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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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La consommation de
vin en France est
calcul
é
e selon une m
é
thode
simple, voire simpliste qui
montre que les Fran
ç
ais
seraient les premiers
consommateurs de vin au
monde. Un argument taill
é
sur mesure pour les ligues
antialcooliques qui mettent
syst
é
matiquement ces chiffres
en avant. Mais des
é
tudes de
consommateurs montrent au
contraire que les Fran
ç
ais
sont devenus des
consommateurs de vins
responsables et mod
é
r
é
s.
Chaque ann
é
e on assiste au
m
ê
me refrain lorsque l
INSEE
publie ses chiffres sur la
consommation d
alcool des
Fran
ç
ais. Chaque ann
é
e, la
presse s
en fait le m
ê
me
é
cho,
analysant, diss
é
quant la
tendance. Une l
é
g
è
re baisse et
c
est l
invariable constat d
une
chute de la consommation
annonc
é
e depuis belle lurette.
Une hausse d
un dixi
è
me de
point et c
est le sursaut, la
surprise qui domine, comme
si du jour au lendemain les
Fran
ç
ais s
avaient retrouv
é
le
chemin de l
ivresse.
On fait dire ce que l
on veut
aux chiffres, sauf
à
savoir d
o
ù
ils viennent, comment ils ont
é
t
é
fabriqu
é
s, calcul
é
s,
mesur
é
s. Trop souvent, on se
contente de l
honorabilit
é
de
la source.
Une v
é
racit
é
relative
L
INSEE, la Direction
G
é
n
é
rale des Douanes et des
Droits indirects sont de belles
institutions qui valident pour
faciliter la vue du journaliste,
pour le confort de telle
association ou institution, des
chiffres pass
é
s
à
la moulinette
de la statistique sans que l
on
ait besoin de se pencher sur le
mode de calcul. Or, les
chiffres n
ont qu
une valeur et
une v
é
racit
é
relatives si l
on
ne s
attarde pas quelque peu
sur la m
é
thode.
Dans le cas de la
consommation de vin en
PRESSE
-
VIN.
com
Consommation de vin :
les vrais chiffres
pour la France
Un pays responsable c
est
d
abord un pays bien inform
é
.
H
é
las en mati
è
re de pr
é
vention contre
les m
é
faits de l
alcool les puissants
lobbies anti- alcool fran
ç
ais se servent
de chiffres et de statistiques qu
ils
ass
è
nent comme des v
é
rit
é
s
scientifiques, sans que personne
jusqu
ici ne se soit souci
é
de les
v
é
rifier. Or des
é
v
è
nement r
é
cents tr
è
s
dangereux pour nos libert
é
s
d
expression n
ont que trop montr
é
la
mani
è
re cavali
è
re dont ces lobbies se
comportent. Il
é
tait de notre devoir
à
l
APV, dont le premier vice pr
é
sident
Bernard Burtschy est un des
statisticiens les plus comp
é
tents et les
plus respect
é
s de ce pays,
de chercher
à
conna
î
tre la v
é
rit
é
des
chiffres. Jer
ô
me Beaudoin a enqu
ê
t
é
avec sa pr
é
cision habituelle et livrera
au cours de cette conf
é
rence les vraies
statistiques, celles
à
partir desquelles
on peut vraiment travailler dans le
domaine capital pour la sant
é
publique
de l
apprentissage de la responsabilit
é
en mati
è
re de consommation
de boissons alcoolis
é
es.
Michel Bettane
Pr
é
sident de l'APV
L e j o u r n a l d e l ’
A
s s o c i a t i o n d e l a
P
r e s s e d u
V
i n
N u m
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r o 1 8 / m a r s 2 0 0 8
E
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L
Remettre
les chiffres
à
leur place !
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c
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m
A consommer sans modération !
Presse-Vin.com
est une publication de
l’Association de la Presse du Vin
Directeur de la publication :
Michel Bettane
APV, c/o Sopexa
11 bis rue Torricelli 75017 Paris
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Impression
Dupliprint Paris
Contact :
Jean-Roger Duda
webmaster@presse-vin.com
...
Affiche de Jean-Pierre Got
France, le calcul est simple,
voire simpliste
Comme un
slogan publicitaire ! L
INSEE se
contente de diviser le volume de
vin tax
é
vendu dans l
hexagone
(la DGI fournit ce chiffre) par le
nombre d
habitants. C.Q.F.D. !
Une m
é
thode tellement simple
que tout le monde peut la
reprendre d
è
s lors que l
on
poss
è
de ses deux donn
é
es. Par
exemple, en 2004, un peu plus
de 32,6 millions d
hectolitres de
vin ont
é
t
é
achet
é
s en France,
alors que le pays comptait 60,4
millions d
habitants. Donc les
Fran
ç
ais ont bu 54 litres de vin
dans l
ann
é
e. Lumineux !
Oui, mais les d
é
tails manquent.
Avec ce mode de calcul, l
INSEE
fait l
impasse sur nombre de
sp
é
cificit
é
s qui laissent
à
penser
que la consommation r
é
elle est
bien inf
é
rieure
à
cela. Mais
qu
importe, ce chiffre cl
é
est
repris partout, par les
institutions fran
ç
aises et
europ
é
ennes. Cette statistique
est devenue un m
è
tre
é
talon.
D
è
s le biberon !
Et il illustre
à
merveille combien
les Fran
ç
ais sont de grands
buveurs nourris, d
è
s le biberon,
au gros rouge qui tache. Ainsi,
lorsque l
on compare la
consommation en France aux
autres pays europ
é
ens et m
ê
me
aux principaux pays
producteurs
à
travers le monde,
nous sommes champions du
monde. Nous sommes les plus
gros consommateurs de vin de
la plan
è
te per capita. Pourtant
cela ne vaut pas plus qu
une
m
é
daille en chocolat. Car tout
de m
ê
me un pays arrive devant
nous, c
est le Luxembourg qui
applique la m
ê
me r
è
gle de
calcul.
Ainsi les Luxembourgeois
consomment-ils 57 litres par an
et par personne. Mais, dans ce
cas, les institutions rappellent
que ce chiffre est gonfl
é
par les
achats transfrontaliers.
Et pour enfoncer encore un peu
plus le clou, les statistiques
europ
é
ennes sont fournies par
chaque pays, mais si certains
emploient la m
ê
me m
é
thode
que la France, d
autres utilisent
les r
é
sultats d
analyses de panels
de consommateurs extrapol
é
s
à
l
’é
chelle du pays, comme l
Italie.
D
autres encore ne comptent
que les consommateurs de plus
de 15 ans. Si bien qu
en
l
absence d
harmonisation des
modes de calcul, ces r
é
sultats,
à
l
’é
chelle europ
é
enne, se
retrouvent
ê
tre caducs. Par
ailleurs, comme le rappellent
Patrick Aigrain, de l
ONIVINS
et Bj
ö
rn Hibell, du Conseil
su
é
dois d
information sur
l
alcool et les autres drogues,
dans le n
°
6 de la revue Focus en
2003 :
«
Conna
î
tre les chiffres
exacts de la consommation
d
alcool d
un pays n
est pas chose
ais
é
e. Il est quasiment impossible
par exemple de recueillir les
donn
é
es concernant les circuits
parall
è
les de consommation.
Achat frontalier, contrebande,
production artisanale ou
familiale peuvent ainsi faire
varier les chiffres de mani
è
re
relativement sensible. Comment,
par exemple, distinguer la
consommation des touristes
é
trangers de celle des nationaux ?
»
Des facteurs qui peuvent
fortement biaiser la
consommation d
un pays
comme la France.
Et les
é
trangers ?
Car au moins trois points
sont int
é
gr
é
s sans discernement
dans
ce mode de calcul et
gonfle artificiellement
cette consommation de 54
w
w
w
.
p
r
e
s
s
e
-
v
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n
.
c
o
m
...
D
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c
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1
9
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1
9
8
0
1
9
9
1
/
1
9
9
2
1
9
9
2
/
1
9
9
3
1
9
9
3
/
1
9
9
4
1
9
9
4
/
1
9
9
5
1
9
9
5
/
1
9
9
6
1
9
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/
1
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/
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2
0
0
0
2
0
0
0
/
2
0
0
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2
0
0
1
/
2
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2
0
0
3
2
0
0
3
/
2
0
0
4
2
0
0
4
/
2
0
0
5
2
0
0
5
/
2
0
0
6
126,9
109,1
91
61,3
61,5
60,6
60,8
58,9
58,2
60,7
58,9
55,4
54,3
57,8
55,9
Source Insee DGI/DGDDI
54
54,2
54,4
0
20
40
60
80
100
120
140
Consommation moyenne de vin en France en litres par habitant
*Le Luxembourg se retrouveartificiellement en tête de ce classement à cause des gros volumes de vins
commercialisés auprès des populations des pays limitrophes. Source O.I.V.
Selon les statistiques de l'INSEE, la France
se retrouve premier consommateur mondial
Cons.de vin
litre/hab en 2004
Luxembourg*
57,3
France
54
Italie
49,3
Portugal
47,9
Suisse
40,9
Espagne
33,8
Hongrie
31,3
Grèce
29,8
Autriche
29,6
Argentine
28,6
Roumanie
26
Uruguay
24,7
Allemagne
23,7
Australie
21,9
Pays-Bas
20,6
Royaume-Uni
18
Chili
15,9
Su
è
de
14,9
Irlande
14,1
Norv
è
ge
12,7
Canada
11,4
Finlande
9,1
É
tats-Unis
8,2
Afrique du Sud
7,8
Selon l'INSEE la consommation moyenne des Français serait
légèrement à la baisse, une tendance beaucoup plus accentuée
par les analyses basées sur des panels de consommateurs.
l/personne :
1/ La consommation des
touristes
é
trangers en vacances
dans l
hexagone. Ils sont
environ 80 millions chaque
ann
é
e
à
privil
é
gier la France
comme exil vacancier. Dans une
enqu
ê
te r
é
alis
é
e tous les 3 ans
par la Maison de la France et
l
institut de sondage IPSOS
aupr
è
s des touristes
é
trangers,
42% des sond
é
s consid
è
rent
qu
ils viennent en France pour
la gastronomie
(
«
parce qu
on y
mange bien
»
).
C
est le
deuxi
è
me
é
l
é
ment mis en avant
par eux apr
è
s la
«
richesse
culturelle de France
»
(56%). Ce
sont donc des personnes qui
viennent aussi potentiellement
consommer et acheter du vin en
France.
2/ Les achats transfrontaliers. Ce
type d
achat s
effectue
majoritairement dans le nord de
l
hexagone, avec le Royaume-
Uni, la Belgique et les Pays-Bas.
Tr
è
s difficile
à
mesurer,
l
ONIVINS consid
è
re toutefois
que cela repr
é
sentait environ 1,3
million d
hectolitres de vin pour
l
ann
é
e 2000.
3/ La situation g
é
o
é
conomique
de la France au sein de l
Union
Europ
é
enne. Le pays est le
principal carrefour de l
Union
Europ
é
enne. Les volumes de vin
achet
é
s par les personnes en
transit dans l
hexagone sont
difficilement mesurables, mais
entrent eux aussi dans la
consommation des Fran
ç
ais.
Toutefois, en dehors de cette
mise en lumi
è
re simpliste de
l
INSEE, d
autres
é
tudes
dressent un tout autre portrait
du consommateur de vin en
France.
Chaque ann
é
e, la soci
é
t
é
TNS
Secodip enregistre les achats
d
é
clar
é
s par un panel de 7 500
foyers repr
é
sentatifs des
25 380 000 m
é
nages fran
ç
ais
pour leur consommation au
domicile principal. Une enqu
ê
te
qui exclut la consommation
dans les restaurants, en
entreprise, dans les collectivit
é
s
et en vacances. Toutefois, cette
é
tude montre que les volumes
achet
é
s sont sans commune
mesure avec les chiffres de
l
INSEE. Ainsi, en 2004, chaque
m
é
nage a achet
é
45,1 litres de
vins tranquilles et 6,9 litres de
vins effervescents, ce qui
repr
é
sente 52 litres par foyer. Un
volume qui repr
é
sente par
personne 21,57 litres. Sachant
que 70% des volumes de vins
sont vendus en grandes surfaces
et si l
on ajoute la
consommation au travail, qui se
marginalise, on peut certes
doubler ce chiffre et donc
arriver
à
une consommation
moyenne de 43 litres par
personne et par an. Mais on est
tout de m
ê
me 11 litres en
dessous des chiffres de l
INSEE.
L
ONIVINS de son c
ô
t
é
, qui,
avec l
aide de l
INRA de
Montpellier analyse l
’é
volution
de la consommation de vin
aupr
è
s d
un panel de 5000
consommateurs depuis 1980 et
dresse une analyse compl
è
te
tous les cinq ans fournit des
chiffres assez voisins. Dans la
premi
è
re
é
dition de Bacchus, en
2005, dans l
article sur la
consommation de vin en
France, Jean-Pierre Laporte
fournit les volumes consomm
é
s
par sexe et par type de
consommateur,
à
la fin des
ann
é
es 1990 (r
é
gulier,
occasionnel, non-
consommateur), pour une
population de plus 15 ans.
Ainsi, on s
aper
ç
oit que la
consommation par habitant de
plus 15 ans, n
est pas de 75
litres, mais de 62 litres.
Et si l
on reprend les volumes
consomm
é
s par cat
é
gories et
qu
on les adapte aux
consommateurs de 2005 (Les
non-consommateurs passent de
33%
à
38% entre 2000 et 2005,
les consommateurs occasionnels
passent de 43%
à
41% et les
consommateurs r
é
guliers pas de
24%
à
21%), cette
consommation par habitant
chute
à
41,63 litres.
«
Les
consommateurs r
é
guliers de vin
constituent une population
vieillissante, qui semble vieillir au
m
ê
me rythme que la population :
la baisse de la consommation
serait donc plus un ph
é
nom
è
ne
de culture que d
’â
ge : autrement
dit les jeunes consommateurs ne
se convertissent pas en r
é
guliers
comme leurs pr
é
d
é
cesseurs
»
,
selon la derni
è
re
é
tude
ONIVINS/INRA de 2005.
Deux statistiques qui
fournissent des chiffres
similaires. Et se ne sont pas les
seuls.
Des stats incroyables
Le Bulletin Epid
é
miologique
Hebdomadaire du 12 septembre
2006,
é
dit
é
par l
Institut de
veille sanitaire, met en avant
une
é
tude r
é
alis
é
e par une
é
quipe de chercheurs sur la
consommation d
alcool en
France, qui trouve le r
é
sultat
incroyable de 3,4 litres d
alcool
pur par an et par habitant. Un
r
é
sultat que les chercheurs
relativisent car il est loin des 9,3
litres enregistr
é
s par l
INSEE
pour la m
ê
me ann
é
e. Ils
mettent
é
videmment plusieurs
points important qui ont
influenc
é
les personnes sond
é
es,
mais ils mettent
é
galement en
doute le mod
è
le de calcul de
l
INSEE.
Pourtant, aux yeux des
d
é
tracteurs du vin et de l
alcool
en g
é
n
é
ral, comme les ligues
antialcooliques, c
est
syst
é
matiquement la
consommation calcul
é
e
à
partir
des donn
é
es de l
INSEE et de la
DGI qui est mise en avant. Il
faut dire que ce volume de
consommation est de l
or en
barre pour les ligues
antialcooliques. Il leur permet
de pointer du doigt cet
alcoolisme qu
elles combattent
avec une arm
é
e de blouses
blanches. Ainsi, l
alcool ce serait
: 5 millions de personnes
touch
é
es en France et un co
û
t
social de 17,5 milliards d
Euros
pour la nation. La France serait
l
un des pays o
ù
l
on boit le plus
d
alcool en Europe, notamment
à
cause du vin, 55 litres par
personne et par an. Les chiffres
w
w
w
.
p
r
e
s
s
e
-
v
i
n
.
c
o
m
1980
1985
1990
1995
2000
2005
Selon l'
é
tude ONIVINS-INRA, le nombre de consomma-
teurs r
é
guliers
à
é
t
é
divis
é
par deux en 20 ans alors que
les non-consommateurs ont
é
t
é
multipli
é
s par 1,5 fois.
.
Non-consommateurs
.
Consommateurs occasionnels
.
Consommateurs r
é
guliers
51%
30%
19%
42%
32%
26%
30%
37%
33%
28%
41%
31%
24%
43%
33%
21%
41%
38%
sont vertigineux, et ce sont
ceux-l
à
m
ê
mes qu
utilisent les
organismes et associations pour
animer leurs campagnes de
lobbying et faire pression aupr
è
s
des pouvoirs publics. Le vin
joue-t-il un r
ô
le aussi
important ? Le flou artistique
est soigneusement entretenu.
D
autant que si ces organismes
privil
é
gient les statistiques de
l
INSEE, ils peuvent argumenter
sur le fait que la consommation
de vin ne baisse pratiquement
pas depuis 10 ans. Or, La loi du
9 ao
û
t 2004 relative
à
la
politique de sant
é
d
é
finit deux
objectifs prioritaires : un
objectif de diminution du
niveau g
é
n
é
ral de
consommation (-20%), et un
objectif de r
é
duction des usages
à
risque et de la d
é
pendance.
L
INSEE comme
é
talon
Les chiffres de l
INSEE
confortent des associations
comme l
ANPAA dans l
id
é
e
qu
il faut intensifier le travail de
pr
é
vention, et surtout de
lobbying, aupr
è
s des pouvoirs
publiques afin de mettre en
place des outils efficaces pour
diminuer consid
é
rablement le
volume d
alcool consomm
é
.
L
A.N.P.A.A. et les diff
é
rents
organismes publics (Mission
interminist
é
rielle de lutte contre
la drogue et la toxicomanie,
M.I.L.D.T., l
Observatoire
Fran
ç
ais des drogues et
toxicomanies, O.F.D.T.,
I.N.S.E.R.M
) ne veulent
surtout pas faire la distinction
entre les vins et les autres
alcools, ainsi qu
entre les vins de
qualit
é
sup
é
rieure et les vins de
table, alors que cette derni
è
re
distinction est primordiale
aujourd
hui en raison de
l
’é
volution de la consommation
des vins et de leur usage dans
notre soci
é
t
é
. Pour mieux
fustiger le produit, les
organismes publics (M.I.L.D.T.,
O.F.D.T., en autres) et les
associations comme
l
A.N.P.A.A., n
h
é
sitent pas
noircir le trait
à
outrance.
L
un des probl
è
mes majeurs li
é
s
aux enqu
ê
tes publi
é
es par les
diff
é
rents organismes, c
est que
bien souvent le discours
id
é
ologique prend le pas sur la
rigueur scientifique. Les auteurs
des
é
tudes sont, dans le m
ê
me
temps, adh
é
rents des ligues
antialcooliques et membres des
plus hautes autorit
é
s sanitaires.
Le professeur Sylvain Dally,
toxicologue aupr
è
s des h
ô
pitaux
de Paris, est pr
é
sent dans tous
les grands colloques o
ù
il est
question d
addictologie. Il est
aussi vice-pr
é
sident de
l
A.N.P.A.A. et pr
é
sident du
coll
è
ge scientifique de l
O.F.D.T..
Des postes qui lui conf
è
rent un
pouvoir non n
é
gligeable. Le
rapport de l
’é
conomiste Pierre
Kopp a
é
t
é
financ
é
par l
O.F.D.T.
apr
è
s appel d
offre, mais
l
homme est aussi membre du
coll
è
ge scientifique de
l
observatoire et proche des
ligues antialcooliques.
Le paradoxe fran
ç
ais
Ainsi,
à
l
int
é
rieur des
associations, des autorit
é
s
sanitaires et des coll
è
ges
scientifiques retrouve-t-on
toujours les m
ê
mes
personnalit
é
s, essentiellement
des psychiatres, des toxicologues
et des neurologues, qui
monopolisent le discours tout
en
é
cartant les analyses
alternatives et en cooptant les
nouveaux scientifiques qui ont
le m
ê
me profil et la m
ê
me
vision qu
eux. C
est ainsi que le
«
paradoxe fran
ç
ais
»
, d
é
couvert
par le professeur Serge Renaud,
ancien directeur de recherche de
l
I.N.S.E.R.M., est de plus en
plus souvent remis en cause. Au
point de consid
é
rer l
’é
tude
premi
è
re, r
é
alis
é
e voil
à
20 ans
sur plusieurs dizaines de milliers
de patients, comme
«
sans
fondement scientifique
»
,
par
certains chercheurs de
l
I.N.S.E.R.M. Par ailleurs, peu
d
’é
tudes ont
é
t
é
financ
é
es pour
r
é
pondre
à
des questions
mettant en relation l
usage des
drogues et la pression sociale, le
stress au travail, l
’é
clatement des
familles ou l
exclusion sociale.
Pourtant des
é
tudes anglaises
montrent combien la relation
de cause
à
effet est
d
é
terminante.
Dans ce grand ensemble bien
huil
é
, chaque structure joue un
r
ô
le pr
é
cis. Les organismes
publics apportent la caution de
l
Etat aux scientifiques qui
participent aux
é
tudes. Comme
la M.I.L.D.T. et l
O.F.D.T. sont
directement rattach
é
s et
financ
é
s par les services
w
w
w
.
p
r
e
s
s
e
-
v
i
n
.
c
o
m
...
Entre 2003 et 2004,
la soci
é
t
é
TNS Secodip a enregistr
é
une baisse
de 2 litres des volumes d'achats de vins.
en 2003/2004
Carte routi
è
re Taride
w
w
w
.
p
r
e
s
s
e
-
v
i
n
.
c
o
m
généraux du Premier Ministre,
ces deux organismes sont
d’excellents marchepieds pour
côtoyer les hautes sphères de
l’Etat. Enfin, les associations,
quant à elles, servent de relais
auprès des médias et de
l’opinion publique, vulgarisent
le discours des scientifiques
« accrédités »,
et intentent des
proc
è
s contre ceux qui ne
respectent pas la loi. En
l
occurrence, l
A.N.P.A.A. fait
feu de tous bois. D
ailleurs, ses
statuts le stipulent clairement.
Article 1, alin
é
a b :
«
L
A.N.P.A.A. a pour but (
)
de veiller
à
l
am
é
lioration et
à
l
application de la l
é
gislation en
la mati
è
re et d
exercer ses droits
reconnus de partie civile.
»
Le mot
“potentiellement”
L
A.N.P.A.A. mart
è
le
é
galement
que
«
5 millions de personnes
sont directement touch
é
es par
l
alcoolisme en France
»
.
Pour
comprendre ce chiffre, il faut
lire entre les lignes du
«
Barom
è
tre Sant
é
2000
»
,
publi
é
par l
I.N.P.E.S. (Institut national
de pr
é
vention et d'
é
ducation
pour la sant
é
) :
«
8,6% des
enqu
ê
t
é
s de 12
à
75 ans seraient
(ou auraient
é
t
é
)
potentiellement d
é
pendants
à
l
alcool, (
) soit environ 4
millions de personnes
»
(Etude
r
é
alis
é
e par l
Observatoire de la
Sant
é
aupr
è
s de 2.000 patients
de m
é
decins g
é
n
é
ralistes des
Pays de Loire.). Soit un million
de personnes en moins par
rapport aux chiffres de
l
A.N.P.A.A. Par ailleurs le mot
«
potentiellement
»
associ
é
au
conditionnel laisse planer un
s
é
rieux doute sur la v
é
racit
é
du
chiffre. Cette estimation est
bas
é
e sur un sondage en milieu
hospitalier. Or, les personnes
alcoolo d
é
pendantes sont plus
sensibles aux maladies et
accidents que les autres. Ce qui
en fait une population plus
pr
é
sente en milieu hospitalier.
Enfin,
à
partir de quel
seuil sommes-nous
consid
é
r
é
s comme
alcoolo d
é
pendants ?
Chez un individu,
l
addiction est
d
é
termin
é
e
à
partir du
moment o
ù
il est
incapable de r
é
duire
ou d
arr
ê
ter sa
consommation. Un
verre d
ap
é
ritif chaque
soir peut
ê
tre consid
é
r
é
comme un signe
d
addiction. Comme
on peut le voir,
derri
è
re l
apparente
rigueur du discours
m
é
dical, de
nombreuses
«
incertitudes
»
et
«
probabilit
é
s
»
se sont
transform
é
es en
arguments
id
é
ologiques amplifi
é
s
par des structures
comme l
A.N.P.A.A. Et
la volont
é
de mener
une v
é
ritable guerre
aux viticulteurs est de
plus en plus visible, car ces
m
é
decins sont persuad
é
s qu
en
é
liminant l
alcool on
é
radiquera
l
alcoolisme. Dans une interview
donn
é
e en f
é
vrier 2000,
à
la
revue
«
Libre
»
, le magazine
é
dit
é
par l
association de lutte
contre l
alcoolisme
«
Vie Libre
»
,
Pierre Kopp, l
auteur du rapport
é
ponyme, en dressait le tableau :
«
Notre situation est l'inverse de
celle des Etats-Unis. Dans ce
pays, des int
é
r
ê
ts
é
conomiques
consid
é
rables
é
taient li
é
s au tabac
et il a fallu une guerre du tabac
pour qu'une politique de sant
é
publique s'impose. Ce qui
explique d'ailleurs un certain
rigorisme dans son application.
En France, ce n'est pas le tabac
qui est puissant mais l'alcool,
c'est donc une guerre de l'alcool
qui attend notre pays s'il souhaite
que le co
û
t social diminue.
»
Jérôme Baudouin
Depuis sept ans, le rapport Kopp
est brandi par toutes les
instances de lutte contre
l’alcoolisme. Une mine d’or, car
c’est le premier rapport qui
mesure le
« coût social des
drogues en France ».
En 277
pages, l
auteur
é
num
è
re tout ce
que l
alcool co
û
te
à
la Soci
é
t
é
,
des frais d
hospitalisation aux
embouts d
’é
thylom
è
tres, en
passant par les amendes, les
pertes de productivit
é
au travail
et m
ê
me les d
é
c
è
s pr
é
matur
é
s !
C
est ainsi que l
on apprend que
l
alcool (et non l
alcoolisme)
co
û
terait chaque ann
é
e 17,5
milliards d
euros
à
la France. Si
l
on arrive
à
ce chiffre
gigantesque, c
est que l
expert
consid
è
re
«
qu
il serait erron
é
de
n
imputer ce
co
û
t social
qu
aux consommations dites
abusives
,
alors qu
on ignore
s
il existe un plafond de
consommation au-dessous
duquel le risque serait nul
»
.
Son
calcul devient plus
invraisemblable encore lorsqu
il
expose ses hypoth
è
ses :
«
En
l
absence de consommation et
d
activit
é
s
é
conomiques dans
les secteurs de l
alcool, du tabac
et des drogues illicites,
l
ensemble des ressources
mobilis
é
es dans ces
secteurs
é
conomiques trouverait
à
ê
tre
employ
é
de mani
è
res diff
é
rentes
dans d
autres types d
activit
é
s ;
ensuite, et sous cette premi
è
re
hypoth
è
se, la r
é
allocation de ces
ressources permettrait (
) de
g
é
n
é
rer le m
ê
me montant de
b
é
n
é
fices, sans en supporter les
co
û
ts pr
é
c
é
demment engendr
é
s.
Cette nouvelle affectation des
ressources permettrait donc de
garder constant le montant
global des b
é
n
é
fices engendr
é
s
par l
ensemble des activit
é
s
é
conomiques, mais,
parall
è
lement, de diminuer le
montant global des co
û
ts induits
par ce m
ê
me ensemble
d
activit
é
s et, en cons
é
quence,
d
augmenter le bien-
ê
tre
collectif.
»
É
l
é
mentaire !
Et tous ces calculs sont bas
é
s
sur des
«
estimations
»
et des
«
probabilit
é
s
»
.
J.B.
L
incontournable rapport Kopp
...
.
A consommer sans modération !
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