Problèmes posés par la construction des modèles d'offre régionale des produits agricoles - article ; n°1 ; vol.52, pg 17-37

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Économie rurale - Année 1962 - Volume 52 - Numéro 1 - Pages 17-37
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1962
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Ph. Le Grontec
Problèmes posés par la construction des modèles d'offre
régionale des produits agricoles
In: Économie rurale. N°52, 1962. pp. 17-37.
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Le Grontec Ph. Problèmes posés par la construction des modèles d'offre régionale des produits agricoles. In: Économie rurale.
N°52, 1962. pp. 17-37.
doi : 10.3406/ecoru.1962.1743
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecoru_0013-0559_1962_num_52_1_1743POSES PAR LA CONSTRUCTION PROBLEMES
DES MODELES
D'OFFRE REGIONALE DES PRODUITS AGRICOLES
Ingénieur à la Fédération par Nationale Ph. LE GRONTEC des Organismes de Gestion Agricole
INTRODUCTION
dans cette étude est de préciser les problèmes posés Centres Les résultats de gestion des peuvent exploitations permettre suivies de nombreuspar les par l'approche de la production agricole annuelle,
es études d'économie rurale. Nous nous sommes à partir des éléments microéconomiques de base
aperçus que les échantillons dont nous disposions à constitués par les exploitations agricoles, expérience
la F.N.O.G.A. n'étaient pas représentatifs des permettant des recoupements avec les résultats obte
exploitations des différentes régions, et d'autre part nus par d'autres approches. Nous devrons rester,
ne couvraient pas encore l'ensemble des régions trop souvent à notre gré, dans le domaine théorique
françaises. Enfin, la manipulation des résultats indi car. les expériences d'application sont en cours de
viduels nécessite l'utilisation de la mécanographie. réalisation, et nous ne pouvons encore communiq
Toutes ces difficultés qui seront résolues un jour, uer tous les résultats. Nous espérons cependant
nous ont incité à rechercher dans la documentation letenir toute votre attention et vos observations nous
des Centres de gestion une utilisation qui serait réali seront fort utiles. Avant d'entrer dans le vif du
sable sur place. sujet, nous allons définir les principaux termes uti
Le but que nous nous proposons de rechercher lisés et rencontrer les premiers obstacles.
I. DEFINITIONS
ché. C'est pourquoi il est nécessaire d'étudier l'élasNotion d'offre
ticité de l'offre par rapport aux prix pour chacun de
ces produits. L'offre d'une entreprise est la quantité de pro
duits que cette est disposée à céder à des Il existe d'autres formes d'élasticité de l'offre. En
acheteurs (1). L'offre d'un produit doit être repré effet, la variation de prix n'est pas le seul mobile
sentée par une courbe indiquant les quantités offer de production ; les quantités offertes peuvent s'accroît
tes aux différents prix. Généralement, les quantités re par suite du progrès technique : amélioration de
offertes croissent lorsque les prix augmentent. La l'habileté ou du niveau de l'agriculteur
courbe est plus ou moins inclinée suivant l'élasticité et amélioration du système de production dans le
de l'offre par rapport au prix, c'est-à-dire l'augment sens d'une intensification ou d'une extensification.
ation de la quantité offerte par suite d'une hausse C'est l'élasticité de l'offre par rapport au progrès
de prix. Cependant il arrive que les quantités offer technique, liée d'ailleurs à l'élasticité de l'offre par
tes augmentent lorsque les prix baissent : par exemp rapport au revenu.
le dans le cas du maïs, il faut compenser la baisse Nous venons d'examiner les facteurs qui stimul
de prix par une augmentation de rendement dans ent l'offre. Il en est d'autres qui la limitent : ce
le but d'amortir les investissements engagés dans sont les contraintes ou limitations imposées :
cette culture (facteurs fixes). Une entreprise agricole a) soit par le milieu naturel : contraintes pédooffre le plus souvent plusieurs produits sur le mar- logiques, écologiques et climatologiques, ...
b) soit par le milieu économique : contraintes.de
prix, de conjoncture, de terre et de capitaux dispo(1) Cf. bibliographie. Les chiffres cités entre parenthèses au
nibles, ... cours de cet article renvoient aux références numérotées de la
bibliographie annexée. c) soit par le milieu social : contraintes de main- — 18 —
d'oeuvre, de goût des agriculteurs, de goût des con b) Ressources en moyens de production
sommateurs, d'environnement social, de mode de Ces ressources sont la terre, le travail et le capitfaire-valoir, ... al. Dans ce domaine nous n'avons pas beaucoup
de renseignements. Le marché de la terre et l'agen
cement des structures sont très peu connus, ainsi Notion de région
que le potentiel de main-d'œuvre et de capital
II existe de nombreuses manières de définir une d'exploitation et les densités de population active
région. Aucune n'est vraiment satisfaisante, car la agricole, vivant de l'agriculture et non agricole.
notion de région est extrêmement fluctuante, elle
est soumise à un contexte économique, politique, c) Production, productivité et conjoncture
social qui varie dans -le temps et dans l'espace. Les types de sols conduisent aux types de cultu
Une région est homogène, dit M. Klatzmann, res et d'élevages. Qualitativement, ces types sont à
lorsqu'il est possible de la diviser en un certain peu près connus. Ils correspondent aux processus de
nombre de fractions telles que chacune d'elles pré production utilisés. Mais nous avons une idée vague
sente les mêmes caractéristiques, c'est-à-dire la des quantités produites. D'où la difficulté d'effec
même diversité. tuer des calculs de productivité et d'estimer les flux
intra et interrégionaux. D'autre part, les éléments L'I.N.S.E.E. a retenu près de 500 régions agri
cîe conjoncture régionale sont très rares actuellecoles définies par un « ensemble d'exploitations
ment. Les classements de portions de territoire en pratiquant sensiblement les mêmes systèmes de cul
régions individuelles sont donc très difficiles à réaliture et les mêmes élevages. »
ser si l'on considère la faiblesse de nos statistiques Ces définitions font surtout appel à une notion de et de nos investigations économiques mesurant les ressources naturelles, complexe climat-sol, liées à champs de force, et si l'on veut savoir dans quelle des productions de ce sol ; elles sont relatives au mesure le champ de force du secteur agricole coïnsecteur agricole. Cependant la région est plus que cide avec ceux des autres secteurs, eux-mêmes peu cela, elle peut être considérée, dit M. Milhau. (2), connus (comme c'est le cas pour les sociétés de capicomme »« une superposition de champs de force taux à succursales multiples). connus, mesurables », un agrégat autour d'une capi M. Milhau (2) a indiqué les problèmes qui peutale régionale, d'un pôle d'attraction, de zones vent être résolus pour élaborer des statistiques et d'influences diverses : agricoles, commerciales, cul des comptabilités régionales, et aussi les limites turelles, industrielles..., où tous les secteurs de l'éc imposées à leur utilisation. A cause des disparités onomie sont imbriqués. beaucoup de mécanismes sont encore inconnus au.
D'autre part, les transferts ou flux de capitaux, niveau régional et leur observation s'avère indispen
d'hommes, de marchandises sont liés à ces « toiles sable dans notre système d'économie concertée fondé
d'araignée » régionales : les uns demeurent dans la sur une planification souple.
même toile, les autres passent d'une toile à l'autre. Provisoirement dans nos études nous avons retenu
Le mécanisme de ces échanges va permettre de pré le cadre de la petite région agricole définie par
ciser les limites à donner aux régions. l'I.N.S.E.E.
Bref, la connaissance par l'observation et la me
Notion de modèle sure de nombreux facteurs sera nécessaire avant de
découper le territoire en régions. Et ce découpage « Un modèle est une représentation schématique,
sera valable au moment précis où la mesure a été à une échelle réduite, de la réalité » (d'après le
effectuée, mais il sera remis en cause dès que l'un Dictionnaire Larousse).
des facteurs aura varié sensiblement. Deux idées sont contenues dans cette phrase :
a) un modèle est une reproduction simplifiée Dans la pratique, en ce qui concerne le secteur schématique : la réalité très complexe est ainsi montagricole, les facteurs de découpage des régions ou ée sur une ossature qui lui sert de cadre ; contraintes imposées par le milieu sont très mal b) un modèle est un instrument de mesure servant connus. de guide : le cadre précédent peut s'exprimer par
des critères ; ainsi en économie, le terme de modèle a) Ressources naturelles
économétrique est fréquemment utilisé, particulièr
La constitution des sols et sous-sols est mainte ement en prévision économique. Nous trouvons d'ail
nant précisée en France, les cartes géologiques per leurs ces deux idées dans une définition du Pr. H.
mettent des classements par types de sols. Mais les Guitton (3) : « un modèle est une représentation
classes de fertilité sont par contre imprécises, si l'on simplifiée destinée à expliquer la réalité et à agir
se reporte aux revenus cadastraux des mairies. sur elle ».
Un modèle d'offre régionale est une représentation Les données météorologiques sont connues par un
schématique des quantités de produits offertes sur le trop petit nombre de personnes et leur utilisation en
marché par les entreprises d'une région. agriculture n'est pas encore très au point. — 19 -—
Nous n'étudions ici que le secteur agricole. Le d) Moyens de production (ou ressources dispo
schéma est nécessaire car les quantités de produits, nibles) :
viennent d'une multitude d'exploitations très diver Terre : superficie et fertilité en sont les caracses qu'il a d'ailleurs fallu aussi schématiser ; l'e tères principaux. nsemble des schémas de production des exploitations
Nous avons effectué des classes de surface agria donne le schéma d'offre régionale ; d'où la nécess
cole utile, à l'intérieur desquelles des modèles ont ité de définir le modèle d'exploitation, pour assi
été calculés : miler à un schéma la production d'une ou plusieurs
exploitations. Travail : unités de travail humain (I U.T.H. =
300 jours de 9 heures) disponibles. d' exploitation est une représentation Un modèle
schématique, à une échelle réduite, d'exploitations Capital : en particulier, nature et importance du
matériel de traction et de récolte, et du de même système de production, offrant la même
quantité de production sur le marché, à partir des bétail.
mêmes quantités de facteurs de production (même Un modèle d'exploitation représentera donc une
output et même input), dans un cadre déterminé par « classe » d'exploitations ayant approximativement
les contraintes imposées par le milieu. Ainsi ce le même système d'utilisation du sol, le même sys
modèle pourra représenter plusieurs exploitations si tème d'élevage, le même système de production
elles sont identiques. Dans la pratique aucune exploi (directement lié aux systèmes précédents), les mêmes
tation n'est identique à une autre sous tous les combinaisons des productions et des moyens de pro
aspects ; nous sommes donc amenés, par souci de duction, le même input, le même output, et donc la
simplification, à admettre que des exploitations ayant même quantité de moyens de production (superficie,
un système de production assez voisin,/ un input et main-d'œuvre, matériel, bétail).
un output du même ordre de grandeur, peuvent être Le degré d'approximation retenu sera fonction de représentées par le même modèle, simplification l'hétérogénéité du milieu, de l'importance des calqui d'ailleurs n'est pas en contradiction avec la défi culs à effectuer, du degré de précision souhaité, nition du modèle. Il nous faut alors définir le sys etc. tème de production.
Un système de production ou d'exploitation
Notion de potentialités (d'après le groupe « terminologie » de la F.N.O.
G. A.) est la combinaison des productions et des de production moyens de production. Il se caractérise par le type
de combinaison des ressources disponibles, le sys Les potentialités de des exploitations
tème de productions, le système de culture et le agricoles sont les quantités de production par unité
système d'élevage. de moyen de production (q /ha, litres de lait/vache...)
a) Système de culture : il caractérise l'utilisation • obtenues par le type « optimum » de combinaison
du sol sur l'ensemble d'une exploitation. Pour défi des productions et des moyens de production dispo
nir les systèmes de culture, on classe les cultures nibles sur ces exploitations.
selon leur degré d'intensité et, on détermine forfai- L'optimum sera différent selon la nature des taîrement ou statistiquement les superficies limites potentialités de production recherchées, par exempde classes en pourcentage de la superficie agricole le : utilisée.
potentialités agronomiques : production la plus Nous avons retenu dans nos études le degré d'in forte, compte tenu des contraintes pédologiques, tensité d'après V exigence en main-d'œuvre, d'où la écologiques, climatologiques ; liste des cultures en annexe I. Et les limites de clas
potentialités économiques dans l'intérêt de l'indses sont celles que M. Poitevin a proposées, d'après
ividu : production correspondant au revenu le plus le Plan Vert allemand (voir annexe II). Ces limites
élevé dans une conjoncture donnée ; sont forfaitaires et seront vérifiées statistiquement.
potentialités économiques dans l'intérêt de la b) Système d'élevage : le système d'élevage est
région ou la nation : production la plus forte codéfini par la nature des troupeaux dominants, la rrespondant au coût minimum des aménagements et structure de ces troupeaux, le mode de renouvelle
services collectifs. ment, la nature des produits.
Nous recherchons seulement les potentialités écoc) Système de production : le système de product
nomiques dans l'intérêt de l'individu : production ion est défini par la nature des « produits » qui
correspondant au revenu le plus élevé par personne constituent les parts les plus importantes du produit
active agricole dans une conjoncture donnée. d'exploitation. —
CONSTITUTION D'UN MODELE THEORIQUE
D'OFFRE REGIONALE
exploitations ne sont pas situées auprès de ces terres région Essayons quelconque. de schématiser Nous verrons en théorie ensuite l'offre les applid'une en friches, si bien que de nouvelles unités seront
cations. créées et les unités existantes ne peuvent s'agrandir.
Cependant, d'une manière générale, on peut
A. — Contraintes schématiser ainsi les contraintes au niveau des
modèles d'exploitation (à titre d'exemple) : Nous avons remarqué que l'offre était limitée par 1° Contraintes au niveau de la région : L (climat, les contraintes du milieu. Il faut donc commencer sol, conjoncture, terre, main-d'œuvre et capitaux par tracer le « cadre de production » (expression de disponibles, environnement social...). M. Chatenet, conseiller de gestion de la Marne) au
niveau de la région, puis au niveau de l'exploita 2° Contraintes au niveau de V exploitation : tion, à partir de ces contraintes que nous avons
définies. Classes de superficie agricole utile : Si, S2 Sx.
Certaines contraintes ne s'exercent pas uniforméde main-d'œuvre disponible en fonction ment sur la région pour des raisons telles que la des superficies : MOi, MO2 MO/. présence d'un grand centre urbain ; elles seront
Classes de capitaux d'exploitation disponibles : alors reprises dans les contraintes au niveau de sous-
Ki, K.2 K.n. régions, c'est le cas par exemple de certains prix
On peut ainsi constituer des suites de contraintes reçus par les agriculteurs (lait). D'autres s'exercent
différemment à ces deux niveaux : par exemple, la ou cadres de production :
superficie agricole utile peut être étendue dans la région : L contraintes
région par des défrichages, mais la plupart des exploitation : S.A. U., main-d'œuvre, capital
MO MO MO MO3 _M0^ MOa Ma
1-2 1-1 1
K2KSK4
K K K
h-2 h-! h
Appelons a, b, c, z, les suites de contraint GRAPHIQUE 1
es, on pourra écrire :
a = L, Slt MOi, Kx Nombre
d'exp loi fat ions b = L, Si, MO,, K2
z = L, Sx, MO/, Kh ^
— Systèmes de production B.
et modèles d'exploitation
A chacun de ces cadres de production correspon
dent 1, 2 m, • 0 systèmes de production
pratiqués par un nombre Ni, N2, Nm, No
de prod uc hw d'exploitations de la région.
par Voyons sur le graphique 1 comment vont se pla
cer les exploitations dans un cadre déterminé. revenu)
OPT IMUM L'observation nous donne le nombre de systèmes de
production pratiqués et le d'exploitations
qui les pratiquent : a. = Modèle représentant Nai exploitations de sys
Classons les systèmes de production par ordre tème de production n° 1 dont les quantités offer
croissant de revenu net par exploitation. Les points tes Qai des produits Pi, P2 Pn sont limiseront répartis suivant la courbe de distribution tra tées par les contraintes a = L, Si, MOi, Ki.
cée sur le graphique.
am = Modèle représentant Nam exploitations de Nous avons ainsi constitué les modèles d'exploi
système de production n° m = MODE dont les tation suivants : — 21 —
Nao = Nombre d'exploitations pratiquant le quantités offertes Qam des produits Pi, P2
Pn sont limités par les contraintes a = L, S,, système de production optimum. Ce nombre
sera souvent voisin de zéro, surtout si l'optMOlf Ki.
imum est calculé par la programmation linéaire. Nam = Nombre d'exploitations pratiquant le
On appellera ao le modèle potentiel corresponsystème de production modal. On appellera am
dant au revenu le plus élevé par agriculteur/ le modèle-type.
II en sera de même des suites b, c, z.
ao = Modèle représentant Nao exploitations de sys
tème de production n" O = OPTIMUM, dont C. — Modèle d'offre régionale
les quantités offertes Qao des produits Pi.
Constituons maintenant le modèle d'offre régioP2 , Pn sont limitées par les contraintes
nale, par agrégation des exploitations aux modèles a = L, Sx. MO,, Ki.
qui les représentent.
^^^ Produits •
Contraintes P4 pn ^^\^^ offerts Pi P2 Pa
Modèles ^~~~^\^
Qai, pi. Nai* ai Qai, pn. Nai Qai, p2. Nai Qai, p3. Nat
a2 Qa2, pi. Na? Qa2, p2. Na2 Qa2, pn. Na:! Qa2, p3. Nas
a am Qam, p1# Nam Qam, pn. Nam Qam, p2. Nam Qam, p3. Nam
ao Qoa, pi. Nao Qao, p2. Nao Qao, p3. Nao Qao, pn. Nao
bi
b2
b bm
bo
Ci
c2
c cm
CO
• «
Zi
Z2
z zm
zo
Q = Quantités offertes par chaque modèle.
N = Nombre d'exploitations agrégées à chaque modèle! .
— 22 —
23 Offre régionale potentielle au moment de Chaque colonne correspond à un produit offert
sur le marché. Chaque ligne représente les quant l'observation statistique.
ités de chaque produit offertes par les exploitations
C'est l'offre que l'on pourrait obtenir à partir des que représente chaque modèle.
ressources actuelles de la région, c'est-à-dire en Exemple : Qai, pi . Nai est le produit de fonction des cadres de production ou contraintes et Qai, pt = Quantité du produit pi offerte par le de leur importance statistique, au moment de modèle ai l'observation.
Seules les quantités des produits pi, p2, pn par Nai = Nombre d'exploitations représentées par le
offertes par les modèles potentiels sont retenues dans modèle ai
la multiplication par le montant total d'exploitations Les modèles sont groupés par suites correspondant soumises à. la même suite de contraintes : on supaux suites de contraintes a, b z, ou cadres de pose donc que toutes les exploitations pratiquent les production. systèmes de production optima des modèles potent
iels. 1"' Offre régionale réelle au moment de l'obser
Ainsi pour le produit pi, l'offre potentielle régio
vation statistique. nale sera :
ao bo Calculons la somme des quantités offertes de
OP pi = Qao, px . 2 Na + Qbo, pl . 2 Nfc + . . . . chaque produit, par les exploitations agrégées à 'ai hi modèle :
zo pour le produit pi, l'offre régionale globale sera : + Qzo, pi . 2 Nz
Zi ao bo
Opt = 2 Qa, p! . Na + 2 Qb, px . Nb + et pour le produit p :
ai bi z io
zo OPp = 2 [Qio, p. '2 Ni]
+ 2 Qz, p! . Nz i = a ii
Zi Nous avons précisé qu'il s'agit là de l'offre au
Soit, pour un produit quelconque p : moment de l'observation, car les contraintes . liées zo' à la région et à l'exploitation peuvent évoluer en
fonction du temps, ce qui remet tout en cause pour Op = i 2 Qr, p . Ni .
des raisons techniques, politiques, économiques,
sociales...
III. — METHODES DE CALCUL DES MODELES
D'OFFRE REGIONALE
Le schéma théorique que nous venons d'exposer cipe de classification des exploitations. Un nouveau
montre l'ampleur et le degré d'investigation des questionnaire d'enquête est à l'étude pour effectuer
données nécessaires aux calculs. Détaillons mainte en 1962 un sondage de communes dans ces deux
nant ces données et nous verrons en même temps régions, de telle sorte que nous puissions d'une part
de quelles nous pouvons disposer en pra connaître l'évolution depuis 1955, d'autre part pré
tique. ciser certains critères nécessaires au calcul des modèl
es et à la pondération des exploitations représent
L'application des méthodes exposées est en cours ées par les modèles, en fonction de leur importance dans deux régions : la Champagne Crayeuse (por statistique. . tion du département de la Marne) et le Choletais
(portion du du Maine-et-Loire). Nous
Détermination des contraintes nous y référerons dans nos exemples réalisés en col
laboration avec l'I.N.S.E.E. (M. Weil) et les Centres et calcul des modèles d'exploitation
de gestion de la Marne et du Maine-et-Loire (MM.
La détermination des contraintes ne peut s'effecCassabois/ Chatenet et Crouzier). M. Weil (4) a
accepté de réaliser l'étude statistique nécessaire à la tuer d'une manière précise que par la mesure des
phénomènes observés. C'est là le rôle fondamental connaissance des deux régions d'essai. La première
de l'I.N.S.E.E. dans cette analyse régionale. Le partie des travaux, actuellement terminée, consistait
à exploiter le recensement de 1955. Nous avons étu rôle du conseiller de gestion, du conseiller agricole
dié avec M. Weil dans quelles conditions nous pou et des personnes qui connaissent la région, avec
l'aide des agriculteurs, est de détecter les sources vions utiliser ces données pour rechercher un de contraintes du milieu, qui s'exercent à tous les de la région, d'effectuer les sondages ou recense
niveaux et de les classer les unes par rapport aux ments, de dépouiller les enquêtes et éventuellement
autres suivant leur influence sur la production. de procéder aux calculs.
Il est nécessaire en effet de bien connaître la
région pour ce travail délicat dont dépendront tous A. _ CONTRAINTES REGIONALES
les calculs. Le conseiller, en place dans une région
Nous avons vu les difficultés rencontrées dans la depuis trois ou quatre ans, doit pouvoir l'effectuer.
délimitation des régions. Les régions agricoles de Il saura- délimiter la région, estimer les facteurs
limitants. Son appréciation demeurera toujours qual l'I.N.S.E.E. sont parfois trop vastes et englobent des
secteurs très souvent hétérogènes. En Champagne itative lorsqu'elle portera sur la population statist
ique de la région, mais elle pourra devenir quanti Crayeuse, la région agricole est homogène, " mais en
tative pour fixer des limites de classe à ces contrain Choletais la vallée du Layon devrait être exclue, car
tes et pour calculer les modèles potentiels. Le rôle c'est une région viticole très différente des secteurs
de l'I.N.S.E.E. pourrait être d'appliquer le cadre de polyculture-élevage plus à l'Ouest. Le recense
proposé par le conseiller à la population statistique ment de 1955 l'indique d ''ailleurs.
Tableau n° 1
Moins de 5 % S.A.U. Plus de 5 % S.A.U. TOTAL
en cultures spéciales en cultures spéciales Exploitations de plus de 2 hectares
Champagne Choletais Champagne Choletais Champagne Choletais
Nombre 4310 6 916 126 4 699 4 436 11 615
S.A.U. (ha) 211 054 145 064 953 55 109 212 007 200 173
Cultures spéciales :
Vigne (ha) 93 1 790 87 11 336 180 13 126
1 426 Jardin et maraîchage (ha) 293 723 55 703 348
Cultures fruitières (ha) . . 21. 23 28 192 5 il 69
Population active 13 669 22 431 286 11 802 13 955 34 233
L'examen de ce tableau montre la différence entre dont les systèmes de production sont très différents.
les deux régions ; l'une, homogène avec de grandes Par contre, dans les régions agricoles voisines, on
exploitations, l'autre hétérogène avec des exploita retrouve les mêmes sols avec les mêmes systèmes
tions en moyenne trois fois plus petites. La pré de production. Ceci semble prouver qu'une classi
sence de la vigne sur les Coteaux du Layon en fait fication des régions par type de sols pourrait être la
un secteur nettement différencié qui apparaît ainsi première action à entreprendre.
dans la classification. La population active agricole .Exemple : le sol de Champagne est constitué de est obtenue à partir des résultats approximatifs du craie, le sous-sol de tuf. En Choletais, on devra disrecensement de 1955 ; elle comprend généralement tinguer deux sous-régions : terres argilo-sableuses les épouses d'exploitants. L'enquête de 1962 préci (10 %), limons schisteux et divers, les aptitudes sera ces éléments. Il reste maintenant à constituer étant différentes. une liste des références ou aptitudes régionales (les
Conseillers de gestion MM. Chatenet et Crouzier 3) Contraintes d'assolement.
nous les ont données).
Exemple : en Champagne, le piétin empêche de 1) Superficie cultivable et cultivée et coût de l'ha cultiver deux blés de suite sur la même parcelle.
de terre.
Exemple : en Champagne, il reste des terres en 4) Contraintes climatologiques.
friches qui sont souvent des mauvais bois.
Exemple : en Champagne, la culture du mais 2) Contraintes pédologiques : elles pourront être est très peu praticable car la récolte serait effectuée très variables dans une même région. Il sera néces par temps trop froid. saire dans ce cas de diviser la région en sous-régions
Pour bien connaître ces contraintes de climat, il qu'il faudra étudier séparément si les conditions de
faut théoriquement déterminer « l'année météoroloproduction sont très différentes du reste. Ainsi dans
gique moyenne » sur une dizaine d'années au moins la région agricole des terres de Brandes en Poitou,
d'enregistrements. En effet, pour la détermination M. du Boullay, Conseiller de gestion, a dénombré
des périodes de travaux au cours de l'année, par par la constitution du sol une dizaine de sous-régions — — 24
nature de travaux, et du nombre de jours de travail enquêtes donnent ces renseignements. Mais ils ne
disponibles pendant chacune de ces périodes pour donnent pas toujours l'optimum.
les travaux non difFérables (spécialement. pendant les Enfin, une étude en prospective de toutes ces réfé
pointes saisonnières), il est nécessaire de connaître rences pourra être tentée pour apprécier l'avenir de
la répartition, dans cette année moyenne, des jours la région, et examiner l'évolution probable de ces
de précipitation et des quantités de précipitations, et contraintes.
l'état du sol en fonction de la température. Les don
nées indispensables en programmation, se trouvent B. — CONTRAINTES
dans les stations météorologiques, mais elles ne sont AU NIVEAU DE L'EXPLOITATION
pas élaborées pour nos calculs et la densité des sta ET CALCUL tions est insuffisante, si bien qu'il faut encourager
DES MODELES D'EXPLOITATION les agriculteurs à les enregistrer chez eux.
En plus des contraintes précédentes, on trouve au
5) Niveau de vie, degré d'évolution sociale, goûts niveau de l'exploitation d'autres contraintes d'ordre
des agriculteurs. différent qui agissent sur le choix des productions
et les quantités offertes : superficie, main-d'œuvre, Exemple : le degré d'évolution sociale semble capitaux disponibles, mode de faire valoir (surtout beaucoup plus élevé en Champagne, région de cul en cas de métayage), prix (proximité d'une ville), tures céréalières, qu'en Choletais, région d'élevage.
environnement social immédiat, goûts et aptitudes Le Docteur Knoll attribue beaucoup d'importance
des agriculteurs. à ce critère pour délimiter les régions. Il a constaté,
dans les régions montagneuses du Bade-Wurttem- Pour chaque contrainte, il faut choisir des classes
limitées d'abord jorjaitairement, de préférence aussi berg, que l'ouverture au progrès, le dynamisme
rapprochées que possible. naturel, l'intelligence des agriculteurs provoquaient
Exemple : Dans l'étude faite à partir, du recenparfois de grandes disparités, même entre deux can
sement de 1955, les exploitations étaient regroupées tons voisins. Il a ainsi tracé des cartes de régions
à la suite de sondages sur ces critères, dans la popul par classes de taille :
ation agricole. 2-8 ha, 8 à 15, 15 à 25, 25 à 40, 40 à 65, 65 à
100, 100 à 150, 150 à 200, 200 et plus. 6) Densité de population : population totale, popul
ation vivant de l'agriculture, active agri Ces classes ont paru convenir d'après les résul
cole (hommes et femmes séparément). tats des centres de gestion. Elles sont suffisamment
étroites pour permettre un regroupement éventuel. 7) Age des exploitants : la pyramide des âges Les limites de main-d'œuvre disponible seront foncrenseignera sur l'avenir des exploitations, sur le tion de la dimension, elles pourront correspondre à nombre de successeurs éventuels. des U.T.H/ entières ou des fractions d'U.T.H. Les
8) Liste des productions possibles : on examine disponibilités de capitaux sont peu connues, et rare
ment une contrainte véritable en France, grâce aux chaque production possible dans la région en pré
cisant les contraintes agronomiques et économiques possibilités de crédit. Cependant l'importance du
relatives à chacune, ainsi que la conjoncture : dé matériel sera fonction de la classe de superficie.
bouchés, prix, et les rendements unitaires objectifs. Ainsi, dans les plus petites exploitations du Cholet
ais la traction animale est prédominante, bien que Ces rendements optima peuvent être déterminés par
les formules d'achats ' dé matériel en commun se l'expérimentation et au mieux par l'étude des fonc
tions de production, donnant par exemple la courbe généralisent.
des rendements en fonction des quantités d'engrais Ainsi se trouve constitué un cadre de production
mises en terre. Nous nous sommes contentés de théorique des modèles.
l'expérience des Centres de gestion et des C.E.T.A.
Calcul des modèles potentiels d'exploitation Pour les productions fourragères, on recherchera les
rendements en unités fourragères. Dans ce cadre délimité forfaitairement, des modèl
Exemple : en Choletais, le maïs ne peut être pro es potentiels peuvent être calculés. On recherche
duit que sur environ 10 % de la S.A.U. totale (terres le système de production optimum par deux métho
argileuses et légères), le reste de la S.A.U. étant des :
constitué essentiellement de limons schisteux non 1) Méthode des modèles grossiers : On convient
favorables. Le rendement/ha optimum est de 40 q généralement de qualifier de « » des modèl
(surtout en bordure de rivière). L'irrigation peut amél es calculés par expérience. On estime, connaissant iorer de 20 à 30 % ce rendement. La conjoncture bien la région, quels sont les systèmes de production
de prix indique une baisse prévisible (4e Plan). optima. C'est la méthode classique des budgets
utilisée en gestion. D'ailleurs, un conseiller de gesPour chaque production, on établira la nature et
tion expérimenté peut calculer rapidement ces modèlla date de chacun des travaux non diff érables, en
es. Il puise les données nécessaires dans' les exploi- fonction des périodes. Des enregistrements et des — 26 —
tations qu'il suit en gestion. En particulier, les est permis de croire que si deux modèles potentiels
résultats obtenus par les meilleures lui indiquent les ont des types de combinaisons des productions et
objectifs possibles. des moyens de production identiques, ou très voi-
2) Modèles élaborés : Ces modèles sont calculés sins, cela signifie que les limites de classes sont trop
par la programmation linéaire qui permet de recher- rapprochées. D'où, par approximations successives
cher les modèles représentant les exploitations dont au calculateur, on précisera ces limites,
culs le du revenu programme a la main, est le planning plus mais élevé. ne permet donne L'emploi d pas effectuer exactement des méthodesles cal- le empirique l'opérateur Si ,es calculs peut connaît sont fort à effectués bien fond suffire son à terrain, la dans mai la mais u mesure méthode la pré- où
telles meilleur ioniques recherches modèle. semble (5).L la utilisation solution la des mieux calculateurs adaptée elec-a de discutables, cision Voici sera un moindre un ex outil le . ce trop de endant, calcul tranchant de si les moaèles serait données néfaste, poten- sont
p
Ja duction une comprend de cu a)production, ^ l'unité conjoncture autres i les possible marges de les references facteur coûts proportionnellement (produit , brutes donnée. qui de sont unitaires varient - production coût . nécessaires Le . direct coût avec pour . a direct retenue variable) le la dans chaque ,volume dimensionvariableces (l'hecdanspro-cal-de contraintes tieIs trentements rayenir trant Une tion grossiers la de difHcuIté de détermination la la (réalisé betterave Marne) dans a par la rendu Champagne à M. des sucre Chatenet, les limites calculs suite Crayeuse, de Conseiller hasardeux classes des contin. mon- des de :
tare, la vache et sa suite...) : engrais, semences, Classes de S.A.U. :
produits de traitements et divers, coûts variables moins de 25 ha
de traction, travaux par entreprise, assurances, main- 25 à 65 ha
d'oeuvre temporaire spéciale... 65 à 150 ha
b) les temps de travaux et traction par unité de 150 à 300 ha
production et par période et nature de travaux 300 ha et plus,
(méthode des blocs) (6) Le nombre et la qualité des rererences ' disponi- jne On a ainsi é les ciasses , forfaitaires d'ori-
blés conditionnent les résultats obtenus. Nous n'in
sistons pas sur ce point qui avait d'ailleurs été Main-d'œuvre permanente disponible
Eh expose a la session , % i de i décembre i j 1959 *r» de la >5.K [et / , traction , .. nécessaire , . correspondante) j * \ : .R., consacrée a la recherche des rererences neces- x r '
saires en économie rurale. moins de 25 ha .... 1 U.T.H. I tracteur A
Ainsi nous obtenons des modèles potentiels dans 25 à 65 ha (1,33 1 B
les cadres de production fixés forfaitairement. La (2 2 tracteurs C
comparaison des modèles peut montrer des simili- 65 à 150 ha (2 U.T.H. 2 D
tudes voisines de l'identité entre ces modèles. C'est (3 3 tracteurs E
ainsi qu'il sera possible de vérifier si les limites de 150 à 300 ha 3.5 U.T.H. 4 F
classes de contraintes sont judicieuses. En effet, il plus de 300 ha .... 5 5 tracteurs G
Tableau 2
Systèmes de production optima
(nous avons effectué les calculs pour une surface donnée dans les classes)
Système d'élevage Modèle Système de culture (annexe II)
Céréales - Fourrages A - 20 hectares 5 vaches laitières - Plantes sarclées n° 9 10 ou 70 brebis B - 50
(6 ha de betteraves à sucre)
Céréales - Plantes sarclées n° 5 C - 50 hectares 12 vaches laitières
(10 ha de betteraves à sucre)
15 vaches laitières D - 1 00 hectares Céréales - Fourrages - Plantes sarclées n° 5 20 ou 100 brebis E - 1 00
(23 ha de betteraves à sucre)
Céréales - Plantes sarclées n° 5 100 châtrons par an ou 200 brebis F - 200 hectares
(40 ha de à sucre)
Céréales - Plantes sarclées n° 5 G - 300 hectares 60 bovins en pension
(60 ha de betteraves à sucre)

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