Organisation du travail dans les systèmes d'activités complexes - article ; n°1 ; vol.253, pg 28-35

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Économie rurale - Année 1999 - Volume 253 - Numéro 1 - Pages 28-35
Une proportion significative de ménages agricoles combine plusieurs types d'activités professionnelles. Mais la compatibilité de ces différentes activités ne va pas toujours de soi. Il est donc souhaitable d'intégrer une réflexion sur l'organisation du travail dans l'analyse de l'évolution de l'emploi agricole et rural. Des zootechniciens traitant de ces questions ont conçu une méthode dénommée « Bilan Travail » utilisée dans les démarches de diagnostic et de conseil aux éleveurs. Certains principes peuvent en être repris pour analyser l'ensemble des activités professionnelles des ménages.
Work organization for households with complex system of activities
A significant proportion of farm households combine several types of professional activities. However the compatibility of these different activities is not obvious. Work planning aspects should therefore be included when analysing change in farming and rural employment. Animal production specialists addressing these issues have developed a method named « Bilan Travail » (work planning assessment) which is implemented in diagnostic and advisory work on livestock farms. Some of its principles could be taken up to analyse all the professional activities of farm households.
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1999
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Benoît Dedieu
MME Catherine Laurent
M Patrick Mundler
Organisation du travail dans les systèmes d'activités complexes
In: Économie rurale. N°253, 1999. pp. 28-35.
Résumé
Une proportion significative de ménages agricoles combine plusieurs types d'activités professionnelles. Mais la compatibilité de
ces différentes activités ne va pas toujours de soi. Il est donc souhaitable d'intégrer une réflexion sur l'organisation du travail
dans l'analyse de l'évolution de l'emploi agricole et rural. Des zootechniciens traitant de ces questions ont conçu une méthode
dénommée « Bilan Travail » utilisée dans les démarches de diagnostic et de conseil aux éleveurs. Certains principes peuvent en
être repris pour analyser l'ensemble des activités professionnelles des ménages.
Abstract
Work organization for households with complex system of activities
A significant proportion of farm households combine several types of professional activities. However the compatibility of these
different activities is not obvious. Work planning aspects should therefore be included when analysing change in farming and
rural employment. Animal production specialists addressing these issues have developed a method named « Bilan Travail »
(work planning assessment) which is implemented in diagnostic and advisory work on livestock farms. Some of its principles
could be taken up to analyse all the professional activities of farm households.
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Dedieu Benoît, Laurent Catherine, Mundler Patrick. Organisation du travail dans les systèmes d'activités complexes. In:
Économie rurale. N°253, 1999. pp. 28-35.
doi : 10.3406/ecoru.1999.5111
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_1999_num_253_1_5111Benoît DEDIEU • Catherine LAURENT • Patrick MUNDLER
rganisation du travail
dans les systèmes d'activités
complexes
Intérêt et limites de la méthode Bilan Travail
ces. Dans cette discipline, les analyses ont été fortement
marquées par les réflexions autour de l'organisation scien
attestent L'organisation et l'accroissement 1998) d'échange et le l'évolution développement de du de main travail la des d' dimension œuvre structures agricole de nouvelles agricole se moyenne agricoles, transforme (Harff, formes des marquée comme Lamarche d'emploi exploita par en tifique du travail (Taylor 1911, Vattin 1990), y compris en
France pour l'agriculture (Piel-Desruisseau, 1963).
tions et la réduction du collectif de travail familial. 1. Des approches centrées
sur la mesure de la durée des travaux Parallèlement, une proportion significative de ménages
agricoles combine plusieurs types d'activités profession Même pour ceux qui ne se réclament pas d'une concept
nelles et depuis années (CCE, 1985) les discours ion taylorienne, celle-ci est restée extrêmement prégnante
politiques sur l'agriculture et le rural préconisent le déve dans l'analyse de l'organisation du travail dans les exploi
loppement de tels systèmes, y voyant la possibilité de tations agricoles. Cette conception conduit à privilégier la
garantir la pérennité de petites exploitations et de bénéfi décomposition des tâches et la mesure de leur durée, qu'il
cier de la polyvalence des individus et des ménages pour s'agisse d'identifier et de combiner des temps de travaux
contribuer au maintien d'un tissu d'activités économiques élémentaires (par exemple IGER, 1977), de simuler l'orga
rurales. nisation du travail autour d'opérations techniques spécifi
ques (par exemple la traite, Hémidy 1986) ou de faire une Ces évolutions suscitent de nombreuses demandes de pro
analyse comparée de l'efficacité productive de divers sysfessionnels agricoles qui concernent tant l'amélioration de
tèmes de production (Brangeon et al 1988, Jean et al. la connaissance des nouvelles formes d'organisation du
1988). Dans ces travaux, la prise en compte exhaustive travail qui s'établissent, que la mise au point d'outils per
des travaux agricoles était la règle, et l'objectif demeurait mettant d'en améliorer la maîtrise. Mais dès que l'on veut
bien d'assurer une additivité des temps pour une évaluatraiter des formes concrètes de travail, l'analyse se heurte
tion globale. à d'importantes difficultés méthodologiques. Dans la pre
mière partie de cet article nous montrerons comment des Une série de travaux visant à relier temps de travaux et
zootechniciens (Dedieu et al 1993) se sont saisis de ces fonctionnement des exploitations a reposé sur une démar
questions et ont mis au point une méthode dénommée che différente. Associant économistes et agronomes, dans
«Bilan Travail» qui a été utilisée dans plus d'un millier le contexte des exploitations de grande culture, la démar
d'exploitations d'élevage en France. Dans la deuxième che avait pour objectif «de fournir aux agriculteurs des
partie, nous verrons comment certains principes pourr éléments de choix du système de production en cherchant
aient en être repris pour concevoir une méthode qui élar un optimum dans le cadre de contraintes dont celles de
gisse le champ de l'analyse à l'ensemble des activités pro main d' œuvre et de traction» (Sebillotte 1986). La repré
fessionnelles des ménages. sentation du travail est alors fournie sous forme de bud
gets établis par périodes (bilan de temps disponible et de
besoins). Cette représentation est à la base de démarches Présentation de Bilan Travail de diagnostic technico-économique et d'étude de projets -
et de sa spécificité vis-à-vis logiciels Equiplan ou Mecagest II - (Guillot, 1994,
Vaquier, 1994, cités par Chatelin et al. 1996). Attonaty et d'autres approches méthodologiques
al. (1990), avec leur simulateur «Otello», ont élargi cette de l'organisation du travail démarche en introduisant d'une part des règles de priorités
entre travaux établies par les agriculteurs et d'autre part le La question du travail est présente dans toutes les sciences risque climatique (test d'une grande variété de scénarios). sociales. Cependant, c'est l'économie qui, pour l'essent
iel, a pris en charge les analyses quantifiées qui lient tra Bien qu'elles permettent une représentation fine de l'orga
vail et production, organisation du travail et performan- nisation du travail, ces recherches, comme les précéden-
Économie Rurale 253/Septembre-octobre 1999 28 reposent sur l'hypothèse que le temps de travail des l'organisation du travail. D'autres, comme les constructes,
différentes tâches peut être mesuré de façon identique et tions de bâtiments, ne sont pas liés au déroulement d'une
Û. que les travailleurs au sein du collectif de travail sont campagne agricole, mais plutôt à celui de la trajectoire de
substituables les uns aux autres. La méthode Bilan Travail l'exploitation. o U
(BT) s'inscrit en rupture de ces choix. ut L'enquête BT dure deux à trois heures et s'appuie i) sur la
définition par l'éleveur de périodes de travail d'astreinte à
U 2. Les principes de la méthode Bilan Travail contenu et durée stable, ii) sur le positionnement des tr
avaux de saison et rendu sur un calendrier. La contribution M La méthode BT a été conçue pour intégrer une dimension de chaque catégorie de main d' œuvre est spécifiée. «travail» dans l'analyse du fonctionnement des exploita
tions d'élevage. L'objectif était d'établir une représenta L'analyse des données se fait à deux niveaux:
tion du travail commune entre un technicien d'appui tech • L'exploitation agricole, avec les données de temps con
nique (Chambres d'Agriculture ou organisations écono sacré aux travaux cumulés des différents intervenants. Les
miques) et un éleveur, qui soit utilisable pour l'action comparaisons entre exploitations et l'analyse des facteurs
immédiate. Certaines hypothèses adoptées pour la modéli de variation de ces temps peuvent être réalisées à l'échelle
sation du travail en grandes cultures ne pouvaient être de la campagne complète ou à l'échelle de périodes parti
reprises car l'élevage repose en bonne partie sur du culières (pendant l'hivernage par exemple). ♦* 2 savoir-faire tacite, notamment autour du suivi régulier des • La cellule de base, celle-ci étant considérée comme le 3 animaux. La formalisation de l'organisation du travail y ■o noyau organisateur des travaux sur l'activité considérée.
est beaucoup moins avancée que dans les secteurs de pro L'organisation du travail est caractérisée par i) la réparti .1 duction où l'emploi de salariés est fréquent (grandes cul tion des tâches entre catégories de travailleurs, ii) le degré to
tures, arboriculture, maraîchage etc.) et la substituabilité d'équipements et la nature des bâtiments, iii) les choix de (0 des travailleurs vis-à-vis de certaines tâches est limitée. conduite technique (Dedieu et al, 1998). Cette organisa
tion laisse aux membres de la cellule de base un volume Deux catégories de travailleurs sont donc distinguées: les
de temps pour accomplir les tâches agricoles non comptabtravailleurs de la «cellule de base» (travailleurs perman
ilisées (entretien du matériel, des bâtiments, comptabilients, pour lesquels l'activité agricole délimitée comme
té...) et d'autres activités. Cette marge de manœuvre est objet d'étude est prépondérante en temps et en revenu) et
approchée à l'aide d'un indicateur global: le «Temps disles travailleurs hors cellule de base, les bénévoles (retrai
ponible calculé». tés, personnes salariées à plein temps à l'extérieur, per
sonnes donnant des coups de main ponctuels), Y entraide, Les données du BT contribuent à deux types de démarches
Y entreprise et les salariés. de développement:
1. Fourniture, lors de la mise au point de «cas-types» Trois grands types de travaux sont identifiés et quantifiés:
(modèles d'exploitations viables, vivables et reproducti- • Le travail d'astreinte (TA) correspond au travail à réali
bles), des informations sur la durée du travail d'astreinte ser quasi quotidiennement, peu concentrable et peu diffé-
et de saison associées à la mise en œuvre des techniques et rable. Les soins aux animaux, la traite sont des illustra
aux résultats économiques. tions de ces travaux qui caractérisent «l'astreinte de
2. Utilisation de la méthode dans le cadre d'une animation l'élevage» (Bages, Rieu-Gout 1981). La quantification du
de groupe (ou de discussion individuelle) sur le thème de travail d'astreinte se fait en heure par jour (à la demie
travail; les données présentées (écarts de durée du travail, heure près).
contribution des différentes catégories de travailleurs et • Le travail de saison (TS) regroupe les travaux plus dif-
temps disponible calculé), permettent d'amorcer la réflexion férables ou concentrables consacrés aux surfaces fourra
sur l'organisation du travail; celle-ci se poursuit alors avec gères et de cultures (de l'implantation à la récolte) et les
des spécialistes (machinisme, animateur de groupements travaux périodiques consacrés aux troupeaux (manipulat
d'employeurs, techniciens...) selon l'interprétation collecions pour des traitements sanitaires...). D est quantifié en
tive donnée aux facteurs bloquants ou à améliorer. journées (à la demie journée près), afin d'éviter des répon
ses stéréotypées ou normatives. Par conséquent, la méthode Bilan Travail est une méthode • Le travail rendu (tr) désigne le temps passé par les tra légère utilisable comme outil de conseil ordinaire. Deux vailleurs de l'exploitation pour rembourser, sous forme de éléments la distinguent particulièrement des méthodes travail, l'entraide reçue pour la réalisation du travail de plus classiquement utilisées en économie (notamment saison. La quantification du travail rendu se fait également budget temps et budget travail): le mode d'investigation et
en jours. la nomenclature des travaux.
La durée des autres travaux agricoles (entretien du matér
iel, des bâtiments, comptabilité...) n'est pas mesurée. 3. Le mode d'investigation Pour ces travaux l'enquêteur ne dispose d'aucun point de
repère calendaire préalable, et ils n'ont pas de sens dans Les méthodes de recueil des données reposent depuis tou
jours sur un compromis entre un souhait «idéal» de dispoles démarches d'analyse technique des systèmes d'éle
vage. La plupart sont interstitiels, c'est-à-dire réalisés à ser d'un ensemble de données exhaustif sur l'ensemble
«temps perdu». La mémorisation de leur durée est alors des temps de travaux (et d'activités en général) et la
souvent aléatoire, et ils ne jouent pas de rôle structurant de nécessité de mettre en œuvre des dispositifs de recueil de
Économie Rurale 253/Septembre-octobre 1999 29 données qui soient à la fois acceptables pour les personnes Dans la méthode BT, la nécessité d'avoir des catégories de
de l'enquête et réalisables en terme de coût. Selon les travaux reconnues comme pertinentes pour l'éleveur est
objectifs du recueil de données et les moyens disponibles, essentielle. Il ne s'agit plus ici de la distinction classique
O les simplifications opérées et le degré de précision sou entre travaux sur les animaux, et sur les cultures, mais u haité diffèrent. entre des travaux qui correspondent à des chantiers dont la
réalisation est liée à la saison (TS) ou des travaux répétitifs Dans leur synthèse sur les méthodes d'analyse du travail d'une journée à l'autre (ta). Tous deux doivent être impéo agricole, Lacroix et Mollard (1990) regroupaient les «O rativement réalisés mais la date précise des premiers peut
modes d'investigation en trois ensembles principaux: être ajustée en fonction d'autres éléments (dans une four«A
• L'enregistrement, où le temps consacré à diverses activi chette de jours climatiques disponibles, selon les dates de
tés (budget temps) ou aux seules activités professionnelles l présence d'autres travailleurs). Les tâches ne sont pas con
(budget travail) est consigné à intervalles réguliers (rele sidérées comme équivalentes du point de vue du temps et £ vés par cinq minutes, par quart ou demi-heure), pour une elles sont regroupées pour former des catégories différent
ou plusieurs journées. Du fait de leur précision les budgets es. C'est pourquoi la méthode est un compromis car elle
constituent des méthodes de référence en agriculture repose sur une nomenclature générique qui laisse part à la •a comme dans l'ensemble des études portant sur l'organisa subjectivité, fondée sur la structure temporelle (Valax,
tion du travail (Juster, Stafford, 1991). Néanmoins, les uti 1986) des activités du collectif de travail agricole. Ainsi I lisateurs en soulignent la lourdeur, le coût et le fait une même tâche peut-elle être classée différemment selon
qu'elles ne permettent pas d'échapper aux débats sur la qu'elle est réalisée de façon répétitive ou au contraire en ■o sincérité et la fiabilité des enregistrements (Bages, Cavalié organisation de chantier (par exemple le curage de fumier
1979; Brangeon étal, 1989; Lacroix, Mollard, 1990). relève du TS en stabulation libre et du TA en stabulation
• La méthode déclarative, où la personne interrogée fait entravée), selon qu'elle est considérée comme imperative
appel à sa mémoire pour indiquer le temps passé à son tra ou réalisée «à temps perdu» (par exemple l'entretien des en vail «habituellement» ou pour une période précise. Cette haies).
méthode simple présente peu d'intérêt pour une analyse
Au total, la méthode BT, qui n'a pas pour objectif de proapprofondie de l'organisation du travail car les données
duire une évaluation exhaustive du temps de travail, ni des recueillies manquent de fiabilité.
catégorisations «universelles» ne prétend pas se substi• La reconstitution analytique (Jean et al, 1988), où la tuer aux méthodes de budget temps ou de budget travail. personne interrogée doit se remémorer un certain nombre En revanche, elle permet d'obtenir des informations plus d'éléments concernant son travail, éléments à partir des précises que les méthodes déclaratives, tout en gardant un quels sont ensuite calculés des temps annuels de travaux coût financier et humain acceptable et peut inspirer une pour chaque travailleur de l'exploitation agricole. méthode permettant de tenir compte de l'ensemble des
activités professionnelles des ménages agricoles. C'est à cette dernière catégorie que s'apparente la
méthode BT. Les données recueillies s'appuient sur un
entretien réalisé par un enquêteur disposant au préalable
Bilan Travail et ménages agricoles d'une information sur les grands événements qui rythment
la vie du troupeau (dates d'hivernage, périodes de mise à systèmes d'activités complexes:
bas notamment) et sur les itinéraires techniques sur les premiers enseignements1
surfaces (niveau et fractionnement de la fertilisation, types
de stocks fourragers...). Les déclarations sont fondées sur Les ménages agricoles peuvent associer plusieurs activités des travaux bien mémorisés par l'éleveur et pour lesquels professionnelles (agricole, salariée à temps plein ou part
l'enquêteur dispose de points de repères. iel, indépendantes, activités de service liées à l'exploita
tion comme l' agro-tourisme...)2 selon des modalités
diverses (Laurent et al, 1998). Soit il s'agit du fait d'un 4. La nomenclature des travaux
individu, soit chaque individu du ménage exerce une acti
Les activités peuvent être regroupées et classées de diver vité de nature différente. Bien que la notion de «ménage
ses façons. La nomenclature construite dépend du compluriactif» soit parfois utilisée par la statistique agricole,
promis réalisé entre d'une part, le souhait de produire des cette notion est peu propice à la comparaison avec
connaissances «universelles» et donc de recueillir des d'autres secteurs d'activité et il semble préférable de par
données objectives, qui permettent de comparer des situa ler de «système d'activités professionnelles complexe»
tions différentes (activités élevage, cultures annuelles ou pour désigner cet ensemble de situations. Ces systèmes
perennes, combinaisons variées d'activités) et d'autre part d'activité méritent d'être considérés «en soi» car la com-
l'intérêt d'avoir des données subjectives qui permettent de
prendre en compte la diversité des représentations qu'ont 1. Ce travail a été effectué dans le cadre d'un programme de recherche les acteurs de la réalité (Gollac, 1994). Ainsi peut-on con financé par la convention inra/dadp Rhône- Alpes, en partenariat avec
sidérer qu'une bonne donnée est celle qui correspond à la Chambre régionale d'Agriculture de Rhône-Alpes
2. Les activités qui ont pour support l'exploitation (par ex. agro-tourisune vision «négociée» de la réalité (Dodier, 1995) entre me) ou qui sont dans le prolongement de l'acte de production (par ex. «observateur» et «observé». Selon l'objectif du recueil de transformation des produits de l'exploitation) sont ici considérées comdonnées, cette «négociation» peu déboucher sur des résul me des activités professionnelles différentes de l'activité agricole car el
les ont des contraintes organisationnelles spécifiques tats différents.
30 Économie Rurale 253/Septembre-octobre 1999 binaison d'activités conditionne les formes d'exercice agricoles ou non, ne sont pas jugées équivalentes quant à
concrètes de chacune d'entre elles (Pahl, 1988). Il en leur structure temporelle. Certaines doivent être réalisées
a résulte, pour certains ménages, des problèmes d'organisat de façon imperative, et ne peuvent être reportées ni inte
ion ou de surcharge de travail qu'ils renvoient aux orga rrompues lorsqu'elles sont commencées (une activité sala u o
nisations professionnelles. Mais les références concernant riée, le service dans une restauration à la ferme, etc.). M
l'organisation du travail de ces systèmes sont rares et les D'autres au contraire n'ont pas de structure temporelle
conseillers qui sont sollicités pour aider à choisir des voies rythmique (l'entretien de bâtiments, l'entretien d'une par
de diversification peuvent rencontrer des difficultés pour celle de prairie associée à une résidence secondaire), et
évaluer les conséquences de l'adjonction d'une activité correspondent aux tâches interstitielles dont la durée n'est «A
pas mesurée dans BT. On observe ainsi qu'à nombre supplémentaire.
d'heures équivalent, l'addition d'une activité supplément
aire aura des conséquences différentes sur l'organisation l 1. Déroulement des enquêtes du travail selon qu'elle peut être gérée comme une activité
Pour aborder cette question de l'organisation du travail interstitielle, ou non.
i <A dans les systèmes d'activité complexes, et dans l'objectif de
contribuer à améliorer les conditions de conseil technique 3. L'importance des rythmes pour ces ménages, une méthode inspirée de BT a été testée nécessite d'ajuster la nomenclature des travaux auprès de 25 ménages localisés en Isère. Ils ont des exploi
tations agricoles à temps plein (20 dans l'OTEX bovin Les catégories de travaux retenues dans la méthode BT
viande, 5 dans l'OTEX arboriculture). On a choisi (i) des peuvent également être reprises moyennant quelques ajus
J <D ménages n'ayant qu'une activité agricole, (ii) des ménages tements permettant de tenir compte de l'aspect non quoti
combinant activité agricole et activité salariée, (iii) des dien de certaines activités d'astreinte. ta ménages combinant activité agricole et activité para-agri
Les activités salariées ou indépendantes s'apparentent cole ou de service et enfin (iv) des ménages combinant les
souvent à un travail d'astreinte dans leur aspect journalier, trois types d'activité. L'objectif était de tester cette méthode
peu concentrable et non différable, mais elles ont lieu dans des situations très diverses, indépendamment de leur
généralement sur une fraction de la semaine (5 jours sur 7 poids respectif dans la population d'ensemble.
pour beaucoup d'activités salariées à temps plein), ce qui
Le déroulement des enquêtes s'est fait en deux temps. a des conséquences importantes sur l'organisation du tra
Une première visite a été consacrée: (i) à des questions vail agricole. Les activités de transformation, de vente
ouvertes destinées à recueillir des informations sur la directe ou d'accueil présentent également une diversité de
façon dont les membres du ménage conçoivent leur caractéristiques. Certaines activités peuvent avoir une
travail; (ii) à un questionnaire A permettant d'obtenir une périodicité régulière, mais non quotidienne et ne sont pas
description du ménage, de son système d'activités, de la différables, ni concentrâmes (le marché, une ou deux fois
trajectoire professionnelle des différents membres du par semaine par exemple). D'autres viennent se glisser
ménage, de la structure de l'exploitation agricole. Une entre les activités habituelles selon une périodicité irrégu
seconde visite a été consacrée à un questionnaire B direc lière et offrent plus de souplesse (par ex. des éleveurs
tement dérivé du questionnaire de BT3. transforment et vendent en direct leurs animaux lorsque
ceux-ci sont prêts). Pour rendre compte des activités qui Par rapport à une approche de l'activité agricole au sens
présentent les caractéristiques du travail d'astreinte (non strict, le champ d'observation a été doublement élargi: du
différable et non concentrable), sans avoir le caractère collectif de travail agricole vers le ménage et les collectifs
répétitif quotidien qui est attaché aux animaux il paraît auxquels il est associé, de l'activité agricole vers l'ensem
nécessaire de distinguer une catégorie nouvelle nommée ble des activités du ménage. Cependant, bien que l'objet
travail d'astreinte non quotidien (TANQ), complétant le d'observation soit différent, in fine, l'analyse est restée quotidien (TA «Q»). centrée sur la compréhension des conditions d'exercice
des activités agricoles et para-agricoles et c'est dans cette Cette distinction est d'autant plus importante que les
optique qu'ont été analysés les avantages et les limites tâches imperatives qui ont un rythme variable difficil
d'une méthode dérivée de BT. ement prévisible, et qui appartiennent à cette catégorie
(tanq), sont celles qui introduisent le plus de contraintes
dans l'organisation du travail des ménages. Or on constate 2. Le choix de ne considérer que certaines
que les activités vers lesquelles se diversifient les ménagactivités pour la quantification reste pertinent
es agricoles sont souvent des activités de ce type, qu'il
II apparaît tout d'abord que le parti de BT de ne mesurer s'agisse de l' agro-tourisme ou du temps partiel des fem
que la durée des tâches imperatives peut être retenu pour mes, secteur où l'on trouve le plus d'horaires variables.
les systèmes d'activités complexes.
On retrouve dans nos observations l'absence de lien syst
En effet, lors des entretiens avec les ménages, on retrouve ématique entre une activité, un ensemble de tâches et une
en effet les présupposés de BT, à savoir que les tâches, catégorie de travaux, ces liens étant dépendants de leur
condition de réalisation. Nous avons établi une grille de
correspondance (tableau in fine) entre activités para-agri3. Pour des informations plus complètes sur les enquêtes voir Blanche-
manche 1996, Laurent et al. 1997 coles ou non agricoles et catégories de travaux (TAQ,
Économie Rurale 253/Septembre-octobre 1999 31 ges à système d'activités complexe rend encore plus flvente TANQ, directe TS). Ainsi, des produits les activités peuvent de selon transformation les cas être et clasde agrante l'importance qualitative de la capacité à mobiliser J Û. sées dans l'une ou l'autre des trois catégories de travaux, un réseau d'aide et de coups de main plus ou moins infor
voire comme travail interstitiel. Par exemple, la réalisa mels aussi bien lorsqu'un événement imprévisible se proO u
tion des foins qui, dans les systèmes spécialisés relève du duit (de type accident ou maladie) que pour faire face à
travail de saison mesuré en demi-journée peut devenir, des tâches courantes (du type accueil de personnes pour
l' agro-tourisme ou déplacement d'animaux). On peut voir dans un système d'activités complexe, une activité mesurU able en heure, qui est effectuée chaque jour au retour du dans cette aptitude un des facteurs déterminants de la
travail pendant une longue période. Cette distinction per«A pérennité des systèmes d'activités complexes mais, plus
largement, de l'ensemble des collectifs de travail agricoles met de caractériser des opérations techniques similaires,
mais qui se déroulent dans des conditions sociales et et para-agricoles, au même titre que l'adhésion à un ser
matérielles différentes (dans un cas chantier avec des voi vice de remplacement ou à une mutuelle «coups durs».
sins en partageant du matériel, dans l'autre travail seul
avec son propre matériel) et qui, par conséquent, n'appell 5. Au-delà du Bilan Travail, ent pas forcément le même type de conseil. Dans l'exem la dimension cognitive du travail ple choisi, cela peut conduire à analyser autrement le rela
tif «suréquipement» des agriculteurs double-actifs. Par ailleurs, les observations montrent que la dimension
cognitive du travail est essentielle.
•o 4. La dimension collective du travail Les monographies font ressortir pour une fraction des J ménages le poids important de la charge mentale c'est-à- Les monographies réalisées confirment la nécessité de
dire du rapport entre les exigences des tâches à accomplir prendre en compte la dimension collective de l'organisa
et des capacités cognitives requises pour répondre à ces tion du travail. Mais la notion de cellule de base, centrée i
exigences (Leplat, 1997). Le dépouillement des entretiens sur l'activité agricole, ne peut être reprise si on élargit
permet ainsi de relever la difficulté plusieurs fois expril'observation à l'ensemble du système d'activités du
mée à traiter correctement une masse d'informations ménage. D'une part des individus qui com
jugée excessive, à maîtriser des activités plus ou moins pose le ménage n'est qu'en intersection avec l'ensemble
entrecoupées, et à prendre des décisions dans des domaides individus du collectif de travail agricole. De plus, cha
nes très différents. que ménage agricole peut être relié à plusieurs collectifs
de travail (figure in fine). Plusieurs unités économiques Dans les systèmes d'activité complexes, quatre phénomènélémentaires doivent ainsi s'articuler de façon cohérente, es principaux peuvent contribuer à modifier l'exigence et ce sont précisément les conditions de cette cohérence des tâches à accomplir: i) l'augmentation du nombre de qu'il est nécessaire d'étudier. tâches imperatives accroît l'exigence d'organisation, ii) la
combinaison d'activités «à temps partiel» raccourcit les Nos premières observations montrent que la prise en
périodes d'activité de routine au profit des activités qui compte de la charge de tâches imperatives par personne
exigent des prises de décision, iii) l'adjonction d'activités (TANQ + TAQ + TS) permet de saisir les limites de la comp
à rythmes peu prévisibles (par ex. travail salarié à horaires atibilité de différentes activités professionnelles. Mais la
variables) complique beaucoup l'organisation du travail, description de l'organisation collective des tâches est un
iv) le développement des activités de service liées à contrepoint indispensable à l'interprétation d'indices
l'exploitation reporte le souci de la demande (qualité des constitués à partir du poids des tâches imperatives. Elle
prestations, fourniture d'un service «personnalisé») sur conduit en effet à repérer «qui fait quoi», à préciser le
les ménages, et oblige à l'adaptation permanente aux sounombre et les fonctions des personnes mobilisées (aide
haits du client. ponctuelle, sous-traitance, groupe de travail profession
nel) pour chaque activité, et à identifier les tâches qui peu En retour, on observe que les ménages ont des stratégies vent être effectuées par des personnes différentes et celles de valorisation différenciées des compétences et des conqui, au contraire, sont «réservées» à une personne particu naissances. Ainsi, certains vont-ils concevoir et mettre en lière (Dedieu et al., 1998). œuvre des stratégies permettant de valoriser, dans une
sphère d'activité donnée (par exemple l' En effet, des voies parfois opposées sont explorées par les agro-tourisme),
des compétences acquises dans un autre secteur (par ménages pour organiser les collectifs de travail agricole et
exemple dans le commerce), alors que d'autres personnes para-agricoles: individualisation du métier pour réduire la
entretiennent délibérément une coupure entre les différennécessité d'avoir recours à une personne extérieure,
tes activités, dont la combinaison est alors conçue comme embauche de salariés via des groupements d'employeurs,
simple juxtaposition qu'il faut organiser. création d'un nouveau collectif élargi sur des bases for
melles (GAEC), renforcement d'un collectif informel élargi Sur ces aspects, qui ont également leur sens dans des sys(voisins, famille)... tèmes agricoles confrontés à des enjeux de gestion techni
que et administrative de plus en plus sophistiquée (Sal- Le développement d'un point de vue global sur les activi
tés du ménage peut conduire à être plus attentif, à ces mona 1994), la méthode, les critères permettant de spéci
aspects et au classement des travailleurs. Par exemple, fier la dimension cognitive du travail restent largement à
l'observation des collectifs de travail agricoles des inventer. Ils méritent cependant d'être approfondis car une
32 Économie Rurale 253/Septembre-octobre 1999 représentation de l'organisation du travail fondée sur la En termes de conseil, ce constat amène à donner davan
seule prise en compte de la durée du et des rythmes tage d'importance à la compatibilité des différentes activi a. J paraît souvent insuffisante pour comprendre les difficultés tés. À plusieurs reprises, il est apparu que ce n'était pas
que rencontrent les ménages pour organiser leur travail. tant le nombre d'heures de travail qui pouvait poser pro o u
blème que le moment où ce travail devait s'effectuer.
L'articulation des activités doit être explicitement prise en Conclusion compte. Ainsi, les personnes associées à l'élaboration du «O U
conseil technique ne seraient plus strictement celles qui Concernant le mode d'investigation, les premiers résultats m sont investies dans l'activité agricole, mais l'ensemble des montrent qu'il est possible de reprendre les principes du
individus composant le ménage et qui se trouvent en situaBT pour concevoir une méthode assez simple de recueil de
tion d'interdépendance dans l'utilisation qu'elles peuvent données sur l'ensemble des activités professionnelles du
faire du temps. ménage. Les unités choisies (heure pour l'astreinte et
demi-journée pour le travail de saison) correspondent à Enfin l'observation de systèmes d'activités complexes des unités pertinentes pour qualifier les activités para-agri met en lumière des phénomènes qui n'apparaissent qu'en cole ou extérieures. Le principe de catégorisation des tr filigrane dans la plupart des travaux portant sur le travail avaux et le choix de ne mesurer la durée que d'un certain agricole comme l'importance de la souplesse des collecttype de tâches paraît également pouvoir être retenu. En
ifs de travail et le poids de la charge mentale. Ces résuleffet, le recueil d'informations quantitatives et qualitatives ■o tats sont convergents avec ceux observés depuis plusieurs montre que c'est plus l'articulation des rythmes des tâches
années dans d'autres secteurs d'activité (du Tertre 1995) peu ou pas différables qui posent problème que la durée
qui font ressortir l'importance de la dimension propretotale du temps de travail. Le choix de ne pas comptabilis
ment cognitive du travail et la nécessité de mieux caractéer les tâches interstitielles (agricoles ou non) reste donc
riser la variabilité des relations possibles entre l'organisapertinent.
tion de travail et les performances économiques finales. La catégorisation des travailleurs, en revanche, doit être
modifiée, non seulement parce que l'on s'intéresse aux Benoît DEDIEU, INRA Départements SAD et ENA, URH, Saint
formes d'articulation de plusieurs collectifs de travail, Genès Champanelle • Catherine LAURENT, INRA SAD Ile-de-
mais aussi parce qu'en considérant l'exploitation agricole France • Patrick MUNDLER, Collège coopératif Rhône-Alpes,
comme une fraction d'un système plus large, la place rela Lyon.
tive des différentes personnes du ménage dans le collectif Avec la collaboration de Gérard SERVIÈRE,
se modifie. Sandrine BLANCH EM ANCHE, Gilles CHABANET.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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34 Économie Rurale 253/Septembre-octobre 1999 Exemple de classement d'activités selon les grandes catégories de travaux
Activités Exemples Type de travail cl
o u - transformation de lait en fromages Activités quotidiennes de vente et/ou de transformation Travail d'astreinte
- magasin de vente directe ouvert quotidiennement
- transformation de viande pour vente directe à jour fixe Activités ponctuelles mais non différables de vente Travail d'astreinte non quotidien
- marchés hebdomadaires et/ou de transformation à dates fixes
- transformation de fruits en confiture ou jus Activités différables de vente et/ou de commercialisation Travail de saison
- marchés annuels de sapins de Noël liée à des activités de saison
Activités différables de vente et/ou de commercialisation - vente directe à la ferme sans permanence Travail d'astreinte ou de saison
- transformation de viande pour vente directe sans périodicité régulière ou interstitiel
lorsqu'un bovin est «prêt» selon caractéristiques
<U Travail salarié à temps plein ou à temps partiel, - toutes situations salariées: infirmiers, assistantes Travail d'astreinte non quotidien
maternelles, employés industrie ou secteur tertiaire... à horaires fixes prévisibles non ou peu négociables
Travail de saison Travail salarié ou indépendant -coupe de bois
exercé de manière saisonnière et à horaires négociés -élagage
Travail salarié ou indépendant à temps plein ou à temps - enseignement en vacation salariée quelques heures Travail interstitiel, de saison, O
par semaine - scierie, terrassement partiel à horaires prévisibles et négociés ou d'astreinte non quotidien
- entretien de parcelles pour d'autres résidents ruraux selon périodicité, rythme
- artisanat réalisé à la maison et concentrabilité
Exemple de ménage agricole dont les membres sont insérés dans différents collectifs de travail
MÉNAGE
1 couple «parents»,
père retraité + mère active pour activités
para-agricoles + 1 couple «enfants», mari
chef d'exploitation, femme travaille à
l'extérieur + 2 enfants moins de 1 5 ans
i I
FERME AUBERGE EXPLOITATION AGRICOLE
Collectif de travail para-agricole Collectif de travail agricole
Chef d'exploitation Crief d'exploitation + pères
+ mère + salarié temps partiel
sœur du chef d'exploitation + coups de main (voisins, etc.)
"! Le Les champ éléments du t conseil du système technique d'activités en agriculture t Les interlocuteurs du Épouse conseil Collectif Entreprise du dans Service: chef le ENTREPRISE de ménage d'exploitation tt 12 250 travail personnes salarié (salariée)
Économie Rurale 253/Septembre-octobre 1999 35

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