L'augmentation de la productivité de l'agriculture européenne - article ; n°1 ; vol.20, pg 31-47

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Économie rurale - Année 1954 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 31-47
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1954
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Heinz Hamann
L'augmentation de la productivité de l'agriculture européenne
In: Économie rurale. N°20, 1954. pp. 31-47.
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Hamann Heinz. L'augmentation de la productivité de l'agriculture européenne. In: Économie rurale. N°20, 1954. pp. 31-47.
doi : 10.3406/ecoru.1954.1346
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_1954_num_20_1_1346DE LA PRODUCTIVITE L'AUGMENTATION
DE L'AGRICULTURE EUROPÉENNE
par {Traduction le (Paderborn, Docteur André HEINZ Allemagne) VOISIN) HAMANN
production de l'agriculture. Il s'agit là d'une négliLes étonnantes révolutions techniques des der
gence peut-être . compréhensible, mais cependant nières années ont permis à l'industrie de se déve
condamnable : on cherche avant tout des « solutions lopper d'une manière considérable. On a estimé
que 1' (( industrialisation » devait permettre à l'hom techniques » aux problèmes agricoles ; on fait pas
me de profiter des découvertes scientifiques. On ser la « technique «avant la « biologie », et, fin
s'est donc efforcé de créer l'industrie dans les Etats alement, on oublie le problème économique.
Examinons les résultats des études précédentes agraires et de la développer encore plus dans les
Etats très modernes. Il en est résulté que là question concernant les problèmes de la productivité agri
du rendement dans l'agriculture est devenue, en cole (3, 4).
Il a été étudié, d'une part, la capacité de proparticulier dans l'Europe de l'Ouest, un problème
duction des différents sols, et, d'autre part, les écoéconomique et social de première urgence.
Nous devons nous demander quelles sont les rai nomies que permet de réaliser la productivité crois
sons pour lesquelles, malgré des investissements sante du sol. Quand on fait l'examen, critique de
importants et un équipement accru de machines, ces études, on aboutit à deux conclusions :
a) En Allemagne, les rendements obtenus jusl'augmentation des revenus de l'agriculture est tout
à fait insuffisante. Nous sommes d'abord obligés qu'ici avec les sols de bonne qualité sont nettement
de faire la constatation suivante : insuffisants, si on les compare avec les rendements
des sols médiocres (5). Le développement de l'équipement technique des
exploitations agricoles de l'Europe occidentale n'a b) Même au « siècle de la technique », la fertilité
du sol demeure le facteur principal qui détermine pas amené une égalisation des revenus de l'agri
culture et de l'industrie, mais au contraire a accen la productivité de l'agriculture (6).
Nous consacrerons donc surtout la présente étude tué leur écart.
à la question suivante : Cette tendance économique apparaissait déjà net
tement en Allemagne avant la deuxième guerre Quel est le facteur jouant uri rôle décisif dans
mondiale. On avait donc été amené à faire une V augmentation de la productivité de l'agriculture,
analyse -exacte des résultats des exploitations, qui et auquel nous devons particulièrement consacrer
tenaient une comptabilité rationnelle. notre attention, si nous estimons que, du point de
A la suite de telles analyses, Hans Miiller, dans vue social et économique, il est nécessaire dans
son ouvrage « Mécanisation et frais de production l'avenir d'augmenter la productivité du sol ?
de l'agriculture » (2 bis) (*), avait conclu que l'on Il ressort clairement de cette question même, que
ne peut abaisser les prix de production dans l'agr nous sommes surtout préoccupés par la « product
iculture par la seule mécanisation. Ce résultat fut ivité du sol ». Nous partageons le point de vue de
parfaitement confirmé après cette guerre. C'est une Boker (7), qui dit : « Nous ne pouvons atteindre une
orave erreur de penser qu'il est possible dans augmentation de la productivité de la main-d'œuvre
l'agriculture, par une mécanisation très poussée (en tant que condition première de la solution du
(tout en ne modifiant pas les autres conditions d'ex problème agraire) dans l'agriculture européenne,
ploitation), d'aboutir à une augmentation du rende que si, d'une manière générale, nous augmentons
ment des exploitations individuelles, parce que les la production à l'unité de surface, tout en rationa
frais de production des céréales, du lait ou de la lisant les méthodes de production, en particulier les
viande baisseraient alors presque automatiquement. modes d'emploi de la /main-d'œuvre. »
Nous ne sommes nullement troublés par le fait Cette erreur est malheureusement fort répandue. On
bien connu que l'agriculture américaine a augmenté n'accorde pas l'attention voulue aux questions fon
la productivité de sa main-d'œuvre aux dépens de damentales qui déterminent finalement les frais de
la du sol. L'érosion du sol causée par
le manque d'humus (ou les apports insuffisants d'hu(*) Les numéros entre parenthèses se réfèrent aux ouvrages
cités en annexe. mus) suffit à nous détourner d'appliquer les métho- -32-
des agricoles américaines en Europe. D'autre part, Il nous est donc apparu indispensable d'étudier
aucun Etat européen ne pourrait se permettre long de manière particulière et approfondie l'influence
temps, suivant l'exemple américain, d'accorder à du bétail sur l'évolution de la productivité du sol.
son agriculture une subvention représentant 10 % La littérature agricole allemande ne nous apporte
de son revenu national. Enfin, cette subvention co malheureusement jusqu'ici que des renseignements
lossale de l'agriculture américaine montre que les insuffisants concernant les relations réelles existant
méthodes de production de celle-ci sont loin d'être entre : d'une part, l'importance du bétail entretenu,
modèles, puisque seule la subvention de l'Etat per ainsi que la quantité produite de fumier et d'hu
met aux « farmers » d'avoir un revenu suffisant. Il mus ; et, d'autre part, la productivité du sol. Il nous
est- donc apparu nécessaire d'étudier d'abord cette ne faut pas non plus oublier que les nations euro
péennes ne disposent pas d'une surface suffisante question avant et après le début de l'emploi des
de sol pour pouvoir se permettre d'exploiter leur engrais minéraux.
terre suivant les méthodes américaines. Au cont
raire, il se trouve en Europe des familles paysannes
qui sont toujours prêtes à augmenter la productivité
Cette période s'étendant sur environ 6*3 ans (de de leur terre, conformément aux enseignements
d'une science agronomique saine (9). 1820 à 1882, puis de 1882 à 1939), avant et après
le début de l'emploi des engrais minéraux, nous
* * * permet d'examiner quelle influence l'emploi des
engrais a exercée sur la productivité. Cet examen
Si nous voulons savoir quel est le facteur qui est rendu difficile du fait que nous ne disposons pas
règle de manière fondamentale la production à de chiffres directement utilisables. Nous avons ce
l'unité de surface, il est préférable de limiter nos pendant pu résoudre le problème en utilisant les
recherches à un territoire dont nous connaissons publications de Bente (22), Brandt (23) et Decken-
bien le sol et le climat et pour lequel nous pouvons Metzdorf (24) tout en nous aidant des statistiques
suivre, depuis un temps suffisamment long, l'évo concernant l'évolution de la population, la consom
lution parallèle des rendements du sol et des quant mation et l'importation de produits alimentaires.
ités d'engrais utilisés. Nous avons ainsi déterminé la production all
En tant que régisseur ou conseiller agricole, j'ai emande de produits alimentaires au cours de ces 120
années. Finalement, nous avons pu calculer, entre pu en Allemagne, au cours de nombreuses années,
1820 et 1939, la product;on d'unités fourragères me faire une expérience concernant l'exploitation
(U.F.) par hectare de surface cultivée (S.C.). Les des sols de différentes qualités. J'ai pu également
chiffres sont portés dans le tableau I. (1C\) mettre au point une méthode permettant de
.11 y a lieu de faire les observations suivantes : faire une comparaison exacte des rendements des
a) Les valeurs que nous avons obtenues à la suite sols des différentes régions et diverses fermes de
de travaux et calculs laborieux, concernant l'évolul'Allemagne. Comme, de plus, il existe dans mon
pays une grave crise sociale agraire — crise qui ne tion de la productivité du sol (3, 4) sont confirmées
cesse de croître — je crois préférable de limiter par les travaux d'autres auteurs, dans la mesure où
ces travaux existent. d'abord mes considérations à l'Allemagne.
b) La concordance de nos chiffres avec ceux de Quand nous examinons la littérature concernant
Steven et de Rybark (généralement acceptés jusla question ainsi limitée, nous trouvons, depu:s les
qu'ici) nous prouve que nos méthodes de calcul travaux d'Albrecht Thaer (11), les ouvrages classi
sont convenables. Comme nos chiffres pour la péques d'Aereboe (13), Brinkmann (14), Waterstradt
riode allant de, 1882 à aujourd'hui sont confirmés, (15) et Laur (16). Ils sont basés sur la théorie de
on peut estimer que ceux pour la période précédente Thûnen (12) concernant la répartition des zones de
de 1820 à 1850 sont également exacts. culture. Les travaux de Blohm (17), Busch (18),
Ries (19) et Woermann (20), quoique consacrés sur Après avoir ainsi calculé la productivité du sol
tout aux exploitations particulières, nous fournissent en unités fourragères (U.F.) par hectare de surface
une base plus vaste pour nos études sur la product cultivée (S.C.) entre 1820 et 1939, nous devons
ivité. pousser plus loin notre analyse. Il est en effet im
portant, pour juger du revenu relatif de la populatOn trouve dans ces ouvrages des opinions très
ion agricole, de savoir quelle était la quantité divergentes concernant l'importance que doit - avoir
d'unités fourragères produites par membre de cette le bétail dans l'exploitation (21). Or, le bétail remp
population agricole. Nous avons pour cela déterlit les rôles suivants : il fournit une masse import
miné les chiffres suivants : ante d'aliments ; il représente une partie considé
rable du revenu de l'exploitation ; il fabrique du 1) La productivité brute de la population agricole
qui indique combien d'hommes au total furent nourrfumier qui retourne au sol. Le bétail occupe donc
is (c'est-à-dire reçurent 1.180 kgs d'unités fourraune position centrale dans l'économie agricole mo
derne, dont il détermine en grande partie le déve gères par an) par membre de la-population agricole.
2) La productivité nette de la population agricole loppement. >
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-
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,

qui indique combien de citadins furent nourris par Productivité nette de la population agricole = PN.
membre de la population agricole. (Nous continuerons à employer ces abréviations
Cette productivité nette représente en même dans la suite du texte).
temps la quantité de produits alimentaires apportés Il ressort de ce tableau II les points suivants :
sur les marchés par membre de la population agri Point I. — Tous les 30 ans, on voit doubler les
cole. On peut y voir également une image de la quantités de produits alimentaires apportés sur les
mesure dans laquelle le paysan devient de plus en marchés par membre de la population agricole. On
plus dépendant de ces marchés. ne peut qu'admirer la manière persévérante avec
Dans le tableau II ci-dessous, nous employons les laquelle la paysannerie allemande a suivi l'évolu
abréviations suivantes : tion économique générale en ne cessant d'augment
Productivité brute de la population agricole = PB, er sa productivité nette.
Tableau I : EVOLUTION DE LA PRODUCTIVITE DU SOL ENTRE 1820 ET 1939
(Pour le territoire de l'Allemagne au 1er janvier 1939)
1820 1850 1882 1895 1907 1933 1937 1939
95' Consommation alimentaire par tête : 65 69 59 80 100 91 (indice base 100 en 1938-39, soit 1.180 kg
U.F. par personne)
3,65 Nombre absolu 0,79 1.09 1,63 2,13 2,80 4,69 Nombre
de personnes Ind. base 100 en 1882 69 100 224 48 131 172 288
ries par membre de
la population agrie. Indice d'après Steven 289 (ration 1.180 kg UF) 223 100 (28)
12,80 22,9 23,8 9,96 16,46 20,11 Nombre absolu 5,33 8,15 Productivité du sol 54 82 129 100 165 202 230 239. en qx UF Ind. base 100 en 1882
par ha de SC Indice d'après Steven
(28) 239 202 228 100
1800 = 100 Indice du volume d'après Rybark (29) : 1900 = 312
total de la augmentation 212 %
tion du sol 1820 = 100 1907 = 309 d'après Hamann : 209 %
Nota : SC = surface cultivée UF = unités fourragères.
pagnée d'une transformation de l'assolement. 11 se Points 2 et 3. — La productivité brute (P.B.) de
produit alors, pendant la période 1850-1882, un arrêt la population agricole a également augmenté de
dangereux dans le mouvement de progression. C'est manière continue, à peu près parallèlement à la pro
seulement mu cours de la période suivante (1882- duction nette (P.N.).
1907) que la productivité du sol reprend sa marche Point 4. — La production du sol à l'hectare de
en avant, laquelle se confirme pendant la période S.C., qui avait fortement augmenté au cours de la
ultérieure de 1907-1939. Si nous examinons de plus première période, ne croît que relativement peu
près cette augmentation de la productivité du sol, pendant la seconde période. Mais, cette production
augmente fortement pendant les 3e et 4e périodes. en tenant compte des apports d'éléments fertilisants
du sol, nous devons nous .rappeler que c'est à partPoints 5 et 6. — II apparaît ici un phénomène
ir de 1832 que commence l'application systématitout à fait remarquable qu'il y a lieu d'examiner
que des engrais minéraux. Il ne peut guère y avoir en tenant compte de l'évolution des méthodes de
de doute que l'énorme augmentation de productfertilisation du sol :
ivité du sol que nous constatons à partir de 1882 L'élévation de la production du sol à l'unité de
est due, sinon uniquement, tout au moins avant surface de 1820 à 1850 doit être attribuée en par
tout, à l'augmentation des quantités utilisées d'enticulier à un meilleur travail de ce sol, au marnage
grais minéraux. Ce qu'on peut se demander, c'est et à l'introduction de la culture du trèfle II : PRODUCTIVITE BRUTE ET PRODUCTIVITE NETTE Tableau
DE LA POPULATION AGRICOLE EN ALLEMAGNE DE 1820 A 1935
1850-1882 1882-1907 1907-1939 1820-1850
1,89 1 89 3,69 0,44 0,94 0,94 1) Productivité nette (PN) Nombre absolu 0,20 0,44
100 100 100 214 100 201 195 Indice 220
22,30 5,19 5,19 11,09 1,09 22 30 43,54 2) Productivité nette (PN) Quintaux 2,36
Augmentation absolue .. 5,90 1,21 21,24 calculée en quintaux d'UF 2,83
396 750 relative .. 100 20)8
19,23 33,04 9,32 12,86 33 04 55,34 3) Productivité brute (PB) Quintaux 12,9 19,23
3,54 * 13,81 Augmentation absolue .. 6,37 22,30 calculée en quintaux d'UF
100 290 530 relative . 180
Quintaux par ha 5,33 I 8,15 8,15 9,96 9,96 16,46 16 ,46 23,82 4) Productivité du sol en
6,50 7,36 quintaux d'UF par ha SC Augmentation absolue 2,82 1,81
230 relative 100 64 261
5) Augmentation moyenne de productivité par an au cours de la période :
0,184 0,448 0,664 0,0944 Quintaux PN calculée en quintaux d'UF 100 196 477 700 Indice .. .
0,199 0,552 0,697 0,118 Quintaux PB calculée en quintaux d',UF 468 100 169 591 Indice ...
0,260 0,057 Quintaux-ha ... 0,094 0,230 Production du sol en quintaux d'UF par
61 468 100 591 ha de SC Indice
6) Pour doubler la productivité atteinte, il a fallu le nombre d'années suivant :
28,2 33,6 Années 25,0 24,8 PN calculée en quintaux d'UF s 100 113 99 134 Indice
64,6 34,8 47,4 Années ... 79,0 PB calculée en quintaux d'UF 100 44 Indice .. .. 82 60
Production du sol en quintaux d'UF par Années .. 56,7 143 38,3 71,6
ha de SC Indice ... 100 252 68 126 .
si la productivité du sol a augmenté de manière l'extérieur. Dans ce cas, ces éléments provenaient
rigoureusement proportionnelle à l'augmentation d'une partie du sol de la ferme.
des quantités d'engrais utilisées. Il s'agit, en effet, Vint alors l'époque où l'emploi de la marne per
de savoir si les engrais minéraux ont causé dire mit une certaine évolution des méthodes d'exploi
ctement les augmentations de productivité du sol ou tation du sol. Les principes de cet emploi avaient
si, à côté des engrais minéraux, les apports de fu élé mis au point par Thûnen dans son exploitation
mier au sol ont joué une influence décisive en tant de Tellon, et il les a clairement exposés dans son
que régulateurs des rendements. 11 nous faut donc rapport au professeur Nivier (34).
d'abord voir de manière claire quelles relations La culture des légumineuses (trèfle) permit en existent, au cours des périodes examinées, entre, même temps d'utiliser l'azote de l'air pour augles quJantités de fumier utilisées et la productivité menter le « capital en éléments fertilisants » du
du sol. Nous pourrons ainsi estimer quel rôle joue sol. Il en résulta que la combinaison de l'apport la production de fumier,, et, par conséquent, l'im de marne et de la culture des légumineuses permit
portance du bétail dans la question générale de la une. augmentation de la productivité du sol.
productivité du sol. Les principes des pionniers du progrès agricole
de la première moitié du XIX0 siècle étaient les B. - Quantités d'éléments fertilisants
suivants : apportés au sol en Allemagne a) Augmenter l'apport d'éléments fertilisants ve
entre 1820 et 1939. nant de V extérieur (au moyen de la marne et des
légumineuses). La question de l'apport régulier d'éléments fer b) Augmenter la surfade des cultures fourragères tilisants a subi une évolution fondamentale entre
(trèfle) introduites dans l'assolement. la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle. A ce
moment, les céréales représentaient l'aliment le de c)manière Avoir un à fournir bétail plus aux labours nombreux les et éléments plus lourd, fer
plus important de l'homme. Or, on commença alors tilisants correspondant à la productivité âe ce sol. à manquer de « surface ».'On passa donc de l'a
L'application de ces principes amena l'augmentssolement à trois soles, dont une de jachère, à
ation de production à l'hectare que nous avons ssolement moderne à trois soles continuellement cul
tivées. Grâce aux descriptions détaillées que nous observée (point 4 du tableau II) pendant la période
1820-18501, La négligence de ces principes causa la oossédons (30, 33), nous \ savons comment, vers
stagnation de production pendant la période qui 1800, on s'est efforcé de maintenir la capacité de
suivit. C'est seulement au début de l'ère des enproduction.de sol en le travaillant convenablement
grais minéraux que fut trouvée une méthode nouet en lui apportant des aliments fertilisants. On
velle permettant de continuer les apports aux peut également citer J.-H. Von Thiinen (12), qui
labours d'éléments fertilisants venant de l'extéavait une conception fort claire de la question des
rieur, sans avoir à continuer à tirer indirectement engrais, et dont les idées doivent toujours nous ser
ces éléments des prairies. Cependant, nous devons vir de guides quand nous voulons augmenter la
observer de manière objective que cette nouvelle productivité du sel. Il nous a, en effet, enseigné le
possibilité n'a pas été utilisée totalement. Pourprincipe fondamental suivant :
quoi ? Etait-ce la faute des agriculteurs ? Les- Les apports faits au sol doivent correspondre à
espèces de plantes cultivées ne convenaient-elles la capacité de production de ce sol.
pas 7 Certaines conditions générales n'étaiént-elles Malheureusement, en ce qui concerne l'emploi
pas observées ? Empêchaient-elles de rendre de du fumier, on ne trouve plus guère la mention de
plus en plus efficaces les progrès techniques et chce principe dans la littérature agricole allemande
imiques ? moderne. Et cependant, vers 1800, on s'efforçait
toujours d'avoir pour le bétail une surface de pâ Pour répondre à ces questions, nous devons
ture trois à quatre fois plus forte que la surface en d'abord examiner un aspect particulier du problème
labours, cette dernière comprenant un tiers de ja de l'emploi du fumier et des engrais minéraux.
chère et deux tiers de céréales. En fait, les 4/5 de 1. Le fumier. — De même qu'à partir de 1820, la surface d'une ferme se trouvaient en prairies,
nous avons dû, en nous basant sur les statistiques lesquelles servaient d'abord à produire indirect
existantes, calculer de manière plus ou moins diement du fumier par l'intermédiaire du bétail et
recte la productivité du sol, nous avons procédé n'étaient utilisées qu'à titre secondaire pour pro
de la même manière pour trouver les quantités de duire directement de la viande et du lait. Cette
fumier utilisées. manière, habituelle avant Albrecht Thaer et son
Nous avons pu suivre l'évolution depuis le début école, d'exploiter le sol nous montre - de manière
du XIXe siècle de l'importance du bétail, grâce très nette que :-'
aux travaux (35) de Kurt von Ritter, qui demeure Le sol servant de manière continuelle à la pro
notre maître pour toutes les questions d'économie duction d'aliments de l'homme a absolument besoin
rurale. Nous avons, en outre, appliqué les idées de de recevoir des éléments fertilisants provenant de .

"
:
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i
Albrecht garete Von Wrangel (42) et par 1* étude de Hanne Thaer (36) et avons calculé le nombre de
têtes de bétail que nous rapportées à l'hec (43). Nous sommes ainsi arrivés finalement à cal
tare de surface cultivée. Le calcul de ces surfaces culer la production moyenne de fumier par hectare
cultivées nous a été facilité par les travaux prél de surface utilisée.
iminaires de Von Finkenstein (36) et de Max Sering Nous avons trouvé qu'en 1820 il était produit en(37). Il nous restait à déterminer de manière plus viron 1.550 kg de fumier par hectare de surface précise le poids des unités de bétail, poids dont cultivée. Ce résultat semble être très probablement dépend la quantité d'aliments consommés et la exact, car il concorde avec le chiffre indiqué par masse de fumier produit. Nous avons pu, pour cela, Schmitt (44) pour le début -du XIXe siècle. Nous nous appuyer sur les travaux de Esslen (38) et avons procédé de même pour les époques suivantes Fe;erabend (39), qui complètent parfaitement les se terminant respectivement en 1850 et 1882, pour publications de Thaer (36) et Thûnen (12 et 40). finalement trouver, en accord avec Gericke (45), 1938-1939,' Nous sommes arrivés à des résultats qui concordent qu'il était utilisé en Allemagne, en 7.020 de manière excellente avec ceux de Wilhelm Busch kilos de fumier par hectare de surface cultivée. (41). Il fallut ensuite mesurer la production de fu
mier par unité de bétail. Nous avons, pour cela, L'ensemble des chiffres obtenus est porté dans
été très aidés par les travaux préliminaires de Mar- le tableau III.
Tableau III : RELATION ENTRE LA PRODUCTION DE FUMIER
ET LA PRODUCTIVITE DU SOL ENTRE 1820 ET 1939
Apport de fumier en kilogs Production totale du sol
par hectare de surface cultivée en kg d'unités fourragères par ha de surface cultivée
Années Augmentation Chiffre brut Indice (base Augmentation Chiffre brut Indice (base
100 en 1820) de l'indice 100 en 1820) de l'indice (kg) (kg)
100 1820 1.550 100 533
55 1850 2.400 155 815 153 53
996. 1882 187 87 2.9C0 87 187 ' 1895 3.800 245 145 1.280 240 140
210 1907 4.800 310 1.646 309 209
277 . 1933 5.900 381 281 2.011 377
347 1939 7.020 451 351 2.382 447
(47). Nos chiffres confirment bien les observations II ressort de ce tableau, de manière indiscutable,
qu'il existe une relation nette et bien déterminée que Biederbech a faites dans différentes exploita
entre la quantité de fumier utilisée et la productivité tions sur l'évolution de la production et des quant
ités d'engrais utilisées. Scheffer a démontré de du sol. On peut même affirmer que cette relation
manière particulièrement convaincante le principe continuera toujours à exister, aussi longtemps que
l'homme- cultivera le sol. Certains ont estimé que suivant :
cette relation ne faisait que refléter des principes Une unité gros bétail {G.B.) de 500 \g de poids connus depuis longtemps. Il n'en est cependant vif produit au cours d'une année (avec un séjour rien. Il ressort, en effet, du tableau III que pour une normal à Vétable) 11.000 kg de fumier fait, dans augmentation de production à l'h'ectare de 100 kg lequel se trouve en moyenne 2.000 \g de matière d'unités fourragères, il fallait faire un apport sup sèche d'humus. plémentaire de 294 kg de fumier. Mais il faut éga
Il en résulte donc qu'une tonne de matière sèche lement tenir compte de la production du sol qui
d'humus correspond à 5.500 kg de fumier. n'est pas utilisée pour l'alimentation même. C'est
seulement en procédant ainsi que nous pourrons Il y a lieu de faire les corrections voulues quand déterminer les méthodes normales et rationnelles le bétail à l'étable passe une partie de son temps d'emploi du fumier ainsi que les quantités minima sur les pâturages. Dans ce cas, en effet, les fèces nécessaires de pour les sols de différentes et l'urine, apportés directement aux pâtures, ne qualités. Nous serons ainsi finalement en mesure sont pas perdus et rentrent dans le cycle organique d'étudier la question de la productivité agricole en et biologique de la production du sol. fonction des apports d'éléments fertilisants au sol.
On peut admettre, pour le calcul de la productComparons d'abord les résultats que nous avons
ion de fumier, les formules suivantes : obtenus avec ceux de Biederbech (46) et Scheffer — — 37
Si nous partons de ces équations que nous avons Tableau IV : FORMULES DE BASE POUR LE
CALCUL DE LA PRODUCTION . tirées de Scheffer, et augmentons de 5 % les pro
ANNUELLE DE FUMIER ductivités du sol déterminées à la fin d'une des
époques considérées, nous sommes en mesure de 1) Fumier frais : 32 fois le poids vif de l'animal.
comparer la productivité nette totale du sol avec 2)fait 22 fois le vif de
3) Quantité de les quantités de fumier utilisé au même moment (et
matière sèche 4 fois le poids vif de l'animal. avec les quantités d'humus qui y sont contenues).
d'humus Nous obtenons alors le tableau V.
Tableau V : COMPARAISON DES QUANTITES D'HUMUS APPORTEES AU \ SOL
AVEC LA PRODUCTIVITE NETTE DU SOL PENDANT LA PERIODE ALLANT DE 1820 A
1939 EN ALLEMAGNE
Par hectare de surface cultivée - Pour 1 kilog d'unités
fourragères produites en plus Kg d'unités fourragères APPORTS Production produites par il a fallu apporter
kilogs kilogs d'unités kilogs 100 kg 100 kg kg de
d'humus sec de fumier d'humus sec fourragères fumier d'humus sec de fumier
*■ f
A) Avant l'emploi généralisé des engrais minéraux :
en 1820 1.550 282 560 2,77 0,505 36,1 199
2.400 436 856 2,80 0,510 35,7 196 en. 1850
en 1882 2.900 527 1.046 2,77 0,505 36,1 199
B) Après l'emploi généralisé des engrais minéraux :
35,5 194 en 1895 3.800 691 1.344 2,82 0,515
1.728 36,1 199 en 1907 4.800 872 2,77 0,505
36,0 en 1933 5.900 , 1.0,73 2.112 2,78 198
7.020 35,7 196 en 1939 1.276 2.501 2,80 0,510
Nous avons nettement divisé ce tableau en deux Ceci nous permet de voir quelle action les engrais
parties, correspondant aux époques avant et après minéraux exercent sur l'efficacité du fumier.
l'emploi généralisé des engrais minéraux. Nous obtenons finalement les relations du t
ableau VI.
Tableau VI : EFFICACITE DU FUMIER ET DE L'HUMUS
1) 550 kg de fumier fait fournissent 100 kg de matière sèche d'humus.
2) 550 kg de fait (ou 109 kg d'humus sec) produisent 200 kg d'unités fourragères.
3) 100 kg d'unités fourragères sont produits par 275 kg de fumier fait (ou 50 kg d'humus sec).
Nous en déduirons donc que : Le rôle des engrais minéraux a consisté final
ement à fournir au bétail des quantités accrues d'alOn ne peut obtenir une augmentation de la pro
iments <$e meilleure qualité, ce ^qui a permis d'augductivité du sol qu'en créant de l'humus.
menter l'effectif de ce bétail. On a pu ainsi fournir
Nous ajouterons : au sol des quantités accrues de fumier, de sorte que
le cycle des éléments fertilisants était accéléré et L'apport d'engrais minéraux n'a rien changé à
intensifié.. la relation existant entre l'apport d'humus et la
production nette du sol. Cent kilos (sec)
Nous partageons l'opinion de Georg Blohm (48) ont produit environ 200 unités fourragères, qUe ce
sur l'importance fondamentale qu'exerce le bétail soit avant ou après l'emploi systématique des en
sur la productivité de l'agriculture. Le tableau VII grais minéraux. l
i
!
— 38
fait nettement ressortir cette importance et nous productivité du sol est l'existence d'un cheptel sain
permet d'affirmer : N et abondant, nourri sur la surface minima possible
La base fondamentale de V augmentation de la d'herbages et cultures fourragères.
Tableau VU : RELATION ENTRE LA PRODUCTION DE FUMIER-FAIT
ET LA PRODUCTIVITE NETTE DU SOL ENTRE 1820 ET 1939
Têtes de bétail Kilogs de poids vif Kilogs de fumier fait Productivité nette du sol :
par hectare de bétail par hectare obtenus par hectare kg d'unités fourragères
de surface cultivée de surface cultivée de surface cultivée par ha de surface cultivée
A) Avant l'emploi généralisé des engrais minéraux
en 1820 0,36 =100 95 = 100 1.550 = 10Q 560 = 100
0,46 = 126 150 = 158 2.400 = 155 856 = 153 en 1850
0,54 = 150 188 = 198 2.900 = 187 1.046 = 187 en 1882
B) Après l'emploi généralisé des engrais minéraux :
0,63 = 175 = 259 3.800 = 245 1 .344 = 240 en 1895 246
0,73 = 202 = 331 4.800 = 310 1.728 = 309 en 1907 314
0.76 = 211 = 400 5.900 = 381 2.112 = 377 en 1933 380
0,82 = 228 = 432 7.020 = 451 2.501 = 447 1939 410 en

2. Les engrais minéraux. — Partant des calculs qu'il y a lieu d'utiliser en moyenne avec les sols
de Lôhnis (49), Scheffer (47) a estimé que, pour un allemands. D'après une conception fort répandue,
sol de qualité moyenne utilisé normalement, il suf on admet qu'il faut un apport minimum de 40 kg/ha
fisait d'un apport de fumier fait de 1 1 .000 kg par d'azote (avec les apports correspondants d'acide
hectare de surface cultivée pour maintenir la capac phosphorique, potasse et chaux) pour les sols de la
ité da production de ce sol. qualité moyenne existant en Allemagne. Dans la
mesure où cela est possible, nous nous sommes
Avant de partir de cette base pour examiner la efforcés de comparer cet apport souhaitable d'un
minimum de 1 1 .000 kg/ha de fumier fait (soit question des engrais minéraux, il faut souligner que
le chiffre de Scheffer représente un minimum et non 2.000 kg/ha d'humus) et de 40 kg/ha d'azote mi
néral avec les quantités réellement apportées. Nous un maximum. Il y a donc lieu d'examiner d'abord
quelle est la ^ quantité minima d'engrais minéral avons pour cela dressé le tableau VIII.
Tableau VIIII : COMPARAISON DE L'APPORT REEL D'AZOTE MINERAL
ET D'ENGRAIS ORGANIQUE
AVEC LES QUANTITES MINIMA QU'IL AURAIT FALLU APPORTER-
Apport d'engrais minéral et organique Production nette du
sol (en quintaux "Fumier fait Matière sèche d'humus Azote i nlnéral d'unités fourragères
par ha de surface
cultivée) kg-ha Indice qx-ha Indice qx-ha Indice
Quantités minima
20' souhaitables . . . 100 100 40 100 110
Pour la période de
1878-1882 28- 26 5,09 26 0,7 1,75 10,10
(soit 26 % de 40)
En 1939 70,2 12,8 64 25,2 63 64
Ce tableau nous permet de tirer des enseigne A l'époque où l'apport d'azote minéral représent
ments fort importants que nous pouvons résumer ait 63 % de la quantité minima désirable, l'apport
annuel d'humus (ou de fumier) ne représentait éga- comme suit : '

,
— 39
annuels, à l'hectare de 20 quintaux d'humus sec et Ieai£n.t«qtieé4 % de la-qttaTrtité-mmiTna souhaitable.
40 kg d'azote minéral (avec les autres éléments miNous pouvons donc affirmer qu'il est correct de
néraux correspondants). parler, comme nous l'avons fait jusqu'ici, d'un
apport minimum au sol d'éléments fertilisants mi d) Si nous arrivions à apporter à notre sol ces
néraux et organiques. Il apparaît, en outre, un autre quantités minima d'éléments fertilisants, et que
fait bien remarquable : nous cultivions notre sol de la manière voulue, il
serait possible d'obtenir une productivité moyenne II existe une relation nette entre les apports au
dé 4. 030 kg d'unités fourragères par hectare de sursol d'humus et d'azote minéral à l'hectare : les
face cultivée, ce qui permettrait de nourrir 3,39 per20 quintaux d'humus sont, vis-à-vis des 40 kg
sonnes (recevant chacune 1.180 kg d'unités fourrad'azote minéral, dans le rapport de 1 à 2. Il ne
gères annuellement, comme ce fut le cas en 1938- s'agit pas là d'un hasard, comme le montre le t
1939). ableau VIII : en 1939, où les quantités d'azote ini
tierai et d'engrais organique n'étaient que de 64 % e) Pour un sol de valeur 40 recevant les quantités
des quantités minima souhaitables, le nombre de minima souhaitables d'éléments fertilisants, on
kilos (25,2) d'azote minéral utilisé correspondait trouve les relations suivantes :
bien au double des quintaux (12,8) d'humus sec — Le besoin minimum annuel en quintaux d'hu
apporté. mus sec à l'hectare est la moitié du chiffre repré
sentant la valeur du sol. Nous devons d'abord nous rappeler que la valeur
— Le besoin minimum en kilos d'azote minéral moyenne (#) des sols allemands est de 40, ce qui
par hectare et par an est égal au chiffre représennous permet quelques interprétations intéressantes :
tant la valeur du sol. En 1939 (voir tableau VIII), non seulement les — La production nette du sol par hectare et par apports d'humus et d'azote minéral étaient de 64 % an obtenue avec ces apports minima d'éléments de l'apport minimum souhaitable, mais la product fertilisants est (calculée en quintaux d'unités fourivité du sol correspond à 63 % de la valeur 40 du ragères) égale : sol. Il ne s'agit point d'une relation due au hasard
a) au chiffre représentant la valeur du sol ; entre deux chiffres d'origine et de nature aussi dif
b) à deux fois le nombre de quintaux d'humus férentes ; c'est ce qui apparaît bien, quand on exa
sec apporté au sol ; mine les conditions de la période 1878-82.
c) au nombre de kilos d'azote minéral apporté A cette époque, l'apport de fumier représentait au sol. 25,5 % de la quantité minimum désirable, et la Il y a alors lieu de se demander si ces relations productivité du sol, calculée en quintaux d'unités sont également exactes pour d'autres qualités de fourragères, représentait 25,3 % de la valeur 40 du sol, ou comment on doit les modifier. C'est ce que sol. Cette concordance entre le pourcentage d'ap nous allons maintenant examiner. port d'engrais organique et d'azote minéral par
rapport au minimum souhaitable avec le pourcen C. - Règles pour la fertilisation et tage de la valeur du sol comme représentant la pro
duction en unités fourragères nous amène à formul l'augmentation de la productiv
er les principes suivants : ité du sol. .
a) La productivité du sol, réellement atteinte (ou
qu'il est possible d'atteindre), correspond à Timpor- La rédaction de « Economie rurale » a exprimé
tance des apports d'engrais organiques et minéraux. le vœu bien légitime que, dans cet article, il soit
examiné quelles étaient les quantités minima d'hub) Pour les sols de la qualité moyenne (valeur :
mus (ou de fumier) que l'agriculteur devait apporter 40) étudiés jusqu'ici en- Allemagne, on peut consi
à son sol. Nous avons déjà vu ci-dessus que ces dérer qu'il y a équilibre entre les apports d'engrais
quantités dépendent avant tout de la qualité du sol. organiques et minéraux, quand il existe un rapport
Nous trouvons malheureusement peu d'indications de 1 à 2 entre les quintaux d'humus sec et les fylos
dans la littérature allemande sur cette question fond'azote minéral apportés annuellement au sol.
damentale. Nous allons cependant essayer d'éclair-
c) On peut considérer qu'en Allemagne, avec un cir la question en la divisant en trois parties.
sol de valeur 40, il faut faire des apports minima 1. Influence, sur la productivité du sol, de sa
.qualité et des éléments fertilisants qu'on lui
apporte. — A la suite de ses observations et expé
(*) Note du traducteur. — II s'agit d'un système allemand de riences pratiques, Frierich Aereboe (50), notre maît
détermination numérique de la valeur d'un sol (Boden- re pour les questions économiques, a déjà montré
wertzhal). Il est tenu compte de multiples facteurs: que l'emploi des engrais minéraux avait augmenté grandeur de la parcelle, origine géologioue, .nature du considérablement le rendement des sols légers. «ol, état d'entretien, pente, conditions climatique", etc.
Depuis, on a été de plus en plus convaincu que les Il s'aeit là d'une estimation de la fertilité naturelle des
sols. Le meilleur sol reçoit le chiffre 100. sols de qualité inférieure, c'est-à-dire les sols très

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