (pratiquée par des lettrés florentins dans l’entourage de L. de Médicis) considère que l’homme est la copie d’un modèle supérieur qui serait idéalement beau et idéalement bon ; d’où la n ue le es doivent tendre vers la perfection. Quant au christianisme, après qcouen vliec tiMooyqen-Âgse  peeûitn tdrélaissé la représentation naturaliste au profit dune « abstraction » jugée plus adéquate pour évoquer le monde de Dieu et de ses saints (planéité des figures, utilisation des cernes et des fonds or), il admit que le mystère de l’incarnation autorisait bien la représentation de l’homme (Dieu fait homme et homme fait à l’image de Dieu). C’est ainsi que la Renaissance inventa le corps, dont elle donna un grand nombre d’images, images indissociablement liées au discours moral, religieux ou politique qui les voyait naître… Dans sa soif de connaissance pour approcher la vérité, la Renaissance va consacrer d’une certaine manière la fusion entre la science et l’art : on connaît les carnets de croquis de Léonard de Vinci présentant des figures humaines en partie écorchées, dévoilant muscles et tendons et ceci dans le but de mieux faire comprendre la fantastique mécanique du corps. Vinci, qui combine dans ses planches la vision extérieure à la vision intérieure du corps, se comporte en peintre anatomiste pour signifier que la contemplation extérieure ne suffit pas : l’observation en profondeur devient nécessaire pour corriger les erreurs et les préjugés. Dès lors beaucoup d’artistes vont s’adonner à la dissection (dont Michel-Ange) et illustrer des traités d’anatomie. Pour ces artistes, la connaissance participe à l’expérience esthétique, c’est pourquoi on les rencontre fréquemment dans les cercles de discussions où se retrouvent savants et humanistes. En 1543, Vésale, médecin flamand publie un traité d’anatomie fondé sur l’observation et la dissection ( : la fabrique du corps humainde humani corporis fabrica). artistes Plusieurs collaborent à l’ouvrage, traitant avec une précision extrême, en trois cents illustrations gravées, les muscles, les os et les viscères, sans oublier les instruments, dessinés avec le même soin ! L’ouvrage de Vésale aura une grande répercussion et servira longtemps après sa parution de référence aux médecins et aux artistes. Dans cette première section consacrée au corps, nous découvrons des œuvres d’Heemskerck, de Michel-Ange, de Dirck Volkertsz. Coornhert, de Philips Galle, de Cornelis Cort, de Domenico del Barbiere, ainsi que des ouvrages de Galien (médecin du IIesiècle) et de Vésale.  L’esthétique maniériste du corps. Consacrant le corps à partir du modèle antique (l’Apollon du Belvédère), la Renaissance classique va instaurer la pose ducontrapposto,c’est-à-dire une pose déhanchée qui place le corps en appui sur une jambe et fait jouer dans un mouvement inversé l’axe des épaules et du bassin. L’équilibre ainsi obtenu entre fixité et souplesse répond bien à l’idéal de mesure et de retenue du quattrocento. Avec le maniérisme, les figures prennent des libertés : les corps
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s’allongent, les têtes rétrécissent, les silhouettes deviennent plus graciles, fluides comme des flammes et se tordent en « S ». Cette esthétique dela figura serpentinatas’affranchit parfois de la vraisemblance en cultivant des postures sophistiquées (cambrures et torsions) et en pratiquant largement toutes sortes d’acrobaties aériennes grâce à la savante technique du raccourci.  
 Bartolomeo Passarotti,Michel-Ange donnant une leçon d©anatomie à des artistes de son temps,Plume et encre brune, lavis brun, Musée du Louvre, Paris  L’œuvre de Bartolomeo Passarotti (ce dernier fonde un atelier prospère à Bologne en 1565) représente une scène de dissection : Autour du cadavre disposé sur une sorte de banc à dossier, une docte assemblée assiste aux explications données par Michel-Ange lui-même. L’étrangeté du cadavre ne manque pas de nous surprendre par la sorte de grâce désespérée avec laquelle celui-ci semble poser : la chair, bien que froidement examinée, n’est ni raide, ni flasque. Avec le menton relevé et la main qui prend appui sur le côté, l’écorché semble prêt à se redresser… La composition elle, obéit à une savante scénographie : une frise de personnages, ourlée en haut par une succession de chapeaux et creusée en bas par une alternance de triangles, permet de distinguer des groupes de personnages en discussion. La vigueur de cette composition est contrebalancée par la fluidité et la mobilité des figures, vues chacune sous un angle différent.  
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2/ l’homme et le cosmos  Qu’est ce qu’un urinal et une sphère armillaire ont à voir dans le même tableau (cf.Saint Luc peignant la Vierge) ? Dans l’iconographie du XVIe siècle,l’un est l’attribut du médecin et l’autre celui de lastronome…  Le tableau de Rennes renvoie à un système de pensée qui place la santé des hommes sous l’influence des planètes ; l’examen des urines constituant la première étape d’un diagnostic fondé sur la théorie des humeurs d’Hippocrate, théorie popularisée par Galien au IIesiècle et encore en vigueur au XVIephlegme, la bile jaune et la bilesiècle. Quatre humeurs (le sang, le noire) déterminent quatre tempéraments soumis à l’influence des planètes. Humeur prépondérante et planète dominante dans le ciel astral influencent donc le caractère et le psychisme de tre. À tout cela viecnhnaeqnut es êajouter dautres paramètres, tels que les saisons et les âges de la vie.   
 Philips Galle, d'après Heemskerck,Saint Luc, Burin, Rijksmuseum, Amsterdam  Saint Luc évangéliste. Gravure de Philips Galle d’après Heemskerck : Ami du médecin humaniste Hadrianus Junius, dont les vers latins servent de légende aux gravures desQuatre Saisons et desQuatre Tempéraments, Heemskerck se montre familier des pratiques médicales concernant l’examen des urines. Dans un style nerveux et puissant, il représente Saint Luc drapé dans un grand manteau dont les plis se complaisent à décrire les muscles sous-jacents du corps. Le « patron des médecins » brandit dans la main droite un urinal qu’il scrute d’un œil attentif, tandis qu’un doigt pointé de l’autre bras désigne un livre ouvert devant lui. L’architecture classique du cabinet dans lequel se trouve Saint Luc s’ouvre de manière transitionnelle par quelques marches sur un arrière-plan où apparaît dans une perspective plus lointaine un taureau, symbole de l’évangéliste ainsi qu’un astre lumineux, pendant du cercle de lumière qui auréole la tête de Luc. Un équilibre calculé d’ombre et de lumière préside à cette composition. musée des beaux-arts de Rennes10 www.mbar.org  
  La Renaissance nous apparaît aujourd’hui comme une formidable avancée du savoir et des techniques et nous saluons notamment les progrès réalisés par l’astronome polonais Nicolas Copernic (1475-1543) ainsi que par l’Italien Galileo Galilée (1564-1642) qui découvrent, l’un que la terre, contrairement à ce que l’on croyait n’est pas le centre de l’univers mais qu’elle tourne autour du soleil, et l’autre, qu’en plus de cela, elle tourne sur elle-même. En fait, ces découvertes n’eurent pas le retentissement que l’on imagine : la Renaissance par bien des aspects s’inscrit dans la continuité des siècles précédents. L’astrologie est toujours florissante et l’intérêt pour le pouvoir des étoiles ne s’est jamais démenti : les arts (peinture, décor, gravures, tapisserie) en font largement état. Au XVesiècle comme au XVIesiècle, on scrute toujours le ciel pour entrevoir des catastrophes possibles ; les conjonctions stellaires sont examinées avec le plus grand sérieux ; des prophéties annoncent la fin du monde : l’histoire de l’humanité doit bientôt être sanctionnée par le Jugement Dernier ! Christophe Colomb n’avait-il pas prédit la fin du monde dans les cent cinquante ans à venir ?   Les Quatre Saisons,Les Sept Planètes,Les Quatre Tempéraments. Les principaux graveurs de l’œuvre de Heemskerck sont chronologiquement : Dirck Volkertsz. Coornhert(1522-1590),Philips Galle, son élève (1537-1612) etHerman Muller qui prend leur suite chez (1550-1596)Hieronymus Cock à Anvers, dont la maison d’édition s’appelle « Aux Quatre Vents ». Ces thèmes, hérités de la tradition sont, au XVIesiècle, très populaires, notamment aux Pays-Bas. Ils le resteront bien après l’édition des gravures de l’époque ; ce qui leur vaudra plusieurs rééditions ultérieures.
Philips Galle, d'après Heemskerck,Printemps, Été,1653, Burin, Rijksmuseum, Amsterda m  
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