1 Actes 8.26-40 : Une évangélisation particulière

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1 Actes 8.26-40 : Une évangélisation particulière

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Actes 8.26-40 : Une évangélisation particulière Lors de la lecture de ces quelques versets, il est fort possible que beaucoup d’entre nous aient rêvé de se trouver dans le même genre de situation que Philippe.Cela vous est-il déjà arrivé que l’on vousdemanded’expliquer l’Évangile ?Imaginons, par exemple, que vous prenez place dans un TGV, ou dans un avion, et votre voisin est en train de lire la Bible, mais reconnaît qu’il lui faut quelqu’un pour la lui expliquer clairement.On peut compter ce genre de situation sur les doigts d’une seule main – et encore ! Luc a pourtant choisi d’inclure ce récit d’un témoignage très personnalisé de l’Évangile, à ce moment précis dans son développement de l’expansion de l’Évangile. Sinous nous posons, une fois de plus, la question essentielle: « Pourquoi Luc nous a-t-il raconté cela ? », je pense qu’il y a plusieurs éléments dans la réponse.La raison la plus importante, même si nous ne savons rien de plus sur cet Éthiopien, est le fait que sa conversion développe davantage l’étendue du commandement de Jésus enAct 1.8. Aprèsque des chrétiens aient rendu témoignage à Jérusalem, en Judée, à Samarie, voici que nous avons un exemple de quelqu’un des «extrémités de la terre» qui entend l’Évangile. Ainsi, Luc donne un jalon supplémentaire à la dispersion de l’Évangile.Dans un tel contexte j’aimerais d’ailleurs souligner que le mot précis que Luc utilise pour la dispersion des chrétiens enAct 8.4, c’est le même mot grec qui est utilisé 1 pour parler de l’ensemencement des champs par les agriculteurs.Voici donc une semence qui est très rapidement emportée très loin.Sans plus de preuves historiques, la tradition dit que cet homme, en rentrant chez lui, a évangélisé l’Éthiopie. Sila tradition est valable, cela s’accorde pleinement avec ce que nous venons de voir dimanche dernier, du fait que ce sont les chrétiens « ordinaires »qui étaient la source principale de la grande diffusion de l’Église dans le monde.Luc vient donc de poser une «pierre supplémentaire» dans cette construction-là, conformément au but de son livre, de raconter l’expansion 2 de l’Église dans le monde. Une deuxième raison pour son inclusion, c’est le rôle du baptême.Dans ce passage, Luc montre, dans la conversion de l’Éthiopien, qu’il a été tout de suite baptisé.Ajouté au récit concernant les Samaritains, cela souligne que le baptême était tout à fait «normatif »pour toute personne qui devenait chrétienne – et cela, sans passer par le Judaïsme.Ainsi, si les premiers chrétiens avaient prêté attention à cela, ils auraient évité beaucoup de polémiques au sujet de ce qu’était un chrétien, discussions que nous allons retrouver longtemps dans la suite du récit des Actes et dans les Épîtres.De même, comme nous l’avons vu dimanche dernier, l’imposition des mains sur les Samaritains pour recevoir le Saint-Esprit était plutôt une exception.Car rien n’est dit d’une telle pratique dans ce récit; et il est pourtant évident que cet 1 C’est le mot grec dérivé du verbediaspeiro, « disperser » comme on sème le grain. 2 Une tradition ancienne dit aussi que Matthieu est allé prêcher l’Évangile jusqu’en Éthiopie, et qu’il en est mort d’un coup de lance ou d’épée (voir ce quien est dit par exemple dansFox’s Book of Martyrsc’est le cas, l’Éthiopien n’était donc pas le seul évangéliste en Éthiopie.. SiMais les deux sont des traditions, sans traces de documentation historique plus confirmée.En tout cas, d’après toutes les autres traditions, Matthieu est le seul à être allé dans cette direction, Marc étant mis à mort à Alexandrie en Égypte.Tous les autres sont allés plutôt vers l’est – la Perse, l’Inde, l’Arménie, etc., et, bien évidemment, Paul en Europe. 1
homme a reçu le Saint-Esprit.Tout le récit est « baigné » dans la présence de l’Esprit, qui est très visiblement à l’œuvre. Puis, sans développer davantage la question du baptême ce matin, j’aimerais juste souligner que toute personne qui dit être chrétienne, mais qui n’a pas encore été baptisée, a une leçon importante à apprendre de cet Éthiopien, et a peut-être aussi besoin de réexaminer son obéissance à tout ce que demande l’Évangile.Comme Pierre l’avait déjà dit le dimanche de Pentecôte, à ceux qui demandaient ce qu’ils devaient faire, la réponse est claire et simple: «Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ» (Act 2.38). Sile baptême ne sauve pas, il est important, et a sa place dans la vie de chaque chrétien. Troisièmement, Luc nous donne un exemple d’un témoignage très personnalisé, en plus d’un exemple de la manière dont il faut être sensible à la direction de l’Esprit dans notre vie.C’est probablement dans ce domaine que ce passage trouve le plus d’applications pratiques à notre propre contexte d’aujourd’hui. Lucn’a pas voulu nous donner un enseignement sur la manière dont le chrétien est dirigé par l’Esprit.Mais le récit de Philippe illustre bien que l’Esprit nous guide, pour nous permettre d’accomplir la volonté de Dieu, et annoncer l’Évangile.Et Luc montre clairement que, si, par moments, Dieu peut se servir de moyens extraordinaires – ici, un ange, globalement, l’Esprit dirige autant, et la plus grande partie du temps, à travers les choix « normaux » des croyants. CarPhilippe n’avait pas reçu le message d’un ange pour aller annoncer l’Évangile à Samarie – il est parti de Jérusalem à cause de la persécution. Puis,après cette intervention « extraordinaire » pour que Dieu le place sur la route de cet Éthiopien, une fois laissé par l’Esprit de Dieu près de la frontière sud de la Judée, Philippe a repris sa route, choisissant lui-même d’annoncer l’Évangile dans toutes les villes le long de la côte, en remontant pour aller de nouveau vers le nord. Luc souligne ainsi que si Dieu emploie parfois des moyens « spéciaux », quand il y a une raison particulière, il dirige d’une manière beaucoup plus « douce »,dans la plus grande partie des circonstances.Car Philippe n’a pas reçu d’autres ordres directs par un ange, à d’autres moments – mais il accomplissait pourtant aussi clairement la volonté de Dieu, en annonçant l’Évangile, avant et après cette intervention précise.Cela devrait peut-être nous faire réfléchir sur la manière dont nous considérons apprendre la volonté de Dieu – sans exclure les moments exceptionnels, mais pour inclure aussi le fait que l’Esprit nous dirige aussi très «normalement »,dans nos choix et orientations, lorsque nous cherchons à accomplir sa volonté.Philippe est un très bon exemple de la manière dont nous sommes réellement «ouvriers avec 3 Dieu», comme Paul le dira plus tard aux Corinthiens.La plupart du temps, il n’y a pas besoin de moyens aussi spectaculaires pour répondre à une telle prière de vouloir comprendre la Parole de Dieu – du moment où il y a un chrétien « à proximité ». Je ne sais pas s’il était aussi l’intention de Luc, mais je trouve aussi intéressant de noter que cet homme a trouvé la foi en Christ, non pas à Jérusalem, ni dans le Temple, mais en dehors.Il aurait pu rencontrer l’un des apôtres, ou entendre une prédication de Christ dans les parvis du Temple.Mais c’est dans le désert, sur le chemin de retour chez lui que Dieu le fait rencontrer 3 1 Cor 3.9. 2
Philippe. C’estencore une allusion du fait qu’il n’y avait plus besoin d’un lieu particulier pour rencontrer le Seigneur et l’adorer, mais, qu’en Christ, le chemin est ouvert à quiconque le cherche de tout son cœur.Un autre constat, qui nous concerne très directement.Lorsque cet homme cherchait à comprendre, et connaître Dieu, le Seigneur a utilisé un chrétien – et pas un ange – comme messager de l’Évangile.C’est, en effet, à nous, chrétiens, que Dieu a laissé la tâche d’annoncer l’Évangile.Et ce constat, en le développant un peu, accomplit ce que je pense être un quatrième but, peut-être même le plus important de Luc, car cela marque une autre transition importante dans les progrès de l’Évangile. Ce que je veux souligner n’est peut-être pas très visible dans ce récit – mais c’est justement l’idée la plus importante ; c’est toute la trame du passage. Voyez-vous de quoi parle une grande partie du récit? C’estl’exposition et l’explication de la Parole de Dieu! Celanous semble si «commun ».Mais, dans le récit des Actes, c’est un autre « tournant », un changement important. Toute la puissance de Dieu pour le salut se révèle dans Sa parole, sans manifestations spectaculaires.L’Esprit de Dieu a bien opéré des miracles dans ce passage, mais aucun n’était visible à l’Éthiopien, sauf le départ de Philippe après sa conversion.Ce constat manifeste une différence importante avec tout ce qui précède.Car si vous prenez le temps de regarder, jusque-là, il est dit très clairement que les signes et les miracles ont joué un grand rôle dans la conversion de gens à Jérusalem.C’est même ce que les apôtres ont demandé dans leur prière, enAct 4.29-31, en réponse à l’opposition des dirigeants Juifs : «Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces, et donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole en toute assurance : étends ta main, pour qu’il se produise des guérisons, des signes et des prodiges, par le nom de ton saint serviteur Jésus.Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla ; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance». Etmême Philippe, en Samarie, a opéré de tels miracles. Si nous retrouvons encore, de temps en temps, quelques miracles par la suite, c’est à partir de ce témoignage à l’Éthiopien, que nous constatons que l’accent principal est mis sur l’annonce de la Parole de Dieu, sans rien d’autre. Ce n’est pas à dire que Dieu ne fera plus de miracles – mais que les signes et miracles prennent une place très secondaire, à partir du moment où l’Évangile est annoncé à d’autres qu’à des Juifs – car les signes et miracles, comme Paul le souligne en1 Cor 1.22, sont pour les Juifs, puisque l’Ancien Testament disait que c’était ainsi qu’ils allaient pouvoir reconnaître le Messie.Mais pour n’importe qui d’autre, c’est l’annonce de la Parole de Dieu qui doit avoir la première place.C’est exactement ce que Paul souligne, en1 Cor 1.17-18: «Car Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas rendue vaine. Carla parole de la croix est folie pour ceux qui périssent; maispour nous qui sommes sauvés, elle est puissance de Dieuvoyez-vous le». En parallèle avec ce récit de Luc? Lapuissance de Dieu, pour le salut de cet homme, a été manifestée, non pas dans des miracles, mais dans le message de la croix – Christ mort pour nos péchés, et ressuscité pour notre justification! C’est exactement cela, ce que Philippe a pu expliquer à cet homme, à partir de cette prophétie si claire d’Ésaïe sur les souffrances et la mort de Christ à la place des pécheurs. Pour terminer, tirons encore plus clairement les implications et les 3
applications de ce passage pour notre témoignage aujourd’hui.Tout d’abord, quelques-uns ont-il besoin de changer leur perception de la manière dont Dieu nous dirige ?On entend dire parfois que Dieu a arraché Philippe d’un ministère prospère chez les Samaritains pour l’envoyer dans le désert rencontrer un homme seul.Je ne pense pas que ce soit une observation valable.Nous avons pu constater, comme nous l’avons lu la semaine dernière enAct 8.25 que Pierre et Jean étaient repartis de la Samarie parce qu’ils avaient terminé leur tâche. Etje pense que c’était aussi le cas pour Philippe.S’il avait encore un ministère chez les Samaritains, il serait retourné les rejoindre, après son intervention auprès de l’Éthiopien, au lieu d’annoncer l’Évangile dans les villes de la côte de la Judée. La leçon de Philippe, comme pour les apôtres, et comme nous le verrons aussi avec l’appel du macédonien plus tard, dans la vie de Paul, est le fait que Dieu dirige nos vies le plus «normalement »possible – la plupart du temps. Mais qu’il peut intervenir par des moyens plus directs, lorsqu’il le désire, pour accomplir quelque chose que nous n’aurions pas fait « normalement », ou pour répondre à un besoin particulier.La question essentielle pour nous, c’est plutôt de savoir si nous sommes prêts, et que nous sommes en train d’accomplir sa volonté dans la vie quotidienne, au lieu d’attendre un moment où Dieu nous révèlera sa volonté par un moyen spécial.Car il est même possible qu’un tel moment ne vienne jamais – mais que nous pouvons réellement faire sa volonté tous les jours de notre vie, si nous nous soumettons à l’enseignement de la Parole et à la direction de l’Esprit dans nos choix ! C’est une vérité importante.Et cela peut nous prendre du temps pour l’apprendre, ou pour « désapprendre » de mauvaises conceptions de l’appel de Dieu. Lorsquej’ai quitté les États-Unis comme missionnaire, je pensais accomplir tout mon service au Zaïre.Mais après environ quatre ans, le Seigneur m’a ramené en France.L’appel de Dieu n’avait pas changé, mais son appel est rarement basé dans un lieu précis, mais demande plutôt que nous soyons à sa disposition pour faire ce qu’il nous demande, et il nous dirigera là où il veut que ce soit accompli.La différence de nuance est importante, car, là aussi, l’appel missionnaire vient plutôt comme une précision pour ceux qui sont déjà en train de servir Dieu, et c’est plutôt une «réorientation de service» qu’un appel nouveau ! Puis, surtout, comme idée la plus importante à retenir, c’est le fait que depuis la discussion de Philippe avec cet Éthiopien – et ce sera encore plus clair dans la vie de Paul – la puissance de l’Esprit se manifeste surtout à travers la Parole de Dieu – sa lecture, sa prédication, la discussion pour mieux la comprendre. L’accentsur les miracles et le spectaculaire à presque totalement disparu. Àquoi aspirons-nous? Desmanifestations de puissance, ou la puissance de l’Esprit, dans et à travers sa parole? Passons-nousassez de temps dans la Parole pour qu’elle enflamme notre vie, notre compréhension? La comprenons-nous assez bien pour pouvoir répondre, s’il nous arrive qu’on nous pose une question telle celle de cet Éthiopien ?Une fois de plus, l’essentiel du témoignage de l’Évangile se résume à cela pour chacun de nous.Comme Pierre le dit en1 Pi 3.15: «Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur ; soyez toujours prêts à vous défendre contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous ;mais faites-le avec douceur et crainte». Carc’est l’Évangile, Jésus-Christ, qui est «une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec» (Rom 1.17). 4
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