Les odeurs d'élevages: textes, conflits et négociations locales - article ; n°1 ; vol.260, pg 79-89

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Économie rurale - Année 2000 - Volume 260 - Numéro 1 - Pages 79-89
Désormais, la production agricole dans un espace conçu comme ambivalent -entre privé et public- rend les odeurs inacceptables. Ce rejet est d'autant plus fort que les populations semblent découvrir une agriculture «industrialisée» et ses nuisances. Alors, l'absence des textes, comme ressources de régulation, accroît les rancœurs et développe les conflits. Avec une approche restreinte aux odeurs des effluents d'élevages et en faisant référence à des terrains situés en Dordo- gne, nous développons l'hypothèse que les carences de prise en compte légale de la question des odeurs en suscitent une gestion informelle, qui trouve aujourd'hui ses limites dans le cadre d'un espace rural en recomposition.
HUSBANDRIES SMELLS
TEXTS, CONFLICTS AND LOCAL NEGOTIATIONS
From now, the space within agriculture is producing, is considered as ambivalent, between private and public. Thus, bad smells are unacceptabled. This reject is so hard as near as populations seem to discover industrial agriculture and its effects. Then, the lack of texts, as regulation means, increase resentments and conflicts. With an approch limited to husbandries waste smells and referins to fieldwork located in Dordogne, we développe the hypothesis that legal inefficiency taking care of smell problem lead to a non formal management, with find today its limits in a recombined rural space.
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 2000
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M Christian Nicourt
M Jean-Max Girault
M Jean Bourliaud
Les odeurs d'élevages: textes, conflits et négociations locales
In: Économie rurale. N°260, 2000. pp. 79-89.
Résumé
Désormais, la production agricole dans un espace conçu comme ambivalent -entre privé et public- rend les odeurs
inacceptables. Ce rejet est d'autant plus fort que les populations semblent découvrir une agriculture «industrialisée» et ses
nuisances. Alors, l'absence des textes, comme ressources de régulation, accroît les rancœurs et développe les conflits. Avec
une approche restreinte aux odeurs des effluents d'élevages et en faisant référence à des terrains situés en Dordo- gne, nous
développons l'hypothèse que les carences de prise en compte légale de la question des odeurs en suscitent une gestion
informelle, qui trouve aujourd'hui ses limites dans le cadre d'un espace rural en recomposition.
Abstract
HUSBANDRIES SMELLS
TEXTS, CONFLICTS AND LOCAL NEGOTIATIONS
From now, the space within agriculture is producing, is considered as ambivalent, between private and public. Thus, bad smells
are unacceptabled. This reject is so hard as near as populations seem to discover industrial agriculture and its effects. Then, the
lack of texts, as regulation means, increase resentments and conflicts. With an approch limited to husbandries waste smells and
referins to fieldwork located in Dordogne, we développe the hypothesis that legal inefficiency taking care of smell problem lead to
a non formal management, with find today its limits in a recombined rural space.
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Nicourt Christian, Girault Jean-Max, Bourliaud Jean. Les odeurs d'élevages: textes, conflits et négociations locales. In:
Économie rurale. N°260, 2000. pp. 79-89.
doi : 10.3406/ecoru.2000.1112
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_2000_num_260_1_1112NICOURT • Jean-Max GIRAULT • Jean BOURUAUD Christian
es odeurs d'élevages:
textes, conflits et négociations locales
sent sur des enquêtes menées dans plusieurs
aux une Le décret odeur «manufactures impérial insalubre du et ou 15 ateliers incommode» octobre qui 1810 répandent constirelatif contextes où la pression sociale oblige les
éleveurs à prendre en compte la question des
odeurs dans les pratiques de travail. Le cadre tue l'un des fondements de notre législation
des relations de voisinage en est le plus comactuelle sur le risque environnemental. Il
mun. Des enquêtes publiques, intégrées à la fournit un cadre juridique pour l'approche de
procédure d'autorisation des élevages, crisl'ensemble des relations entre les activités
tallisent ces interpellations. Notre propos reéconomiques et leur environnement.
pose d'abord sur l'interrogation des éleveurs Aujourd'hui, les textes environnementaux
d'une commune du Sarladais et sur celle de semblent avoir écarté les odeurs de leurs pré
trois éleveurs de porcs du département, ayant occupations. Comme si cette nuisance ne re
été interpellés lors d'enquêtes publiques sur levait désormais que de rapports privés, ex
cette question. Il s'appuie sur la consultation primés par des nez délicats et intolérants.
des sources administratives émanant des proCependant, près de deux siècles après le dé
cédures ICA3 et est complété par des entrecret napoléonien, les articles de la presse lo
tiens réalisés auprès de l'administration, de cale et les procédures intentées, comme nos
conseillers de la Chambre d'Agriculture, de enquêtes sur le terrain, montrent l'importan
deux associations de défense de l'environnece de la question des odeurs pour les ruraux.
ment et de voisins ruraux. Il est mis en rapAussi, nous semble-t-il intéressant de voir en
port avec l'historique des textes concernant quoi cette expression illustre une dynamique
les installations classées agricoles. complexe de cohabitation entre les éleveurs
Pour jauger la conflictualité argumentée et le voisinage. Nous formulons l'hypothèse
par la question des odeurs, nous analyserons que les carences dans la prise en compte pu
d'abord comment sa prise en compte s'inscrit blique de la question des odeurs en suscitent
dans l'évolution des textes. Ensuite, nous une gestion informelle, qui trouve aujour
verrons comment les transformations réd'hui ses limites dans le cadre d'un espace
centes du milieu rural modifient le problème rural en recomposition.
environnemental posé par les odeurs. Nous Cet article s'inscrit dans le cadre d'une re
examinerons alors la manière dont les agricherche sur les conflits environnementaux
culteurs et les ruraux renégocient leurs relaliés à la production agricole1. Nous nous ré
tions, en l'absence d'outils de régulation juriférerons aux terrains de cette recherche situés
diques adaptés. en Dordogne en restreignant notre approche
aux élevages intensifiés2 et aux odeurs de
2. Bien que le problème des odeurs apparaisse leurs effluents. Les résultats présentés ailleurs, comme dans le cas des boues en grandes
cultures par exemple.
3. Installation classée relevant du régime de 1. Dans le cadre d'un contrat avec le ministère de
l'Agriculture-DERF. sation.
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 L'abandon de l'odeur comme risque
Au travers de l'abandon de la question des L'effacement de la préoccupation des
odeurs par les textes, on peut lire l'émergen odeurs apparaît au moment où la nuisance
ce d'une nouvelle conception du risque envi change de cible. Désormais, les industriels de
ronnemental. Cette évolution traduit la pe la chimie traitent ou éloignent des villes les
rmanence de l'appréhension urbaine du processus malodorants. La question des
risque, comme expression d'une vulnérabili odeurs est évacuée des textes précisément
té maximale, justifiant l'intervention de la lorsqu'elle émerge en milieu rural avec le
développement des élevages hors-sol. L'inpuissance publique. Cette mise en retrait est
fléchissement intervient lors de la discussion confortée par sa correspondance avec une
des décrets d'application de la loi 76-663 du évolution culturelle de la perception des
19 juillet 1976, «relative aux installations odeurs. Ainsi, les incommodités et les trou
bles «excessifs» de voisinage ressortent classées pour la protection de l'environne
ment ». Les risques par catégories d'entreprid'abord des relations privées, avant d'être
ses sont précisés dans les nomenclatures une préoccupation de la puissance publique.
annexées, tandis que les nuisances (bruit, dé
chets) ou les milieux (eau, air) sont traités par
1. La permanence d'une appréhension des textes spécifiques. Pour les ICA, l'étude
urbaine de la question des odeurs d'impact doit comprendre «une analyse des
effets directs et indirects, imprévus et permanAu début du XIXe siècle, la question des
ents de l'installation sur l'environnement odeurs est au centre de la naissance du droit
(...) sur la commodité du voisinage (bruits, français des nuisances et des pollutions:
vibrations, odeurs, émissions lumineus«S'il est juste que chacun puisse librement
es)...»5. Cette mise à la périphérie de la exploiter son industrie, le gouvernement ne
question des odeurs, désormais qualifiées de saurait d'un autre côté voir avec indifférence
nuisances, est à la confluence de tendances que, pour l'avantage d'un individu, tout un
lourdes. La volonté de la profession agricole quartier respire un air infect... »4. Les textes
- limiter sa responsabilité dans le domaine évaluent alors le risque à partir des plaintes
du risque environnemental - rejoint celle des ou des remarques lors des enquêtes de
industriels concernant les contraintes admin«commodo et incommodo». La cohabitation
istratives. Elle rencontre les préoccupations entre entreprises et développement urbain se
d'une administration confrontée à une pétraduit en risques à gérer pour les politiques
nurie de moyens. Elle est cohérente avec une publiques. Un siècle et demi plus tard, la
appréhension des phénomènes de risques première loi sur l'air du 2 août 1961,
tendant à concentrer l'attention sur des pro« relative à la lutte contre la pollution atmos
blèmes prioritaires. Ainsi, devant l'insuffphérique et les odeurs», accorde aussi une
isance des moyens de contrôle, la circulaire place importante aux nuisances olfactives.
ministérielle du 11 mars 1987, relative à De même, la loi du 15 juillet 1975 «relative
l'inspection des installations classées pour la à l'élimination des déchets et à la récupérat
protection de l'environnement, propose de ion des matériaux» les considère comme
«réserver l'intervention de l'administration des déchets (art. 2) et oblige les entreprises à
de l'État aux activités présentant les inconvéfournir à l'administration les éléments de
nients ou les dangers les plus importants». leur gestion (art. 8).
La dernière loi du 30 décembre 1996, «sur
l 'air et l 'utilisation rationnelle de l 'énergie »,
4. Compte rendu de séance du 30 octobre 1809 de la
Classe des sciences physiques et mathématiques de
5. Décret 96- 1 8 du 5 janvier 1 996, art n. l'Institut, à la base du décret de 1810.
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 abandonne pratiquement la référence à la des épidémies où les odeurs prennent une
gestion des odeurs, et consacre ce processus place conséquente. Les «vapeurs putrides
en mentionnant le problème des «nuisances (...) frappent les sens, et produisent sur les
olfactives excessives» dans son article 2. Elle organes les moins délicats une impression
centre son objet sur les «zones de protection pénible et repoussante qui se trahit par une
spéciales» - les centres urbains et industriels répugnance instinctive et semble l'avertiss
densifiés - et définit des méthodes de mesure ement d'un danger réel» (Tardieu, 1852).
et de contrôle, évacuant de fait la question L'odeur révèle le risque. Du point de vue des
des odeurs. Enfin, l'arrêté intégré de 1997 politiques publiques, le principe de précau
tion est de rigueur, d'autant que la science « relatif aux prélèvements et à la consommat
reste, presque jusqu'au milieu du XIXe siècle, ion d'eau ainsi qu'aux émissions de toute
à peu près unanime sur ce point. Dès lors, il nature des ICPE soumises à autorisation»,
exclut les élevages de son champ, tout en n'est pas étonnant que les odeurs soient le
s' inscrivant dans une perspective de minorat risque majoritairement mentionné (46 %) en
ion des nuisances olfactives (article 1er)6. même temps qu'un élément de classement
des établissements relevant du décret de Ainsi, l'appréhension dans le cadre urbain
1810. Selon Tardieu, elles concernent 64 % du risque-air ne fait pas qu'induire l'absence
des de Ire classe, 46 % de 2e de prise en compte du rural. Elle occulte aussi
classe et 24 % de 3e classe7. Dans cette persles modifications de ce milieu, en ignorant
pective, les élevages, qui posent des problèleurs conséquences, en particulier au niveau
mes d'odeurs en milieu urbanisé, sont inclus des odeurs. L'approche en termes de problè
dans la nomenclature. Les «porcheries» sont mes «prioritaires», exclut de fait la périphérie
ici inscrites parmi les établissements de lre et masque les phénomènes émergents.
classe, car elles génèrent de «très mauvaises
odeurs et cris désagréables».
2. L'odeur, incommodité insupportable L'évolution des notions utilisées pour caté
ou indicateur de danger? goriser le risque-odeur interpelle aussi bien
leur fonction sociale, que les écarts entre Malgré l'évolution des connaissances dans
leurs différents champs de définition. La nole domaine de la santé sur le dernier siècle et
tion d'odeur utilisée par les textes va ainsi demi, l'ancienne notion de risque-odeur se
dériver selon deux axes qui vont la marginaldécline différemment chez les acteurs de la
iser dans le champ de la gestion publique: la santé publique et chez les politiques en char
minoration de l'impact sanitaire du phénoge de sa traduction dans le domaine r
mène et sa restriction à la sphère privée. églementaire du risque.
L'appréhension des odeurs au travers de Aux xviir2 et XIXe siècles, c'est par l'air,
techniques de formalisation contribuerait à l'eau ou le sol que «les germes mortifères»
les faire passer dans le champ des risques circulent. Alors, la tradition hippocratique
communicables, ceux dont on peut débattre perdure à côté de la statistique émergente.
avec autrui et négocier les évolutions. CeDans l'air, l'odeur a un statut particulier. Elle
pendant, les difficultés de mesure des odeurs est aussi bien une incommodité insupporta
constituent un problème pour les définir et ble que le signe de risques plus graves, dont
les négocier socialement8. Alors, la notion de les mécanismes sont encore au-delà de l'e
ntendement. La théorie des miasmes ou des
7. Résultats calculés à partir des données de Tardieu, émanations putrides a construit une étiologie à la rubrique établissements classés, pour les établi
ssements référencés dans la nomenclature entre 1810
et 1849. 6. Ministère de l'Environnement-SEl (1992). Liste
des questions à se poser pour l'évaluation des études 8. Au contraire du bruit dont des instruments de me
d'impact et des études de danger, octobre 1992. sure simples permettent le débat
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 toxicité devenant centrale, le problème olfact me de cohabitation. Elle met «mal à l'aise»,
if est rejeté en périphérie, en se détachant du comme si le stade anal perdurait dans l'ima
domaine sanitaire. ginaire social (Laporte, 1978). L'appréciat
On observe, en parallèle, une évolution d ion des odeurs demeure éminemment socia
ivergente de l'approche de la santé chez le le. D'autant que la distinction entre
3 législateur et l'épidémiologiste. Élargie au l'agriculteur et son exploitation n'est pas
XIXe - au travers de la notion de salubrité - semblable à celle du chimiste et de son
entreprise: c'est l' individu-agriculteur qui elle est, aujourd'hui, quasiment cantonnée,
par les prescriptions réglementaires, au ri est en cause.
sque létal. À l'inverse, l'approche épidémio- L'odeur devient ainsi un problème de voi
logique récente de la santé publique - définie sinage. L'enjeu explicite des procédures
au départ comme une absence de maladie - comme les analyses de conflits tendent à
s'étend pour prendre en compte une dimens conforter cette perception, en montrant que
ion mentale et sociale, selon la définition de se mêlent ici des enjeux privés. On pourrait
l'OMS en juillet 1946. Cette dernière évolu alors envisager une approche similaire à cel
tion alimente un débat vers une extension le de la loi «bruit». L'odeur passerait d'un
plus importante encore: la conquête d'une qualificatif «d'inconvénient pour la commod
«normalité pathique» satisfaisante pour le ité du voisinage» (loi de 1976 sur les IC), à
sujet (Dejours, 1993). Ici, la définition du celui de «trouble excessif aux personnes»
concept de santé implique des enjeux consé (loi bruit de 1992). Mais ce serait oublier
quents dans le champ réglementaire de la que les odeurs émanent essentiellement
gestion du risque9. d'entreprises10, alors que les bruits émanent
De même qu'une conception étroite de la plutôt de particuliers11. Cependant, la notion
de «trouble excessif» laisse entrevoir des santé tend à exclure les odeurs du champ de
la santé publique, l'évolution de leur appré acceptations différenciées. L'excès n'est pas
hension culturelle va les confiner dans la perçu semblablement ici et là... Ceux qui
sphère des relations privées. Au sein de la demeurent sont ceux qui n'ont pas les
tendance longue qui évacue les odeurs commoyens de partir (Prieur, 1981). Alors, les
me témoins de notre corporalité, en définis textes confortent des dynamiques de discr
iminations socio-spatiales (Nicourt et Gi- sant une représentation de la modernité et de
la distinction minorant l'olfaction (Corbin, rault, 1995). Plus particulièrement, ils igno
1982), il est difficile de considérer que la rent les recompositions économiques et
sociales du milieu rural. question des odeurs n'illustre qu'un
Une recomposition du milieu rural
interpellée par les odeurs
Le dernier recensement de l'iNSEE montre en particulier du point de vue des odeurs
que l'espace «à dominante rurale» bénéficie émanant de la production agricole - on peut
d'un regain démographique résultant d'abord s'interroger sur la pertinence du découpage
entre «communes périurbaines» et «espaces d'un apport migratoire, même dans le «rural
isolé». Sous l'expansion urbaine, les «zones à dominante rurale». L'exemple de la Dor-
périurbaines» croissent, plus rapidement en dogne en est une illustration. Dans ce dépar
core. Dans la perspective de Jolli vet (1997) - tement, qui correspond aussi bien à un «rural
et au regard de la question environnementale,
10. Relevant donc généralement des textes IC, dis
qualifiant les maires
9. Notamment dans le domaine du travail. 1 1 . Relevant des compétences de police des maires.
82 Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 champs» qu'à un «rural des villes», la désenchantement urbain, mis en scène par les des
population agricole continue de décroître. sondages d'opinion autour des questions de
Cependant les agriculteurs, qui demeurent l'environnement et de la violence, réinvente
politiquement et foncièrement dominants, le rural. Désormais, le sens de l'espace rural
doivent inventer d'autres formes de cohabita change, à la fois pour les urbains, qui en font
tion avec les nouveaux ruraux, pour qui l'e le siège d'aménités à protéger et pour les
space rural est avant tout un capital paysager exploitants agricoles, qui ont le sentiment
et une zone de ressourcement. Cette nouvelle d'une dépossession. Cela se traduit très con
cohabitation des populations, dans un espace crètement par des populations de plus en plus
réorganisé par mitage (lotissements. . .) ou la attentives aux produits de l'imaginaire
cets (corridors urbanisés le long des voies), dominant; c'est le cas des parfums de la
«nature» s' opposant aux nuisances olfactiréactualise d'autant la question des odeurs,
que les textes encouragent la multiplication ves des élevages. La «campagne» n'est plus
des surfaces d'épandage côtoyant ces nou un espace de production, mais un terrain de
velles habitations. Ici, les nuisances olfacti jeux ou un décor rêvé comme l'envers de
ves sont accrues au nom du risque environne l'urbs. Dans cette vision, l'exploitant n'est
mental. L'interpellation est alors d'autant plus l'aménageur mais, de plus en plus, le
«désaménageur» des «équilibres naturels». plus forte que les agriculteurs sont minoritai
res et que leurs représentations politiques lo Le monde rural est entré dans l'ère du soup
cales sont ébranlées. Elle est renforcée aussi çon et parfois des conflits avec le monde
parce que l'agriculture ne correspond plus agricole.
aux images que continuent de développer les La rencontre de ces perceptions invente
agriculteurs eux-mêmes. C'est désormais une agriculture à double face. L'une, faite de
une production dont l'intensification affecte porchers bretons, polluerait sans vergogne,
des espaces plus vastes et suscite de nouvell quand l'autre aurait pour première ambition
es nuisances olfactives. de participer à la préservation des paysages
et de l'environnement. Elle a aussi tendance
à isoler une agriculture de production al
1. Une disjonction entre espace rural imentaire, qu'il faudrait contrôler, d'une autre
et agriculture? cultivant le paysage, qu'il faudrait louer.
D'autres proposent une cogestion de l'espace La dernière décennie a appréhendé de manière
rural entre les agriculteurs et la société (Pujol nouvelle l'espace rural (Mathieu, 1998). Con
et Dron, 1998), admettant que les problèmes jointement, s'est opéré un retournement de la
affectent des espaces, dont la perception glisperception des agriculteurs, devenus
se désormais du privé au public. Alors, les «pollueurs». Cette rencontre suscite une ten
odeurs d'élevages, à défaut d'être objets de dance à extraire l'agriculture de l'espace rural,
droit, deviennent sujets de conflits. renforcée par les évolutions démographiques
et les dynamiques des espaces impliqués.
Le surgissement du questionnement public 2. L'agriculture intensifiée
sur le risque environnemental dès le début sous un regard public renouvelé
des années 1980, sous-tendu par des acci
dents technologiques emblématiques, a at L'agriculteur nourricier, issu du contrat social
teint l'agriculture. La question des nitrates et de l'après-guerre, est celui qui avait permis
l'abondance alimentaire, malgré quelques rala crise de la «vache folle», qui émergent
dans les médias au milieu des années 1990, tés sur la qualité (hormones de croissance...).
transforment sa représentation. Le paysan Les modalités de ce miracle de l'abondance
«nourricier et gardien de la nature» s'y re n'ont pas été questionnées publiquement. Jus
qu'au tournant environnemental des années trouve en position d'accusé. Parallèlement, le
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 1990 bles dans le temps. Elles fluctuent au cours de (Alphandéry, Bourliaud, 1996), la socié
té est demeurée sur une représentation de l'année en raison des variations météorologi
l'agriculture façonnée par la littérature et la ques (vents, hygrométrie) et du flux animal
peinture du siècle dernier (Chamboredon, (périodicité des lots et des vides sanitaires. . .).
1977), voire par le discours idéologique de la Malgré la croissance de la taille des élevages
dernière guerre, renvoyant à une mémoire s sur leurs sites, l'exposition des populations
ituée de l'histoire, celle de la France des terroirs rurales aux odeurs a peu évolué, voire même
(Weber, 1976). La publicité a conforté massi régressé, du fait de la diminution des exploita
vement cette vision et la diffuse encore, au tions et parfois de l'usage de techniques limi
travers de bergers transhumants ou de porcs tant le développement des odeurs. Par contre,
on observe une croissance des espaces d'épan- goguenards devant leur auge. . . L'imagerie do
minante est demeurée celle d'une agriculture dage, liée à celle des élevages, mais aussi aux
traditionnelle, valorisant le travail manuel et exigences des textes, impliquant des limites en
les savoirs locaux. Elle est aussi utilisée de charge d'azote organique dans les «zones
manière ambiguë par la profession agricole vulnérables». Ici, les effluents sont surtout des
lisiers. En concurrence avec d'autres épanda- qui la dénonce (en reprenant les perspectives
de la JAC), pour faire passer un message mod ges parfois en forte croissance (boues de sta
erniste s 'organisant autour de la figure de tions d'épuration et boues industrielles), ils
«l'entrepreneur agricole». Le discours tech tendent à affecter tous les espaces disponibles.
nique se focalise sur la performance des mac Les méthodes de production intensifiées dé
hines, des techniques agronomiques et des veloppent des odeurs qui apparaissent - et sont
outils de gestion. Cependant, l'image véhi - alors nouvelles. L'odeur du fumier, long
culée du monde agricole et rural est restée temps stigmatisée, est d'autant plus tolérée dé
celle d'une agriculture «paysanne», réalisée sormais qu'elle évoque souvenirs ou images
par de «petites exploitations», productrices de d'Épinal. Cette odeur ancestrale, dont seraient
«terroirs». Des manifestations publiques l'a entachées «les campagnes », a fait place à
ccompagnent, développant des visions folklor d'autres senteurs. En effet, au contraire du fu
iques de la production, oscillant entre une his mier, parfois remarqué pour son parfum de
toire traditionnelle (battages et moissons. . .) et paille ou d'herbe fraîchement coupée, les
une communication, où l'élevage se limite à la odeurs «nouvelles» sont peu estimées: «Les
présentation de l'animal de concours indivi lisiers puent». Certains en graduent cependant
dualisé et au (petit) troupeau d'animaux (jeu les incommodités. «Pour la gène c'est d'abord
nes), soignés traditionnellement. Au total, on a le porc, le veau, puis le bovin». D'autres dis
donné à voir une agriculture qui n'aurait pas, tinguent leurs parfums. «La volaille sent le
comme le reste de la société, été prise par des chocolat; le veau: le lait aigre; mais le porc,
logiques de productivité et les effets d'une ça sent mauvais». Certaines odeurs imprè
concurrence dans un marché plus ouvert. gnent aussi bien les lieux que les individus,
Avec la prise de conscience par la société des notamment leurs vêtements. Le lisier de porc
pollutions et des risques alimentaires, celle-ci ou de veau «s'incruste; si tu y es passé, tu
perçoit désormais, à sa grande surprise, le dé rentres chez toi, tu sens». Le fumier valorisé
calage entre l'image qu'elle se faisait de s'opposant au lisier décrié n'est pas une réac
l'agriculture et son évolution contemporaine. tion toujours partagée. Des éleveurs apprécient
Les quantités et la concentration des ancertaines odeurs de lisiers, dont ils décrivent
imaux de cette agriculture «réelle» affectent les nuances en fonction du brassage, de la posi
l'espace à deux niveaux. Le site de l'élevage tion dans la fosse et de l'hygrométrie lors de
dégage des odeurs de déjections et parfois l'épandage, même si elles sont «tenaces». Cett
d'alimentation (ensilage). Ici, les nuisances e odeur est aussi celle de leur travail. Il y aurait
sont limitées, définies dans l'espace et alors beaucoup à dire sur l'évolution de l'ac-
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 ceptabilité sociale de l'odeur référée au travail. moigne d'une absence de souci collectif et de
Empester la sueur, la vache ou le cochon ne «montée en généralité». Derrière ce discours
renvoie pas aux mêmes représentations. Être moralisateur, le débat sur le «nimby »n de
«pue-la-sueur» industriel ou «pue-l'odeur- meure toujours emprunt d'un mépris social
animale» agricole ne remet pas aujourd'hui en extraordinaire comme le souligne Trom
cause, sur son lieu d'exercice, la respectabilité (1999). Alors, la question des odeurs ne sera
du travailleur: c'est «normal». L'odeur s'in mentionnée dans le rapport du commissaire
cruste dans l'identité des espaces, des terroirs et enquêteur que comme argument à décharge
des populations. du pétitionnaire, en montrant les efforts faits
pour utiliser des dispositifs censés en limiter
la propagation (usage de désodorisants, confi
3. L'agriculture dans l'espace public: nement...).
un sujet de conflit Cependant, certains conflits qui ne peuvent
trouver d'issue à leur expression suscitent des Désormais, cet envers citadin que constitue
plaintes. De janvier 1994 à mars 1999 (cinq «la campagne» est appréhendé comme
ans), la DSV13 de la Dordogne a reçu 5 1 plainpaysage autant que comme espace de res-
tes (de 1 en 1995 à 22 en 1997) concernant sourcement. L'exploitation agricole, au-
des nuisances occasionnées par des activités delà des bâtiments de ferme et d'élevage,
d'élevage14. Les odeurs sont majoritairement acquiert ainsi un statut quasi public. «Les
dénoncées: 18 plaintes, contre 10 pour la polnouveaux arrivants appréhendent l 'espace
lution de rivières, sources ou puits, 4 pour des rural comme un espace collectif». Mais
écoulements de lisier, 3 pour le bruit et 2 pour cette perception de l'espace induit que la
la divagation d'animaux. Le premier rang puissance publique s'y implique par des
tenu par les odeurs peut être rapproché de la textes. Il ne peut alors être que purifié,
dernière place laissée aux divagations d'anivirginisé et sans odeurs (Laporte, op. cit.).
maux. Ces données résultent autant des tranPourtant, les textes se sont évertués à rel
sformations de la production (croissance des éguer l'odeur, adossée à une forte référence
stabulations et des hors sols), des exigences ancienne au plaisir et à sa liaison sexuée,
des textes (accroissement des surfaces dans la sphère privée. Alors, leur carence
d'épandage exigées), que des mutations à fait surgir des conflits. Et les odeurs
l'œuvre dans les sociétés rurales, où se multiréapparaissent comme problème public...
plient les différents de cohabitation entre les Sur les registres d'enquêtes publiques con
éleveurs et les autres ruraux. Cependant, ces flictuelles, les problèmes d'odeurs sont
plaintes ne concernent que 37 élevages, soit à d'autant plus fréquemment consignés, que les
peine plus de 2 % des 1549 élevages classignataires sont proches de l'élevage. Dès que
sés15, et 33 des 555 communes du départel'on s'éloigne, ils laissent place à des argu
ment. Dès lors, la conflictualité reste essenments considérés comme relevant d'intérêts
tiellement contenue dans le cadre local. considérés comme plus collectifs: eau, paysa
ge... Pour ne pas encourir l'accusation de
12. Not in my Back Yard, expression censée expli«défenseurs de leurs bouts de jardin», les quer les mobiles des populations réticentes affectées
opposants doivent sortir du registre des par un projet contraignant de ne pas l'admettre chez
odeurs, qui les confine dans le cadre des rela elles, «dans leur bout de jardin», mais de le tolérer
ailleurs. tions de voisinage. En effet, la référence à
13. Direction des services vétérinaires. «des odeurs pestilentielles» que l'on trouve
14. Source: Préfecture de la Dordogne, ref: am/mfg mentionné sur les registres, est souvent étayée - IC N° YL 538d, mai 1999. Nous n'avons pas retenu
de contextes précis, précédant de peu l'enquêt les plaintes concernant les élevages canins.
e et apparaissant anecdotiques. La consignat 15. Somme des élevages classés en déclaration et en
autorisation. ion est ici disqualifiée car son expression
Économie Rurale 260/Novembre-oécembre 2000 Richesses et limites
&
d'une régulation locale des odeurs
1
Les outils juridiques de régulation n'interve teur et à ses compétences de diplomatie s'ap
nant pas dans les conflits portant sur les puie ici sur l'ancienne tradition locale des 3
odeurs, c'est à la sociabilité locale de les «accordeurs», qui négociaient le prix des
gérer. Les agriculteurs et leurs voisins négo animaux pour les parties lors des foires. Ces
cient les modalités de leur cohabitation. Cette formes de résolution de différents et de conf
gestion hors textes apparaît riche d'inventivit lits permettent de ne pas mettre en jeu la
é et de dynamiques sociales. Cependant, elle cohésion sociale. Elles excluent le face à fa
I montre ses limites en se heurtant aussi bien ce. Dans le contexte local, celui-ci ne pourr
aux «moutons noirs» qu'à la remise en scène ait se centrer sur l'objet en litige, et ferait
d'anciens conflits. Là, les blocages font ap intervenir de multiples enjeux et histoires op
pel aux juges de paix locaux. Au-delà, ce posant les protagonistes. Si les remarques I i sont les politiques des collectivités locales et empruntent des chemins tortueux, c'est que
la part qu'y prennent les agriculteurs qui sont le détour par la collectivité permet, paradoxa
enjeu. lement, d'aller droit au but. Et il étaye la
pression...
Ainsi s'élaborent des modes de savoir-vi1. Négocier localement les odeurs
vre - ou plutôt de savoir cohabiter - perçus
Les odeurs sont gérées localement. La déli comme socialement admissibles, variant se
catesse veut que la négociation ne soit pas lon les contextes. Ces pratiques agricoles de
explicite. Mais la densité des liens sociaux cohabitation acceptables avec les ruraux dé
préservés permet d'anticiper les exigences. finissent en quelque sorte une norme locale.
Cette gestion du modus vivendi suppose une Elle est parfois difficile à tenir et à faire
communication. Au cours des discussions et admettre : un doute subsiste sur la pertinence
des rencontres, les enjeux du débat restent de l'équilibre des intérêts qu'elle préserve.
toujours implicites. Mais au cours de la con Elle est l'objet d'ajustements. Comme les tex
versation, des contraintes-limites sont énon
tes, elle est aussi un cadre de négociations cées. L'objet des négociations concerne des
(Lascoumes, 1995). Son niveau d'exigence pratiques inacceptables. Il désigne des ind
varie en se calant sur des événements poncividus peu respectueux de leurs voisins ; ceux
tuels (réceptions...) ou rythmiques (les cyque les agriculteurs qualifient de «moutons
cles du tourisme...). La norme est contrôlée. noirs» et dont ils trouvent légitime la con
Lorsque l'un s'en écarte, les autres interviendamnation. La virulence des propos corre
nent. «Aujourd'hui, si quelqu'un épand le spond aussi au fait que ces objets ne sont pas
week-end, les autres vont le voir, car tous traités ailleurs : le milieu associatif se tenant
seraient désignés du doigt». Les excès sont prudemment à l'écart. Alors, ces questions
gérés par la collectivité locale des agriculalimentent des conversations et des conflits.
teurs. Minoritaires, ils retrouvent ici une coL'information diffusée prend la forme d'un
hérence à l'occasion des conflits. Tous leurs récit et peut être soumise à débat. Ce qui a été
réseaux sont mobilisés pour ne pas mettre en dit dans un groupe est réinsufflé dans un
cause «les agriculteurs» comme collectif autre. Il prend consistance par son contexte
polluant, ce qui menacerait chaque individu. d'énonciation. Ces échanges adoptent des
Ils cherchent ainsi à limiter le risque de formes singulières, constituant des stratégies
de pressions. «Ce n'est pas dit en face, mais contrôles ou d'interventions administratives,
on dit autour pour que ça revienne à qui de qui accentueraient les exigences de la norme
droit: on fait savoir». Le recours à un locale. . .
86 Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000 La nuisance est considérée comme un autorité vise à chercher une issue en forme de
dommage que l'auteur doit compenser. compromis. Les parties en présence peuvent
L'aide, la réalisation de menus travaux et y trouver les moyens de ne pas perdre la face.
l'offre de services sont autant d'éléments en La préservation de l'équilibre du milieu local
trant dans des compromis, renforçant la co et de ses normes est en jeu.
hésion du voisinage et permettant à chacun
de poursuivre ses activités. Ici, se manifeste
2. Des enjeux politiques le long terme des relations de voisinage. «On
dans les négociations sait tous qu 'on peut avoir besoin du voisin. Il
y a des retours de manivelle»... Le consen Un environnement acceptable pour tous semb
sus est fait de multiples dettes de gêne r le l'objectif du débat social local. Mais der
éciproques. L'échange porte même parfois sur rière, d'autres enjeux existent. La «paix
des actions plus chargées de sens, au point sociale» recherchée a surtout pour objet de
que des agriculteurs les qualifient de permettre la cohabitation entre agriculteurs et
«pédagogiques». Il y a là une volonté de non-agriculteurs ruraux. Plus encore, se prof
négocier la cohabitation avec les ruraux, en ile la question du contrôle politique de l'e
étant conscient de polluer au-delà des textes. space rural et de la place qu'y occupent les
La tonne à lisier est un bon objet transaction agriculteurs.
nel! Elle permet d'épandre le lisier, de vider Les crises environnementales sont liées à
les fosses septiques des voisins et de les des situations en bouleversement. Le déve
épandre sur les mêmes champs. . . loppement agricole recompose les images
Les odeurs sont en question dans tous les mentales du territoire, d'autant que des nui
lieux du débat social local: «groupements de sances sont en jeu. À court terme, les projets
chasseurs, concours de belote, école, petit territoriaux et la valeur des biens peuvent en
restaurant du bourg». Ces multiples échan être affectés. Les zonages implicites sont r
ges informels contribuent à la dynamique du emodelés. Le fonctionnement collectif des
tissu social rural. Ici, les problèmes agriculteurs pourrait aboutir à creuser l'écart
réorganisent la perception de l'espace local. avec les ruraux non agricoles. Les échanges
L'histoire y resurgit, aussi bien en désignant semblent alors assurer un «armistice». La
des éléments patrimoniaux à protéger, que la cohabitation, sous la pression de la question
réminiscence de conflits anciens, aux plaies environnementale, s'inscrit dans une dynamiq
jamais cicatrisées. «Les querelleurs s 'empa ue, aussi bien d'accroissement de l'emprise
des textes - d'où les odeurs sont absentes - rent des nouveaux textes» qui leurs fournis
sent un cadre organisé et argumenté. Mais que des mouvements de populations. Elle ap
généralement, se met en place un «code de paraît comme un défi de gestion collective de
bon voisinage». Au-delà, des rumeurs se dé l'espace. C'est la vie de l'espace rural comme
veloppent et des autorités sont sollicitées. vie de h polis qui est en jeu. Là, chacun a des
La sociabilité des communes rurales assi intérêts à préserver. Les agriculteurs en sont,
gne aux autorités locales la résolution des peut-être plus que les autres, conscients.
conflits de voisinage. «Le rôle du maire est «Avec l'environnement, le problème c'est le
d'apaiser. Spontanément, quand il y a un risque de pêne de la mairie». Pour eux, l'e
problème, on va le voir». Il a ici une fonction space rural est toujours un espace agricole.
de médiateur et l'assume d'autant mieux qu'il Mais ils prêtent attention à la question envi
est agriculteur. Sa mission consiste à réguler ronnementale, comme élément de cohérence
les conflits, afin qu'ils restent circonscrits sociale, pouvant cependant remettre en cause
dans le cadre de la commune. L'appel à son des équilibres politiques.
Économie Rurale 260/Novembre-décembre 2000

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