Le «mamagenda» est testé en situation réelle

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Le «mamagenda» est testé en situation réelle

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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F O C U S
Travail et maternité Le «mamagenda» est testé en situation réelle
Travail.Suisse – organisation indépendante de 170000 travailleurs – prépare pour mi-2011 un échéancier digital pour aider les entreprises à gérer lesQuelques chiffres Selon l’Enquête sur la famille et la fé-travailleuses, depuis l’annonce de la grossesse, durant le congé maternité condité 2008 de l’OFS, 88% des femmes et aussi les premiers temps du retour au travail.âgées de 30 à 49 ans n’ayant pas d’en-fant exercent une activité profession-nelle, un taux d’activité presque aussi Josianne Bodart Sennse veut proche de ses utilisateurs et il estélevé que celui des hommes. Dès la ve-gratuit.nue du premier enfant, les femmes sont En ce mois de septembre 2010, desmoins nombreuses à travailler. Entre 20 entreprises très motivées vont tester leet 29 ans, la différence entre les femmes Gratuit sur Internet «mamagenda», un nouvel échéanciersans enfant et celles qui en ont un s’élè-digital permettant de gérer tout ce quiLe «mamagenda» n’est pas un logiciel àve à 30 points (44% contre 74%). entoure la grossesse, le congé maternitévendre, mais une plate-forme Internet queSelon l’étude basée sur l’enquête suis-et le r etour au travail. Bilingue (F/D) ettous les r esponsables hiérarchiques, maisse de la population active des années 90, simple d’utilisation, il fonctionne commeaussi n’importe quelle femme enceinte ac-34% des femmes actives à plein temps un échéancier, intégré à la bureautiquetive dans le monde du travail, pourront uti-et 45% des femmes travaillant à temps courante, à utiliser en ligne. Pour l’ins-océdure d’identificationliser. Après une prpartiel choisissent d’arrêter de travailler tant, il s’agit de voir si l’outil fonctionnesimple, un compte personnalisé sera ou-après la naissance de leur premier en-bien et s’il répond aux besoins, principa-vert, sous le vrai nom ou sous le pseudo-fant. En 2006, 174000 femmes ont quit-lement des responsables d’équipes aunyme de la femme enceinte. Supérieur(e)té leur activité professionnelle pour s’oc-sein des entreprises de moyenne enver-et employée y auront accès en introduisantents àcuper de leurs enfants ou de par gure. Valérie Borioli Sandoz (responsablechacun son e-mail et un mot de passe. Encharge. de la politique de l’égalité, Travail.Suisse)introduisant la date prévue de l’accouche-précise quelorsque cet outil sera mis enment, une série d’entretiens et des thèmes fonction, dans le courant de l’annéedes risques, la gestion des équipes en casde discussion seront proposés au ou à la su-2011, des feedbacks seront possibles enpérieur(e) direct(e) selon un calendrier éta-de tension, les absences et le droit au salaire tout temps et une mise à jour annuellebli. De nombreux outils seront à dispositionou les modèles d’organisation du travail, sera réalisée. Il s’agit donc d’un outil quientre autres. Sans oublier bien sûr le rap-sur des thèmes précis, comme la gestion pel, à temps, des dispositions légales à res-pecter, de la part des employeurs mais aussi des employées. La femme active, quant à elle, pourra en fair e un agenda personna-lisé à consulter depuis son domicile. En un seul coup d’œil, les responsables DRH – aussi bien que les femmes concer-nées – peuvent voir où en est la grosses-se, le congé maternité ou le retour au tra-vail et gérer ainsi plusieurs situations de maternité (avec des termes différents, inévitablement) à la fois. Les ersponsables de personnel doivent faire face à de nom-breux défis d’organisation, pour les em-ployées enceintes puis nouvelles mères et pour le reste des équipes. Ils sont parfois si complexes qu’une grande pression est mise sur les travailleuses dès l’annonce de leur grossesse: on leur demande très vite de prendre des décisions lourdes de conséquences. Ces décisions doivent être discutées à plusieurs, à temps et dans un climat serein, afin que chaque partie en retire un bénéfice. H e b a m m e . c h 35 S a g e - f e m m e . c h9 / 2 0 1 0
Exemple Le nouveau-né doit être hospitalisé plus de trois semaines L’exemple du paiement du salaireJusqu’à récemment, la question de sa-d’une mère salariée lorsque son nou-voir si ces femmes pouvaient toucher veau-né doit être hospitalisé plus de troisleur salaire n’avait pas été tranchée. Un semaines illustre la complexité et lajugement du Tribunal des prud’hommes diversité des lois à connaître en tantdu canton de Genève (Cause No qu’employeur. Une femme accouchée aC/17092/2007-3) a précisé que la fem-l’interdiction de travailler durant 8 se-me empêchée de reprendre son travail maines, selon la Loi sur le travail (art. 35apour être auprès de son enfant nou-al. 3). Cette interdiction est l’une des rai-veau-né hospitalisé depuis la naissance sons qui a motivé le législateur suisse àrelevait d’un empêchement de travailler prévoir un congé maternité fédéral.au sens du Code des obligations (art. Dans cet exemple, une femme accou-324a) et qu’elle avait droit à son salaire. chée peut demander le report de sonEn effet, tous les parents ont l’obligation droit aux prestations de congé maternitéde prodiguer des soins à leurs enfants, si son enfant nouveau-né doit être hos-comme le précise la loi. Mais ce juge-pitalisé au-delà de trois semaines (RAPGment est cantonal et rien n’empêche un Article 24). Dans ce cas de figure, la fem-tribunal d’un autre canton de légiférer me salariée ne perçoit pas de salairedans le sens contraire. alors que, d’une part, elle est dansPar cet exemple, on constate aisément l’incapacité physique de travailler et,qu’il n’est pas facile à l’employeur de s’y d’autre part, elle en a l’interdiction léga-retrouver dans les nombr euses lois lors le. Le Code des obligations, incompletde la grossesse ou de l’accouchement sur le sujet, pénalise de fait les jeunesd’une employée. Il n’est pas aisé de tout mères forcées de vivre une situation per-avoir en tête quand on dirige du per-sonnelle difficile. En effet, durant la pre-sonnel. A Travail.Suisse, de nombreuses mière année de service, elles n’ont droitfemmes font régulièrement état de leur qu’à trois semaines de paiement du sa-difficulté à annoncer une grossesse à laire (à moins que l’employeur n’ait pasleur employeur: elles craignent, souvent conclu en plus une assurance perte deavec raison, des réactions négatives qui gain en cas de maladie). Pour les annéesne sont sans doute pas étrangères à la suivantes, la loi prévoit une durée plusgestion complexe d’une grossesse sur le longue de paiement (mais ne la donnelieu de travail. pas expressément).
Plus précisément, le «mamagenda» pour-suit les buts suivants: 1. permettre à l’employeur d’accueillir favorablement uneannonce de gros-sesseet d’instaurer dès le départ un climat serein et bienveillant envers l’employée; 2. informer l’employeur des droits et des mesures deprotection de la santé des femmes enceintes au travail,puis allai-tantes le cas échéant (en lien avec les produits de la campagne «InforMater-nité» de Travail.Suisse); 3. permettreà l’employeurd’établir un dialogue permanent,puis de mainte-nir un contact régulier avec l’employée durant la période de la grossesse, celui du congé de maternité et lors du re-tour au travail; 4. sensibiliser l’employeur aux difficultés qui peuvent surgir avec lereste du per-sonnel.Des outils permettent d’identi-H e b a m m e . c h 36 9 / 2 0 1 0S a g e - f e m m e . c h
fier et de répondre de manière adé-quate aux situations de conflit qui peu-vent surgir entre les femmes enceintes et les autres employé(e)s; 5.informer sur les différentesmesures d’aménagement du travailà disposi-tion pour permettre aux employées de continuer de travailler (et, le cas échéant, d’allaiter) après l’arrivée de leur enfant (en lien avec le manuel «PME Travail et famille» du seco); 6. inviter les employées à réfléchir sur des thèmes liés à laconciliation travail et vie de famillepar le biais des fi ches à imprimer distribuées par le-la respon-sable du personnel à des dates choi-sies. Ces fiches seront aussi téléchar-geables depuis Internet: en pouvant les consulter tranquillement depuis chez elles, les employées ont la possi-bilité de discuter des thèmes avec leur compagnon.
En outre, le «mamagenda» contient: une vingtaine d’outils concrets portant sur tous les aspects liés à la maternité et au travail (check-lists, formulaires, état des connaissances, etc.) une courte présentation vidéo de l’uti-lisation du programme dans une situa-tion réelle des faits et des chiffres sur le travail fé-minin en Suisse.
Les bonnes questions au bon moment Le «mamagenda» permettra à terme aux femmes enceintes actives de se poser les bonnes questions au bon moment, dans un processus de réflexion étalé dans le temps, initié sur le lieu de travail et marqué par une ambiance constructive et de dialogue entre employeur et em-ployées. Travail.Suisse – organisation in-dépendante de 170000 travailleuses et travailleurs – conduit ce projet depuis quelques mois déjà, en collaboration avec des représentants de PME, des res-sources humaines, d’organisation écono-mique et d’associations concernées par la maternité. Ce projet vise avant tout à promouvoir la possibilité pour les femmes devenant mères de se maintenir dans la vie active. Valérie Borioli Sandoz rappelle que cet outil est à disposition des entreprises afin de favoriser le maintien des mères dans la vie active:L’expérience montre qu’un ar-rêt de plusieurs années rend le retour au travail extrêmement difficile. Il faut donc anticiper, organiser, préparer l’avenir, afin de minimiser les conséquences des inter-ruptions pour cause de maternité. Seuls de bons dialogues avec l’entreprise per-mettent de trouver des solutions en-semble pour que, quel que soit le choix pris, la maternité ne constitue plus un obstacle. Le «mamagenda» est financé par Tra-vail.Suisse et il bénéficie du soutien du Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes. Trois partenaires principaux actifs sur l’ensemble du territoire sont actuellement recherchés pour boucler le financement de départ. Comme cette plate-forme Internet sera gratuite, d’autres soutiens financiers seront en-core sollicités cet automne durant une campagne de r echerche de sponsoring afin d’assurer la mise à jour. Les orga-nismes et entreprises dont les services concernent la maternité et le monde du travail pourront ainsi figurer dans le «mamagenda» dès son lancement prévu pour mi-2011.F
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