Quels enjeux pour les premières Rencontres Internationales de la ...

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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ERS UNE CONSOMMATION DURABLE
»
Premières rencontres internationales de la consommation
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1
er
décembre 2003
Quels enjeux pour les premières
Rencontres Internationales de la Consommation ?
Trois questions, trois tables rondes
Les
interrogations
actuelles
sur
le
développement
durable
se
focalisent
essentiellement sur les politiques de production et le rôle des gouvernements. Mais le
développement durable a t-il une chance de devenir une réalité s’il n’implique pas les modes
de consommation ? Il n’est pas sûr que l’on ait donné aux consommateurs, dont les choix sont
pourtant déterminants dans les mutations productives
1
et l’évolution de la société, l’attention
qu’ils méritent en ce domaine ?
L’ambition des Rencontres consiste à approfondir la question, et donner les premiers
éléments de réponse en croisant en une seule journée les points de vue d’experts d’horizons
différents.
La réponse ne va pas de soi, d’abord parce que les évolutions des consommateurs
sont complexes, d’autre part, parce qu’il faut prendre garde de ne pas substituer les pétitions
de principe, les professions de foi ou les schématisations, aussi vertueuses soient-elles, à
l’analyse des faits.
***
La première question que l’on peut se poser à l’issue de 50 années de consommation
de masse est celle-ci : a-t-on assisté à l’émergence d’un nouveau consommateur ?
Ce qui frappe à l’évidence c’est, outre la modification progressive, parfois sensible,
de la structure de dépenses des ménages
2
, la forte évolution du contenu des produits : contenu
en service rendu, contenu en valeurs matérialisées. Mais peut-on se contenter de ces
évidences ? Aboutit-on à un portrait unifié des nouveaux consommateurs ? La question – et la
réponse – sont en fait complexes car on voit désormais qu’il existe plusieurs types de
consommateurs : le consomm’acteur et le consommateur entrepreneur (Robert Rochefort),
mais aussi le consommateur épargnant, le consommateur communautaire, le consommateur
juvénile
(autrement
dit
ce
fameux
enfant-roi
prescripteur),
l’a-consommateur,
le
cyberconsommateur ; on n’en finirait pas de catégoriser le consommateur. Autre question : y a
t-il des consommateurs nationaux ou assiste-t-on progressivement à la naissance d’un
consommateur européen voire mondial ? Ce que l’on voit bien c’est qu’il y a désormais une
plus grande recherche de sens
3
dans l’acte de consommation, mais peut-on s’arrêter à cela dès
lors que l’on s’interroge sur le développement durable ?
1
La consommation des ménages représente 54 % du Produit Intérieur Brut (PIB)
2
Les quatre fonctions essentielles de la consommation (se nourrir, se vêtir, se déplacer et équiper son logement)
ne représentent plus aujourd’hui que 52 % de la consommation totale des ménages au lieu de 61 % en 1960.
Hors logement la baisse est plus spectaculaire ; 33 % en 2000 au lieu de 51 % en 1960.
3
En France, 38 % des consommateurs déclarent tenir compte des engagements de citoyenneté de l’entreprise
lorsqu’ils achètent un produit industriel, le travail des enfants constituant leur première référence mobilisatrice.
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er
décembre 2003
Deuxième question, le nouveau modèle de consommation s'inscrit-il dans un schéma
de développement durable? A-t-il au moins des composantes substantielles qui iront dans ce
sens ? Certes le développement durable n’est pas une préoccupation nouvelle même si sa
définition
a
été
précisée
plus
récemment
pour
dépasser
les
simples
aspects
environnementaux
4
. Une chose est sûre c’est que le développement durable n’est pas
seulement un sujet économique mais aussi un enjeu de société. Cela suppose que les
entrepreneurs prennent en compte les coûts résultant des atteintes à l’environnement, à la
sécurité sanitaire, notamment, et que les consommateurs les acceptent. Cela suppose aussi de
la part des consommateurs et des utilisateurs des comportements nouveaux qui nous
éloigneraient de la consommation « frivole », de la consommation « égoïste », « égotiste » et
destructrice des décennies précédentes, dont on a pourtant dit qu’elles étaient un moteur
nécessaire à la croissance économique et donc au bien être collectif.
La parole sera donnée à des responsables d’origine contrastée et complémentaire : un
industriel, un économiste (théologien, par ailleurs), le responsable associatif d’un pays en voie
de développement, un haut fonctionnaire américain.
Mais il ne faut pas s’en tenir aux problématiques et aux constats, aussi innovants
puissent-ils être. Dans la troisième table ronde, les intervenants fourniront des pistes, des
débuts de solutions opératoires. Elles existent, il serait donc dommage de les passer sous
silence. L’agriculture et l’industrie concilient bien mieux, aujourd’hui, le respect de
l’environnement et la rentabilité économique. Les réflexions et les actions engagées depuis
plusieurs années sur ces sujets commencent à produire leurs effets. Dans l’agriculture, même
si l’on ne renonce pas aux progrès de la chimie, on utilise de plus en plus des techniques
agraires proches des équilibres biologiques. De leur côté, les industriels intègrent mieux, en
amont de leurs fabrications, les contraintes environnementales et les coûts qu’elles génèrent.
Le consommateur lui-même économise plus son eau
5
et ses sources d’énergie et se dit prêt à
abandonner sa voiture en cas de pic de pollution
6
!
Nous vivons actuellement dans un contexte associant la consommation de masse et
les menaces qui lui sont liées. Devant ces menaces qui sont soit concrètes soit plus
insidieuses, plus difficiles à caractériser, le consommateur a accédé à une conscience plus
grande des processus économiques, écologiques et sociétaux qui accompagnent ses actes
d’achat. Il n’a pas renoncé à consommer mais entend mieux le faire à l’avenir en fonction des
signaux qui lui sont adressés. Il revient aux acteurs économiques et administratifs de faciliter
ce choix en lui fournissant les moyens de le faire. Une communication plus claire, une plus
grande transparence des processus de production lui permettront sans doute d’accéder à une
consommation plus durable.
De même, 52 % des français n’hésiteraient pas à payer 5 % plus cher un produit pour obtenir des engagements
de citoyenneté de l’entreprise ou mieux rémunérer le producteur d’un pays en voie de développement.
4
Sous la présidence de Mme Gro Harlem Brundtland, alors présidente de la Commission mondiale sur
l’environnement et le développement durable, celui – ci a été défini en 1987 comme « visant à répondre aux
besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ».
5
Selon le CREDOC, 30 % des ménages sont économes, c’est-à-dire qu’ils s’imposent des restrictions et 40 %
sont attentifs au gaspillage.
6
Selon le CREDOC, 87 % d’entre eux.
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