Crédit agricole et efficacité de la production agricole en Côte d'Ivoire - article ; n°1 ; vol.263, pg 92-104

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Économie rurale - Année 2001 - Volume 263 - Numéro 1 - Pages 92-104
Credit and efficiency in agriculture in Côte d'Ivoire - Although there is an intense debate in Côte d'Ivoire about the opportunity of creating a bank to finance the agricultural sector, no scientific research has tackled the issue thoroughly to serve as a basis of policy choice. This paper attempts, to some extent, to circumvent this insufficiency. It shows that access to credit can increase peasants economic efficiency in rice production. Since peasants all have the same allocative efficiency the difference in economic efficiency is attributable to the credit-induced difference in technical efficiency. Thus, access to credit is an important stimulus to agricultural growth. After an historical review of financial institutions and their relation to agriculture in Côte d'Ivoire we recommend a change in the management of these institutions and the creation of a new agricultural bank.
Malgré l'actuel débat vif en Côte d'Ivoire, concernant la nécessité de créer une banque pour le financement des activités agricoles, aucune étude scientifique sérieuse n'est menée pour éclairer les décideurs. Cet article vient quelque peu combler cette lacune et montre que les paysans producteurs de riz paddy ayant accès au crédit et ceux n'ayant pas accès au crédit n'ont pas la même efficacité économique. Cette différence d'efficacité économique est due à une différence d'efficacité technique, tous les paysans ayant la même efficacité d'allocation des ressources. En conséquence, l'étude révèle que le crédit est un stimulant important contribuant au développement du secteur agricole. Après avoir fait l'historique des institutions financières et présenté celles qui existent actuellement, le changement d'approche dans la gestion de ces structures et la création d'une nouvelle banque agricole est recommandé.
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 2001
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M Kouakou Kra Djato
Crédit agricole et efficacité de la production agricole en Côte
d'Ivoire
In: Économie rurale. N°263, 2001. pp. 92-104.
Abstract
Credit and efficiency in agriculture in Côte d'Ivoire - Although there is an intense debate in Côte d'Ivoire about the opportunity of
creating a bank to finance the agricultural sector, no scientific research has tackled the issue thoroughly to serve as a basis of
policy choice. This paper attempts, to some extent, to circumvent this insufficiency. It shows that access to credit can increase
peasants economic efficiency in rice production. Since peasants all have the same allocative efficiency the difference in
economic efficiency is attributable to the credit-induced difference in technical efficiency. Thus, access to credit is an important
stimulus to agricultural growth. After an historical review of financial institutions and their relation to agriculture in Côte d'Ivoire we
recommend a change in the management of these institutions and the creation of a new agricultural bank.
Résumé
Malgré l'actuel débat vif en Côte d'Ivoire, concernant la nécessité de créer une banque pour le financement des activités
agricoles, aucune étude scientifique sérieuse n'est menée pour éclairer les décideurs. Cet article vient quelque peu combler cette
lacune et montre que les paysans producteurs de riz paddy ayant accès au crédit et ceux n'ayant pas accès au crédit n'ont pas la
même efficacité économique. Cette différence d'efficacité économique est due à une différence d'efficacité technique, tous les
paysans ayant la même efficacité d'allocation des ressources. En conséquence, l'étude révèle que le crédit est un stimulant
important contribuant au développement du secteur agricole. Après avoir fait l'historique des institutions financières et présenté
celles qui existent actuellement, le changement d'approche dans la gestion de ces structures et la création d'une nouvelle
banque agricole est recommandé.
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Djato Kouakou Kra. Crédit agricole et efficacité de la production agricole en Côte d'Ivoire. In: Économie rurale. N°263, 2001. pp.
92-104.
doi : 10.3406/ecoru.2001.5245
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_2001_num_263_1_5245redit agricole et efficacité
i
de la production agricole
en Côte d'Ivoire
Kouakou Kra DJATO • Université de Bouaké, Côte d'Ivoire
Dès l'accession de la Côte d'Ivoire à l'ind nées. L'étude est présentée en trois parties.
épendance, les autorités de ce pays ont accor Après l'introduction, la première partie pré
dé un rôle important à l'agriculture. Cette sente le contexte de l'étude en faisant l'hist
agriculture devait jouer trois fonctions orique de la mobilisation et de la distribution
essentielles: elle devait d'abord être pour du crédit à l'agriculture ivoirienne. Elle
voyeuse de denrées alimentaires, ensuite montre également l'impact du crédit sur le
fournir de la main-d'œuvre aux autres sec développement des activités agricoles à part
teurs, enfin elle devait dégager des ressour ir d'une revue de littérature et d'une analyse
ces financières pour le budget de l'État faite sur la base de données collectées en
(Diop-Boaré, 1994). Compte tenu de l'i
Côte d'Ivoire; la deuxième partie décrit les mportance reconnue de l'agriculture, il fallait
institutions financières existantes en Côte donc la moderniser en apportant un finance
d'Ivoire tout en faisant ressortir leurs limites ment direct à la production paysanne. En
pour financer convenablement le secteur effet, selon Mosher (1967), l'accès au crédit
agricole; enfin, la troisième partie fait un est un mode de financement qui constitue
certain nombre de recommandations pour aussi un accélérateur du développement
développer la mobilisation et la distribution agricole. Par ailleurs, Ellsasser ( 1993) mont
re comment l'accès à des financements apde crédit en milieu rural ivoirien.
propriés permet à des agriculteurs de sé
curiser et de développer leurs activités Contexte de l'étude
économiques. Les autorités ivoiriennes Mobilisation de l'épargne
semblent avoir compris l'enjeu du finance
et distribution de crédit ment du secteur agricole puisqu'elles ont
créé une banque agricole: la Banque natio Généralement, l'idée répandue est que le ca
nale pour le développement agricole (BN- pital est rare en milieu rural. La croyance est
DA). Cette institution ayant été dissoute, que la contrainte majeure pesant sur les pay
aujourd'hui, il n'existe pratiquement plus un
sans et pouvant les empêcher de moderniser
organisme formel reconnu comme tel et
leurs exploitations est leur impossibilité s'intéressant spécialement au secteur agricol
d'accéder à un crédit devant leur servir à e. Cette situation ne risque-t-elle pas d'en
acheter des équipements et d'autres facteurs traver le développement agricole? L'agr
modernes de production. L'État devait alors iculture peut-elle se passer de crédit?
s'efforcer de fournir du crédit bon marché Comment peut-on organiser la mobilisation
aux paysans. Avant de poursuivre, il est et une distribution efficace du crédit en mi
donc nécessaire de présenter l'historique de lieu rural? Au travers de cet article, des r
éponses à ces différentes questions sont la situation en Côte d'Ivoire.
92 Économie Rurale 263/Mai-juin 2001 L'historique du système de crédit 1. avec des bureaux auxiliaires et des comités
à l'agriculture locaux de crédit jouant un rôle consultatif.
Les impayés étaient estimés à 23 % en 1968 En Côte d'Ivoire, les actions engagées par
et cette institution fut dissoute et remplacée les autorités au profit des paysans, pour
par la création d'une véritable banque améliorer leur productivité et augmenter
agricole: la Banque nationale du développeleurs revenus, ont souvent été celles de four
ment agricole (bnda) (Améthier, 1989). nir un crédit agricole à des taux d'intérêt
Cette dernière institution a connu un dévesubventionnés. Cela explique la création de
loppement très rapide. Le crédit total distriplusieurs institutions financières qui se sont
bué, qui était de 1, 4 milliard de francs CFA succédées. La Caisse centrale de crédit agri
en 1968-1969 est passé à 30, 2 milliards de cole mutuelle (cccam) fut créée en 1926
francs CFA après sept ans d'activité soit un pour financer l'habitat, les exploitations
taux de croissance de 50 % (Djogo, 1994). agricoles, la création de pistes rurales et la
Cette banque a connu une activité régulière commercialisation de produits agricoles. Le
jusqu'en 1986 avec un niveau maximum de mode de diffusion utilisé était le crédit direct
crédit enregistré de l'ordre de 49,1 milliards jusqu'en 1931. À partir de cette date, à la
de francs CFA en 1981-1983. C'est à partir suite d'une réforme, les Sociétés de pré
de 1986-1987 que les problèmes ont surgi, voyance sociale ont été associées à la distr
le niveau des encours des prêts totaux pasibution de crédit. La CCCAM a été créée par
sant de 49,1 milliards à 3, 8 milliards de l'administration coloniale et cette structure
accordait essentiellement des crédits aux francs CFA. Avec des impayés de 64 % et
agriculteurs européens (75 % des octrois des charges qui augmentaient dans des pro
globaux). Les impayés des prêts enregistrés portions incontrôlables, la banque a été dis
par cette institution ont atteint un taux de soute en 1991. Le rôle de la bnda, devant
47 % de l'encours des prêts et la Caisse fut mobiliser le crédit et le canaliser en direc
dissoute en 1957. Le vide laissé par la disso tion des paysans, semble avoir échoué. La
lution de la CCCAM a été quelque peu comb raison principale de cet échec est qu'une
lé par le Crédit de Côte d'Ivoire (CCI) créé bonne partie du crédit distribué par cette
en 1955 et dont le caractère était celui d'une institution a été accordée à des membres
institution polyvalente. Son champ d'action influents intervenant ou non dans le secteur
couvrait l'industrie, le commerce et l'agr agricole. Depuis la dissolution de la bnda,
iculture. Cette structure octroyait des crédits aucune grande banque formelle n'intervient
individuels directs sous forme de en milieu rural pour mobiliser et distribuer
collectifs accordés aux coopératives ou aux du crédit aux paysans. Le développement du
Sociétés mutuelles de prévoyance rurale secteur agricole pourra-t-il se faire sans la
(SMPR) par l'intermédiaire du Centre natio présence d'une institution de mobilisation et
nal de la coopérative et de la mutualité agri de distribution de crédit en faveur des
cole (cncma). La part du crédit accordée à paysans? Mais, quel est l'impact du crédit
l'agriculture était faible en raison du caractè sur le développement agricole?
re polyvalent de l'institution. Avec un taux
d'impayés de 36 %, le Crédit de Côte d'Ivoi
2. L'impact du crédit re va à son tour être dissout en 1959. La sur le développement agricole Caisse nationale de crédit agricole (CNCA),
créée à la même date, va le remplacer. La La présentation d'une revue de littérature
d'une part et l'étude de cas en Côte d'IvoiCNCA était une institution spécialisée de cré
dit agricole dont le pouvoir de décision était re, d'autre part, permettent de montrer cet
décentralisé. C'est ainsi qu'elle fonctionnait impact.
Économie Rurale 263/Mai-juin 2001 op. cit. ; Colliot et al, 1993). En Côte d'Ivoi
re, des études sont faites pour montrer l'i1
mportance de la mobilisation et de la distribu
tion du crédit sur le développement des
De n'aboutissent études développement Revue (Arajo mettre programme nombreuses de en ont et littérature Meyer, évidence été de pas faites crédit agricole. études à 1978). des l'impact au avait conclusions ont Brésil Toutes Certaines du été où crédit faites ces développé un concorde études sur vaste pour ces le activités des opérateurs économiques
(Botzung, 1996; Cissé, 1996; Djanan,
1996).
Cependant, sur la Cote d'Ivoire, il n'existe
pas un grand nombre d'études mettant en I dantes. Une analyse de Rao (1970) montre
évidence l'impact du crédit sur l'efficacité qu'il y a une sous-utilisation de capital dans
économique de la production agricole et utiles petites exploitations agricoles et que, par
lisant la méthode employée dans le présent conséquent, un programme de crédit peut le
article. Aussi, nous ne pouvons pas généralver cette contrainte pour améliorer la pro
iser les résultats trouvés ailleurs et les conductivité de ces exploitations. Cependant,
firmer au cas particulier de la Côte d'Ivoire. Nelson (1971) a mené une étude sur la pro
En conséquence, une étude empirique sur duction agricole à Ribeirao Preto et a trouvé
l'impact du crédit sur la production agricole qu'il existe des barrières technologiques qui
s'avère nécessaire pour éclairer les dépourraient empêcher les paysans d'être eff
cideurs. L'étude de cas portant sur le riz padicaces même s'ils ont accès au crédit. Plu
dy en Côte d'Ivoire est ici exposée. sieurs études montrent des résultats similai
res (Garcia, 1975; Texeira, 1976; Graber,
Étude de cas: le riz paddy 1976; Drummond, 1972; Taylor et al,
Après avoir présenté sommairement le modèle 1986). Surtout, Steitieh (1971) montre que
empirique, nous analyserons les résultats de l'accroissement des investissements dans les
l'étude. facteurs de production tels que les équipe
ments de mécanisation et les engrais ne suffit • Modèle empirique et les données collectées
pas pour augmenter la production. Il faut
Pour analyser les données de la présente étumettre en place un système de gestion et de, nous avons utilisé une fonction de profit.
d'information efficaces pour les exploitat Les équations (1) et (3) (annexe 1) donnent une
ions. En d'autres termes, les paysans ayant base pour spécifier un modèle empirique. En
accès au crédit peuvent acheter des facteurs suivant la démarche de Lau et Yotopoulos
modernes de production mais cela ne garant (1971), la spécification du système d'équations
it pas toujours la bonne utilisation de ces de la fonction de profit normalisée et des fonc
tions de répartition des facteurs est donnée facteurs. Plusieurs autres études montrent
par: l'importance du crédit dans le développe
Lnli* = LnA* + ôcDc + alLnw* + ajLnf* ment aussi bien en Afrique qu'ailleurs. En
+ |31*LnK + |32*LnS + Uo (4) effet, pour Nowak (1993), les politiques de
- w*L/IT* = a,c*Dc + aln*Dn (5) crédit ne doivent pas être considérées néga
-fF/n* = O2C*Dc + O2n*Dn (6) tivement, comme étant des «échecs», en
gouffrant d'énormes sommes d'argent, mais Dans ce système d'équations, FT* repré
comme instrument de développement. Selon sente le profit normalisé en francs CFA. Ce
lui, il y a eu une erreur sur le mode d'emploi profit est défini comme étant la recette dont
en Afrique où les systèmes financiers ont été on déduit le coût des facteurs variables à
trop vite transplantés, centralisés et mal gé savoir le travail et les fertilisants (NPK et
urée); A* est la constante à l'origine; L est le rés. Des études menées au Burkina Faso et
au Bénin montrent l'impact de l'accès au cré nombre d'homme-jours de travail provenant
dit sur les activités des paysans (Ellsasser, aussi bien de la main-d'œuvre familiale que
94 Économie Rurale 263/Mai-juin 2001 la main-d'œuvre salariée; w est le taux de sure où ces paysans continuent à bénéficier de
salaire normalisé par le prix du paddy qui est d'un programme de crédit semblable à celui
le produit obtenu dans le processus de de la période 1992-1993 et où les outils de
production; f est le prix moyen des fertil production n'ont pas changé de façon notable
isants utilisés normalisé par le prix du produit entre 1992 et 1999. En revanche, les paysans
obtenu (le paddy); F est la quantité de fertil ne bénéficiant pas de programme de crédit
isants utilisés; K est le capital et c'est la somont dû modifier leur comportement d'utilisa
me de tous les autres coûts de production tion des facteurs lors de cette dévaluation.
(semences, insecticides, herbicides, amortis Nous avons alors effectué une enquête pour
sement du matériel etc.); S est la superficie corriger les paramètres techniques (quantités
cultivée en riz paddy en hectares; De est une de facteurs utilisées à l'hectare et les rende
variable muette prenant la valeur 1 pour les ments obtenus). Les données ont été complét
paysans ayant accès au crédit et la valeur 0 ées par une nouvelle enquête pour connaître
pour ceux n'ayant pas accès au crédit. Dn est l'attitude des paysans relative aux à l'utilisa
une variable muette prenant la valeur 1 pour tion des services des institutions financières
les paysans n'ayant pas accès au crédit et 0 existantes. Les paysans interrogés sont ré
pour ceux ayant accès au crédit. Un tel syst partis entre le centre-nord et le nord de la
ème d'équations utilisé pour faire une analyse Côte d'Ivoire de la manière suivante: Touba
de la production agricole en Côte d'Ivoire (67 exploitants), Korhogo (216 exploitants)
remplit des propriétés comme l'additivité et et Katiola (127 exploitants). Plusieurs ren
possédant 0 comme moyenne et une varian contres ont permis de collecter les données
ce constante (Adesina et Djato, 1996 et sur 30 variables telles que la superficie de
1997). De plus l'estimation de ce système l'exploitation, l'âge du paysan, le nombre de
permet d'obtenir des estimateurs efficaces, personnes dans la famille du paysan, le nomb
sans biais (Lau et Yotopoulos, op. cit.). re d'années passées à l'école par le paysan,
l'accès par le paysan à un service d'encadreLes données utilisées ont été collectées de
ment, etc. Tous les paysans de notre échantfaçon transversale auprès de 410 paysans à
illon sont visités de temps en temps par des travers le nord de la Côte d'Ivoire entre
conseillers agricoles. Les paysans bénéfiaoût 1992 et avril 1993. Cette collecte a été
ciant du programme de crédit étaient encaeffectuée dans le cadre des recherches que
nous avions effectuées pour la rédaction drés par la Compagnie ivoirienne de déve
loppement des produits viviers (cidv), d'une thèse de doctorat. Ces données, qui
aujourd'hui dissoute et dont les activités sont concernent uniquement les parcelles de riz
reprises par l'Agence nationale d'appui au des exploitants interrogés, ont été complét
développement rural (anader). Mais les ées et réactualisées en 1999. L'actualisation
paysans qui ne bénéficiaient pas du prdes données concerne le prix du paddy et
ceux des facteurs de production comme ogramme de crédit étaient aussi des product
eurs de coton et, à ce titre, ils étaient encal'urée, la semence, les herbicides etc. En ef
fet, en 1994, le prix de ces produits a connu drés par les conseillers agricoles de la
un changement faisant suite à la dévaluation Compagnie ivoirienne du développement
des textiles (cidt). Dans une étude effectuée du franc CFA. Il s'avérait nécessaire d'effec
par Taylor et al. (1986) sur l'efficacité des tuer une enquête rapide de correction. En
outre, nous avons fait l'hypothèse que pour paysans ayant accès au crédit, le crédit était
les paysans bénéficiant d'un programme de considéré comme un paquet de services
crédit, les paramètres techniques comme les comprenant le prêt d'une somme d'argent à
quantités de facteurs utilisées à l'hectare et un taux d'intérêt subventionné, la fourniture
de services techniques comme l'encadre- les rendements ne changent pas dans la
Économie Rurale 263/Mai-juin 2001 ces, elle correspond à une combinaison opt
imale des ressources afin de maximiser le 1
terrain, ment, l'éducation, consistait, agricoles. la l'investissement recherche lui, Le l'organisation crédit essentiellement et de la démonstration la dans présente de en coopératives la fournitusanté enquête sur et le profit (Duraisamy, 1990). Nous allons alors
faire des tests relatifs à ces différents types I
d'efficacité.
re de facteurs de production que les paysans
Hypothèse 2 devaient rembourser à l'aide d'une partie de
leur récolte. Au total 333 des 410 paysans II y a une égalité d'efficacité d'allocation des
interrogés ont accès à ce type de crédit tandis ressources des paysans ayant accès au crédit
que les 77 autres paysans n'ont pas accès au et ceux n'ayant pas accès au crédit. La con
crédit (annexe 2, tableau 1). duite du test de cette hypothèse permet
d'écrire:
• Résultats empiriques de l'étude de cas Ho: alc* = aln* contre Ha: alc* * oeln*
Ho: (X2C* = ot2n* Ha: a^* * a^* Les résultats de la régression des équations
de l'étude effectuée à l'aide du logiciel SHA- Nous acceptons l'hypothèse que les pay
ZAM, selon la méthode SUR (Seemingly Un sans ayant accès au crédit et ceux n'ayant pas
related Regression), sont présentés dans le accès au crédit ont la même efficacité d'allo
tableau 2 de l'annexe 3. Nous rappelons les cation des ressources. Puisque les deux grou
hypothèses de recherche testées et exposons pes de paysans ont la même efficacité relat
les résultats repris dans le tableau 3 de l'a ive d'allocation des ressources, leur
nnexe 4 comme suit: différence d'efficacité économique est donc
due à une différence d'efficacité technique.
Hypothèse 1 Cependant, il est impossible de dire, à partir
Les paysans ayant accès au crédit et ceux de ce test, lequel des groupes de paysans est
n'ayant pas accès au crédit ont la même eff techniquement plus efficace. Nous nous ré
icacité économique relative. Nous sommes férons alors à d'autres paramètres comme le
alors conduits à faire le test suivant à partir rendement obtenu et la productivité de cer
d'une régression sans restriction: tains facteurs de production (tableau 1, an
Ho: Ôc* = 0 contre Ha: 8c** 0 nexe 2). En observant ces paramètres, on
peut conclure que les paysans ayant accès au Les données collectées ne permettent pas
crédit sont plus proches de leur frontière de d'accepter l'hypothèse nulle; nous con
production, Ils sont donc techniquement plus cluons donc qu'au seuil de signification de
performants. 5 %, les paysans ayant accès au crédit n'ont
pas la même efficacité économique que
Hypothèse 3 ceux n'ayant pas accès au crédit. Cette diff
Les paysans ayant accès au crédit sont absoérence d'efficacité économique est due soit à
lument efficaces dans l'allocation des resune différence d'efficacité technique ou à
sources. En d'autres termes, ils maximisent une d'allocation des
parfaitement le profit; cela nous conduit ressources ou à une différence des deux
donc à vérifier si les paramètres relatifs aux composantes de l'efficacité économique. En
paysans ayant accès au crédit dans les fonceffet, l'efficacité économique est composée
tions de répartition des facteurs travail et d'une efficacité technique et d'une efficacité
fertilisants sont égaux à leurs correspond'allocation des ressources. L'efficacité
dants dans la fonction de profit. Explicitetechnique est définie par le fait de pouvoir
ment, nous faisons les tests suivants: obtenir le maximum de produit à partir d'un
Ho: alc* = (Xj* contre Ha: alc* * ax* niveau donné de facteurs de production;
Ho: O2c* = 0C2* Ha: a^ quant à l'efficacité d'allocation des
96 Économie Rurale 263/Mai-juin 2001 Les données recueillies ne permettent pas tion est inférieure à l'unité (tableau 4, annexe
d'accepter l'hypothèse nulle et nous con 4). Donc, tout accroissement de la superficie
cluons qu'au seuil de signification de 5 %, sans apport de crédit, devant servir à amélior
les paysans ayant accès au crédit ne sont pas er la qualité des facteurs de production,
absolument efficaces dans l'allocation des entraînera une augmentation de la product
ressources. Donc les riziculteurs, ayant accès ion, mais moins proportionnellement que
au crédit, n'arrivent pas à obtenir des prix les l'augmentation des facteurs de production.
plus bas possibles pour leurs facteurs de pro Nous venons de montrer dans la partie pré
duction et n'obtiennent pas les meilleurs prix cédente que le crédit a un impact important
pour la vente de leur produit. Cette situation sur la production agricole. Ce résultat suscite
pourrait s'expliquer par le fait que le type de un certain nombre de questions. Quelles sont
crédit obtenu par les paysans rend onéreux les institutions financières présentes dans le
les facteurs de production; de plus, les pay milieu rural en Côte d'Ivoire? Répondent-
sans sont obligés de vendre le produit à celui elles aux attentes des opérateurs du secteur
qui leur fournit les facteurs de production et, agricole? Comment peut-on favoriser une
surtout, à des prix très bas non rémunérat mobilisation et une distribution de crédit de
eurs. Ces paysans gaspillent parfois les fac façon efficace en Côte d'Ivoire? Nous ten
teurs de production en les détournant vers tons de répondre à ces différentes questions.
d'autres productions auxquelles ils ne sont
pas toujours adaptés ou même ils les reven Demande de crédit et institutions
dent pour avoir de la liquidité afin de régler financières ivoiriennes en milieu rural
des problèmes urgents. Par conséquent, cer
Les paysans ivoiriens ont de nombreux betains paysans sous-utilisent les facteurs de
soins financiers que les institutions financièproduction sur les parcelles de riz alors que
res n'arrivent pas à couvrir convenablement d'autres les sur-utilisent compte tenu du fait
par le biais de la mobilisation et de la distrqu'ils n'en paient pas immédiatement le prix.
ibution de crédit. Analysons l'offre et la deDans les deux cas, ce comportement ne leur
mande de crédit en milieu rural. permet pas d'optimiser leur résultat.
Les paysans n'ayant pas accès au crédit ne
sont pas non plus absolument efficaces dans 1. La demande de crédit
l'allocation des ressources car ils ont la Compte tenu de la faiblesse des revenus des
même efficacité relative dans l'allocation des populations agricoles ivoiriennes, les pay
ressources que ceux ayant accès au crédit. sans n'arrivent pas, dans leur grande majorit
é, à constituer une épargne pouvant leur
Hypothèse 4 permettre de réaliser des investissements
La fonction de production correspondant à pour développer leurs activités et améliorer
la de profit utilisée est à rendement leur niveau de vie. Une analyse des charges
d'échelle constant : liées à l'achat de facteurs de production, à
Ho: (},* + pY* = 1 contre Ha: p,* + p2* * 1 l'alimentation, à la scolarisation, à la santé,
Pour tester cette hypothèse, nous avons à l'habillement et à l'amélioration de l'habi
fait quatre restrictions (tableau 3, annexe 4). tat montre que les revenus des paysans sont
Au seuil de signification de 5 %, nous con largement insuffisants pour couvrir tous ces
cluons que la fonction de production n'est besoins. En effet, sur un échantillon de 35
pas à rendement d'échelle constant. paysans, seulement 11,5 % de ces paysans
ont un revenu suffisant pour couvrir entièrLa production de paddy se fait à rende
ment décroissant dans la mesure où la somement leurs charges alimentaires. La scolari
me des élasticités de la fonction de sation massive des enfants et l'âge de plus en
Économie Rurale 263/Mai-juin 2001 plus avancé des paysans créent un besoin de Certaines institutions financières commerc
iales offrent des possibilités d'épargne au main-d'œuvre. Les jeunes déscolarisés ne 1
monde rural grâce à ses comptes d'épargne: sont pas attirés par les travaux agricoles
c'est le cas de la Banque internationale pour qu'ils jugent pénibles. Pour attirer de jeunes I le commerce et l'industrie en Côte d'Ivoire agriculteurs, alléger la tâche des paysans
(bicici), de la Banque de tout en permettant d'atteindre de hauts re
g l'Afrique de l'Ouest en Côte d'Ivoire (biao ndements et, enfin, pour suivre le mouvement
Cl), la Société générale de banque en Côte général de la modernisation des exploita
d'Ivoire (SGBCI) et la Société ivoirienne de tions, il est indispensable d'introduire la mot
banque (SIB). Sans porter de jugement sur la orisation et l'utilisation rationnelle de fac
qualité de leurs services, on constate tout de teurs modernes de production. Le nord de la
même qu'elles sont insuffisamment présentCôte d'Ivoire où l'étude a été effectuée est
es en milieu rural. En effet, sur 35 paysans une zone où les conditions climatiques ne
interrogés dans la zone couverte par l'étude, permettent pas toujours aux paysans d'avoir
seulement deux paysans épargnent dans ces de bonnes récoltes. Ces paysans ont besoin
institutions (Brahima, 1999). d'acheter des engrais pour améliorer les re
ndements et sont obligés de diversifier par La Banque centrale des États de l'Afrique
de l'Ouest (BCEAO) de l'Union économique fois leurs productions en adoptant de nou
et monétaire ouest-africaine (uemoa) dont velles cultures comme l'anacarde. Toutes
fait partie la Côte d'Ivoire a contrôlé les taux ces situations exigent des moyens financiers
d'intérêt du marché monétaire entre 1962 que les paysans ne peuvent pas toujours réu
et 1993. Des taux d'intérêts préférentiels sont nir par le biais d'une épargne compte tenu de
surtout accordés pour des activités de prola faiblesse de leur revenu. Ces dernières
motion des exportations, de construction et, années, les filières des grandes cultures
particulièrement, pour des activités menées d'exportation comme le café et le cacao ont
en Côte d'Ivoire. À partir de 1989, la Bceao a été entièrement libéralisées. Désormais,
lancé une politique de libéralisation du marl'État n'intervient plus dans la commercialis
ché du crédit et le marché monétaire a comation et donc dans la recherche de finance
mencé à fonctionner selon les lois du marché ment. Ces tâches sont désormais dévolues
(Sylla, 1999). En 1993, la politique de taux au secteur privé et, en particulier, aux coo
d'intérêt préférentiel est abandonnée et la pératives agricoles. Mais l'inorganisation
seule limite fixée est que les banques commdes opérateurs ne permet pas d'obtenir les
erciales évitent d'appliquer des taux d'intéfinancements nécessaires. Existe-t-il des
rêt usuriers. On constate bien que les actions institutions pouvant répondre efficacement
des banques commerciales se limitent essenaux attentes des paysans? Pour répondre à
tiellement au financement des opérations cette question, il convient de présenter les
commerciales et négligent de façon générale institutions financières présentes en milieu
le stade de la production. En outre, elles n'acrural.
cordent du crédit qu'à de gros producteurs et
exportateurs de produits agricoles comme la
2. Les institutions financières banane, l'ananas, le palmier à huile, le café,
de cacao, l'hévéa, etc. Les petites exploitaMalgré l'inexistence de structures financiè
tions familiales sont exclues de ce circuit car res formelles s'intéressant particulièrement
elles présentent moins de garanties et les au secteur agricole, il y a tout de même
taux d'intérêt sont hors de leur portée. quelques institutions et systèmes financiers
qui offrent du crédit aux populations du D'autres institutions de moindre importan
ce que les banques commerciales intervien- monde rural.
98 Économie Rurale 263/Mai-juin 2001 nent en milieu rural, dans la zone couverte Conclusions
par l'enquête. Il s'agit de la Coopérative
Nous avons montré que les paysans ayant d'épargne et de crédit (COOPEC), du réseau de
accès au crédit n'ont pas la même efficacité Fonds local d'épargne et de crédit (FLEC),
économique que ceux n'ayant pas accès au des Fonds sociaux agricoles, du Fonds d'ins
crédit. Cette différence d'efficacité s'expltallation et d'appui aux initiatives des jeunes
ique principalement par une différence d'efagriculteurs (fiaua), du Fonds de promot
ficacité technique des deux groupes de payion des productions animales (fppa), du
sans. Les paysans ayant accès au crédit Fonds de diversification et de promotion des
semblent techniquement plus performants. exportations.
Ces paysans reçoivent des facteurs moderToutes ces structures présentent de nomb
nes de production (semences améliorées, reuses limites. Il s'agit de la réglementation
engrais, insecticides, et herbicides) dont le bancaire, qui place ces institutions dans les
paiement intervient au moment de la récolte. mêmes conditions que les autres banques
Cette approche, qu'il faut sans doute encourcommerciales, des difficultés de recouvre
ager, est plus stimulante pour faire adopter ment, qui empêchent souvent le renouvelle
une nouvelle technologie que les faibles ment des prêts, du manque de suivi des
taux d'intérêt habituellement accordés par la prêts, du problème de garantie et d'aval et,
bnda à l'époque où elle fonctionnait encore. enfin, des problèmes de trésorerie qui limi
Ce résultat montre donc que le crédit est un tent la capacité d'intervention de ces struc
stimulant important; le paysan doit non seutures. Améthier (op. cit.) relève la faiblesse
de l'approche habituelle, à savoir l'interven lement accéder au crédit pour acheter des
tion de l'État pour accorder du crédit sub facteurs de production, mais aussi, pour sa
ventionné sans épargne préalable des pay tisfaire ses besoins de consommation pen
sans. De même, N'guessan (1995), relève dant la période de production; dans le cas
que les prescriptions antérieurement dé contraire, les facteurs de production fournis
veloppées pour mobiliser l'épargne et distr à crédit aux paysans pourraient même être
ibuer du crédit reposent sur l'hypothèse de vendus à vil prix sur le marché afin d'avoir
Xhomo economicus. Selon lui, cette hypo de la liquidité pour couvrir leurs besoins
thèse s'avère en partie erronée, car le pays pressants. Des études, comme celles
est de type communautaire, ce qui n'a pas d' Adams et Graham ( 198 1 ) montrent la per
permis d'atteindre les objectifs visés. En dé formance positive d'un programme de distr
finitive, l'échec de la plupart des institutions ibution de facteurs à crédit. Un programme
provient du fait qu'elles étaient obligées de crédit de ce type est plus efficace car il
d'offrir du crédit subventionné et de gérer touche une plus grande partie de la populat
de nombreuses lignes de crédit qui engen ion rurale alors que le crédit subventionné
drent des coûts supplémentaires de gestion. tel que celui qui était distribué par la bnda
En outre, le crédit est accordé seulement ne profitait souvent qu'à ceux qui étaient les
pour des activités purement agricoles alors plus influents (Berg et Whitaker, 1986).
que le paysan est généralement pluriactif. Améthier (op. cit.) propose la création d'ins
Certaines de ces limites peuvent être corri titutions telles que les COOPEC. Mais la
gées par les recommandations proposées en question reste de savoir si ces structures
conclusion. peuvent contribuer véritablement au déve
loppement d'un secteur aussi important
qu'est l'agriculture ivoirienne, à la place de
structures de financement plus importantes.
Nous reconnaissons avec Adams (1993) que
Économie Rurale 263/Mai-juin 2001 l'approche jusque-là utilisée dans la gestion paysans et le renforcement de leur capacité
de remboursement. Il faut encourager le rdes structures financières, à savoir l'appro
egroupement des paysans en coopératives che «projet de crédit», doit être abandonnée
au profit d'une nouvelle approche c'est-à- afin de pouvoir présenter une garantie aux I
structures financières. Il est évident que dire l'approche «performance du marché». g
pour les grandes filières, les financements Selon «projet de crédit», le suc
1 que peuvent apporter les structures existancès des programmes est fonction du nombre
tes seront insuffisants. Les coopératives de •s 3 de prêts accordés aux membres du groupe
la filière café-cacao l'ont compris et ont dévisé, des intrants achetés grâce à ces prêts,
cidé de mettre en place un Fonds de garantde la hausse de la production obtenue grâce
ie. Une telle expérience avait été tentée par à l'emprunt, et des changements survenus
l'État et a engendré environ 14 milliards de dans le niveau de revenus ou d'emploi des
francs CFA d'impayés. Pour la survie de la emprunteurs. Comme on le constate, ces
toute nouvelle expérience où les exportatunités de mesure mettent l'accent unique
eurs, les banquiers et les coopératives dément sur l'emprunteur et ignorent en grande
tiennent 90 % du capital social et l'État partie la viabilité de l'activité de crédit, la
10%, il faudra faire en sorte d'éviter les satisfaction des déposants et la bonne santé
impayés. À la longue, il faudrait qu'une telle du système financier. En revanche, l'adop
structure, qui ne s'intéresse qu'au stade de la tion de l'approche «performance du
commercialisation des produits, se transfomarché» permet de mettre en place des ser
rme en une véritable banque agricole qui f
vices financiers durables par le recours à inancera aussi les autres stades de la filière et
d'autres critères de mesure des résultats glo surtout celui de la production. Certes, ces
baux tels que le recouvrement des prêts, les recommandations sont utiles mais, pour les
coûts de transaction des opérations de prêts renforcer, il serait souhaitable que d'autres
et de mobilisation des dépôts, le nombre de études soient entreprises, comme celle réa
personnes ayant un accès durable aux servi lisée par Yoli ( 1999), pour analyser profon
ces financiers formels et la proportion des dément le fonctionnement et la performance
prêts en provenance des dépôts. Les em des structures existantes.
prunteurs doivent, avant de bénéficier d'un
prêt, établir leur solvabilité. Souvent, les
Remerciements guichets des institutions sont éloignés des
Nous tenons à remercier Akin A. Adesina dont les paysans, c'est la raison pour laquelle nous commentaires sur la méthode de travail utilisée, ont
pensons que ces institutions doivent favori été appréciables; Kama Berté, directeur de l'École su
périeure d'agronomie de Yamoussoukro et Jacques ser la création des caisses locales regroupant
H. Pégatiénan dont les conseils donnés pendant la cinq à six villages. Ces structures doivent rédaction de notre thèse de doctorat ont été utiles
octroyer des prêts pour toutes les activités ici; Patrick Dugué, chercheur au cirad à Bouaké en
Côte d'Ivoire, pour ses remarques et son aide sur la réalisées en milieu rural et non plus seul
recherche de documentation. Cependant, nous resement pour les activités agricoles. Cela peut tons seuls responsables des insuffisances qu'on pourr
renforcer la diversification des activités des ait relever dans cet article.
100 Économie Rurale 263/Mai-juin 2001

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