Cinquante ans de sondages d'opinion: les agriculteurs vus par les autres Français et par eux-mêmes - article ; n°1 ; vol.255, pg 21-32

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Économie rurale - Année 2000 - Volume 255 - Numéro 1 - Pages 21-32
Fifty years of public opinion polls: farmers seen by other french people and by themselves - The «awful» image of farmers and rural areas, largely spread fifty or one hundred years ago, has entirely changed. For public opinion, agriculture is, nowadays, a good stake for French economy, especially for exportation. It has to be helped, because it has a promising future and life is better in rural areas than in towns. Farmers themselves think they have become true managers who run their farm according to the most modern methods and to the market's laws. They are a little afraid by the European building, but are keen supporters of the «euro».This paper in based on the study of old and recent authors and of public opinion polls since 1945.
L'image «exécrable» des agriculteurs et du monde rural, répandue il y a cinquante ou cent ans, s'est radicalement modifiée. Aux yeux de l'opinion publique, l'agriculture est désormais un atout pour l'économie française, notamment à l'exportation. C'est un secteur qu'il faut aider, car il a de l'avenir et que la vie à la campagne est plus agréable qu'en ville. Les agriculteurs eux-mêmes pensent qu'ils sont devenus de véritables chefs d'entreprise qui gèrent leur exploitation selon les méthodes les plus modernes possibles et en tenant compte des lois du marché. La construction européenne les inquiète un peu, mais ce sont de chauds partisans de l'euro. L'étude repose sur la lecture d'auteurs «anciens» et «modernes», ainsi que sur les enquêtes d'opinion réalisées depuis 1945.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 2000
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Mme Isabel Boussard
Cinquante ans de sondages d'opinion: les agriculteurs vus par
les autres Français et par eux-mêmes
In: Économie rurale. N°255-256, 2000. pp. 21-32.
Abstract
Fifty years of public opinion polls: farmers seen by other french people and by themselves - The «awful» image of farmers and
rural areas, largely spread fifty or one hundred years ago, has entirely changed. For public opinion, agriculture is, nowadays, a
good stake for French economy, especially for exportation. It has to be helped, because it has a promising future and life is better
in rural areas than in towns. Farmers themselves think they have become true managers who run their farm according to the
most modern methods and to the market's laws. They are a little afraid by the European building, but are keen supporters of the
«euro».This paper in based on the study of old and recent authors and of public opinion polls since 1945.
Résumé
L'image «exécrable» des agriculteurs et du monde rural, répandue il y a cinquante ou cent ans, s'est radicalement modifiée. Aux
yeux de l'opinion publique, l'agriculture est désormais un atout pour l'économie française, notamment à l'exportation. C'est un
secteur qu'il faut aider, car il a de l'avenir et que la vie à la campagne est plus agréable qu'en ville. Les agriculteurs eux-mêmes
pensent qu'ils sont devenus de véritables chefs d'entreprise qui gèrent leur exploitation selon les méthodes les plus modernes
possibles et en tenant compte des lois du marché. La construction européenne les inquiète un peu, mais ce sont de chauds
partisans de l'euro. L'étude repose sur la lecture d'auteurs «anciens» et «modernes», ainsi que sur les enquêtes d'opinion
réalisées depuis 1945.
Citer ce document / Cite this document :
Boussard Isabel. Cinquante ans de sondages d'opinion: les agriculteurs vus par les autres Français et par eux-mêmes. In:
Économie rurale. N°255-256, 2000. pp. 21-32.
doi : 10.3406/ecoru.2000.5152
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_2000_num_255_1_5152BOUSSARD Isabel
inquante ans
de sondages d'opinion
Les agriculteurs vus par les autres Français
et par eux-mêmes
«Par la nature de leurs fonctions sociales, les fortune faite, aurait voulu tout vendre et lan
cer son fils dans quelque profession paysans vivent d'une vie purement matérielle
libérale.» {Ibid., p. 44 1).1 Même durant l' enqui se rapproche de l'état sauvage auquel les
tre-deux-guerres, il était fréquemment consinvite leur union constante avec la Nature. Le
eillé au jeune «doué» de partir à la ville et à travail, qui écrase le corps, ôte à la pensée
celui qui ne l'était point de rester à la terre. son action purifiante, surtout chez les gens
Parallèlement, un certain nombre d'autres ignorants. » (Honoré de Balzac, Les paysans,
auteurs s'appliquent à célébrer les vertus de p. 91). «C'était l'engourdissement mortel,
l'agriculture. Léonce de Lavergne, le premier inévitable de la routine [...] Qu'était-ce donc
à occuper la chaire d'économie et de législa{le progrès) pour les petits propriétaires, têtes
tion rurales à l'Institut national agronomique, dures, hostiles aux nouveautés? Un paysan
nouvellement créé en 1850 à Versailles2, serait mort de faim, plutôt que de ramasser
écrit en 1 854 : «L 'agriculture est le plus beau dans son champ une poignée de terre et de la
de tous les arts, mais il est en même temps le porter à l'analyse d'un chimiste. » (Emile Zol
plus difficile.» (préface à l'édition de 1854, a, La Terre, p. 490).
p. vu). Cinquante ans plus tard, Jules Méline Au XIXe siècle, le paysan est le plus sou
reprend la même idée: «L'agriculture touche vent présenté comme cupide, avare, voleur,
à tout et ses horizons sont immenses; elle éventuellement assassin et surtout ignare, car
n 'est pas seulement une science qui résume on comprend bien que tout tourne autour de toutes les autres, elle est surtout un art, puis-
l'instruction et même d'un refus de l'instruc qu 'elle consiste à appliquer, avec intelligen
tion. À un malheureux qui ose dire: «II fau ce et discernement, les vérités scientifiques,
drait [...] avoir des écoles pour apprendre à qui est le propre de l 'art. » ( 1 905, p. 1 59).
cultiver...», «Fouan l'interrompit violem En 1912, Michel Augé-Laribé reprend le
ment, en vieillard obstiné dans sa routine: problème de l'agriculteur sous un autre an
'Fichez-nous la paix avec votre science! gle, plus «économique»: «L'agriculteur de
Plus on en sait, moins ça marche, puisque je vient un industriel et un commerçant, il
vous dis qu 'il y a cinquante ans la terre rap
portait davantage'» (Ibid., pp. 435-436). Et 1 . Sur cette mauvaise image de marque, voir aussi le
c'est l'écroulement du rêve d'un père dont le début de l'article de Pierre Barrai (1966).
fils fait «d'exécrables études [...] décevant 2. Et supprimé deux ans plus tard, puis recréé an
1876. un nouveau rêve de ce dernier qui, devant la
Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000 peut-être, l'emporter par ses connaissances
générales sur les techniciens des autres
prend même s'affermissent et vers n 'est-ce un son auteur plus rang pas noble insiste et dans que idéal la sur les lutte bataille ?» l'enseignement cœurs ( 19 que 12, économique, les se p. haussent 289). volontés proLe branches de l'activité nationale. Il faut donc
qu 'un enseignement approprié lui soit large
ment dispensé.» (1928, pp. 21-22)
fessionnel qui, comme on le voit, est au cœur Sous toute la nr2 République, l'accent sera
du problème: «Les agriculteurs désirent mis sur le développement de l'enseignement,
pour leurs enfants un enseignement spécial en même temps d'ailleurs que sur l'améliora
leur donnant et le goût du métier agricole et tion de la voirie et 1' electrification des cam«A les notions essentielles pour se perfectionner pagnes. Cet effort de modernisation explique (0
dans une profession qui exige de plus en que les choses aient bien changé et que la
| plus, avec une forte éducation morale, des vision ne soit plus du tout la même en l'an
connaissances très variées.» (1938, p. 20 1).3 2000 qu'en 1855 et 1887.4 L'image s'est
Alexis Jaubert reprend le même thème: «La modifiée aussi bien au niveau de l'ensemble
profession agricole tend à devenir une pro de l'opinion publique qu'à celui des agricul
fession qui nécessite, de plus en plus, pour teurs eux-mêmes qui n'ont plus la même
être exercée à profit, des connaissances mult conception de leur métier.
iples. Le technicien de la terre devra bientôt,
4. Dates de la première parution complète des ouvra
3. Sur les principales idées de Michel Augé-Laribé, ges précédemment cités d'Honoré de Balzac et
voir Isabel Boussard (1998). d'Emile Zola.
Les agriculteurs et la vie à la campagne
vus par les autres Français
Immédiatement après la Seconde guerre mond pagne. Par ailleurs, les enquêtes se multi
iale, les agriculteurs ne sont pas très bien plient, les instituts de sondage aussi.
vus, mais pour des raisons différentes. Ils sont L'Institut français d'opinion publique (IFOP)
jalousés: non seulement ils n'ont guère souff seul en piste depuis 1938 et jusqu'à la fin des
ert de la faim durant l'Occupation, mais ils années Cinquante, est vite concurrencé par
bien d'autres organismes. sont soupçonnés de s'être considérablement
enrichis. D'où les légendaires «lessiveuses»!
En mai 1946, les gens des villes leur repro
1. Approbation de l'aide à l'agriculture chent leur égoïsme, leur avarice, de s'enrichir
à leurs dépens, etc.5 II est évident que la question ne peut être
Avec les années, le ton change. La pénurie posée aux Français que de façon globale. Il est
s'éloigne - rappelons que les cartes de pain impossible de distinguer le soutien des prix,
sont supprimées en février 1949 et que vers les aides directes, etc. comme le font les éco
1950, la situation redevient normale - l'agri nomistes. Il ne peut s'agir que de «l'aide» en
culture poursuit sa modernisation et l'image général et au singulier ou de subventions.
devient bonne et même excellente au point En septembre 1957, l'Institut français
qu'il faut aider l'agriculture, car c'est un sec d'opinion publique (IFOP) pose la question de
teur d'avenir et que l'on aime vivre à la cam- savoir s'il faut supprimer ou maintenir les
subventions agricoles, en précisant bien que
«ces restent à la charge de tous 5. Sur les premiers sondages concernant cette pério
de, voir Isabel Boussard (1981). les contribuables», souci d'honnêteté qui a
22 Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000 en faire réfléchir plus d'un! Eh bien, les ges, 1963 [3], p. 74). Depuis lors, revendicadû
non cultivateurs ne sont que 37 % à souhaiter tions et manifestations sont toujours
qu'elles soient supprimées, 42 % sont favo approuvées par une majorité de Français,
rables à leur maintien (Sondages, 1957 (2), sauf s'il est fait recours à la violence qui, elle,
p. 28). est condamnée. Exemples: «Le recours à la
Sautant les années, en 1990, un sondage de violence est injustifiable quelle que soit la
la SOFRES propose même aux Français que situation des agriculteurs: 80%», «Étant
«l'on renforce les subventions à l'agricul donné la situation actuelle des agriculteurs,
ture», 24 % sont d'accord et 52 % veulent on peut comprendre le recours à la violence :
qu'on les maintienne (23-25 octobre 1990).6 20%» (bva, 28-29 septembre 1990). Au
En 1994, le même institut pose la question: même moment, un autre institut pose aussi la
«En ce qui concerne l'agriculture française, question: «Estimez- vous que les problèmes
estimez- vous qu'il faut continuer de la sub actuels des agriculteurs justifient leurs actes
ventionner car il faut absolument maintenir de violence?» Oui: 26%, non: 74%.
la France rurale?» 74% sont d'accord et (sofres, 28 septembre 1990).8
19 % seulement pensent qu'il faut cesser.
Tableau 1. «Pensez-vous qu'il vaut mieux, (26-28 décembre 1994). Dans les négocia
pour un pays comme la France, tions du GATT, la question est posée: «Le aider l'agriculture pour conserver un secteur agricole
gouvernement français a-t-il, selon vous, rai important, même si certaines productions reviennent
son de défendre les agriculteurs?» Oui, r plus chères qu'à l'étranger?»
épondent 87,5 % des Français. (Téléperfor 1974 1998 mance, 2-4 décembre 1993).
Approbation de l'aide 71% 77%
En 1998, la question est rédigée de façon
Laisser jouer la concurrence 16% 18% différente, mais ne contredit pas les opinions
Sans réponse 13% 5% précédentes: «Selon vous, vaut-il mieux dis
Total 100 100 tribuer les ressources financières aux exploi
tations en difficulté pour qu'elles puissent se
maintenir?» 75 % sont de cet avis et 14 % 2. L'agriculture, un secteur d'avenir,
seulement en faveur des exploitations dyna une chance pour notre économie
miques (CSA, 22 septembre-5 octobre 1998).
Quant à la part de l'agriculture dans le budget En 1977, la SOFRES propose deux affirma
européen, elle est jugée trop importante par tions: «L'agriculture est aujourd'hui une
21 % des Français, insuffisante: 23 %, juste chance pour notre économie, il faut la déve
comme il faut: 36 %, soit un total de 59 % lopper et lui donner une place plus
plutôt favorable (Ibid.) importante.» 64% des Français sont d'ac
L'enquête la plus récente, comparée à une cord, alors que 23 % pensent qu'il faudrait
précédente, montre que l'approbation de développer d'autres secteurs (juillet 1977).
l'aide est encore plus élevée, puisqu'une plus En 1983, l'institut BVA demande: «L'agri
forte majorité se prononce en sa faveur en culture française est un secteur d'avenir?»
1998 qu'en 1974.7 oui: 58 %, non: 24 % (28 octobre 1983). En
Cette approbation de l'aide s'accompagne 1993, 74 % des Français sont tout à fait ou
d'une bienveillance à l'égard des manifestat plutôt d'accord avec l'idée que «l'agriculture
ions. Dès 1961, les Français sont à 47 % est un secteur dynamique», 90 % qu'elle
favorables à ces manifestations (3 1 % hosti «joue un rôle important dans l'économie de
les) et, en 1962: 67 % contre 21 % notre pays», 80 % que les industries qui lui
6. Pour plus de détails, voir Isabel Boussard (1993). 8. Sur les problèmes de violence, voir Nathalie Du-
7. Voir tableau 1. Sofres, 18-22 décembre 1998. clos(1998).
Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000 économiques qui «obligent les agriculteurs à
sacrifier la qualité au profit du rendement», économique qu'il sont France liées est reste «tout «contribuent une de à grande la fait France», indispensable puissance fortement 72 % exportatrià pensent que l'essor la a cité en premier, aussi bien en 1984 (45 %) o
qu'en 1998 (57 %) (Ibid.)
ce de produits agricoles» (BVA, 19-20 no Les qualificatifs attribués aux agriculteurs Î «0 vembre 1993). sont en majorité positifs, bien qu'ils soient
En 1998, la SOFRES pose la même question aussi «jamais contents» ou «assistés».10 Les
qu'en 1977 et 58 % des Français disent enco Français éprouvent à leur égard «de l'att
re qu'elle est «une chance pour notre achement»: 44 %, «de l'indifférence»: 22 % «A
économie», 37 % seulement pensent qu'il est (IFOP, 25-26 février 1999).
«plus important de développer d'autres
Tableau 3. Les qualificatifs attribués aux agriculteurs secteurs». De façon plus précise, on pose la
i question de savoir si, par rapport aux autres BVA* 28-29 septembre 1990
pays de l'Union européenne, l'agriculture Travailleurs 94%
française est «compétitive» et elle l'est pour Dynamiques 75%
une majorité des Français.9 Pour 84 % des
Sympathiques 72%
Français, il n'y a pas trop d'agriculteurs en Jamais contents 64% France (77 % en 1971) et pour 47 à 48 %, ils
IFOP* 25-26 février 1999 constituent «une catégorie ni plus ni moins
Courageux 94% favorisée que les autres» (18-22 décembre
Modernes 78% 1998). En 1999, I'ifop demande la même
Compétitifs 67% chose, avec des résultats différents, car le
dernier item n'était pas proposé: une catégor Respectueux de l'environnement 54%
ie «plus favorisée»: 31 %, «moins favo Assistés 55%
risée»: 55% et «ni l'un ni l'autre (non
suggéré)»: 12% (25-26 février 1999). De Le métier d'agriculteur est jugé «dur,
l'attention à apporter à la manière dont la difficile» par 93 % des Français (BVA, 19-20
question est posée. novembre 1993), de sorte qu'ils n'incitaient
nullement leurs enfants à s'engager dans cetTableau 2. «Par rapport aux autres pays de l'Union
te voie. Mais là, on observe un retournement européenne, l'agriculture française est:»
presque complet de comportement: en 1990,
1990 1998 les «non» l'emportent largement, en 1998, le
Plutôt compétitive 52% 73% refus se transforme en acceptation.1 '(Remar
Peu ou pas du tout 40% 21% quons que les «sans opinion» sont 1 ou 0 %
Sans réponse 8% 6% pour les agriculteurs ce qui indique bien
Total 100 100 qu'ils ont une idée précise sur la question).
Ceci est confirmé par une autre enquête
Dans l'ensemble, les Français estiment auprès des seuls agriculteurs: «Qu'auriez-
qu'ils n'ont pas assez d'informations sur vous souhaité ou que souhaiteriez-vous que
l'agriculture: 52 % en 1977 et même 60 % en votre fils/fille soit plus tard?» En première
1998, 1 à 2 % disent qu'ils en ont trop. Les position: agriculteur: 28%, puis: fonction
nouvelles technologies «profitent plutôt aux naire: 13 %, etc., en dernière position: com
firmes multinationales qui les élaborent» merçant 1 % et ce sont surtout les plus de 65
(78 %). Quant à la qualité des produits al ans (34 %) et ceux qui cultivent plus de 50
imentaires, elle s'est dégradée (54 %) et cela
vient sans doute, en partie, des conditions
10. Voir tableau 3, plusieurs réponses possibles év
idemment.
9. Voir tableau 2, SOFRES, 18-22 décembre 1998. 11. Voir tableau 4.
24 Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000 hectares (39 %) qui envisagent un avenir progrès du monde moderne»: 53 % des
agricole pour leurs enfants (CSA, 22 septem- Français et 48 % des agriculteurs ne sont pas
bre-5 octobre 1998). Effet de la crise? mont d'accord avec cette affirmation (CSA,
ée du chômage? sans doute. 22 septembre-5 octobre 1998).
En 1999, la tendance est confirmée. Selon Tableau 4. «Si l'un de vos enfants avait envie de devenir
un sondage IFOP, réalisé pour la présidence agriculteur, l'encourageriez-vous dans cette voie?»
du Sénat, une majorité souhaiterait, dans dix SOFRES SOFRES
ans, vivre dans une petite commune rurale et septembre 1990 décembre 1998
4 % seulement à Paris.12 Agricul- Français Agricul- Français
teurs teurs Tableau 5. «Dans dix ans, les Français voudraient vivre: »
Oui 26 % 19 % 70 % 48 %
Dans une petite commune rurale 44% Non 73 % 79 % 30% 44%
Dans une ville moyenne de province 26% Sans réponse 1 % 2 % 0% 8%
Dans une commune périurbaine 11% Total 100 100 100 100
Dans une grande ville de province 9%
Dans une ville de la banlieue parisienne 5%
3. La vie à la campagne À Paris 4%
Total 99 Si le métier d'agriculteur n'est nullement
idéalisé, la vie à la campagne est le rêve de
Cet amour de la campagne et cette croyanbeaucoup de Français. Les enquêtes sont très
ce à son ouverture au progrès expliquent, sans nombreuses, on ne citera que quelques exemp
doute en partie, l'attachement à la commune: les. En 1978, 43 % des Français auraient
«Auquel de ces lieux avez- vous le sentiment aimé vivre à la campagne. Ils souhaitaient
d'appartenir avant tout? La ville ou la com«pour que les Français vivent mieux»,
mune où vous habitez: 43 %, la France: «faciliter le développement des petites villes
33 %, votre région: 13 %, votre département: au détriment des grandes»: 38 % et 37 %
9 %» Pour 86 % des personnes interrogées «favoriser la vie à la campagne et freiner
l'urbanisation» (IFOP, 17-21 octobre 1978). c'est la commune qu'elles considèrent com
Même les jeunes sont attirés: 37 % des 15-17 me «quelque chose de proche» et 5 % seule
ans aimeraient vivre à la campagne, surtout ment voudraient la voir disparaître comme
les garçons: 42 % (les filles: 32 %) (SOFRES, échelon administratif.13
5- 10 janvier 1990). Une remarque s'impose: ces enquêtes sont
En 1993, 50 % des Français souhaitent vi réalisées auprès de l'ensemble des Français,
vre à la campagne, 40 % dans une ville de dont 80 % habitent dans les villes. Face au
province, 9 % dans l'agglomération parisien bitume des rues, envolés les souvenirs du
ne (bva, 19-20 novembre 1993). En 1994 ou chant du coq, des odeurs de lisier, des fanes de
1998, «la vie à la campagne est plus agréable betteraves sur les routes, etc. D'où un décala
que la vie en ville»: 84 % des Français sont ge entre le niveau national et le plan local où
d'accord (92 % des agriculteurs). «Les rela
tions entre les gens sont plus humaines à la
12. Voir tableau 5, IFOP, 22-23 avril 1999, sondage campagne qu'elles ne le sont en ville»: 79 % commenté dans Le Monde, 7 mai 1999, «Quand les
(84 % des agriculteurs). «Les grandes va urbains rêvent de redevenir des ruraux» et Le Fi
garo, 1er septembre 1999, «Pourquoi les Français leurs fondamentales de notre pays sont
quittent les villes. L'exode urbain, ignoré des poumieux préservées à la campagne qu'en voirs publics, est un phénomène qui se confirme
ville»: 71 % des Français et des agriculteurs. pourtant chaque année.»
Et, a contrario, «Les gens de la campagne 13. Voir une série de sondages, OIP, etc. cités par La
Croix, 4 avril 1995. sont plus hostiles que ceux des villes aux
Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000 l'agriculteur se trouve en butte aux récriminat En corrélation, on peut ajouter que le déve
ions de ses voisins non agriculteurs. loppement des résidences secondaires est I
Les principaux inconvénients de la vie une bonne chose aux yeux des agriculteurs
V I dans les grandes villes sont, au premier rang: pour l'avenir du monde rural: 67 % de ré
«la pollution» pour 62 % des Français et ponses positives et 22 % de négatives.15
§ 66 % des agriculteurs qui mettent en
deuxième: «le bruit» (57 %) et en troisième: 14. Plusieurs réponses possibles, évidemment (CSA,
«l'insécurité» (57 %) que les Français pla 22 septembre-5 octobre 1998).
15. Une seule réponse, ibid. cent en deuxième avant les embouteillages.14
Les agriculteurs vus par eux-mêmes
Tableau 6. Les définitions du métier Si l'image que les Français ont des agricul
teurs et du monde rural a complètement chan Bva • 6-20 décembre 1985
gé depuis cinquante ans, la vision que les agr Agriculteur 57%
iculteurs ont d'eux-mêmes s'est aussi Producteur 20% considérablement modifiée. Ils n'ont plus la
Paysan 18% même attitude face à leur métier et à son aven
Entrepreneur 5% ir, face aux différentes forces politiques et
Total 100 syndicales et, a fortiori, face à la politique
SOFRES • 31 JANVIER -21 FÉVRIER 1992 agricole et à la construction européenne.
Chef d'entreprise 30%
Paysan 28%
1. Le métier et son avenir
Travailleur indépendant 21%
L'évolution se fait ici à la fois en fonction du Petit paysan 13%
temps et selon la façon dont la question est Ouvrier 5%
posée, problème auquel il faut toujours prêter Autres et sans opinion 3%
une grande attention, on l'a déjà dit, mais on Total 100
insiste. En 1985, l'institut bva mettait en comp
teurs sont insuffisamment formés aux nouvellétition, avec d'autres, le terme «agriculteur»,
il l'emportait.16 Si on le retire et que l'on pro es technologies»: 48 % ne sont pas d'accord
avec cette affirmation et 45 % sont pose à des jeunes: «paysan»: 7,8 % et «chef
(CSA, 22 septembre-5 octobre 1998). Dans ce d'entreprise ou producteur»: 65 % (ESAA,
février 1991). Dans un sondage SOFRES de sondage «quantitatif», un peu de «qualitatif»
1992, c'est encore lui qui arrive en tête. a été inséré, en ce sens que l'on demande:
«Quand vous pensez au métier d'agriculteur En 1998, le problème est posé de façon plus
simple aux agriculteurs: «L'agriculteur doit en 1998, pouvez- vous me dire tout ce qui
être considéré comme un chef d'entreprise vous vient à l'esprit?» (réponses non suggér
comme les autres: 96 %», «Les agriculteurs ées). Arrive au premier rang: «La liberté du
doivent être de plus en plus compétitifs: travail: métier de liberté, d'autonomie, d'i
93 %», «Sans les agriculteurs, le monde rural ndépendance, on gère son temps librement, on
n'existerait plus: 89 %», «Les agriculteurs est son propre patron, plaisir de travailler en
sont des indépendants, ils sont leur propre couple, du temps pour sa vie de famille, très
patron: 84 %». En revanche: «Les agricul- beau métier, fier de son métier.» Reste à sup
poser que les disputes conjugales ne viennent
16. Voir tableau 6. pas ternir ce beau tableau: les femmes retien-
26 Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000 cet item à 15 %, les hommes à 17 %... tournées dans les écoles d'agriculture, mais nent
(Ibid.). aussi dans les collèges d'enseignement génér
al, affirmant: «L'agriculture bretonne manEt l'avenir des agriculteurs en général? En
que de salariés qualifiés», or: «L'économie 1992, les agriculteurs sont fort «inquiets»,
du Finistère ne peut se passer de l'agriculture même «désespérés».17 Leur préoccupation
qui est, avec l' agro-alimentaire, le premier principale est le dépeuplement des campa
employeur du département.»18 Il est évident gnes et 40 % pensent que leur exploitation
que la crainte de ne pas trouver la main d' œune sera pas reprise par un de leurs enfants,
vre nécessaire domine. une autre personne de la famille ou une per
sonne extérieure à la (39 % : certa
inement ou probablement oui). (SOFRES, 2. Attitudes face aux forces syndicales
31 janvier-21 février 1992). En 1998, le mor ou politiques
al est un peu meilleur puisqu'il n'y a plus
que 50% «d'inquiets», 5% «de déses En 1962, il avait été demandé aux agriculteurs
pérés», 19 % «de confiants» et 21 % «d'in syndiqués s'ils étaient tout à fait ou plutôt satis
certains». Les plus confiants sont à la fois faits de l'action «du» syndicat, le singulier
les 25-34 ans (24 %), les retraités (25 %, étant de mise, à l'époque, puisqu'en dehors de
profession de la personne interrogée) et ceux la FNSEA et du CNJA, n'existait que le modef
qui ont un revenu annuel net supérieur à qui ne se voulait pas une force syndicale à
150 000 F (30 %). Mais à une autre affi proprement parler. 70 % sont satisfaits et 30 %
rmation: «Les agriculteurs ont les moyens de ne le sont point. (Sondages, 1966, p. 92).
préparer leur avenir en l'an 2000», 36 % En 1992, l'évolution de la situation que
seulement sont d'accord et 49 % pensent le l'on connaît oblige à poser la question au
contraire (CSA, 22 septembre-5 octobre pluriel: «Pour la défense de vos intérêts, fa
1998). ites-vous tout à fait et plutôt confiance à l'ac
tion des syndicats agricoles?» oui: 54%, Tableau 7. « Quelle est l'attitude des agriculteurs? Ils
non: 41 %. Suit l'inévitable question sur la sont » :
pluralité: 46 % pensent que les agriculteurs
SOFRES CSA ont intérêt à être représentés par plusieurs 22 sept. - 5 oct. 1998 31 janv.-21 fév. 1992
organisations, «car cela correspond mieux à Inquiets 63% 50% la diversité des situations» et 43 % préfèrent
Désespérés 16% 5% une seule, car elle aura «plus de poids pour
Confiants 3% 19% les défendre». La FNSEA remporte 59 % de
Incertains 16% 21% bonnes opinions, le CNJA: 49, la Confédérat
5% • Sans réponse 2% ion paysanne: 25, le modef: 12 et la ffa:
Total 100 100 10. 19 II faut noter la majorité de «sans
opinion» en ce qui concerne les syndicats
C'est sans doute de la prudence et pourtant minoritaires.
les jeunes agriculteurs gardent l'espoir. De Maintenant que la FFA s'est dissoute pour
nombreuses initiatives sont menées pour inci s'intégrer dans la Coordination rurale, elle
ter les jeunes, même non agriculteurs, à emb recueille 34% de confiance, le MODEF:
rasser ce métier. On peut citer l'exemple du 30 %, la Confédération paysanne: 35 %, le
CDJA du Finistère qui, il y a quelques années, cnja: 52 % et la FNSEA: 53 %.20 Si la cote de
a lancé une vaste opération de recrutement la FNSEA a légèrement baissé, on peut dire
dans les écoles pour prouver: «L'agriculture,
un métier d'avenir». Le Centre organise des 18. Le Télégramme, 1er avril 1995.
19. Voir tableau 8, sofres, 31 janv.-21 fév. 1992.
17. Voir tableau 7. 20. Voir 9, CSA, 22 sept.-5 oct. 1998.
Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000 que la confiance en l'ensemble des forces Pour Lionel Jospin, 34 % seulement pen
syndicales a augmenté. sent qu'il est «à l'écoute», 44 % ne le
sent point et surtout les 18-24 ans (61 %). La
Tableau 8. «Avez-vous une opinion: » «confiance» est un peu meilleure.21 On peut
remarquer que 24 % des agriculteurs refusent Plutôt Plutôt Sans Total I bonne mauvaise opinion ID de se prononcer, contre 10 % seulement pour
FNSEA 59% 20% 21% 100 l'ensemble des Français.
S Cnja 49% 16% 35% 100
Tableau 10. «Faites-vous confiance ou pas confiance Conf. paysanne 25% 22% 53% 100 au Premier ministre, Lionel Jospin, pour affronter
Modef 12% 30% 58% 100 les principaux problèmes qui se posent au pays?» to
Ffa 10% 21% 69% 100 Agriculteurs Français I
Confiance 43% 54% i u
Pas confiance 33% 36% Tableau 9. «Pour défendre vos intérêts, faites-vous?»
Sans opinion 24% 10% Confiance Pas Sans Total
Total 100 100 confiance opinion
FNSEA 53% 33% 14% 100
Cnja 52% 29% 19% 100 3. Attitudes face à la politique agricole
Conf. paysanne 35% 39% 26% 100 et à la construction européenne
Coord, rurale 26% 100 34% 40%
En 1962, une seule question était posée: Modef 30% 31% 100 39%
«Quelle opinion avez-vous sur la manière
dont le gouvernement traite les questions Par le biais d'une autre question, on retrou
agricoles?» «Bonne opinion: 4 %, moyenne: ve ces forces, mais pas au premier rang:
33%, mauvaise ou très mauvaise: 52%.» «Pour chacun des institutions ou interve
(Sondages, 1966, p. 66). Ce n'était guère ennants suivants, pouvez- vous me dire s'il est
courageant pour le ministre de l'Agriculture ou non à l'écoute du monde agricole?» «Est
de l'époque: Edgard Pisani, ni pour le Premier à l'écoute», au premier rang: les élus locaux:
ministre: Georges Pompidou! En 1998, la 62 %, les organisations syndicales agricoles:
question n'est pas posée, ou plutôt elle est 61 %, la Mutualité sociale agricole: 57 %, le
formulée de façon très différente. Il est proposprésident de la République: Jacques Chirac:
é «un certain nombre de réflexions ou de 55%.
mesures émanant du ministère de l'AgricultuÉtant donné l'attachement bien connu des
re et de la Pêche» et demandé si l'on y est agriculteurs à Jacques Chirac depuis son pas
«plutôt favorable». Vu les items retenus, les sage Rue-de-Varenne en 1972-1974, il n'est
réponses sont évidentes et l'on peut se demandpas inutile de détailler ceux qui le trouvent le
er s'il était vraiment utile de s'y attarder! plus «à l'écoute»: ce sont les hommes, les
«Améliorer les petites retraites»: 98% de 50-64 ans et les retraités, ceux qui ont un
«plutôt favorables», «lutter contre la pollurevenu annuel supérieur à 150 000 F, qui cul
tion de l'eau: 96%, développer les produits tivent plus de 50 hectares, ont un niveau de
du terroir: 95 %, favoriser les labels et les diplôme supérieur à Bac + 2, sont des catho
signes de qualité: 93 %, limiter l'agrandissliques pratiquants réguliers, proches de la
ement des grandes exploitations: 75 %.» (CSA, FNSEA et du cnja et se situent plutôt à droite.
22 septembre-5 octobre 1998). Seul le classCe «portrait» ne surprendra personne, mais entre ce qui arrive en premier et en derdoit être pris avec prudence, étant donné que
nier peut retenir l'attention. le sondage n'a touché que 1601 personnes et
que la finesse des distinctions peut ne reposer
21. Voir tableau 10, ibid. que sur quelques individus (Ibid.).
Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000 autre question complète un peu la pré le plus favorables: agriculteurs: 67 %, commUne
cédente sur des actions à mener «pour prépa erçants-artisans: 72%, cadres-professions
rer l'avenir du monde rural». Quatre d'entre intellectuelles: 81 % (ensemble des Franç
elles sont jugées «tout à fait prioritaires» à ais: 61 %) (SOFRES, 26-31 mai 1997). C'est,
pour eux, un espoir de voir disparaître les plus de 60 %: «Aider au maintien des servi
fluctuations des taux de change. ces publics dans les zones rurales : 69 %,
aider au maintien des commerces dans les En 1998, la question est posée aux agricul
zones rurales: 65 %, empêcher le départ des teurs, mais sans référence à l'agriculture:
jeunes agriculteurs: 61 %, favoriser l'arrivée «Pouvez- vous me dire si vous trouvez que la
déjeunes dans l'agriculture: 61 %.» façon dont se fait l'Europe actuellement est
Une question sur les critères de distribution une bonne chose: 43 %, mauvaise: 37 %».
des ressources financières entraîne des r Puis, il est précisé que l'agriculture représent
éponses fort nuancées: les distribuer «en prioe un peu plus de la moitié du budget de
l'Union européenne.22 Il est évident que les rité aux exploitations agricoles en difficulté
pour qu'elles puissent se maintenir»: 59 % autres Français sont un peu plus réticents que
des agriculteurs et 75 % des Français; «en les agriculteurs en ce qui concerne les sub
priorité aux exploitations dynamiques pour ventions, mais ils sont une majorité relative à
qu'elles renforcent leur compétitivité face à dire: «Comme il faut».
la concurrence internationale»: 20% des
Tableau 11. «Aujourd'hui, l'agriculture représente un agriculteurs et 14 % des Français. D'où vient peu plus de la moitié du budget de l'Union européenne,
le décalage? Les agriculteurs seraient-ils estimez-vous que c'est?»
plus «réalistes» et les Français plus
Agriculteurs Français «charitables»? (Ibid.)
9% 21% Trop La construction européenne occupe év
Pas assez 32% 23% idemment une place majeure. À plusieurs re
Comme il faut 33% 36% prises, la question a été posée de savoir si les
Sans opinion 26% 20% citoyens se sentaient «seulement Français»,
Total 100 100 «plus Français qu'Européens», «autant Euro
péens que Français», etc. Ici les agriculteurs
Enfin, cinq affirmations sont proposées à ne se différencient guère des autres Français.
l'appréciation des seuls agriculteurs: «Les En revanche, la construction de l'Europe les a
institutions européennes sont trop éloignées inquiétés: «La de finira
des préoccupations quotidiennes des agriculpar détruire l'identité de la France et de nos
teurs français, plutôt d'accord: 85 %». «Les valeurs.» «Oui», répondaient en 1992, 51 %
aides versées aux agriculteurs devraient être des agriculteurs et de leurs proches contre
plus importantes pour ceux qui s'installent 39 % de l'ensemble des Français en 1991. Et
dans les régions les plus difficiles: 85 %.» même, 64 % en craignaient les conséquences,
«Les aides versées aux agriculteurs devraient contre 46 % des Français (SOFRES,
être plus importantes pour ceux qui respec31 janvier-21 février 1992, voir Bertrand
tent l'environnement: 85 %.» «Il n'est pas Hervieu, 1995, pp. 111-136).
normal que les exploitations les plus grandes En 1997, ils pensent que la France a plutôt
et les plus productives reçoivent l'essentiel «bénéficié» de son appartenance à l 'Union
des aides publiques: 77 %.» «Les institueuropéenne (51 %), «n'en a pas bénéficié:
tions européennes devraient plafonner les 43 %». Toutefois, ils en redoutent les effets
aides en fonction de la taille des négatifs dans les manières de vivre: 21 %
exploitations: 76 %.» (Ibid.). contre 15 % pour l'ensemble des Français.
Mais la monnaie unique ne leur fait pas peur.
22. Voir tableau 1 1, CSA, 22 sept.-5 octobre 1998 Ils forment une des trois catégories qui y sont
Économie Rurale 255-256/Janvier-avril 2000

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