Résumé du périple par Bruno Cedat - Résumé : 4 Jours et demi de ...

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Résumé du périple par Bruno Cedat - Résumé : 4 Jours et demi de ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Résumé :
4 Jours et demi de transsibérien nous on amené de Moscou a Irkoutsk. Véritable mythe, ce train
traverse la Sibérie à travers les forêts de boulots et de pins sibériens, s’arrêtant de temps à autre
dans des gars où nombre de petits marchands proposent de quoi manger sommairement. Nous
avons choisi la 3ème classe pour être au plus près des russes. Nous nous sommes donc installés
dans un wagon où 40 personnes vivent et dorment ensemble avec une température qui pouvait
atteindre 30-35 degrés dans l’après midi ! Les journées étaient rythmées par les rencontres avec
les russes intrigués par la présence de 5 français sachant que les occidentaux voyagent peu en 3
e
classe. Ceci nous a permis de poser nos premières questions sur les habitudes de consommation
d’eau en Russie. Armés de notre guide de conversation, nous sommes arrivés péniblement à nous
faire comprendre…Ces 4 jours nous auront notamment permis de réfléchir à la suite de notre
voyage et aux nombreuses interviews prévues avec des associations de préservation du lac
Baïkal.
L’arrivée à Irkoutsk a été assez déstabilisante car le rythme dans le train était étrange.
Aucun repère de lieu (nom des gares en cyrillique) de temps (5 heures de décalage en 4 jours et
toutes les gares restent à l’heure de Moscou). Irkoutsk est une ville russe typique où la circulation
est très importante et la pollution très présente compte tenu de la vétusté d’un grand nombre de
véhicules.
La première tâche à notre arrivée fut l’achat des vélos…Tout s’est bien passé et cela a
donné l’occasion d’effectuer notre première rencontre avec un français qui parcourait l’Asie en
Vélo depuis un an pour soutenir le développement durable. Nous avons ainsi pu nous informer
sur l’état des routes en Mongolie, grande préoccupation de notre voyage. En effet, une piste mal
pavée aurait certainement abîmée nos vélos, chargés de 20 à 25 kg de bagages…De plus les
quelques anecdotes qu’il a vécu nous laissaient entrevoir ce que nous même pourrions vivre
pendant notre voyage.
Irkoutsk était également l’endroit où nous avons réalisé la première interview de notre
voyage. Nous nous sommes rendu au musée d’histoire naturelle de la ville pour rencontrer
Vladimir Kidekel de l’association Great Baikal Trail, qui travail notamment sur l’écotourisme. Il
a répondu à nos premières questions sur l’état du lac, les menaces qui pèsent sur les écosystèmes
compte tenu de la pollution humaine (industries, ordures, rejets de la ville d’Ulan Ude dans la
Selenga, affluent principal du lac). Il parlait parfaitement anglais ce qui nous a grandement
aidés ! Son objectif est de développer un circuit touristique autour du lac tout en contrôlant
l’impact sur l’environnement.
La seconde association que nous avons rencontrée, Baikal Wave, toujours à Irkoutsk s’est
notamment faite connaître par son combat contre le projet de construction d’un oléoduc par la
société national russe Transnef qui devait longer le sud du lac baikal. La mobilisation des
associations environnementales et la pression internationale ont permis de le dérouter. En effet,
cela aurait été catastrophique en cas de fuite du pipeline ce qui semble arriver souvent en
Russie… Cette association nous apprend que les principales sources de pollution du lac
proviennent du rejet de la ville d’Ulan Ude et Irkoutsk,
du manque de système de collecte
d’ordures sur les pourtours du lacs ainsi que de la pollution atmosphérique qui retombe avec les
précipitations. La présence d’une papèterie pollue également beaucoup mais le gouvernement
russe tente de la mettre aux normes depuis plusieurs années... Cependant la taille gigantesque du
lac permet une autoépuration très efficace via les microorganismes qui le peuple. Il est à noté que
la Russie possède – selon Vladimir - les meilleures lois environnementales de notre
planète…mais elles ne sont pas appliquées !
Le grand départ à vélo s’est fait d’Irkoutsk non sans appréhension car nos vélos étaient
très chargés et nous ne savions pas s’ils résisteraient aux 1500kms prévus…
Les premiers jours ont été difficiles car nous nous sommes fait convaincre de prendre une autre
route que celle prévue initialement, nous conduisant à rouler sur une voie ferrée pendant plusieurs
kms avant de rebrousser chemin et de trouver une solution en catastrophe pour éviter de prendre
trop de retard sur le planning prévu…Nous voila donc tous les 5, le lendemain, sur un bateau de
pécheur, traversant le lac dans sa partie sud pour rattraper le temps perdu.
Le tourisme russe est relativement peu développé dans la région, seuls les russes aisés viennent
profiter de cet endroit magnifique. Nous avons donc dû négocier avec des pêcheurs pour traverser
le lac car, hormis quelques bateaux de croisières luxueux, il n’existe pas de navette régulière pour
effectuer la traversée.
Les 4 heures de bateaux sur le lac n’en restent pas moins un excellent
souvenir. Il est difficile de penser que ce lac de 700 km de long est le plus profond du monde,
atteignant presque les 1700m. C’est en fait une immense faille tectonique qui continu à s’écarter
et qu’on peut comparer au rift Africain. Cette activité tectonique est à l’origine de sources d’eaux
chaudes au fond du lac créant un environnement particulier où tout un écosystème a pu se mettre
en place en dépit de l’absence de lumière. L’immensité des eaux du lac abrite une faune et une
flore extrêmement riches dont de nombreuses espèces endémiques. Citons par exemple l’Omoul,
un poisson très prisé des pêcheurs locaux et le Nierpa, un phoque endémique au lac baikal.
Notre retard rattrapé, nous avons poursuivi notre périple autour du lac baikal, effectuant entre 70
et 100 kms par jours sur les routes russes. La succession des montées et descentes nous a fait
comprendre la vraie signification de « montagne russe ». La circulation était importante sur cet
axe majeur que nous avons emprunté pour rallier Ulan Ude, capital de la région de Buriatie. La
sympathie des russes les conduisait à nous encourager à coup de klaxonne. La mélodie de
centaines de klaxonnes différents à donc rythmé notre voyage !
Chaque soir, nous recherchions
un endroit pour bivouaquer. Nous avons eu la chance de trouver des endroits magnifiques au bord
du lac mais la présence d’un nombre impressionnant de moustiques affamés nous a obligé à
écourter nos veillées…L’eau du lac est tellement pure que les habitants n’hésitent pas à la boire
sans aucun traitement. Tous les petits villages autour du lac n’avaient aucun réseau d’eau tel que
nous en avons en France. Les habitants, quand ils ne vont pas chercher l’eau dans l’un des puits
du village, puisent directement l’eau dans le lac. La transparence de son eau est telle qu’il est
possible de discerner les cailloux au fond jusqu'à 40 m de profondeur. La dépendance de millier
d’habitant vis-à-vis du lac pour l’eau montre à quel point il est important de le préserver. A
l’instar des locaux nous utilisions l’eau du lac en prenant soin d’ajouter une petite pastille de
traitement au cas où…
La dernière association que nous avons rencontrée était basée à Ulan Ude. Un géochimiste
nous a reçu accompagné d’une traductrice pour nous parler du lac et également des différentes
mines qui sont à l’origine de rejets de métaux lourds dans le lac.
Le lac baikal est alimenté par de nombreux petits ruisseaux provenant des montagnes
environnantes qui culminent à plus de 2000 mètres. Nous en avons traversé un grand nombre.
Cependant la principale rivière se nomme Selenga et prend sa source en Mongolie. Elle se jette
dans le lac en formant un gigantesque delta. Elle charrie également des polluants provenant des
villes mongoles et russes situées plus en amont mais encore une fois la taille exceptionnelle du
lac et l’immense delta limite l’impact sur le lac. L’Angara, quant à elle, est la seule rivière qui
prend sa source dans le lac. Irkoutsk est située sur l’Angara en aval du lac donc ses rejets dans la
rivière n’ont pas d’impact direct sur le lac.
Depuis Ulan Ude, nous avons remonté la Selanga, traversant de magnifiques massifs
montagneux. Nous nous dirigions plein sud en direction de la Mongolie…
Les relations entre la Russie et la Mongolie sont bonnes. Concernant l’eau, il possède des accords
sur la rivière Selanga (à majorité mongole puisque 60% de son trajet est en Mongolie) afin de
limiter la pollution et de gérer le partage des eaux. Ce genre d’accord va devenir de plus en plus
important en Asie notamment dans la région de l’Himalaya où la fonte des glaciers va conduire à
une diminution des ressources en eaux.
En quittant la Russie nous avons pu faire un premier bilan de nos différentes rencontres :
l’homme à un impact sur le lac via ses industries et ses rejets urbains mais l’hostilité de la région
(jusqu’à moins 40 en hiver et le lac est gelé environ 8 mois/an!) tant à préserver la ressource en
eau. De plus la taille exceptionnelle du lac et la faible densité de population présente autour
s’ajoute à cela. Il faut néanmoins que les associations de protection restent vigilantes pour éviter
l’implantation de structures polluantes (pipeline, industries...) et préserver la faune et la flore
(surpêche de l’omoul, chasse ancestrale du nierpa ). Un effort doit être fait concernant la collecte
des ordures car les décharges sauvages sont nombreuses autour du lac. Nous avons pu également
remarquer que la consommation journalière des gens de cette région est de loin inférieure à celle
des français notamment. Il n’y a pas d’eau courante dans les petits villages et les toilettes,
grandes consommatrices d’eau potable, se limite à une cabane et un trou creusé dans la terre...
Après avoir passé la frontière mongole, les paysages ont radicalement changé. D’abord boisées,
les montagnes que nous traversions sont devenues de plus en plus dénudées. A perte de vue
s’offraient à nous des paysages de steppes, bien plus sèches qu’en Russie. Les rivières se sont
faites plus rares et la gestion de notre réserve d’eau est devenue plus compliquée. Si la
température descend facilement à -30 -40
degrés en hiver, nous avons affronté quant à nous des
températures souvent au dessus de 30 degrés ! Nous transportions ainsi jusqu’à 8 litres d’eau par
personne car la Mongolie est faiblement peuplé ( 2.8 millions d’habitants dont 33% à ulan bator).
Dés lors il n’était pas rare de traverser une ville ou un village seulement tous les 80 kms. (La
Mongolie a la plus faible densité de population au monde (1,3 hab/km²))
Nous avons croisé certains affluents de la Selanga qui se jette dans le Baikal. Une grande partie
des fleuves mongols prennent leur source dans les monts Altaï. De nombreux éleveurs peuplent
ce genre de vallée où l’eau est présente. Ainsi de nombreuses yourtes traditionnelles ont jalonné
notre parcours et donné lieu à des rencontres inoubliables avec les éleveurs nomades. Là encore
leur rapport à l’eau est très différent du notre. Ils n’ont ni toilette ni eau courante et sont bien loin
de consommer les 150 litres d’eau qu’un français consomme en moyenne chaque jours.
La rencontre avec un éleveur Mongol nous apprend que l’été a été particulièrement sec cette
année et que le niveau des rivières est très bas. En effet, paradoxalement, c’est en été que la
pluviométrie est la plus importante en Mongolie (climat continental). Il pleut normalement
presque tous les jours sous forme d’orage. Or en 15 jours, nous avons eu un seul jour de pluie…
Il est difficile de savoir si cette sécheresse est due au réchauffement climatique.
La Mongolie nous a permis de découvrir la disparité de la ressource en eau entre 2 pays voisins.
D’une région humide autour du lac Baïkal, nous sommes passés à une région plus sèche en
Mongolie. Au sud de la Mongolie se trouve notamment l’un des déserts les plus sec au monde : le
Gobi. Cela amène à réfléchir sur le partage des ressources en eau entre pays voisins et aux
problèmes qui surgiront bientôt si l’accès à l’eau devient de plus en plus difficile...
Le tourisme en Mongolie se développe peu à peu. Dans un parc national à côté d’Ulan bator où
nous avons fait une boucle de 200 kms, de nombreux « tourist camp » fleurissent dans une
magnifique vallée. L’eau est également précieuse. En effet, chaque jour, ce sont des camions
citernes qui apportent l’eau aux différents camps.
Après 1500 km, la mécanique des vélos et des hommes a tenu le coup malgré quelques problèmes
techniques dus à la charge. L’accueil des Mongols a été extrêmement chaleureux. Les quelques
nuits passées sous la yourte restent dans nos mémoires.
Le film est actuellement en cours de montage (26 minutes)
Site web :
www.cyclomonde.info
Contact : bruno.cedat@insa-lyon.fr
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