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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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L’EGLISE UNE CHANCE POUR LE COUPLE ET LA FAMILLE, LE COUPLE ET
LA FAMILLE UNE CHANCE POUR L’EGLISE
Conférence du cardinal Ricard le 12 décembre 2010 au colloque régional sur « La Mission (impossible) du
couple ? »
L’EGLISE UNE CHANCE POUR LE COUPLE ET LA FAMILLE, LE COUPLE ET LA
FAMILLE UNE CHANCE POUR L’EGLISE
C’est à partir de cette problématique que je vais traiter le sujet annoncé : « La Mission du
couple dans l’Eglise ».
Avant d’aborder la question qui nous intéresse, je voudrais prendre en compte une difficulté
que l’on sent dans une opinion catholique un peu large quand on parle d’un « couple chrétien
», d’une « famille chrétienne », ou de « familles catholiques ». S’exprime parfois comme un
malaise ou comme une distance vis-à-vis de ces expressions. Celles-ci ne sont pas senties
spontanément par tous comme positives ou mobilisatrices. Chez certains, c’est un cliché qui
est refusé. Ils voient tout de suite une famille nombreuse avec un grand 4x4, la femme avec un
petit foulard Hermès dans le cou, la petite fille avec un col Claudine, une robe bleue marine et
des socquettes blanches, le petit garçon les cheveux coupés ultra-court…On assimile le couple
ou la famille chrétienne avec une de ses réalisations socialement marquées. Chez d’autres, la
réticence est plus profonde : ils redoutent une image idéalisée du couple ou de la famille,
présentés comme le modèle à incarner, un modèle ressenti comme un peu écrasant et qui ne
peut que culpabiliser ceux qui se trouvent pris dans les difficultés de la vie.
Cette difficulté nous alerte sur la manière dont l’Eglise doit annoncer la Bonne Nouvelle sur
le couple et sur la famille. En effet, l’Eglise n’est pas porteuse d’un idéal éthéré qui nous
jugerait de haut et nous laisserait démunis, livrés à nos seules forces pour l’atteindre. Elle
présente un appel dynamique et offre des moyens concrets d’y répondre. Comme le Christ,
elle prend les personnes où elles en sont et leur ouvre un chemin d’humanisation et de
sanctification. C’est pour souligner cet aspect dynamique de l’appel ecclésial que j’ai intitulé
ma conférence : « L’Eglise, une chance pour le couple et la famille – Le couple et la famille,
une chance pour l’Eglise ».
I – L’EGLISE, UNE CHANCE POUR LE COUPLE ET LA FAMILLE
L’Eglise appelle le couple et la famille à devenir ce qu’ils sont dans le dessein de Dieu. Mais,
grâce à l’action de l’Esprit, elle les aide surtout à le devenir. Très concrètement dans sa
pastorale, elle souhaite soutenir les couples et les familles. Cela suppose, bien sûr, de la part
de ceux-ci un minimum de lien communautaire avec l’Eglise pour pouvoir bénéficier de ce
que celle-ci veut et peut apporter.
Deviens ce que tu es
1) Cette parole qui s’adresse au chrétien baptisé, l’Eglise l’adresse au couple et à la famille.
Dieu appelle un homme et une femme qui s’engagent dans le mariage à former une
communauté d’amour, une communauté d’amour stable, féconde, fidèle, vécue dans la
dynamique d’un don généreux et sans retour à l’autre. C’est une union des esprits, des coeurs
et des corps, dans le respect des différences. La famille qu’ils fondent, avec les enfants qu’ils
ont et avec la diversité des générations qui la constitue, est appelée à être cette communauté
basée sur l’affection et l’amour mutuel.
Un tel appel suscite une réponse et cette réponse est possible parce que Dieu, par l’Esprit
Saint, vient nous communiquer son amour (Rom. 5, 5) et que cet amour nous transforme et
nous fait entrer dans cette dynamique du don de soi. L’Eglise vient communiquer au couple
cette Bonne Nouvelle : il n’est pas seul sur le chemin de la vie. Le Christ ressuscité se fait son
compagnon de route et lui communique la force transformante de son amour. C’est ce don de
Dieu premier qui fonde le couple et la famille et leur permet de devenir, jour après jour, ce
qu’ils sont appelés à être.
Il y a une similitude entre l’Eglise comme communauté fraternelle suscitée par l’Esprit du
Ressuscité et la famille comme communauté de personnes appelées à accueillir le don de
l’amour de Dieu, à en vivre et à en témoigner. C’est en ce sens qu’à la suite de Saint
Augustin, de Saint Jean Chrysostome, le Concile Vatican II, puis les papes depuis Paul VI
jusqu’à Benoît XVI vont parler de la famille comme « Eglise domestique ». Comme l’Eglise,
dont elle est une image et une cellule, la famille est une communauté qui se laisse évangéliser
et qui évangélise : « (la famille)
a bien mérité…le beau nom d’ « Eglise domestique »
sanctionné par le Concile Vatican II. Cela signifie que, en chaque famille chrétienne,
devraient se retrouver les divers aspects de l’Eglise entière. En outre, la famille, comme
l’Eglise, se doit d’être un espace où l’Evangile est transmis et d’où l’Evangile rayonne. Au
sein donc d’une famille consciente de cette mission, tous les membres de la famille
évangélisent et sont évangélisés. Les parents non seulement communiquent aux enfants
l’Evangile mais peuvent recevoir d’eux ce même Evangile profondément vécu. Et une telle
famille se fait évangélisatrice de beaucoup d’autres familles et du milieu dans lequel elle
s’insère.
» (Paul VI :
Evangelii Nuntiandi
n° 71.
2)
L’aide de l’Eglise
L’Eglise révèle, appelle mais elle aide et soutient tout au long de la marche. L’exhortation
apostolique de Jean-Paul II
Familiaris consortio
de 1981 le résume fort bien :
« C'est avant tout l'Eglise Mère qui engendre, éduque, édifie la famille chrétienne, en mettant
en oeuvre à son égard la mission de salut qu'elle a reçue de son Seigneur. En annonçant la
Parole de Dieu, l'Eglise révèle à la famille chrétienne sa véritable identité, autrement dit ce
qu'elle est et ce qu'elle doit être selon le dessein du Seigneur. En célébrant les sacrements,
l'Eglise enrichit et fortifie la famille chrétienne avec la grâce du Christ, en vue de sa
sanctification pour la gloire du Père. En renouvelant la proclamation du commandement
nouveau de la charité, l'Eglise anime et guide la famille chrétienne au service de l'amour,
pour lui permettre d'imiter et de revivre l'amour même de donation et de sacrifice que le
Seigneur Jésus nourrit pour l'humanité entière. »
(n° 49).
L’Eglise est une chance pour le couple et pour la famille en lui offrant l’aide du trépied
fondamental qui la constitue : la Parole, les sacrements et la charité fraternelle. Je suis ici le
développement de la réflexion proposée par l’exhortation apostolique
Familiaris consortio.
- Par la Parole
L’Eglise met en contact avec le Christ Ressuscité par la proclamation de la Parole. La lecture
des Ecritures à la lumière de la Tradition de l’Eglise déploie le dessein de Dieu, fait entendre
l’appel et la promesse de Dieu. Elle atteste ce compagnonnage du Christ qui fait route avec
nous, comme autrefois avec les disciples d’Emmaüs. Elle fait retentir cet appel du Christ qui
s’invite à la table du couple ou de la famille comme il a accepté d’être invité aux noces à Cana
de Galilée. Le Christ dit à chaque couple :
« Voici que je suis à la porte et je frappe. Chez
celui qui entend ma voix et qui m’ouvre, j’entrerai et je mangerai en tête à tête, lui avec moi
et moi avec lui. »
(Ap. 3, 20).
L’Eglise offre l’Ecriture aux couples. Je vois ce qu’elle peut apporter à ceux qui lisent chaque
jour, en couple, les textes de la messe du jour, dans Prions en Eglise ou dans Magnificat.
Dans la catéchèse, elle offre aussi son aide à la formation de la foi et de l’expérience
chrétienne des enfants, des jeunes, des adultes. Elle est une chance pour l’éducation des
enfants et pour la croissance de leur personnalité.
- Par les sacrements
L’annonce de l’Evangile et son accueil atteignent leur plénitude dans la célébration
sacramentelle.
Par le baptême, nous sommes invités à vivre, unis au mystère pascal du Christ, comme des
enfants bien-aimés du Père.
Par la confirmation, nous sommes invités à vivre non pas selon la « chair », au sens paulinien
du terme (c’est-à-dire dans l’attitude de l’homme totalement centré sur lui-même) mais selon
l’Esprit du Christ et nous savons quel est le fruit de l’Esprit :
« amour, joie, paix, patience,
bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi »
(Gal. 5, 22-23). Apprendre à vivre en
baptisés et en confirmés aide un couple et une famille à grandir dans l’amour selon
l’Evangile.
Par le sacrement de mariage non seulement célébré mais vécu ensuite dans le quotidien, le
Christ offre à un couple l’eau vive de son amour. Et cet amour transforme au jour le jour
l’amour de ces époux et de ces parents qui ouvrent de plus en plus leur vie au Christ :
« Cet
amour, par un don spécial de sa grâce et de sa charité, le Seigneur a daigné le guérir, le
parfaire et l’élever. »
(Vatican II,
Gaudium et Spes
n° 49). Le Concile souligne tout ce que le
Seigneur vient apporter au couple qui se marie et qui fonde une famille.
Par l’eucharistie, le couple est invité à s’unir au Christ qui s’offre au Père pour le salut de tous
les hommes. On peut dire que l’eucharistie est vraiment l’école du don, le creuset où il
apprend à se donner, se donner l’un à l’autre, se donner aux autres et tout d’abord, dans le
couple, à ses propres enfants. Nous trouvons la même dynamique du don dans le mariage et
dans l’eucharistie. C’est cette offrande de soi à Dieu et aux autres qui constitue le sacrifice
spirituel dont parle Saint Paul quand il dit dans l’épître aux Romains :
« Je vous exhorte donc,
frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à
Dieu: c'est là le culte spirituel que vous avez à rendre. Et ne vous modelez pas sur le monde
présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse
discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. »
(12, 1-2).
Par le Sacrement de Pénitence et de Réconciliation, les époux accueillent le pardon de Dieu
qui les aide à savoir dans leur vie de tous les jours demander pardon et pardonner. Nous
savons bien que ceci n’est pas évident dans notre vie quotidienne. On peut dire que le don du
pardon est vraiment une chance, disons ici une grâce, pour le couple et pour la vie familiale.
Par l’invitation à la prière personnelle, conjugale, familiale, l’Eglise appelle un couple ou une
famille à se remettre sans cesse devant Dieu, à accueillir son amour, à se rendre disponible
pour faire sa volonté, à s’offrir à Lui. La prière liturgique vient soutenir cette prière.
- Par la charité fraternelle
L’Eglise nous rappelle que nous ne pouvons pas avoir Dieu pour Père sans accueillir les
autres comme des frères. De plus, l’amour fraternel est le révélateur de l’amour que nous
avons pour Dieu :
« en effet, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu
qu’il ne voit pas »
(1 Jn 4, 20).Le couple et la famille sont donc invités par l’Eglise à aimer le
prochain, à ne pas se replier sur un égoïsme conjugal ou familial, mais à rester ouverts sur une
fraternité plus large. Nous voyons d’ailleurs dans l’Evangile combien Jésus veut échapper à
l’enfermement familial et villageois. Il invite, y compris, les siens à cette fraternité plus large,
à cette fraternité universelle.
N’oublions pas d’ailleurs que l’attention aux pauvres, aux malades, aux exclus, aux souffrants
est un des critères de la fidélité à l’Evangile.
En offrant une fraternité plus large, une communauté plus ouverte encore, au couple et aux
enfants, l’Eglise est vraiment une chance de respiration et d’ouverture pour le couple et pour
la famille. C’est aussi un soutien fraternel que les couples peuvent recevoir à tel ou tel
moment de leur histoire (« on ne s’est pas senti tout seuls »).
C’est d’ailleurs une des significations du baptême d’un petit enfant : loin de n’être qu’un
événement familial, celui-ci invite une famille à s’ouvrir sur une communauté plus large et à
exprimer que c’est bien l’appartenance à une telle communauté qu’on souhaite pour son
enfant.
3)
Une pastorale au service du couple et de la famille
C’est bien sûr toute la vie de l’Eglise qui est une chance pour les couples et les familles mais
il faut signaler l’attention toute particulière que l’Eglise porte dans sa pastorale aux couples et
aux familles.
Signalons :
- Tout ce qui se fait pour la préparation au mariage et pour la célébration de celui-ci. C’est
l’occasion pour beaucoup de couples de découvrir ce à quoi ils sont appelés, de mieux
percevoir les exigences de l’amour conjugal, d’être confrontés à la proposition de la foi. De
plus en plus, la préparation au mariage est un lieu où se fait une première annonce de la foi.
- Les propositions d’accompagnement des couples et en particulier des couples qui traversent
des difficultés : sessions Cana, Amour et Vérité, propositions du CLER, Elle et Lui…
- Les mouvements conjugaux comme les Equipes Notre Dame, la proposition Tandem faite
par les Equipes….
- La catéchèse, les mouvements de jeunes pour aider les familles dans leur responsabilité
éducative ou religieuse…l’éducation affective et sexuelle des jeunes…
- L’invitation à vivre dans la foi le mystère pascal de l’éducateur ou du parent : accepter que
nos enfants ne soient pas que nos enfants (pour reprendre l’expression de Khalil Gibran),
qu’ils soient différents de cet enfant que nous avions rêvé et qu’un jour ils s’éloignent et nous
quittent…
- Signalons que la communauté ecclésiale est aussi ce bain d’esprit évangélique qui nous
ressource et qui nous permet (sans constituer pour autant un ghetto) de résister aux pressions
d’une mentalité ambiante.
II – LE COUPLE ET LA FAMILLE, UNE CHANCE POUR L’EGLISE
Ce couple et cette famille qui se laissent évangéliser par l’Eglise vont à leur tour évangéliser
et participer comme une cellule vivante à la mission de l’Eglise. J’ai cité plus haut le passage
de Familiaris consortio qui parlait de la mission de l’Eglise vis-à-vis du couple. Citons
maintenant celui qui parle de la mission du couple et de la famille :
« A son tour, la famille
chrétienne est insérée dans le mystère de l'Eglise au point de participer, à sa façon, à la
mission de salut qui lui est propre: les époux et les parents chrétiens, en vertu du sacrement,
«ont ainsi, en leur état de vie et dans leur ordre, un don qui leur est propre au sein du peuple
de Dieu». Par conséquent, non seulement ils «reçoivent» l'amour du Christ en devenant une
communauté «sauvée», mais ils sont également appelés à «transmettre» à leurs frères le
même amour du Christ, en devenant ainsi une communauté «qui sauve». De la sorte, tout en
étant fruit et signe de la fécondité surnaturelle de l'Eglise, la famille chrétienne devient
symbole, témoignage, participation de la maternité de l'Eglise » (n° 49).
Une réalisation de la communion ecclésiale
Le couple et la famille se mettent au service de la vie de l’Eglise et de sa mission par ce qu’ils
sont et par ce qu’ils font :
« La famille chrétienne est appelée à prendre une part active et
responsable à la mission de l'Eglise d'une façon propre et originale, en se mettant elle-même
au service de l'Eglise et de la société dans son être et dans son agir, en tant que communauté
intime de vie et d'amour »
(F.C n° 50).
En tant que communauté, les époux, en tant que couple, et les parents et les enfants, en tant
que famille, apportent à l’Eglise une dynamique de communion et d’amour. La famille est ce
lieu où on se convertit chaque jour à l’Evangile, où on apprend à aimer comme le Christ et
avec lui. « La famille est le premier lieu où les hommes et les femmes apprennent la confiance
en eux-mêmes et la confiance dans les autres. La famille permet, en effet, de découvrir que
chacun a sa place dans une histoire, dans un réseau, sans avoir à le mériter, dans le respect des
différences particulières : âge, sexe, qualités ou faiblesses. » (Extrait de
« Qu’as-tu fait de ton
frère ? »
, Message du Conseil permanent de la Conférence des Evêques de France, à
l’occasion des élections - Novembre 2006). « Eglise domestique », le couple et la famille
permettent à l’Eglise de manifester ce qu’elle est : cette communauté humaine qui est signe et
sacrement du salut apporté en Jésus Christ. Elle le signifie, elle le donne à voir, elle le montre
à l’oeuvre malgré les aléas de la vie de couple ou de la vie familiale. Jean-Paul II disait en
1980 aux familles françaises en pèlerinage à Rome :
« Agissant ainsi, l’Eglise domestique
devient signe visible de Dieu parmi les hommes. Parents et jeunes donnent au monde non
seulement l’espérance mais la certitude qu’avec Jésus-Christ, tout nous a été donné. En
regardant vivre les couples chrétiens et leurs enfants, les hommes d’aujourd’hui doivent
toucher du doigt quelque chose de l’amour universel de Dieu »
Un lieu de transmission de la foi
Le couple est un lieu où la foi peut rayonner et se transmettre. Chaque année, j’accueille des
catéchumènes qui demandent le baptême, ayant fait, grâce à leur conjoint, tout un chemin vers
la foi. La famille chrétienne est aussi un lieu où la foi est proposée. C’est tout l’enjeu de
l’éveil à la foi par les parents et de la catéchèse familiale. Il s’agit de la transmission de
l’Evangile des parents à leurs enfants mais c’est aussi souvent l’occasion d’une évangélisation
des parents par la démarche de foi de leurs enfants, sans oublier non plus en ce domaine
l’impact des grands-parents. Dans l’Eglise domestique, les enfants ne sont pas que les fils et
filles de leurs parents. Ils en sont aussi les frères et soeurs dans la foi et chacun peut entraîner
les autres sur le chemin de l’Evangile.
L’éveil à la foi et la catéchèse sont des lieux importants pour la vie ecclésiale. Combien
d’enfants, de jeunes, d’adultes ont découvert ou redécouvert par eux le chemin de
l’expérience chrétienne. On peut dire que le couple et le mariage sont une chance pour
l’Eglise, pour sa croissance et pour sa vitalité.
Mais la transmission du message chrétien implique aussi l’entrée dans l’expérience croyante.
La famille est appelée à être un lieu d’initiation à l’expérience chrétienne : initiation à la
prière personnelle, à la prière familiale :
« Sur la base de leur dignité et de leur mission, les
parents chrétiens ont le devoir spécifique d'éduquer leurs enfants à la prière, de les introduire
à la découverte progressive du mystère de Dieu et à l'entretien personnel avec lui »
(F.C n°
60). Initiation également par la vie sacramentelle : le baptême, la confirmation, l’eucharistie et
le sacrement de réconciliation.
Comme pour la catéchèse, cette proposition d’initiation par la prière et les sacrements appelle
une collaboration et une entraide mutuelle entre l’Eglise et la famille.
La transmission de la foi implique une catéchèse, une initiation à la prière et à la vie
sacramentelle. Elle appelle également l’apprentissage à une vie de charité fraternelle, d’abord
au sein de la famille, puis dans celui plus large de la communauté ecclésiale mais aussi dans
celui d’une ouverture à tout homme :
« La charité dépasse l'horizon des frères dans la foi,
parce que «tout homme est mon frère»; en chaque homme, surtout s'il est pauvre, faible,
souffrant et injustement traité, la charité sait découvrir le visage du Christ et un frère à aimer
et à servir….La famille chrétienne, tout en construisant l'Eglise dans la charité, se met au
service de l'homme et du monde, en réalisant vraiment la «promotion humaine» dont les
différents aspects ont été synthétisés dans le message du Synode aux familles: «Une autre
tâche de la famille est celle de former les hommes à l'amour et de vivre l'amour dans tous les
rapports avec les autres, de manière que la famille ne se ferme pas sur elle-même mais qu'elle
demeure ouverte à la communauté, y étant poussée par le sens de la justice et par le souci des
autres, comme par le devoir de sa propre responsabilité envers la société tout entière»
( FC
n° 64).
Une participation à l’évangélisation et à la mission de l’Eglise
Un couple qui se laisse évangéliser, toucher par l’Evangile, devient à son tour évangélisateur :
Ces couples chrétiens témoignent par leur vie et par leur foi.
Ces couples témoignent que former un couple pour la vie est possible, que le Christ vient les
soutenir de la force de son amour. Ils sont source de réconfort et d’espérance pour des couples
qui traversent crises ou difficultés. Ils peuvent témoigner aussi qu’au sein d’échecs ou
d’épreuves, le Christ vient toujours faire une brèche dans nos vies, qu’il nous ré-ouvre un
avenir et qu’il continue toujours à prendre le chemin avec nous.
Ils témoignent de leur foi, de la source où ils se désaltèrent, du Christ qui les fait vivre. Ils
peuvent appeler à la foi et inviter à participer à telle ou telle rencontre ecclésiale. Je vois
l’impact de certains couples. Des mamans invitent d’autres mamans à se mettre en route dans
le cadre de la catéchèse. Des couples vivent une réelle proximité d’entraide ou de solidarité
avec des familles en difficulté.
Je pense aussi à tous ceux qui sont engagés dans le cadre des mouvements familiaux (auprès
des veuves, des personnes séparées, des divorcés remariés, des femmes confrontées à un
avortement, des personnes handicapées…) Ils sont signe de cette proximité du Christ qui veut
rejoindre tout être humain et lui dire « Tu es aimé ».
Je voudrais évoquer également à ces couples qui s’engagent en couple ou en famille au
service de l’Eglise dans une forme de consécration ecclésiale ou missionnaire, ceux qui
acceptent de se mettre au service pour un temps déterminé de populations ou d’Eglises locales
de par le monde (cf. Fidesco), sans oublier les cités de chez nous (cf. Dans le cadre de l’Ecole
de Mission du Rocher).
Que serait l’Eglise sans tous ces couples ? Ces couples et ces familles sont vraiment une
chance pour l’Eglise.
+ Jean-Pierre cardinal RICARD
Archevêque de Bordeaux
Evêque de Bazas
Avec l’aimable autorisation du diocèse de Bordeaux - Conférence tiré du site du diocèse de
Bordeaux :
http://bordeaux.catholique.fr/users/site/web/index.php?page=Root&portlet=Document&x=0&
y=0&document_id=1113
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