Une nouvelle intervention archéologique au camp du Lizo en Carnac (Morbihan) - article ; n°1 ; vol.3, pg 47-58

De
Revue archéologique de l'ouest - Année 1986 - Volume 3 - Numéro 1 - Pages 47-58
Since the first intervention by Dr A. and J. de Closmadeuc in 1866, both learned and amateur
archaeologists hâve visited this spot, either with the goal of protection or with the idea of better understanding
this vast site. None have been deceived by the remains which are numerous and varied.
Following récent topographical modifications, we hâve in our turn intervened on this camp. Even if our study was limited to a double sondage, the information obtained adds to the knowledge that we already have of this
earthwork.
Depuis 1866, première intervention des Dr A. et J. de Closmadeuc sur ce site, bien des érudits et amateurs d'archéologie se sont succédés sur ces lieux. Tantôt dans un but de protection, tantôt pour comprendre ce vaste ensemble, aucun n'aura été déçu tant les vestiges que l'on peut y trouver sont nombreux et variés. Suite à une modification topographique récente, nous sommes, à notre tour, intervenus sur ce camp. Et même si notre travail s'est limité à un double sondage, les constatations relevées complètent la connaissance que nous avions du retranchement.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1986
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Yannick Lecerf
Une nouvelle intervention archéologique au camp du Lizo en
Carnac (Morbihan)
In: Revue archéologique de l'ouest, tome 3, 1986. pp. 47-58.
Abstract
Since the first intervention by Dr A. and J. de Closmadeuc in 1866, both learned and amateur
archaeologists hâve visited this spot, either with the goal of protection or with the idea of better understanding
this vast site. None have been deceived by the remains which are numerous and varied.
Following récent topographical modifications, we hâve in our turn intervened on this camp. Even if our study was limited to a
double sondage, the information obtained adds to the knowledge that we already have of this
earthwork.
Résumé
Depuis 1866, première intervention des Dr A. et J. de Closmadeuc sur ce site, bien des érudits et amateurs d'archéologie se sont
succédés sur ces lieux. Tantôt dans un but de protection, tantôt pour comprendre ce vaste ensemble, aucun n'aura été déçu tant
les vestiges que l'on peut y trouver sont nombreux et variés. Suite à une modification topographique récente, nous sommes, à
notre tour, intervenus sur ce camp. Et même si notre travail s'est limité à un double sondage, les constatations relevées
complètent la connaissance que nous avions du retranchement.
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Lecerf Yannick. Une nouvelle intervention archéologique au camp du Lizo en Carnac (Morbihan). In: Revue archéologique de
l'ouest, tome 3, 1986. pp. 47-58.
doi : 10.3406/rao.1986.888
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rao_0767-709X_1986_num_3_1_888:
:
Rev. archéol. Ouest, 3, 1986, p. 47-58
UNE NOUVELLE INTERVENTION ARCHEOLOGIQUE
AU CAMP DU LIZO EN CARNAC (Morbihan)
Yannick LECERF *
Résumé Depuis 1866, première intervention des Dr A. et J. de Closmadeuc sur ce site, bien des érudits et amateurs d'archéologie se sont succédés sur ces lieux. Tantôt dans un but de protection, tantôt pour comprendre ce vaste ensemble, aucun n'aura été déçu tant les vestiges que l'on peut y trouver sont nombreux et variés. Suite à une modification topographique récente, nous sommes, à notre tour, intervenus sur ce camp. Et même si
notre travail s'est limité à un double sondage, les constatations relevées complètent la connaissance que nous
avions du retranchement.
Abstract : Since the first intervention by Dr A. and J. de Closmadeuc in 1866, both learned and amateur
archaeologists hâve visited this spot, either with the goal of protection or with the idea of better understanding
this vast site. None hâve been deceived by the remains which are numerous ând varied.
Following récent topographical modifications, we hâve in our turn intervened on this camp. Even if our study was
limited to a double sondage, the information obtained adds to the knowledge that we already hâve of this
earthwork.
Mots-clés camp néolithique, remparts, fossés, céramique, outils lithiques.
Key-words : neolithic camp, ramparts, ditches, pottery, lithic tools.
Classé Monument Historique le 29 juin 1929, il Reprendre l'étude du site commencée par des per
avait fait l'objet d'une fouille dès 1866, sous la direcsonnages prestigieux comme MM. de Closmadeuc, Le
Rouzic et St Just Pequart nous place dans la situation tion des Dr. A. et J. de Closmadeuc. Plus tard, Le
Rouzic et M. et C.S.J. Pequart à leur tour reprenaient inconfortable de l'élève qui, malgré les moyens tech
niques et scientifiques actuels, a bien du mal à trouver l'exploration de la fortification et des secteurs
d'habitat. l'assurance de ces Maîtres de l'Archéologie.
Et, quand le site en cause s'étend sur plusieurs hec Lorsque nous sommes, à notre tour, intervenus en
tares, les interrogations se font nombreuses : où doit- mai et juillet 1982, nous savions fort bien que notre
travail ne modifierait pas très profondément les on creuser ? Comment s'y prendre ? Comment orga
conclusions tirées par nos prédécesseurs. Néanmoins, niser notre investigation ? Autant de questions à r
ésoudre dans les premiers instants du chantier. il était important, d'une part, d'intervenir sur les
Malencontreusement, au printemps 1982, M. Le structures trop brutalement mises au jour, et cela
pour prouver la protection permanente des sites clasTrionnaire, propriétaire des lieux, nous facilitait la
décision. Entreprenant le débroussaillage d'une de sés, nombreux dans la région, et, d'autre part, de
ses parcelles en friche, il ne pensait pas modifier la confirmer avec les moyens modernes et adaptés les
découvertes anciennes. Ce travail nous permettait topographie d'un site archéologique dont l'étendue
atténuait les structures. Pourtant, le camp du Lizo est également de constater l'évolution topographique
d'un site sur une période de plus d'un demi-siècle, en connu de longue date, non seulement par les érudits
locaux, mais également par tous ceux, amateurs comparant les plans Le Rouzic dressés en 1922 à nos
d'archéologie et d'histoire ancienne, qui s'in-téressent relevés et prospections (Voir plan n°2).
au territoire carnacois. De plus, à notre époque de L'emploi d'un rotovateur dans la partie ouest de la
réhabilitation des chemins de randonnées, il reçoit de parcelle n°141 de la section G du cadastre motivait
nombreuses visites pendant la période estivale. Il en une première intervention. Quelques jours après le
vaut le détour. N'est il pas un des derniers grands passage de l'engin, dès le mois de mai, nous organi
camps de la période Néolithique encore visibles au sions avec le concours de Melle Riskine, Conservat
jourd'hui ? eur du Musée Archéologique de Carnac, et quelques
* ITA, Circonscription des Antiquités de Bretagne. D.RA.C, 6 rue du Chapitre, 35000 Rennes. 48
membres de TA.C.R.E.P.A. (Association Carnacoise taine de mètres, alors que le côté sud est perpendic
de Recherches et d'Etudes Préhistoriques et Ar ulaire à celles-ci. La défense nord épouse la forme
chéologiques) une prospection systématique de la arrondie du promontoire naturel. Les dimensions in
parcelle citée. ternes du camp avoisinent 180 m de longueur pour
La seconde campagne s'est déroulée au cours du 100 m de largeur. C'est donc sur une surface utile de
mois de juillet. Durant trois semaines, dix-huit bénév 18 000 m que pouvait s'organiser la vie à l'intérieur
oles, sous un soleil écrasant, ont dégagé et creusé de l'enceinte. L'emprise totale semble bien corre
pour tenter de comprendre les structures défensives spondre aux 200 mètres de longueur et 150 mètres de
encore en place. largeur donnés par Le Rouzic dans son rapport de
fouille.
1 - DESCRIPTION DU SITE Le système de fortification est actuellement très
difficile à voir dans les secteurs boisés où la végétaPlansn°let2 tion basse est très dense. Cependant, nous avons cru
Le lieu-dit "Le Lizo" se trouve dans le nord-nord- reconnaître la présence d'un double rempart sur la
est de la commune, à 5,7 km à vol d'oiseau du bourg totalité du pourtour de l'ouvrage défensif. Z. Le Rouz
de Carnac. Ses coordonnées Lambert (Zone II) sont ic ne décrit dans la partie est et sud qu'un seul remp
: x = 196,4 ; y = 305,2. Le camp a été aménagé sur un art. Nous avons cependant constaté dans la partie
est de la parcelle n ° promontoire granitique naturel. Son altitude de 30 143, mise en pâture, une rupture
mètres (carte IGN) est soulignée dans la partie est et de pente suivie d'un dénivelé nettement marqué. Ce
nord-est par le lit de la rivière de Crac'h. La plaine phénomène topographique paraît être le résultat de
qui, devant, s'étale à l'ouest et au sud-ouest, permet, l'arasement ancien d'une levée de terre. De plus, si
du retranchement, une très grande visibilité. En cette nous suivons cette trace, elle vient se raccorder au
partie, la montée vers la fortification débute par une rempart interne du double retranchement. L'angle
pente douce qui s'accentue à l'approche du rempart. sud-ouest du camp a subi de nombreuses modifica
Cette pente, longue de plus de deux cents mètres, tions pour permettre le passage des engins agricoles
forme un glacis naturel. Sur les secteurs est et nord- vers les parcelles en cultures. Malgré cela, il est tou
est, la montée au départ de la rivière est assez irrégul jours possible de suivre, au travers du taillis et des
ière. Souvent courte et abrupte, elle offre aussi cer perturbations récentes, une seconde rupture de pente
tains passages moins accentués venant buter au pied et surtout une accumulation anormale de pierres
d'un premier rempart. Les défenses est et ouest du roulantes. Elles pourraient bien être les restes très
retranchement, parallèles, sont espacées d'une cen- étalés du premier rempart. On peut constater cette
particularité jusqu'au pied du mur du parc du château
de Crocolan qui la coupe obliquement. Le dolmen et
son tertre, construits au milieu de l'enceinte et fouil
lés successivement par de Closmadeuc et Le Rouzic
ne paraissent pas avoir souffert du défrichement. A
l'intérieur du camp, des bancs de roche granitique af100m fleurent dans toute sa moitié ouest. Cependant, à l'est
du dolmen, on constate une légère dénivellation
orientée est-ouest. Cette variation topographique est
jalonnée par quelques très grosses pierres. Dans le
secteur nord-est, en sous-bois, de gros blocs de gra
nité alignés dénoncent les restes d'une construction
ancienne. Les limites parcellaires de la pâture est et
du sous-bois nord, élevées en gros appareillage de
granité, laissent supposer l'ancienneté de cette
construction. Dans la parcelle défrichée (section G,
n°141 du cadastre), peu de structures sont appa
rentes. Seul, un léger bombement situé 30 mètres au
nord-ouest du dolmen peut être les restes d'un tertre
artificiel. Les aménagements et les dérochages success
ifs du sommet du camp semblent n'avoir rien épar
gné. Ils ont, par contre, favorisé l'érosion. Une por
tion de talus longue de 6,50 m reste, dans cette partie,
le seul témoin de l'existence du rempart interne. Le
secteur sur lequel nous sommes intervenus lors des
deux opérations se situe dans la partie ouest-sud-
ouest du camp, de part et d'autre d'un tronçon de
rempart préservé de l'arasement.
2 - LA CAMPAGNE DE PROSPECTION
Plan 3
n° Elle 141, s'est défrichée effectuée par sur M. Le toute Trionnaire, l'étendue selon de la parcelle un qua- Fi g. 1 : Extrait cadastral couvrant le secteur du LIZO. :
49
tranchée Le J?ouzic Ju.llef 1982.
Fig. 2 Plan du camp d'aprcs LE ROUZIC Z. (1933), complété en juillet 1982. 50
x +- x x
Fig. 3 : Plan de la parcelle n"141 ; organisation du quadrillage dç la prospection avec diagramme de répartition du niobilier.A
Tessons de poterie ; B : percuteurs ; C : silex. f
51
Secteurs Tessons Percuteurs Silex Observations
AO 16 4 1
Al 65 2 2
A2 22 1 1 tesson décoré
A3 15 2 3 1 pierre, traces de polissage
A4 11 1 4
A5 3 1 4 1 grattoir rond silex
A6 6 1 1
BO 35 5 6 1 fragment de hache polie
Bl 27 3 1
B2 1 1
B3 2
B4 5
B5
B6 1
CO 75 12 1 tesson décoré Kerugou Cl 18 1 C2 6 portion du talus encore en place -
C3 4 1 pas d'étalement de poterie. C4 1
C5
C6
DO 80 9 4 1 éclat de quartz Dl 140 1 1 1 polissoir
D2 2 2 tessons perforés D3 1 2 1 pointe de flèche ■ 1 quartz, traces de polissage D4 3 1 D.S 2 2
EO 25 5 4
El 4 1 2 1 décoré E2 3
E3 3 1
E4 1
E5 6 1
E6
FO 115 1 6 1 fragment de hache polie
FI 23 7 2
F2 6 2 F3 2 1
F4 1 polissoir portatif
GO 111 5 2 1 tesson décoré
Gl 63 1 5
G2 7 3 3
G3 4 1 1 tesson décoré
G4 8
G5 3
2 corps de haches polies - HO 123 8 7
1 grattoir silex 1 tesson décoré
9 1 corps de hache polie Hl 115
H2 14 4 1 galet aménagé 0) H3 3 1 3
2 H4 8 1 H5 5
1 tesson perforé 10
II 167 17
2 8 12 9
13 3 3
14 1
JO 75 3
4 1 tesson perforé Jl 71 1
J2 15 1 5 1 peson d'argile, 1 pointe de flèche
Prospections LE Cl.OIREC - mars-avril 1982
3 ou (4) fragments de haches polies
10 silex
28 tessons
8 fragments de rebords
3 tessons perfores
1 bouton de préhension
percuteurs
fragments de galets "affutoir"
Tab. 1 : Prospection, répartition chiffrée du matériel archéologique par bande. 52
drillage déterminé (1). de terre sur la roche en place, n'ont pas été boulevers
és, ce qui explique la faible densité des découvertes. Le plan n "3 montre très bien la variation de densité
du mobilier découvert d'un carré ou d'une bande à Le triangle restant situé au nord de la bande A n'a
pas, au moment de notre prospection, donné l'autre. Dans la partie ouest de la parcelle, on
d'indices archéologiques. Le secteur situé entre la constate une grande densité de mobilier. Les fra
bande O et le premier talus est aujourd'hui utilisé gments de poterie sont en quantité très importante.
Les percuteurs, en quartz pour la plupart, dépassent comme chemin de desserte des parcelles envi
en nombre le reste du matériel lithique. Celui-ci est ronnantes. Il n'a subi aucune modification récente. La
surtout composé de silex et de fragments de haches prospection dans cette bande de terrain nous a très
vite prouvé qu'il était inutile de s'y attarder pour ce polies auxquels on doit ajouter quelques polissoirs et
lissoirs. genre de travail.
Cette concentration du matériel se trouve dans la Le carré E5 a été très légèrement gratté par le trac
zone la plus perturbée par les travaux agraires. Sur teur. Il se trouve situé sur le versant sud-ouest du
toute cette bande ouest, le talus du rempart interne tertre dans lequel est inclus le dolmen.
qui se trouvait à cet endroit a été étalé sur le glacis Dans les carrés A4, A3 et A2, nous avions dès le
descendant vers le fossé du système défensif. Les sec départ de notre intervention, constaté la présence
teurs sud et est, n'ayant pratiquement pas ou très peu d'une légère dépression suspecte sans pouvoir lui
Tranchée B Tranchée A
Type de matériel Quant. Observations Quant. Observations
Tessons divers 3367 épaisseurs diverses 1989 épaisseurs diverses
Tessons perforés 10 14
Tessons à boutons 14 1 anse de préhension 3 perforée de 2 trous
Tessons à rebord 139 70
Tessons décorés 5 3 types Kerugou 8 1 poterie à oreille
2 types Kerugou
Tessons carène 20 13
Tessons fond 51 23
Tessons anses 7
Percuteurs 19 44
Fragments de hache polie 11 11
Eclats de silex 98 98
Silex retouchés 3 5
Outils 6 2 grattoirs bout de lame, 6 2 grattoirs, flèche tr.
1 grat. circulaire, 1 grattoir, 1 lame à encoches,
1 flèche tranchante, lamelle 1 grattoir sur bout de lame
Nucleus 1 2
Eclats de quartz 3
Clayonnages 18 10
Perles 3 perle en stéatite
Divers 2 2 os brûlés, 1 peson 7 1 frag. de verre ancien
1 balle de fronde
4 fragments de fusaïoles
1 fragment de petite meule
1 fragment de polissoir
Meules dormantes 15 6
Broyeurs
1 graphité à rebord Tessons gaulois 2
Fragments de fusaïolcs 4
Tab. 2 : Inventaire du mobilier recueilli par tranchée. 53
donner une définition précise. La densité des décou térialisées (2).
vertes semble y prouver la présence de vestiges a Après un premier décapage général et superficiel
rchéologiques. des deux bandes délimitées, une différence des struc
En conclusion, cette prospection nous a permis de tures de surface apparaît très nettement.
faire ressortir sur plan les zones sensibles de la par La tranchée A se présente comme une bande ar
celle. Nous y avons constaté une densité surprenante gileuse en sa moitié est avec quelques pierres éparses,
aux abords immédiats du rempart interne. La quant alors que la partie ouest est composée de gros blocs
ité de percuteurs (grosses boules de quartz blanc la parmi lesquels on reconnaît des meules dormantes.
iteux), de fragments de haches polies, débris de petites Cet ensemble de blocs est noyé dans une terre brune
meules, polissoirs et lissoirs nous paraît remarquable très légère.
à ces endroits et amène de nombreuses questions. La tranchée B est couverte jusqu'au pied du remb
Ces matériels sont-ils dus aux travaux lai sur toute sa surface d'une chape de petits blocs et
d'aménagement du système défensif ? Ou bien ont-ils pierres roulantes. La partie est est plus argileuse.
été utilisés comme projectiles contre des agresseurs ? Ayant décidé de garder des banquettes témoins, nous
Dans le second cas, on aura utilisé tout ce dont les as descendons chaque carré des fouilles A et B à des
siégés pouvaient disposer pour stopper l'assaut qui, à stades différents. Cette technique de travail permet le
cet endroit critique, se trouvait au contact du remp relevé de nombreuses coupes transversales afin de fa
art. La densité en surface de tous ces objets hétéroc ciliter la description des coupes stratigraphiques, les
lites nous permet cette hypothèse. Mais peut-être cotes de profondeur seront données par rapport à la
surface du terrain déroché, trouvé en début de plus simplement avons-nous là une accumulation due
à un souci permanent de propreté de l'intérieur du fouilles.
camp, les usagers ayant trouvé plus commode de jeter
par-dessus le rempart tous les déchets et ustensiles a) La tranchée A (Plan 4).
inutilisables. Dans le carré AO, nous traversons 10 à 15 cm de Les tableaux récapitulatifs ci-joints du mobilier r terre humide pour atteindre une couche d'argile amassé lors de ce travail donnent une idée plus précise brune posée sur l'arène granitique. La roche mère, le des différentes découvertes et de leur répartition granité, apparaît très diaclasée entre 50 et 60 cm de (voir tableaux 1 et 2). profondeur.
Sur le carré Al commence à s'amorcer la levée de 3 - LA FOUILLE terre formant le rempart. Quelques blocs de granité
Les modifications topographiques dues aux travaux apparaissent dans la couche d'argile brune. Il nous est
du propriétaire déterminaient l'emplacement de également possible de constater dans ce secteur, par
notre intervention. Deux zones de fouilles étaient places, un grattage de l'arène granitique jusqu'au ni-
Tranchée A
• V VI VII VIII XII XIII XIV XVI XVII XVIII Carré II III IV IX X XI XV
AO 508 1 29 1 4 2 31 3 5 1
Al 2 4 7 4 2 57 2 2 1250 5 10 47 1 12 1 2
A2 432 1 22 2 8 11 4 1 22 2 1
A3 204 1 7 1 I 5 7 11 12 1 1 3
A<f 247 3 19 2 5 12 1 5 8 12
A5 526 15 6 12 2 3 23 1 1 1
Tranchée B
BO 35 1 3 1 1 8 8 1 1
Bl 597 2 27 2 9 6 2 28 I 7 5
B2 651 2 17 2 7 5 2 3 36 4 1 1 4 2
B3 314 3 10 3 2 1 12 8 1 2
1 3 2 1 10 13 1 B4 178 2
1 B5 214 3 I 11 3 4 9 5 2 1 3
Tab. 3 : Inventaire du mobilier par carré dans chaque tranchée. I : Tessons divers ; II : tessons perforés ; III : tessons à boutons
IV : fragments de rebord ; V : tessons décorés ; VI : anses ; VII : carènes ; VIII : fragments de fond ; IX : haches polies ou fragments
X : percuteurs ; XI : éclats de silex ; XII : silex retouchés ; XIII : outils en silex ; XIV : nucléus ; XV : éclats de quartz ; XVI : clayon
nages ; XVII : perles ; XVIII : meules dormantes et fragments. !
54
veau de la roche saine. On a probablement, à cet en grasse. Au fond, des restes de bois décomposé, re-
droit, extrait la pierre nécessaire à l'aménagement du connaissables à leurs stries longitudinales, se mélan
talus en profitant des diaclases encore bien visibles gent à la terre du remplissage.
dans le carré AO. Nous avons découvert dans ce carré, Dans la coupe stratigraphique, nous pouvons suivre
posés sur la roche saine et dans l'accumulation le contour de la fosse. Elle remonte jusqu'au niveau
d'arène, de nombreux tessons de poterie et quelques inférieur de la terre humique avec laquelle elle se
éclats de silex. La couche d'arène, importante dans ce confond. De forme ovalaire, son grand axe n'a pu être
carré, semble avoir été perturbée. Des traces de char mesuré et son petit axe est de 45 cm alors qu'elle at
bons de bois sont visibles de temps à autre. Une pe teint une profondeur de 85 cm sous le niveau de terre
tite perle, dont l'aspect talqueux et lisse rappelle la humique.
Le carré A3 a été fouillé jusqu'au moment où nous stéatite verte, est extraite de la masse de cette couche
avons constaté que nous nous trouvions à un niveau arénacée. La partie est du carré nous montre une lent
argileux devenu stérile. Il nous a fallu traverser ille argileuse jaune très compacte qui apparaîtra à
nouveau dans les carrés suivants. 15 cm de terre humique avec quelques blocs de petite
taille, pour ensuite pénétrer dans une argile jaune où Le carré A2 compte quelques gros blocs. Inclus
dans l'argile brune, ils rentrent dans la construction de rares charbons de bois ont été recueillis. A 70 cm
de profondeur, nous avons rencontré une poche du talus. Sur ce carré que nous avons décapé à quatre
niveaux différents, nous suivons la fin du grattage et d'argile grise avec de plus gros charbons. Cette poche,
épaisse de 45 à 50 cm, dans laquelle se trouvaient de du débitage de la roche signalée en Al. Une première
fosse apparaît avec un calage de blocs de taille gros blocs de granité, reposait sur le niveau d'arène.
moyenne encore bien en place. De forme sub-circu- Dans la partie est du carré, ce niveau d'arène est ré
laire, elle a un diamètre moyen de 50 cm et une pro duit à une épaisseur de 15 cm, alors que la partie
ouest nous montre une couche très épaisse qui fondeur de 45 cm. Quarante centimètres en avant de
cette empreinte, une seconde fosse aux parois bien semble provenir du sur-creusement des carrés A4 et
verticales est mise au jour. Comblée d'une terre A5.
brune, elle est profonde d'une quarantaine de centi Les carrés A4 et A5 dont la profondeur maximum
mètres. Dans l'axe longitudinal du talus, légèrement atteint 1,75 m sont l'amorce du creusement du fossé
sur l'avant de celui-ci, une troisième fosse est visible situé entre les deux remparts. Ils sont en partie comb
avec, là encore, un blocage de pierres et plaquettes lés par la terre humique et de nombreux blocs parmi
enfoncées verticalement sur les bords de la fosse. Son lesquels nous avons découvert un nombre important
remplissage est constitué d'une terre brune noire très de meules, fragments de meules et molettes. La mince
A FI A'
IB
Fig. 4 : Plan et coupes de la tranchée A. 55
rement plus foncé que l'argile environnante de dix couche d'arène granitique, plaquée sur la roche, doit
centimètres d'épaisseur. Cette couche très fine est être le résultat du ruissellement des eaux au moment soulignée par un cailloutis irrégulier. Elle traverse de l'utilisation du camp. Nous avons en effet découv
tout le carré Bl pour se poursuivre horizontalement ert dans ces 15 cm de nombreux tessons et quelques en B2 avec une légère remontée vers la surface. éclats de silex. La partie est du carré A4 voit appar
Quarante centimètres sous cette couche d'arrêt, un aître le bourrelet d'arène placé à cet endroit pour second niveau apparaît. Il présente la même structure accentuer la dénivellation. L'extrémité ouest du carré
d'aménagement, mais semble suivre la pente naturelle A5 est arrêtée en bordure du chemin agricole. Il ne du terrain pour s'infléchir ensuite vers la roche mère nous a pas été possible de poursuivre plus loin notre dans le carré B4. Sous ce lit, posée à même le granité, travail, ce chemin étant utilisé journellement, une poche d'argile jaune vient s'appuyer sur un noyau b) La tranchée B (Plan 5). d'arène rapportée, probablement du fossé.
Le carré BO, sous ses quinze centimètres de terre Les carrés B2-B3 : dans ces carrés, nous sommes
humique, nous offre une argile brune très compacte sur le glacis du rempart. La surface du terrain laisse
de laquelle sont extraits quelques blocs. Sous cette déjà apparaître les petits blocs et pierres roulantes
couche dont l'épaisseur passe de 10 cm à l'est à que le décapage général confirmera plus tard. Parmi
40 cm à l'ouest, nous rencontrons un niveau d'arène ces blocs de granité, une meule et quelques fragments
très mince. Ici, l'enlèvement de l'arène effectué, au d'autres meules et molettes sont recueillis. La couche
cune trace d'extraction de la roche n'est visible. Un de terre humique devient ici très faible, l'argile grise
nettoyage laborieux fait apparaître le granité avec ses dans la partie est du carré et un peu d'argile brune à
multiples diaclases. l'ouest supportent la chape de pierres. Sous le 1er n
Le carré Bl supporte le talus du rempart. Ce remb iveau sombre à cailloutis, on découvre une couche qui
lai est couvert d'une dizaine de centimètres repose sur une argile brune très épaisse, de 90 cm en
d'humus. Il est constitué, en partant de sa partie su viron. Cette couche en contact sur une argile jaune
périeure, d'un noyau d'argile grise sans doute r identique à celle du carré Bl est coupée horizontale
emontée des bords de la rivière de Crac'h. Venant ment par le 2ème niveau sombre à cailloutis. La dens
s'appuyer et s'inclure dans la partie supérieure avant, ité de charbons de bois est plus importante à cet en
une poche de terre humique peut laisser supposer la droit. La roche en place, très diaclasée, semble avoir
décomposition d'une matière organique, un élément été débarrassée de son arène. Elle se trouve à 1,60 m
de la palissade par exemple. A un mètre sous le som sous la surface du glacis.
met du talus, on rencontre un premier niveau Le carré B4 : sous la chape de pierres roulantes ap-
Fig. 5 : Plan et coupes de la tranchée B.

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