L'expansion du commerce périphérique en France - article ; n°506 ; vol.91, pg 463-479

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Annales de Géographie - Année 1982 - Volume 91 - Numéro 506 - Pages 463-479
The growth of suburban commerce in France.
Over the last fifteen years, a veritable commercial revolution has taken place in France. It was in the urban peripheries, which had previously been geatly underequipped in sales facilities, that the greatest growth took place, with new forms of commerce springing up. The traditional nodes of commerce suffered competition from large stores and shopping centres, which were based on new shopping styles and the motor car. This new commerce has brought about economie concentration to the advantage of the large distribution empires. It has also led to the emergence of unexpected competition between the town centre and the suburbs, and has, by way of reaction, awakened innovative vitality in town centres where commerce is threatened.
Au cours des quinze dernières années, la France a connu une véritable révolution commerciale. Ce sont les périphéries urbaines, jusqu'alors particulièrement démunies sur le plan commercial, qui ont connu la plus vigoureuse expansion d'un commerce qui a revêtu des formes nouvelles. Grandes surfaces et centres commerciaux, reposant sur des comportements d'achat nouveaux et fondés sur le recours à l'automobile ont concurrencé les noyaux commerciaux traditionnels. Ce nouveau commerce s'est accompagné d'une concentration économique au profit de grands empires de la distribution. Il a également conduit à l'émergence d'une impensable concurrence entre centre-ville et périphéries et a suscité, en retour, un dynamisme novateur dans des centres-villes au commerce menacé.
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1982
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Alain Metton
L'expansion du commerce périphérique en France
In: Annales de Géographie. 1982, t. 91, n°506. pp. 463-479.
Abstract
The growth of suburban commerce in France.
Over the last fifteen years, a veritable commercial revolution has taken place in France. It was in the urban peripheries, which
had previously been geatly underequipped in sales facilities, that the greatest growth took place, with new forms of commerce
springing up. The traditional nodes of commerce suffered competition from large stores and shopping centres, which were based
on new shopping styles and the motor car. This new commerce has brought about economie concentration to the advantage of
the large distribution empires. It has also led to the emergence of unexpected competition between the town centre and the
suburbs, and has, by way of reaction, awakened innovative vitality in town centres where commerce is threatened.
Résumé
Au cours des quinze dernières années, la France a connu une véritable révolution commerciale. Ce sont les périphéries
urbaines, jusqu'alors particulièrement démunies sur le plan commercial, qui ont connu la plus vigoureuse expansion d'un
commerce qui a revêtu des formes nouvelles. Grandes surfaces et centres commerciaux, reposant sur des comportements
d'achat nouveaux et fondés sur le recours à l'automobile ont concurrencé les noyaux commerciaux traditionnels. Ce nouveau
commerce s'est accompagné d'une concentration économique au profit de grands empires de la distribution. Il a également
conduit à l'émergence d'une impensable concurrence entre centre-ville et périphéries et a suscité, en retour, un dynamisme
novateur dans des centres-villes au commerce menacé.
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Metton Alain. L'expansion du commerce périphérique en France . In: Annales de Géographie. 1982, t. 91, n°506. pp. 463-479.
doi : 10.3406/geo.1982.20129
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1982_num_91_506_20129expansion du commerce
périphérique en France
Université Alain Orléans Metton
La prodigieuse expansion du commerce dans les périphéries
urbaines au cours des quinze dernières années est sans doute un des
éléments importants de histoire urbaine fran aise Alors que
jusque-là prévalait image de banlieues dortoirs ou industrielles
simples débordements de la ville sans aucune autonomie le
commerce montré dans un des domaines fondamentaux de la
vie quotidienne que la marginalité pouvait avoir ses atouts aussi
bien que la centralité condition de savoir les mettre en valeur
Depuis quinze ans le moteur de évolution commerciale est situé
dans les périphéries urbaines où des formules techniques nouvelles
grandes surfaces et centres commerciaux ont comblé le retard
équipement commercial préexistant ont modelé de
relations espace ont transformé les modes de vie des popula
tions résidentes Près de quinze millions de mètres carrés nouveaux
de surface de vente ont été créés dans les espaces péri-urbains alors
que ensemble du commerce fran ais préexistant pouvait être
évalué une trentaine de millions de mètres carrés Cette expansion
soudaine du commerce périphérique conduit émergence une
impensable concurrence centre-ville périphérie et une physiono
mie commerciale double visage de nos villes Certes ne agit-il là
que une étape car expansion tend essoufler dans les périphé
ries urbaines alors que les formes commerciales révolutionnaires
qui sont développées pénètrent maintenant les centres-villes où
se développe ailleurs en réponse un dynamisme novateur 464 ANNALES DE OGRAPHIE
Formes et étapes de la révolution commerciale des péri
phéries urbaines
On ne peut comprendre expansion du commerce périphérique
sans évoquer au préalable ampleur des besoins commerciaux
insatisfaits dans les espaces péri-urbains des années 1960
Le dénuement commercial des périphéries urbaines
expansion urbaine accélérée au cours des dernières décennies
avait accumulé autour du ur des cités anciennes au commerce
florissant de vastes espaces péri-urbains qui regroupaient souvent
la majorité de la population il agisse de petites villes dont
étalement franchissait peine les limites du territoire communal
de grandes agglomérations qui tel Bordeaux comprennent 72 de
la population hors la ville de agglomération parisienne enfin
étalant ses millions individus soixante kilomètres des
tours de Notre-Dame il avait une différence échelle
recouvrant une même réalité éparpillement des populations sur
des espaces sans grande infrastructure notamment commerciale
De fait la croissance démographique et spatiale ne était pas
accompagnée une adaptation de offre commerciale sur place
Prise de court par la brutalité de la croissance urbaine gênée par
étalement et la faiblesse des densités désorientée par les migra
tions quotidiennes de population paralysée par inorganisation du
tissu urbain la distribution se réduisait une trame irrégulière de
noyaux de desserte de première nécessité peine coiffés dans les
banlieues plus denses par des centres de quartier ou de commune
mal diversifiés Pour donner une illustration de ce dénuement
commercial généralisé la banlieue parisienne dans son ensemble
présentait un taux équipement inférieur de 30 la moyenne
fran aise et en presque tous domaines inférieur celui. des
communes rurales une fa on générale le sous-équipement ag
gravait avec éloignement des banlieues et aux franges de agglo
mération on atteignait le quasi-vide commercial avec comme
Morsang-sur-Orge en Essonne deux commerces pour 000 habitants
contre 20 pour ensemble de la France
Cette situation posait ainsi aux populations péri-urbaines un
double problème approvisionnement
au niveau du commerce quotidien essentiellement alimentai
re les noyaux de desserte courante avaient même pas toujours
atout de la proximité piétonnière Dans tous les cas éventail
restreint des activités et des assortiments le contexte peu concur- LE COMMERCE RIPH RIQUE 465
rentiel avaient suscité le développement une distribution complé
mentaire par des tournées ou par des marchés permettant une
concentration spatio-temporelle périodique de la clientèle
au niveau du commerce non alimentaire la rareté des
magasins et absence de choix correspondait en fait un abandon
des clientèles péri-urbaines un commerce de centre-ville qui se
gonflait de tous les besoins insatisfaits en banlieue On pu estimer
que pour agglomération parisienne en 1971 environ 25000
commerces soit un quart des besoins de desserte des banlieusards
se localisait non en banlieue mais dans Paris où il représentait
lui seul peu près le tiers de équipement parisien1 Supportable
dans les petites villes cette situation devenait insoutenable dans les
grandes agglomérations car elle aggravait engorgement du ur
des villes et contraignait les populations péri-urbaines des
déplacements achat autant plus longs et nécessaires elles
étaient plus éloignées dans des banlieues plus démunies
Les prémices une ère nouvelle de la distribution
Cette situation apparemment bloquée par incapacité du petit
commerce familial implanter en milieu péri-urbain par ab
sence de politique commerciale des pouvoirs publics allait brusque
ment se dénouer
une part en raison de accélération de expansion urbaine
qui ne cesse accumuler aux marges des villes un immense
potentiel de clientèle prendre et dont le pouvoir achat
augmente Le développement du salariat féminin rend plus insup
portable les difficultés approvisionnement La rapide amélioration
de équipement des ménages en matériel de conservation des
produits alimentaires et surtout le développement du taux de
motorisation créent des conditions nouvelles
autre part pour les pouvoirs publics se développe sous la
pression des événements comme jadis époque des mal-lotis
la conception une responsabilité en matière insfrastructure
commerciale indispensable la résidence Dès 1961 la circulaire
Sudreau impose des normes minimales équipement commercial
des cités nouvelles Plus encore les pouvoirs publics confrontés aux
contradictions centre-ville périphérie des agglomérations vont se
donner une mission aménagement urbain et concevoir équipe
ment commercial comme un instrument de restructuration des
banlieues anciennes ou de polarisation des espaces urbains créer
villes nouvelles est bien sûr en Région parisienne que la gravité
Metton A. Le Commerce et la ville en banlieue Paris 1980
Bastie J. La Croissance de la banlieue parisienne P.U.F. 1964
ANN DE OG XCIe ANN 30 466 ANNALES DE GEOGRAPHIE
des problèmes conduit sous impulsion de Monsieur Delouvrier
élaboration en 1965 un premier schéma aménagement de la
Région parisienne avec des centres commerciaux intérêt régional
ou intercommunal devant instituer dans les banlieues armature
commerciale de dissuasion pour des clientèles réalisant Paris un
deux tiers de leurs achats anomaux
Enfin et surtout car la révolution commerciale se fera sous le
sceau de initiative privée est avènement une génération de
distributeurs dynamiques Ils préconisent les solutions améri
caine pour faire sauter ce goulot étranglement entre la produc
tion rationalisée au siècle précédent et les nouveaux besoins de
consommation insatisfaits par inadéquate distribution en place
dans les périphéries urbaines
Comme Mme Beaujeu-Garnier avait remarqué pour expan
sion des grands magasins en centre-ville au siècle dernier3 la
révolution commerciale périphérique va correspondre émergence
une conjugaison de facteurs économiques et sociaux trouvant leur
expression dans des techniques nouvelles de distribution et la
diffusion des moyens de transport des clientèles
De fait dès 1960 se développe la méthode du libre-service qui
permet une compression des coûts de distribution et amorce
extension des surfaces Apparaissent les superettes4 puis les
premiers supermarchés5 et en 1963 ouvre Sainte-Geneviève des
Bois en banlieue-sud de Paris le premier hypermarché6 Carrefour
est le début de la course aux surfaces reposant
sur le recours la clientèle motorisée permettant élargir les
bassins de chalandise anomaliser les achats courants et accéder
la vente de masse et au groupement des achats
sur la politique des bas prix discount permise par la
compression des coûts exploitation et la vente de masse de
produits standardisés en libre-service
Les périphéries jusque-là inaptes au commerce deviennent le
terrain par excellence de cette révolution commerciale par la
disponibilité et le bas prix des emplacements les facilités de
circulation de la clientèle motorisée immensité des besoins
insatisfaits
Beaujeu-Garnier Superette magasin J. Atlas alimentaire de Paris en et libre-service de la Région parisienne de 120 400 Berger m2 Levrault Paris 1967
Supermarché magasin en libre-service essentiellement alimentaire et mesurant 400
2500 m2
Hypermarché en de plus de 500 m2 vendant de alimentation et
des marchandises générales LE COMMERCE PERIPHERIQUE 467
La ruée vers la périphérie 1968-1973
Par sa soudaineté et son ampleur explosion commerciale de
ces cinq années désoriente pouvoirs publics et commerce tradition
nel La grande initiative privée met brutalement les périphéries
urbaines fran aises heure américaine On assiste au développe
ment concomitant de trois formules commerciales principales
supermarchés entamée dès les années 1960 leur expansion
accélère au rythme environ deux cents ouvertures annuelles Dès
1973 ils seront 2056 en France
hypermarchés après expérience de 1963 il faudra attendre
1968 pour que déferle la puissante vague des hypermarchés 16
ouvertures en 1968 46 en 1969 61 en 1972 En 1973 ils seront
207
grands magasins et centres commerciaux géants initiative
des bâtisseurs devance les projets aménagement des pouvoirs
publics ou en accomode Dès 1969 ouvre le premier grand centre
commercial périphérique Par en banlieue ouest associant un
mail une centaine de boutiques deux grands magasins qui
après un siècle de confinement en centre-ville tentent aussi
aventure des périphéries Sur le même modèle en quatre années
effectue le bouclage de agglomération parisienne fig par huit
centres commerciaux de 50000 100000 m2 qualifiés intérêt
régional et implantés la lisière de la proche couronne ou dans
les villes nouvelles Les grandes agglomérations de province se
dotent également de centres commerciaux mais en position plus
marginale avec une taille plus modeste et le grand magasin sauf
exceptions Nice Grenoble laisse place hypermarché
Il faudrait aussi évoquer la prolifération des magasins de
meubles automobiles occasion de jardineries Les périphéries
urbaines deviennent un chantier de créations commerciales effré
nées pour exemple en Yvelines la seule année 1973 voit ouvrir
hypermarchés et supermarchés ajoutant 20 000 m2 de vente soit
équivalent de plus de 000 magasins de taille moyenne un
équipement commercial qui ne comprenait que 12 500 établisse
ments alimentaires non alimentaires et de service
Cette invasion des périphéries urbaines affirme comme une
révolution commerciale par ses formules exploitation opposant
en tous les domaines aux situations existantes
le gigantisme il est con comme un élément attraction de
la clientèle que rien ne limite en raison de immensité des
chalandises disponibles De 500 m2 Sainte-Geneviève des Bois en
1963 on passe 11000 m2 Vénissieux en 1966 16000 m2
Bordeaux en 1969 23 000 m2 Toulouse en 1973 De même pour
les centres commerciaux les 58 000 m2 de Par en 1969 font 468 ANNALES DE GEOGRAPHIE
10
5000 10000 CENTRES COMMERCIAUX VILLES-NOUVELl S-NOUVELLES
Fig HYPERMARCHES ET CENTRES COMMERCIAUX DE LA GION PARISIENNE
AU 1-6-1981
place 86000 m2 Belle-Epine en 1971 95000 m2 Rosn en
1973
usine vendre la pratique des bas prix va de pair avec
des constructions sommaires ras de sol une décoration dépouil
lée un service la clientèle réduit au minimum une standardisa
tion des produits permettant le libre-service intégral et réduisant les
frais de main-d uvre
le mariage avec automobile la chalandise reposant quasi
exclusivement sur la clientèle motorisée celle-ci est particulière
ment soignée pompes essence aires de stationnement égales
cinq fois la surface de vente échangeurs souvent financés par la
grande surface représentent essentiel des investissements plus que LE COMMERCE PERIPHERIQUE 469
le magasin et composent ce paysage désormais coutumier de
shopping center image américaine
isolement des autres formes de commerce et spécialisation
fonctionnelle le type en est hypermarché isolé ne tolérant que
quelques petits services appoint Même dans les grands centres
commerciaux ne sont accueillis que des établissements dont acti
vité et le style parfaitement en accord avec le magasin
locomotive Cela conduit éviction des activités de loisirs non
directement utiles et imposition un style qui sera sans mélange
celui du discount dans la plupart des centres commerciaux celui
plus cossu des grands magasins dans les centres
régionaux avec une palette toujours semblable de magasins franchi
sés
isolement de la ville et situation périphérique ayant liés leur
destin automobile et refusant de allier autres fonctions
urbaines grandes surfaces et centres commerciaux installent en
marge des secteurs urbanisés Ils sont proprement parler en
situation périphérique les supermarchés aux franges de la ville les
hypermarchés et centres commerciaux au-delà des banlieues en
rase campagne ensemble formant parfois fig un double chemin
de ronde structuré par les grandes voies de sortie des villes que se
partagent les diverses enseignes
Ce sont ainsi des formules simples sans nuance en opposition
tout ce qui existait qui ont assuré le premier succès de la
révolution commerciale Celle-ci va devoir assouplir ses positions
pour parachever la conquête du marché péri-urbain
Depuis 973 consolidation et normalisation de la révolution
commerciale
partir de 1973 esquisse une période nouvelle pour deux
raisons
une part en cinq années les meilleures places ont déjà été
prises la marge des grandes agglomérations et en Région
parisienne le bouclage par les centres commerciaux nouveaux
achève Il faut désormais attaquer aux clientèles plus modestes
des villes petites ou moyennes ou se hasarder intérieur même
des banlieues des grandes villes là où la clientèle motorisée circule
plus difficilement où le terrain est cher et nécessite de coûteux
investissements La nécessité de maintenir les bas prix les exi
gences plus grandes des consommateurs quant la qualité du
service entraînent une diminution des rendements âge or du
tout permis est révolu
autre part la colère des petits commer ants devant cette 470 ANNALES DE OGRAPHIE
Fig ORL ANS RATIONS CONCENTRIQUES DE GRANDES SURFACES
concurrence imprévue et insoutenable inquiétude devant cette
révolution périphérique que on voyait un peu vite menacer de
mort les centres-villes le caractère trop affirmé de gigantisme et
efficacité inhumaines vont conduire les pouvoirs publics
tenir équilibre entre petit et grand commerces En décembre 1973
le ministre du Commerce Royer fait adopter la Loi Orienta
tion du Commerce et de Artisanat qui institue au niveau départe
mental des Commissions urbanisme commercial chargées autori
ser toute implantation de plus de 000 m2 Dominées par les voies
du petit commerce ces commissions de la hache ont depuis
cette date refusé peu près un dossier sur deux
Aussi en réaction avec la période précédente on assiste LE COMMERCE PERIPHERIQUE 471
un recul des formules géantes arrivées saturation et passées
de mode
une alliance des grandes et petites surfaces dès 1971 des
galeries marchandes étaient apparues aux côtés des hypermarchés
et supermarchés renfor ant attractivité de la grande surface par
une gamme activités complémentaires La faveur des commissions
urbanisme va généraliser la formule où entrent les petits commer
ants souvent ailleurs déjà détenteurs autres établissements
dans la ville Peu peu on évolue de la galerie marchande ce
on peut appeler véritablement un centre commercial mélan
geant les styles et les activités et procurant ainsi une réelle
diversité
une redécouverte des avantages de la proximité il faut voir
les conséquences de la hausse des carburants qui rend inefficace le
discount de essence plus encore la volonté de drainer toutes les
clientèles et aussi raffinement des techniques de marketing qui
permettent de viser plus juste des chalandises plus étroites ère
est ouverte pour passer des situations marginales investissement
systématique des territoires péri-urbains et au-delà des centres-
villes
les retrouvailles du commerce et de la ville on découvre
que malgré les coups de boutoirs les centres-villes ont bien résisté
et ils avaient donc de sérieux atouts on aper oit que les
fonctions de loisirs et même la majorité des fonctions urbaines non
commerciales sont attractives et peuvent bénéficier aux affaires Le
mot ordre est plus isolement en site commercial propre
américaine mais association la ville et son animation dans
des centres commerciaux intégrés où se mêlent fonction commer
ciale équipements ludiques et organes de commandement urbain
Là encore la voie est ouverte vers des centres commerciaux non
plus périphériques mais pleinement urbains de ur de ville dès
on saura dominer ou assouplir la déspécialisation des grandes
surfaces
Aussi les différentes formules commerciales de la période
antérieure connaissent-elles une évolution divergente
expansion des hypermarchés été sérieusement muselée et
le rythme de création qui avait atteint 61 en 1972 va chuter
15 en 1975 se redresser une trentaine en 1976-1978 fléchir
nouveau 24 en 1979 21 en 1980 24 prévus 198l La
saturation est-elle en vue On évoque le seuil des 500 établisse
ments prochainement atteint Quoi il en soit les hypermarchés
ont dû discipliner leur taille leur image leur isolement leur
localisation marginale
par contre expansion des supermarchés bénéficié de la

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