Fiche historique - Karl MARX

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Fiche historique - Karl MARX

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Collège de Genève
Economie 4
èm e
Histoire de la pensée
économique
Karl Marx
Présenté par Krzysztof Jakubowski, Karim Radwan et Aleksandre Smirnov
(Complété et corrigé par TF)
Karl Marx
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Biographie :
Karl Marx a réalisé avec Friedrich Engels (1820-1895) une oeuvre philosophique et sociale
qui a marqué, en profondeur, le XIXe et le XXe siècle.
Né à Trèves, en Allemagne, dans une famille aisée, fils d'un avocat descendant d'une lignée
de rabbins, Karl Marx fait des études de droit et de philosophie, et consacre, en 1841 , sa
thèse à Démocrite et Epicure. Il épouse, en 1843, Jenny de Westphalen, d'une illustre famille
aristocratique. A Paris, il fait la rencontre d'Engels, fils d'un industriel, avec qui il collaborera
pendant toute sa vie. Expulsé de France, il gagne la Belgique, puis Londres. Avec Engels, il
rédige le célèbre
Manifeste du Parti communiste
(1848). A Londres, où il s'installe
définitivement, Marx vit dans une très grande pauvreté, malgré les subsides d'Engels.
Néanmoins, il produit une oeuvre abondante et anime la Première Internationale ouvrière. En
1881, Jenny meurt et, en 1883, Marx s'éteint lui-même.
L’oeuvre écrite :
L’Idéologie allemande
(avec Engels et Hess, 1845-1846)
Misère de la philosophie
1847
Manifeste du parti communiste
1848
Les luttes de classes en France
(1850)
Contribution à la critique de l’économie politique
(1859)
Le Capital
1867
Critique du programme de Gotha
(1875).
Contexte :
L’oeuvre de Marx s’inscrit dans une période ou le développement très rapide du capitalisme
industriel conduit à une paupérisation des masses du prolétariat fraîchement formé. C’est le
début de la pensée socialiste et l’époque des révolutions démocratiques (surtout 1848) qui
bouleversent l’Europe.
Marchandises et surproduction
La richesse de la société capitaliste provient d'une gigantesque accumulation de
marchandises. La marchandise n'est pas qu'un simple objet. C'est sa valeur et la possibilité
de l'échanger qui fait d'un objet une marchandise. Alors qu'auparavant on produisait des
objets pour s'en servir, les objets avaient une valeur d'usage, les capitalistes se sont mis à
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produire des objets pour les vendre, leur conférant une valeur d'échange qui a fini par
supplanter la valeur d'usage. C'est l'aliénation de la valeur d'usage: les objets sont mal
utilisés, étant traités par les capitalistes comme des « valeurs ».
Cette tendance qu'a la valeur d'échange à gommer la valeur d'usage se retrouve dans la
surproduction. La production capitaliste aboutit en effet périodiquement à une accumulation
excédentaire de marchandises, dont les conséquences sont l'effondrement des prix et la
crise économique.
La force de travail comme marchandise
Le raisonnement de Marx repose ensuite sur l'idée que la force de travail est une
marchandise dans l'économie capitaliste. Elle s'achète, et son prix, le salaire, se négocie sur
le marché selon le principe généralisé de la valeur d'échange. Celle-ci, comme pour tout
autre produit, est déterminée par le temps de travail socialement nécessaire à la production
du bien. La mesure du salaire correspond ainsi au coût de l'entretien et du renouvellement
de la force de travail, équivalant strictement à celui de la subsistance matérielle du travailleur
et de ses enfants, qui le remplaceront.
La surproduction de cette marchandise spécifique qu'est la force de travail existe elle aussi.
En fonction des cycles, durant les périodes de crise, on assiste au développement d'une
« armée de réserve industrielle » qui correspond aux chômeurs des pays industrialisés, mais
qui s'est aussi étendue au marché colonial, que Marx prend constamment en compte dans
son analyse.
La constitution de cette classe de travailleurs nombreux provoque une opposition inévitable
entre employeurs et employées. Ce qui introduit une autre idée maîtresse de Marx, « la
survaleur ».
Les deux formes de la survaleur
Marx analyse séparément les deux formes typiques sous lesquelles cette lutte de classes se
déroule en permanence: il les désigne comme production de survaleur
absolue
et
production de survaleur
relative
.
La survaleur absolue correspond à une productivité donnée du travail social, à une valeur
donnée de la force de travail. Elle révèle tout simplement, sous une forme immédiate,
l’extraction d’un surtravail qui est l’essence de l’accroissement du capital: contraindre le
travailleur à dépenser sa force de travail
au-delà des nécessités de sa propre reproduction
du fait qu’il ne dispose pas lui-même des moyens de production nécessaires. Le moyen
fondamental pour y parvenir est l’allongement de la durée du travail, la fixation du salaire de
telle façon que le travailleur ne puisse reproduire sa force de travail qu’en travaillant plus
longtemps. Cette tendance apparaît avec les débuts du capitalisme, mais elle continue de
jouer sur la base de n’importe quelle productivité du travail social.
La survaleur relative a un principe inverse: l’augmentation du surtravail n’y est pas obtenue
directement par prolongation du travail nécessaire, mais par la réduction de celui-ci, en
faisant baisser la valeur des marchandises nécessaires à sa reproduction. Ce résultat est
obtenu par l’
élévation de la productivité du travail
qui est, en pratique, inséparable de
l’
accroissement de son intensité
. L’analyse des «méthodes» diverses utilisées par le capital
pour produire une survaleur relative met bien en évidence la solidarité qui, par-delà leur
concurrence, réunit les différentes fractions du capital social dans le procès d’exploitation:
chaque capitaliste accroît son profit individuel en augmentant
chez lui
la productivité du
travail, mais il ne contribue finalement à la production de survaleur, sur laquelle sont
prélevés
tous
les profits individuels, que dans la mesure où il contribue à abaisser ainsi la
valeur des moyens de consommation de la classe ouvrière.
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En identifiant la survaleur au profit, Marx dénonce le salariat comme une forme
d'exploitation, et il sape à la base toutes les justifications que donnent les capitalistes de leur
poursuite du gain.
L’accumulation
Le mouvement du capital ne produit de la survaleur que pour se reproduire lui-même comme
capital, et même se reproduire sur une échelle élargie. La reproduction simple du capital
intervient lorsque la survaleur est tout entière consommée par la classe capitaliste de façon
improductive. La reproduction élargie, l’
accumulation du capital
, est le véritable objectif de
la production capitaliste.
En apparence, dans chaque cycle de production pris isolément, le capital et le travail
proviennent de deux pôles distincts; le capitaliste et le travailleur salarié, l’un et l’autre
propriétaires d’une marchandise, concluent un contrat d’échange entre valeurs équivalentes
(salaire contre force de travail). En réalité, dès qu’on considère la transformation de la
survaleur en capital – le procès de reproduction du capital au cours de cycles de production
successifs –, le capital se révèle constitué de survaleur accumulée; le capital est du
surtravail extorqué servant à l’extorsion d’un nouveau surtravail.
Marx écrit dans
Le Capital
: «Chaque transaction isolée respecte la loi de l’échange des
marchandises exactement, le capitaliste achetant continuellement la force de travail, le
travailleur la vendant continuellement (on admettra même qu’il l’achète à sa valeur réelle.
Critique :
Marx est le premier qui applique une démarche scientifique à l’économie. Il voulait démontrer
les effets néfastes du capitalisme sur le développement harmonieux de la société. Si la
rigueur de cette démarche continue de susciter aujourd’hui encore un intérêt important chez
les économistes (un économiste important du XXe siècle disait : « On peut penser contre
Marx, mais pas sans Marx »), il est indéniable que la volonté première de Marx, une
application politique de ses idées, a subi des échecs cuisants tout au long du XXe siècle. Ce
n’est donc pas tant sur le plan théorique que Marx est aisément critiquable, que sur les abus
que provoquent l’application de ses idées.
Du moins les «lois économiques» énoncées par
Marx possèdent-elles deux caractéristiques remarquables: d’une part, ce sont des lois
nécessaires
, déduites du mécanisme fondamental de la production, et non pas de simples
modèles des variations des grandeurs économiques définies au niveau de la circulation des
marchandises et des capitaux; d’autre part, ce sont des lois
tendancielles
, dont les effets
sont contrecarrés par suite des rapports de production mêmes dont elles dérivent, et qui
conduisent ainsi à des contradictions. Elles dépendent, dans leur réalisation, du
développement historique de l’accumulation capitaliste (la concurrence des capitaux prend
des formes différentes en fonction de leur degré de concentration, du développement inégal
du marché mondial, etc.). Elles débouchent ainsi directement sur l’étude de l’impérialisme.
Bibliographie :
http://perso.wanadoo.fr/marxiens/philo/pretagen/marx.html
http ://csf.colorado.edu/mirrors/marxists.org
http://perso.infonie.fr/mper/auteurs/Marx.html
http://perso.wanadoo.fr/jean-pierre.proudhon/p_j_prou/marxprou1.html
http://fr.encyclopedia.yahoo.com/articles/sy/sy_133_p2.html
« Introduction aux théories économiques », Françoise Duboeuf, ed. La Découverte, coll.
repères 1999 Paris
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