L'habitat gallo-romain de l'École Supérieure de Commerce à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) / A gallo-roman habitation site at the École Supérieure de Commerce, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) - article ; n°1 ; vol.33, pg 87-132

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Revue archéologique du Centre de la France - Année 1994 - Volume 33 - Numéro 1 - Pages 87-132
La fouille de l'École Supérieure de Commerce entreprise en mai et juin 1990 contribue, après celles effectuées en 1986 rue Audollent et boulevard Gergovia, à préciser les différentes phases d'urbanisation d'un quartier résidentiel d'Augustonemetum. Elle met en évidence l'aménagement du relief en terrasses et l'édification sur le site de deux domus qui se succèdent entre le deuxième quart du Ier siècle et le IIIe siècle après J.-C. L'étude du mobilier archéologique assez riche vient préciser la chronologie des étapes de cette occupation.
The excavation conducted at the École Supérieure de Commerce in may andjune 1990 has, in conjunction with those carried out in 1986 in the rue Audollent and boulevard Gergovia, helped to distinguish the different phases of urbanisation of a residential quarter o/Augustonemetum. It has revealed the arrangement of the site in terraces, as well as the construction ot two successive town-houses between the second quarter of the Is1 and the 3rd centuries AD. The study of the comparatively rich archaeological material sheds light on the chronology of the phases ot this occupation.
46 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.

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Anne-Marie Jouquand
Jean-Michel Sauget
Alain Wittmann
L'habitat gallo-romain de l'École Supérieure de Commerce à
Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) / A gallo-roman habitation site
at the École Supérieure de Commerce, Clermont-Ferrand (Puy-
de-Dôme)
In: Revue archéologique du Centre de la France. Tome 33, 1994. pp. 87-132.
Résumé
La fouille de l'École Supérieure de Commerce entreprise en mai et juin 1990 contribue, après celles effectuées en 1986 rue
Audollent et boulevard Gergovia, à préciser les différentes phases d'urbanisation d'un quartier résidentiel d'Augustonemetum.
Elle met en évidence l'aménagement du relief en terrasses et l'édification sur le site de deux domus qui se succèdent entre le
deuxième quart du Ier siècle et le IIIe siècle après J.-C. L'étude du mobilier archéologique assez riche vient préciser la
chronologie des étapes de cette occupation.
Abstract
The excavation conducted at the École Supérieure de Commerce in may andjune 1990 has, in conjunction with those carried out
in 1986 in the rue Audollent and boulevard Gergovia, helped to distinguish the different phases of urbanisation of a residential
quarter o/Augustonemetum. It has revealed the arrangement of the site in terraces, as well as the construction ot two successive
town-houses between the second quarter of the Is1 and the 3rd centuries AD. The study of the comparatively rich archaeological
material sheds light on the chronology of the phases ot this occupation.
Citer ce document / Cite this document :
Jouquand Anne-Marie, Sauget Jean-Michel, Wittmann Alain. L'habitat gallo-romain de l'École Supérieure de Commerce à
Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) / A gallo-roman habitation site at the École Supérieure de Commerce, Clermont-Ferrand
(Puy-de-Dôme) . In: Revue archéologique du Centre de la France. Tome 33, 1994. pp. 87-132.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/racf_0220-6617_1994_num_33_1_2710:
Revue Archéologique du Centre de la France, Tome 33, 1994.
Anne-Marie JOUQUAND*, Jean-Michel SAUGET**,
Alain WITTMANN***
L'habitat gallo-romain de l'École
Supérieure de Commerce à
Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)
A GALLO-ROMAN HABITATION SITE AT THE
ÉCOLE SUPÉRIEURE DE COMMERCE,
CLERMONT-FERRAND (PUY-DE-DÔME)
Mots-clés : Atelier de bronzier, Céramique, Clermont-Ferrand, Domus, Haut-Empire, Terrasses.
Key-words : Bronze workshop, Ceramics, Early Empire, Terraces, Town-houses.
Résumé : La fouille de l'École Supérieure de Commerce entreprise en mai et juin 1990 contribue, après celles
effectuées en 1986 rue Audollent et boulevard Gergovia, à préciser les différentes phases d'urbanisa
tion d'un quartier résidentiel d'Augustonemetum. Elle met en évidence l'aménagement du relief en
terrasses et l'édification sur le site de deux domus qui se succèdent entre le deuxième quart du Ier
siècle et le IIIe siècle après J.-C. L'étude du mobilier archéologique assez riche vient préciser la
chronologie des étapes de cette occupation.
Abstract : The excavation conducted at the École Supérieure de Commerce in may andjune 1990 has, in conjunct
ion with those carried out in 1986 in the rue Audollent and boulevard Gergovia, helped to distinguish the
different phases of urbanisation of a residential quarter o/Augustonemetum. It has revealed the arran
gement of the site in terraces, as well as the construction ot two successive town-houses between the
second quarter of the Is1 and the 3rd centuries AD. The study of the comparatively rich archaeological
material sheds light on the chronology of the phases ot this occupation.
* Achéologue contractuelle A.F.A.N., titulaire de l'autorisation de fouilles, 8, rue Rossini, 37200 Tours. Cet article a été réalisé dans le cadre de la
préparation du diplôme de Maîtrise des Sciences et Techniques d'Archéologie Préventive (Université de Tours).
** Conservateur au Service Régional d'Archéologie d'Auvergne, Hôtel Chazerat, 4, rue Pascal, 63000 Clermont-Ferrand.
*** Archéologue contractuel A.F.A.N., 2, square Knox, 63170 Aubière.
Nous remercions pour leurs conseils et collaborations P. Bet, N. Blanc, A. Ferdière, A. Fonquernie, V. Lallemand, F. Malacher, M. Royo et
F. Thomas, ainsi que l'équipe de fouille G. Bolley, A. Boumendjel, M. Canaveira, E. Chanet, P. Crétin, P. Lebeau, D. Liegard, M. Mammeri,
R. Merino, D. Parent, J. -C. Posé, L. Titeux, A. Tizon et P. Vergne, archéologues contractuels A.F.A.N. .
R.A.C.F. 33, 1994.
partie en sous-sol, encaissée dans le terrain géologi
que, sur une surface de 500 m2. Les sondages archéo1. LES CONDITIONS GENERALES
logiques, réalisés en février 1990 par le Service RégioDE LA FOUILLE
nal d'Archéologie, avaient mis en évidence des 1.1. Les moyens et les méthodes
1.2. L'environnement archéologique niveaux gallo-romains bien conservés : murs et sols 1.3. Les axes de recherches stratifiés sur une épaisseur de 1,70 à 2 m environ.
Une fouille archéologique préventive fut donc orga2. L'AMÉNAGEMENT DU RELIEF
nisée, le périmètre du chantier correspondant à
3. LA PÉRIODE 1 : UN HABITAT DE QUALITÉ l'espace directement menacé1. Cette intervention, la 3.1. L'organisation de l'habitat
première à être conduite dans de bonnes conditions à 3.1.1 Les murs
3.1.2. Les sols Clermont-Ferrand, a été aussi l'occasion de mettre
3.1.3. La pièce 2 en œuvre le système d'enregistrement stratigraphi- 3.1 .4. La 4 que utilisé en région Centre. 3.1.5. Les espaces non couverts
3.2. L'abandon de la fonction domestique
3.2.1. Une activité de bronzier
1. LES CONDITIONS GÉNÉRALES 3.2.2. La pose d'une première couche
de chaux DE LA FOUILLE
3.2.3. Récupération et démolition
3.3. Les données mobilières 1.1. Les moyens et les méthodes 3.3.1. La construction
3.3.2. L'occupation
La fouille a disposé d'un budget de près de 3.3.3. La destruction
3.4. Conclusion 500 000 F, qui fut entièrement financé par l'aménag
eur. Une durée de deux mois (mai et juin 1990) fut 4. LA PÉRIODE 2 : UNE RICHE DEMEURE
accordée pour l'exécution des recherches de terrain, 4.1. Descriptions de la maison et interprétations
4.1.1. La construction du bâtiment soit quarante jours de travail effectif pour treize per
4.1.2. Les systèmes de circulation de l'eau sonnes, mais un seul mois de traitement des données 4.1.3. La cour et le plan général de l'habitat fut prévu pour une équipe réduite, ce qui s'avéra net4.1.4. Les séquences d'occupation
4.2. Les données mobilières tement insuffisant2.
4.2.1. La construction Il convient de préciser qu'aucune fouille réalisée à 4.2.2. L'occupation Clermont-Ferrand n'a encore été publiée de manière 4.3. Conclusion
exhaustive. Un mémoire de maîtrise (wittmann
5. LA PÉRIODE 3 : 1989), réalisé sur le mobilier céramique de la fouille
LES RÉAMÉNAGEMENTS ULTÉRIEURS de la rue Audollent, demeure le travail de référence
ET L'ABANDON DU SITE le plus récent et vient considérablement enrichir les
5.1. Les transformations travaux de P. -F. Fournier (fournier et al. 1970). 5.1.1. La pièce 1
L'étude que nous présentons aujourd'hui n'est 5.1.2. La 3
5.1.3. Le mur M 23 et les sols qu'une première étape. Devant la quantité import
de la galerie sud ante de mobilier à traiter, une tonne environ, cer5.1.4. Remarques techniques tains choix ont été réalisés. Ils ont été avant tout gui5.2. Destruction ou abandon
5.3. Conclusion dés par nos connaissances de la céramique gallo-
romaine. A. Wittmann, étudiant en Doctorat à Cle6. LES PÉRIODES MÉDIÉVALE ET MODERNE rmont-Ferrand, a effectué l'ensemble des datations.
CONCLUSION Le manque de temps nous a obligé à faire des tris
rapides qui ne rendent pas compte de manière ANNEXE : CATALOGUE DES ESTAMPILLES exhaustive de l'ensemble des productions présentes
■ BIBLIOGRAPHIE sur le site. Ainsi, certaines catégories comme la sigil
lée et la céramique à glaçure plombifère qui n'ont
n° 1. Ce 63.113.336. site est enregistré A.H. dans la carte archéologique nationale sous le La fouille de la cour de l'École Supérieure de
2. Sur le terrain la couverture photographique a été réalisée par J.-M. Commerce de Clermont-Ferrand s'est déroulée au
Sauget et les plans généraux ont été effectués par D. Parent. Enfin, le printemps 1990, à l'occasion de l'agrandissement des mobilier présenté a été dessiné par J.-P. Freyssinet, A. -M. Jouquand
locaux. Ce projet de construction comportait une et A. Wittmann. :
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gallo-romain de l'École Supérieure de Commerce à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). L'habitat
Fig. 1 Clermont-Ferrand - Augutonemetum : Superposition du périmètre urbanisé et de la ville actuelle, d'après SAUGET, PIN 1 992. A limites
de l'urbanisation antique B nécropole C sanctuaire (Mur des Sarrazins) D sources des Roches E édifice public (?) F ateliers G
thermes H théâtre (?) I forum (?) 1 rue Audollent 2 Changil 3 rue d'Assas 4 confiturerie Humbert l'astérisque localise l'E.S.C. :
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90 R.A.C.F. 33, 1994.
jamais fait l'objet d'études sur le site de Clermont, que la topographie a été fortement modelée par l'ac
ont été privilégiées. Aucune étude statistique n'a été tion humaine :
- en effet, au XIXe siècle, des vestiges sont signalés à envisagée et, dans tous les cas, les formes archéologi-
quement les plus complètes et les tessons présentant une profondeur de huit pieds (environ 3,20 m) à
l'angle de la rue des Archers et du boulevard Tru- des décors peu connus ou inédits ont été sélection
nés en priorité. La présentation du mobilier est effec daine, à 100 m au nord-ouest du site étudié
(FOURNIER et al. 1970 412) (Fig. 2 : n° 1) ; tuée par période, au fur et à mesure de la démonstrat
ion archéologique et par contexte stratigraphique3. - en 1957, lors de la construction du groupe scolaire
Jules-Ferry, sur la parcelle jouxtant au nord l'École
Supérieure de Commerce, P.-F. Fournier signale la 1.2. L'environnement archéologique
découverte de murs gallo-romains, d'un pavage de
L'habitat étudié est localisé dans la zone centrale briques, d'un mur de tuileau etc., à une profondeur
de la ville antique du Haut-Empire, sur le revers de 5,50 m sous le boulevard (fournier et al. 1970
412) (Fig. 2 : n° 2). oriental de la butte (Fig. 1). Toutefois, en raison de la
rareté des travaux urbains d'une certaine ampleur
dans ce secteur, nous n'en connaissons pas avec pré La nature de l'occupation de ce secteur n'est pas
cision la topographie et le type d'occupation. non plus bien connue, les découvertes étant trop
L'analyse des découvertes fortuites fait apparaître ponctuelles. Cependant, la mise au jour d'une mosaï
que dans un îlot bordant le boulevard Trudaine à
l'ouest, entre les rues Saint-Austremoine et de
l'Oratoire, c'est-à-dire presque en face du site, indi
que la présence d'un habitat d'une certaine qualité
(BOUILLET 1846 97) (Fig. 2 : n° 3), impression renfor
cée, il est vrai, par la relative rareté des mosaïques
mises au jour à Clermont-Ferrand : à peine dix-huit
exemplaires recensés et dont seules quelques-unes
subsistent.
Hormis ces quelques découvertes anciennes, il
convient de signaler la fouille conduite en 1986 à l'an
gle des rues Audollent et Delarbre, à environ 200 m
au nord-est du site (Fig. 1) : les structures mises au
jour sur 1000 m2 appartiennent à une demeure de
qualité, organisée autour d'une cour centrale (tixier,
daugas, sauget 1989 : 39-41). Construite à l'époque
tibérienne, elle fut occupée, après de nombreuses
modifications et divisions, jusque dans le courant du
IIP Siècle (WITTMANN 1989).
Si l'hypothèse d'une organisation de la ville anti
que selon une trame orthogonale délimitant des îlots
de 120 m de côté peut être retenue (sauget, parent
1988 : 212), le chantier se localiserait sur la bordure
ouest d'une insula, non loin d'un cardo qui se situe
rait sous l'actuel boulevard Trudaine, et probable
ment à la rupture de pente de deux terrasses aménag
ées dans le substrat (Fig. 3).
Pour les périodes médiévale et moderne, aucune
occupation n'est attestée sur l'espace concerné. Les Fig. 2 Localisation du site sur le cadastre de 1975. sépultures signalées lors de la construction du A emprise de la fouille B École Supérieure de Commerce.
groupe scolaire déjà mentionné et sous le boulevard
(FOURNIER et al. 1970 412) n'existent pas dans l'em
3. Le numéro d'ordre attribué, par couche, à chaque objet isolé lors prise du chantier (Fig. 2 : n° 4). Le terrain, appartede la fouille a été conservé pour la publication. Dès lors, la numérotat
ion portée sur les planches n'est pas continue. nant à des congrégations religieuses, fut par la suite :
L'habitat gallo-romain de l'École Supérieure de Commerce à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 91
Fig. 3 Augustonemetum au Haut-Empire d'après J.-M. Sauget. Restitution de la topographie du site
et du plan urbanistique. En gris, les nécropoles. Le site correspond au rond noir entouré d'un carré. :
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92 R.A.C.F. 33, 1994.
affecté au Grand Séminaire qui s'y installa en 1775. 198). Le même problème, les mêmes interrogations
Le bâtiment fut ensuite transformé en casernement subsistent également fortement lorsqu'il s'agit d'étu
puis en siège de la 13e Région économique pour dier de près les fluctuations urbaines et l'évolution
accueillir finalement l'École Supérieure de du tissu urbain à partir du IIIe siècle, la seule réfé
Commerce (fournier étal. 1970 : 380). Le chantier pro rence de site disponible à ce jour restant le chantier
prement dit occupe l'ancienne rampe d'accès de la de l'ancienne confiturerie Humbert, boulevard Ger-
cour de l'immeuble, en bordure du boulevard et au govia, trop rapidement fouillé en 1986 (tixier,
sud du bâtiment. daugas, sauget 1989 36-39) (Fig. 1 : n° 4). Hormis
les quelques notices publiées dans ces colonnes, les
travaux récents ne sont pas assez nombreux pour être 1.3. Les axes de recherches
réellement représentatifs, d'autant que le plus grand
Les sondages préliminaires ayant mis en évidence nombre d'interventions fut réalisé sur des franges de
une occupation structurée du site, la fouille devait la ville qui ont connu une évolution assez différente
répondre prioritairement à plusieurs interrogations : de la partie intra-muros de la ville médiévale.
- étudier les modalités d'aménagement du relief
dans un secteur pentu : terrasses aménagées, soutè
nement, organisation de la voirie et de l'habitat par 2. L'AMÉNAGEMENT DU RELIEF
rapport à ces travaux ;
- apprécier finement la première occupation du site Le site d'Augustonemetum est fortement marqué
afin de mieux saisir le processus d'urbanisation par le volcanisme : la butte centrale résulte de l'a
antique ; ccumulation de projections consécutives à l'explosion
- aborder le problème de l'abandon du secteur qui d'un maar (explosion phréato-magmatique). Ce
demeure entier, tant sur le plan chronologique que dépôt cryoclasté, appelé tuff-ring, est donc constitué
dans ses modalités pratiques. de fragments du socle, de marnes pulvérisées, chauff
és à très forte température et déposés, sous le vent,
L'étude de ces trois points nous paraît essentielle sur le bord du cratère, il y a près de 150 000 ans
en raison des nombreuses lacunes perceptibles dans (RAYNAL et al. 1985). De ce fait, la topographie fut
nos connaissances sur la ville antique. L'urbanisation complètement modifiée par l'édification d'un relief
du site reste encore mal appréhendée dans le détail fortement escarpé sur les trois côtés nord, ouest et
(SAUGET, pin 1992 68-69) et certaines directions de sud, entourés de zones palustres et ménageant un
recherche sont encore à étudier de près, notamment grand plan incliné à l'est. Ce plan, malgré tout relat
pour tout ce qui concerne les relations directes entre ivement raide, fut utilisé par les topographes dès l'An
la ville de plaine et les sites de hauteur pour la tiquité pour permettre l'édification de la ville (Fig. 4).
période gallo-romaine précoce (SAUGET et al. 1992 Ces aménagements du terrain géologique se perçoi
vent nettement sur le site : le sondage géo-technique
(S. 1) réalisé sur le boulevard Trudaine par le maître
d'œuvre rencontra le tuff-ring à environ 4 m sous le E 0 bd Trud aine
niveau du trottoir, alors qu'un deuxième sondage 400 ggjUH (S. 2), réalisé par nos soins à 2 m à peine du premier,
ne recoupa le sommet des niveaux antiques qu'à une
profondeur de 5,60 m, niveau qui s'avéra être le som
met des structures gallo-romaines mises au jour sur Pf le chantier et attribuables à la dernière occupation
(Fig. 5). Il existe, par conséquent, une différence d'au 300
moins 3,60 m entre les deux niveaux de terrasses 1 1000m aménagées dans le tuff-ring. Un troisième sondage z 1/ ^ 3
(S. 3), pratiqué en 1989 par le Service Régional d'Ar4 9%,
chéologie, au centre de l'actuel parking, à environ
25 m plus à l'est, n'a recoupé les niveaux antiques
Fig. 4 Coupe géologique simplifiée du site de Clermont, d'après qu'à environ 3 m sous le sol de la rue Bansac. Cette RAYNAL ef al. 1985: 190. 1 tuff-ring; 2: marno-calcaire 3: observation laisse supposer l'existence d'une troremplissage lacustre du maar de Clermont 4 alluvions anciennes
de la Tiretaine. isième terrasse, plus à l'est. ;
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gallo-romain de l'École Supérieure de Commerce à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 93 L'habitat
o
bd
Trudaine
5m
Fig. 5 Coupe topographique de la cour de l'École Supérieure de commerce
d'après A.-M. Jouquand et J.-M. Sauget. En trait fin, le relief actuel, y compris le
surcreusement oriental vers la rue Bansac, en trait fort, le terrain géologique. 1 tuff- 1Om ring 2 zone de fouille.
3. LA PÉRIODE 1 : UN HABITAT DE QUALITÉ
Les vestiges attribuables à cette période sont ceux
d'un grand habitat, dont une partie seulement fut
mise au jour. Cette maison semble se développer
selon un vaste plan, dépassant largement l'emprise
de la fouille : seules quatre pièces et un espace enclos
non couvert ont été dégagés, leurs sols reposant
directement sur le tuff-ring (Fig. 6, 7 et 8).
3.1. L'organisation de l'habitat
Le plan de la maison paraît s'organiser selon un
schéma classique autour d'une cour à portiques qui
se développe dans l'angle sud-est de la fouille. La
pièce 2, disposée en L, correspondrait à la galerie.
3.1.1. Les murs
Trois types de murs sont associés à ce bâtiment :
- les murs M 24, M 25, M 26 dans sa moitié sud et
M 31, délimitant les pièces 1 et 2, ont une largeur de
0,50 m ; leurs parements, assez soignés, sont assises
et l'utilisation de blocs de basalte non equarris y est
systématique. Les pièces 1 et 2 comportent des
enduits peints : les murs sont recouverts de deux
couches, le gobetage et l'enduit. La première cou
che, constituée d'un mortier gris, a été appliquée de
manière grossière, comme le montrent les traces de 1 murs période 1
lissage à la truelle : ceci devait faciliter l'accrochage 2 murs 2
3 murs période 3 de l'enduit. La seconde couche, un mortier de
4 zones détruites. chaux blanc, est lissée en surface et supporte les
peintures. Celles-ci sont peu lisibles et la hauteur Fig. 6 Plan des destructions et localisation des coupes. :
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R.A.C.F. 33, 1994.
de conservation des murs est insuffisante pour
reconstituer l'ensemble des décors, dont seule la
base subsiste. Le mur M 24, conservé sur 0,40 m de
haut présente sur sa face nord deux bandes de cou
leurs : à la base, une bande rose de 0,20 m de haut,
sous un fond rouge sans décor. Le mur M 26, sub
sistant sur une hauteur de 0,70 m, comporte sur sa
face est un enduit peint de couleur rose sur lequel a
été projeté un mouchetis vert, noir, rouge et jaune.
Par endroit, de petites lignes noires verticales, espa
cées de 0,26 m à 0,28 m, ont été ajoutées ;
- les murs M 30, M 32, M 33, M 39, M 40 et M 26 dans
sa moitié nord, délimitant les pièces 3 et 4, ont une
largeur de 0,35 à 0,40 m. Ils sont constitués d'un
double parement en blocs de tuff-ring débité. Les
parements, assises de blocs de taille variables, ont
un aspect irrégulier, accentué par l'utilisation de
matériaux divers : fragments de tuiles, de briques et
de blocs de basalte. Seules les faces internes des
murs M 33, M 39 et M 40, délimitant la pièce 3, sont
enduites selon la même technique que le premier
groupe de murs ;
- les murs M 34, M 36 et M 37, délimitant l'espace
non couvert, ainsi que M 35, devaient avoir l'aspect
de murets car ils ne sont pas fondés. Grossièrement
maçonnés, ils ne subsistent que sur deux assises.
Les destructions sont trop importantes dans la parFig. 7 Plan synthétique de la période 1.1: murs conservés
2 seuils 3 murs restitués 4 hypothèses. tie est du chantier, pour que M 35 puisse être
Coupe 1
Coupe 2
5m _l
Fig. 8 Coupes stratigraphiques 1 et 2. 1 pouzzolane 2 occupation 3 remblai de mortier et enduit
pulvérulents; 4: remblai composé de tuff-ring; 5: tuff-ring en place; 6: chaux; 7: charbons de bois. L'habitat gallo-romain de l'École Supérieure de Commerce à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 95
directement rattaché aux autres murets. Même si mêmes éléments que ceux retrouvés sur les sols
aucun lien stratigraphique n'a pu être établi, ce mur après la destruction de la maison. Il est à noter que la
présente toutefois une technique de construction fosse occupe le centre de la pièce, ce qui laisse sup
identique. poser que la nature de l'utilisation de cet espace est
liée à la fonction de cette structure en creux. Sa
forme fait penser à une fosse pouvant accueillir un 3.1.2. Les sols
récipient de stockage, tel qu'un dolium ou un ton
Tous les sols, sauf celui de la pièce 4, sont neau. Cependant, aucun indice ne permet de tran
construits selon la même technique : un radier ou cher entre une fonction domestique ou artisanale.
substratum, constitué d'une unique couche de blocs
de basalte et de galets de quartz, supporte une cou 3.1.5. Les espaces non couverts
che de mortier gris lissée en surface. Ces sols, très
usés en de nombreux endroits, laissent apparaître le Dans un premier temps, le reste de la surface étu
radier. Le niveau de circulation de la pièce 1 est plus diée est demeuré libre de construction. Le long du
haut de 0,50 m que le reste de la maison. Ce fait mur M 26, une fosse (F 25) de forme oblongue est
confirme l'hypothèse de l'aménagement de terrasses creusée dans le tuff-ring sur une profondeur d'envi
avant la construction de cet habitat. ron 0,30 m (Fig. 7). Son comblement, riche en matér
iel archéologique (US 1203, 1208 et 1232), permet
d'attribuer une fonction secondaire de dépotoir à 3.1.3. La pièce 2
cette structure en creux.
Le sol de la pièce 2, observé en limite sud-est du Dans un second temps, mais très rapidement,
site, forme un " L " et se poursuit au-delà de la limite comme le montre la similitude du matériel des deux
du chantier. Sa largeur n'est que de 2 m environ. Le phases, l'espace non couvert, entouré des murets
mur M 31, limitant l'aile orientée nord-sud, a été (M 34, M 36, M 37 et peut-être M 35), est accolé au
récupéré et en partie recoupé par une seconde tran nord-ouest du bâtiment existant. Le mur M 37 scelle
chée de récupération correspondant à un mur de la fosse F 25. La présence d'une succession de cou
l'état postérieur (M 8). L'examen de cette tranchée a ches de sédiments organiques, parfois charbonneux
permis de faire quelques observations : il s'agissait (US 3062, 3070), et l'abondance du mobilier recueilli
d'un mur large de 0,45 m, fondé sur une hauteur de (céramique et ossements d'animaux) indiquent une
0,40 m au maximum. Du mortier, accumulé à sa base utilisation domestique (cour de service?). Sur le
lors de son édification, avait été scellé au moment de reste de l'espace non bâti, des déchets d'activités
la mise en place du sol de la pièce, ce qui permet domestiques sont rejetés le long des murs (US 3073,
d'attribuer ce mur à cet état. 3074, 1138 et 1202).
Cette pièce est interprétée comme une galerie, Il est à noter que M 35 ne présente pas la même
délimitant peut-être une cour au sud-est de la fouille. orientation que l'ensemble des autres murs, tous
Les autres pièces de la maison ont pu s'organiser axés nord-sud. Ce simple muret limite un espace
autour de cette aire de circulation. Cette hypothèse annexe, cour ou enclos, accolé ultérieurement à la
est renforcée par la présence d'éléments de colonnes maison, et ne constitue qu'une limite temporaire.
maçonnées en arkose grossier. Ces colonnes pou Pour cette première période, la fouille n'a livré
vaient reposer sur M 31 qui aurait alors servi de stylo- aucune information sur l'occupation éventuelle de la
bate. terrasse occidentale, située 8 m au-dessus du sol de la
maison.
3.1.4. La pièce 4
3.2. L'abandon de la fonction domestique Son sol se présente sous la forme d'une multitude
de fines couches d'un sédiment organique noir très 3.2.1. Une activité de bronzier
compact. Le matériel recueilli est peu abondant et
très fragmenté. Ce sol est percé par quatre trous de Les niveaux d'occupation, accumulés sur les sols
piquets et par une fosse (F 27) de forme parfaitement des pièces 1 et 2, sont liés à une activité de bronzier.
circulaire, de 1 m de diamètre et creusée sur une pro Dans la pièce 1, aucune structure associée à cet artisa
fondeur d'environ 0,50 m. Ses bords sont droits et nat n'a été observée. Cependant, le sédiment fin cha
son fond plat. Son comblement est constitué des rbonneux qui recouvre son sol contient de nombreux

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