la conduite du pois protéagineux en AB - La culture biologique du ...

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la conduite du pois protéagineux en AB - La culture biologique du ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Laculturebiologique dupoisprotéagineux
En matière de fourniture en protéines en agriculture biologique, tandis que le pois dépassait péniblement 900 ha à la récolte 2001, la culture de la féverole et des associations céréales/protéagineux restent largement en tête avec respectivement plus de 6000 et 5000 ha, sur un total de plus de 1 14 000 ha de surfaces cultivées en protéagineux (source ONAB ). Il est vrai que l’apparition du champignon aphanomycès dans les parcelles du nord de la France et surtout la grande difficulté à maîtriser le développement des adventices ont conduit de nombreux agriculteurs à préférer la féverole au pois protéagineux.
Cependant, dans un contexte déficitaire en matières riches en protéines pour l’alimentation animale biologique, la culture d’une légumineuse telle que le pois protéagineux a des atouts : sa capacité à fixer l’azote et son intérêt dans la rotation, ses qualités nutritionnelles pour les porcs et les volailles et ses débouchés en alimentation animale en font une culture intéressante pour l’agriculture biologique. Reste à maîtriser le salissement et à limiter l’attaque des maladies … Un choix judicieux de la variété et de la parcelle, une conduite technique maîtrisée peuvent permettre de surmonter ces inconvénients.
Place dans la rotation, choix de la parcelle
Le pois protéagineux est une cul-commodant de sols à faibles fournitures d’azote. Des précédents comme les céréales conviennent mieux que des prai-ries ou d’autres légumineuses, dans un souci d’optimisation de l’utilisation de l’azote dans la rotation, bien que le choix du précédent soit relativement indifférent. Le pois constitue par contre un bon précé-dent pour les céréales, qui profitent du reli-quat azoté, en particulier le blé. Il est préférable d’éviter des sols battants, humides ou asphyxiants au profit de sols sains, profonds et non hydromorphes. Sachant qu’il s’agit d’une culture peu exi-geante en eau jusqu’au stade 5-6 feuilles mais dont les besoins augmentent ensuite rapidement, il convient d’éviter en condui-te non irriguée des sols trop séchants, sur-
tout lors d’étés secs. Enfin, les parcelles trop caillouteuses sont à proscrire, car entravant le passage et l’efficacité de la herse étrille et des outils de récolte (actions par contre facilitées par un bon nivelle-ment du sol). Sa sensibilité au salissement en culture pure implique de le réserver à des parcelles lais-sées relativement propres par le précédent.
En France, on distingue d’une part les varié-tés de pois à fleurs blanches dont les grains verts ou jaunes sont indemnes de tanins sous le termepois protéagineuxet, d’autre part, les variétés à fleurs colorées, dont les grains tâchés de brun/rouge contiennent des tanins sous le termepois fourragers (mono-tiges, pouvant atteindre plus de deux mètres, ils sont forcément cultivés avec un tuteur, des céréales le plus sou-vent). Cette fiche technique concerne uni-2 quement les pois protéagineux .
1 ONAB : Observatoire National de l’Agriculture Biologique 2 Voir les autres fiches Techn’ITAB “La culture biologique de la féverole” et “Les associations à base de triticale/pois fourrager en agriculture biologique”
g r a n d e sc u l t u r e s
En cas contraire, on lui préfèrera de la féverole ou une association céréales/protéagineux.
Enfin, on veillera à laisser au minimum 4 ans entre deux cultures de pois sur une même parcelle, afin de limiter le risque d’anthracnose.
Zones de cultures
Pois de printemps Possible sur toute la France.
Pois d’hiver (source UNIP-ITCF, essais conventionnels)
La principale différence entre variétés de pois d’hiver et de pois de printemps se situe au niveau de la résistance au froid. Les pois d’hiver sont à ce jour peu répandus, mais l’offre variétale évoluant, on peut envisa-ger la culture du pois protéagineux d’hiver dans une grande partie de la France.
Variétés
Le co xvar ta estterm nantpour a réussite de la culture en conditions d’agri-culture biologique. Les critères à prendre en compte sont: • unebonne compétitivité vis-à-vis des adventices, soit des variétés hautes, ayant une bonne vitesse de développement ; • unebonne tenue de tige; • unerésistance correcte aux maladies; • unebonne productivité. Le tableau 1, non exhaustif, reprend à titre indicatif les caractéristiques de quelques variétés. Dans les essais variétaux de pois de prin-temps menés en conditions d’agriculture biologique en 2001/2002, Hardy ressort comme la variété la plus productive. Les variétés les plus étouffantes sont Nitouche et Métaxa, à préférer dans des situations plus salissantes. En variétés d’hiver, Dove et Lucy sont recommandées pour leur hauteur et leur résistance à la verse; elles ont de plus une bonne résistance au mildiou.
Semis
On cherchera à avoir un sol bien nivelé et sans trop de cailloux pour faciliter le passa-ge de la herse-étrille et la récolte. Si les conditions climatiques le permettent, la préparation du lit de semences peut être l’occasion d’un faux semis.
Un sol poreux est favorable aux nodosités (lesquelles sont surtout présentes dans les 10 à 15 premiers centimètres, où la poro-sité permet un renouvellement rapide de l’air à leur contact). Le pois est sensible à tout obstacle à l’enracinement (fond de labour tassé). Les racines peuvent atteindre une profondeur de 70 à 80 cm à la fin floraison. Modalités de semis des pois protéagineux Période Pois de printemps : deux tendances Certains sèment tard pour attendre des conditions de température et d’humidité du sol qui permettent une levée rapide et régulière ; les adventices sont prises de vitesse et le désherbage mécanique est facilité. Par contre, il existe un risque de baisse du nombre de graines par gousse suite à des coups de chaleur pendant la for-mation des grains. D’autres préconisent des semis précoces, dès que le sol est suffisamment ressuyé, pour profiter au maximum du printemps et limiter les risques de stress hydrique. Pois d’hiver On conseille de ne pas semer trop tôt, car des pois trop développés à l’automne sont plus sensibles aux derniers gels en fin d’hi-ver et aux maladies aériennes ; de plus semer tôt entraîne des initiations florales trop précoces. Profondeur Le semis doit être assez profond, de l’ordre de 4 cm, car la graine est grosse. Cela per-met une levée des adventices et un passa-ge de la herse-étrille avant la sortie des plantules de pois. Attention: ne pas semer le pois à plus de 5 cm de profondeur au risque de le voir s’étioler une fois levé.
Un bon enfouissement des graines au semis permet de limiter les dégâts dus aux pigeons. Densité On augmentera la densité de semis par rapport au conventionnel d’au moins 10 %, de façon à concurrencer les adventices. On conseille généralement un écartement de rang inférieur à 20 cm. S’il est prévu de biner, les écartements seront plus larges; mais face aux risques de verse, il est préfé-rable d’associer le pois à une céréale qui lui servira de tuteur.
Fertilisation
Pas d’apport azoté, puisque le pois est une légumineuse. Les exportations en P et K sont d’environ 1 kg PO /qet 1,6 kg KO/q 2 52 de grains.
Désherbage
Il repose en premier lieu sur la prévention: plus la rotation est variée, plus des cultures de type prairie y sont présentes, plus propres sont les semences, plus les stocks de graines d’adventices sont épuisés par des faux semis, etc., plus propre sera la cul-ture. Le choix variétal est également important. Le désherbage mécanique intervient en complément : • unpassage de herse étrille est nécessaire avant la levée, dès que la portance du sol est suffisante; les adventices sont jeunes et donc faciles à détruire;
Tableau 1 – Caractéristiques des principales variétés de pois protéagineux(source ITCF-UNIP) 1 24 Variété Obtenteur Typede feuillagePMG Hauteurmaxi TenueProductivité Remarques 3 Représentant Couleurde grains(en g)(en cm)de tige Variétés de printemps ATTIKA NickersonAfila, jaune275 85Bonne Moyenne BADMINTON FlorimondDesprez Afila,jaune 27060 FaibleElevée DOLMEN Agri-ObtentionsAfila, jaune320 55Faible Elevée HARDY SerasemAfila, jaune265 75Bonne Elevée JACKPOT Lemaire-DeffontainesAfila, jaune280 85Bonne MoyenneBILBO à venir chez Lemaire-Deffontaines LUMINA CebecoSemences Afila,jaune 26565 MoyenneElevée METAXA Agri-ObtentionsAfila, vert270 80Bonne Moyenne NITOUCHE Lemaire-DeffontainesAfila, vert280 90Bonne MoyenneVigoureux Variétés d’hiver CHEYENNE GAEAfila, jaune210 70Moyenne Elevée DOVE Agri-ObtentionsAfila, vert180 85 IrrégulièreElevée LUCY GAEAfila, vert180 70Moyenne Elevée 1 PMG : à niveau de rendement équivalent, une variété à petits grains permet de diminuer le coût du poste semences. 2 Hauteur : meilleure compétitivité vis-à-vis des adventices, meilleure résistance aux maladies. 3 Tenue de tige : elle permet de limiter les affaissements, donc les risques de propagations de maladies et le passage des adventices par-dessus la culture (problème à la récolte). 4 Productivité: elle est souvent inversement proportionnelle à la tenue de tige.
• unsecond passage est souvent nécessai-re ; veiller au bon réglage des dents de herse pour éviter d’arracher les jeunes plants ;il faut éviter d’intervenir au-delà du stade 4-5 feuilles, car il y a risque de dommages sur la culture (agir avant que les vrilles de pois ne se touchent). Attention !Un passage mal maîtrisé endommageant le pois risque de laisser des espaces de développement aux adventices. Le binage permet des interventions plus tardives et donc de détruire des adventices plus développées. Une autre piste de lutte contre les adven-tices est développée: il s’agit d’associer le protéagineux à une céréale, laquelle est préconisée non pas pour être récoltée à un bon niveau, mais essentiellement dans un but de concurrence avec les mauvaises herbes ; elle peut également jouer un rôle de tuteur. La difficulté consiste à choisir la céréale (espèce, variété), de façon à trouver des concordances de maturité avec le pois protéagineux. Si nécessaire, pois et céréale peuvent être triés après récolte. Densités de semis proposées : avoine et 2 orge à environ 100 grains/m , blé et tritica-2 le à environ 120 grains/m; pois, densité légèrement inférieure à celle préconisée en pur, pour laisser de la place à la céréale.
Maladies
L’anthracnose
C’est une maladie très fréquente en pois d’hiver, qui entraîne des pertes de rende-ment importantes. Elle est la plupart du
temps peu présente en pois de prin-temps, hormis dans les secteurs très arrosés de la bordure maritime nord. Elle se transmet par les semences et les rési-dus de récolte. La lutte, préventive, consiste à éviter un retour trop fréquent du pois sur une même parcelle (4 ans minimum). En cas de risque, les semences certifiées sont préférables à des semences fermières, surtout si celles-ci sont issues de parcelles ayant subi des attaques, même mineures. Enfin, limiter la verse ralentit la progression de la maladie.
Aphanomyces etteiches C’est un champignon du sol attaquant les racines du pois, entraînant des risques de perte de rendement très élevés. Il est plus ou moins présent dans certaines régions
(bassin parisien notamment), absent dans d’autres (sud). Dans un secteur où de nombreuses parcelles sont touchées, mieux vaut éviter la culture du pois et lui préférer la féverole. Autres maladies botrytis, sclérotinia, bactériose, rouille,
Ravageurs
Il n y a pase moyens curas en agr-culture biologique, ou leur coût est pro-hibitif (pyrèthre, …). La meilleure garan-tie est encore d’avoir des plantes bien développées, qui de fait résisteront mieux aux attaques(voir tableau 2).
Tableau 2 -Ravageurs du pois protéagineux Ravageur Régionsles plus concernéesDégâts Conseils/commentaires Dès le début de la végétation ThripsLes plantes restent chétives et souventDe la Normandie à la Champagne crayeuse,Maïs et betterave sont des précédents qui limitent l’infestation, du Nord au Centre; uniquement surnaines, pouvant occasionner de grossesà l’inverse du blé. pois de printemps.pertes de rendement. SitoneEnsemble de la France.L’adulte envahit les parcelles de pois enDes régions bocagères, avec des cultures de jachères ou de volant depuis des zones refuges, mordantlégumineuses y sont plus favorables, ainsi que des terres peu les feuilles. Ce sont les larves qui occasion-profondes, où la nuisibilité des sitones est souvent aggravée par une nent le plus de dégâts en détruisantsécheresse en avril-mai. Une faible densité semble favoriser leurs les nodosités.attaques.
A partir du stade début floraison Puceron vertEnsemble de la France. du pois TordeuseNord-ouest, nord, vallée du Rhône. BrucheSud-ouest, ouest.
CécidomyieMarne/Picardie.
Les chutes de rendement peuvent êtreEn cas de faible attaque, les auxiliaires suffisent à contrôler leur importantes en cas de pullulation.population (coccinelles, syrphes et chrysopes); il convient donc de favoriser leur présence. les tordeuses volent dès qu’il fait plus de 18°C; elles pondent sur les pois. Les chenilles mordent les gousses en cherchant à y pénétrer. L’adulte pond sur les gousses. La larve pénètre à l’intérieur et se développe dans les graines. L’adulte ne sortira qu’au stockage, faisant un trou bien rond dans la graine ; les bruches ne font pas d’autres dégâts dans les silos. Petit moucheron gris dont les larves provoquent un avortement des boutons floraux ; les pertes de rendement peuvent être très importantes.
Récolte
Elle s’effectue souvent dans la même période que celle du blé. Un battage aux heures fraîches limite l’égrenage. Dans le cas de cultures versées, l’utilisation de doigts releveurs sur la moissonneuse-batteuse est nécessaire. Les pigeons peu-vent provoquer des pertes et l’égrenage de la récolte; il n’y a pas grand-chose à faire si ce n’est utiliser des épouvantails et des détonateurs.
Dans les régions favorables, les rende-ments tournent autour de 30-40 q/ha en moyenne. Les fanes peuvent être enfouies ou données aux ruminants.
Élements économiques
Coût de la semence certifiée agriculture biologique (prix 2002) : de 58 à 75HT le quintal.
Prix payé à l‘agriculteur (récolte 2002) : de 275 à 312HT/t.
(Source : enquête auprès de groupements ou tech-niciens des régions productrices. Prix indicatifs)
La culture biologique du pois protéagineux : ce qu’il faut retenir Avantages: qualités nutritionnelles en alimentation animale, bon poten-tiel de rendement si la culture est maîtrisée, fixation d’azote. Inconvénients: salissement difficile à maîtriser, sensibilité aux maladies, nécessité d’un terrain nivelé et non caillouteux, à cultiver sur sol indemne d’Aphanomyces. • Bonprécédent pour les céréales. • Attendreau moins 4 ans entre deux cultures de pois sur une même parcelle. • Préférer des parcelles propres. Critères pour le choix variétal: bonnes hauteur et vitesse de déve-loppement, bonne tenue de tige, résistance correcte aux maladies, bonne productivité. Semis: assez profond (4 cm). En pois
Ont participé à la rédaction de cette fiche: ITAB: 149, rue de Bercy Laurence Fontaine (ITAB), Guénaëlle Corre (ESA Angers), Isabelle 75595 PARIS CEDEX 12 Chaillet (Arvalis Institut du Végétal-UNIP), Véronique Biarnès Tél : 01 40 04 50 64 - Fax : 01 40 04 50 66 (UNIP) ;merci aux différents relecteurs du réseau “bio”, en par-eMail : itab@itab.asso.frticulier Bertrand Chareyron (CRA Franche-Comté), Christel Denis (CA de l’Yonne), Alain Lecat (CA du Nord). www.itab.asso.fr C e t t ef i c h ea ét ér é a l i s é ea v e cl es o u t i e nf i n a n c i e rd el ’ O N I O Le td el ’ U N I P
Pour en savoir plus:
Pois protéagineux, hiver et printemps,guide de culture 2003, collection UNIP-ITCF. Maladies des pois protéagineux,1997, UNIP-ITCF. Quoi de neuf – Pois, féverole, lupin,publication annuelle, UNIP-ITCF. Pois, féveroles, lupins: des graines faciles à utiliser pour nourrir porcs, volailles et ruminants,UNIP-ITCF. Comparaison des performances de trois espèces de protéagineux de printemps cultivés en mode de production biologique,A. Dibet, mémoire de fin d’étude ESA Angers, 2002. Agriculture biologique – Bibliographie sur les protéagineux biologiques,E. Lafosse, C. A. 35, 2000.
de printemps, deux tendances: soit des semis tardifs, pour des conditions optimales pour une levée rapide et régulière, mais attention aux coups de chaud pendant la formation des grains ; soit des semis précoces, pour profiter au maximum du printemps et éviter les risques de stress hydrique. En pois d’hiver: ne pas semer trop tôt. Désherbage: place dans la rotation/ présence de prairies dans la rotation/ semences propres/faux-semis/choix variétal + désherbage mécanique: un passage de herse-étrille avant la levée, puis si nécessaire un ou plusieurs pas-sages avant le stade 4-5 feuilles. Récolte: souvent dans la même période que celle du blé pour les pois de printemps; deux semaines avant pour les pois d’hiver. Battre aux heures fraîches limite l’égrenage; utiliser des doigts releveurs en cas de culture versée. Rendements autour de 30-40 q/ha si le salissement est maîtrisé.
CÉ R É A L I E R SD EFR A N C E
L’ITCF et l’AGPM-TECHNIQUE ont fonsionné le 18-12-02 pour créer ARVALIS - Institut du végétal
OFFICE NATIONAL INTERPROFESSIONNEL DES OLÉAGINEUX PROTÉAGINEUX ET CULTURES TEXTILES
Prix : 3Mars2003
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