Composition du secteur habillement Située en aval de la filière ...

De
Publié par

Composition du secteur habillement Située en aval de la filière ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 119
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins
Composition du secteur habillement
Située en aval de la filière textile, l’industrie de l’habillement se structure autour de 3
activités principales : la fabrication de vêtements en cuir, l’industrie des fourrures et
la fabrication de vêtements en textile.
Cette dernière catégorie occupe une place de choix dans l’économie auboise. En
effet, avec 115 établissements recensés au 31.12.98, cette industrie emploie près de
3 300 personnes (soit 12,3 % des effectifs salariés industriels aubois et 37 % de la
filière textile-habillement).
La fabrication de vêtements textile dans l’Aube concerne essentiellement cinq grands
types de produits, au premier rang desquels on trouve la fabrication de vêtements de
dessous. Ainsi, 19 établissements, dont certains sont affiliés à des marques de
renom (Petit Bateau, Barbara…), occupent une main-d’oeuvre conséquente (près de
2 000 salariés). On retrouve, avec la confection de vêtements de dessous, la forte
spécificité de notre département, entrevue précédemment, avec la maille. En effet,
les biens produits concernent des vêtements de dessous, des chemises et
chemisettes, des chemisiers ou encore des tee-shirts et des maillots de corps
constitués à partir de cette fibre.
La confection « d’autres vêtements et accessoires »
1
constitue également une part
importante de l’industrie de l’habillement de notre département. Plus de 900 salariés
sont répartis dans 56 structures productives (Chanteclair, Journé Lefèvre…).
La fabrication de vêtements de dessus (homme, femmes, enfants) représente,
quantitativement, un poids moins important. Ainsi, on dénombre, dans l’Aube, 35
établissements (dont Gam textile, Manufacture auboise de confection du groupe
Diftex..), occupant 414 salariés.
Si on ne comptabilise aucune structure productive spécialisée dans la fabrication de
vêtements de travail, en revanche cinq établissements aubois produisent des
vêtements sur mesure. Cette activité demeure cependant marginale et peu
pourvoyeuse d’emplois : seulement 16 salariés dans notre département.
Les perspectives
Industrie peu capitalistique, essentiellement de main d’oeuvre (la part des ouvriers
dans la production est importante puisqu’elle avoisine les 75 % contre 59 % pour
l’ensemble de l’industrie), le secteur de l’habillement est peu concentré (seulement 1
% des établissements a plus de 500 salariés et emploie moins de 10 % des effectifs).
Premier secteur à avoir affronté la mondialisation, il connaît une grave crise
structurelle qui a conduit à une chute massive de son nombre d’entreprises et de ses
effectifs (l’industrie de l’habillement, dans l’Aube, a vu ses effectifs salariés divisés
par trois en quinze ans). En outre, non content d’avoir à affronter une concurrence
internationale exacerbée par un coût social du travail très faible, ce secteur doit faire
face à de véritables déséquilibres internes induits par une désaffection des ménages
pour les produits textiles.
1
Layette, gants, ceintures, cravates, foulards, châles, survêtements de sport, chapeaux et coiffures en
bonneterie…
L’industrie de l’habillement dans l’Aube, et plus généralement en France, est-elle
vouée à disparaître ? Beaucoup de spécialistes seraient tentés de répondre par
l’affirmative à cette interrogation.
Ils sont néanmoins unanimes pour affirmer que ce secteur ne peut subsister en l’état
et doit se restructurer. En effet, la fabrication intégrée où l’industriel contrôle toutes
les étapes, de la création de modèles à leur distribution dans les boutiques, apparaît
obsolète.
Pour les marques françaises, l’avenir passe désormais par l’abandon de leur
production et par le renforcement de leur présence en aval et amont de l’acte
productif (l’outil industriel ne constitue plus le coeur de métier). Ainsi, les
professionnels de l’habillement ont-ils tendance à « troquer » leur rôle de fabricant
par celui de « créateur distributeur ».
La spécialisation est également un mouvement de fond. Certains professionnels
envisagent ainsi de positionner sur des fonctions de styliste et de coloriste (en
passant de 2 à 4 collections, par exemple) ou encore en privilégiant la réalisation de
prototypage, de découpe, de stockage et de logistique.
Avec ce basculement dans une économie immatérielle, plus proche de l’activité de
services que de l’activité industrielle pure, que devient l’acte productif dans le secteur
de l’habillement ?
Beaucoup de marques françaises ont opté pour la sous-traitance en confiant tout ou
partie de leur production à des façonniers qui peuvent mieux amortir leurs coûts en
travaillant pour différents donneurs d’ordres. Ce réseau de sous-traitants, qui
constitue un tissu économique important, n’est pas à l’abri de la concurrence
internationale et le spectre de la délocalisation est toujours présent.
Cependant, il est indispensable de préserver l’existence de ces façonniers locaux
afin de conserver un minimum de production pour perpétuer un savoir-faire et
continuer à mettre au point des prototypes, sans quoi c’est le secteur tout entier qui
disparaîtra à terme.
La préservation de ce tissu économique industriel passe par diverses stratégies qui
ont fait leurs preuves. Ainsi, plusieurs entreprises jouent la carte de « l’ultra qualité »
en améliorant continuellement un haut niveau de savoir-faire. D’autres privilégient la
réactivité, en transformant en avantages les contraintes que constituent la versatilité
des consommateurs et le caractère capricieux des saisons. Ils portent ainsi leurs
efforts d’investissement sur des outils leur permettant de livrer leur production le plus
rapidement, permettant ainsi aux donneurs d’ordres d’ajuster leur offre à la demande.
D’autres encore ont choisi de travailler sur de nouvelles matières (et pas uniquement
la maille) en consentant de lourds investissements afin d’intégrer, à leur outil de
production, les évolutions technologiques.
On le voit bien, des solutions existent afin de « sortir de l’ornière » l’ensemble d’une
filière encore prégnante dans notre département. Elles impliquent cependant
d’importants changements économiques et culturels.
Les cinq plus grands établissements aubois dans l’industrie de l’habillement :
Raison sociale
Activité
Lieu d’implantation
Effectif salarié
Petit Bateau
Devanlay SA (sous-
vêtements
masculins)
Petit Bateau
VSV
Devanlay SA (sous-
vêtements féminins)
Fabrication
vêtements dessous
Fabrication
vêtements dessous
Fabrication
vêtements dessous
Fabrication
vêtements dessous
Fabrication
vêtements dessous
Troyes (rue du Ltd
Murard)
Romilly-sur-Seine
Troyes (rue Dutreix)
Vendeuvre-sur-
Barse
Troyes
602
432
125
123
112
Devanlay SA sous vêtements masculins
V.S.V
Fabrication de vêtements
de dessous
fabrication
de vêtements de dessous
source : fichier CCITA
réalisation : Observatoire Economique
Devanlay SA
sous vêtements féminins
fabrication
de vêtements de dessous
Petit Bateau
fabrication
de vêtements de dessous
Petit Bateau
fabrication
de vêtements de dessous
Les cinq plus grands établissements
de l'industrie de l'habillement dans l'Aube
Poids structurel du secteur de l’habillement
2
en 1998
Aube
RCA
France
nbre
d'établissements
115,0
143,0
6 716
effectif salarié
3 294,0
3 850,0
11 3872
indice de spécificité
3
511,5
220,5
100
Source
:
Assedic RCA
Avec un indice de spécificité s’établissant à 511,5, le secteur habillement est un
segment productif incontournable dans l’industrie auboise. Il témoigne de la forte
spécialisation de l’économie auboise dans cette activité industrielle par rapport à la
moyenne nationale.
Si l’économie champardennaise offre également un taux de spécificité important, elle
le doit principalement au fort positionnement de l’Aube qui polarise, sur son territoire,
respectivement 80 et 85 % des établissements et des effectifs salariés
champardennais du secteur de l’habillement.
2
L’industrie du cuir et de la chaussure n’est pas intégrée.
3
Part des emplois dans l’industrie départementale (ou régionale) rapportée à la part des emplois du secteur dans
l’industrie nationale. Un indice supérieur à 100 indique que le département (ou la région) est plus spécialisé que
la France en moyenne.
Industrie de l'habillement
indice de spécificité
0
100
200
300
400
500
Aube
RCA
moyenne
nationale
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.