Le théorème de Coase : une relecture coasienne - article ; n°4 ; vol.7, pg 121-151

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Revue française d'économie - Année 1992 - Volume 7 - Numéro 4 - Pages 121-151
L'objet de cet article est double. Premièrement de rappeler, d'une part, l'origine historique du traitement des externalités afin de resituer la problématique développée par R. Coase dans Problem of social cost [1960], d'autre part, de montrer que le théorème de Coase, formulé en fait par G.J. Stigler, s'expose à un certain nombre de critiques internes. Deuxièmement, d'expliciter pourquoi il n'est pas pertinent de réduire les objectifs poursuivis par R. Coase aux résultats du théorème qui lui est à tort attribué. En effet, les objectifs poursuivis relèvent davantage d'un programme de recherche original qui constitue une critique de la théorie néo-classique standard. Dans le cadre de cette démarche alternative, le théorème n'est pas forcément verifiable parce que la problématique des coûts de transaction dont elle veut rendre compte se réfère davantage à une logique procédurale qu'à une analyse substantielle du comportement des agents propre à la théorie marginaliste.
The purpose of this article is first analyse the historical roots of the theoretical treatment of externalities as to understand R. Coase's in Problem of social cost [1960]). this way, the so-called theorem of Coase, which was in fact formulated by GJ. Stigler, is shown to be opened to internal criticisms. In a second time, we deny the relevance of the identification of Coase's analysis to the results coming from a theorem which is not of his own. As a matter of fact, Coase provides a new research program based on a criticism of the neo-classical standard analysis. Consequently, the theorem is not always available because the transaction cost theory to which Coase refers to is not directly related to a substantial analysis of the behavior of agents (that is the marginalist theory analysis) but is related to a procedural approach.
31 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1992
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Ludovic Ragni
Le théorème de Coase : une relecture coasienne
In: Revue française d'économie. Volume 7 N°4, 1992. pp. 121-151.
Résumé
L'objet de cet article est double. Premièrement de rappeler, d'une part, l'origine historique du traitement des externalités afin de
resituer la problématique développée par R. Coase dans Problem of social cost [1960], d'autre part, de montrer que le théorème
de Coase, formulé en fait par G.J. Stigler, s'expose à un certain nombre de critiques internes. Deuxièmement, d'expliciter
pourquoi il n'est pas pertinent de réduire les objectifs poursuivis par R. Coase aux résultats du théorème qui lui est à tort attribué.
En effet, les objectifs poursuivis relèvent davantage d'un programme de recherche original qui constitue une critique de la théorie
néo-classique standard. Dans le cadre de cette démarche alternative, le théorème n'est pas forcément verifiable parce que la
problématique des coûts de transaction dont elle veut rendre compte se réfère davantage à une logique procédurale qu'à une
analyse substantielle du comportement des agents propre à la théorie marginaliste.
Abstract
The purpose of this article is first analyse the historical roots of the theoretical treatment of externalities as to understand R.
Coase's in Problem of social cost [1960]). this way, the so-called theorem of Coase, which was in fact formulated by GJ. Stigler,
is shown to be opened to internal criticisms. In a second time, we deny the relevance of the identification of Coase's analysis to
the results coming from a theorem which is not of his own. As a matter of fact, Coase provides a new research program based on
a criticism of the neo-classical standard analysis. Consequently, the theorem is not always available because the transaction cost
theory to which Coase refers to is not directly related to a substantial analysis of the behavior of agents (that is the marginalist
theory analysis) but is related to a procedural approach.
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Ragni Ludovic. Le théorème de Coase : une relecture coasienne. In: Revue française d'économie. Volume 7 N°4, 1992. pp.
121-151.
doi : 10.3406/rfeco.1992.1322
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfeco_0769-0479_1992_num_7_4_1322Ludovic
RAGNI
Le théorème de Coase :
une relecture coasienne
consacra cost à Lauréat mettre [I960] du en au , Prix s'inscrit évidence, problème Nobel dans de à du 'article la sciences fois, coût continuité célèbre l'influence social, économiques de Problem que ses des travaux R.H. règles en of Coase, social 1991 visant jur1,
idiques sur le fonctionnement optimal de l'économie en
présence d'effets externes et, l'influence des coûts de tran
saction sur les moyens permettant de rétablir la correspon
dance entre équilibre et optimum de Pareto dans une éco
nomie parfaitement concurrentielle. Dans Problem of 122 Ludovic Ragni
social cost (PSC), R.H. Coase élargit et approfondit en effet
la position qu'il avait défendue, un an auparavant dans une
autre contribution, The Federal communication commiss
ion [1959]. Son objectif était alors de montrer qu'il serait
dommageable pour les Etats-Unis que les fréquences de
radio diffusion soient attribuées aux plus forts enchéris
seurs plutôt que par décision administrative, procédure
qui permettrait de réaliser un gain et d'atteindre une situa
tion optimale. L'apport de ces deux articles est double.
D'une part, ils contiennent une analyse des diff
icultés relatives à la non obtention d'une situation optimale
au sens de Pareto lorsqu'il existe des effets externes. Mais,
alors que les économistes du bien-être, à la suite de С
Pigou, traitent habituellement ce problème en comparant
le coût social et le coût privé, le raisonnement de R. Coase
consiste à comparer des situations économiques caracté
risées par des coûts sociaux différents. L'originalité de la
démarche réside dans la discussion des mesures à prendre
pour rétablir l'optimalité suivant que la règle de loi en
vigueur oblige ou non, les agents responsables des effets
externes, à dédommager ceux qui les subissent. Les solu
tions avancées contiennent explicitement une critique des
politiques pigoviennes dans la mesure où il est mis en
évidence que l'optimum peut être atteint que la loi impose
ou non aux pollueurs de dédommager les pollués. R. Coase
prétend en effet analyser une situation où : "l'entreprise
n'est pas tenue pour responsable, en supposant ici encore,
que le système de fixation des prix fonctionne sans coûts.
/.../ (et) propose de démontrer que l'allocation des res
sources sera identique à ce qu'elle était lorsque l'entreprise
polluante était jugée responsable des dommages" (Coase,
[I960] , Problem of social cost).
D'autre part, l'auteur préconise avec insistance
dans Problem of social cost, et c'est certainement là que
se situe le contenu principal de son apport, de prendre en Ludovic Ragni 123
considération des coûts de transaction afin de rendre
compte du fonctionnement concret d'une économie lors
qu'il s'agit de corriger les écarts induits par l'existence
d'effets externes par rapport à l'optimum.
Les premiers sujets d'interrogation ont particuli
èrement été développés autour de ce qu'il a été convenu
d'appeler, à la suite de G.L. Stigler [1966], le ou les théo
rèmes de Coase, bien qu'il s'agisse là d'une réduction abu
sive des objectifs poursuivis dans Problem of social cost.
Les seconds sujets d'interrogation constituent un
élargissement de la problématique des coûts de transaction
développée par l'auteur dès 1937 dans sa contribution
relative à la nature de la firme2. Dans Problem of social
cost, R.H. Coase transpose le raisonnement qu'il avait établi
pour la firme afin de donner une substance concrète aux
institutions à travers la prise en compte des coûts de tran
saction. Bien que souvent reléguée au second plan par les
économistes du bien-être, l'existence de coûts de transact
ion, dans la plupart des décisions ayant pour but de ré
duire les effets externes, apparaît au moins aussi import
ante que le théorème de Coase ainsi que l'auteur le
souligne encore aujourd'hui à plusieurs reprises [1988a]
[1988b] . «J'avais montré dans La Nature de la firme qu'en
l'absence de coûts de transaction, il n'y avait pas de fo
ndement économique susceptible de justifier l'existence de
la Firme. Ce que je montrais dans Le problème du coût
social, c'est qu'en l'absence de coûts de transaction, (...),
les institutions qui façonnent le système économique n'ont
ni substance ni objet. Ce que mon argumentaire suggérait
était la nécessité d'introduire explicitement des coûts de
transaction positifs dans l'analyse économique, de façon à
pouvoir étudier le monde réel. Tel n'a pas été l'effet de
mon article. Sa discussion extensive dans la littérature s'est
presque entièrement concentrée sur le "théorème de
Coase", une proposition se référant à un monde sans coûts 124 Ludovic Ragni
de transaction. (...). Qu'une très large part de la discussion
à propos de ma thèse ait pris une tonalité critique est tout
aussi compréhensible, puisque, si j'ai raison, l'analyse éco
nomique traditionnelle s'avère incapable de traiter la plu
part des problèmes auxquels elle se proposait d'apporter
des réponses. (Coase, [1988a])
Sur la base de ces deux remarques, relatives à la
trop grande importance accordée au théorème de Coase
et au manque d'attention porté aux coûts de transactions,
cet article aura pour objet de montrer l'importance de la
double problématique développée dans Problem of social
cost et de comprendre pourquoi les objectifs poursuivis
par l'auteur n'ont pas toujours été perçus par de nombreux
économistes.
Dans ce but, nous proposerons, dans une pre
mière partie, de rappeler l'origine historique du traitement
des externalités afin de mettre en perspective les orienta
tions principales auxquelles l'analyse a donné lieu. Nous
nous attacherons sur cette base à souligner la portée de ce
qu'il est convenu d'appeler le théorème de Coase dans le
cadre des hypothèses qui définissent traditionnellement
l'économie du bien-être. Ainsi, nous mettrons en évidence
les résultats et certaines impossibilités attribués habituel
lement au théorème de Coase en les discutant par rapport
au texte d'origine et aux arguments complémentaires dé
veloppés par l'auteur au cours des dernières années.
Nous tenterons ensuite, dans une deuxième part
ie, de mettre en perspective et d'expliciter la problémat
ique développée dans Problem of social cost en soulignant
pourquoi la plupart des commentateurs n'ont pas tenu
compte de manière appropriée de la notion de coûts de
transaction. Nous proposerons sur cette base, ainsi que le
souhaitait l'auteur, une lecture coasienne du théorème de
Coase. Elle nous permettra d'évaluer dans quelle mesure
la théorie économique est à même de mettre en place les Ludovic Ragni 125
hypothèses nécessaires à l'élaboration d'un programme de
recherche permettant de comprendre les problèmes posés
par le monde économique réel.
Significations et enjeux du
théorème de Coase
II semble important, si l'on veut mettre en relief les enjeux
du de Coase et les critiques qui peuvent lui être
portées, de rappeler l'origine de la notion d'effet externe
afin de circonscrire, du point de vue de l'histoire de l'ana
lyse économique, le cadre théorique dans lequel s'inscrit
la problématique coasienne.
L'origine de la problématique coasienne
II est possible de situer, à l'instar de J.J. Laffont [1977],
l'émergence du concept d'effet externe dans les travaux
d'H. Sidgwick [1887] qui, le premier mit en évidence que
l'intérêt privé ne correspond pas forcément à l'intérêt pub
lic. L'auteur souligne en effet à cet égard, que certains
biens ne sont pas toujours totalement appropriables par
ceux qui les produisent et propose, une trentaine d'années
avant C. Pigou, que l'Etat intervienne afin de corriger les
écarts consécutifs à ce phénomène. L'exemple et les r
ecommandations en matière de politique introduits par
Sidgwick ont ensuite été repris par C. Pigou [1920] et J.
Meade [1952]. Ces auteurs marquent de ce point de vue
l'origine de la problématique dans laquelle s'inscrivent les
critiques de R. Coase et les déviations analytiques tout
autant que les récupérations théoriques auxquelles ces
dernières ont pu donner lieu.
La notion d'externalité a été parallèlement mise
en avant à la fin du XIXe siècle par A. Marshall [1879] dans 126 Ludovic Ragni
le but d'expliquer l'existence de productivités croissantes
pour des entreprises subsidiaires travaillant pour une en
treprise principale, à condition que les premières soient
"localisées en grand nombre dans le même district" (cf J.L.
Gaffard, P.M. Romani [1990]). L'auteur a plus tard déve
loppé cette idée dans les Principes d'économie politique
[1890] afin de justifier la forme croissante ou décroissante
des rendements, "après qu'une industrie principale ait
choisi une localité, des entreprises subsidiaires naissent
dans le voisinage, fournissant à cette dernière les instr
uments et les matières premières, organisant son travail et
lui permettant de faire de nombreuses économies de toutes
natures" (A. Marshall, [1890]).
Les améliorations induites indirectement sont
qualifiées d'économies externes à la firme. Le concept ne
recouvre pas forcément les améliorations relatives aux mé
thodes de production consécutives à une augmentation de
la taille de l'industrie pour lesquelles A. Marshall, décrit des
économies à la fois internes à l'industrie et externes à la
firme, ainsi que C. Pigou [1927] [1928] a pu le faire remar
quer. La première notion recouvre à l'évidence, bien qu'en
partie seulement, celle d'externalités positives. Le raiso
nnement marshallien a pour but d'expliquer pourquoi les
rendements peuvent être croissants, constants et décrois
sants afin de fournir une analyse des mécanismes de
concurrence et de justifier l'existence de fondements théo
riques à la bonne forme des fonctions d'offre nécessaire à
l'obtention d'un équilibre.
Il apparaît clairement que l'analyse d'A. Marshall,
met en évidence la notion d'externalités. Cependant, au
lieu de considérer les effets externes comme révélateurs
des défaillances du marché, parce que non pris en compte
par le système de prix, Marshall, les appréhende comme
des facteurs explicatifs concrets et substanciels de la crois
sance ou de l'évolution organisationnelle des entreprises Ludovic Ragni 127
et des industries. Dans cette acception, un rapprochement
avec l'analyse de Coase paraît possible dans la mesure où
l'auteur préconise dans Problem of social cost, d'interna-
liser les effets externes par fusion des entreprises afin d'at
teindre l'optimalité. Il propose par ailleurs une explication
du mode de croissance des firmes et des organisations à
partir de la notion de coûts de transaction. De son côté, la
théorie marshallienne peut conduire à des raisonnements
où l'organisation industrielle tient le rôle principal au dé
triment des règles qui régissent habituellement un marché
parfaitement concurrentiel. Une telle orientation analy
tique n'a pas été retenue par la théorie dominante.
La démarche marshallienne a néanmoins donné
lieu à de vives critiques de la part de J.H. Clapham [1922]
pour qui la notion d'industrie à rendements croissants,
constants et décroissants ne correspond à aucune réalité
empirique ; position qui conduit son auteur à engager la
célèbre controverse sur les boîtes vides. J.H. Clapham y
souligne notamment avec insistance que les propositions
de С Pigou, selon lesquelles il est nécessaire que l'Etat
intervienne par subvention ou taxation des entreprises
émettrices d'effets externes, ne sont pas justifiées parce
qu'il n'est pas possible de mesurer si les rendements sont
croissants ou décroissants.
La controverse ne prit fin qu'avec les travaux de P.
Sraffa [1925] [1926] etj. Viner [1931]. Les premiers contr
ibuèrent à expliciter le degré de compatibilité entre la théor
ie de la firme marshallienne et la représentation de la
concurrence. Les seconds ont permis de montrer que le
concept d'effets externes ne recouvre pas forcément le
même objet d'analyse selon qu'il est utilisé pour expliquer
les mécanismes concurrentiels ou pour justifier que cer
taines activités induisent des nuances ou contribuent de
manière involontaire à améliorer la situation de certains
agents. Ludovic Ragni 128
Ainsi, les critiques de P. Sraffa ont permis de sou
ligner la véritable nature des effets externes dans la théorie
marshallienne de l'offre et de la demande en les dissociant
du problème des externalités tel que l'avaient formulé Pi-
gou ou Sidgwick. "La loi des rendements croissants par
contre dut subir une transformation beaucoup plus radi
cale : la part qu'y jouait la division du travail désormais
limitée au cas de filiales indépendantes /.../fut notablement
réduite ; tandis que l'idée d'une plus grande division du
travail consécutive à un élargissement de la dimension de
la firme fut entièrement abandonnée en raison de son
incompatibilité avec les conditions de la concurrence. Par
contre, l'importance des économies externes (...) fut de
plus en plus soulignée" (P. Sraffa, [1926]).
Il apparaît cependant que les difficultés rencont
rées afin de rendre compatibles, par rapport à la théorie
de l'équilibre partiel, des éléments explicatifs qui ne le sont
pas3 , montrent qu'à l'origine, l'objectif poursuivi par A.
Marshall était bien de fournir une explication tangible des
mécanismes économiques justifiant la croissance ou l'évo
lution concrète des firmes. Cet objectif, comme nous le
verrons, se trouve à l'intersection de la problématique
d'équivalence entre équilibre et optimum de Pareto, l'ana
lyse des externalités, et la prise en compte des coûts de
transaction chez R. Coase.
Il faut rappeler par ailleurs que J. Viner a contribué
à mettre en évidence la différence entre économies ou
déséconomies technologiques et économies ou déséco-
nomies pécuniaires. Cette a été plus tard net
tement spécifiée par T. Scitovsky [1954] alors que les deux
notions étaient confondues chez A. Marshall. La première
désigne des effets physiques tangibles induits par la pro
duction ou la consommation de certains agents et qui ont
un impact sur la production et la consommation d'autres
agents. La seconde recouvre par exemple la diminution du Ludovic Ragni 129
coût moyen d'une entreprise consécutivement aux progrès
réalisés dans l'industrie. On peut néanmoins remarquer
que C. Pigou [1920] avait de son côté distingué les effets
externes hors marchés que l'on peut rapprocher des
technologiques et les effets transmis par le marché qui ne
sont pas sans rappeler la notion d'externalités pécuniaires.
Les premiers induisent pour C. Pigou une différence entre
le produit marginal privé et le produit marginal social et
leur existence est indépendante des mécanismes régissant
le marché. "La source des divergences entre produit marg
inal net et le produit social net, et qui se manifeste dans
un régime de concurrence ordinaire, est le fait que
certaines branches, une part du produit d'une unité de
ressource consiste en quelque chose qui, au lieu d'être
attribué à la personne qui a investi cette unité est attribué
au contraire en premier lieu à d'autres gens" (C. Pigou,
[1962]).
Les travaux de J. Meade [1952] , T. Scitovsky [1954]
dans le cadre des économies fermées, ceux de P. Rosens-
tein [1943], R. Nurkse, [1953] et A. Hirschmann [1958] en
économie du développement ont contribué à centrer le
thème de recherche sur les externalités technologiques en
situation de concurrence parfaite et à accepter les recom
mandations de C. Pigou selon lesquelles l'Etat se doit d'in
tervenir par subvention ou taxation afin de rétablir les
conditions d'optimalité parétienne. C'est dans ce cadre
analytique, qualifié de pigovien par de nombreux écono
mistes que se situe la problématique du théorème de
Coase. Elle repose sur une comparaison du coût social et
du coût privé alors que Coase préfère comparer des pro
duits sociaux dans diverses situations. C'est dans cette
différence méthodologique que se situe l'origine de la dé
viation analytique entre la démarche de l'auteur et l'inte
rprétation traditionnelle du théorème.

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