Historique de l'Eglise Evangélique Méthodiste

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Historique de l'Eglise Evangélique Méthodiste

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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1 Historique de l’Eglise Evangélique Méthodiste © UEEM 2001 > - 1. Br ve historique de lÕEEM >- 1.1. John Wesley ˆ lÕorigine du mÈthodisme LÕanglais John Wesley se trouve ‡ lÕorigine du mÈthodisme, le dernier mouvement important issu de la RÈforme. Avec John Wesley, le piÈtisme atteint les masses populaires anglo-saxonnes du e XVlll siËcle et crÈÈ une nouvelle Eglise, lÕEglise MÈthodiste, qui joue un rÙle intÈressant au sein de lÕEglise universelle. Le fondateur de cette nouvelle Eglise, John Wesley, naÓt le 17 juin 1703 ‡ Epworth (Lincolnshire), au foyer dÕun pasteur de lÕEglise anglicane. Il connaÓt la stricte pÈdagogie dÕune mËre ‡ la fois douce et ferme. LÕenfant nÕa pas encore six ans quand le presbytËre dÕEpworth br˚le dans la nuit du 9 fÈvrier 1709; sauvÈ de justesse, John se considËre comme un ´brandon arrachÈ des flammesª ; et cette image devient son emblÍme. En juin 1720 John entre au collËge de ´Christ Churchª, ‡ Oxford. Pendant cinq ans il mËne la vie habituelle des autres Ètudiants, tout en sÕappliquant ‡ lÕÈtude des langues anciennes et de la philosophie. En 1725, aprËs la lecture et la mÈditation de lÕ´Imitation de JÈsus-Christª et dÕouvrages de JeremyTailor, il dÈcide de rÈfor-mer sa vie, de lÕorganiser selon un emploi du temps strict, de la consacrer ‡ la piÈtÈ. En septembre 1725, il est ordonnÈ diacre de lÕEglise anglicane et sÕengage ainsi dans le ministËre pastoral. En 1726 il est nommÈ professeur au LincolnÕs CollËge dÕOxford, ce qui lui procure lÕindÈpendance financiËre. AprËs avoir passÈ quartorze mois comme vicaire auprËs de son pËre malade, il revient ‡ Oxford. Avec son frËre Charles et quelques amis, il fonde un Club de saintetÈ (´Holy Clubª). Par ironie, compte tenu de lÕapplication et de la mÈthode de ceux qui composent ce ÔClubÕ, on les ap-pel le ´MÈthodistesª. Sobriquet qui subsistera bien au-del‡ du groupe dÕamis qui communient frÈ-quemment, visitent les malades, les pauvres, les prisonniers, qui Ètudient avec soin les Ecritures, qui prient avec ferveur. En 1735 se produit un ÈvÈnement important pour la vie des deux frËres. Ils sÕembarquent pour la Georgie (Sud des Etats-Unis) sous le patronage de la ´SociÈtÈ pour la Propagation de lÕEvangileª. Charles ne reste que sept mois aux Etats-Unis. John quitte lÕAmÈrique ‡ la fin de 1737. LÕexpÈrience a ÈtÈ dÈcevante. Convaincu dÕavoir ÈchouÈ dans sa fonction, il retourna en Angleterre. Pendant son voyage de retour, il nota dans son journal: ´Je suis allÈ en AmÈrique afin de convertir les Indiens. Mais qui me convertira, moi?ª Mais au cours de ce voyage et lors de son retour ‡ Londres, John Wesley a rencontrÈ des FrËres Moraves qui lui ont ouvert de nouvelles perspectives de vie. Ces chrÈtiens, quÕanime le comte de Zinzendorf, lui font partager leurs expÈriences spirituelles et leur consÈcration totale ‡ Dieu. Un Allemand de la CommunautÈ des FrËres Moraves fondÈe par Zinzendorf, sÕemploya ‡ faire connaÓtre ‡ John Wesley le chemin qui mËne ‡ la foi vivante. Et le 24 mai 1738, John Wesley connaÓt une vie totalement nouvelle. Ce jour-l‡, au cours dÕune rÈunion qui a lieu ‡ Aldersgate (Londres), on lit la prÈface de Luther ‡ lÕÈpÓtre aux Romains. John Wesley a alors la certitude que Christ lÕa sauvÈ ´de la loi du pÈchÈ et de la mortª ; en une vÈritable conversion, il sÕabandonnetotalementDieu.LÕÈvÈnementlebouleverse:J´Õai senti mon coeur saisi dÕune maniËre Ètrange. Je ressentais que je faisais confiance au Christ, uniquement ˆ la dÈlivrance par JÈsus-Christ, et soudain jÕeus la conviction quÕil avait enlevÈ mes pÈchÈs, oui les miens, et quÕil mÕavait dÈlivrÈ de la loi du pÈchÈ et de la mort.ª Il ne sÕagissait pas dÕune approbation strictement intellectuelle de thËses dogmatiques, mais dÕune foi vivante, dÕune foi qui vient du cÏur. La Bible appelle ce bouleversement ´conversionª ou ´nouvelle naissanceª. Les grands RÈformateurs eux-mÍmes nous relatent, avec plus ou moins de dÈtails, une telle expÈrience. John Wesley commen-ce dËs lors un nouveau ministËre dÕÈvangÈliste. Dans son ministËre de prÈdicateur itinÈrant, il tÈmoigne en 1738 dÕun nouvel Èlan de vie et confesse cette foi vivante, partout o˘ il en avait la po-s sibilitÈ. Il se rend ensuite ‡ Herrnhut (Saxe) chez le comte de Zinzendorf. LaviedesFrËresMoravesestpourluisourcedÕenrichissementspiritueletdejoie.Asonretour de Saxe, John Wesley se heurte rapidement ‡ lÕhostilitÈ de lÕEglise Ètablie, qui nÕaccepte pas dÕautre style de piÈtÈ que la sienne. Un fidËle compagnon de Wesley, George Whitefield (1714-1770), que lÕon peut considÈrer aussi comme fondateur de lÕEglise MÈthodiste, rompt alors avec les traditions anglicanes. Ne pouvant plus prÍcher dans les Èglises, il sÕadresse en plein air ‡ de vastes aud-i
2 Historique de l’Eglise Evangélique Méthodiste © UEEM 2001 toires. John et Charles Wesley en font autant. A partir de 1739, ils parlent eux aussi en plein air ‡ des foules heureuses dÕentendre prÍcher la justification par la foi et le salut pour tous.Avec ces quelques collËgues dÕÈtudes, il parcourut lÕAngleterre en prÍchant lÕEvangile. Cette prÈdication -sus cita lÕintÈrÍt des foules si bien que lÕon chercha un nom pour ce phÈnomËne et lÕon eut recours ‡ nouveau ‡ lÕancienne dÈnomination de ´mÈthodistesª. Il faut cependant observer quÕil existe une diffÈrence entre la piÈtÈ lÈgaliste de lÕancien groupe dÕÈtudiants sur nommÈs mÈthodistes et cette proclamation de la foi vivante, selon lÕEvangile. CÕest de cette foi vivante que John Wesley a È-ga lement parlÈ lors dÕun sermon prononcÈ dans une circonstance solennelle ‡ lÕuniversitÈ dÕOxford. Les autoritÈs universitaires, ‡ la fin du culte, lui rÈclamËrent le manuscrit du sermon afin dÕen vÈ- ri fier la conformitÈ doctrinale avec lÕEglise dÕAngleterre. John Wesley le fit publier sous le titreL´a foi qui sauveª. Plus tard il fut incorporÈ, avec dÕautres sermons, dans les textes fondamentaux du mÈthodisme.LafoiquiestlaconfiancevenantducÏur,demeurelÕaffirmationcentraledumÈth-o disme. Au dÈbut, cÕest entre Londres et Bristol que circulent les deux frËres John et Charles. Mais en 1742 John se rend ‡ Newcastle; jusquÕ‡ sa mort en 1791, cÕest dans toute lÕAngleterre quÕil exerce son ministËre itinÈrant, ‡ raison de 6 ‡ 8000 km par an. Mais il se rend aussi en Irlande et en Ecosse, sans compter quelques brefs voyages sur le continent. Beaucoup dÕecclÈsiastiques exp-ri ment de sÈrieuses rÈserves sur le ministËre de John Wesley. SommÈ par lÕÈvÍque de Bristol de ce-s ser toute prÈdication en plein air dans son diocËse, John Wesley rÈpond: ´Les ordres qui mÕont ÈtÈ confÈrÈs mÕont fait ministre de lÕEglise universelle.pour corollaire la libertÈ dÕannoncerª Avec lÕEvangile partout o˘ cÕest possible. John Wesley nÕa plus jamais exercÈ les fonctions de pasteur, mais a ÏuvrÈ comme ÈvangÈl-is te libre en Angleterre, et ce dans le cadre de lÕEglise Anglicane. Pasteur de cette Eglise officielle, il ne songe pas ‡ la quitter. Il y organise une sorte de ´mission intÈrieureª dont il est le directeur . Souvent dÈchirÈ par les tendances sÈparatistes dÕun certain nombre de ceux qui le suivent, il essaie de demeurer dans le cadre de lÕEglise anglicane; en 1758 il publie mÍme ´Douze raisons contre une rupture avec lÕEglise anglicaneª. Ainsi ceux qui avaient ÈtÈ touchÈs par ses prÈdications, tout en restant membres de lÕEglise Anglicane, se rassemblËrent dans des groupes comparables aux actuels cercles bibliques de quartiers. Certes, lÕEglise Anglicane, alors consciente de son dÈclin avait encouragÈ de petites rÈunions visant ‡ lÕÈdification religieuse: Wesley avait depuis longtemps des relations avec lÕun de ces cercles qui se rÈunissait ‡ Londres ‡ Fetter-Lane. Il retint la formule, mais il en renouvela lÕesprit et lÕorganisation, lui assurant ainsi un remarquable succËs. Il rasse-m bla ses adeptes en ´cercles bibliques rÈunisª pour lesquels il rÈdigea les ´RËgles gÈnÈralesª (qui font partie de la ´profession de foiª du mÈthodisme ). On y lit: ´-On attend de ceux qui veulent res ter dans les cercles bibliques quÕils prouvent leur soif de salut par des gestes de bienfaisance. . . , quÕils enseignent, corrigent et exhortent tous ceux quÕils frÈquententª.Cet accent explique que lÕon dÈfinisse parfois le mÈthodisme comme le ´christianisme pris au sÈrieuxª. Il ne faut pas com -prendre la formule comme une expression dÕorgueil ou de supÈrioritÈ; en effet, cÕest une Èvidence que dans toutes les Èglises, la foi devrait Ítre vÈcue avec la mÍme volontÈ de sÈrieux. Pour Wesley, il serait tout aussi vain dÕattendre le don de la foi vivante pour commencer ‡ faire le bien que Dieu dÈsire, que de rechercher la justice qui compte devant Dieu en faisant des Ïuvres bonnes qui tien-draient lieu de foi. Avec le mÈthodisme, cÕest ainsi un nouveau style de piÈtÈ qui se manifeste, en particulier dans la forme du culte et dans le chant. LÕaccent est mis sur la conversion et la sanctification du croyant. Les laÔcs jouent un rÙle important dans lÕÈvangÈlisation, la prÈdication et lÕenseignement. Mais le mÈthodisme cÕest aussi une nouvelle thÈologie, et donc des discussions thÈologiques souvent vives. Un des thËmes dominants du message de Wesley est celui de la gr‚ce: la gr‚ce de Dieu offer -tesansdistinctiontousleshommes,quelsquÕilssoient,commeuneoffregratuitedelavieno-u velle.CetteoffredeDieu,leshommesontlÕaccepteretyrÈpondreparlafoi.CÕestcequÕ-affir
3 Historique de l’Eglise Evangélique Méthodiste © UEEM 2001 me John Wesley dans son sermon ´Libre mis ricordetout dÕabord sous forme de tract,ª, imprim puis incorporÈ dans la collection de ses sermons; cÕest aussi ce quÕexprime son frËre Charles dans de nombreux cantiques, en particulier celui qui sÕintitule ´RÈdemption universelle,ª. John Wesley toutefois, a eu la douleur de voir son ami trËs proche, le grand prÈdicateur George Whitefield, adhÈ-rerladoctrinecalvinistedeladoubleprÈdestination,dÕaprËslaquelle,selonundÈcretdivin,c-er tains sont destinÈs au salut, et les autres ‡ la damnation; inversement, certains mÈthodistes ont poussÈ ‡ lÕextrÍme lÕaffirmation dÕun salut universel, indÈpendant de toute acceptation de la part de ceux auxquels il sÕadresse; nÈanmoins, ni Wesley, ni lÕÈglise mÈthodiste durant toute son histoire nÕont jamais inclus ces doctrines dans leur enseignement. Ils ont par contre annoncÈ joyeusement la bonne nouvelle du salut offert gratuitement ‡ tous, cette gr‚ce prÈvenante faisant appel ‡ une libre rÈponse de lÕhomme qui engage sa responsabilitÈ. CÕest en tant que mouvement dÕÈvangÈlisation au sein de lÕEglise anglicane que le mÈthodisme a commencÈ. Ses propres convictions religieuses ont pris forme dans la confrontation avec diffÈ-rentspointsdevuethÈologiques.JohnWesleynesÕestjamaisconsidÈrÈcommelÕuniquere-prÈ sentant vÈritable de la foi chrÈtienne. Dans un sermon intitulÈ: ´LÕesprit ÏcumÈniqueª, John Wesley prend ses distances par rapport ‡ lÕindiffÈrentisme doctrinal. En se fondant pourtant sur le propos de JÈhu ‡ Jonadab (2 Rois 10:15): ´Ton cÏur est-il sincËre, comme mon cÏur lÕest envers le tien?ª, John Wesley affirme que la pensÈe ÏcumÈnique, cÕest lÕamour ÏcumÈnique. Fort de cette conviction, il aimerait tendre la main aux autres, comme JÈhu lÕa tendue ‡ Jonadab. Il term- i ne son propos par lÕexhortation: ´Prends garde ˆ toute versatilitÈ dans le jugement ainsi quՈ toute Ètroitesse de cÏur! Garde le mÍme pas, enracinÈ dans la foi qui a ÈtÈ transmise aux chrÈtiens une fois pour toutes et fondÈe sur lÕamour, le vrai amour ÏcumÈnique, jusquՈ ce que tu sois englouti dans lÕamour, dÕÈternitÈ en ÈternitȪ.Cette conception gÈnÈreuse a eu pour effet que les groupe-ments mÈthodistes nÕont pas toujours revendiquÈ comme leurs les mouvements dont ils Ètaient ‡ lÕorigine.LÕEglisemÈthodisteasouventrefusÈdesÕenfermerenelle-mÍmepourconsidÈrerla-rela tion avec les autres comme prioritaire. CÕest dans cette ligne que se comprennent la collaboration et la fusion occasionnelles avec dÕautres Èglises. En Suisse et en France, lÕEglise EvangÈlique MÈthodiste est affiliÈe ‡ diverses fÈdÈrations dÕÈglises protestantes ainsi quÕ‡ des groupes de- tra vail chrÈtiens. Il existe aussi une collaboration avec dÕautres Èglises en ce qui concerne la mission et les Ïuvres sociales. Parmi les thËmes controversÈs qui dÈchirËrent des hommes aussi proches que Wesley et Whitefield, en 1741, la prÈdestination et de lÕuniversalisme du salut: ‡ cause de leurs divergences d evue, ils se sÈparent. CÕest une grande perte pour lÕÏuvre de Wesley, car Whitefield est un rem-ar quable ´revivalisteª et un excellent directeur dÕ‚mes. Pourtant il fonde des chapelles l‡ o˘ le besoin sÕen fait sentir; en 1739 ‡ Bristol; puis ‡ Londres, dans une ancienne fonderie de canon, dÕo˘ son nom: ´Foundryª. CÕest dans cette Foundry que se tient du 25 au 30 juin 1744 une rÈunion considÈrÈe comme le premier synode mÈthodiste; aux cÙtÈs de Charles et de John Wesley se retrouvent quatre pasteurs anglicans et quatre prÈdicateurs laÔcs. Wesley accepte lÕÈpiscopat historique de lÕEglise anglicane, tout en affirmant que le Saint-Esprit peut constituer un Èpiscopat charismatique; cÕest ainsi quÕil agit en ÈvÍque ‡ lÕÈgard des Eglises des Etats-Unis : il ordonne un surintendant et deux pasteurs destinÈs aux anciennes colonies britan-niques (1784). Il finit donc par y avoir rupture entre Wesley et lÕEglise anglicane, et crÈation dÕune nouvelle Eglise appelÈe ´MÈthodisteª, une Eglise qui tente dÕadapter lÕEvangile ‡ un XVllle siËcle en pleine effervescence. Le monde occidental commence ‡ connaÓtre les perspectives nouvelles nÈes de la rÈvolution industrielle, mais aussi les nombreux et douloureux problËmes posÈs par une industrialisation rapide et souvent dÈsordonnÈe. Si une minoritÈ profite largement du dÈvelopp -e ment industriel, les classes laborieuses vivent en permanence dans lÕinsÈcuritÈ et la menace de la mort; aussi lÕivrognerie, le jeu, la prostitution, la mendicitÈ, la violence augmentent-ils tout au long dÕun siËcle qui est plus celui de la dÈmoralisation que de lÕimmoralitÈ. Le combat menÈ par Wesley sesituedoncsurplusieursfronts.SoussoninfluencenaissentdessociÈtÈsdÕÈducation(enpa-rti
4 Historique de l’Eglise Evangélique Méthodiste © UEEM 2001 culier les coles du dimanche), des soci t s missionnaires, des soci t s de diffusion de la Bible, mais aussi des groupements pour la lutte contre lÕesclavage, des mouvements en vue de rÈformes sociales et politiques. Quand John Wesley meurt le 2 mars 1791, il y a environ 70000 mÈthodistes en Grande-Bretagne. Mais Georges III, qui rËgne de 1760 ‡ 1820, ne reconnaÓt pas dÕautre Eglise que lÕEglise Anglicane. CÕest seulement sous George IV que lÕActe dÕEmancipation (1829) rÈsout le problËme religieux en Grande-Bretagne en accordant la pleine citoyennetÈ aux non-conformistes (donc aux mÈthodistes) et aux catholiques romains. Au cours de sa vie, John Wesley voit se pro-duire des ÈvÈnements qui modifient considÈrablement la physionomie du monde, y compris du monde britannique. CÕest ainsi quÕau cours des derniËres annÈes de sa vie il assiste ‡ la naiss-an ce des Etats-Unis dÕAmÈrique et au dÈbut de la RÈvolution FranÁaise. Mais en toute circonstance, il veut Ítre et demeurer ÈvangÈliste, tÈmoin du Dieu de JÈsus-Christ. On lui doit cette phrase cÈlËbre: ´Je considËre le monde entier comme ma paroisse, par o˘ je veux dire que, en quelque partie du monde que je me trouve, je considËre que cÕest mon droit et mon devoir strict dÕannoncer ‡ tous ceux qui veulent mÕentendre la bonne nouvelle du salut.ª dÕaprËs F. DELFORGE > - 1.2. Le temps de lÕexpansion du mÈthodisme LerÈveilmÈthodistesÕÈtenditsurplusieursdÈcenniesetserÈpanditdeplusenplusA.lamort de John Wesley, en 1791, il y avait plus de 70Õ000 mÈthodistes en Angleterre et plus de 60Õ000 aux Etats-Unis. Ces derniers sÕÈtaient constituÈs en Eglise autonome aprËs lÕindÈpendance des Etats-Unis (1784).
e <<<<<<CÕest par divers groupes dÕÈmigrants que, dans la deuxiËme moitiÈ du XVIII siËcle, la pensÈe mÈthodiste a ÈtÈ apportÈe dans le Nouveau Monde. Lorsque certaines colonies britan -niques dÕAmÈrique du Nord se rendirent indÈpendantes en 1783, il se produisit, dans les Etats-Unis nouvellement crÈÈs, un vide religieux, car les ecclÈsiastiques anglais fidËles ˆ la royautÈ Ètaient retournÈs dans leur patrie. CÕest dans ces circonstances que fut fondÈe, ˆ NoÎl 1784, lÕEglise Episcopale MÈthodiste, plus tard dÈnommÈe Eglise EvangÈlique MÈthodiste, qui entreprit aussitÙt une Ïuvre dÕÈvangÈlisation et dÕÈdification dont le rayonnement allait au-delˆ des barriËres lin -guistiques existantes. Ainsi donc, alors quÕen Grande-Bretagne le mÈthodisme, mÍme aprËs la mort de John Wesley, restait fidËle ˆ la pratique des ´cercles dÕÈdificationª au sein de lÕEglise anglica -ne, il nÕen fut pas de mÍme aux Etats-Unis, o˘ la constitution politique interdisait la reconnaissan -cedÕuneEglisedÕEtat:leMÈthodismesÔyorganisaenEgliseindÈpendante.Celle-ciinstitualemi-nis tËre dÕÈvÍque qui consiste ˆ prÈsider les synodes et ˆ veiller ˆ lÕexÈcution de leurs dÈcisions.
En Angleterre, ce nÕest quÕau cours du 19e siËcle, aprËs un long processus, que les mÈthodistes sont devenus une Eglise indÈpendante. Les mÈthodistes dÕAmÈrique et dÕAngleterre ont ÈvoluÈ indÈpendamment les uns des autres et disposent de leur propre structure ecclÈsiale. Ces deux Eglises ont crÈÈ des sociÈtÈs de mission trËs actives, de sorte que les deux branches du mÈth-o disme se sont rÈpandues dans le monde entier. AujourdÕhui, il y a des Eglises mÈthodistes dans presque tous les pays, et on compte environ 50 ‡ 60 millions de mÈthodistes dans le monde entier. Le Conseil MÈthodiste Mondial, fondÈ en 1881, rassemble les diverses branches du mÈthodisme.
La premiËre communautÈ mÈthodiste fondÈe en Suisse est issue de la branche anglaise, qui travaillait dÈj‡ en France, donc en franÁais. CÕest ainsi quÕen 1840 est nÈe une communautÈ de langue franÁaise dans la rÈgion genevoise. Mais cÕest ‡ Lausanne quÕa ÈtÈ construite la premiËre chapelle mÈthodiste, en souvenir du Suisse Jean Guillaume de la FlÈchËre, un des collaborateurs de John Wesley, trËs estimÈ en Angleterre. Le b‚timent comprenait aussi des salles pour accueillir un centre de formation thÈologique pour la mission franÁaise.
Entre temps, dËs 1856, lÕEglise MÈthodiste Episcopale et lEÕ´vangelische Gemeinschaftª, les deux branches du mÈthodisme amÈricain, avaient commencÈ une mission en langue allemande sur
5 Historique de l’Eglise Evangélique Méthodiste © UEEM 2001 le continent. Ils arriv rent en Suisse en 1866, o˘ ils se r pandirent surtout dans les cantons pro-testants de Suisse alÈmanique, mais aussi parmi les germanophones de Suisse romande. Ces deux branches du mÈthodisme se dÈveloppËrent beaucoup plus rapidement et en 1900, lÕEglise MÈthodiste Episcopale reprenait lÕimmeuble de Lausanne alors que les mÈthodistes francophones se retiraient de Suisse. Depuis quelques annÈes, on observe en Suisse romande le passage de lÕallemand au franÁais. Un nouveau centre dÕÈtudes thÈologiques en langue franÁaise a ÈtÈ ouvert ‡ Lausanne, le CMFT (Centre MÈthodiste de Formation ThÈologique). Celui-ci travaille en collaboration avec dÕautres in-s titutions existantes mais non-mÈthodistes. La Suisse alÈmanique, lÕAllemagne et lÕAutriche ont en commun un sÈminaire de thÈologie (mÈthodiste) ‡ Reutlingen, dans le Sud de lÕAllemagne. Au dÈbut, le travail missionnaire des mÈthodistes a subi les attaques de la population ainsi que des Eglises cantonales et des organismes dÕEtat. Des missionnaires amÈricains ont parfois ÈtÈ appelÈs ‡ dÈmontrer que le mÈthodisme nÕÈtait pas une secte, mais une Eglise rÈpandue et connue aux Etats Unis. Les mÈthodistes ont commencÈ ‡ collaborer avec dÕautres mouvements de rÈveil au sein des Eglises nationales. Ils partageaient leur conviction de la nÈcessitÈ dÕannoncer la Bonne Nouvelle de la gr‚ce de Dieu pour lÕhomme pÈcheur et de la nÈcessitÈ dÕinviter les gens ‡ se convertir et ‡ suivre le Christ. Pour les mÈthodistes, le but de lÕÈvangÈlisation nÕÈtait pas seulement la conversion, mais lÕexpÈrience que Dieu peut transformer la vie dÕun homme. Une des prÈoc-cu pations majeures de lÕÈvangÈlisation mÈthodiste Ètait le renouveau ou la ´sanctificationª par lÕ-ex pÈrience de lÕamour. CÕest pourquoi lÕÈvangÈlisation mÈthodiste nÕen restait pas ‡ lÕexpÈrien-ce indi viduelle du salut, mais conduisait ‡ toute une variÈtÈ dÕactivitÈs sociales: mission, crÈation de paroisses dans les quartiers populaires, lutte contre lÕalcoolisme, formation religieuse des enfants dans le cadre des Ecoles du dimanche, composition dÕun nouveau genre de cantiques et crÈation de chorales, diffusion de littÈrature chrÈtienne, service diaconal, etc. En bien des lieux, ce sont les mÈthodistes qui ont crÈÈ les premiËres Ecoles du dimanche. Dans lÕentre-deux-guerres, on a encouragÈ la formation des laÔcs et crÈÈ des centres de vacances et dÕÈtudes. Les deux branches amÈricaines du mÈthodisme, lÕEglise mÈthodiste Èpiscopale et lÕ´Evangelische Gemeinschaftª se sont dÈveloppÈes en Suisse indÈpendamment lÕune de lÕautre. Parfois, seule lÕune des deux Ètait implantÈe; ailleurs, les deux chapelles nÕÈtaient ÈloignÈes lÕune de lÕautre que de quelques centaines de mËtres. En 1968, les deux branches ont fusionnÈ au niveau mondial. LÕEglise nÈe de la fusion (´United Methodist Churchª) sÕappelle dÈsormais dans lÕEurope francophone ´Eglise EvangÈlique MÈthodisteª (EEM).
> - 1.3. Les origines de lÕUEEM
EnFrance,lemÈthodismeestreprÈsentÈpardeuxbranches.LapremiËreestissuedumÈth-o disme anglais. En 1938, elle sÕest unie ‡ lÕEglise ReformÈe de France, ‡ lÕexception de plusieurs Èglises du Sud-Est et de la rÈgion parisienne. LÕEEM entretient des relations amicales avec ces Èglises mÈthodistes de tradition dite ´wesleyenneª. LÕautre branche a ses origines dans lÕEglise MÈthodiste et dans lÕUnion EvangÈlique des Etats-Unis. Dans la premiËre moitiÈ du XIXe siËcle, en effet, des ÈmigrÈs suisses qui avaient connu l‡-bas le mouvement mÈthodiste, Ècrivaient volontiers ‡ leurs parents et amis restÈs au pays quÕils feraient bien, eux aussi, de connaÓtre cette Eglise et que cela les changerait du rationalisme rÈgnant dans la leur. Ainsi, lorsque les premiers ÈvangÈ-listes mÈthodistes arrivËrent en Alsace (1854) et en Suisse (1856), leur prÈsence Ètait dÈj‡ souha-i tÈe et sollicitÈe en maints endroits, le champ Ètait prÍt pour la moisson. Dix ans plus tard, lÕUnion EvangÈlique (Evangelische Gemeinschaft) commenÁa ‡ Ïuvrer en Suisse et en Alsace, parallËle-ment ‡ lÕEglise MÈthodiste. LÕune et lÕautre Eglise avaient une origine commune et, durant de n-om breuses dÈcennies, elles entretinrent de bonnes et intenses relations, pour aboutir en 1969, ‡ une unification organique. DÈj‡ ‡ lÕÏuvre en Suisse, depuis plus dÕun siËcle, lÕEEM y assure aujourdÕhui
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des cultes dans plus de 300 lieux. En France, lÕEEM compte actuellement douze glises locales (avec plusieurs annexes), desservies par un pasteur ou un ÈvangÈliste. Sept dÕentre elles se tro-u vent en Alsace, deux en Lorraine (depuis 1909), et trois dans le Sud-Ouest (depuis 1926, 1985 et 1987).
LeÔsarmentUEEMÕ,lÕunparmitantdÕautres,estreliÈaucepunique:JÈsus-ChCriÕste.stceque nous croyons et ce dont nous voulons ‡ tout moment rester conscients et reconnaissants. Parmi les hommes et les mouvements qui ont marquÈ lÕhistoire de lÕEglise, John Wesley, f-on dateur du mÈthodisme reprÈsente pour nous un apport particuliËrement important et prÈcieux. Mais en pratique, quand, comment et par qui ont ÈtÈ crÈÈes nos Eglises locales de Strasbourg, Colma,r Mulhouse, etc...? Pour le comprendre, revenons ‡ la fin du 18e siËcle pour parler de la naissance de lÕ´Evangelische Gemeinschaftª ou CommunautÈ EvangÈlique. LÕ´Evangelische GemeinschaftSon fondateurª est nÈe en liaison Ètroite avec mÈthodisme. fut Jacob Albrecht (Albreight) nÈ en 1759, dont le pËre avait ÈmigrÈ du Palatinat vers Philadelphie aux Etats Unis. AprËs une conversion trËs profonde, il se joignit aux MÈthodistes qui, cependant, utilisaient la langue anglaise que, lui-mÍme ne maÓtrisait pas. Le fait que ses compatriotes de langue allemande vivent dans lÕabandon religieux et en sachent plus dans quelle Eglise ils sont chez eux ne lui laissa pas de repos. Comme les MÈthodistes anglophones nÕavaient ni comprÈhension, ni intÈrÍt pour une mission en langue allemande (ils croyaient fermement que dans quelques annÈes plus personne ne parle-rait allemand, Albrecht se vit obligÈ dÕavancer de faÁon indÈpendante. DÕabord, les croyants se groupaient en ´classes-ª, ce qui aboutit ‡ la constitution de commu nautÈs puis ‡ la fondation de lÕ´Evangelische Gemeinschaftª aux Etats Unis. Jakob Albrecht fut leur premier EvÍque.
> - 1.4. Le mouvement fait t‚che dÕhuile en Alsace-Lorraine et en Suisse
La crÈation de lÕE´vangelische Gemeinschaftª en Suisse et en Alsace date des annÈes 1866-68. Des ÈmigrÈs avaient trouvÈ en AmÈrique du Nord le salut en Christ.Par lÕintermÈdiaire dÕune annonce de lÕEvangile remplie de la puissance du Saint-Esprit qui Ètait celle des pasteurs de lÕ´Evangelische Gemeinschaftª ils avaient acquis la certitude du pardon de leurs pÈchÈs et celle de leur salut. Ils envoyaient dans les lettres aux parents restÈs dans leur ancienne patrie, des tÈmoignages joyeux de ce quÕils avaient vÈcu. En lÕannÈe 1865; lÕEvÍque Escher fut envoyÈ en mission dÕAmÈrique vers lÕEurope, emportant avec lui de volumineux dossiers dÕadresses de parents dÕÈmigrÈs. Avec un jeune pasteur wurttembergeois, plein de courage et de foi, ils visitËrent ces parents et leur annonÁaient la Bonne Nouvelle, dans la vallÈe du Rhin, le canton de Schaffhouse, les Grisons et lÕOberland Bernois. Le pasteur Jakob K‰chele vint Ègalement dÕAmÈrique en Suisse et prononÁa le premier sermon ‡ Berne en juillet 1866. Cette date est ainsi devenue celle de la fondation de lÕ´Evangelische Germeinschaftª en Suisse et en Alsace. Le travail de lÕ´Evangelische Gemeinschaftª a commencÈ ‡ la faÁon dÕun grain de sÈnevÈ qui sÕest Ètendu puis consolidÈ dans les dÈcennies suivantes.
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D s 1879, la Suisse et lÕAlsace purent constituer une assembl e (´Conf renceª) autonome. A cÙtÈ de lÕannonce de lÕEvangile, lÕ´Evangelische Gemeinschaftª a dÈveloppÈ Ègalement une forteactivitÈsociale;elleaÈdifiÈdescliniques,maisonsdediaconesses,foyerspourjeunesetper-sonnes ‚gÈes, Ècoles bibliques; etc....
> - 1.5. Implantation de lÕUEEM en Alsace-Lorraine
En tant que telle, lÕUnion de lÕEglise EvangÈlique MÈthodiste (UEEM) est nÈe dans les derniËres annÈes de lÕEmpire FranÁais de NapolÈon III. Par lettre du 24 dÈcembre 1868 (quelle belle date pour un anniversaire!), le perÈfet impÈrial du Bas-Rhin autorise M. Schnatz,´Ministre de lÕEglise EvangÈlique MÈthodiste ˆ Strasbourgª´ouvrir ‡ Strasbourg des confÈrences sur les doctrines de lÕEglise EvangÈlique MÈthodisteª. Il pr cise que´cette autorisation qui est toujours rÈvocable vous serait immÈdiatement retirÈe, si vos confÈrences venaient ˆ prendre le caractËre de propagande dangereuse pour lÕordre public et de nature ˆ troubler le repos des familles...ª. La ConfÈrence Annuelle de lÕ´Evangelische Gemeinschaftªde Suisse avait en effet envoyÈ en 1868 le pasteur Schnatz comme missionnaire en Alsace... A partir de Strasbourg, le pasteur Schnatz ÈvangÈlisa dans tout le Bas-Rhin. Quelques temps aprËs arriva un deuxiËme pasteur, Ègalement envoyÈ par la ConfÈrence Annuelle suisse, pour oeuvrer dans le Haut-Rhin: il sÕagissait de Jakob Schmidli. Il Ètait apparemment moins prÈoccupÈ par la lÈgitimitÈ officielle de son travail que son collËgue Schnatz ‡ Strasbourg. Sa premiËre rÈunion, il lÕorganisa en effet, sans aucune autorisation, ‡ Colmar, dans la salle de danse de lÕHÙtel Breisach. CÕest ainsi que naquirent les premiËres Eglises locales qui constituent aujourdÕhui lÕUEEM en Alsace: Strasbourg, Colmar, Bischwiller, Muntzenheim, Mulhouse et Munster. En 1882 fut construite lÕEglise de Sion ‡ Strasbourg, avec lÕaide dÈcisive des frËres amÈricains. Dans ce temps de domination allemande (depuis 1870), notre oeuvre connut une extension vers lÕOuest, ‡ lÕinitiative, cette fois, de la ConfÈrence Annuelle dÕAllemagne du Sud. Metz Ètait alors une importante ville de garnison impÈriale.Des soldats stationnÈs l‡-bas et qui Ètaient membres de l´ÕEvangelische Gemeinschaftªallemande, souffraient de lÕabsence de leur Eglise libre et se tournËrent vers les autoritÈs de cette Eglise en Allemagne du Sud pour les prier dÕouvrirunecommunautÈdanslacapitalelorraine.CÕÈtaitdanslÕannÈe1909. Ainsi naquit une nouvelle Eglise locale qui vit encore aujourdÕhui. En 1924, les Eglises en territoire franÁais, faisant partie de la ConfÈrence Annuelle suisse, se constituËrent en association conforme ‡ la loi franÁaise. CÕest ainsi que se forma ce groupement qui porte aujourdÕhui le nom dÕ´Union de lÕEglise EvangÈlique MÈthodiste en Franceª. Selon le droit ecclÈsiastique, lÕUEEM reste cependant membre de la ConfÈrence Annuelle su-is se, comme auparavant. En1926eutlieulafondationdÕunenouvellecommunautÈ.Cettefois-ci,celaeutlieudansla France du Sud-Ouest. Il sÕagissait des consÈquences dÕun travail missionnaire parmi des ÈmigrÈs suisses qui sÕÈtaient Ètablis dans la rÈgion dÕAgen. Cette communautÈ dÕAgen a donnÈ naissance deux autres communautÈs dans la rÈgion aujourdÕhui en pleine croissance, ‡ Fleurance et ‡ Mont-de-Marsan. Depuis 1975 enfin, lÕUEEM en France a trouvÈ dans le cadre dÕun´eConfÈrence de Districtª la possibilitÈ de faire reconnaÓtre sa personnalitÈ propre tout en gardant des liens Ètroits avec la
Conf
Historique de l’Eglise Evangélique Méthodiste © UEEM 2001
rence Annuelle suisse.
> - 1.6. Une Eglise aux dimensions mondiales
Juridiquement, lÕEglise EvangÈlique MÈthodiste (EEM) a en en France le statut dÕassociation cultuelle. Elle se considËre comme une Eglise libre, dans le sens quÕelle approuve le principe de la sÈparation de lÕEglise et de lÕEtat, et quÕon ne peut en Ítre membre quÕen vertu dÕune dÈcision libre. LÕEglise EvangÈlique MÈthodiste (EEM) est une Eglise aux dimensions mondiales. Elle nÕest pas plus franÁaise que suisse. Celui ou celle qui est membre dÕune paroisse locale de lÕEEM est du mÍme coup membre de la vaste Eglise EvangÈlique MÈthodiste (EEM) (en anglais: ´United Methodist Churchª). Si, du point de vue du nombre, lÕEglise EvangÈlique MÈthodiste (EEM) en France ou en Suisse, est une petite Eglise, par sa dimension internationale, elle fait partie dÕun grand tout qui dÈborde largement la mentalitÈ nationale. Des noms comme celui de John Mott, secrÈtairegÈnÈraldesUCJG,ouceuxdePhilipPotteretEmilioCastro,tousdeuxancienssecr-È taires gÈnÈraux du Conseil OecumÈni que des Eglises (COE), montrent bien lÕhorizon international de la prÈsence mÈthodiste. Les structures de lÕEglise reflËtent les liens de lÕEEM au niveau international. Sur le plan de l-Õor ganisation, lÕunitÈ de lÕEglise est garantie par un systËme de ´ConfÈrencesª, sortes de synodes. Au niveau mondial, la ´ConfÈrence GÈnÈraleª se rÈunit tous les quatre ans et dÈcide de la structure de base de lÕEglise, ‡ savoir de la constitution, des fondements doctrinaux, des Principes Sociaux, des ministËres ordonnÈs (diacres, anciens et ÈvÍques). Dans diverses rÈgions du monde, les ´ConfÈrences Centralesª (qui dÈpassent le cadre national) transposent cette structure de base dans les situations rÈgionales et Èlisent les ÈvÍques. Ces ConfÈrences se rÈunissent Ègalement tous les quatre ans. La France et la Suisse font partie de la ´ConfÈrence Centrale de lÕEurope du Centre et du Sudª qui, du temps de la guerre froide, rÈunissait les mÈthodistes de lÕest et de lÕouest. Chaque annÈe, les ´ConfÈrences Annuellesª se rassemblent et prennent les dÈcisions concernant le travail de lÕEglise dans les divers pays. La Suisse et la France forment ensemble une ConfÈrence Annuelle. Ce systËme de ConfÈrences garantit ‡ la fois une unitÈ au plan international sur les ques-tions fondamentales et une adaptation aux rÈalitÈs rÈgionales, permettant ainsi que la mission de lÕEglise soit vÈcue partout le mieux possible. Les mÈthodistes parlent souvent de la ´Connexioª, cÕest-‡-dire dÕun lien commun, qui englobe autant la dimension institutionnelle par le systËme de confÈrences que la dimension personnelle par le biais dÕun rÈseau de relations vivantes. En entendant un exposÈ sur lÕEEM de MacÈdoine, ou en accueillant un choeur de Sofia (Bulgarie) en tournÈe en France ou en Suisse, ou en participant ‡ un jumelage avec une autre paroisse de lÕEEM, les membres des paroisses locales prennent conscience des liens existants au-del‡ des frontiËres rÈgionales ou nationales. Quand des envoyÈs de la Mission, en congÈ en Suisse, viennent partager leurs expÈriences dans les pays du Tiers-monde, les fidËles en Suisse sont encouragÈs ‡ soutenir de leurs dons les Eglises soeurs. Enfin, lorsque lÕon voyage soi-mÍme ‡ lÕÈtranger et que lÕon visite des communautÈs mÈthodistes, on perÁoit plus fortement encore ce lien international.
> - 1.7. La foi se manifeste dans lÕamour
LÕEEM nÕa pas de doctrine particuliËre qui la distinguerait des autres Eglises chrÈtiennes. On nous demande souvent: ´quÕest-ce qui diffÈrencie lÕEglise mÈthodiste des autres Eglises?ª. La question est embarrassante. Les mÈthodistes ne demandent rien dÕautre quÕ‡ Ítre des chrÈtiens qui prennent leur foi au sÈrieux et la mettent en pratique. CÕest pourquoi ils soulignent toujours avec une insistance particuliËre le fait que cÕest uniquement dans la confiance en JÈsus-Christ, le Seigneur crucifiÈ et ressuscitÈ, que les hommes et les femmes peuvent retrouver la communion
9 Historique de l’Eglise Evangélique Méthodiste © UEEM 2001 avec Dieu le P re et faire lÕexp rience dÕune vie renouvel e. Les m thodistes ont la conviction que cette gr‚ce sÕadresse ‡ tous et que lÕamour de Dieu attend de lÕÍtre humain une rÈponse. Ils m-et tent lÕaccent sur lÕexpÈrience de cet amour qui est la meilleure raison pour grandir dans lÕamour et transmettre lÕamou.r Les nombreux engagements missionnaires, diaconaux ou sociaux de lÕEEM dÈmontrent que cÕest dans lÕamour que la foi se manifeste. Le fait dÕÍtre une Eglise libre ne les empÍche en rien dÕÍtre Eglise pour le peuple et de sÕengager dans la sociÈtÈ. Bien des formes de diaconie paro-is sialeetdÕinstitutionsdiaconalesontÈtÈreprisesparlÕEtatsocialmoderne,dÕautrescommeles-hÙpi taux ou les homes pour personnes ‚gÈessont restÈes sous la responsabilitÈ de lÕEglise. Ces de-r niËres annÈes, parallËlement aux nouveaux dÈfis de notre sociÈtÈ, de nouvelles formes de diac-o nie se sont dÈveloppÈes: clinique pour sidÈens, consultations pour les mËres seules, foyer dÕaccueil pour mËres et enfants, etc. CÕest souvent dans les relations personnelles que lÕon sert son prochain - sans que cela soit spectaculaire. A cÙtÈ de la diaconie, la formation et lÕÈducation ont une place de choix. LÕapprofondissement personnel de la foi, la prise de conscience et la reconnaissance de ses propres responsabilitÈs entraÓnent notamment la disponibilitÈ considÈrable des membres ‡ sÕengager ‡ tous les niveaux de lÕEglise. LÕactivitÈ missionnaire tÈmoigne dÕune foi vÈcue. En Suisse, depuis quelques annÈes, on recherchedenouvellesvoiesdÕÈvangÈlisation.LesparoissesmÈthodistesveulentÈlargirlÕan-non ce de lÕEvangile et inviter les gens ‡ exprimer leur oui personnel ‡ la foi et ‡ la mettre en pratique. Le soutien aux missions dÕOutre-mer est Ègalement important. La sociÈtÈ des missions aune do-u zaine de collaborateurs et collaboratrices engagÈes en Afrique et en AmÈrique latine o˘ elle sou-tient plusieurs projets. La foi vÈcue se manifeste aussi dans la relation que lÕon entretient avec les biens de ce monde. Les communautÈs mÈthodistes sont habituÈes ‡ une rÈpartition des charges entre les grandes paroisses et les petites, celles qui financiËrement sont fortes et celles qui sont plus faibles. En mÍme temps, elles soutiennent activement les projets des Eglises soeurs du Tiers-monde. Les ´Principes Sociauxª, remaniÈs tous les quatre ans par la ConfÈrence gÈnÈrale, expriment les convictions Èthiques fondamentales de lÕEEM. Les ´Principes pour un mode de vie responsableª tentent de les transposer ‡ lÕÈchelle individuelle, dans le contexte dÕune nation industrialisÈe et riche. Ils sont une actualisation de textes datant du dÈbut du mÈthodisme. Ils entendent aider les membres ‡ comprendre ce que signifie aujourdÕhui faire le bien et sÕÈcarter du mal ainsi quÕ‡ user des moyens par lesquels Dieu nous offre sa gr‚ce. Parmi ces moyens, citons la priËre, la lecture de la Bible, la participation au culte et ‡ la Sainte-CËne.Ce ne sont pas l‡ des signes distinctifs par-ticuliers ‡ lÕEglise EvangÈlique MÈthodiste (EEM). On les trouve heureusement dans bien dÕautres Eglises. Quand la foi chrÈtienne se manifeste dans lÕamour, elle recherche les contacts et la collabor-a tion avec les chrÈtiens dÕautres Eglises. Des femmes mÈthodistes ont participÈ activement ‡ lÕin-tro duction de la JournÈe mondiale de priËre en France et en Suisse. LÕEEM vit lÕouverture aux autres chrÈtiens et aux autres Eglises tant au sein de lÕAlliance EvangÈlique quÕau sein du mouvement oecumÈnique. En Suisse, elle participe aussi bien au ´Verband der Evangelischen Freikirchen und Gemeindenª quÕ‡ la FÈdÈration des Eglises protes-tantes de la Suisse ou ‡ la CommunautÈ de travail des Eglises chrÈtiennes.Tout en Ètant membre ‡ ce jour de la FÈdÈration EvangÈlique(FEF), lÕEEM en France est Ègalement membre de lÕAssociationdesEglisesdeProfessants.AlÕÈchellemondiale,lÕEEMsÕestengagÈedËssacrÈation au sein du Conseil OecumÈnique des Eglises (COE); elle participe aussi ‡ la dynamique de la Concorde de Leuenberg, qui favorise lÕhospitalitÈ rÈciproque et la reconnaissance des ministËres entre Eglises de la RÈforme (LuthÈriens, RÈformÈs et MÈthodistes). © UEEM 2001
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