Analyse de - L'éducation sexuelle à l'école - Analyse de la situation

Publié par

Analyse de - L'éducation sexuelle à l'école - Analyse de la situation

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 128
Nombre de pages : 36
Voir plus Voir moins
         L’éducation sexuelle à l’école -Analyse de la situation
   Centre de compétences pour l’éducation sexuelle à l’école Haute École Pédagogique de Suisse centrale Haute École de Lucerne Formation continue et formations complémentaires Sentimatt 1 6003 Lucerne  Auteurs: Prof. Daniel Kunz, HSLU Lucerne Titus Bürgisser, HEP Lucerne Lucerne, avril 2007,version en français 11/08  Traduction: Transtext, Patricia Gyr Modifications dans le texte en français: Catherine Agthe Diserens, Martine Despland-Dondénaz, Caroline Jacot-Descombes
Sommaire  1. Situation initiale 2. Le projet «amorix – formation et santé sexuelle» 3. Éducation sexuelle et prévention du VIH/sida dans les écoles suisses 3.1. Résultats des enquêtes nationales 3.2. Enquêtes cantonales 3.2.1. Niveau des connaissances de la population scolaire 3.2.2. Ce qui manque à la population scolaire 3.2.3. Localisation et temps imparti aux cours 3.2.4. Point de vue des enseignants 4. Fondements juridiques et conditions générales des écoles 4.1. Harmonisation de l’école obligatoire en Suisse 4.1.1. Concordat HarmoS 4.1.2. Stade actuel du concordat HarmoS 4.2. Plans d’études communs – réalisés dans les régions linguistiques 4.2.1. Projet du plan d’études de Suisse alémanique 4.2.2. Projet PECARO (Plan cadre romand) 4.3. Projets d’harmonisation de l’école obligatoire en Suisse –  vue d’ensemble 5. Situation de la formation dans les Hautes Écoles Pédagogiques 5.1. Recherche fondamentale 6. Résumé et recommandations 6.1. Résumé des résultats 6.2. Recommandations 6.3. Perspectives 7. Bibliographie 7.1. Bases et recherches nationales 7.2. Recherches cantonales et concepts 7.3. Bibliographie sur l’harmonisation des objectifs de formation (HarmoS) 7.4. Annexes   
 
2
3 3 4 4 9 10 11 12 12 13 13 14 14 14 15 15  17 17 17 19 19  20 24 25 25 25 26 26
1. Situation initiale  L’Office fédéral de la santé publique (OFSP), section Sida, a chargé la Haute École Pédagogique de Suisse centrale, Haute École de Lucerne, la formation continue et la formation complémentaire, de mettre en place et de fonder, entre le début 2007 et la fin 2008,le Centre de compétences national pour l’éducation sexuelle à l’école. Il prend le relais de l’ancien projet «amorix – éducation et santé sexuelle». Avec ce changement de titulaire, le Centre de compétences pour l’éducation sexuelle doit s’ancrer dans l’enseignement suisse avec le but d’informer, par des cours adaptés à leur âge, tous les enfants et les adolescents en Suisse sur la sexualité, le VIH/sida et les autres infections sexuellement transmissibles et de les rendre aptes à la santé sexuelle et reproductive. Le bilan qui va suivre décrit les conditions et les bases du projet. Il prend en compte le travail accompli jusqu’à ce jour par le projet «amorix - éducation et santé sexuelle» de la fondation suisse pour la santé sexuelle et reproductive (PLANeS) et l’Aide Suisse contre le sida (ASS). La remise du projet fait suite aux entretiens le 7.12.06 (PLANeS) et le 11.1.2007 (ASS) avec les coordinatrices à cette date et à la remise de la documentation concernant les activités effectuées jusqu’ici. Le bilan donne en plus un aperçu sur la situation actuelle de l’éducation sexuelle et la prévention du VIH/sida dans les écoles suisses ainsi que dans les centres de formation des enseignants. Il décrit les conditions générales actuelles de l’école et tire des déductions pour les intentions prévues ou formule des suggestions pour la suite du déroulement. L’analyse de la situation doit servir de base de travail et de discussions pour toutes les personnes impliquées dans le projet, dans le but de construire les étapes ultérieures ou comme instrument d’orientation ou de décision. Elle ne prétend pas être exhaustive.  2. Le projet«amorix – éducation et santé sexuelle»  Le projet«amorix – éducation et santé sexuelle»de PLANeS et ASS a, au cours de la période de référence allant du 1.10.2003 au30.9.2006, accompli et réalisé beaucoup de choses: «amorix» a contribué à sensibiliser le public sur la signification de l’éducation sexuelle dans les domaines de la santé, de l’enseignement et des affaires sociales et à promouvoir sa professionnalisation en Suisse. Amorix a, entre autre, défini de façon plus précise, en Suisse alémanique et Suisse romande, l’objet de l’éducation sexuelle, y compris la prévention VIH/sida, sur la base de la santé sexuelle et reproductive. Des directives concernant la bonne pratique pour la mise en oeuvre et les projets ainsi que pour le matériel didactique dans les écoles ont été élaborées et on a activement travaillé à l’intégration du thème à l’école. De plus, une plate forme Internet  3
trilingue pour les personnes travaillant dans le domaine de l’éducation sexuelle et les enseignants a été aménagée et exploitée pour les informer et les aider dans leur travail. (www.amorix.ch).  Selon le rapport de clôture d’amorix, tous les buts formulés pour la période de référence – à l’exception d’un seul - ont été atteints. Cette exception concerne l’objectif fixé par l’OFSP, à savoir l’ancrage structurel à caractère contraignant de l’éducation sexuelle, y compris la prévention VIH/sida dans le plan d’études des écoles suisses. (amorix – éducation et santé sexuelle, rapport final 2006).  Le transfert de la responsabilité du projet à la Haute École Pédagogique de Suisse centrale, Haute École de Lucerne, au 1er novembre 2006, s’est faite sur la base des expériences et des réflexions menées par amorix sur la nécessité, pour réaliser l’objectif fixé par l’OFSP, d’ancrer le centre de compétences dans le système éducatif afin d’initier et de mettre en place les développements nécessaires.  3. Éducation sexuelle et prévention du VIH/sida dans les écoles suisses  3.1 Résultats des enquêtes nationales  Le programme national 2004/2008 sur le VIH/sida constitue le fondement de l’actuel et du nouveau Centre de compétences. L’objectif national quatre de ce programme formule la prévention dans les écoles de la façon suivante: «toutes les écoles obligatoires, professionnelles et secondaires de Suisse ont intégré la prévention du VIH dans leur plan d’études de façon contraignante en tenant compte du niveau scolaire. Les enfants et les adolescents doivent obtenir à l’école, avant et pendant leur accession à l’âge adulte, la connaissance et la possibilité de se protéger d’une infection VIH» (Office Fédéral de la Santé Publique, 2003, 64-65).  Cet objectif a été formulé sur la base de la recherche effectuée par Spencer e.a. (2001) «Prévention VIH/SIDA et éducation sexuelle à l’école»1, entreprise dans le cadre de l’évaluation globale des stratégies mises en place en Suisse pour lutter contre le VIH/sida. Elle décrit ou analyse la politique et la pratique de l’éducation sexuelle et de la prévention du VIH dans les écoles suisses. Les conclusions de cette recherche peuvent, en gros, se résumer de la façon suivante (Spencer 2001, 25-37):                                                   1 Voir le cahier thématique en allemand: Die HIV/Aids-Prävention in den Schulen, BAG, 2004   4
  la prévention du VIH/sida en Suisse est décrite dans deL’éducation sexuelle dont nombreux cantons, tant du point de vue du contenu que de l’organisation, de façon peu claire et est parfois insuffisamment appliquée (sauf dans certains cantons romands). Il manque un ancrage systématique de l’éducation sexuelle dans les plans d’études. Dans de nombreux cantons, des bases administratives et légales concernant la prévention du VIH et l’éducation sexuelle coexistent. Tandis que la prévention du VIH est le plus souvent obligatoire, les cours d’éducation sexuelle peuvent être refusés par les parents pour des motifs culturels ou religieux (à Genève p.ex. 0.5% des parents). On ne peut pas encore dire que l’éducation sexuelle fasse complètement partie intégrante de l’enseignement dans les écoles suisses, sauf dans les programmes scolaires romands où elle est mentionnée systématiquement, avec des modalités d’application variées2. Historiquement, trois modèles différents d’organisation se sont imposés dans les  régions linguistiques: le modèle dit interne – avant tout en Suisse alémanique – où l’éducation sexuelle et la prévention du VIH/sida à l’école se situe au même niveau que les autre matières qui ne sont pas soumises à examen. Les responsables font confiance aux compétences des enseignants. La faiblesse de ce système réside dans la situation «celui qui veut peut le faire». Ce qui signifie que les enseignants engagés traitent les thèmes de l’éducation sexuelle pendant les cours alors que les autres, soit par désintérêt, soit par crainte ou manque de compétences pour aborder cette thématique, évitent l’éducation sexuelle en ne la traitant pas. Par contre, dans le modèle externe, tel qu’il est appliqué en Suisse romande et au Tessin, l’éducation sexuelle est considérée par les écoles et les instances administratives comme une «matière spéciale» et est implantée structurellement en conséquence. Des intervenants externes et des spécialistes formés spécifiquement dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive assurent les cours. La faiblesse de ce modèle réside dans le fait que l’éducation sexuelle est enseignée en parallèle de l’enseignement quotidien scolaire ce qui implique une bonne coordination entre le corps enseignant et les spécialistes. On constate ces dernières années, une coexistence des deux modèles dans les cantons qui appliquent le modèle dit interne, qui consiste, pour les enseignants de Suisse alémanique, à faire appel à des spécialistes extérieurs pour enrichir leurs cours. En Suisse romande, les professionnels de l’éducation sexuelle, externes, développent
                                                 2sont pas habilités à décider de l’intervention ou non du professionnel spécifiquementLes enseignants seuls ne formé chargé de l’éducation sexuelle  5
 
 
des partenariats avec des infirmières scolaires, des enseignants, médiateurs, éducateurs spécialisés.  Les enseignants responsables de l’éducation sexuelle et de la prévention VIH/sida dans les écoles, sont rarement préparés de façon spécifique à cette tâche au cours de leur formation, bien que les enseignants soient sans cesse confrontés dans leur vie quotidienne à l’école à la thématique de la sexualité. Selon l’étude, seul un tiers des centres de formation des enseignants prépare les futurs enseignants à la thématique de la sexualité, voire à l’éducation sexuelle. Les offres de formation continue sur ce thème ne sont que peu demandées.  Il est difficile d’obtenir des informations sur ce que recouvre exactement l’éducation sexuelle sous les conditions générales décrites. L’imbrication des thèmes prévention VIH, éducation sexuelle et promotion de la santé rend difficile l’établissement d’indications quantitatives précises. La prévention VIH par exemple a lieu, selon les cantons et le système scolaire, dans différents cadres: soit dans une unité de cours séparée ou bien inclus dans l’éducation sexuelle ou la promotion de la santé. Mais elle peut aussi faire partie d’autres matières, comme par exemple la biologie ou (dans quelques cantons de langue allemande) le «Lebenskunde».  e.a. (2001) partent du fait que en primaire, au niveau national, la couverture estSpencer d’un tiers. Dans le secondaire I, la majorité de la population scolaire bénéficie de l’éducation sexuelle /prévention VIH sida. Il semblerait que c’est surtout à ce niveau qu’a lieu l’éducation sexuelle. Au niveau post-obligatoire (Sec. II et formation professionnelle) ils estiment la couverture moins importante.  Il existe de bonnes bases légales pour la promotion de la santé – sauf dans les écoles professionnelles. L’étude constate que des efforts d’ordre général sont entrepris pour inclure l’éducation sexuelle, y compris la prévention VIH, dans le thème promotion de la santé.  Sur la base de leur étude et pour assurer la durée à laquelle on aspire, Spencer e.a. (2001) exigent la garantie de quelques conditions minimales. L’éducation sexuelleetla prévention VIH devraient figurer nommément dans les plans d’études de même que devrait exister un concept clair pour leur mise en application, soumis à des critères d’évaluation. La formation des enseignants devrait être adaptée aux exigences que le cours fait peser sur les enseignants et les préparer sur le plan professionnel en conséquence.
6
Sur la base de cette étude, PLANeS et Aide Sida Suisse, - en tant qu’initiateurs d’amorix - ainsi que l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) en tant que commanditaire du projet, sont arrivés à la conclusion que l’éducation sexuelle approfondie à l’école n’était pas encore en place et qu’il fallait, pour améliorer la situation, exercer un lobbying stratégique et ciblé. (Spring, 2004, 35).  Spring (2004) a élaboré pour amorix un concept de lobbying. Elle s’est appuyée entre autre sur l’élaboration fondamentale de Spencer e.a.(2001) et sur le sondage effectué auprès des personnes clés dans les secteurs de l’école obligatoire et des organisations de la santé sexuelle et reproductive du canton de Berne. Pour son analyse, elle a résumé les faits de la façon suivante (Spring, 2004, 63):  
 
 «les enfants et les adolescents sont aujourd’hui inondés d’informations. En ce qui concerne les thèmes relatifs à la sexualité, ils en savent certes beaucoup mais souvent à moitié ou «pas si bien que ça». Pour obtenir aussi bien une solide compétence en la matière que des compétences sociales, ils sont dépendants, en plus des discussions sur le thème à la maison, d’une explication pertinente et étendue à l’école. Les problèmes apparaissent avant tout autour des «questions existentielles», dans la fréquentation des autres et en relation avec soi-même. Dans ce domaine, l’insécurité est grande. Ce sont justement ces thèmes qui ne peuvent être traités en quelques heures de cours «factuels». Ces thèmes vont plus loin et sont plus profonds, ils ont besoin, pour être traités, de temps et de compétence dans la matière aussi bien que de compétence pédagogique. C’est justement là que de nombreux professeurs manquent d’assurance, car l’éducation sexuelle est pour eux même un thème difficile et délicat. De plus, les enseignants sont responsables de l’application du plan d’études - éducation sexuelle comprise – dans le cadre de leur formation d’enseignant, alors qu’ils n’ont pas reçu de formation dans ce domaine. En raison de cette difficulté et en invoquant le volume du plan d’études, l’insécurité de l’enseignant est deux fois plus grande, et avec elle la tentation de réduire à un minimum technique les thèmes nécessaires ou de faire tout bonnement l’impasse sur l’éducation sexuelle. Toutes les personnes interrogées considèrent qu’une offre extérieure est importante et utile, car les informations importantes seront fournies aux élèves de façon professionnelle. Une éducation sexuelle complète dans ce cadre n’est cependant pas possible en particulier parce que peu d’enseignants soutiennent par une offre interne l’hypothèse d’une offre extérieure et qu’il n’est ainsi pas possible d’approfondir ce qui a été entendu en très peu de temps. Bien qu’aujourd’hui la qualité 7
ne soit assurée que dans le modèle externe, il est important et nécessaire d’améliorer la qualité du modèle interne. Une des raisons en est également le financement, les offres externes n’étant souvent pas assurées à long terme et étant victimes des restrictions budgétaires, dans les périodes financièrement moins propices.» A ce jour, les crainets évoquées ci-dessus ne se sont pas avérées exactes. Aucun programme n’a été supprimé.
 Sur la base de cette analyse, Spring (2004, 74) a résumé, pour le concept de lobbying d’amorix, les messages clés essentiels en vue des changements nécessaires de la façon suivante: Approche Message État actuel Objectif Plans d’études Pour garantir une Grandes différences Ancrage d’une éducation sexuelle de cantons à cantons éducation sexuelle complète pour toutes/tous et d’écoles à écoles, complète dans tous les élèves, les bases dépendant de les plans d’études (et administratives l’enseignant, du application dans la appropriées sont manque dans les pratique) nécessaires. plans d’études, entre autre au niveau scolaire post-obligatoire. Formation des Une éducation sexuelle Les enseignants ne Formation de tous les enseignants compétente uniquement sont, pour la plupart, professeurs chargés par le biais d’un pas formés pour de l’éducation personnel enseignant l’éducation sexuelle. sexuelle (assurance compétent Barrières, préjugés qualité) Contrôle Le contrôle garantit Pratiquement pas de Contrôle l’application et la qualité contrôle       Sur la base de ces messages clés essentiels, Spring a décrit (2004, 74-79) des argumentations professionnelles et politiques pour imposer ses buts (objectif). La liste de tous ces arguments déborderait du cadre de ce travail. Il existe pourtantunne peut renoncer ici, car il pourrait être aussiargument politique auquel on utile au projet dont les conditions générales auraient été transformées: au cours d’un sondage effectué en 1995 par l’Association Suisse de Planning Familial et d’Éducation Sexuelle ASPFES (aujourd’hui PLANeS) auprès de tous les candidats au parlement fédéral, plus de 92% des sondés ont dit «oui» à l’éducation sexuelle à l’école. Nombreux étaient ceux qui signalaient en même temps que dans leur circonscription, l’éducation sexuelle à l’école était déjà une réalité. L’argument central contre l’éducation sexuelle était: «l’éducation sexuelle est l’affaire des parents et non de l’état. Elle doit se faire au sein de la famille». La plus récente publication dont dispose le Centre de compétences sur la description de la situation en matière de pédagogie sexuelle et de prévention du VIH/sida dans les écoles en  8
Suisse, nous est fournie par Guggenbühl (2006) dans «Country Papers on Youth Sex Education in Europe». Son constat recoupe pour l’essentiel ce qui a déjà été décrit plus haut (2006, 101-107):  
 «mis à part les différences régionales qui existent en Suisse, on peut admettre que l’éducation sexuelle est ancrée dans tous les programmes des écoles obligatoires de presque tous les cantons et est mise en application auprès de groupes d’âge allant de 7 à 16 ans, la prédominance portant sur les groupes de 13 à 16 ans. Au niveau national, il n’existe aucun programme pour l’éducation sexuelle, pas plus que pour la prévention VIH/sida. En conséquence, l’image réelle dans chaque canton, commune et école varie fortement. Il faut admettre que de graves lacunes existent dans presque tous les cantons. En suisse francophone et italienne, une norme générale et la couverture de tous les domaines de l’éducation sexuelle constituent une réalité. L’éducation sexuelle y est ici enseignée dans les écoles par des spécialistes reconnus. On ne peut pas en dire autant dans la plus grande partie de Suisse alémanique où les enseignants sont eux-mêmes responsables de l’enseignement de l’éducation sexuelle et peuvent dans l’ensemble librement décider s’ils souhaitent ou non l’enseigner et de quelle manière, et dans quelle mesure ils veulent faire appel à des spécialistes extérieurs». (Traduit de l’anglais)
 Les trois analyses citées sur le thème de l’éducation sexuelle et de la prévention du VIH/sida dans le contexte des écoles suisses, arrivent donc à des résultats concordants. Ils exposent les points de départ du travail qui reste à accomplir, quand des objectifs sont formulés à partir des déficits constatés.  3.2 Enquêtes cantonales  Grâce aux divers efforts nationaux pour uniformiser les bases et développer et fixer les standards de l’éducation sexuelle dont la prévention VIH/sida dans les écoles suisses, des initiatives ont également été développées dans les cantons pour étudier le positionnement de l’offre concernant l’éducation sexuelle dans les écoles (ex.: canton des Grisons: 1998, canton de Bâle-ville: 2001, canton de Vaud: 2001, canton de Zurich: 2002, canton de Lucerne: 2006, canton de St Gall et d’Appenzell-Rhodes Extérieures: 2006). Ces enquêtes ne sont pourtant pas comparables d’emblée, car diverses questions émanant des commanditaires et différentes méthodes d’enquête leur servent de base(2). Elles ont cependant le mérite de montrer que le thème est actuellement aussi discuté au niveau cantonal et qu’il est pris au sérieux par les  9
différents partenaires cantonaux des instances de la formation, de la santé et des affaires sociales.  2 Voir renseignements détaillés dans chaque étude. Bibliographie p.25-26  Une synthèse détaillée des différentes enquêtes dépasserait ici le cadre de cette analyse de la situation. Sur leur base, d’autres projets de recherche nationale devraient absolument être initiés.  Dans le canton du Tessin, il existe un vaste programme issu d’un groupe de travail sur la mise en application de l’éducation sexuelle aux différents niveaux de l’école obligatoire. Dans le contexte de la création d’un plan d’études sur l’éducation sexuelle au niveau national, ce programme tessinois a pu apporter des suggestions, car il répondait à de nombreuses questions sur la mise en pratique du point de vue de la forme et du fond. (cf. rapporto finale 2006, Gruppo di lavoro per l’educazione sessuale nelle scuole ticinesi (GLES).  Pour l’analyse de la situation, on peut, de façon unanime, retenir en gros les résultats suivants des enquêtes cantonales ci-dessus dont il a fallu tenir compte de près pour l’élaboration des standards nationaux. Ils illustrent l’hétérogénéité des analyses au niveau national.  3.2.1 Niveau des connaissances de la population scolaire  Les élèves estiment majoritairement que l’état de leurs connaissancessubjectivesdans le domaine de la sexualité est bon, et cela indépendamment de leur sexe, de leur origine, de leur langue maternelle et de leur niveau scolaire. Dans un même groupe d’âge, la principale source d’information réside dans les contacts personnels. Les parents et l’école suivent loin derrière. 20% admettent connaître un peu la sexualité, 70-80% pensent en savoir assez ou beaucoup sur le sujet. Bien que les trois quarts de la population scolaire indiquent en savoir beaucoup sur la sexualité, presque autant souhaiterait pourtant en apprendre beaucoup plus (cf. enquête de l’administration sur l’éducation à l’école obligatoire du canton de Lucerne, 2006). Il ressort comme résultat sur le contrôle des connaissances de la population scolaire des cantons de St Gall et d’Appenzell-Rhodes extérieur, à travers l’exploitation de 17 questions et 1444 questionnaires retournés, que des zones d’ombre persistent autour des questions ayant trait au cycle de la femme, au coïtus interruptus, au petting, au test VIH et au soi-disant «vaccin» contre le sida, ainsi qu’à la disponibilité de la «pilule du lendemain». 13% des élèves qui ne  10
parlent pas le suisse allemand à la maison pensent que la pilule protège aussi des maladies sexuelles. Le chiffre tombe à 4% parmi les élèves parlant le suisse allemand. (cf. enquête auprès des Hautes Écoles Pédagogiques de St Gall/Rorschach 2006). L’enquête des Hautes Écoles spécialisées dans le travail social à Bâle-ville et Bâle-campagne (2001 p. 3) sur le contrôle objectif des connaissances arrive aux conclusions suivantes: D’après l’expérience, les élèves du lycée sont mieux informés que la moyenne. Les élèves qui fréquentent les petites classes sont au contraire moins bien informés que la moyenne. Il en est de même pour les adolescents dont l’origine ou l’arrière plan n’est pas l’Europe de l’ouest ou l’Europe centrale. Le degré d’information est, comme toujours, une question d’éducation et d’origine.  3.2.2 Ce qui manque à la population scolaire  D’après les enquêtes, les élèves en général s’intéressent aux thèmes qui sont le moins souvent traités en cours. Ce sont avant tout des thèmes qui, en plus de la transmission d’un savoir, sollicitent aussi beaucoup un jugement de valeur de la part de l’enseignant ou de l’école. La population scolaire souhaitait de façon accrue une réflexion sur les aspects suivants de la relation et de la sexualité:  Lier des contacts / flirter / délimiter son domaine Amour et amitié   Pratiques sexuelles y compris la masturbation  La pilule du lendemain  Grossesse non souhaitée / interruption de grossesse  Traitements médicaux du sida  Vivre avec des personnes VIH positives  Informations sur les autres infections sexuellement transmissibles Violence sexuelle   Adresses des offres en conseils et aide  Dans les questions concernant les formes d’enseignement préférées et leur mise en pratique méthodique, les enquêtes arrivent aux mêmes conclusions. Les élèves demandent de façon accrue, en comparaison avec un cours centré sur l’enseignant, un cours centré sur l’élève, sous forme de projets et d’excursions. La possibilité de pouvoir s’entretenir avec des spécialistes est également considérée comme une forme idéale d’enseignement. On a malheureusement omis dans les enquêtes de demander avec précision ce que les élèves apprécient chez ces
 
11
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.