La République des Pictons - article ; n°3 ; vol.126, pg 532-559

De
Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres - Année 1982 - Volume 126 - Numéro 3 - Pages 532-559
28 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1982
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Monsieur Gilbert-Charles Picard
La République des Pictons
In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 126e année, N. 3, 1982. pp. 532-
559.
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Picard Gilbert-Charles. La République des Pictons. In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-
Lettres, 126e année, N. 3, 1982. pp. 532-559.
doi : 10.3406/crai.1982.13972
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1982_num_126_3_13972COMPTES RENDUS DE L' ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS 532
COMMUNICATION
LA RÉPUBLIQUE DES PICTONS,
PAR M. GILBERT CHARLES PICARD, CORRESPONDANT DE L* ACADÉMIE
La plus vaste des « républiques » gallo-romaines est aussi une des
plus mal connues1. Sous l'empire, le territoire des Pictones ou Pictavi
couvrait non seulement en entier celui des actuels départements de
la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée, mais aussi le sud du
Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique, la Loire leur servant de
frontière avec les Namnètes, les Andecaves et les Turons, soit plus
de 25 000 km.
J. Hiernard2 a établi que jusqu'à César, leur domaine était beau
coup plus restreint ; ayant pour cœur le seuil du Poitou, il se prolon
geait au nord jusqu'au territoire turon, qui commençait au même
endroit que le département d'Indre-et-Loire, à Ingrandes-sur-
Vienne (Equoranda) ; au nord-ouest, il englobait le pays de Loudun ;
au sud et au sud-ouest il contrôlait le golfe dont le colmatage a
donné le marais poitevin et qui était alors le centre d'une intense
activité maritime avec l'embouchure de la rivière Canentelos et son
port3 (fig. 1).
1. Il n'existe aucun ouvrage d'ensemble consacré aux Pictons. G. Dez a traité
des siècles de romanisation dans Histoire du Poitou, Paris, 1976, p. 50-89, et
de Poitiers antique dans Histoire de Poitiers (Mem. de la Soc. des Antiquaires de
l'Ouest, 1969). Goessler, Pictones, R.E. XX, 1, 1941 c. 1203-1213. R. Thouvenot,
Limonum dans Princeton Enciclopedia of Classical Sites. Notre connaissance du
Poitou antique a été renouvelée depuis 1942 par les fouilles de la Direction des
Antiquités de Poitou-Charentes, dont les responsables ont été, après F. Eygun,
admirable connaisseur de la région, G. Nicolini et J. C. Papinot. Les résultats
sont exposés dans les chroniques de Gallia, dans le Bulletin de liaison de la Direc
tion des Antiquités (cité ci-après BLI), ainsi que dans les catalogues d'expositions :
Poitiers gallo-romain, 1978 ; Poitiers, Archéologues d'hier, archéologie d'aujour
d'hui, (1981) La Vienne à l'époque gallo-romaine, 1982 (cités ci-après Exp. avec
la date).
2. Géographie monétaire du Poitou antique, Bull, de la Soc. des Antiquaires de
l'Ouest (BSAO) XIV, 1977, pp. 39-55 ; Poitou et Vendée avant les Romains,
Ann. Soc. Emul. Vendée, CXXVI, 1979, p. 45-111.
3. Ptolémée II, 7, 1, nomme du sud au nord de Santonion acron, Kanentelos
potamos, Pictonion acron, Sicor limen. A. Grenier, MAGR, VI, 51, identifie le
Canentelos à la Vie ; mais ce cours d'eau insignifiant n'a gardé aucune trace
notable d'activité, tandis que les rivages de l'ancien golfe sont d'une extrême
richesse archéologique ; il vaut mieux donc avec L. Maurin et F. Tassaux,
Gallia, 37, 1979, 2, p. 270 voir dans le cap Picton l'entrée du golfe et dans le
Ganentelos la Sèvre Niortaise, avec pour port soit une ville homonyme, soit
Niort. RÉPUBLIQUE DES PICTONS LA 533
• IVLIUMAGUS AESARODUNUM
CONDEVINOUM^v— >^_
BITUFEES CUBI
RGENTO^AGUS ^"
HHBliBiMlB^ MEDIOLARUM
Fio. 1. — Carte archéologique du Poitou,
L'extension considérable de l'état picton à la fin de la guerre des
Gaules fut le fruit de la politique d'un homme qui dès le début avait
secondé César, Duratios. On devine déjà son action lorsqu'en fin 57,
le jeune Crassus vient hiverner en Anjou avec la VIIe Légion. Pour
approvisionner ses hommes, le légat fit réquisitionner du blé chez
les Armoricains : les Vénètes du Morbihan, les Coriosolites des Côtes-
du-Nord, et les Ésu viens de l'Orne, c'est-à-dire sur des terres
impropres aux céréales du Massif armoricain, épargnant les riches
plaines calcaires du Poitou. Il s'agissait évidemment de provoquer
sciemment les Armoricains, en favorisant les Pictons et les Santons
qui s'étaient rangés dans l'alliance romaine ; le but recherché était
l'anéantissement du monopole commercial des Vénètes en Atlan
tique et en Manche, qui indisposait aussi bien les hommes d'affaires
romains que les négociants et armateurs de ces deux peuples. Santons
et Pictons mirent d'ailleurs leur flotte à la disposition de Brutus
contre les Vénètes.
En 52 cependant un contingent picton de 8 000 hommes participe COMPTES RENDUS DE L* ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS 534
à l'expédition de secours d'Alésia. Hirtius garantit que Duratius
n'avait pas approuvé cette décision ; en fait une partie de la civitas
avait fait défection et s'était révoltée contre lui4. Tandis qu'une
partie des insurgés marchait au secours de Vercingétorix, les autres
bloquaient Duratios dans le plus important des oppida pictons,
Limonum, dont il restait maître. Ses adversaires étaient renforcés
d'alliés venus des cités voisines et commandés par l'Ande Dum-
nacus.
Délivré en 51 par les légats Caninius et Fabius, Duratius reçoit
de César le gentilice de Iulius, véritable titre de noblesse, qu'il fut
un des premiers à obtenir5. Pour mieux marquer son lien personnel
avec le dictateur, il met au droit de ses monnaies la tête de Vénus.
Investi ainsi d'un pouvoir vraiment royal, il règne sur un territoire
élargi vers le nord jusqu'à la Loire, englobant notamment l'impor
tant port de Ratiata en face de Condevincum, la capitale des Nam-
nètes, et toute la Vendée, où J. Hiernard situe l'habitat des Ambi-
liati, petit peuple appartenant jusque-là à la confédération armor
icaine6.
Ces mesures nous paraissent caractéristiques de la politique per
sonnelle de César ; loin de vouloir démanteler les civitates gauloises
pour les ramener à la taille de poleis méditerranéennes, il cherche à les
élargir, en fait de véritables royaumes qu'il confie à ses fidèles, avec
qui il établit un lien personnel en leur conférant son gentilice.
Nous ignorons la durée du règne de Duratius. Mais les dispositions
prises en sa faveur par César vont dominer toute l'histoire de son
peuple jusqu'à la fin du 11e siècle de notre ère. D'une part elles
donnent à la respublica les moyens d'un rapide essor économique ;
mais d'autre part elles introduisent entre ses habitants une discrimi
nation qui ne sera jamais surmontée, faisant des uns des privilégiés
et des autres des déshérités. Cette discrimination engendrera des
haines qui se transmettront de génération en génération, et qui
finiront par entraîner la ruine de la civitas.
Les fouilles extrêmement précises menées ces dernières années en
Poitou par la Direction régionale des Antiquités, sous la conduite
de G. Nicolini et J. C. Papinot, permettent d'affirmer que la civitas
a connu une grande prospérité de la conquête au milieu du 11e siècle
(fig- 2).
Cette prospérité se marque d'abord dans le développement de la
4. B. G. VIII 26, 1 : (Duratius) qui perpetuo in amicitia manserat Romanorum
cum pars quaedam civitatis eius defecisset.
5. J. F. Drinkwater, The rise and fall ofthe Gallic Julii, Latomus, XXXVIII,
4, 1978, p. 826, n. 55. Monnaies de Duratius : B.N. 4479-4482. A. Blanchet, Traité,
p. 298 ; G. Fabre, L'art gaulois, pi. XVI, 29. J.B. Colbert de Beaulieu, Hom.
A. Grenier, 1962, p. 431 sq.
6. Supra, n. 2. LA REPUBLIQUE DES PICTONS 535
•S-
2. — Plan de Poitiers gallo-romain. Fig.
capitale7. Limonum est restée implantée sur le site de l'oppidum
de Duratius : un éperon déterminé par le confluent de la Boivre avec
le Clain, accessible seulement par le sud. Au temps de l'indépendance,
le centre de l'agglomération paraît avoir coïncidé avec le sommet de
l'oppidum, occupé par un sanctuaire proche de l'actuelle préfecture ;
les fouilles menées depuis 1973 ont permis d'identifier le forum
romain nettement plus à l'est, au centre de la presqu'île, là où s'élève
aujourd'hui Notre-Dame-la-Grande et s'étend la place Charles-de-
7. Supra, n. 1. Sur le site de Limonum, R. Favreau, La ville de Poitiers à la fin
du Moyen Âge (MSAO, 1978). p. 17-19. Sur la ville antique, ibid., p. 19-26. Nous
avons dressé un nouveau plan de Limonum en combinant celui de G. Dez avec
les résultats des fouilles récentes : MEFRA 93, 1981, 2, p. 900, fig. 1. Un autre
plan a été présenté à l'Exp. 1982 par la Direction des Antiquités ; il diffère du
nôtre principalement en ce qu'il indique deux fora, l'un place Leclerc, l'autre
place de Gaulle. Aucune ville gallo-romaine ne possédant deux fora, cette hypo
thèse nous semble devoir être écartée. -f
Fig. 3. — Poitiers : arcade au Mercure du square du lycée. LA RÉPUBLIQUE DES PICTONS 537
Gaulle8. Le decumanus maximus est bien marqué par la Grand-Rue,
à peu près prolongée par la rue Boncenne. Le tracé du kardo corre
spond à la rue Arsène-Orillard et à la rue Riffault. Cette localisation
du forum, proposée par G. Nicolini, est bien préférable à celle qui le
situait auparavant sur la place d'Armes (actuellement place du
maréchal-Leclerc). Mais il y avait là des constructions importantes
que le P. de la Croix identifiait à un marché. Plus au sud, un grand
édifice à arcades orné de statues en façade (fig. 3) pourrait être,
selon le même archéologue, une basilique9. Les fouilles de 1973
datent le forum du ier siècle ; une mosaïque géométrique noire et
blanche qui pavait une des annexes, se situe à l'époque flavienne10.
L'isthme qui donne accès à la ville était occupé en partie par des
nécropoles ; il était utilisé par deux voies, dont l'une se dirigeait vers
Saintes et l'autre vers Niort, et par trois aqueducs qui alimentaient
les thermes dont nous reparlerons. Avant d'entrer en ville, la route
de Saintes longeait l'amphithéâtre11 ; par ses dimensions (150 m sur
130) c'était le plus grand de Gaule chevelue après celui d'Autun ;
il fut malheureusement stupidement détruit en 1859, mais Bourgnon
de Layre en avait auparavant relevé le plan et l'élévation ; c'était
un amphithéâtre construit, du type du Colisée, mais sans galerie
périphérique, comportant 62 voûtes radiales. On a estimé la conte
nance à 30 000 spectateurs. A. Grenier le datait de l'époque flavienne,
parce que ses murs ne comportait pas d'assises de briques. Cette
chronologie est corroborée par celle du théâtre du Vieux-Poitiers,
daté avec certitude par R. Fritsch du temps d'Auguste et de Tibère.
Il est peu probable en effet qu'un vicus ait pu s'offrir un somptueux
édifice de spectacle alors que le chef-lieu en était dépourvu ; il est
vrai d'autre part que les arènes de Poitiers ont pu être réalisées
d'abord sous une forme plus simple ; l'amphithéâtre claudien de
Saintes n'est que partiellement construit. La date la plus probable
pour l'amphithéâtre de Limonum nous paraît donc en définitive
celle proposée par A. Grenier. La capitale des Pictons se trouverait
à cet égard sur le même pied que les grandes cités de Narbonnaise,
Arles et Nîmes.
Elle s'y apparente aussi par la possession d'un arc de triomphe,
8. G. Nicolini, Gallia, 35, 1977, 2, p. 383. Exp. 1978, p. 6.
9. Un pilier calcaire orné d'une très belle tête de Mercure, avec le départ de
l'archivolte de deux arcades, découvert par le P. de la Croix, est conservé au
Musée : F. Eygun, Art des pays d'Ouest, p. 280, app. 9, ici fig. 3. La sculpture
et la mouluration suggèrent une datation au milieu du ne siècle.
10. Gallia, 55, 1977, 1. 1. La mosaïque comprend : a) une bordure avec tresse
de vannier, une bande chargée de sabliers en quinconce, alternativement noirs
et blancs, un méandre de swastikas avec bandes chargées de carrés blancs sur
fond noir.
11. Bourgnon de Layre, L'amphithéâtre ou les arènes de Poitiers, MSAO, X
1843, p. 137-273. A. Grenier, MA GR, III, 2 (Ludi et circenses), p. 677-679. COMPTES RENDUS DE L* ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS 538
sous lequel le voyageur venant de Saintes passait après avoir dépassé
les arènes. Quelques restes de ce monument, retrouvés par l'inf
atigable P. de La Croix, sont aujourd'hui au Musée. Il s'agit d'une
arcade trop étroite (2,10 m) pour avoir été autre chose que la porte
latérale d'un arc à trois baies. Les deux figures sculptées dans les
écoinçons sont sans équivalent dans l'iconographie triomphale
romaine. Nous avons pu montrer12 qu'elles combinent le type habi
tuel de la Niké volant au-dessus de l'archivolte d'un arc avec celui
des rivières ; on sait que sur les arcs de Septime Sévère et de Constant
in à Rome, le tympan au-dessus des baies latérales est meublé
d'images de dieux-fleuves ; sur l'arc de Trajan à Bénévent, à baie
unique, les écoinçons du côté nord portent une nymphe de rivière
et un dieu-fleuve, tandis que ceux de la face sud ont les classiques
Victoires en vol. L'arc de Poitiers nous offre un exemple unique
d'une formule dont dérivent toutes celles qui viennent d'être citées ;
il devait avoir au-dessus de sa baie centrale des Nikés en vol, et
présentait des baies latérales des rivières assises qui
seront plus tard remplacées par des génies mâles. La technique de la
sculpture est d'autre part plus proche de celle des œuvres julio-
claudiennes que de celles d'époque antonine ; les piliers ou l'entabl
ement étaient ornés de dépouilles navales très proches de celles
d'Orange. Toutes ces données conduisent à une datation haute, sous
Claude ou sous les Flaviens.
Limonum possédait aussi, sans doute un Capitole ; au xve siècle,
le nom de Chadeuil, certainement dérivé de Capitolium, s'attachait
à un édifice que R. Favreau13 localise place de la Liberté (à environ
200 m au N.E. du forum) ; la présence d'un temple de la triade
Capitoline, exceptionnelle en Gaule chevelue, s'explique certain
ement par la fonction de capitale provinciale, dévolue un temps à la
ville.
L'hygiène collective était assurée par plusieurs établissements
thermaux. Le plus important, fouillé par le P. de La Croix14 se
trouvait dans la partie nord de la ville, sous l'actuelle église Saint-
Germain. Le savant jésuite en a laissé une description fort précise
et des plans. Une salle chauffée par hypocauste, de forme rectan
gulaire, avait chacun de ses murs longs ornés de niches alternat
ivement rectangulaires et en demi-cercle, revêtues de mosaïques de
pâtes de verre où se mêlaient des coquillages ; c'est le décor des
fontaines et nymphées flaviens de Pompéi, ce qui date l'édifice16.
12. BSNAF, 1980-1981, p. 192-196.
13. Op.L, p. 22, n. 71.
14. C. de la Croix, Bull. mon. 1878, p. 462 sq. A. Grenier, MA GR, IV, 1, p. 290-
294.
15. Ces mosaïques de pâtes de verre mêlées de coquillages se rencontrent assez
fréquemment en Gaule de l'Ouest ; le musée de Saintes en conserve un fragment LA RÉPUBLIQUE DES PICTONS 539
Une autre pièce était peinte de fresques figurant des rinceaux.
L'actuel Musée installé dans l'ancien couvent Sainte-Croix fondé par
sainte Radegonde16, recouvre d'autres thermes dont l'architecture
présente la plus grande parenté avec ceux de Saint-Germain et qui
doivent dater aussi de la fin du ier siècle. La stratigraphie permet
de dater de la même époque encore les thermes du forum17. D'autre
part, les fouilles de la rue Oudin ont fait apparaître, près des vestiges
d'un des aqueducs, un massif de maçonnerie à degrés, revêtu de
ciment hydraulique, qui était évidemment une fontaine monum
entale18.
Ces indications suffisent à montrer que le développement monu
mental de Limonum commence dès l'époque julio-claudienne et qu'il
atteint son apogée sous les Fia viens, Trajan et Hadrien, avant d'être
interrompu par une catastrophe dont nous préciserons tout à l'heure
la date.
L'image de la capitale se reflète dans les agglomérations qui
l'entourent et qui peuvent être réparties en deux catégories : des
bourgs industrieux, auxquels nous réserverons le nom de vici et des
centres civiques destinés à une population rurale dispersée que nous
appelons conciliabula19. Les uns et les autres sont groupés géogra-
phiquement : on les trouve sur le Seuil du Poitou, ce fossé dans les
terrains anciens, remblayé par les calcaires jurassiques, qui sépare
le Massif armoricain du Massif central. Doublement attrayante par
sa fertilité et par la facilité de passage qu'elle offre entre Garonne et
Loire, cette écharpe avait déjà fixé les Pictons.
Les principaux vici aujourd'hui connus sur le territoire picton20
(L. Maurin, Saintes antique, flg. 301). On en trouve plusieurs exemples en Armo-
rique (R. Sanquer et G. Le Loch, Arch. en Bretagne, 6, 1975, p. 13-22).
16. Gallia, 31, 1973, 2, p. 388. Cf. MEFRAA, 93, p. 905, n. 67.
17.36, 1977, 2, p. 383.
18. Gallia, 37, 2, p. 401. Cf. plan, p. 402, carrés CDE5.
19. Sur les conciliabula, G. Ch. Picard, Sources archéologiques de la civilisation
européenne, 1968, p. 152-164 ; bibliographie dans MEFRA, 93, p. 906, n. 69.
En dernier lieu, Les centres civiques ruraux dans l'Italie et la Gaule romaine, sous
presse dans les actes du Colloque Architecture et Société (EFR, 1981). Nous
répondrons ailleurs aux critiques de H. Wolff, Bonn. Jarb., 176, 1976, p. 102,
n. 167, qui portent plus sur la forme que sur le fond du problème.
20. Sur Vieux-Poitiers, infra, n. 24. St-Pierre-les-Églises où furent retrouvés
7 milliaires de Claude, Antonin, M. Aurèle, Commode et Tacite, est actuellement
l'objet de fouilles dirigées par S. Camus, qui ont dégagé notamment une maison
richement ornée de marbres, occupée du Ier siècle au milieu du ne (BLI, 10, 1981,
p. 45-46 et 11, 1982, p. 57). Les fouilles également en cours à Civaux montrent
que le très important bourg paléo-chrétien a succédé à un vicus possédant
deux temples et un théâtre, ainsi qu'un nombre très important de fours de potiers
surtout actifs aux me et ive siècles : BLI, 10, p. 47-49 et 11, p. 60-65. A Antigny,
gué sur la Gartempe, sur la route Limonum-Argentomagus, Chr. Richard a
découvert pendant l'été 1982, grâce à la photo aérienne, un très important vicus,
avec plusieurs sanctuaires, un théâtre et un forum. Un pilier jovien monum
ental, trouvé là, est au Musée de Poitiers (Espérandieu 1412, Gallia, 35, 1977,
1982 35 COMPTES RENDUS DE L' ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS 540
sont ceux de Vieux-Poitiers, de Saint-Pierre-les-Églises au pied de
Chauvigny, de Civaux, et d'Antigny dans la Vienne, de Melle, de
Brioux, de Rom et d'Usseau dans les Deux-Sèvres sans compter
Niort et le port de Canentelos, nommé par Ptolémée mais non loca
lisé jusqu'ici21. Des conciliabula sont identifiés aux Tours Mirandes,
près de Vendeuvre-du-Poitou, à Sanxay sur la route de Niort, à
Fors et à Périgné au sud de cette ville à Saint-Leomer sur la haute
Gartempe, à Maire entre la Charente et le Clain22. D'autres sites
ayant livré des découvertes importantes, mais dont la structure
n'est pas connue, sont ceux de Jaunay à quelques kilomètres au nord
de Poitiers, de Béruges à la sortie de la ville sur la route de Niort,
de Bonneuil-sur-la -Vienne entre Saint-Pierre et Civaux, de Cenon,
nœud routier important avant la frontière turone23. Les stations
1, p. 104, fig. 9). De Rom (Rauranum sur la Table de Peutinger et l'Itinéraire, où
Ausone avait une propriété), provient la stèle d'un togatus, au Musée de Poitiers
(Espérandieu 1419) ; les milliaires sont au nom de Tetricus, Tacite, et Maximien
(CIL XIII, 1, p. 154 ; 4, p. 12). Brigosium (Brioux) mentionné par la Table et
l'Itinéraire a un milliaire de Constantin.
A Prahecq dans les Deux-Sèvres, grande villa des ier et ne siècles (Gallia, 29,
1971, p. 267 ; 31, 1973, p. 384 ; 33, 1975, p. 376-377). Autre villa dans le même
secteur, à St-Eanne (Gallia, 29, 1971, 2, p. 267). Toujours dans les Deux-Sèvres
méridionales, agglomération du haut Empire a Chavagne (Gallia, 29, 2, 1971,
p. 263).
21. Un grand temple a été trouvé à Niort en 1978 : BLI, 8, p. 25-26. Le forum
a été identifié auprès en 1979-1980 (BLI, 9, p. 33-34). On a trouvé là l'inscription
de C. Gaecilius Civilis, grand négociant originaire de Lyon ou de Tarragone,
également attesté à Talmont en Charente Maritime. (L. Maurin, op.L, p. 322 ;
MEFRA, 93, p. 910.
22. G. Nicolini, Sanctuaires ruraux du Poitou-Charente, Caesarodunum 11,
1976, p. 256-272. L. Maurin, op.L, p. 320 sq. Aux centres indiqués là, ainsi que
par L. Maurin et nous-même (supra, n. 19), il faut ajouter ceux de Fors et de
Périgné, révélés tout récemment dans le sud-ouest des Deux-Sèvres ; à Fors
une place rectangulaire de 45 m x 19, qui paraît dater du ier ou du début du
IIe siècle, et qui, après destruction a été remplacée par un édifice à portique (BLI,
10, p. 35 et fig. 20 ; 11, p. 41-42). A Périgné a été découvert un forum, un bât
iment à portique et des thermes : BLI, 8, p. 26-28 ; 9, p. 35 ; 10, p. 35) ; Gallia,
39, 1981, 2, p. 379 et fig. 20.
Aux sites possédant un forum (Fors, Périgné, Sanxay, Tours Mirandes), il
faut ajouter ceux qui ont des thermes (vici ou conciliabula ? ) : Maire (thermes
avec dallage de marbre vert ; temple ? statue de Cérès : BLI, 1, 1977, p. 23-24)
Jaunay (thermes avec fresques à semis de fleurs et mosaïque géométrique noire
et blanche, F. Eygun, Art des pays d'Ouest, p. 32). Beruges (thermes, nécropole,
BLI, 9, 1979-1980, p. 47).
Pour d'autres sites on ne connaît qu'un sanctuaire ; là encore il peut s'agir,
soit de vici soit de conciliabula : St-Leomer, fouillé depuis 1964 par l'abbé Reix
et E. de Lavergne : Gallia, 27, 1969, 2, p. 282-284 ; 29, 1971, 2, p. 271-273 ; 2, 31,
1973, p. 388-389 ; BLI, 8, 1978, p. 31 ; 9, 1979-1980, p. 45 ; 10, 1981, p. 42 ; 11,
1982, p. 73-74. Un fanum à plan centré peut-être antérieur à l'ère chrétienne,
a été remplacé là par un temple à double cellae rectangulaires jumelées, compar
able à celui de Genainville dans le Vexin. Faye-1'Abbesse (Grenier, MA GR, IV,
2, p. 599 et 788) est le seul sanctuaire connu dans le nord des Deux-Sèvres.
23. Pour Jaunay et Beruges, voir la note précédente ; pour Bonneuil, Eygun,
op.L, p. 279, app. 7 (tête de femme en marbre) ; pour Cenon, CIL XIII, 8946-
8949 : quatre milliaires du ive siècle ; stèle funéraire de Lepida, fille de Valens

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