POUR 44 n° 72

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N°72 Mars 2011 - - ISSN 1249- 2051 Section de Loire-Atlantique Fédération Syndicale Abonnement annuel 2 euros FSU-8 pl de la Gare de l’État, case postale n°8, 44276-Nantes CEDEX 2 - tel : 02 40 35 96 55-fax 02 40 35 96 56 Unitaire Site internet : http://www.fsu44.org - e mail : fsu44@fsu44.org déposé le 31 mars 2011 Dispensé de timbrage N’ayons confiance Nantes ROLLIN qu’en nos luttes ! POUR 44 La politique populiste qui caractérise le pouvoir que nous subissons depuis ces dernières années ne mar- que aucune pause. Les dérives de communication de l’Elysée et des ministres de l’Intérieur qui se succè- dent laissent augurer d’un cap destiné à capter l’électorat français le plus réaction- naire. On peut dès lors envisager ce que serait un quinquennat reconduit d’une ma-jorité courtisant la haine, la peur, l’engage-ment armé et la justice guerrière sur décor de puits de pétrole. Dans un contexte aussi grave on peut légi-timement penser que la remise en cause des solidarités sociales, des services publics, SOMMAIRE l’imposition européenne de la « modération » sala-p 1 Édito riale pour tous, sont dérisoires face au drame japo- p 2 Éducation p 4 Mobilisation dans le secteur de la justice nais qui devient planétaire, ou bien encore subalter-p 6 Vers une loi dépendance ne devant les printemps des peuples arabes. De là à p 7 Stage Roms ; Retraités, mêmes objectifs p 8 ...
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Fédération Syndicale Unitaire
Section de LoireAtlantique
N°72 Mars 2011 ISSN 1249 2051
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FSU8 pl de la Gare de l’État, case postale n°8, 44276Nantes CEDEX 2  tel : 02 40 35 96 55fax 02 40 35 96 56 Site internet : : fsu44@fsu44.orghttp://www.fsu44.orge mail 
N’ayons confiance timbrage31 mars 2011déposé le Dispensé de Nantes ROLLIN  qu’en nos luttes !POUR44La politique populiste qui caractérise le pouvoir que nous subissons depuis ces dernières années ne mar que aucune pause. Les dérives de communication del’Elysée et des ministres de l’Intérieur qui se succè dent laissent augurer d’un cap destiné à capter l’électorat français le plus réaction naire. On peut dès lors envisager ce que serait un quinquennat reconduit d’une ma jorité courtisant la haine, la peur, l’engage ment armé et la justice guerrière sur décor de puits de pétrole. Dans un contexte aussi grave on peut légi timement penser que la remise en cause des solidarités sociales, des services publics, SOMMAIRE l’imposition européenne de la « modération » sala p 1 Édito riale pour tous, sont dérisoires face au drame japoÉducationp 2 p 4 Mobilisation dans le secteur de la justice nais qui devient planétaire, ou bien encore subalter p 6 Vers une loi dépendance ne devant les printemps des peuples arabes. De là à7 Stage Roms ; Retraités, mêmes objectifs p  p 8 Concert sans Papiers considérer que le syndicalisme doit faire profil bas jusqu’en 2012, il n’y a qu’un très petit pas à fran chir. Certains le font. Au plus près de nous.Dans l’éducation nationale, l’incapacité du collectif des 25 à porter une action revendicative d’ampleur les 22 janvier et 19 mars derniers révèle une diver gence certaine d’analyse politique (ou politicienne) et une volonté de s’en remettre à une alternance supposée qui serait salvatrice. Construire un débou ché politique aux luttes syndicales, aux mouve ments sociaux, est certes indispensable. Mais cela ne se fait pas en signant un chèque en blanc à un ou des partis politiques. Nous en avons tous l’expé rience. Les déçus des politiques qui au lieu d’être sociales deviennent socio libéra les sont toujours plus nombreux.Suite de l’édito p 2
Si nous pouvons peser sur « le » Suite de l’édito politique c’est en construisant un rapport de forces syndical. Sans l’action collective nécessaire, nous laissons les professionnels de la politique gérer nos destins. Le syndicalisme atten tiste, sous couvert de fausse prudence et pédagogie vertueuse, est condamné à ne pouvoir être que spectateur de l’histoire qui se joue en dehors de lui. En prenant le parti de l’action, il n’est bien entendu pas question de prôner l’activisme et l’agitation,
mais de témoigner d’alternatives indispensables qui se construisent dans des luttes ne se résumant pas à des effets de communication. De ce point de vue, les récentes actions unitaires dans la justice, la grève de la FSU dans l’éducation (rejointe par la CGT et ici et là par SUD) nous indi quent qu’il est possible d’enrayer la fatalité du spectacle politicien nourri par un syndicalisme ra corni dans l’attente. Didier Hude
Clowns tristes pour l’Éducation
Jeudi 10 février 2011. Grève dans le département et manifestation à Nantes dans le secteur Éducation, à l'appel de la FSU 44 et de la CGT Educ' 44. Le parcours retenu est inhabituel. Départ de la place du Cirque  parce que les clowns qui nous gouvernent ne sont pas drôles ?, arrivée à l'Éléphant  pour la défense du service public ?
Finalement, nous partirons de la Préfecture pour rejoindre le Palais de Justice, d'où s'élancera, en dé but d'aprèsmidi, la manifestation du monde judiciai re  en ébullition après les mises en cause scandaleu ses dont il a fait l'objet. Celle s'achèvera vers 16 heu res ... à la Préfecture. Dans la journée, la boucle est bouclée...
Dans les deux cas, un même désarroi, une mê me colère, un même re fus, qui traversent large ment, profondément, du rablement nos profes sions : la coupe est plei ne ! Le service public n'est plus en capacité de remplir ses missions. L'application idéologi que, systématique, irres ponsable, du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite se poursuit, avec son terrible cortège de suppressions de postes  moins 16 000 cette année dans l'Éducation nationale, et les dégâts collatéraux qui en résultent :
comme remplaçants, dans le pre affectation mier degré, des Professeurs des Écoles stagiaires au retour des vacances d'automne, générant désarroi et inquiétude chez les stagiaires, les équipes enseignan tes et les parents, qui se sont d'ailleurs mobilisés ;
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nd  affectation, degré, des stagiaidans le 2 res, sans formation, à temps plein (18 heures) dès la rentrée, avec en prime une journée de formation le vendredi à partir des vacances de la Toussaint ; pour les placer à tout prix, on a envoyé des collègues, qui n'avaient rien demandé, enseigner sur deux établissements ; pour les placer à tout prix (bis), on a gelé au mouvement des dizaines de postes, privant de nom breux collègues d'une mutation espérée parfois de puis fort longtemps ; tout comme l'aide personnalisée sert, dans les écoles primaires, à masquer la disparition des RASED (Réseaux d'Ai des), les stagiaires sont instrumentalisés pour mas quer l'extinction progressi ve des remplaçants titulai res (ZIL et BD) ; pour pallier aux difficultés de remplace ment dans les collèges et les lycées, on fait appel à Pôle Emploi et à des inter venants parfois sousqualifiés, toujours précaires ; même dans ces conditions les remplace ments ne sont pas toujours assurés. Certains parents s'en émeuvent (ils ont raison !) ; la modification des seuils depuis deux ans augmente mécaniquement le nombre d'élèves par classe. Cette année ce sont les classes maternelles qui subissent de plein fouet la hausse des effectifs. Mais cela ne suffit encore pas. Pour faire passer des réformes très contestées, il faut casser les soli
darités, individualiser les par cours, créer des primes au méri te : pour les recteurs, pour les chefs d'établissements ... pardon : pour les managers du système éducatif ... L'autonomie des éta blissements, c'est d'abord et avant tout celle de leurs chefs. Le "potentiel de Ressources Humaines TZR" est, aux yeux de l'administration, insuffisamment exploité ? Qu'à cela ne tienne ! Le Recteur décide que, dans toutes les disciplines, les zones de remplacement seront désormais ... le département tout entier ! Un collègue TZR pouvant être envoyé dans les zones limitrophes, malheur à celui qui sera nommé sur la zone de remplacement du Maine et Loire : il pourra être expédié ... dans toute l'académie ! Le grand DRH de l'Oréal n'étant jamais à court d'idées, voici que se répand, d'abord dans 10 acadé mies (l'an dernier), puis désormais largement (cela concerne aujourd'hui 4 collèges du département et leurs écoles de rattachement), le dispositif (E) CLAIR (Écoles Collèges Lycées Ambition Innova tion Réussite), véritable laboratoire de la dérégle mentation. Ces dispositifs sont massivement rejetés par les personnels ? Certains CA demandent à en sortir ? Qu'importe : on passe en force. Les directeurs et directrices d'écoles sont en sur chauffe. Toujours plus de travail, toujours plus de responsabilité, sans compter les pressions insistantes de certains inspecteurs (IEN)  concernant l'aide per sonnalisée, les évaluations nationales, Base élèves ... Dans le petit monde de l'Éducation, on formate, Monsieur, on formate. Les IEN, guère mieux lotis que les enseignants, observent quasi impuissants les dégradations du mé tier, avec la mission, sûrement pénible pour certains, de faire appliquer la politique ministérielle. La trans formation d'Inspecteur de l'Éducation Nationale en Commissaire de la Pensée Libérale ne peut pas se faire sans laisser des traces. La décision de M. Darcos, ministre "des affaires étrangères à l'école", de supprimer le samedi matin a fini de comprimer le temps pour les élèves et les en seignants. On court, on s'épuise, on ne prend plus le temps de réfléchir collectivement au sens de notre métier. Et ne croyez pas que ce soit le fruit du ha sard : quand les réformes ont vocation à démanteler l'école, il est impératif de menacer, inquiéter, décou rager les personnels  pour mieux les faire passer. A l'ordre du jour : compression du temps, mise en
place des nouveaux pro grammes qui n'ont pas gagné en intelligence de puis que les managers de l'administration les font appliquer à coup de me naces et de sanctions, passage au forceps des évaluations nationales, dont l'objectif est de met tre les écoles en concur rence, augmentation du nombre d'élèves par classe, disparition progressive des RASED, des remplaçants ..... Les salaires sont gelés, le pouvoir d'achat diminue, le ministère invente les stages de remise à niveau pen dant les vacances, comme ces "boîtes à fric" qui font leur miel (et leurs profits) en surfant sur l'inquiétude des familles. Ce mode de rémunération ne fait pas re cette chez les enseignants du public, parce que notre conscience professionnelle et pédagogique nous dicte de ne pas surcharger voire surmener les élèves en dif ficultés. Les rares enseignants qui se proposent pour ces stages ne le font que pour des raisons financières. Ce n'est pas avec du bricolage à la sauce libérale que se traite la difficulté scolaire, ce n'est pas en faisant plus qu'on fait mieux ... C'est en respectant le rythme de l'enfant, c'est en créant les conditions favorables aux apprentissages : moins d'élèves par classe, plus de maîtres que de classes pour décloisonner, prendre les élèves en petits groupes, organiser l'école (avec des réseaux d'aide complets) non pas en fonction de sa capacité de stockage mais en fonction de l'intérêt des apprentissages pour l'enfant, au cours de sa journée de classe. Accueillir les enfants de deux ans dans des classes de 20 élèves maximum est une autre conception de l'école que celle qui consiste à considérer ces élèves comme de simples variables de remplissage. C'est cet te autre conception du monde de l'éducation que nous portons, et non celle qui se déploie en ce début d'an née 2011 (qui va droit dans le mur  et en klaxon nant !). Non, décidément les clowns qui nous gouvernent ne sont pas drôles. Contre ces clowns tristes, individuel lement, nous avons nos yeux pour pleurer. Collective ment nous avons, si nous le voulons, les moyens de leur refaire le maquillage. Syndiquezvous. Ensemble, arrêtons la machine, po sonsnous, réfléchissons, débattons, organisonsnous pour sonner la fin du spectacle et redonner à l'école les couleurs de l'intelligence et de l'égalité des chances pour tous.
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Mobilisation dans le secteur de la justice
Méconnus, les SPIP (services pénitentiaires d’insertion et de probation) se sont brutalement trouvés sous le feu des projecteurs suite à « l’affaire de Pornic ». La mise en cau se de personnels qui vivent, comme beaucoup d’autres services publics, une dégradation certaine de leurs condi tions de travail, a mis le feu aux poudres pour l’ensemble des professionnels de la justice. Mais c’est la mise en cause des magistrats qui a clairement déclenché un tollé général et la solidarité qui s’en est suivie a permis d’évi ter le pire : des sanctions pour les acteurs locaux. …La mobilisation immédiate a permis la mise en place d’une « intersyndicale » de tous les corps de métier : magistrats, greffiers, administratifs, avo cats, pénitentiaires et protec tion judiciaire de la jeunesse, tant au niveau national que local. La FSU, par le biais du SNPESPJJ (majoritaire à la protection judiciaire de la jeu nesse) et du SNEPAP (administration pénitentiaire, deuxième organisation pro fessionnelle dans les SPIP) a participé dès le début à cette mobilisation. La manifesta tion du 10 février, à Nantes, a été un vrai succès, puisqu’elle a réuni environ 2000 participants. Mais le gouvernement n’a évidemment proposé aucune solution aux manques de moyens étalés au grand jour. Pire, l’administration pénitentiaire a exigé l’affectation nominative de tous les dossiers classés faute de personnels en nombre suffisant dans les SPIP, et les Parquets sont tenus de mettre à exécution les condamna tions jusquelà en attente, aggravant encore le stress de leurs personnels. A Nantes, les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation se retrouvent avec plus de 160 mesures à suivre chacun, là où les normes européennes en préconisent 50. La maison d’arrêt explose avec plus de 430 personnes détenues pour 290 places, les derniers arrivés n’ayant même pas pu être dotés de matelas !!
L’intersyndicale se réunit toutes les semaines pour organi ser la résistance, et continuer de réclamer un plan d’urgen ce pour la justice (recrutements de titulaires, budget à la hauteur de celui des autres démocraties européennes, aug mentation des moyens accordés à l’accès aux droits). Une manifestation nationale est prévue le 29 mars à Paris, puis à Nantes une conférencedébat aura lieu le 31 mars à la maison des avocats. Quand le gouvernement traite ses personnels avec un tel mépris, of frant pour toute réponse l’embauche temporaire de contractuels et le re cours aux retraités de la « réserve pénitentiaire », les réactions sont très diverses. A Nantes, la pression et le stress sont tels que des collègues craquent, d’autres cherchent tous les moyens de fuir cette administration qui mal traite aussi ouvertement ses person nels, et les séquelles de cette affaire se feront certaine ment sentir pendant des mois. Car si dans tous les SPIP de France chacun savait qu’un problème risquait de surgir à tout moment faute de moyens suffisants, cha cun sait aussi maintenant les conséquences qu’il encourre, et arrive au travail la boule au ventre. Isabelle Duchateau (Snepap)
Intervention du Secrétaire départemental de la FSU 44 devant le Palais de justice le 10 février
Si vous rencontrez sur votre route un Chanoine du Latran, il vous dira qu’un instituteur républicain ne vaudra jamais, ni dans sa tête, ni dans son cœur, un curé des villes ou des champs.
Si vous croisez en chemin un politicien populiste devenu PDG d’État, qui fait de chaque drame une affaire d’État, il vous dira qu’un juge de Basse Loire vaut moins pour la justice civile qu’un air de musique militaire ; qu’un présu mé coupable se doit de passer à table.
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Si vous apercevez entre deux nuages un avion de Bolloré, un yacht avec des ailes, un vacancier ministériel, à moins qu’il soit présidentiel, il vous dira qu’on peut faire plus, et beaucoup plus avec du moins. Parce que chez ces genslà, monsieur, on gouverne au pas, on ne gouverne pas : on compte.On pourrait attendre d’un président qu’il ait la stature d’un homme d’État, qu’il soit autre chose qu’un politi cien. On pourrait caresser l’idée qu’un ministre de la san
té soit plus qu’un ministre de l’hôpital, des virus et des médicaments, qu’un ministre de la justice soit autre chose qu’un ajusteur de carte pénitentiaire, qu’un gestionnaire de flux de prisons. On pourrait rêver qu’un ministre de la police en république ait du respect envers ses flics au lieu d’avoir pour seul bréviaire que la répression sur un air de flashball, ou encore l’expulsion sur un air de taser ou bien de bulldozer. On pourrait rêver, mais là c’est du vi ce, qu’un ministre de l’éducation, nationale, soit au servi ce de la construction des consciences et des savoirs pour la réussite de tous les jeunes, au lieu de mettre à son ser vice, ses recteurs et ses inspecteurs, ses vecteurs et ses directeurs, pour décliner l’incurie de la pénurie. On pourrait rêver. Mais chez ces genslà on ne rêve pas monsieur : on gère.On directive européenne, on libérali se la crise, on assaisonne du Lisbonne. La France est une entreprise, notée comme telle, cotée comme telle, admi nistrée par des ministres devenus DRH. L’ambition, l’obsession, la raison d’État, dès que cet État en langes vient au monde, c’est d’être noté et tout son peuple avec lui, noté du triple A. A comme Austérité, A comme Abandon des solidarités et services publics, A comme Asservissement aux marchés financiers. Ah, noté du triple A. Dans un pays bien fait, le peuple élu travail lera plus et le reste en suce, le peuple en bonnet d’âne finira chèvre dans un mécompte de « Pôle Emploi ». La crise d’aujourd’hui est une crise financière certes, mais aussi politique et idéologique. Pour qu’il y ait réussite des uns, il faut qu’il y ait exclusion des autres. Car chez ces genslà, on n’enseigne pas, monsieur, on n’éduque pas : on trie et on formate.Pour ces genslà« l’enfant »n’est pas le« dernier poète d’un monde qui s’entête à devenir grand »comme a pu le dire Jacques Brel. L’École n’est pas là pour donner plus à ceux qui ont moins. L’École se doit de préparer au mon de de l’entreprise, ellemême intégrée à la galaxie des marchés. Cette nécessité, cette contingence biologique nous dirait la première dame du MEDEF, est nécessairement odieuse aux yeux d’un éducateur, d’un enseignant républicain, d’un has been de gauche. Aujourd’hui, les recteurs augmentent leurs primes en supprimant des postes, les proviseurs se voient transfor
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més en chefs d’entreprise avec des salaires bonifiés à par tir eux aussi des emplois supprimés. Ce retour sur inves tissement n’est pas assez explicité. La PFR de la fonction publique est une machine abjecte, profondément réaction naire, aux antipodes des mécanismes à mettre en œuvre pour nourrir des desseins et des destins solidaires donnant du sens au mot et au concept de République. La politique du chiffre a des facettes que des consciences ignorent.
Audelà de la réduction drastique des moyens, les choix éducatifs qui sont faits dégradent les conditions de scolari sation et d’enseignements de l’ensemble des élèves : for mation des enseignants, réforme des trois voies du lycée (général, technologique et professionnelle), dispositif (E) CLAIR, l’aide aux élèves en difficulté, abandon de l’édu cation prioritaire… À cela s’ajoute des déclarations et des expérimentations qui remettent en cause la nature et le sens des métiers.
Au pays de la politique du chiffre, des pertes et des pro fits, les peuples sont des cheptels, les boucs sont émissai res sur l’autel du mérite. Question de biologie ! La com pétition c’est la vie ! RSA éducatif pour les uns  car maintenir des sous doués sociaux a un coût  et parcours d’excellence pour les autres, correspondent à une idéolo gie du tri sélectif dans laquelle on retrouve aussi des fem mes et des hommes d’alternance au régime actuel. Com me quoi on n’est pas à l’abri de la pensée ségrégative mê me après 2012.
Notre tourmente de l’instant est autant financière que de civilisation car il faut manquer de conscience pour ne pas voir ce qu’une « école d’abattage » ou une « justice d’a battage » peuvent produire de dégâts humains, donc poli tiques. En République, la justice des hommes se prononce avec des moyens principalement humains dans des lieux solennels et pas à la sauvette ou dans des institutions pri vées. L’éducation est affaire de moyens humains si on veut faire de la pédagogie et traiter l’inégalité sociale. C’est faire le pari de l’intelligence collective contre la bar barie financière. Il s’agit là d’un vrai projet de civilisation. C’est probablement lui qui dessine les contours d’une pensée politique et syndicale de progrès humain et social face à des pratiques objectives d’accompagnement des régressions en cours. Et nous savons tous que ces accom pagnements sont autant politiques que syndicaux. Intégrer les schémas de pensées qu’on est supposé combattre ce n’est pas seulement en rabattre, c’est déjà capituler. Ah pas moi dit le dindon !
VERS UNE LOI "DÉPENDANCE"? Le gouvernement a lancé une grande consultation, 4la bonne nouvelle de l'allongement de la durée À colloques, 4 groupes de travail, mais refuse toute véde vie, et de la vieen bonne santé, des médias ont im ritable négociation.posé la vision catastrophiste d'un "vieillissement" de la population avec son corollaire de charges qui parasitent La FSU ENGAGE UN DÉBAT ÉNERGIQUEl'économie. On peut douter de l'utilité des interventions dans le  Le vocabulaire des fondateurs de la Sécurité So cadre de la consultation officielle. La participation de la ciale nous semble, en 2011, inadapté. Les "risques" FSU peut permettre d'exprimer nos idées. Mais l'essen famille, vieillesse, "dépendance" … justifiant alloca tiel se passera ailleurs. tions ou pensions de retraite … sont à distinguer des  Depuis 2005, une loi existe, une grande loi votée "risques" qui s'assurent par des contrats individuels au Parlement à l'unanimité. Son application devait assu (assurance contre les vols, les incendies, assurance rer une prise en charge de haut niveau et solidaire de la automobile …). En revanche, les aléas de la vie compensation de tous les handicaps, quel que soit l'âge (survenue de maladies, de handicaps, de la de la personne victime d'incapacités. Pour les personnes "dépendance"…) mettent dans unétatqui se traite dans handicapées, quelques décrets d'application ont permis la dignité et la solidarité. des avancées limitées. Mais pour tous les handicaps sur  La barrière d'âge à 60 ans a scindé le traitement venant après 60 ans, aucun décret n'est venu corriger les des handicaps en deux blocs, celui des handicapés avant discriminations dont souffrent les personnes âgées! 2010 60 ans, celui des personnes âgées devenues dépendantes devait marquer l'achèvement de ce grand œuvre, c'était à partir de 60 ans. Cellesci bénéficient d'une compensa inscrit dans la loi. tion trois à quatre fois moins coûteuse au titre de la prise  Pendant 6 ans, la loi a été contournée, niée. Il est en charge collective! Une exception française scanda légitime de nous poser la question essentielle : une nou leuse! À chaque fois que nous employons le mot velle loi ciblant la "dépendance" seratelle meilleure "dépendance" nous sommes piégés. que celle du 11 février 2005? En 2008, le gouvernement  "La cinquième branche de protection sociale" avait lancé une grande négociation en commençant par veut dire responsabilisation des clients des assurances l'avis des cinq confédérations syndicales; aucune suite ou des mutuelles, CNSA (Caisse Nationale de Solidarité n'a été donnée. En 2010, le débat pour une loi sur la pur l'Autonomie) financée par la journée nonpayée des "dépendance" a été différé de mois en mois. De discours salariés … C'est l'antithèse de la "prestation universelle en discours, le gouvernement a gagné du temps. de la Sécurité Sociale pour la compensation de tous les UNE LOI "DÉPENDANCE" ?handicaps de la naissance à la fin de la vie".  Après une concertation de 6 mois n'engageant per UN MARCHÉ FABULEUX sonne, des mesures financières seront prises dans le ca  Le 8 février 2011, N. Sarkozy a bien résumé la dre du Projet de Loi de Financement de la Sécurité So stratégie gouvernementale : ciale (PLFSS) en novembre 2011! "Quand nos finances publiques sont dans la situation où  Les mesures financières adoptées, quel sera l'inté elles sont, quand le travail est à ce point taxé, quand 5 rêt pour le gouvernement de présenter une nouvelle loi? millions de Français ont déjà souscrit une assurance Un débat parlementaire, relayé par les médias, souligne dépendance, estil raisonnable de ne pas s'interroger rait une situation aggravée : pénurie de places disponi sur le rôle que peuvent jouer les mutuelles, les compa bles en EHPAD (Établissement Hébergeant des Person gnies d'assurance et les organismes de prévoyance?" nes Âgées Dépendantes) du secteur public, coûts exorbi  La FFSA (Fédération Française des Sociétés tants, APA insuffisante (réduite si les personnes relevant d'Assurances) a présenté son dernier bilan extrêmement du GIR4 sont exclues), aidantsfamiliaux accablés, assu prometteur pour ses actionnaires. 2 024 200 assurés ont rances privées se substituant à la Sécurité Sociale … versé 403,1 millions d'euros de cotisations pour 127,7 RELEVER LES DÉFIS D'UN DÉBAT DIFFICILEmillions de rentes "dépendance"; soit un pactole de  Le gouvernement, le patronat et la plupart des mé  275,4 millions d'euros à faire fructifier  après verse dias auraientils réussi à faire accepter des mesures en contradiction avec les principes qui fondent la Sécurité Sociale et avec les objectifs de la loi sur le handicap du 11 février 2005? C'estàdire l'abandon de l'alignement des aides aux personnes âgées "dépendantes" sur celles des personnes handicapées et le renoncement à des soins de qualité selon lesbesoinsdes malades et accidentés et non selon leursrevenus.  Le gouvernement, le patronat et la plupart des mé dias ont maîtrisé et imposé une série de mots et d'expres sions qui ont orienté la réflexion et induit des "solutions" individualistes contraires aux solidarités et aux réponses collectives.
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ments de dividendes aux actionnaires!  Une assurance "dépendance" à l'âge de 50 ans permettrait aux assurances de stocker pendant 30 ans des capitaux considérables, leur donnant des possibilités de placements financiers. Ces dispositifs alimenteront la spéculation sur des durées supérieures aux fonds de pen sion! Avec le placement de contrats "dépendance" à des plus jeunes (30 ans, 40 ans …) les assurances dispose raient de fonds propres sur une cinquantaine d'années!  Quelle sera l'état de l'économie dans 30 ans? Les capitaux joués en bourse serontils récupérables?  Que resteratil pour ceux qui auront souscrit un contrat bas de gamme "labellisé" pourtant par l'État?  * * *
Stage FSU sur l'intégration et la scolarisation des Roms.
La FSU a organisé le 11 janvier 2011 un stage sur la scolarisation et l'intégration des Roms dans l'agglomération nantaise. Plus d'une cinquantaine de personnes ont parti cipé à ce stage.
Les gestions municipales de ce dossier dif fèrent selon les communes. Certaines trou vent des solutions : Indre, Orvault, St Her blain, Ste Luce/Loire, en mettant à disposi tion des terrains conventionnés avec l'eau et l'électricité. D'autres : Bouguenais, Rezé, Nantes ne proposent rien et laissent les si tuations se détériorer. Ainsi à Rezé, les fa milles campent entre la voie ferrée et un bâtiment industriel. La FSU a demandé une audience au maire de Rezé; nous attendons toujours la réponse. Des familles sont arrivées sur l'aggloméra tion depuis plus de trois ans. Elles recher chent des conditions de vie décentes et ne souhaitent pas retourner dans leur pays d'origine. Sur la question scolaire, le constat est sans appel : tous les participants ont noté l'ab sence de moyens humains pour faciliter la scolarisation des Roms : absence de per sonnels formés, de classes pour les élèves allophones, manque d'aide pour la traduc tion... D'une année sur l'autre, les moyens ne sont pas reconduits. Ils servent d'ajuste ment pour l'inspecteur d'académie qui utili se ensuite des heures supplémentaires dans le second degré pour compenser le manque de postes. Les équipes pédagogiques ne peuvent pas inscrire leur projet dans la du rée. Une demande d'un nouveau stage syndical a été faite à l'issue de la journée.
 Laissons faire les assurances privées et nous au rons : inégalités face à la compensation des incapacités, risques financiers, offre de contrats à prestations diffé rentes et sélection des assurés, gestion complexe et opa que, dividendes élevés pour les actionnaires …  La Sécurité Sociale est gérée  ressources et pres tations  en temps réel. La redistribution est transparen te, contrôlable, immédiate. Certes il reste à faire partici per tous les revenus, c'est un objectif de plus en plus partagé. Aujourd'hui comme demain la Sécurité Sociale, c'est mieux que d'hypothétiques retours sur placements financiers! Bernard Colou
Retraités: mêmes objectifs
Les retraitésde la FSU étaient dans l'action intersyndicale le 17 mars pour la défense de leur pouvoir d'achat contre les objectifs gouvernementaux en matière de perte d'autono mie.  Défendre le pouvoir d'achat, c'est une façon de lutter contre une ré partition des richesses qui se fait de plus en plus au détriment de ceux qui les produisent. Cela a été dénoncé tout au long des actions sur les retraites et la revendication de plus de justice sociale a eu un large écho dans l'opinion publique. La défense du pouvoir d'achat est une revendication commune aux actifs et aux retraités.  Les propositions gouvernementales actuelles concernant la prise en charge de la perte d'autonomie présentent deux dangers : Faire croire que les personnes en situation de perte d'autonomie sont essentiellement des personnes âgées. En fait, 50% d'entre elles sont des handicapés de naissance ou suite à un accident de la vie ( maladie, accident du travail, accident de la route...). Imposer la souscription d'une assurance privée aux actifs, à partir de 50 ans pour faire face à la perte d'autonomie due à l'âge.  Là encore il y a convergence entre les intérêts des actifs et ceux des retraités quand ces derniers revendiquent : la prise en charge de la perte d'autonomie par la solidarité nationale, dans le cadre de la Sécurité Sociale; son financement dans le cadre d'une réforme de l'ensemble des res sources de la Sécurité Sociale, par une cotisation progressive et uni verselle, fondées sur la totalité des richesses produites.  Les retraités de la FSU étaient également aux côtés des actifs le 19 mars pour défendre le service public d'enseignement.  Dans cette période où les tentatives de division ne vont pas man quer, il est important d'y opposer nos convergences.  La prochaine AG des retraités de la FSU44 aura lieu le 19 avril à Nantes (maison des syndicats). Matin : infodébat sur pouvoir d'achat, perte d'autonomie, organisation de la SFRFSU44 (Section Fédérale des Retraités de la FSU 44); thème de discussion : bénévolat, entre services publics et services marchands. Repas à la maison des syndi cats. Après midi : visite de l'expo « le procès des insurgés de Cayen ne ».  Anne Mesnier, le 23 mars 2011, pour la SFRFSU44
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Vente des billets pour le concert à l'accueil de la FSU44 (maison des syndi cats à Nantes) jusqu'au 27 avril inclus. Pour s'assurer que l'accueil est ouvert, téléphoner avant de passer au 02 40 35 96 55.
Concert pour les sans papiers
N°72 mars 2011  directeur de publication : D Hude  CPPAP 0315 S 05938  ISSN 12492051  Imprimerie Spéciale 8
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