La notion de culture dans les sciences sociales

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La notion de culture offre la possibilité de concevoir l’unité de l’homme dans la diversité de ses modes de vie et de
croyances
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Lanotiondeculturedanslessciencessociales
DenysCUCHE,Repères,LaDécouverte,2001

Intro:
Lanotiondecultureoffrelapossibilitédeconcevoirl’unitédel’hommedansladiversitédesesmodesdevieetde
croyances.

I.Genèsesocialedumotetdel’idéedeculture.
1.EvolutiondumotdanslalanguefrançaiseduMoyenAgeau19ès.
Jusqu’au 18è s. l’évolution du contenu sémantique du mot ne suit pas le mouvement des idées mais le mouvement
natureldelalangue:culturedelaterreÕculturedel’esprit.PourlesphilosophesdesLumières,ilya1opposition
conceptuelleentre«nature»/«culture».Ilsconçoiventlaculturecomme1caractèredistinctifdel’espècehumaine.
Lacultureestlasommedessavoirsaccumulésettransmisparl’humanité,considéréecommetotalité,aucoursdeson
histoire.Motassociéauxidéesdeprogrès,d’évolution,d’éducation,deraison.Idéedecultureparticipedel’optimisme
dumoment,fondésurlaconfianceenledevenirperfectibledel’êtrehumain.«culture»trèsprochede«civilisation».
Lacivilisation:lesprogrèscollectifs,définiecomme1processusd’améliorationdesinstitutions,législation,l’éducation.
Touslespeuples,mêmelesplussauvagesontvocationàentrerdanslemêmemouvementdecivilisation.

2.Ledébatfranco-allemandsurlaculture,oul’antithèse«culture»-«civilisation»(19°s.,déb.20°s.)
Kultur au sens figuré apparaît dans langue all au 18°s., transposition exact du mot français. Succès d’audience dés
2ndeElias.Adoption du terme par bourgeoisie intello all. Et à l’usage qu’elle en fait dans moitié 18°s. du à Norbert
sonoppositionàl’aristocratiedecourcarexistedistancesocialeentrenoblesseetbourgeoisie(ressentiment).2mots
définissentoppositionde2systèmesdevaleurs:
-culture:toutcequicontribueàl’enrichissementintelloetspirituel
-arfifenemègerét,ante,lécebrillppaneraitas:nocilivi.urcoeéréc,tndlainom
Pour l’intelligentsia bourgeoise all., la noblesse de cour civilisée manque de culture ainsi que le petit peuple.
Donc, cette intelligentsia se sent investie de la mission de développer et faire rayonner la culture all. L’antithèse
«culture»/»civilisation»sedéplacedel’oppositionsocialeversl’oppositionnationale.LanotionalldeKulturàpartir
du19°s.vatendreàladélimitationetàlaconsolidationdesdifférencesnationales:motparticularistequis’opposeà
notionfrançaiseuniversalistede«civilisation».
Herderfaitet:prenddmonua,esuacontinaenigé«ueuphcqadela»adiurlepoeupl,irruseeshcseitéverscultdes
de l’humanité et contre l’universalisme uniformisant et appauvrissant des Lumières. Après occupation des troupes
napoléoniennes, supériorité de la culture all qui est affirmée. Idée all de culture évolue au 19°s. sous l’influence du
nationalisme: ++ lié au concept de «nation». La nation culturelle précède la nation politique. Idée essentialiste et
particulariste de la culture en adéquation avec la conception ethnico-raciale de la nation qui servira de fondement à
constitutiondeEtat-nationall.
Le concept français reste marqué par idée d’unité du genre humain. Idée universaliste française de la culture en
adéquationaveclaconceptionélectivedelanation.Ledébatfranco-alldu18°au20°estarchétypedes2conceptionsde
laculture,l’uneparticulariste,l’autreuniversaliste,quisontaufondementde2façonsdedéfinirleconceptdeculture
danslessciencessocialescontemporaines.

II.L’inventionduconceptscientifiquedeculture.
Aucours19°s.l’adoptiond’unedémarchepositivedanslaréflexionsurl’hommeetlasociétéaboutitàlacréationdela
sociologieetdel’ethnologiecommedisciplinesscientifiques.
-schémaévolutionniste:privilégiel’unitéetminimiseladiversitéenlaréduisantàunediversité«temporaire».
-fondamenl’unitéatelspantcon’etesaercevidariotcenditéversadie’lltuqrtnaménosoeuttoenndolàecnatropmin
del’humanité.
1.Tyloretlaconceptionuniversalistedelaculture.
Tylor(1832-1917),anthropologuebritannique.
1èredfiéintionduconcepttenhlogoqieudeculture:
«Cultureetcivilisationestcetoutcomplexequicomprendlaconnaissance,lescroyances,l’art,lamorale,ledroit,les
coutumesetlesautrescapacitésouhabitudesacquisesparl’hoentantquemembredelasociété».(définitionpurement
descriptiveetobjectiveetnonnormative)
Lacultureestl’expressiondelatotalitédelaviesocialedel’ho.Cultureacquise(pashéréditébiologique).Tyloravait
foi dans la capacité de l’ho à progresser et partageait les postulats évolutionnistes. L’unité psychique de l’humanité
expliquelessimilitudesobservéesdansdessociétéstrèsdifférentes.ProblèmequeTyloressayederésoudre:concilier
dans une même explication l’évolution de la culture et son universalité. Est le 1er à aborder faits culturels avec une
viséegénéraleetsystématique,às’attacheràétudierlaculturedanstouslestypesdesociétésetsoustoussesaspects,

matériels,symboliqueetmêmecorporels.Etudedes«survivances»:remonteràl’ens.culturelorigineletlereconstituer.
Adoptiondelaméthodecomparative.Tylorentendaitprouverlacontinuitéentrelacultureprimitiveetlaculturelaplus
avancée(entreprimitifsetcivilisés).Iln’yapasdedifférencedenaturemaisdedegréd’avancementdanslavoiedela
culture.Tylorcombatlathéoriedeladégénérescencedesprimitifs:pourluitousleshumainssontdesêtredecultureà
partentièreetlacontributiondechaquepeupleauprogrèsdelacultureétaitdigned’estime.

2.Boasetlaconceptionparticularistedelaculture.
Boas(1858-1942),1eruênqstelereesàeunemporhgolodirectervationaprboesnistiuantucselrserutlloropetsuséeng
primitives.Inventeurdel’ethnographie.PourBoas,ladifférencefondamentaleentrelesgroupeshumainsestd’ordre
culturel et non racial. Il fut un des 1erscnplicatiod»ceraexl’sanecnocel«edtpabauxànerndonfiiuqeitncoaises
des comportements humains. Réticent à l’égard des grandes synthèses spéculatives comme la théorie évolutionniste
unilinéaire. Pour lui peu d’espoir de découvrir des lois universelles de fonctionnement des sociétés et des cultures
humainesetencoremoinslesloisgénéralesdel’évolutiondescultures.Fondateurdelaméthodeinductiveetintensive
deterrain.Relativismeculturel:unprincipeméthodologique:échapperàtouteformed’ethnocentrismedansl’étude
d’unecultureparticulière,l’abordersansapriorisansappliquersespropresçapourl’interpréter. Pour Boas, chaque
culturereprésenteunetotalitésingulièreetrecherchercequienfaitl’unité.Principeéthiquequiaffirmeladignitéde
chaquecultureetprônelerespectetlatoléranceàl’égarddesculturesdifférentes.

3.L’idéedeculturechezlesfondateursdel’ethnologiefrançaise.
La sociologie comme discipline scientifique naît en France donc retard dans fondation de l’ethnologie française. La
«questionsociale»>«questionculturelle».
a.Unconstat:l’absenceduconceptscientifiquedeculturedanslarecherchefrançaiseàsesdébuts.
19°etdéb.20°s.la«culture»:neconcernealorsquedomainedel’espritetestcomprisquedansunsensélitisterestreint
etdansunsensindividualiste.Fin19°s.développementdel’immigration Etatnation:politiqueassimilationniste.
Attendredéveloppementd’uneethnologiedeterraindansannées1930avecchercheursafricanistes(MichelLeiris…).
b.Durkheimetl’approcheunitairedesfaitsdeculture.
Durkheim (1958-1917): ambition de comprendre le social dans toutes ses dimensions et sous tous ses aspects y
compris dimension culturelle. Pour lui, l’humanité est une et toutes les civilisations particulières contribuent à la
civilisationhumaine.Démarcherelativiste:lanormalitéestrelativeàchaquesociétéetàsonniveaudedéveloppement.
Lapréoccupationcentraledesonœuvre:déterminerlanatureduliensocial.Conceptiondelasociétécommetotalité
organique.(touteslescivilisationsconstituent«dessystèmescomplexesetsolidaires).
Durkheimaffirmelaprioritédelasociétésurl’individu:holismeméthodologique.Existedanstoutesociétéune
«consciencecollective»faitedereprésentationscollectives,desidéaux,desvaleursetsentimentscommunsàtous
les individus de cette société. Cette conscience collective précède l’individu, s’impose à lui, lui est extérieur et
transcendante. C’est la conscience collective qui réalise l’unité et la cohésion d’une société. Si concept de culture
absentdel’anthropologiedeDurkheim,celanel’apasempêchédeproposerdesinterprétationsdephénomènessouvent
désignéscomme«culturels»parlessciencessociales.
c.Lévy-Bruhletl’approchedifférentielle.
Lévy-Bruhl (1857-1939), un des fondateurs de la discipline ethnologique en France. Il place la différence culturelle
aucentredesaréflexion.Ils’interrogesurlesdifférencesde«mentalité»quipeuventexisterentrelespeuples.La
différencen’exclutpaslacommunicationentrelesgroupeshumains,possibledufaitd’appartenanceàunecommune
humanité:pasdecoupureabsolueentreledifférentes«mentalités».Cequidiffèreentrelesgroupessesontlesmodes
d’exodelapenséeetnonlesstructurespsychiquesprofondes.

III.Letriompheduconceptdeculture.
1. Lesraisonsdusuccès.
Meilleuraccueiletplusgrandapprofondissementthéoriquedansanthropologienord-américain.
LesUSAsereprésenteeux-mêmecommeunpaysd’immigrantsdedifférentesoriginesculturelles:unmodèle
d’intégration national original qui admet la formation de communautés ethniques particulières. Les sociologues de
l’universitédeChicago:1ercentred’enseignementetdediffusiondelasociologieauxUSA,placentaucœurdeleurs
analyses,laquestiondesétrangersdanslaville.AladifférencedesUSA,laFranceneseconçoitpascommeunpays
d’immigration,cequ’elleestpourtantdefaçonmassiveetstructurelledepuis2èmemoitiédu19°s. faibledéveloppement
desréflexionsurdiversitéculturelle:champsd’étudequisedéveloppedansannées1970.
L’anthropologieaméricaineserasouventqualifiée(parfoisavecconnotationpéjorative)de«culturaliste».

2.L’héritagedeBoas:l’histoireculturelle.
Recherchessurladimensionhistoriquedesphénomènesculturels.Ilsempruntentauxethnologues«diffusionnistes»
alllanotion«d’aireculturelle»etcellede«traitsculturels»(lespluspetitscomposantsd’uneculture).Idéeest

d’étudierlarépartitionspatialed’1oudeplusieurstraitsculturelsdansdesculturesprochesetd’analyserleprocessus
deleurdiffusion.Quandapparaîtunegrandeconvergencedetraitssemblablesdansunespacedonné,onparle«d’aire
culturelle».Aujourd’hui,critiquedesphénomènesde«diffusion»(résultatdescontactsentrelesdifférentescultures
et la circulation des traits culturels. Boas: concept de «modèle culturel» (culturalA pattern) qui désigne l’ensemble
structurédesmécanismesparlesquelsunecultures’adapteàsonenvironnement.Encentrantrecherchessurphénomènes
decontactcultureletd’empruntouvrevoieauxrecherchessurl’acculturationetlaéchangesculturels.

3.Malinowskietl’analysefonctionnalistedelaculture.
Malinowski(1884-1942)anthropologueanglais.Lesexcèsinterprétatifsdequelquesdiffusionnisteprovoquentréaction
deM.Pourlui,observationdirectedesculturesdansleurétatprésent,sanschercheràremonteràleurorigine.Cequi
compte,cen’estpasquetelouteltraitsoitprésenticioulà,c’estqu’ilremplissedanslatotalitéd’uneculturedonnée,
telle fonction précise. Contre l’évolutionnisme tourné vers le futur, contre le diffusionnisme tourné vers le passé, le
fonctionnalisme centré sur le présent. Chaque culture constituant un tout cohérent, tous les éléments d’un système
culturel s’harmonisent les uns aux autres, ce qui rend tout système équilibré et fonctionnel et ce qui explique que
toutecultureàtendanceàseconserveridentiqueàelle-même.Malinowskisousestimelestendancesauxchangements
internespropresàchaqueculture.Pourlui,lechangementculturelvientessentiellementdel’ext.,parcontactext.
Théoriecontroverséedes«besoins»:lesélémentsconstitutifsd’unecultureauraientpourfonctiondesatisfaireles
besoinsessentielsdel’ho.Laculturerépondàcesbesoinsencréantdes«institutions».L’objetdel’anthropologieest
l’étudenondefaitsculturelsarbitrairementisolésmaisdesinstitutions(économie,politiqueative…)jrudiqieu,décu
Limites du fonctionnalisme: peu apte à penser les contradictions culturelles internes, les dysfonctionnements. Ne
sesatisfaisantpasdel’observationdirecte«surleterrain»systématisel’usagedeméthodeethnographiquedite
«observationparticipante».

4.L’école«cultureetpersonnalité».
Un certain nombre d’anthropologue s’attache à comprendre comment les êtres humains incorporent et vivent leur
culture.Elucidercommentleurcultureestprésenteeneux,commentellelesfaitagir.L’hypothèse:chaqueculture
détermine1certainstyle.Lacultureesttoujoursenvisagéecommetotalitéetl’attentioncentréesurlesdiscontinuités
entrelesdifférentesculturesmaismoded’explicationchange.Soucid’unepriseencomptedesacquisdelapsychologie
scientifiqueetdelapsychanalyse.
a.RuthBenedictetles«typesculturels».
(1187-1948)élèvepuisassistantedeBoas.Œuvre:lesdifférentesculturesdéfiniespar1certain«type»oustylese
situentsur1«arcculturel».Ellessontdoncennombrelimitésuivantcetarcetpeuventêtreclassées.Spécificitéde
chaqueculturemaisvariétédescultures
réductibleà1certainnombredetypescaractérisés.BenedictcélèbrepourusagesystématiqueduconceptdepatternAofA
cultureA(idéedéjàchezBoasetSapir).Chaqueculturesecaractériseparsonpatterni.e.par1certaineconfiguration,1
certainstyle,1certainmodèle.Termequiimpliqueidéed’unetotalitéhomogèneetcohérente.Culturepoursuitdesbutà
l’insudesindividusmaisàtraverseuxgrâceauxinstitutions(éducativesetc.)quivontfaçonnertousleurscomportements
en conformité avec les valeurs dominantes qui lui sont propres. 1 culture n’est pas 1 simple juxtaposition des traits
culturelsmais1manièrecohérentedelescombinertous.Chaquecultureoffreauxindividus1«schéma»inconscient
pourtouteslesactivitésdelavie.Etudede2modèlesculturels:«typeappolonien»et«typedionysiaque»:2extrêmes
de«l’arcculturel»etentreexistenttypesintermédiaires.
b.MargaretMead(1901-1978)etlatransmissionculturelle.
Orienterecherchesverslafaçondont1individureçoitsacultureetlesconséquencesquecelaentraînesurlaformation
delapersonnalité.Processusdetransmissionculturelleetdesocialisationdelapersonnalitéaucentredesesenquêtes.
Analyse de différents modèles d’éducation. Recherche menée en Océanie dans 3 sociétés. Elle montre que les
prétendues personnalités masculine et féminine que l’on pense universelle, parce qu’on les croit d’ordre biologique,
n’existentpas,tellesqu’onlesimagine,danstouteslessociétés.Lapersonnalitéindividuellenes’expliquepaspardes
caractèresbiologiquesmaisparle«modèleculturelparticulierà1sociétédonnéequidéterminel’éducationdel’enfant.
Dès1eruotraptsys1tceednée,èlodmtednosreidi’tndesèmelatitimuftsmuorslétanssntitimprégividues,eli’dnedlaiv
explicitementounon,quil’amène1foisadulte,àseconformerdefaçoninconscienteauxprincipesfondamentauxde
laculture:«enculturation».
c. Linton,Kardineretla«personnalitédebase».
L’anthropologue ne retient de l’individu que ce qui dans sa psychologie est commun à tous les membre d’un même
groupe.Linton(1893-1953)appellecetaspectcommundelapersonnalité:la«personnalitédebase»,elleestdéterminée
directement par la culture à laquelle appartient 1 individu. Il n’ignore pas la variété des psychologies individuelles
maiscequivaried’1cultureà1autre,c’estlaprédominancedetelouteltypedepersonnalité.Ilchercheàdémontrer
(enquêtesdeterrainauxîlesMarquisesetàMadagascar)quechaquecultureprivilégieparmitouslestypespossibles

1typedepersonnalité,quidevientletype«normal»(socialementreconnucommenormal):c’estla«personnalitéde
base»i.e.le«fondementcultureldelapersonnalité».Chaqueindividul’acquiertparlebiaisdusystèmed’éducation
propreàsasociété.
Kardiner(1891-1981)étudieracommentseformelapersonnalitédebasechezl’individu,àtraversles«institutions
primaires»(famille,systèmeéducatif)etcommentenretourcettepersonnalitédebaseréagitsurlaculturedugroupe
enproduisantdes«institutionssecondaires»(systèmesdevaleursetdecroyances)quicompensentlesfrustrations
suscitéesparlesinstitutionsprimairesetquiamènentlacultureàévoluer.Lintonadmetquedans1mêmeculturepeuvent
coexisterplusieurstypes«normaux»depersonnalité,cardanslesculturesplusieurssystèmesdevaleurscoexistent.
Aucun individu ne peut synthétiser en lui l’ensemble de sa culture d’appartenance. Chaque individu ne connaît de
saculturequecequiluiestnécessairepourseconformeràsesdiversstatuts(desexe,d’âge…):«personnalités
statutaires».L’individun’estpasledépositairepassifdesaculture.Chaqueindividuasaproprefaçond’intérioriseret
devivresaculture

5.Lesleçonsd’anthropologieculturelle.
Lacultureest1abstraction.Cesontdesindividusquicréentlaculture,quilatransmettent,quilatransforment.Les
culturalistesnecroientpasàlastabilitédesculturesetsontattentifsauxévolutionsculturelles.Lasommeetl’interaction
detouteslesréinterprétationsindividuellesfontévoluerlaculture.Iln’estpluspossibleaujourd’huid’ignorerqu’ilexiste
d’autresfaçonsdevivreetdepenseretqu‘ellesnesontpaslamanifestationd’1archaïsmequelconque.Miseenévidence
delarelativecohérencedetouslessystèmesculturels:chacunest1expressionparticulièred’unehumanitéunique.
Miseenlumièredel’importancedel’éducationdanslesprocessusdedifférenciationculturelle.Laculturen’apparaît
pluscomme1simpleassemblagedetraitsdispersés,maiscomme1ensembleorganiséd’élémentsinterdépendants.

6.Lévi-Straussetl’analysestructuraledelaculture.
Lévi-Straussemprunte4IDàRuthBénédict:
-lesdifférentesculturessontdéfiniesparuncertainmodèle(pattern).
-Lestypesdeculturespossiblesexistentennombrelimité.
-imenrelrudtérethodepoleuremétnelerissoselbsoaipnscosinmbscodseutedLé’liemaltse»seivitimpr«stéiée
élémentsculturels.
- Cescombinaisonspeuventêtreétudiéesenelles-mêmes,indépendammentdesindividusappartenantaugroupepour
quiellesdemeurentinconscientes.
Lévi-Strauss , par-delà l’étude des variations culturelles, entend analyser l’invariabilité de la Culture. Les cultures
particulièresnepeuventêtrecomprisessansréférenceàlaCulture,«cecapitalcommun»del’humanitédanslequel
ellespuisentpourélaborerleursmodèlesspécifiques.Repéreretrépertorierles«invariants»:matériauxculturels
toujoursidentiquesd’1cultureàune1.Trouverdesrèglesuniversellesquisontautantdeprincipesindispensablesdela
vieensociété.Ilestdanslanaturedel’hodevivreensociété,maisl’organisationdelavieensociétérelèvedelaCulture
etimpliquel’élaborationderèglessociales(ex:prohibitiondel’inceste).

7.Culturalismeetsociologie:lesnotionsde«sous-culture»etde«socialisation».
Notiondecultureutiliséeparsociologuesaméricainsselondéfinitionsdonnéesparlesanthropologues.Lessociologues
de«l’écoledeChicago»étaienttrèssensibleàladimensionculturelledesrapportssociaux,recherchessurlesrelations
interethniques.AuxUSA,semultiplientlesétudesde«communautésurbaines».L’hypothèse:lacommunautéforme
1 microcosme représentatif de la société tout entière à laquelle elle appartient, qui permet d’appréhender la totalité
delaculturedecettesociété.Maisparlasuite,lessociologues’attachèrentdavantageàétudierladiversitéculturelle
américaine qu’à rechercher les preuves de l’unité de la culture des USA. La société américaine étant socialement
diversifiée,chaquegroupesocialparticiped’unesous-cultureparticulière:selonlesclassessocialesmaisaussiselon
lesgroupesethnique.Danslessociétéscomplexes,lesdifférentsgroupespeuventavoirdesmodesdepenseretd’agir
caractéristiques,toutenpartageantlacultureglobaledelasociété.Lesphénomènesde«contre-culture»:1formede
manipulationdelacultureglobalederéférenceàlaquelleellesprétendents’opposer.Loind’affaiblirlesystèmeculturel,
ilscontribuentàlerenouveleretàdéveloppersadynamiquepropre.Unmouvementde«contre-culture»neproduitpas
1culturealternativeàlaculturequ’ildénonce.
Lanotionde«socialisation»:processusd’intégrationd’1individuà1sociétédonnéeouà1groupeparticulierpar
l’intériorisationdesmodesdepenser,desentiretd’agir,autrementditdesmodèlesculturelspropresàcettesociétéou
àcegroupe.Questionfondamentaleensociologie:commentl’individudevient-ilmembredesasociétéetcommentest
produitesonidentificationàcelle-ci?
Durkheimsleetpoomclaiqusduividnixuatemsnociaessnormdeslbesnmele’estn:arpiététraaquesocitno,hclé’udac
culturellesquiassurentlasolidaritéentretouslesmembresdecettemêmesociétéetqu’ilssontplusoumoinscontraints

defaireleurs.
Parsonsitnoilasfma,al,1illead:rpelsnssuesociaocsdeeragentsocialisateur,joue1rôleprépondérantainsiquel’école
etlegroupedespairs.
Cesconceptionsdelasocialisationpostulentlaprimautédelasociétésurl’individu.Lasocialisationrésulted’1contrainte
qu’exercelasociétésurl’individu.D’autressociologuesmettentl’accentsurlarelativeautonomiedel’individuquin’est
pasdéterminé1foispourtoutesparlasocialisationvécueaucoursdesonenfance.Danslessociétéscontemporaines
,lesmodèlesculturelsévoluentconstammentetamènentlesindividusàréviserlemodèleintériorisédansl’enfance.
BergeretLuckmann:tasinoios«laic»et«primairetaoinesosiclasillce(»reaindcoi’lelleuqalàeexpoestidundivés
toutesavieadulte).
Notionde«socialisationanticipatrice»:processusparlequelunindividus’approprieetintérioriseparavanceles
normesetlesvaleursd’ungroupederéférenceauqueliln’appartientpasencoreetsouhaites’intégrer.

8.L’approcheinteractionnistedelaculture.
Sapir:1er’LcéloivudleeloAlto(edePalmocinummètsedeerntdiinticaioncluréresndiàocnsymeucomturen)soteBa
.
«anthropologie de la communication»: analyse les processus d’interaction qui produisent des systèmes culturels
d’échange.

IV.L’étudedesrelationsentrelesculturesetlerenouvellementduconceptdeculture.
Lesdiffusionnistessesontintéressésauxphénomènesdesempruntsetdelarépartitiondes«traits»culturelsàpartir
d’un«foyer»culturelsupposé.Maistravauxsurlerésultatdeladiffusionculturellenedécrivaientquel’étatterminal
d’unenghaécuinessnuàocçnque.
1. La«superstitionduprimitif».
L’orientationoriginelledel’ethnologieesttournéeverslesculturesdites«primitives»:causeprincipaleduretard
des recherches sur l’entrecroisement des cultures. Postulat que les cultures les plus archaïque fournissent les formes
élémentairesdelaviesocialeetculturellequinepouvaientquedevenirpluscomplexesaufuretàmesurequelasociété
sedéveloppe.
Herskovitsuqeuqeuctlrutaoinostn,quefaitsd’acétnitêreicsfiitnusadsineigd’sniev:lucca’dnoitarutdureuntptceonc
lesfaitsculturelssupposés«purs».
Durkheimsocial et culturel produit par l’évolution interne de la société, sans interpénétration entre 2: changement
systèmessociauxetculturelstrèsdifférents.

2.L’inventionduconceptd’acculturation.
Substantif«acculturation»créedés1880parPowell,anthropologueaméricainquinommaitainsilatransfodesmodes
devieetdepenséedesimmigrantsaucontactdelasociétéaméricaine.
a. LeMémorandumpourl‘étudedel’acculturation. (1936Redfield,Linton, Herskovits)
Déf: «L’acculturationestl’ensembledesphénomènesquirésultentd’uncontactcontinu et direct entre des groupes
d’individusdeculturedifférentesetquientraînentdeschangementsdanslesmodèlesculturelsinitiauxdel’unoudes
2groupes.»
Distinction:acculturation/changementculturel/assimilation(phaseultimedel’acculturation).
Assimilation: implique la disparition totale de culture d’origine et intériorisation complète de la culture du groupe
dominant.
Typologiedescontactsculturels:
- contacts entre des groupes entiers, entre population entières et des groupes particuliers d’une autre population
(colons,immigrants…)
- contactsamicaux/hostiles.
-Contactsentregroupesdetailleségalesoudifférentes.
- Contactsentregroupesdeelixétouon.nucrutledemêmnieauveedmpco
Contactsrésultetaoiimrg.naledtnsinolocounioatiml’ed
-
Analysedessituationsdedomination,subordination,modesde«sélection»desélémentsempruntés,de«résistance»
àl’emprunt,modesd’intégrationdesélémentsdanslemodèlescultureld’origine,mécanismespsycho,principauxeffets
de l’acculturation y compris réactions négatives (contre acculturation). Ce qui doit être analysé c’est 1 phénomène
dynamique,1processusentraindeseproduireetpasrésultatsducontactculturelquinesontjamaisdéfinitifs.
b.L’approfondissementthéorique.
L’acculturationn’estpasunepureetsimpleconversationà1autreculture.Latransfodelacultureinitiales’effectue
par«sélection»d’élémentsculturelsempruntésetcettesélectionsefaitd’elle-mêmeselonlatendanceprofondedela
culturepreneuse.Herskovits:conceptde«réinterprétation».L’effortdethéorisationdel’anthropologieaméricainea
permisd’établirquechangementsculturelsliésàacculturationnesefontpasauhasard.Lesélémentsnonsymbolique
(technique,matériels)d’1culturesontplusaisémenttransférablesqueélémentssymboliques(religieux,idéaux…).

3. Théoriedel’acculturationetculturalisme.
Lesanthropologuesonteuraisond’insistersurlefaitquecesontdesindividusquientrentencontactlesunsavecles
autresetnondescultures.Cesindividusappartiennentàdesgroupessociaux,groupesd’âge,desexe,destatut.Onne
peutpascomprendreleurimplicationdansleprocessusd’acculturationenseréférantuniquementàleurpsychologie
individuelle.Ilfauttenircompteaussidescontraintessocialesquipèsentsureux.
4.RogerBastideetlescadressociauxdel’acculturation.
Chercheurafro-américaniste.
a.Lamiseenrapportdusocialetduculturel.
Bastidepartdel’IDqueleculturelnepeutpass’étudierindépendammentdusocial.Toutchangementculturelproduit
deseffetssecondairesnonprévus,effetsqui,mêmes’ilsnesontpassimultanés,nepourrontpasêtreévités.Lesfaits
d’acculturationformentun«phénomènesocialtotal».Ilstouchenttouslesniveauxdelaréalitésocialeetculturelle.
b.Unetypologiedessituationsdecontactsculturels.
Bastide intègre dans la typologie qu’il a établie, intègre les cadres sociaux dans lesquels s’effectue l’acculturation.
On découvre vite qu’il n’y a pas à proprement parler de culture uniquement «donneuse» ni de culture seulement
«receveuse».Bastideproposedoncplutôtlestermes«d’interpénétrationou«d’entrecroisement»descultures.
Typologie:1ercritère:
- acculturation«spontanée»,«naturelle»,«libre».changementestduausimplejeudecontact.
-avcle,aguproese(oita.)…nlocsinodemodiVolontéefiruccAoitarutlnigaornaime,sécreésofbné,uad’uéficeulgnse
à court terme la culture du groupe dominé pour le soumettre aux intérêts du groupe dominant. Fréquemment
déculturationsansacculturation.
-Acculturationplanifiée,contrôlée,contrôlée,quiseveutsystématiqueetviselelongterme.
Le2èmesucéedéntioréghétéouéitéogén.ecenésprneesurltevitmohalalerretèsteric
Le3èmecritèreosicedsruemrteact.contenétésevitaleral:feteretueruvo
c.Unessaid’explicationdesphénomènesd’acculturation.
Bastideessayed’expliquerlesdifférentsfacteursquipeuventjouerdansleprocessusd’acculturation:
-lefacteurdémographique.
-Lefacteurécologique:oùalieulecontact?
- Lefacteurqunithedinaubor?tiontina/sonedmidotalesnoidàrseaffaire:a-t-oncaail»euo«r

-
5.Lerenouvellementduconceptdeculture
On ne part plus de la culture pour comprendre l’acculturation mais de l’acculturation pour comprendre la culture.
Leprocessusd’acculturationestunphénomèneuniversel,mêmes’ilconnaîtdesformesetdesdegréstrèsdivers.Le
processus que connaît chaque culture en situation de contact culturel est en réalité le principe même d’évolution de
n’importequelsystèmeculturel.
La déculturation n’est pas forcément un phénomène négatif. La plupart du temps, la déstructuration n’est que la 1
phased’1recompositionculturelle.«contre-acculturation»:ladéculturationestsuffisammentprofondepourinterdire
toute recréation pure et simple de la culture originelle (mouvements messianiques, fondamentalistes, tentatives de
«retourauxsources»
La culture est dorénavant comprise comme un ensemble dynamique, + ou – cohérent et + – homogène. Toutes les
cultures,parlefaituniverseldescontactsculturels,sontàdesdegrésdiversdescultures«mixtes».
V.Hiérarchiessocialesethiérarchiesculturelles.
Lesculturesn’existentpasindépendammentdesrapportssociaux,quisonttoujoursdesrapportsinégalitaires.
1.Culturedominanteetculturedominée.
Dansunespacesocialdonné,ilexistetoujours1hiérarchieculturelle.Parlerdeculture«dominante»ou«dominée»
c’estrecouriràdesmétaphores,danslaréalité,cequiexiste,cesontdesgroupessociaux,quisontdansdesrapports
de domination et de subordination les uns par rapport aux autres. Une culture dominée n’est pas forcément une
culturealiénée,totalementdépendante.Ladominationculturellen’estjamaistotalementnidéfinitivementassurée,et
c’estpourquoielledoittoujourss’accompagnerd’untravaild’inculcationdontleseffetsnesontjamaisunivoques;
ilssontparfoisdes«effetspervers»,contrairesauxattentesdesdominants,carsubirladominationnesignifiepas
nécessairementyconsentir.
2.Lesculturespopulaires.
2thèsesunilatéralesopposéessontàéviter:
- lesculturespopulaires:dérivésdelaculturedominantequiseulepourraitêtrereconnuecommelégitime(culture
deréférence).

ère


-Culturespopulaires:culturesconsidéréescommeégales,voiresupérieures,àlaculturedesélites.Cultures
authentiques
Réalitépluscomplexe:lesculturespopulairessontpardéfinitiondesculturesdegroupessubalternes.Ellesse
construisentdansunesituationdedomination.Encesens,ellessontdesculturesdecontestation.MaisselonGrignon
etPasseron,lesculturespopulairesnesontpasmobiliséesenpermanencedansuneattitudededéfensemilitante.Plutôt
considérerlaculturepopulairecommeunensemblede«manièresdefaireavec»cettedomination.
CerteauerutluC:idan«ronesseg»dairerdin«obrfaueiquaotquseri:»iuqesactivitésàlafdiei,ndnaselsanabsiosel
et chaque fois renouvelées. Une telle analyse a le mérite de montrer que si une culture populaire est contrainte de
fonctionneraumoinsenpartiecommeculturedominée,ausensquelesindividusdominésdoiventtoujours«faire
avec»cequelesdominantsleurimposentouleurrefusent,celanel’empêchepasd’êtreunecultureàpartentièrefondée
surdesvaleursetdespratiquesoriginalesquidonnentsensàl’existence.

3.Lanotionde«culturedemasse».
EdgarMorinlaproduction’accetlsurent)2m1(69tauxschémasdeluuter,uqiboiéioctdenetcctemeledopedudor
industrielledemasse.Ledéveloppementdesmoyensdecommunicationsdemassevadepairavecl’introde+en+
déterminante des critères de rendement et de rentabilité dans tout ce qui concerne la production culturelle.Analyses
concluentànivellementculturelentrelesgroupessociauxsousl’effetdel’uniformisationculturellequiseraitelle-même
laconséquencedelagénéralisationdesmoyensdecommunicationdemasse.Maisqu’ilyaitunecertaineuniformisation
du message médiatique, cela est évident, mais cela n’autorise pas à en déduire pour autant l’uniformisation de la
réceptiondumessage.

4.Lesculturesdeclasse
Etudesontfaitapparaîtrequelessystèmesdevaleurs,lesmodèlesdecomportementetlesprincipesd’éducationvarient
sensiblementd’uneclasseàl’autre.
a.MaxWeber(1864-1920)etl’émergencedelaclassedesentrepreneurscapitalistes.
1eressitalismetudcpale’psirnttaetepreesotté’LuqihD.ssnaialesocssescladselteuterclutsaifesdrtpoaprneesimedsia
(1905)démontrequelescomportementséconomiquesdelaclassedesentrepreneurscapitalistescompréhensiblesque
sitientcomptedeleurconceptiondumondeetdeleursystèmedevaleurs.Weberneprétendpasd’étudierl’originedu
capitalismemaislaformationdelaculture(«l’esprit»)d’unenouvelleclassed’entrepreneurs.Individusculturellement
marquésparleprotestantismequiformentinitialementlaclassedesnouveauxentrepreneurs.L’ethosprotestantpermet
decomprendrelalogiquecommunedescomportementsquipourraientparaîtrecontradictoires:ledésirducapitaliste
d’accumulerdesrichessesetsonrefusd’enjouir.Par«unlong,unpersévérantprocessusd’éducation»l’ethoscapitaliste
gagneprogressivementd’autresgroupessociaux,jusqu’às’étendreàl’ensembledelasociété.LeprojetdeWebern’était
pasd’expliquerlecapitalismeparleprotestantismemaisseulementcomprendreunecertaine«affinitéélective»entre
l’éthiquepuritaineetl’espritducapitalisme.
b.Lacultureouvrière.
MauriceHalbwachs,LaClasseouvrièreetlesniveauxdevie(1913):lesbesoinsdesindividus,quioriententleurs
pratiquesculturelles,sontdéterminésparlesrapportsdeproduction.
Hoggart:sentimentd’appartenanceàunecommunautédevieetdedestinentraîneunebipartitionfondamentaledu
mondesocialentre«eux»et«nous».Iln’existepresqueplusaujourd’huidecommunautésouvrièresausensstrict.
«Privatisation»desmodesdevieouvrières’estaccentuée,avecunreplimanifestesurl’espacefamilial.L’espaceprivé
ouvrierestlui-mêmeorganiséselondesnormesspécifiques.
c.Laculturebourgeoise.
Lesrecherchessurlaculturebourgeoisesontplusrécentescarlabourgeoisieproduitdenombreusesreprésentations
d’elle-mêmeetconservelamaîtrisedesaproprereprésentation.Unedescaractéristiquesdesbourgeoisestdenepasse
reconnaîtrecommetels,derefuserd’êtrequalifiésparceterme.
LeWitaerutuobaleluc:eorgeisoprutnsélem:étedcompdreren
-l’attentionportéeauxdétailsetenparticulierdétailvestimentaire
- lecontrôledesoi
- laitrliuae).sel(enneiditoubltaedesèrnimaaritsepnodasitieqlavdeques
-L’entretienetl’usageconstantsd’unemémoiregénéalogiquefamiliale.
-).lihoesquseétac(snovirpocsdeetisaliiaisednoitutitsnFonnrptcoiidlamiro

5. Bourdieuetlanotion«d’habitus».
Mot«culture»prisgénéralementdans1sens+étroitrenvoyantaux«œuvresculturelles»,i.e.auxproductions
symboliquessocialementvaloriséesquirelèventdudomainedesartsetdeslettres.Ils’estattachéàéluciderl esmécanismes
sociauxquisontàl’originedelacréationartistiqueetceuxquiexpliquentlesdifférentsmodesdeconsommationdela
cultureselonlesgroupessociaux.Pourtraiterdelacultureausensanthropologique,recourtàconcept«d’habitus».

Dispositionsacquisespartoutesunesériedeconditionnementspropresàdesmodesdevieparticuliers.L’habitusest
cequicaractériseuneclasseouungroupesocialparrapportauxautres.Profondémentintériorisé,n’impliquepasla
consciencedesindividuspourêtreefficace.L’habitusestcequipermetauxindividusdes’orienterdansl’espacesocial
quiestleleuretd’adopterdespratiquesquisontenaccordavecleurappartenancesociale.Lesdispositionsdurablesqui
caractérisentl’habitussontaussidesdispositionscorporelles(«l’hexiscorporelle»:rapportaucorpsquiconfèreun
styleparticulieràchaquegroupe).

VI.Cultureetidentité.
Aujourd’hui,interrogationssuridentitérenvoiefréquemmentàquestiondeculture.Laquestiondel’identitéculturelle
renvoieàlaquestion+largedel’identitésociale,dontelleest1descomposantes.L’identitésocialed’1individuse
caractérise par l’ensemble de ses appartenances dans le système social (classe sexuelle, d’âge, sociale, à 1 nation).
L’identitéidentifielegroupe(sesmembres)etledistinguedesautresgroupes.L’identitéculturelleapparaîtcomme1
modalitédecatégorisationdeladistinctionnous/eux,fondéesurladifférenceculturelle.
1.Lesconceptionsobjectivistesetsubjectivistesdel’identitéculturelle.
-Conceptionobjectivistedel’identitéculturelle:décrirel’identitéàpartird’1certainsnombredecritèresconsidérés
comme«objectifs»(l’originecommune:hérédité,généalogie,lalangue,lareligion…)L’identitépréexisteraità
l’individuquinepourraitqu’yadhérersouspeined’être1marginal.
-Conceptionsubjectivisteduphénomèneidentitaire:l’identitéethno-culturellen’estriend’autrequ’1sentiment
d’appartenanceou1identificationà1collectivité+ou–imaginaire.

2.Laconceptionrelationnelleetsituationnelle.
Laconstructiondel’identitésefaitàl’intérieurdecadressociauxquidéterminentlapositiondesagentsetpar-làmême
oriententleursreprésentationsetleurschoix.L’identitéest1construitquis’élaboredans1relationquioppose1groupe
auxautresgroupesaveclesquelsilestencontact.
FredrikBarthelbmesne’lreirontveind’spaertmiopel,nnletaoireltionestaanifmocmemnediétitdonl’enccotiep:sed
traitsculturelsdistinctifsmaisderepérerceuxquisontutilisésparlesmembresdugroupepouraffirmerunedistinction
culturelle.Unecultureparticulièreneproduitpasparelle-mêmeuneidentitédifférenciée.Considérerquel’identitése
construitetsereconstruitconstammentauseindeséchangessociaux.L’identitéestl’enjeudeluttessociales.Bourdieu
(«L’identitéetlareprésentation»):seulsceuxquidisposentdel’autoritélégitime,i.e.del’autoritéqueconfèrele
pouvoir,peuventimposerleurspropresdéfinitionsd’eux-mêmesetdesautres.

3.L’identité,uneaffaired’Etat.
Avecl’édificationdesEtats-nationsmodernes:uneaffaired’Etat.L’Etatmodernetendàlamono-identification,soitqu’il
nereconnaissequ’1identitéculturellepourdéfinirl’identiténationale,soitque,toutenadmettant1certainpluralisme
culturelauseindelanation,ildéfinisse1identitéderéférence,laseulevraimentlégitime(USA).L’Etat-nationmoderne
semontreinfiniment+rigidedanslaconceptionetsoncontrôledel’identité(cartenationale)quenel’étaientlessociétés
traditionnelles.Lamontéedesrevendicationsidentitairesqu’onpeutobserverdansbeaucoupd’Etatscontemporainsest
laconséquencedelacentralisationetdelabureaucratisationdupouvoir.Lesentimentd’1injusticecollectivementsubie
entraînechezlesmembresd’1groupevictimed’1discrimination1sentimentfortd’appartenanceàlacollecti vité.

4.L’identitémultidimensionnelle.
Vouloirréduirechaqueidentitéculturelleà1définitionsimple,«pure»,c’estnepastenircomptedel’hétérogénéité
de tout groupe social. Vouloir considérer l’identité comme monolithique empêche de comprendre les phénomènes
d’identitémixtequisontfréquentsdanstoutesociété(prétendue«doubleidentité»desjeunesissusdel’immigration).
Comme chacun le fait à partir de ses diverses appartenances sociales, l’individu qui participe de plusieurs cultures
fabrique,àpartirdecesdifférentsmatériaux,sonidentitépersonnelleuniqueenopérant1synthèseoriginale(identité
syncrétiqueetnondouble).

5.Lesstratégiesidentitaires.
L’identitéconnaîtdesvariations,seprêteàdesreformulations,voiremanipulation.«Stratégieidentitaire»:pour
soulignerdimensionchangeantedel’identitéquineconstituejamaisunesolutiondéfinitive.L’individu,commeacteur
social,n’estpasdépourvued’1certainemargedemanœuvre.Enfonctiondesonappréciationdelasituation,ilutilisede
façonstratégiquesesressourcesidentitaires.Cependant,acteurssociauxnesontpasparfaitementlibresdedéfinirleur
identitéselonleursintérêtsmatérielsetsymboliquedumoment.Lesstratégiestiennentcomptedelasituationsociale,
durapportdeforceentrelesgroupes,desmanœuvresdesautres.

6.Les«frontières»del’identité.
Touteidentificationestenmêmetempsdifférenciation.


Barth:processusd’identification,volontédemarquerlelimiteentre«eux»et«nous»,établirune«frontière»:un
compromisentrecellequelegroupeprétendsedonneretcellequelesautresveulentluiassigner.Frontièresociale,
symbolique. Ce qui sépare 2 groupes ethno-culturels, ce n’est pas la différence culturelle, c’est la volonté de se
différencier. Participer de telle culture particulière n’implique pas automatiquement avoir telle identité particulière.
Echapperàconfusionentre«culture»/«identité».L’ethnicité,quiestleproduitduprocèsd’identificationpeutêtre
définiecommel’organisationsocialedeladifférenceculturelle.

VII.Enjeuxetusagessociauxdelanotiondeculture.
Laculturesefragmente,enmiettes(culturehiphop,culturefootbalistique…).Or,cespratiquesetcequ’ellesimpliquent
nepeuventpasêtreassimilésàcessystèmesglobauxd’interprétationdumondeetdestructurationdescomportements
correspondant à définition anthropologique. L’usage intempestif de la notion de culture entraîne un brouillage
conceptuel.
1.Lanotionde«culturepolitique».
Notionélaboréedanslecontextedel’accessionàl’indépendancedespayscolonisés.LaformationdenouveauxEtats
dansle1/3mondearévéléquel’importationd’institutionsdémocratiquenesuffisaitpasàassurerlefonctionnementde
ladémocratie.Lesociologues’interrogesurlesfondementsculturelsdeladémocratie.Toutsystèmepolitiqueapparaît
liéà1systèmedevaleursetdereprésentations.Lesnationscontemporainesconnaissenttoutes1pluralitédemodèles
devaleursquioriententlesattitudesetlescomportementpolitiques(modèlesculturelsaufondementdesoppositions
droite/gauche).
2.Lanotionde«cultured’entreprise».
a.«Cultured’entreprise»etmanagement.
Lanotionn’estpas1créationdessciencessociales.AuxUSAdans70’s:accentsurimportancedufacteurhumaindans
laproduction.Dans80’s,s’agitpouréquipededirectionderéhabiliterl’entreprise(crise)àtravers1discourshumaniste,
afind’obtenirdessalariésdescomportementloyauxetefficaces.Manipulationidéologiqueduconceptethnologiquede
culture,destinéeàlégitimerl’organisationdutravailauseindechaqueentreprise.
b.L’approchesociologiquedelacultured’entreprise.
Questiondelaculturedansl’entreprise.Universculturelhétérogène.L’importancedecesculturesdansl’organisation
descomportementsdessalariésdansl’entreprise.
Sainsaulieudanstrmenetedcmoop,onllesonneessirpfoic-ososroeismahéscsntreféfidrinfiédtuep:slenolsectagé
l’entreprise.Au sein d’1 entreprise différentes cultures coexistent et s’entrecroisent. Identifie microcultures qui sont
«inventées»parlepersonnelmontrentquelacultured’entreprisen’estpas1donnépréalablequelestravailleurs
n’auraientplusqu’àadopter.Silanotionde«cultured’entreprise»peutavoirunepertinencesociologiquecen’estpas
pourdésignerunsystèmecultureld’oùseraientexclustoutecontradictionettoutconflit.

3.«Culturesdesimmigrés»et«culturesd’origine».
Interrogationssurlesconditionsd’intégrationetsurlesconséquencesdesdifférencesculturelles.Notionde«culture
d’origine»contestable:culturepas1bagagequ’onpeuttransporteravecsoi.Cequisedéplace,cesontdesindividus
quidufaitmêmedeleurmigration,sontamenésàs’adapteretàévoluer.Etdescontactsentreindividusdecultures
différentes vont émaner de nouvelles élaborations culturelles. Recourir à propos des immigrés à la notion de culture
d’origine revient en général non seulement à sous-estimer le changement culturel que produit la migration chez les
expatriés,maisaussiàocculterlechangementculturelqueconnaîtlasociétéd’origine.Différentstypesd’émigration
(familiale,communautaires,individualiste)vontdepairavecdifférentstypesderapportàlacultured’origineetaussi
à la culture du pays d’accueil. Pour analyser les transformations que connaissent les cultures des immigrés, il faut
tenir compte des caractéristiques du cadre national dans lequel se produisent les échanges culturels. Les modèles
d’intégrationnationalepropresàchaqueEtatinfluentconsidérablementsurledevenirsocialetcultureldesimmigrés
(France:«centralismeculturel»,assimilationdesétrangers).Lesculturesdesmigrantssontdescultures«mixtes»
produitespar1métissageculturel.
Conclusion:
3conceptionsdifférentesdurelativismeculturel:
- théorieselonlaquellelesdifférentesculturesformentdesentitésséparées,auxlimitesaisémentidentifiables,des
entitésclairementdistincteslesunedesautres,incomparablesetincommensurablesentreelles.
- Unprincipeéthiquequipréconiseleneutralitéàl’égarddesdifférentescultures.Affirmerlavaleurintrinsèquede
chaqueculture.
- Lerelativismeéthiquecorrespondparfoisàl’attituderevendicatricedesdéfenseursdesculturesminoritairesqui,
contestantleshiérarchiesdefait,défendentl’égalevaleurdecesdernièresparrapportàlaculturedominante.
L’exaltationdeladifférenceaboutitmêmeàlajustificationdesrégimességrégationnistes,ledroitàladifférenceperverti
enassignationàladifférence.
FicheréaliséeparManonCheminat,IUFMdeParis,SES

Les commentaires (1)
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Vuelos

Bonjour, C'est un bon texte et j'aimerais pouvoir le téléchrger. Merci.

lundi 6 octobre 2014 - 11:43