Le plan antique de Jublains (Mayenne) - article ; n°1 ; vol.3, pg 107-117

De
Revue archéologique de l'ouest - Année 1986 - Volume 3 - Numéro 1 - Pages 107-117
La ville antique de Jublains, chef-lieu de la ciuitas Diablintum, est caractérisée par le strict alignement de ses bâtiments publics. Des découvertes éparses, prolongées par une enquête systématique récente, montrent que cela correspond à une organisation orthogonale de la voirie. Le plan qui en ressort s'inscrit à partir de deux rues parallèles qui bordent les monuments principaux et est orienté en fonction de la topographie. Des constatations encore incomplètes concernent la structure des voies, l'écoulement de l'eau, l'unité de mesure utilisée et les phases de l'évolution de la trame urbaine. On peut s'interroger sur la nature exacte de ce site de 20 ha, structuré d'une manière très régulière, et sur le rôle qu'y joue un temple édifié en limite nord.
The ancient town of Jublains, chief town of the ciuitas Diablintum, is characterized by the strict alignment of its public buildings. Some scattered discoveries, prolonged by a récent systematic investigation, show that it corresponds with an orthogonal lay-out of the System of roads. The plan which appears from that is in keeping with two parallel streets which run along the main buildings and is oriented according to the topography. Some still unfinished investigations are made about the structure of roads, the drainage, the measure unit used and the phases of the évolution of the urban network. One can wonder about the exact nature of this 20 ha site, structured very regularly and about the rôle played by a temple erected on the north border.
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1986
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Jacques Naveau
Le plan antique de Jublains (Mayenne)
In: Revue archéologique de l'ouest, tome 3, 1986. pp. 107-117.
Résumé
La ville antique de Jublains, chef-lieu de la ciuitas Diablintum, est caractérisée par le strict alignement de ses bâtiments publics.
Des découvertes éparses, prolongées par une enquête systématique récente, montrent que cela correspond à une organisation
orthogonale de la voirie. Le plan qui en ressort s'inscrit à partir de deux rues parallèles qui bordent les monuments principaux et
est orienté en fonction de la topographie. Des constatations encore incomplètes concernent la structure des voies, l'écoulement
de l'eau, l'unité de mesure utilisée et les phases de l'évolution de la trame urbaine. On peut s'interroger sur la nature exacte de
ce site de 20 ha, structuré d'une manière très régulière, et sur le rôle qu'y joue un temple édifié en limite nord.
Abstract
The ancient town of Jublains, chief town of the ciuitas Diablintum, is characterized by the strict alignment of its public buildings.
Some scattered discoveries, prolonged by a récent systematic investigation, show that it corresponds with an orthogonal lay-out
of the System of roads. The plan which appears from that is in keeping with two parallel streets which run along the main
buildings and is oriented according to the topography. Some still unfinished investigations are made about the structure of roads,
the drainage, the measure unit used and the phases of the évolution of the urban network. One can wonder about the exact
nature of this 20 ha site, structured very regularly and about the rôle played by a temple erected on the north border.
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Naveau Jacques. Le plan antique de Jublains (Mayenne). In: Revue archéologique de l'ouest, tome 3, 1986. pp. 107-117.
doi : 10.3406/rao.1986.892
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rao_0767-709X_1986_num_3_1_892:
Rev. archéol. Ouest, 3, 1986, p. 107-117
LE PLAN ANTIQUE DE JUBLAINS (Mayenne)
Jacques NAVEAU
Résumé : La ville antique de Jublains, chef-lieu de la ciuitas Diablintum, est caractérisée par le strict alignement
de ses bâtiments publics. Des découvertes éparses, prolongées par une enquête systématique récente, montrent
que cela correspond à une organisation orthogonale de la voirie. Le plan qui en ressort s'inscrit à partir de deux
rues parallèles qui bordent les monuments principaux et est orienté en fonction de la topographie. Des consta
tations encore incomplètes concernent la structure des voies, l'écoulement de l'eau, l'unité de mesure utilisée et
les phases de l'évolution de la trame urbaine. On peut s'interroger sur la nature exacte de ce site de 20 ha, struc
turé d'une manière très régulière, et sur le rôle qu'y joue un temple édifié en limite nord.
Abstract : The ancient town of Jublains, chief town of the ciuitas Diablintum, is characterized by the strict
alignment of its public buildings. Some scattered discoveries, prolonged by a récent systematic investigation, show
that it corresponds with an orthogonal lay-out of the System of roads. The plan which appears from that is in
keeping with two parallel streets which run along the main buildings and is oriented according to the topography.
Some still unfinished investigations are made about the structure of roads, the drainage, the measure unit used
and the phases of the évolution of the urban network. One can wonder about the exact nature of this 20 ha site,
structured very regularly and about the rôle played by a temple erected on the north border.
Mots clés Plan urbain, voirie, ciuitas, topographie, rue, cardo, decumanus, temple, sanctuaire, pied.
Key-words : City plan, System of roads, ciuitas, topography, street, cardo, decumanus, temple, sanctuary, foot.
Le village de Jublains (1) recouvre les ruines de guère intéressés aux rues, qui n'apparaissent que très
Noviodunum, chef-lieu de la cité gallo-romaine des épisodiquement dans la littérature locale.
Diablintes (2). Si presque rien n'est aujourd'hui vi En 1865, l'archéologue Henri Barbe situe un forum
sible de l'habitat antique, il n'en est pas de même des directement au sud du temple (Barbe, 1865, p. 98)
principaux monuments. Un ensemble fortifié qui (3). Il ajoute : "la grande rue débouchait sur le forum,
s'élève au sud-ouest de l'agglomération fit l'objet d'un à l'endroit où le pré s'enfonce en pointe dans le taillis
dégagement systématique au XIXe s. Des fouilles ef voisin : la continuation de la rue est facile à suivre
fectuées à partir de 1834 mirent progressivement au dans le taillis où elle trace un sillon entre deux rangs
jour quatre bâtiments publics alignés du nord au sud : de décombres". Comparée au parcellaire, cette des
un temple, une aire à galeries latérales qualifiée de cription indique qu'il s'agit d'une voie nord-sud, mais
"prétoire", des thermes et un théâtre. on regrette qu'elle n'ait pas été précisée par un plan
Un fait remarquable, qui ne semble cependant (fig. 1). S'agit-il de l'une des deux rues parallèles qui
guère avoir éveillé la curiosité des archéologues, est bordent le temple et dont il sera question plus loin ou
précisément la disposition de ces édifices. Ils dessi d'une rue intermédiaire (4) ?
nent un axe qui traverse toute la zone urbaine et en A l'autre extrémité de la ville, H. Barbe croit re
constitue la colonne vertébrale. Une structure aussi connaître un second forum dans le "Champ de Foire"
prégnante paraît être l'indice d'une organisation or et le "Champ de Jouvence" qui s'étendent au flanc du
thogonale de l'espace. L'orientation des murs signalés plateau de Jublains (Barbe, 1865, pp. 76-80) (5). Son
dans le sol de Jublains allant dans le sens de cette hy argumentation est essentiellement d'ordre topony-
pothèse, il devenait nécessaire d'examiner la question mique et paraît infirmée par la pente du terrain et par
en portant l'effort de recherche sur la voirie antique. la situation des parcelles en dehors de l'agglomérat
ion.
Plus intéressante est la mention d'une voie trouvée I - HISTORIQUE DES RECHERCHES en face du parvis de l'église (Barbe, 1865, pp. 19-21 et
Les fouilleurs qui nous ont précédés ne se sont planches I et II) (6). H. Barbe en donne une des-
Corrcspondant départemental des Antiquités historiques, 15 rue Marceau, 53000 Laval 108
vetage ouvert en 1984 au centre de l'agglomération
romaine. Comme il fallait sonder en un temps limité
une surface de 0,3 ha, on a dû procéder par tranchées
permettant de révéler la présence éventuelle de ves
tiges. Cette méthode s'apparente à la détection plus
qu'à la fouille. Elle a fait apparaître la présence et
l'orientation de trois voies. Il a été décidé ensuite de
.la poursuivre en d'autres points du bourg.
Quelques informations ont été obtenues à
l'occasion de terrassements qu'un heureux hasard a
placés le long de l'un des axes majeurs. Le bâti et les
herbages qui couvrent la zone concernée rendant in
utiles les survols en avion, il a fallu faire appel à
d'autres modes de prospection. C'est ainsi que l'on a
soigneusement examiné les fossés bordant les routes
qui mènent au village. Les découvertes les plus nom
breuses ont été faites le long de la route de Grazay,
qui traverse la partie nord du site et dont l'intérêt
avait déjà été signalé au XIXe s. (Blanchetière, 1858,
p. 543) (fig. 2). Le nettoyage d'un fossé a fourni une
50 m
Fig. 1 - Terrain au sud du temple de Jublains, où H. Barbe situe
un forum et une rue nord-sud (Atlas, 1865, planche I).
cription détaillée et en dessine la coupe. Il y voit "la
rue principale de la ville", ce qui semble bien
s'inscrire dans le schéma que nous allons proposer.
Le XIXe s. ne nous a rien livré d'autre sur la voirie
antique. Plus près de nous, R. Diehl a surveillé le
creusement d'un réseau d'égouts en 1957 et 1958. Il
en résulte un précieux plan manuscrit sur lequel il a
reporté tous les vestiges rencontrés. Nous y trouvons
l'indication de chaussées en deux endroits, sans que
leur orientation soit précisée (7). Enfin, une voie est-
ouest a été fouillée par R. Coutelle en 1978 près de la
"villa" de la Boissière (8). Elle est formée d'un em
pierrement reposant sur un épais lit d'arène gra
nitique. La mise en évidence de ce matériau a guidé la
plupart des découvertes ultérieures de voies, car son
1OOm emploi s'est révélé systématique sur le site de Jublains
(9).
L'idée d'entreprendre une enquête plus étendue sur Fig. 2 - Relations entre la route de Grazay et la voirie antique
d'après les fouilles de 1985. la structure urbaine résulte d'un chantier de 109
Illustration non autorisée à la diffusion
PLAN DE JUBLAINS
-Mayenne -
J. Naveau 1985
Fig. 3 - Le plan antique de Jublains. 1 : Fouille d'une rue ; 2 : Trace paysagère. 110
coupe longue de 146 m sur presque toute l'épaisseur
de la couche archéologique (10).
Les constatations faites sur le terrain ont été comp
létées par l'étude méthodique des plans cadastraux
et de la couverture photographique aérienne. Pour
permettre des mesures exactes, un orthophotoplan a
été réalisé par PI.G.N. pour le compte de la Société
d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne. Au total,
nous pensons pouvoir situer dix-sept rues, dont treize
ont été rencontrées en fouille.
Le plan qui ressort de ces différents modes
d'approche n'est qu'un premier schéma, en partie hy
pothétique, que des découvertes ultérieures viendront
corriger et compléter (fig. 3). Son caractère or
thogonal et le manque de données sur la chronologie
relative des voies incitent à le présenter de manière
globale. Les quelques éléments de datation dont nous
disposons ne seront donnés qu'ensuite, en même
temps que l'on esquissera les phases de l'occupation
du site.
II - LES ELEMENTS STRUCTURANTS MAJEURS
On a longtemps abordé l'étude topographique des 500m villes gallo-romaines en fonction d'un a priori selon
lequd ïl existerait un plan type. Ce dernier
s'organiserait en un schéma strictement orthogonal
autour de deux axes orientés approximativement Fig. 4 - Relief de Jublains.
nord-sud et est-ouest, le cardo et le decumanus, se
coupant au forum. Cette idée est maintenant com
battue car elle ne coïncide jamais avec la réalité qui
ressort des fouilles urbaines en Gaule (Goudineau,
Sous la maison C. 1980, pp. 261-272). Le nom même des rues considé
rées comme principales est une adaptation moderne
d'un vocabulaire utilisé dans l'Antiquité pour les cen-
turiations rurales seulement.
A Jublains, cependant, la structure des voies révèle
une hiérarchie privilégiant celles qui sont le plus d
irectement liées à l'enfilade nord-sud des bâtiments
publics. De même, on a pu reconnaître une rue per
pendiculaire qui se distingue clairement par sa largeur
et par son empierrement. C'est pourquoi, sans ignorer
les limites de la terminologie traditionnelle, nous
continuerons à parler de cardo et de decumanus
quand la fonction structurante semble évidente. Cette
simple convention évitera des périphrases en
nuyeuses. Il conviendra ensuite de s'interroger sur les
raisons d'un urbanisme aussi simple et ordonné,
contrastant avec la relative complexité habituelle. On
peut déjà noter que le relief du site n'a pas créé de
contraintes particulières (fig. 4).
Le "cardo A" est une rue reconnue sur une lon
gueur de 65 m dans les fouilles de 1984. Son prolon
h S **^ y> ° «^ *v£ ^ ois gement en ligne droite vers le nord et vers le sud la
fait longer très exactement le temple, le "prétoire", les
thermes et le théâtre. Son tracé supposé coïncide avec
une section de la route actuelle de Grazay, dont la
relation avec des voies et carrefours antiques a été
plusieurs fois mise en lumière (fig. 2). La chaussée,
large de 6,50 m, est formée dans sa phase finale d'un
empierrement de petits pavés soutenu latéralement
par deux lignes de gros blocs. Une coupe stratigra-
phique qui a dû être arrêtée à 2m de profondeur
montre un empilement de couches d'arène granitique
et de lits de pierres qui peuvent être des pavages suc Fig. 5 - Coupe d'une rue en face de l'église (cardo B) d'après
l'atlas de H. Barbe, planche II. cessifs. 111
On peut s'interroger sur la nature du "prétoire" déLe "cardo B" situé plus à l'ouest a été rencontré à
couvert à mi-chemin des thermes et du temple quatre reprises sur une distance de 170 m. Il s'agit de
la voie que H. Barbe signalait à l'ouest de l'église édi (Barbe, 1878, p. 527). On le connaît par un plan qui
montre une aire de 45 x 32 m, bordée à l'ouest et sans fiée sur les thermes. La coupe qu'il en donne est la
plus complète que nous possédions (fig. 5). A cet en doute à l'est par des galeries et au nord par une série
de petites pièces. Vers le sud, la trame parcellaire droit, la chaussée a une épaisseur de 1 m et comporte
peut indiquer qu'il se prolonge au-delà du decumanus une superposition de pierres dans laquelle il distingue
dont il va être question (13). Sa longueur totale serait deux niveaux de roulement successifs. Une interroga
alors d'environ 110 m et l'on est tenté d'y voir un fotion subsiste sur les matériaux utilisés. Selon Barbe,
"chaque couche est séparée de celle qui l'avoisine, ou rum. On doit remarquer qu'il s'appuie sur le cardo A
mais qu'il est séparé du cardo B par un espace de plutôt est liée avec elle, par un lit de fin sable dans le
quel on trouve les petits coquillages de rivière" 15 m.
Le "decumanus" trouvé en 1985 dans la partie (Barbe, 1865, p. 20). Dans les sondages que nous
avons ouverts plus au nord, le sable est en fait de ouest de la ville (14) aboutit donc au forum présumé,
qu'il traverse ou qu'il limite au sud. Son orien- l'arène d'altération du granit.
Il existe assez d'indices pour suivre la rue jusqu'à tation,mesurée sur une distance de 32 m, est exac
tement perpendiculaire à celle des cardines. Sa largeur l'angle sud-ouest du temple. Au niveau du cimetière
est de 5,30 m si l'on ne considère que l'empierrement actuel, elle se distingue sur les photographies aé
et de 7 m si l'on mesure l'intervalle compris entre riennes de l'I.G.N. (11). Plus au nord, le tracé est mat
érialisé par une limite de parcelles qui présente des deux tranchées comblées de pierres qui le longent
(drains ou fondations ?). La chaussée se distingue décrochements en baïonnette caractéristiques (12).
La largeur de la chaussée reste inconnue mais surtout des autres rues est-ouest par sa structure (fig.
6). Dans un premier état, elle comprenait sur une semble supérieure à 7 m. Sa limite orientale a été lo
calisée avec suffisamment de précision pour que l'on épaisseur totale de 1,10 m un hérisson de pierres
puisse calculer sa distance du cardo A dans la zone surmonté de lits d'arène granitique, eux-mêmes cou
verts de grandes dalles reliées par des pavés plus petcentrale de la vilie : 72,50 m de bord à bord. Cette
its. Des dalles semblables ont été trouvées, malheumesure coïncide justement avec la largeur de 73 m
reusement déplacées, sur le parcours du cardo B. La que Barbe attribue à l'enceinte du temple (Barbe,
voie a subi une recharge d'arène granitique et un 1865, p.87). De même, les thermes s'inscrivent bien
entre les deux rues (Diehl, 1984). A la sortie méri nouveau pavage de moyen module, sur une épaisseur
de 25 cm. dionale de la ville, le cardo B subit au contraire une
inflexion pour éviter le théâtre et s'embrancher sur la Le prolongement du decumanus à l'est de la zone
fouillée est matérialisé par la route de Grazay, qui voie d'Angers. Une fouille récente révèle cependant
que ce monument a été construit sur un amphithéâtre dessine ensuite un angle droit pour suivre le tracé du
dont la largeur n'excédait pas 70 m et qui pouvait cardo A. Au-delà, la trame paysagère respecte la
même direction sans fournir de témoignages certains donc s'insérer entre les deux cardines (Debien, 1985).
du passage de la rue. La déviation du cardo B ne résulterait que de la
En définitive, les deux cardines soulignent remar- transformation de ce bâtiment.
N
2m
Fig. 6 - Structure du decumanus. Profil du pavage supérieur (a) et coupe partielle.- Profil du pavage inférieur (b).-
Plan du pavage inférieur. 112
2. Vers le sud, on trouve d'anciennes limites de parquablement la vaste succession monumentale qui celles et surtout la seule trace nette que l'on puisse s'étend sur 800 m du théâtre au temple. Le decuma
distinguer d'avion (16). nus est le premier indice d'une organisation perpend La rue G détermine une section de la route de Graziculaire de l'espace latéral. ay, puis se prolonge vers le sud par une série de l
imites alignées. Au bord de l'actuel terrain de sport, III - LES VOIES SECONDAIRES une fouille pratiquée en 1975 a rencontré un "lit de
Les rues dites "secondaires" se distinguent des pré pierres dont la face supérieure est lisse" qui corres
cédentes tout autant par leur structure légère que par pond certainement à la chaussée (17). Sa distance au
leur moindre largeur. Nous préciserons ce point après cardo A est de 89 m.
avoir décrit le réseau. Il ne peut être question de lo
caliser tous les témoignages du tracé de chaque voie b) Rues est-ouest. dans le cadre de cet article. Nous nous limiterons à
Les rues 2 et 3 sont coupées par les fossés de la une brève énumération, laissant au plan (fig. 3) le route de Grazay. Elles sont respectivement à 184 m et soin d'indiquer la part des indices paysagers (limites
115 m du decumanus. de parcelles, routes). Sur le plan de H. Barbe, le "prétoire" semble longé Pour faciliter le repérage, les rues nord-sud sont
par une voie au nord. Ceci est confirmé par la dédésignées par une lettre et les rues est-ouest par un
couverte récente de cette rue 4 près de son carrefour nombre, le n°l étant donné au decumanus. Nous r
avec la rue D, à 60 m du decumanus. eviendrons plus loin sur le cas des lignes C, H et 9, qui
limitent l'agglomération sur trois côtés et dont on "prétoire" Au sud coïncide du decumanus, avec le prolongement la limite supposée d'une rue du 5
n'est pas sûr qu'il s'agisse de voies. Toutes les dis
fouillée en 1978 sur le terrain de sport, le long d'un tances entre rues sont données d'axe en axe.
bâtiment qualifié de villa. A l'autre extrémité du site,
vers l'ouest nous trouvons une ruelle dont l'oriena) Rues nord-sud. tation oblique par rapport au parcellaire du XIXe s.
La rue D correspond à l'actuelle route de Mayenne, peut s'expliquer par le souvenir de la voirie antique.
qui traverse le site parallèlement aux cardines sur une La distance du decumanus est de 68 m.
longueur de 350 m et est prolongée ensuite par des Les rues 6 et 7, à 110 et 148 m du decumanus, ont
limites de parcelles. Le plan de R. Diehl comporte été fouillées en 1984 en même temps que le cardo A.
une mention peut-être évocatrice sur son passage : Elles lui sont perpendiculaires, mais ne pouvaient
"sol sable sur moellons" (15). La distance au cardo B l'atteindre qu'après avoir traversé un fossé énigma-
est d'environ 85 m. tique large d'environ 7 m, qui longe le bord occident
La rue E a été fouillée au sud-ouest du temple, à al du cardo et qui fut comblé dès l'époque romaine
43 m du cardo B. Sa marque dans le paysage se suit avec des matériaux de destruction. Dans l'aligne-ment
jusqu'aux abords du decumanus. de la rue 6 vers l'est, nous trouvons une série de
La rue F est à 31 m à l'est du cardo A. La route de grandes dalles qui limite la "villa" au sud. Cependant
Grazay coupe obliquement son carrefour avec la rue ce mode d'empierrement est bien différent de ce que
fosse
rue 3
COUPE PARTIELLE
ET LARGEUR REELLE
RESTITUEE
2m
rue 2
Fig. 7 - Structure des rues n°3 et 2 (les coupes font respectivement un angle de 33° et de 70° avec l'axe des rues). :
113
dit était en bois, comme cela a été vérifié à Amiens l'on a pu voir entre les deux cardines. Le prolonge
ment de la rue 7 au-delà du cardo B semble séparer (Bayard, Massy, 1983, p. 60). Notons à ce propos que
le pavage de la rue G fouillée au bord du terrain de deux états du parcellaire : au sud, ce dernier a
conservé la mémoire de l'orientation antique, tandis sport recouvrait une canalisation en bois de même di
rection. La faible étendue du sondage empêche de qu'au nord il s'est infléchi pour s'appuyer sur le nou
veau tracé de la route de Mayenne redessinée en connaître la relation entre ces deux éléments. Le ca
niveau de la rue 7 est limité vers l'extérieur par un 1842.
Nous ne connaissons pas d'autre rue sur près de mur construit à 60 cm de la façade de la maison voi
sine. Cet espace semble avoir joué le rôle d'égout et 100 m. A 244 m du decumanus, la rue 8 borde la gale
rie septentrionnale des thermes. Elle a été trouvée communique avec la rue par un regard large de
25 cm. La fouille n'a pu être poussée jusqu'au bout, tout près de là par René Diehl et détermine vers
l'ouest un état du parcellaire visiblement antérieur à mais il est probable que l'écoulement se faisait en
direction de l'égout. l'actuelle route de Montsûrs.
IV - LES LIMITES DE L'AGGLOMERATION c) Structure des rues.
On connaît encore mal le mode de construction des Un alignement très net et perpendiculaire aux car
dines se dessine dans le parcellaire à 325 m au sud du rues "secondaires". Il faut se garder de tirer des génér
decumanus (n°9 sur le plan). Il coïncide avec le début alités excessives des quelques coupes effectuées.
du versant qui borde le plateau de Jublains et semble L'observation des fossés de la route de Grazay révèle
constituer la limite méridionale de la ville. Aucune néanmoins une certaine homogénéité. L'exemple qui
trace de substructions n'a été signalée au-delà, si ce paraît le plus caractéristique est celui de la rue 3 (fig.
n'est le théâtre dont le mur extérieur est à 392 m du 7). Celle-ci est constituée, sur une épaisseur totale de
decumanus. L'ancien "Champ de Foire", où Barbe 65 cm, d'une base de pierres, épaisse d'environ 30 cm,
couverte par une succession de cinq couches d'arène voulait placer un forum, est un quadrilatère assez i
rrégulier en pleine pente. Le toponyme est trompeur, granitique. La surface de roulement est un simple lit
car si des assemblées ont pu se tenir au XVIIe s. en de petites pierres usées. Les rues F et surtout 2 pré
cet endroit, on sait que les foires médiévales se désentent la même disposition. Il en est de même pour
roulaient hors du village, au château des Ecottais la rue 5, dont le pavage est cependant plus important.
Les six mesures de largeur qui ont pu être faites (Angot, 1900, t. 2, p. 503.).
La ligne C du plan, à 140 m du cardo B, forme une donnent des résultats entre 4 m et 4,50 m.
limite aussi régulière à l'ouest. Elle est matérialisée Un soin particulier semble avoir été pris pour
dans les fossés de la route de Moulay par un amas de l'écoulement des eaux. Nous avons vu que le cardo A
est longé à l'ouest par une sorte de canal large de pierres dont nous ignorons encore la nature. La dens
ité des vestiges tombe brusquement dès qu'on l'a 7 m. Les autres rues sont bordées par deux fossés. Les
franchie, ce qui n'exclut pas la présence de construcabords nord de la rue 7 ont pu être observés avec plus
tions dispersées à l'extérieur. Un cimetière fouillé de précision (fig. 8) (18). Le fossé est large de 1 m, ce
entre l'angle sud-ouest de la ville ainsi déterminé et la qui paraît beaucoup en pleine zone urbaine, mais les
forteresse confirme que l'on est bien sorti de pierres qui l'encombrent peuvent provenir de la des
l'agglomération. truction d'une structure non maçonnée plus fonc
tionnelle. Elles peuvent aussi résulter d'un glissement Vers le nord, la zone urbaine ne dépasse pas la face
méridionale du temple, si même elle l'atteint. Une de la chaussée elle-même, si le conduit proprement
1 2 3
N
Fig. 8 - Ecoulement des eaux le long de la rue n°7.- 1 sol en mortier. - 2 et 4 : murs. - 3 : égout ? - 5 : regard. -
6 : caniveau. - 7 : chaussée. -8 : ornières. - 9 : caniveau. - 10 : fondation ? 114
tranchée longue de 80 m creusée à peu près dans son
prolongement n'a rien fait apparaître d'autre que le VEUX
passage de la voie E. On est même tenté de placer la
limite là où la route de Grazay, après avoir recouvert
sur 40 m la rue G, dessine une courbe pour suivre le
tracé présumé de la voie de Vieux. Ce point est à en
viron 225 m du decumanus. Le temple lui-même
commence à 266m.
Nous manquons de repères du côté oriental. Le
parcellaire, bien qu'orienté comme les axes majeurs
de la ville, nous fournit peu d'indications. En suppo CHARTRES ? sant que la trame urbaine respecte une symétrie par
faite dans la direction est-ouest, comme le suggère
l'emplacement des rues D et G, nous avons examiné
la tranche de terre qui forme le bord sud du terrain
de sport (19). On y trouve effectivement un empier
rement à 140 m du cardo A, mais il est trop maigre
pour constituer une preuve décisive. La ligne H por
tée sur le plan, qui passe par ce point, n'est donc que
pure hypothèse. Au-delà, Barbe supposait que le site
pouvait s'étendre jusqu'au "chemin des Mariages",
mais cette voie, représentée par la ligne I, est en réal
ité assez ondulante. Les vestiges dispersés signalés RENNES
entre H et I incitent également à beaucoup de pru
dence.
Au total, l'agglomération dessine un rectangle que,
dans l'attente d'autres découvertes vers le nord et
vers l'est, l'on peut estimer provisoirement à 550 x
360 m, soit un peu moins de 20 ha. Le temple et le
théâtre prolongent la perspective centrale dans les
deux sens et la portent à 800 m.
Rien ne permet de dire comment étaient matérial Fig. 9 - Voies aboutissant à Jublains.
isées les limites. Nous ignorons si les lignes C et 9
sont des rues. Il ne peut s'agir d'une muraille ma
çonnée, que les travaux de voirie n'auraient pas man
établir une chronologie relative des rues. On peut cqué de déceler. Par contre, il est possible que les pier
ependant comparer les données de la fouille à ce que railles qui affleurent sur les bords de la route de
Moulay soient la trace d'un agger comme cela se ren l'on sait de l'histoire du site. Celle-ci peut être divisée
contre dans les villes de Grande-Bretagne (Wacher, en quatre phases (21) :
- Jublains 1 : 1er s. avant - première moitié du 1er s. 1975).
après J.-C. Une occupation à la Tène finale est atIl convient enfin de chercher comment les voies qui
testée par un matériel céramique abondant dans aboutissent à Jublains se raccordent au réseau des
toute la partie nord-est du site. Huit monnaies gaurues (fig. 9) (20). Au sud, il est clair que la voie du
loises ont été répertoriées à Jublains (Aubin, 1981, Mans se rattache au cardo A et que la voie d'Angers,
pp. 123-124). Cette phase se poursuit avec l'arrivée encore bien visible, correspond au cardo B. Ces deux
progressive des imitations italiques. constatations aident sans doute à expliquer l'i
- Jublains II : Les importations de sigillées signées, mportance particulière des deux chaussées. Au nord, la
affectées d'un coefficient réducteur en fonction de la voie d'Avranches aboutit probablement au cardo B.
production des ateliers, connaît un premier maximum Le reste est plus hypothétique. On suppose que la
entre 15 et 90 (Debien, 1986). Cette période est aussi voie de Vieux suit le tracé de la route de Grazay. Elle
représentée par un dépôt monétaire de fondation pénétrerait donc en ville par la rue G, si elle ne rejoint
trouvé dans la cella du temple, sans que l'on puisse pas le cardo A. A l'ouest, les voies de Corseul, de
exclure qu'il ne témoigne que d'une reconstruction Rennes et de Nantes par le gué d'Entrammes
(Langouët, Goulpeau, 1984, pp. 87-88). paraissent converger vers le decumanus ou la rue 4, à
- Jublains III : Ile - IKe s. Après un creux dans les l'endroit même où ils traversent la limite C (ce qui
années 90 à 110, les importations atteignent un srenforce encore la valeur de cette dernière). Enfin,
econd maximum de 110 à 140. La ville semble dureune voie venant du nord-est se dirige vers le decuma
ment souffrir des troubles qui affectent la Gaule vers nus ou vers les mes 5 et 6.
270 (Barbe, 1865, pp. 27-28).
- Jublains IV : à partir de la fin du Ille s. On ne V - LA MISE EN PLACE DU PLAN connaît pratiquement rien du IVe s. à Jublains. Sans
être totalement abandonné (Barbe, 1865, pp. 28-31), a) Phases de l'organisation du site. le site ne retrouve pas le degré d'occupation de
Jusqu'à présent nous avons considéré le plan de Ju l'époque antérieure.
blains comme un tout sans tenir compte d'une éven Le cardo B et le decumanus présentent nettement
tuelle évolution. Il est d'ailleurs prématuré de vouloir une recharge qui peut s'expliquer par une suréleva- 115
tion des terrains avoisinants après une phase de des contraire les rues E et F trop mal placées. Elle revient
à fabriquer des insulae somme toute bien irrégulières truction. Le cardo A a une structure plus complexe
et transforme le plan que nous esquissons en vérité encore. La mise en place de ces voies doit être mise
achevée. Là encore, la patience s'impose. en rapport avec les bâtiments publics. On sait que le
temple existait au moins à la fin du règne de Néron.
Les thermes, par leur plan et le matériel découvert, VI -BILAN
ne sont pas antérieurs à la fin du 1er s. (Diehl, 1984). II est maintenant certain que les Romains n'ont pas Nous reviendrons sur le théâtre, qui est en cours de édifié la ville de Jublains sur un terrain vierge. Son fouilles. nom même de Noviodunum contient une racine dun Du reste de la voirie, nous savons seulement que les qui s'applique aux lieux élevés déjà occupés à l'époque rues F et 3 surmontent des couches archéologiques du de la Conquête (Lombard-Jourdan, 1974, p. 77, note 1er s. 18). Le préfixe peut indiquer un déplacement à partir Ainsi, l'ensemble du réseau, sous la forme élaborée d'un centre indigène situé à l'écart (23). Le plateau de que nous décrivons, paraît remonter à Jublains III. Il Jublains, limité au sud seulement par une pente proest néanmoins probable que les axes majeurs appar noncée, n'a d'ailleurs livré aucune trace d'un éventuel tiennent à Jublains IL Un mur tardif implanté sur la camp protohistorique. Les fouilles récentes confirue F témoigne d'abandons ou de modifications dont rment néanmoins l'existence d'une occupation à la l'ampleur nous échappe (22). Tène finale, que H. Barbe pressentait déjà (Barbe,
1865, p, 23). Bien plus, la découverte de moules monb) Orientations. étaires et d'un creuset contenant des traces d'or
(Boissel, Naveau, 1980, pp. 5, 7 et 13, note 17, et Les mesures d'orientation faites sur les cardines A
planche 16) confère à cette phase une certaine imporet B, le decumanus, les rues 5 et 6, les thermes, le mur
tance (Lombard-Jourdan, 1970, p. 1125). périmétrique "prétoire" concordent rectiligne avec du une théâtre précision et le étonnante. plan du La céramique de type laténien a été recueillie
° + 1 ° vers l'est par rapport au nord, jusqu'à présent à l'est du cardo A. elle couvre une Elles donnent 63 153° + 1° vers l'est pour l'axe per zone qui dépasse la limite orientale supposée du futur pour un axe, ou
pendiculaire. On retrouve cette valeur dans la plupart périmètre urbain.
des traces paysagères. Elle correspond au rebord du La romànisation s'opère au cours de la première
plateau sur lequel la ville a été construite. moitié du 1er s. Peu après, le temple est remanié ou
Le temple forme un angle de 6° vers l'est, ce qui ne peut-être édifié, comme le montre un dépôt monét
peut surprendre dans ce type d'édifice obéissant à ses aire des années 64-68 trouvé au centre de la cella. A
propres impératifs. l'autre extrémité du site, le théâtre daterait, selon H.
L'habitat civil présente une plus grande diversité. Barbe, de l'époque d'Hadrien (117-138) (Barbe, 1865,
Sur 32 murs suffisamment connus pour que leur pp. 71-72). On sait maintenant qu'il succède à un am
orientation soit mesurée, 21 font un angle inférieur à phithéâtre dont la construction doit donc remonter
5° avec les axes majeurs. Parmi les 11 qui restent, au 1er s. (Debien, 1985). Il est vraisemblable que les
quatre appartiennent à la "villa" du terrain de sports, deux cardines qui relient ces monuments et dont on a
qui semble extérieure à la zone urbaine. vu le rôle structurant ont été tracés lors de cette
étape décisive.
c) Hypothèse sur l'unité de longueur. On ignore quels événements extérieurs ou propres
à Jublains ont déterminé la baisse des importations L'analyse des mesures que l'on peut prendre sur les vers 90-110. La mise en place des éléments majeurs voies et sur l'habitat suggère l'utilisation du pes mo- n'était pas achevée à cette date. Les thermes sont at- netalis de 0,296 m (d'où : un pas = cinq pieds = tribuables au mieux à la fin du 1er s., de même que 1,48 m). En particulier, son application à une zone certaines rues "secondaires" qui surmontent les restreinte située entre les rues 6 et 7 donne des couches constituées pendant les deux phases précénombres entiers et des rapports simples. De la même dentes. Le matériel importé à l'époque des Antonins façon, le temple se situerait à 180 pas du decumanus, traduit une nouvelle période d'activité. \arue 7 à 100 pas, la limite sud à 220 pas, etc.. Il faut Les murs oblitérant certaines voies témoignent cependant se méfier de ce type de démarche, vu le d'une désaffectation partielle de la trame urbaine inimanque de données précises. tiale. Cela accompagne peut-être un déclin profond
que l'on attribue aux troubles de l'époque des emperd) Organisation de l'espace. eurs gaulois. Après 271, le bâtiment fortifié construit
Dans l'état actuel des connaissances, il semble exclu en périphérie est entouré d'une enceinte en terre
de pouvoir superposer au quadrillage de Jublains une dans un contexte d'urgence (Rebuffat, 1984, p. 20).
trame à mailles carrées ou rectangulaires de module La muraille qui la remplace au début de la tétrachie
unique comparable aux "plans programmatiques" r ne fut peut-être jamais achevée (24). La ville elle-
écemment proposés (Pinon, 1985). On constate néan même a livré très peu de matériel du IVe s. On est
moins une certaine symétrie dans le sens est-ouest : si frappé par la rareté du numéraire et des importations
l'on considère les lignes C, D, cardo B, cardo A, G et de cette époque. La céramique de l'Argonne, en par
H, les écarts rencontrés sont : 35, 60, 54, 60 et 35 pas. ticulier, est pratiquement absente. Ainsi s'explique
Dans le sens nord-sud, on aurait : 46, 38, 40, 46, 54 qu'avant la fin du siècle, la cité des Diablintes ait
(rues 5 à 7), 65 et 55 pas. Mais cette vue de l'esprit perdu son autonomie et qu'elle fut rattachée à celle
tient compte de la très hypothétique limite H, situe des Cénomans. L'église construite au plus tard à
avec une excessive précision la rue D et abandonne au l'époque mérovingienne dans les ruines des thermes

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