Notre motivation (Daniel BORDE).

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Notre motivation (Daniel BORDE).

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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 1 Numéro 52mai 2004 Edito(David Brown) Estil possible deformerles chrétiens à l’évangélisation ? Estil biblique de le faire ? Voilà les questions que nous nous sommes posées au sein de la Commission d’Evangélisation de FranceMission. Un premier élément de réponse est le constat sans appel que c’est Dieu qui appelle et équipe les évangélistes – il s’agit d’un don spirituel, un don de sa grâce pour l’Eglise. Oui, mais les autres, nous autres qui n’avons pas le don d’évangéliste ? Nous sommes tous bien sûr témoins de JésusChrist. Et il se peut que la pratique de l’évangélisation révèle de nouveaux dons d’évangéliste ! En tant que commission, nous avons trouvé trois domaines où l’enseignement de la Parole et la formation pratique peuvent porter du fruit par rapport à l’évangélisation la motivation le contenu du message la pratique du témoignage. « Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ». Pour ma part, après avoir assuré 52 numéros de «Partenaires », je passe la main à Daniel Liechti. Compte tenu des nombreuses responsabilités de Daniel, il reste à définir la périodicité de ce petit bulletin. Un grand merci à tous ceux qui m’ont encouragé dans ce travail de réflexion pratique depuis le premier numéro paru en mars 1987. Dixsept ans déjà ! Notre motivation(Daniel BORDE).Comment garder notre motivation face à l’immensité de la tâche ? Surtout lorsque nous sommes conscients du petit nombre de chrétiens et de la grande ignorance spirituelle de la population et lorsque nous regardons nos moyens limités, en particulier le peu d’accès aux médias. Dans son livre “La passion des Ames”, le Docteur Oswald J. Smith a mis l’accent sur la perdition des âmes et le besoin de travailler pour le royaume de Dieu. Il écrit “La tâche suprême de l’Eglise, c’est l’évangélisation du monde” (p. 28). Je ne suis pas sûr qu’on le dirait de la même manière aujourd’hui. Cependant les arguments des années après guerre, qui furent marquées par un renouveau dans l’évangélisation et la mission, ne sontils pas encore d’actualité? J’essaie de les résumer notre motivation pour l’évangélisation d’après ce livre : 1. L’ordrede Matthieu 24: 14 et de Marc 16: 15 de prêcher la Bonne Nouvelle à toutes les nations. 2. L’amourdes perdus, qui peut nécessiter de tout quitter pour partir en mission. 3. Lacrainte du jugement divin Ezéchiel 3: 17 à 19 “Je redemanderai son sang de ta main...” 4. Leretour de Christ est attaché à la progression de l’Evangile dans le monde entier (Marc 13: 10)
 2 5. Lasurvie de l’Eglise dépend de sa vision (Proverbes 29: 18) il faut avoir la vision du monde. Mais aujourd’hui, par exemple dans nos églises et parmi ceux qui s’inscrivent à nos campagnes d’évangélisation, quelles sont les motivations les plus importantes aujourd’hui ? Nous constatons par exemple que la peur de l’enfer ne semble plus tout en haut de la liste. Et pourtant il faut une motivation qui permet aux chrétiens de surmonter les nombreux obstacles au témoignage. Une motivation qui semble importante est l’honneur et la gloire de Dieu : « … afin que la grâce, en se multipliant, fasse abonder, à la gloire de Dieu, les actions de grâces d’un plus grand nombre » (2 Corinthiens 4: 15). C’est une motivation tout à fait biblique carelle est centrée d’abord sur Dieu et non pas les humains. C’est le désir de remplir le ciel d’adorateurs. C’est vouloir « gagner pour l’agneau la récompense de ses souffrances » (selon a belle expression des Frères Moraves au 18e siècle), expression qui fait écho à Esaïe 53 v10 : « Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ». Cette motivation est proche de l'enthousiasme pour la louange : on peut se demander si la louange est une composante de la motivation de l’évangélisation. En tout cas, c’est l’approche de John Piper dans son livre « Prendre plaisir en Dieu » . Et cela semble aller dans le sens des paroles mêmes de Jésus: « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle » (Matthieu 12 v24). Autrement dit, estce que je donne de la nourriture à quelqu’un parce qu’il a faim (la motivation de manque) ou parce que j’ai quelque chose de merveilleux à partager avec lui (motivation positive) ? Personnellement, j’aimerais ajouter quelques motivations complémentaires : Christ bâtit son Eglise et je suis ouvrier avec Lui (Matthieu 16 v18 et 1Corinthiens 3 v9) Christ veut que tout homme soit sauvé (1Timothée 2 v4). Je dois avoir ce même désir et m’associer à lui et le prier pour qu’Il envoie des ouvriers dans sa moisson (Matthieu 9 v3738). Je procure de la joie dans le ciel en amenant quelqu’un à passer par la nouvelle naissance (Luc 15: 7).Nos moyens humains semblent dérisoires devant l’immensité de la tâche. Mais n’y atil pas une leçon à tirer de l’exemple de Jésus qui fit reposer l’annonce de la Bonne Nouvelle, la construction de son Eglise, sur peutêtre une centaine de disciples au départ? Cela dit, on ne peut faire boire un âne s’il n’a pas soif. Etce ne sont pas nos moyens qui vont changer cetteréalité, même si le Seigneur peut permettre que nous disposions de bons outils. Alors quelle motivation pour l’évangélisation ? En résumé, il y en a deux : POUR LA GLOIRE DE DIEU PARCE QUE LA BIBLE NOUS COMMUNIQUE LA VERITE. Dieu est au centre de la réalité, au centre de l’univers, au centre de notre monde, au centre de chaque domaine de la vie. Par l’évangélisation, nous n’acceptons pas que les gens vivent en dehors de Dieu, car il est la seule réalité fondamentale.
 3 Lorsque nous avons cette conception en tant que chrétiens, nous allons tout faire pour éviter la dichotomie « spirituel / nonspirituel ». Nous ne sommes pas plus spirituels quand nous assistons au culte que lorsque nous sommes au travail. C’est pour cela que la sanctification, c’est refuser qu’il y ait des zones de nondroit pour le Seigneur. L’évangélisation n’est donc pas uniquement une activité, mais au cœur de notre vie, dans toutes nos relations. Nous ne disposons donc pas toujours des moyens que nous souhaiterions, ni de l’accès aux médias. On peut toujours le regretter ; mais n’avonsnous pas à mettre en oeuvre ce que nous pouvons avec ce que nous avons, ce que le Seigneur nous donne, sachant qu’en fin de compte c’est Lui qui fait “naître de nouveau”? Mais audelà du comment, la grande question reste : ma motivation : existe telle vraiment? Estelle conforme à la Parole? Estelle suffisante pour surmonter les obstacles de la peur, du découragement, du manque de moyens..? Notre message(Emmanuel MAENNLEIN)L’exemple de Jésus LeNouveau Testament ne parle pas directement de formation à l’évangélisation. Mais ce n’est pas parc qu'un terme est absent du vocabulaire biblique que la réalité n’apparaît pas. Une lecture attentive du Nouveau Testament révèle que les chrétiens étaient formés pour communiquer l’Evangile.  Lesdisciples de Jésus sont les premiers croyants à avoir bénéficié d’une telle formation. Jésus s’est entouré de disciples qu’il a enseignés à la manière des maîtres de son temps. Pendant 3 ans, 12 disciples (apprentis) l’ont accompagné. Ils ont vécu avec lui 7 jours/7, 24h/24. L’objectif de Jésus était de les former pour qu’ils communiquent au monde entier ses enseignements et qu’à leur tour ils forment d’autres apprentis. (voir Matthieu 28.20) Une telle tâche nécessitait une solide formation ! Jouraprès jour, Jésus leur a transmis un enseignement complet et varié sur des sujets comme la prière, la repentance, la foi, la résurrection, la sabbat, le salut etc. La formation dispensée par Jésus abordait tous les aspects de la vie.  Lecontenu de cette formation est résumé dans cette expression que nous retrouvons 120 fois dans le Nouveau Testament : le royaume de DIeu. Le Royaume de Dieu ou règne de Dieu était au centre de la vie et des discours de Jésus. Matthieu résume ainsi son ministère :“Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues , prêchant la bonne nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple” (Matthieu 4.23. Voir aussi 9. 35) Qu’estceque le Royaume de Dieu ? Le Nouveau Testament ne nous donne pas de définition de ce qu’est le Royaume. Les contemporains de Jésus n’en avaient pas besoin. En effet cette expression leur était familière. Ce qui n’est
 4 pas notre cas. Les différents éléments glanés dans les Evangiles nous permettent de proposer la définition suivante :“Le Royaume de Dieu est le lieu où Dieu est présent. Le Royaume de Dieu est l’intrusion de la présence, du Règne de Dieu parmi les hommes. En la personne de Jésus, Dieu est pleinement présent. “(pour plus d’informations sur le Royaume de Dieu voir le Volume 1 de la Théologie de G. LADD pp 62 à 164 et Allez Evangélisez de John WIMBER).Luc 7. 22décrit quelques manifestations de la présence de Dieu :“Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.”Voilà donc résumé le contenu principal de la formation à l’évangélisation que les disciples ont reçu : Dieu est là. Et il agit. Allez le dire et le démontrer !(voir Luc 9. 16 ; 10. 112 ; Actes 8. 12)Réflexions et remarques...  Lecontenu de la formation à l’évangélisation de Jésus était centrée sur la venue de Dieu et de ses conséquences pratiques pour l’homme. Comment parler du Royaume ou de la présence de Dieu à nos contemporains ? Et comment leur démontrer la réalité de cette présence ? Nos formations et nos pratiques del’évangélisation tiennentelles suffisamment compte de la réalité de la présence de Dieu ? Que pourrionsnous faire pour vivre davantage la présence de Dieu ?  D’unpoint de vue pédagogique la manière de former à l’évangélisation de Jésus est efficace et encourageante parce qu’elle laisse une place prépondérante à la pratique. Nos formations à l’évangélisation ne sontelles pas trop souvent théoriques? Comment pourrionsnous les rendre plus pratiques, stimulantes et efficaces ? Notre témoignage(David Brown) Une perspective biblique à partir de Colossiens 4: 26 et de 1 Pierre 3 :1516 Ces deux textes supposent que l’on va nous poser des questions sur notre foi. La formation consiste à enseigner aux chrétiens quelle vie mener pour glorifier le Seigneur tout en ayant des relations avec les nonchrétiens transmettre les réponses bibliques aux questions que l’on peut nous poser, sachant que l’on ne va pas nous poser des questions théologiques, mais des questions suscitées par la vie, et par les médias instruire les chrétiens dans la bonne attitude à garder en répondant à ces questions préparer les chrétiens spirituellement pour le témoignage (la prière) Il faut enseigner comment prier avant toutes choses (Col 4 v.23 / 1 Pierre 3 v15). Pour toutes choses, Dieu nous demande de persévérer dans la prière et cela s'applique aussi au témoignage et à l'évangélisation. En particulier, Paul demande que les chrétiens
 5 de Colosses prient pour quelque chose de précis: “ que Dieu ouvre une porte pour la parole, en sorte que je puisse annoncer le mystère de Christ ”. Autrement dit, selon une autre traduction de la Bible : “ Que Dieu nous donne des occasions d’annoncer sa Parole ”. Une telle prière inscrit notre action dans la dépendance de Dieu. C’est lui qui va devant nous, qui place des personnes sur notre chemin, qui prépare des occasions de témoignage. Notre prière a un double effet.: D’une part, le Seigneur luimême prépare nos interlocuteurs (il faut “parler des hommes à Dieu avant de parler de Dieu aux hommes” !) D’autre part, Il nous donne le courage de prendre la parole au bon moment et nous rend plus sensibles aux besoins et aux intérêts de ceux qui nous entourent. Il faut enseigner comment parler de Christ (Col 4 v.34 ) Savonsnous quoi dire aux gens quand ils nous demandent pourquoi nous sommes chrétiens ou comment croire en Dieu ? Qu'estce que l'Evangile, la bonne nouvelle ? Qui est JésusChrist? Tout bon ouvrier se forme en apprentissage pour connaître son métier. Nous qui sommes disciples de Christ, c'estàdire littéralement "apprentis" du Christ, pour être ses témoins, nous devons nous former pour savoir comment le faire. Recherchons donc les formations qui existent, demandons des enseignements à nos responsables, documentonsnous en lisant des livres écrits sur le sujet. C'est notre responsabilité, notre part, que le Seigneur ne fera pas à notre place. Il faut enseigner comment se conduire avec sagesse envers ceux du dehors (Col 4 v.5a / 1 Pierre 3 v16) C’estàdire dans nos relations avec ceux qui n’appartiennent pas à la famille de Dieu, avec ceux qui ne sont pas chrétiens. Jésus nous envoie et nous demande d'être à la fois rusés (ou prudents) et innocents (ou candides) (Matth. 10:16). Nous devons être doux, agréables, purs (que nos paroles soient en accord avec notre vie), ne soupçonnant pas le mal, sans être naïfs. Nous sommes appelés à être intelligents, adaptés au monde : connaissant les valeurs de la société qui nous entoure pour ne pas la condamner et la rejeter, mais tout en discernant le bien du mal connaissant la façon de penser des gens pour parler leur langage et pour savoir comment leur communiquer Christ d'une façon qu'ils comprennent. Pour ma part, je suis convaincu que les gens apprécient une authenticité de vie et de langage, c’estàdire une approche relationnelle qui ne les juge pas, et qui évite les discours appris par cœur. Il faut enseigner comment racheter le temps (Col 4 v.5b). "Rachetez le temps" veut dire "saisir le bon moment". En grec il y a deux mots pour le temps :kronos= la durée, le temps qui s'écoule (d’où notre mot en français “ chronomètre ” pour le mesurer) ; etkairos= le bon moment, le moment qui convient, l'occasion qui se présente (ici dans le texte). Dieu va nous donner des occasions de témoignage, au cours de conversations par exemple, mais il faut les voir, les saisir. Ces occasions ne viennent pas toujours sous forme explicite. Nous devons demander à Dieu de nous aider à voir les vraies questions qui se cachent derrière les interrogations sur la vie. Dans 2 Tim 4: 2 l’apôtre Paul dit à son jeune protégé : "Insiste en toute occasion, favorable ou non". Je crois que cela veut
 6 dire “ favorable ou non ”pour nous! Car souvent ces occasions se présentent lorsque nous sommes occupés, ou pressés, ou lorsqu’il y a un bon match à la télé ce soirlà ! Il faut enseigner comment veiller sur notre façon de parler (Col 4 v.6a / 1 Pierre 3 v15).  “Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel ” : qu’estce que cela veut dire ? D’autres traductions de la Bible nous aide à comprendre. Nous devons parler avec « douceur et respect » (l’agressivité est exclue en faveur de la compréhension et de l’empathie), et avec des paroles « agréables et pleines d'intérêt » (apportant des éléments de réflexion concrets et à propos). Les phrases toutes faites et simplistes sont à éviter, comme « Dieu est la solution à votre problème », « avec Dieu, vous verrez, tout ira bien ».  Etn’oublions pas que nous n’avons pas à tout dire d’un coup. Souvent il vaut mieux écouter les cœurs qui ont d'abord besoin de compassion, puis dire quelque chose qui va aiguiller la curiosité de l’autre et le faire réfléchir, plutôt que de proposer directement des solutions. Il faut enseigner comment répondre à chacun (Col 4 v.6b / 1 Pierre 3 v15). Les réunions de nos églises (prédications, études bibliques) devraient être autant de lieux de formation et d’apprentissage, non seulement de la vie chrétienne, mais aussi de la pensée chrétienne et du mode de fonctionnement de notre société. Nous sommes préparés au témoignage si nous avons appris à avoir un regard biblique sur la vie et les questions de notre société. En nous fondant sur la parole de Dieu, nous devons nous appliquer à penser juste, à comprendre les événements et les gens, à faire la part du juste et du faux en toutes choses. Comment répondre à chacun si personne ne nous enseigne ce que pense un athée, imagine un bouddhiste, croit un musulman ? Un petit mot donc aux pasteurs et enseignants dans nos églises : voilà la raison pour laquelle la lecture de la Bible ne doit pas se faire dans le vide, mais plutôt dans le cadre des questions posées aujourd’hui par nos contemporains et relayées par les médias. En conclusion, notre objectifprincipal, c’est de rester en contact avec les personnes. C'est d’aller plus loin par la suite, en cheminant avec elles, à leur vitesse (car notre Dieu est patient envers chacun de nous), en attendant, selon Jacques 5:7, “ le précieux fruit de la terre ”, la conversion d'un être humain.
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