9 avril 2012 : Le peuple a commis un crime de lèse-majésté

De
Publié par

événements du 9 avril 2012 sachant que le 9 avril est la fête des martyrs en Tunisie (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_du_9_avril_1938)

Publié le : mardi 10 avril 2012
Lecture(s) : 144
Licence : Tous droits réservés
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins
L’avenue Habib Bourguiba est interdite, interdite oui, non pas d’y
accéder mais de programmer quelconque manifestation quelque soit sa
nature, bien sur pour corriger ses fautes on les remplace par d’autres
prises sur coup de tête.
Je vais mettre entre les mains de ceux qui ne sont pas aux courants des
événements, un petit aperçu historique afin de savoir de quoi je parle
Le 27 mars : journée mondiale du théâtre les hommes, femmes
étudiants, amateurs et fans se sont donné rendez-vous devant le théâtre
municipal de Tunis afin de fêter cette journée. Le même jour, les
salafistes de l’autre coté qui sont venus manifester eux aussi la journée
du coran.
Un curieux et surtout qui nous laisse mijoter, du face à face entre
deux entités.
Jusque là rien d’anormal, juste une question qui se pose comment est-
ce-que le ministre de l’intérieur n’a pas eu la présence d’esprit pour
une fraction de seconde que cela pourrait poser problème ?
Et voilà la fête a commencé et fini par une confrontation entre la
journée du coran et la journée mondiale du théatre.
La chose qui a poussé et donner légitimité à Mr le ministre de
l’intérieur de prendre la décision suivante : personne n’a plus le droit
de se manifester dans l’avenue Habib Bourguiba.
En ce sens une question se pose : pourquoi vous nous poursuivez
jusqu’au passage en passant par Mohamed V, si nous ne retrouvons
plus à l’avenue en question ?
D’ores et déjà l’avenue que vous nous avez interdite de manifester
« in » n’est autre que celle qui a dégagé votre et notre tyran qui vous a
tant torturé comme vous le prétendez.
L’avenue que vous interdisez au citoyens pacifistes aujourd’hui est
celle qui vous à tant défendu.
L’avenue depuis laquelle nous avons arraché votre ancien dictateur
c’est celle qui vous a permis de respirer l’air de la liberté et sous
laquelle on vous a caché.
Quand vous prenez place, vous demeurez pire, vous devenez le
monstre vêtit en peau humaine.
Le 9 avril 2012 une journée inoubliable incontournable et surréaliste.
Le 9 avril 2012, nous l’avons tant attendu afin de fêter nos martyrs qui
ont donné leurs vies pour libérer notre pays de toute tyrannie.
Le 9 avril 2012 une journée qualifiée de noire.
Nous avons été confronté aujourd’hui à la pire répression qui ne
puisse et ne pourra exister, la seconde après celle du 14 janvier 2011.
Une agression inégalée de la part des policiers, pire encore : de la part
de milices salafistes et nahdhaouistes, qui tenaient à leurs mains des
bâtons en fer et qui étaient derrière les policiers.
Comment nous avons pu savoir qu’il s’agit bien de salafistes ou
nahdaouis. Simple un policier en Tunisie n’a pas le droit d’avoir une
barbe et n’exécute pas son "devoir" en tenue de sport nike, adidas ou
autre.
Par ailleurs, la nouvelle génération salafiste et nahdaouiste branchée
s’identifie de la telle.
Nous avons cru avoir dégagé une dictature mais en faite on n’a fait
que la remplacer par une autre plus dangereuse je la qualifierai de
fasciste.
Nous étions entrain de se former en petit groupe afin d’essayer d’y
accéder à l’avenue hélas nous avons eu comme réponse du lacrimos et
une poursuite terrible acabienne (a.c.a.b= policiers).
Nous avons alors décidé de faire entendre notre voix depuis la place
des droits de l’homme qui se trouve à l’avenue mohamed V.
Même là, à la place des droits de l’homme, les a.c.a.b’s refusent que
nous soyons là et recommencent la poursuite cette fois-ci c’est
vraiment du sérieux.
Poursuite en bagas (je ne parle pas de fanfare bretonne traditionnelle
mais plutôt de la grande voiture de police) et motards, orchestrée de
lacrimos.
Nous avons couru en foule, petite ou grande nous nous sommes
dispersés, chacun de nous court de son coté.
Certain ont longé l’avenue, les autres ont pris les petites ruelles qui se
trouvent à gauche et perpendiculaire à l’avenue mohamed V. Les
derniers ont été matraqués, du coup le nombre de blessés est
innombrable.
Nous avons été bouleversés et surtout beaucoup d’entre nous ont été
affecté par le gaz lacrymogène.
Certains se sont évanouis, surtout adultes ayant une tranche d’âge
entre 40 et 50 ans.
Enfin nous ne pouvons certainement pas continuer à courir surtout
que l’a.c.a.b nous poursuivait à grande vitesse et nous avons trouvé
une petite fuite qui donnait ouverture sur un terrain plein d’ordures
c’était le seul refuge difficile aux a.c.a.b d’y accéder via leurs engins.
Et là, la grande surcrise dans ce terrain l’a.c.a.b nous a lancé des
bombes lacrymogènes.
Nous avons échappé belle et que le vent divin a soufflé de tel sorte
pour nous sauver. Merci mon Dieu d’avoir contre-couronné leurs sale
jeu.
Est-ce-que participer à une manifestation aujourd’hui en Tunisie est
devenue un crime de lèse-majesté ? Qui sait avec ennahda vs
salafisme à la tunisienne tout est possible.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.