Le cerveau d'Homo erectus : plus proche du chimpanzé que de l'homme moderne

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Le cerveau d'Homo erectus : plus proche du chimpanzé que de l'homme moderne Les processus de croissance de l'homme moderne présentent deux caractéristiques qui le distinguent des autres mammifères et en particulier des autres primates : une croissance générale prolongée et un retard dans le développement de la taille du cerveau à la naissance (à peine 25% de sa
Publié le : samedi 12 janvier 2013
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Source : Lafont presse
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Le cerveau d'Homo erectus : plus proche du chimpanzé que de l'homme moderne

Les processus de croissance de l'homme moderne présentent deux caractéristiques qui le distinguent des autres mammifères et en particulier des autres primates : une croissance générale prolongée et un retard dans le développement de la taille du cerveau à la naissance (à peine 25% de sa taille adulte). Ainsi, l'homme naît avec un cerveau très immature et sa croissance se poursuit pendant un minimum de 10 années. C'est ce que l'on appelle « l'altricialité secondaire ». Pendant cette longue période de croissance, l'enfant perçoit le monde extérieur, interagit avec les membres de son groupe social et acquiert notamment une possibilité de fonction nouvelle : le langage. Les autres primates présentent un modèle très différent de développement cérébral : chez le chimpanzé, par exemple, le volume du cerveau représente déjà à la naissance la moitié de celui de l'adulte et sa croissance est pratiquement terminée vers 2 ans.

Homo erectus (-1,8 million à -300 000 ans) ne possédait pas de langage articulé.

Il est donc crucial de situer à quel moment de l'évolution des Hominidés les modalités de croissance des hommes modernes se sont mises en place, le développement de capacités cognitives complexes en étant directement dépendant. Jusqu'à présent, seules des données relatives à la durée générale de la croissance des hommes fossiles étaient disponibles. De précédentes études ont démontré, à partir de microstructures dentaires, que, chez les Homo erectus, la vitesse générale de croissance était encore élevée, comparable à celle des grands singes. Plus récemment des scientifiques ont montré que les Néandertaliens, eux aussi, arrivaient à l'âge adulte plus rapidement que les hommes modernes.

Les chercheurs du CNRS et du Max-Planck Institute se sont intéressés au mode de croissance cérébrale d'Homo erectus grâce à l'étude de l'enfant fossile de Mojokerto qui est représenté par une boîte crânienne bien conservée. Sa datation est comprise entre -1,8 et -1,3 millions d'années. Jusqu'à présent, les paléontologues avaient évalué son âge au décès entre 4 et 6 ans, en se fondant sur les critères de maturation visibles sur le crâne, ce qui en faisait le plus jeune spécimen de ce groupe fossile.

En utilisant les nouveaux outils de l'imagerie médicale et de la paléoanthropologie virtuelle, les chercheurs ont étudié un certain nombre de structures internes du fossile. Ils les ont ensuite comparées avec celles d'enfants actuels et de jeunes chimpanzés (au total 360 spécimens immatures). Ils ont établi que les caractères identifiés sur l'enfant fossile ne s'observaient sur les enfants ou les jeunes chimpanzés actuels qu'entre l'âge de 0 et 1 an et demi. Ils en ont donc conclu que l'enfant de Mojokerto était décédé avant l'âge de 1 an et demi. De plus, à partir d'une saisie scanner, ils ont pu mesurer de façon précise le volume endocrânien de ce fossile. Ils ont déterminé que la taille de son encéphale représentait entre 72 et 84% de celle d'un adulte Homo erectus.

Après environ un an de développement, le cerveau du petit Homo erectus avait donc déjà atteint près de 80 % de sa taille adulte. Un tel degré de développement est retrouvé chez les chimpanzés du même âge, mais n'est atteint que vers 4 ans chez un enfant actuel.

Ces données indiquent que les Homo erectus possédaient un mode de développement cérébral bien plus proche de celui des grands singes que de celui des hommes actuels. L'émergence d'un langage articulé complexe, difficile à envisager avant la mise en place de l'altricialité secondaire, a donc eu lieu bien plus récemment.

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