Les fouilles de Phanagorie : nouveaux documents archéologiques et épigraphiques du Bosphore - article ; n°1 ; vol.150, pg 255-292

De
Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres - Année 2006 - Volume 150 - Numéro 1 - Pages 255-292
38 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 2006
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COMMUNICATION
FOUILLES DE PHANAGORIE : NOUVEAUX DOCUMENTS ARCHÉOLOGIQUES ET ÉPIGRAPHIQUES DU BOSPHORE, PAR MM. GRIGORI BONGARD-LEVINE, ASSOCIÉ ÉTRANGER DE L’ACADÉMIE, GENNADI KOCHELENKO ET VLADIMIR KOUZNETSOV
Notre propos est de présenter à l’Académie les fouilles de la cité antique de Phanagorie et les quatre inscriptions qu’elles ont livrées lors de la campagne de l’été 2004. Phanagorie, on le sait, est située sur la côte asiatique de l’actuel détroit de Kertch, l’an-tique Bosphore Cimmérien, à l’endroit où celui-ci se resserre entre la presqu’île de Kertch et la presqu’île de Taman (fig. 1). Phanagorie a été fondée au milieu duVIesiècle av. notre ère (vers 543) par des habitants de la cité de Téos, en Asie Mineure, qui, selon Hérodote, avaient dû quitter leur patrie menacée par les Perses. Elle joua, face à Panticapée, l’actuelle Kertch, un rôle majeur durant toute l’Antiquité. C’était, en quelque sorte, la seconde capitale, asiatique, du royaume grec du Bosphore. La ville cessa définitivement d’exister au début duXesiècle. La cité était installée en bordure du golfe de Taman et s’éta-geait sur deux plateaux, inférieur et supérieur. La partie aujourd’hui visible du site couvre une surface d’en-viron 1 000 m sur 400 m, auxquels il faut ajouter ce qui a été sub-mergé par les eaux du golfe (fig. 2). La ville ancienne couvre en fait une superficie de plus de 60 hectares. Particulièrement riche, la couche archéologique, de 6 à 7 m d’épaisseur, recèle une très grande quantité de vestiges archéologiques qui se sont accumulés au cours des quelque seize siècles de l’existence de la cité. En effet, à la différence des autres sites grecs de la presqu’île de Taman, et de nombre d’autres villes antiques de la mer Noire et de la Médi-terranée, Phanagorie a été construite non pas sur le rocher, mais sur un sol sableux ou argileux (lœss), si bien que les niveaux d’oc-cupation, peu ou pas nivelés au cours du temps, s’y sont superposés
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FIG. 1. – Carte du Nord de la mer Noire.
depuis l’époque archaïque jusqu’à l’anéantissement de la ville, offrant une stratigraphie d’une grande richesse. Et comme le terrain est resté vierge de constructions ultérieures, Phanagorie est un site tout à fait unique pour la prospection archéologique. L’attention des savants russes s’est portée sur Phanagorie dès la fin duXVIIIesiècle, après le rattachement de la presqu’île de Taman à la Russie, époque où les premières fouilles de la nécro-pole ont été effectuées1. Pourtant, auXIXesiècle (fig. 3), les fouilles étaient fort peu rigoureuses et parfois même carrément barbares2. Entreprise en 1936, l’étude véritablement scientifique de la cité et de sa nécropole a abouti à des résultats substantiels : on a établi les limites du site, sa séquence stratigraphique et sa chronologie. Des données intéressantes ont été obtenues sur bien des aspects de l’histoire et de la culture matérielle de la ville. Pourtant, malgré
1. Pour l’histoire des études archéologiques à Phanagorie voir : K. K. Gerc [Goertz], « Istoričeskij obzor arxeologičeskix issledovanij i otkrytij na Tamanskoj poluostrove s konca XVIII stoletija do 1 859 g. »,Drevnosti6, vyp. 1, Moscou, p. 5-37 ; M. M. Kobylina, « Fanagorija »,Fanagorija57 (1956), p. 5-12 ; I. V. Tunkina,, MIA Russkaja nauka o klassi-českix drevnostjax juga Rossii (XVIII-seredina XIX v.),Saint-Pétersbourg, 2002. p. 558-582 ; V.D. Kuznetsov, « Kepoi-Phanagoria-Taganrog », dans D. V. Grammenos et E. K. Petro-poulos (éd.),Ancient Greek Colonies in the Black Sea, vol. II, Thessalonique, 2003, p. 902-908. Voir aussi n. 23. 2. V. D. Blavatskij, « Raskopki v Fanagorii v 1938-1939 gg. »,Vestnik Drevnej Istorii3-4 (1940), p. 288.
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FIG. 2. site de Phanagorie vu d’avion dans les années 1960. – Le
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FIG – Vue. 3.site de Phanagorie en 1859 (dessin de de la nécropole (au premier plan) et du K. Goertz).
258COMPTES RENDUS DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ces résultats, Phanagorie reste toujours insuffisamment étudiée, car on n’y a jamais mené de recherches archéologiques à grande échelle. On y a fouillé à peine plus d’un centième du site. Les axes majeurs de recherche de la Mission de l’Institut d’ar-chéologie de l’Académie des Sciences de la Russie à Phanagorie portent sur les trois aspects de la ville – zone urbaine, nécropole, et partie submergée – ainsi que sur son territoire agricole.
La ville Phanagorie a été fondée sur une colline qui se trouva par la suite au centre de la cité. Un chantier d’une superficie de 900 m2 a été ouvert en son sommet pour étudier les couches les plus anciennes du site. Aujourd’hui plusieurs niveaux, allant du Haut Moyen Âge jusqu’à l’époque archaïque, ont été mis au jour. Aux époques hellénistique tardive, romaine et médiévale, il y avait là des quartiers d’habitation. Malheureusement, l’état de conserva-tion des vestiges architecturaux est très mauvais. Faute de car-rières proches, les habitants ont, au long des siècles, pillé les structures anciennes, réutilisant leur matériau pour construire. D’un bâtiment ne reste, dans la plupart des cas, qu’un ou deux fragments de murs, ce qui rend souvent extrêmement aléatoire la restitution du plan et des dimensions des maisons. À Phanagorie, pendant les périodes grecque et romaine, on construisait les bâti-ments d’habitation en pierre pour les fondations et en brique crue pour les murs. Les restes de maisons en briques crues appartenant à la plus ancienne période de l’histoire de la ville sont rares. Les maisons de cette époque étaient de construction simple et de dimensions modestes : de plan carré ou rectangulaire, elles avaient une surface de 15 à 20 m2. Les bâtiments de Phanagorie étaient séparés par des rues et des ruelles, les plus grandes faisaient environ 2,50 m de large, et les petites ruelles 0,50 m tout au plus. Pendant tout le temps où le terrain étudié a été occupé, c’est-à-dire du milieu duVIesiècle av. notre ère jusqu’auVIIIesiècle, les pâtés de maisons ont conservé une implantation orientée selon les points cardinaux3. Les travaux des années précédentes sur le chantier de la « ville haute » avaient montré que cette orientation
3. La même situation est connue par les fouilles des années précédentes : M.M. Koby-lina, « Kul’tura Fanagorii dosarmatskogo perioda »,Antičnyi gorod, Moscou, 1963, p. 88.
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FIG. 4. – Fragment d’un vase à figures rouges provenant de Phanagorie.
caractérisait aussi l’époque archaïque, ce qui laisse penser qu’un tel plan régulier apparaît sinon au moment de la fondation de la ville, du moins dès l’époque archaïque. La Phanagorie de l’époque classique était une cité grecque typique, comme en témoignent les nombreux objets associés aux différentes activités retrouvés au cours des fouilles (fig. 4). On prendra donc garde à l’opinion très répandue considérant le Royaume du Bosphore comme un État gréco-barbare. Sans doute l’explication psychologique de ce point de vue repose-t-elle avant tout sur le facteur géographique : le Royaume, situé aux confins de l’oikouménègrecque, était entouré de nombreuses tribus barbares. Les partisans de cette manière de voir les choses s’appuient sur plusieurs arguments, qui vont de la présence de constructions non grecques, comme les huttes, et de celle de tumuliscythes (les kourganes) sur le territoire des nécropoles des villes bosporanes, jusqu’à l’existence d’un art dit « gréco-scythe », mais jusqu’à présent aucune tentative systématique pour justifier ce point de vue n’a été entreprise. Cette thèse prête néanmoins à bien des objections, aussi bien d’ordre général que très concrètes. Ainsi, la cité grecque était un monde clos et la présence d’étran-gers, y compris des barbares, ne changeait point sa structure.
260COMPTES RENDUS DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS La réalité archéologique combat, elle aussi, l’hypothèse du caractère mixte du royaume du Bosphore. L’étude des couches archaïques, classiques et hellénistiques de Phanagorie a révélé une culture matérielle purement grecque. À l’époque grecque, Phanagorie entretenait avec la Méditer-ranée des relations étroites. On en a la preuve avec les nom-breuses importations, notamment d’amphores, qui sont de la plus haute importance pour la reconstitution des réseaux commer-ciaux dans le monde classique. Elles révèlent que c’étaient les ports de la mer Égée (Chio, Clazomènes, Thasos, Mendè et l’en-semble de la région égéenne septentrionale, Rhodes, Cos et quelques autres) et de la mer Noire (Héraclée du Pont, Sinope) qui étaient les partenaires commerciaux majeurs du Royaume du Bosphore en général, et de Phanagorie en particulier. Selon les sources écrites, les villes du Bosphore fournissaient à la Méditer-ranée du blé, en échange de vin, d’huile d’olive, etc. Étant donné la fertilité du sol dans la presqu’île de Taman, il semble que l’es-sentiel du blé du Bosphore y ait été produit4. Nous ignorons les dimensions du territoire agricole dont Phanagorie tirait sa subsis-tance, mais, à en juger par la localisation des cités voisines, il mesurait quelques dizaines de kilomètres carrés. Quoi qu’il en soit, il est évident que Phanagorie était l’un des principaux four-nisseurs du blé qui, par l’intermédiaire de Panticapée, approvi-sionnait Athènes et d’autres cités méditerranéennes auIVeet au début duIIIesiècle av. notre ère. D’où l’abondance d’amphores et d’autres objets importés dans la couche duIVesiècle par rapport aux siècles précédents et suivants. À cette époque, Phanagorie était un marché qui centralisait l’échange de marchandises avec les régions adjacentes à la partie asiatique du Bosphore, comme Strabon le rapporte pour des temps plus récents (XI.2,10). Une des trouvailles les plus remarquables est celle d’un trésor de monnaies d’argent de l’époque archaïque (fig. 5). Les pre-mières monnaies apparaissent sur le territoire du futur royaume du Bosphore au milieu ou dans le troisième quart duVIesiècle av. notre ère. Elles étaient frappées à Panticapée et portaient sur l’avers un mufle de lion et sur le revers unquadratum incusum. On ne connaît que très peu de monnaies de Panticapée datant du
4. V. D. Kuznecov, « Afiny I Bospor : xlebnaja torgovlja »,Russkaja Arxeologija1 (2000), p. 107-120.
NOUVEAUX DOCUMENTS DE PHANAGORIE261 VIesiècle av. notre ère, et les plus rares sont les drachmes, dont on a un unique exemplaire. Le trésor de Phanagorie a été découvert dans une petite olpè ionienne cachée dans le mur en briques crues d’une maison. Elle contenait 162 pièces dont 8 sont des drachmes. On a donc trouvé d’un seul coup à Phanagorie plus de pièces duVIesiècle av. notre ère qu’on n’en connaissait jusque-là.
La nécropole Le temps nous manque pour relater en détail nos travaux dans la nécropole de Phanagorie, caractérisée par la diversité des modalités funéraires (fig. 6). On notera seulement une trouvaille exception-nelle au sein d’untumulus5, dans lequel on a découvert une construction faite de deux murs parallèles en pierre, l’un à l’est et l’autre à l’ouest, avec une couverture de rondins entièrement décomposés. Une fois les rondins enlevés est apparue une structure inhabituelle dont il était bien difficile de comprendre d’emblée la destination fonctionnelle (fig. 7). Elle était composée de blocs tra-vaillés de calcaire coquillier disposés en cercle en six assises qui for-maient comme une sorte de rosette à multiples pétales imbriqués. La clé de cette énigme est apparue après l’enlèvement des deux blocs couronnant l’ensemble de la construction. Cette der-nière s’est révélée un caveau rond en pierre avec une voûte en encorbellement (fig. 8) dont la rosette à multiples pétales formait l’extérieur. Au caveau conduisait undromosen forme de corridor couvert de gros rondins. Le caveau avait 2,87 m de haut et 2,45 m de diamètre. Il était vide. Trois blocs manquaient dans le coin droit supérieur de l’entrée qui était barrée de pierres. C’était par là que les pillards étaient entrés. Quasiment aucun vestige d’inhu-mation n’y fut retrouvé, si ce n’est, sur le sol, des traces de bois témoignant de ce qu’il y avait eu là un sarcophage en bois. Un seul objet, une monnaie en bronze de Panticapée datée du IVenotre ère, a été trouvé sur le sol de la chambresiècle av. 6 .
5. Ja. M. Paromov, « Kurgannyj nekropol’ Fanagorii (obščajČ xaakarriteikst)a,»re-sP-té Bosporskij fenomen.Problemy xronologii i datirovki pamjatnikov, ast’ 1, Saint bourg, 2004, p. 287-292 ; Id., « Glavnye dorogi Tamanskogo poluostrova v antičnoe vremja », Drevnosti Bospora1, Moscou, 1998, p. 219, 225 fig. 2. 6. Cf. Zograf A.N.,Antičnye monety, MIA 16, tabl. XL, 19 ; D. B.Šelov,Monetnoe delo Bospora VI-II vv. do n.è.,Moscou, 1956, tabl. V, 56 ; V. A. Anoxin,Monetnoe delo Bospora, Kiev, 1986, tabl. 3, 112.
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OCPMET SRENDUS ED LACADÉMIE ED SNISCRIPTI
FIG de monnaies archaïques en argent. Trésor. 5.
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FIG cinéraire en bronze (. 6. – HydrieIVes. av. n. è.).
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ONUVEAUX DOCUMENTS ED PAHANOGRIE
FIG. 7. – La coupole du tombeau vue de l’extérieur.
FIG. 8. – Le tombeau vu de l’intérieur (IVes. av. n. è.).
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264COMPTES RENDUS DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS On connaît à l’heure actuelle dix-huit tombes à voûtes en encor-bellement7, dont la majorité ont été découvertes en Crimée. Elles sont toutes de plan carré ou rectangulaire. Celle de Phanagorie représente un nouveau type de tombeau, avec une chambre de plan circulaire à coupole arrondie. Les tombes à voûte en encorbel-lement constituent un phénomène caractéristique de l’architecture funéraire du royaume du Bosphore. De longue date les chercheurs tâchent d’en retracer les origines. De notre point de vue, les ques-tions qu’il faut d’abord se poser pour comprendre le phénomène sont les suivantes : pourquoi les tombes en encorbellement sont-elles apparues précisément dans le royaume du Bosphore et pour-quoi auIVesiècle av. notre ère ? La réponse s’impose : à partir de la fin duVesiècle av. notre ère, on assiste à la formation de l’État unissant les cités autrefois indépendantes du Bosphore européen et asiatique (les actuelles presqu’îles de Kertch et de Taman). Ce qui permit à la dynastie des Spartocides de concentrer entre ses mains non seulement le pouvoir mais aussi des ressources maté-rielles considérables. LeIVesiècle av. notre ère voit l’épanouisse-ment de l’État, qu’on peut suivre par la restructuration totale du territoire agricole où un réseau de nouveaux établissements est mis en place, par l’énorme quantité des marchandises importées com-pensées par l’exportation du blé du Bosphore en Grèce, par la frappe d’une monnaie d’or propre, par l’essor de l’architecture des villes et des propriétés agricoles, etc. Le pouvoir et la grandeur du roi du Bosphore devaient se manifester par des signes extérieurs, notamment l’architecture funéraire. Il ne fait aucun doute que des édifices monumentaux comme les tombeaux appelésZolotoï kurganetTsarski kurgan(le tumulus d’Or et le tumulus du Roi), près de Panticapée, ont été construits sur commande de la dynastie au pouvoir. Une telle commande pouvait être exécutée par un architecte local, ou encore invité, explicitement chargé de créer un ensemble funéraire exceptionnel. Avec le temps, des tombes à voûtes en encorbellement plus modestes ont été érigées pour les représentants de l’élite dirigeante. On notera qu’auIIIesiècle av. notre ère les tombes à encorbellement disparaissent. Dans le même temps cesse le commerce du blé ainsi que la frappe de la monnaie d’or panticapéenne, et d’autres événements négatifs se produisent dans l’histoire du royaume du Bosphore.
7. V. F. Gajdukevič,Bosporskie goroda. Ustupčatye sklepy. Ellenističeskaja usad’ba. Ilurat,Leningrad, 1981, p. 6-54.
NOUVEAUX DOCUMENTS DE PHANAGORIE265 Le territoire submergé Phanagorie est un terrain favorable pour l’archéologie sous-marine. À peu près un tiers du site est submergé par les eaux du golfe de Taman. On notera que la mer n’y est profonde que de trois mètres. Dans la zone située près de la côte, on peut voir non seule-ment de nombreux fragments de céramique antique et médiévale mais aussi des vestiges de constructions en pierre (fig. 9). L’exploration sous-marine de Phanagorie a commencé en 19588 et elle a été reprise en 1999 par la mission de l’Institut d’archéo-logie de l’Académie des Sciences de Russie. D’abord on a réalisé l’étude hydroacoustique du fond pour dresser la carte bathymé-trique. Puis on a creusé une tranchée sous l’eau afin de déterminer l’épaisseur de la couche d’occupation, son état de conservation et la façon dont la mer avait agi sur cette couche au cours des siècles9. La carte bathymétrique a montré que la partie submergée de Phanagorie correspondait à une bande qui apparaît marquée par diverses nuances de jaune et mesure de 200 à 270 m de largeur du nord au sud, sur environ 1 km de longueur d’est en ouest. Il en résulte que la partie submergée de Phanagorie couvre environ de 22 à 25 ha. Quant à l’élévation du niveau de la mer au cours des deux derniers millénaires et demi, nos observations sous-marines montrent qu’elle n’a pas excédé trois mètres. Dans la partie submergée de Phanagorie, les fonds sont cou-verts par une couche de sable et de vase dont l’épaisseur varie de 30 à 70 cm. Pratiqué chaque année, l’examen des fonds dans la partie submergée a abouti, en 2004, à d’importants résultats. Non loin de la limite occidentale du site, à 120 m du littoral, on a trouvé l’angle d’un bloc de marbre. Le fond à cet endroit est couvert de sable et d’algues. Après nettoyage, par une drague suceuse, d’un secteur d’une superficie de 100 m2on a découvert sous la couche de sable un amas de pierres qui se sont révélées être des blocs de construction, des détails architecturaux, des fragments de statues en marbre (fig. 10) et des inscriptions. La plus grande partie appartenait à un bâti de bois fait de grosses poutres. Quatre inscriptions présentent un intérêt très particulier et c’est à elles que nous voudrions en venir maintenant.
8. V. D. Blavatskij,Antičnaja arxeologija i istorija, Moscou, 1985. p. 167-173 et 221-227. 9. V. D. Kuznecov, V. N. Latarcev, E. E. Latarceva et A. O. Amel’kin, « Podvodnye issle-dovanija v Fanagorii v 1999-2002 gg. »,Drevnosti Bospora,vyp. 6, Moscou, 2003. p. 153-175.
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