Coopératives: la fin d'une forme institutionnelle? - article ; n°1 ; vol.260, pg 110-125

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Économie rurale - Année 2000 - Volume 260 - Numéro 1 - Pages 110-125
Contrairement aux coopératives d'autres secteurs, la coopération agricole a su devenir durant les Trente Glorieuses, une forme institutionnelle de la concurrence monopolistique au service de la petite entreprise agricole. Elle détient en effet les attributs d'une institution (légitimité sociale définie par la mission de modernisation et capacité à orienter les comportements des agents). Cet article se propose de mettre en perspective historique cette forme institutionnelle: dans la configuration économique succédant aux Trente Glorieuses, les stratégies politiques destinées à modeler le fonctionnement économique deviennent moins centrales. De ce fait, la coopération serait appelée à perdurer comme organisation juridique, mais n'aurait plus lieu d'être comme forme institutionnelle structurant la dynamique sectorielle.
AGRICULTURAL COOPERATION: THE END OF A REGULATIONNIST INSTITUTIONAL FORM?
During the post-war boom years, the agricultural co-operation distinguished itself from the cooperatives of other sectors by developing into an institutional form of monopolistic competition serving small agricultural businesses. Indeed, the agricultural co-operation has all the characteristics of an institution (a social legitimacy defined by its mission to modernise and its capacity to direct its agents behaviour). This article provide an historical context for this institutional structure. In the economic arena following the three decades of post-war boom, the political strategies designed to shape economic operations became less central. Consequently, the co-operation would be called upon to continue as a legal organisation, but at the cost of losing its foothold as a sectorial institutional structure.
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 2000
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M Antonin Gaignette
M. Martino Nieddu
Coopératives: la fin d'une forme institutionnelle?
In: Économie rurale. N°260, 2000. pp. 110-125.
Résumé
Contrairement aux coopératives d'autres secteurs, la coopération agricole a su devenir durant les Trente Glorieuses, une forme
institutionnelle de la concurrence monopolistique au service de la petite entreprise agricole. Elle détient en effet les attributs
d'une institution (légitimité sociale définie par la mission de modernisation et capacité à orienter les comportements des agents).
Cet article se propose de mettre en perspective historique cette forme institutionnelle: dans la configuration économique
succédant aux Trente Glorieuses, les stratégies politiques destinées à modeler le fonctionnement économique deviennent moins
centrales. De ce fait, la coopération serait appelée à perdurer comme organisation juridique, mais n'aurait plus lieu d'être comme
forme institutionnelle structurant la dynamique sectorielle.
Abstract
AGRICULTURAL COOPERATION: THE END OF A REGULATIONNIST INSTITUTIONAL FORM?
During the post-war boom years, the agricultural co-operation distinguished itself from the cooperatives of other sectors by
developing into an institutional form of monopolistic competition serving small agricultural businesses. Indeed, the agricultural co-
operation has all the characteristics of an institution (a social legitimacy defined by its mission to modernise and its capacity to
direct its agents behaviour). This article provide an historical context for this institutional structure. In the economic arena
following the three decades of post-war boom, the political strategies designed to shape economic operations became less
central. Consequently, the co-operation would be called upon to continue as a legal organisation, but at the cost of losing its
foothold as a sectorial institutional structure.
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Gaignette Antonin, Nieddu Martino. Coopératives: la fin d'une forme institutionnelle?. In: Économie rurale. N°260, 2000. pp.
110-125.
doi : 10.3406/ecoru.2000.1115
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_2000_num_260_1_1115GAIGNETTE • Martino NIEDDU Antonin
oopératives:
la fin d'une forme institutionnelle?
La coopération agricole est une forme juridi sa source dans la non-résolution d'une con
que résultant d'actions menées à partir de la tradiction entre l'offre et la demande.
sphère du politique et destinées à peser sur le Or, l'on peut se demander si la caractérisa-
fonctionnement économique de l' agro-ali tion de productivisme est suffisante pour
mentaire. Elle participe de ce fait de la clôture éclairer les dynamiques économiques et jur
de l'agriculture comme secteur institutionnel, idiques à l'œuvre. En effet, plus que le pro
et de son corollaire, la production massive ductivisme en soi, c'est la capacité d'une
d'un droit rural exorbitant du droit commun, profession à mettre en forme le fonctionne
dont il importe de mesurer les effets structu ment économique qui attire l'attention, tout
rants. comme sa capacité de résistance au changelorsque les conditions économiques se Les juristes partagent, généralement avec
modifient, notamment parce qu'elle a su se la majeure partie des économistes agricoles,
faire déléguer des attributs de la puissance l'idée selon laquelle l'arsenal législatif des
publique tels que la gestion des autorisations années soixante était tout entier dédié au
administratives (Gourdou, 1999) et celle de productivisme : «Plutôt que d'être titulaires
diverses taxes parafiscales qui financent son d'un droit à produire, les agriculteurs
organisation. Nous en voulons pour preuve étaient investis du devoir de produire» (Gi-
que c'est sur des terres apparemment dédiées lardeau, 1999). Ce caractère d'évidence
au productivisme, au cœur des grandes zones d'une conceptualisation en termes de pro
céréalières, qu'a été mis au point le premier ductivisme, c'est-à-dire d'une augmentation
mode de contrôle de la production par gesde la production à tout prix, quels que soient
tion autonome et directe des droits à par ailleurs les circonstances et le prix à
produire: le très habile système des quotas payer en termes de qualité, mérite d'être ex
betteraviers. plicité. Il renvoie à une périodisation en deux
Ce constat impose une double mise à moments : un premier moment où les agricul
l'épreuve, théorique et empirique. teurs auraient rempli une mission social
ement reconnue - phase qui peut être interpré Mise à l'épreuve théorique d'abord pour
tée comme l'intégration fonctionnelle de les approches régulationnistes essentiell
ement construites sur des hypothèses de cohél'agriculture dans les cercles vertueux des
gains de productivité et de leur redistribution rence structurelle, et qu'elles ont toujours eu
du mal à raccorder à leur versant institution- dans la croissance fordiste - et un second
naliste issu du concept de compromis institumoment où, le succès de cette mission aidant,
tionnalisé. les excédents structurels émergent et gagnent
progressivement l'ensemble des grandes pro • Ces approches sont-elles capables d'inté
ductions agricoles - cette seconde phase cor grer l'existence de stratégies destinées à mo
respondant à une crise structurelle au sens deler les structures économiques sur la lon
régulationniste du terme puisqu'elle trouve gue période ?
110 Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 Mise à l'épreuve empirique ensuite, si l'on On consacrera alors une première partie à
la description stylisée du fonctionnement estime devoir s'interroger sur des stratégies
économique de l'agriculture française durant visant à influer sur la formation du droit:
les Trente Glorieuses. Celle-ci met en évicelles-ci ne font que s'emboîter dans des en
dence le fait que la coopération est un dispossembles d'actions plus larges; elles voient
itif institutionnel essentiel à la concurrence leur pertinence varier considérablement sui
et à la valorisation des capitaux agricoles. vant les époques et sont donc plus ou moins
Mais, au-delà de dispositifs unificateurs, la nécessaires à l'aune de stratégies globales.
coopération a pu être le support d'une divers• 5/ l'on admet que la coopération est une
ité de configurations productives se diffé
des formes institutionnelles de l'économie renciant par la gestion de la concurrence avec
agricole, ses évolutions peuvent-elles être les industries agro-alimentaires.
interprétées à l'aune des évolutions des
La seconde partie pointe quatre changestratégies ?
ments structurels dans des dimensions diffé
Ces deux discussions sont hors de portée rentes de l'activité économique, qui font que
d'un seul article. C'est pourquoi on se con l'institutionnalisation du fonctionnement
tentera de rappeler dans l'encadré 1 les fon économique par la coopération perd le carac
dements de la grille régulationniste permett tère central qu'elle avait pu avoir. Ce qui
ant d'interpréter la coopération comme une enlèverait beaucoup de l'intérêt pour la pro
de ses formes institutionnelles, tout en insis fession agricole de déployer ses stratégies
tant sur le caractère inachevé de ces dans un domaine où elle a excellé, celui d'ac
fondements: la théorie de la régulation reste, tions de l'ordre politique sur l'ordre écono
au-delà de l'originalité de ses apports, encore mique pour imposer sa propre production de
largement «une théorie en train de se faire». droit.
Encadré 1
Régulation sectorielle, économie institutionnelle
et stratégies des acteurs
« Le schéma type de l'analyse du fordisme articulant cificité des dispositifs sectoriels et de la façon dont
un régime de productivité fondé sur une organisa ces derniers organisent le régime économique de
tion scientifique du travail adossée à une logique fonctionnement du secteur, lorsqu'il est spécifique
d'économies d'échelle, et un régime de demande où au secteur (ce qui est le cas du secteur vitivinicole
la croissance du pouvoir d'achat favorise l'essor étudié par Bartoli et Boulet, 1990) ou de la façon
dont ces dispositifs spécifiques ne feraient que cond'une consommation de masse masque en fait tout
tribuer à l'articulation fonctionnelle du secteur au un jeu d'hypothèses sur les relations entre secteurs
régime d'accumulation fordiste lorsqu'on considère et sur l'organisation de l'espace» (Du Tertre et alii,
qu'il n'y a pas de régime de fonctionnement spécif2000). La construction de ce jeu d'hypothèses con
ique (voir pour une présentation de la thèse de Bartduit généralement les praticiens des approches sec
oli et Boulet et une critique de la position d'articulatorielles en termes de régulation à deux postures
tion fonctionnelle, Boyer, 1 990). méthodologiques: dans la première, ils cherchent à
retrouver la façon dont les cinq formes institution Les deux postures engendrent des difficultés diver
nelles de la régulation globale structurent le secteur ses, pointées par Saillard, qui va jusqu'à considérer
(Allaire, 1988 pour le rôle de la forme monnaie de que «mieux vaut parler de dynamique sectorielle
crédit dans l'accumulation forcée en agriculture ou que de régulation sectorielle» (Boyer et Saillard,
Lacroix et Mollard, 1 995 pour une analyse de l'agr 1995). Selon lui, il est nécessaire de suivre quatre
iculture en termes de rapport social de travail); dans exigences méthodologi-ques dans l'analyse sector
la seconde, ils cherchent à rendre compte de la ielle:
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 1 . Expliciter ce qui fait l'unité du niveau d'analyse transformation de l'environnement et de nouvelles
retenu, en indiquant comment ce a été const formes d'organisation de la croissance compatibles
ruit socialement et historiquement. avec la période (Rasselet, 1 996)2. Le fait de partir
2. Caractériser les institutions qui permettent le des agents économiques permet de lever une crit
fonctionnement de cette unité d'analyse en orien ique interne développée par Duharcourt (1988) aux
tant les comportements des agents et en inscrivant approches régulation-nistes parisiennes, en lisant les
les dynamiques conjoncturelles dans un temps long. périodes de crise, non comme des phases désordonn
3. Indiquer comment la sphère d'activité analysée ées, sans cohérence synchronique, mais comme des
s'inscrit dans les interdépendances macro-économiq phases régulées, car structurées par les configura
ues. tions dans lesquelles les agents économiques se sont
4. Repérer les transformations structurelles, instit engagés dans le passé. 3 utionnelles et économiques qui commandent les rela Notre hypothèse de travail consiste donc à considértions entre l'unité analysée et le système économiC er la constitution de l'agriculture française en tant que d'ensemble. que secteur institutionnel - historiquement situé, et
Notre point de vue est qu'une partie des difficultés qui est peut-être déjà en train d'évoluer en secteur
peut être levée, et ces exigences méthodologiques rural et non plus agricole - comme une construction I tenues, lorsqu'on intègre dans l'analyse le rôle struc historique reposant en grande partie sur le modelage S turant des stratégies des agents économiques. En des formes de concurrence internes au secteur. Si ces effet, comme le montrent Salais et Storper (1 993), il
stratégies sont, comme toute l'activité économique, existe toujours une variété des «mondes de
insérées dans les institutions, c'est qu'elles se traduiproduction» possibles et non une seule solution
sent en cas de besoin, par la construction d'objets d'articulation à un fordisme ou à un post-fordisme
juridiques spécifiques, laquelle suppose dominant, y compris lorsque - et c'est le cas de
un travail allant de la sphère politique (le citoyen fal'agriculture française des trente glorieuses - il semb
isant la loi) vers l'économique (la loi fixant le cadre le exister une très forte cohérence entre les gains
de l'activité économique). C'est cette construction de productivité agricole, et leur libération pour parti
que nous essayons de suivre dans le cas de la coopérciper à la croissance intensive du fordisme.
ation agricole en replaçant cette «forme institutionLes formes curieuses de croissance capitaliste ainsi nelle de la concurrence monopolistique» dans le que la variété territoriale ou sectorielle reposent sur contexte de «l'agriculture du fordisme» et de ses l'existence de stratégies qui sélectionnent et
mutations. développent un type d'articulation particulier entre
le sectoriel et le global. Néanmoins, elles ont besoin
pour se déployer de la constitution de cadres instit
utionnels ou de jeux de normes sociales spécifiques: 1. Tout comme Jessop (1993, 1997), qui, en analysant
les mutations de l'Etat, glissant d'une position d'Etat on pourra citer ici la formation du capitalisme qué
de «bien-être keynésien» à un "Etat schumpeterien" bécois en tant que capitalisme autonome, après la compétitif, propose bien une lecture des transformatseconde guerre mondiale, qui s'est appuyé larg ions institutionnelles comme le produit et le support
ement sur un mouvement populaire de centralisation d'une stratégie d'accumulation renouvelée.
2. Bowles, Gordon et Weiskopf (1 989) distinguent deux de l'épargne francophone, le mouvement Desjardins.
moments dans les comportements des acteurs à mesurLa prééminence des structures sur les stratégies - e que s'approfondit la crise. Ils avancent l'idée que
qui trouve son origine, faut-il le rappeler, dans «dans un premier temps, chaque classe ou groupe s'ef
force de préserver ses positions acquises et de défendre l'héritage althussérien des premiers régulationnistes
le niveau et l'évolution de ses revenus malgré le con(Noël, 1 990) - peut être modifiée en suivant l'école
texte économique défavorable. Les préoccupations américaine de la structure sociale d'accumulation structurelles sont alors pour l'essentiel absentes des
qui propose d'en renouveler l'usage1 en différenciant perspectives des protagonistes de ces luttes. Mais, au
fur et à mesure que la crise s'approfondit, et sous la les comportements qu'ont les agents économiques
pression des difficultés liées à la crise, l'orientation dans les périodes de crise. Celui-ci serait double: tac structurelle des luttes de classes et les préoccupations tique, de défense du pouvoir de marché acquis dans structurelles dans les positions de classe adoptées par
la période de croissance, et stratégique de recher les salariés et par les capitalistes tendent à s'imposer de
plus en plus fortement». (Rasselet, 1996). che, à partir des avantages compétitifs hérités, de
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 La coopération
comme forme institutionnelle
Le fait que le secteur agricole soit un secteur capital extérieur à l'agriculture, permet sa r
exorbitant du droit commun, en fait-il un sec eproduction.
teur spécifique du point de vue de la dynami Ainsi, et paradoxalement, la petite entre
que économique, ou faut-il interpréter les prise agricole conserve une existence propre
spécificités institutionnelles comme les mod parce qu'elle délègue une partie des attributs
alités d'un mouvement qui est celui de toute du chef d'entreprise traditionnel, la définition
l'économie? du système technique et la veille technologi
que aux organisations professionnelles agri
coles, les innovations de procédés et de pro1. La dilution des frontières de la firme
duits aux organismes publics de recherche, la agricole comme outil de développement
fixation des prix aux organisations communa
utaires, la définition du produit aux grouL'étude des dynamiques de longue période
pements de producteurs, la sélection des montre que les comportements des chefs
marchés et l'organisation commerciale à la d'entreprises en période de crise produisent
coopérative. deux effets: les ententes qu'ils développent
pour échapper aux rigueurs du marché évo En termes modernes, la persistance de «la
luent vers des organisations structurées; ces question agraire» ne peut s'expliquer que par
organisations prennent la forme d'un mouve la capacité à produire de telles innovations
ment de concentration en de vastes entrepri institutionnelles et organisationnelles. S'il est
ses où se développent de nouvelles procédur admis qu'il n'y a pas eu passage sur une gran
es de production et de gestion, caractérisées de échelle de l'agriculture familiale à celle
par le rôle accru des cadres et des employés, qualifiée de «capitaliste», on ne peut pour
ainsi que des structures de recherche-déve autant affirmer qu'en agriculture il n'y ait pas
loppement (Dumenil et Levy, 1997). eu de processus de croissance, vers la créa
tion de très grandes organisations: si, au lieu Dans cette perspective, l'agriculture ne se
«d'observer le secteur agricole horizontaledifférencie guère des autres secteurs que sur
ment, [...] on considère tout ce qui est en deux points. D'une part, ces évolutions se
amont ou en aval de la phase agricole de sont faites, pour des raisons historiques, à
production, il est facile de constater l'intpartir d'entreprises de relativement petite
égration croissante qui porte, dans des formes taille, contribuant ainsi à alimenter la vieille
associatives ou contractuelles, ou encore «question agraire» de Kautsky (Servolin,
dans les rapports financiers à la création de 1973, 1989; Boussard, 1973, Kroll, 1989).
systèmes organisationnels qui par de nomD'autre part, précisément pour cette raison, il
a fallu produire un ensemble d'innovations breux cotés sont identiques à ceux d'import
institutionnelles qui ont permis d'organiser ants compartiments des industries et des
«la ferme France» par des mécanismes qui services» (Pagella, 1992). On dispose ainsi
sont très largement passés en dehors du mar d'une clé de lecture de la façon dont l'agricul
ture «moyenne» modernisée a pu construire ché (encadré 2). L'absence de très grandes
une compatibilité entre ses propres impératentreprises capitalistes intégrant en leur sein
ifs de développement et les évolutions du l'activité agricole trouve ici sa réponse. C'est
précisément la dilution des frontières de la capitalisme contemporain, si l'on admet que
firme agricole qui, tout en déjouant les pro ces organisations sont largement restées sous
nostics d'évolution vers l'intégration par un le contrôle de la profession agricole.
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 Encadré 2
L'institutionnalisation du progrès technique
La coordination sociale de la création de technolo cause par l'introduction de l'insémination artificielle.
gies a été portée par un organisme public de très Le système mis en place, dont les principes sont très
grande taille, I'inra. «fournissant l'innovation au loin du libéralisme économique, impose le
bout du champ dans tous les domaines» pour découpage de la France en zones de monopole pour
reprendre une expression entendue dans la bouche la distribution des semences, (comme si, pour choisir
d'un dirigeant d'organismes agricoles. Un exemple votre automobile à Reims, vous étiez obligé d'aller
de cette intervention de l'État et du rôle organisa chez Peugeot, à Paris chez Renault, etc): il permet à
teur des dispositifs institutionnels est la loi sur l'él I'inra de construire une véritable entreprise natio
evage de 1 966. La sélection des grandes races bovi nale d'amélioration génétique. La rente de monop
ole détenue par l'aristocratie des sélectionneurs nes laitières était jusqu'en 1966 aux mains d'une
aristocratie de sélectionneurs, qui sur une base charolais s'en trouve notablement affaiblie, tandis
empirique, avaient constitué progressivement un que la France rattrape les États-Unis, principal four
cheptel reconnu institutionnellement par l'inscrip nisseur des années 1970 en race Holstein. De tels
tion à un livre généalogique. Cette base empirique, résultats confortent l'existence d'un système fondé
qui permettait des progrès très relatifs des perfo sur l'encadrement professionnel et la discipline col
rmances des vaches laitières, va se trouver remise en lective (Pluvinage, 1991).
2. Ce qui a été institutionnalisé nelle de l'exploitant moderne : non seulement
celui-ci doit posséder à titre individuel la toDe telles organisations n'auraient pas pu ap
talité de ses moyens de production et être paraître par simple jeu spontané du marché.
capable d'utiliser les facteurs de production à Adossées aux compromis réalisés par les lois
pleine capacité, mais son organisation interd'orientation de 1 960- 1 962 et aux mesures de
ne doit se conformer à des normes techniques soutien aux prix agricoles des années 1950,
régionales fruits de compromis institutionnalelles ont contribué à modifier profondément
isés locaux élaborés par les organisations de l'exercice de la concurrence en agriculture en
la neutralisant en deux endroits. la profession (Allaire, 1995). Ce caractère
La prise en charge systématique des excé rigide de la définition de l'outil de product
dents par les Organisations communes de ion, si particulier à la France, permet d'él
marchés conduit à neutraliser la concurrence iminer des exploitations particulièrement ré
marchande. Comme par ailleurs, les groupe sistantes à la concurrence du fait de leur
ments de producteurs imposent leurs normes faible insertion dans les circuits marchands
sur les caractéristiques des produits, la con formels. Il suffit d'observer un pays voisin
currence sur la qualité s'en trouve durable pour être frappé par la très grande variété
ment éliminée, au point que celle des céréal d'organisations productives et de taille des
es panifiables atteindra au cours des années exploitations rendues possibles par l'absence
1970 une remarquable médiocrité (Heintz, d'une telle définition et par le recours au 1992) et que certaines industries fromagères
marché grâce au contoterzismo3. se plaignent à la même époque des caracté
ristiques du lait qui leur est livré.
3. Contoterzismo: littéralement, travail [pour le Il est tout aussi difficile de se livrer une compte] d'un tiers. L'utilisation de sociétés de matérconcurrence en cherchant une organisation iel agricole réalisant tout ou partie des
plus efficiente de la production lorsque celle- travaux agricoles assouplit les frontières de l'exploi
tation familiale. ci est encadrée par une définition
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 n'est donc pas le marché qui sélec Grande-Bretagne où la coopérative n'a pas Ce
tionne les agriculteurs, mais un principe de réalisé la percée française, l'on trouvait enco
tri institutionnel des exploitations considé re au début des années 1990, à la fois une
rées comme non modernisables a priori, aux coopération (minoritaire) de très grandes
structures de collectes privées comme Dal- quelles l'accès aux financements bonifiés est
refusé. Le modèle productiviste produit ainsi gerty ou Cargill, des petits négociants aux
un principe de sélection selon lequel les structures légères comme en France et des
meilleurs agriculteurs ne sont pas les agriculteurs totalement indépendants dispoentrepreneurs mais les meilleurs sant de leurs propres capacités de stockage et
dans l'optimisation des rendements physi de leur clientèle. Quant à la filière d'abattage
ques.4 Il établit un régime dominant de fo du bétail, le modèle industriel lourd promu
rmation des revenus agricoles, fondé sur le par la coopération s'imposera tout en allant
différentiel entre des prix largement administ de crise de rentabilité en crise de rentabilité,
rés et des coûts de productions définis par un alors que le système artisanal continue enco
modèle technique institutionnalisé. re aujourd'hui à le concurrencer, y compris
Les coopératives sont une pièce maîtresse sur les coûts de production (Soufflet, 1988).
de ce dispositif. Le cadre légal (lois de 1960- La coopération s'impose donc bien d'abord
1962, ordonnances de 1967 et loi de 1972) à partir de ses avantages institutionnels, avant
entérine leur rupture avec les principes coo de réussir à les traduire en supériorité écono
pératifs en considérant qu'elles n'ont pas mique stricto sensu. La coopération céréaliè
pour vocation de défendre tous leurs adhér re en est la principale bénéficiaire, grâce à un
ents, mais qu'elles ont pour mission de sou cadre législatif et réglementaire mis en place
tenir les plus performants (Nicolas, 1995). dès les années 1930 qui impose la gestion des
Les clauses rendant les départs des coopérati contrats de primes par des associations agri
ves très défavorables à l'adhérent renforcent coles reconnues et sa place en position de
le caractère monopoliste du fonctionnement monopole local sur des territoires de plus en
des coopératives5. Elles concourent ainsi à plus étendus. Le système est si incitatif que
imposer la restructuration de l'agriculture dans plusieurs régions, ce sont les négociants
autour de bassins de production spécialisés et eux-mêmes qui se transforment directement
donc à renforcer les principes de sélection en coopératives et y prennent des fonctions de
des exploitations (Peyon, 1988). directeurs (voir Ferré, 1997 sur la Vienne,
Certains auteurs pensent justifier la coopér Gaignette et Nieddu, 1999, sur Champagne
ation par sa plus grande efficacité économi céréales).
que dans la centralisation de la collecte. C'est
un argument assez faible au moins s 'agissant
3. Une forme institutionnelle de l'activité céréalière, où les seuils d'indivis
tolérant la diversité des stratégies ibilité des investissements sont suffisam
ment bas pour la prédisposer à une grande
La typologie de référence dressée au début variété des systèmes d'organisations. En
des années 1990 reconnaît clairement au sein
des industries agro-alimentaires un «modèle
4. Cette articulation sur le métier donne au modèle coopératif», dont «la cohérence se construit une grande légitimité idéologique. Mais elle n'est
autour de la constitution d'un outil industriel pas rationnelle d'un point de vue économique, puis
qu'elle empêche l'agriculteur de se poser l'ensemble ayant pour finalité principale la première
des questions stratégiques relevant de la gestion transformation des produits agricoles. Cette
d'une entreprise. logique est issue de la nécessité de trouver de
5. L'adhésion à une coopérative est un contrat dans façon quasi volontariste, des débouchés à lequel les conditions de démission et de rembourse
certaines productions agricoles qui connaisment des parts sociales sont souvent à l'appréciation
du conseil d'administration (Lejas, 1998). saient depuis le début des années cinquante-
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 soixante une expansion considérable en Les grandes productions soutenues (blé,
lait, viande) ont toutes testé trois exutoires à volumes» (Albert, Huiban et Martin, 1995). "S
la poussée productiviste: Les socio-économistes de l'équipe de l'iN-
1 . L'exportation des produits bruts, qui dote la RA de Dijon avaient déjà remarqué à la fin
France d'une spécialisation internationale pades années 1980 cette configuration originale
radoxale de producteur primaire (Chevassus- alliant une agriculture moyenne modernisée
Lozza et Gallezot, 1994; nos propres travaux à des industries relevant d'un «modèle in
sur les tableaux entrées-sorties d'Eurostat: dustriel lourd». Ce modèle à forte intensité
Gaignette, 1998, Nieddu, 1998). capitalistique est porteur d'une logique orga-
2. La vente en l'état de produits sélectionnés nisationnelle qui allie un positionnement en
à cet effet (légumes non transformés par amont de la chaîne agroalimentaire et la ca
exemple) . ractéristique institutionnelle coopérative.
3. La constitution d'un outil de production
La coopération intervient donc dans une finalisé par l'écoulement de la
dimension inattendue, si l'on se souvient des (beurre, poudre de lait).
craintes des agriculteurs du début des années
Dans les deux premiers cas, les coopérati
1960. Non seulement, elle organise l'intégra ves se cantonnent à une fonction commerc
tion horizontale qui donne du pouvoir de iale; dans le troisième, celles-ci sont ame
marché grâce à la centralisation des quantités nées à jouer un rôle d'opérateur industriel qui
offertes (production) ou demandées (in n'est pas sans représenter pour elles une con
trants), mais elle est le moteur d'une intégra trainte supplémentaire. Peu de coopératives
tion verticale autour du modèle coopératif assumeront le fait d'aller jusqu'à se confront
er au consommateur final et son redoutable industriel, beaucoup plus descendante
qu'ascendante: c'est l'agriculture qui est por représentant, la grande distribution.
teuse de la dynamique d'industrialisation, Trois explications de cette variété de solu
contrairement à ce que pensaient les écono tions peuvent être avancées :
mistes ruraux des années 19706. Mais ce ré • Une différenciation par produits, les pro
sultat original, bien repérable à travers les blèmes de valorisation étant différents sui
études macro-sectorielles ne peut être associé vant leurs caractéristiques techniques (par
exemple, il est nécessaire d'avoir une industà l'ensemble de la coopération et la descrip
rie de l'abattage pour l'écoulement du bétion de la configuration agriculture-industrie
tail, alors que les céréales peuvent être valodoit être complexifiée de la façon qui suit.
risées en vrac ou après l'étape de la
meunerie). L'intégration de l'agriculture 6. Cette contribution de dynamiques internes à
dans le système agro-industriel offre ainsi l'agriculture à la structure de l'économie globale
n'est pas spécifique à la France. Dans le cas d'autres durant les trente glorieuses des opportunités
pays européens, elle est même probablement plus à trois types d'agricultures: les productions
marquée, si l'on croit l'exemple des agriculteurs en AOC qui bénéficient des contre tendances danois : « Grâce à leur mouvement coopératif, ils se
à l'industrialisation de l'alimentation ; les césont révélés capables d'organiser un circuit indé
pendant contrôlant un segment de l'économie si im réaliers qui voient se démultiplier leurs dé
portant qu'ils furent en mesure de coordonner des bouchés, de par leur position de producteurs exportations de beurre, d'œufs et de porc de qualité
primaires de calories pour l'alimentation anisupérieure vers des pays riches. Ce complexe agri
cole a réussi à coordonner un système vaste et divers male nationale ou étrangère; la production
ifié reposant sur de petits producteurs (fermes animale intensive, devenue une
individuelles, laiteries locales, abattoirs, etc.) et a manufacturière du fait de l'importance croispermis de développer et d'intégrer dans une dynami
sante de ses consommations intermédiaires que très prospère un pan important des activités de
P.M.E. manufacturières» (Kristensen, 1994). livrées par les iaa, qui peut jouer sur les
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 différentiels de coûts d'approvisionnement logique n'est pas tenable pour l'agriculture
nationaux et étrangers. moyenne qui a besoin d'inscrire son dévelop
pement dans une logique de croissance pro- • Une différenciation régionale, certaines ré
ductiviste, et donc d'organiser directement gions plus éloignées des ports ou de zones de
l'écoulement de sa production. consommation ont dû trouver leur propre
sentier de développement7. On peut alors constater que la même forme
• Nous plaidons pour une troisième explica institutionnelle (la coopérative) combinée au
même modèle de développement (le produc- tion qui se combine aux deux premières pour
tivisme) laisse le champ ouvert à des logigénérer la variété des configurations obser
ques stratégiques différentes. Ces logiques vables.
induisent des relations différentes entre Ce que ne peuvent montrer les données
l'agriculture et son aval. macro-sectorielles retraçant les relations
La forme institutionnelle coopérative agriculture-iAA, mais qu'atteste une revue de
monographies régionales et sectorielles s'avère peu contraignante pour assurer la
(Nieddu, 1998) c'est que la poussée producti- convergence des comportements des agricul
viste a fonctionné différemment selon qu'el teurs pour ce qui concerne leurs relations
le a été produite par l'agriculture moyenne ou avec le capital alimentaire. En revanche, et
celle, minoritaire, des grandes exploitations8. paradoxalement eu égard aux principes coop
La logique stratégique de la grande agricultu ératifs, elle s'avère particulièrement efficace
pour exclure les agriculteurs qui n'entrent pas re consiste à repousser l'industrie au-delà des
marchés, qu'il s'agisse des marchés administ dans la logique de concurrence productiviste.
rés par la PAC, ou des marchés de cadran où Ainsi, l'organisation coopérative exclut les
elle leur impose son pouvoir de négociation, petits producteurs tout en offrant à des ex
allant dans le cas de la Bretagne jusqu'à ten ploitations de tailles moyenne et grande, la
ter de bloquer le développement d'une filière possibilité de s'intégrer dans la dynamique de
industrielle légumière (Philippe, 1994). Cette développement de l'après-guerre9.
Réussite de l'organisation
et échec de l'institution coopérative
La diversité des configurations décrites plus différenciées. Mais par ailleurs, si la crise
sectorielle se manifeste sous cette forme des haut explique que les réactions de l'agricul
excédents, c'est le symptôme que les dispositture à l'entrée dans la longue phase d'excé
ifs institutionnels construits pour éliminer dents agricoles structurels soient largement
les agriculteurs n'entrant pas dans la norme
de modernisation (et répartir la valeur ajou7. Dans le cas des céréales de la région Centre, il
semble que les écoulements privilégiés aient été la tée agricole en un plus petit nombre de
meunerie parisienne, les ports de Rouen et du Havre mains), ont épuisé leur capacité à réguler le
et enfin l'industrie animale de l'ouest de la France fonctionnement de la concurrence en agricul(Vergneau G., 1988). Alors que la Champagne
ture. Tous les agriculteurs à éliminer selon ce crayeuse présente de fortes similitudes avec les pro
ductions animales bretonnes qui s'adossent à un principe l'ont été; il ne reste plus guère que
outil industriel : les trois productions soutenues par la
PAC, le blé, la betterave et la luzerne sont toutes trois
soutenues par un outil industriel propriété de la coo
pération (meunerie, sucreries et déshydratation de 9. L'appartenance régionale devient du fait de la
luzerne) (Garnotel, 1985). structuration du bassin de production autour de
8. L'approche par les monographies régionales ou fi- l'outil industriel coopératif, un avantage plus déter
minant pour certaines exploitations que la taille elle- lièristes montrant qu'elles sont territorialement im
briquées ce qui les rend moins lisibles. même.
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 les agriculteurs performants du modèle: prétation de la multifonctionnalité peut se
comment légitimer leur élimination? faire de deux façons dans ce contexte: "S
• Une partie des exploitations est invitée à
o quitter la compétition, et se voit proposer des 1. L'instabilité de la définition
fonctions nouvelles. De ce fait, les exploita3 des frontières de la firme agricole
tions restantes, en recueillant les parts de
marché abandonnées vont pouvoir entrer C'est alors la figure centrale de référence
dans un nouveau cycle de gains de productides années 1970, celle de l'exploitant famil
vité en desserrant l'étau des crises de surproial «à titre principal», qui est menacée, alors
duction. qu'elle était le support idéologique de l'ident
ité agricole (Delorme, 1999). La solution de • La multifonctionnalité revient à reconnaît
distribution politique des droits à produire est re l'incapacité, du fait des gains de producti
de la même façon contestée comme exorbi vité à faire vivre l'entrepreneur à temps plein
tante du droit économique libéral (Gilardeau, à partir de l'activité agricole. De ce fait, la
op. cit.). Mais cette figure n'était-elle pas recherche d'activités de complément consis
aussi et surtout menacée par les dynamiques te à préempter des activités rurales qui n'ont 2 concurrentielles endogènes au système pas de raison particulière d'être effectuées
agricole? par des agriculteurs. La stratégie d'élimina
tion institutionnelle de concurrents n'étant Le processus de sortie de crise habituel à
pas de «vrais» agriculteurs trouve ici une l'économiste repose sur les mouvements de
application renouvelée. Après avoir éliminé concentration et de restructuration producti
les pluri-actifs agricoles des années 1960, il ve permettant de générer de nouveaux gains
s'agit d'utiliser la maîtrise politique de l'ede productivité. Les deux évolutions instit
space rural pour exclure d'autres couches ruutionnelles symétriques que sont la montée en
rales des activités non agricoles. puissance d'un ensemble de textes portant
sur «l'agriculture de groupe» et l'émergence La solution de la multifonctionnalité est
du paradigme de la multi-fonctionnalité ne éminemment instable car elle suppose d'élar
correspondent-elles pas à un processus de gir le droit dit rural, qui est en fait un droit
sortie de crise somme toute habituel, qui re régissant l'activité agricole, essentiellement
pose sur les mouvements de concentration et destiné à protéger l'agriculture de l'extérieur,
de restructuration productive permettant de en l'imposant à d'autres sphères de la vie
générer de nouveaux gains de productivité? rurale. Elle a déjà entraîné les protestations
d'artisans et d'entrepreneurs ruraux qui resL'agriculture de groupe transforme les
sentent à juste titre comme concurrence déconditions d'utilisation du capital fixe, et
loyale ce redéploiement précédé et accompapermet d'abaisser la quantité de capital à f
inancer par unité produite ; les innovations jugné d'aides massives dont ils n'ont pas
ridiques dans le domaine des groupements bénéficié. Les solidarités locales qui pour
d'employeurs et le développement des prat raient rendre cette solution acceptable restent
iques d'entraides permettent de réaliser la donc très largement à construire.
même opération pour les quantités de travail. De ce point de vue, il faut relever l'incapa
cité de la coopération à favoriser cette évoluLa multifonctionalité remplit un objectif
plus ambigu et probablement non encore sta tion car la a rompu, du fait de la
bilisé institutionnellement (Delorme, 1999). spécialisation agricole, avec les premiers
Elle énonce la fin du productivisme, qui ne se mouvements coopératifs qui pratiquaient une
justifie plus, pour y substituer une optique solidarité territoriale sur une base polyactive
nouvelle qui privilégie «une agriculture rurale. De plus, elle ne peut guère avancer sa
marchande, ménagère et économe» selon capacité à créer des emplois industriels en
l'expression du groupe de Bruges. milieu rural (Espiemonts, 1998) puisque
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