Quelques objets rares du Haut Moyen Âge - article ; n°3 ; vol.111, pg 387-402

De
Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres - Année 1967 - Volume 111 - Numéro 3 - Pages 387-402
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1967
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Monsieur Édouard Salin
Quelques objets rares du Haut Moyen Âge
In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 111e année, N. 3, 1967. pp. 387-
402.
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Salin Édouard. Quelques objets rares du Haut Moyen Âge. In: Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et
Belles-Lettres, 111e année, N. 3, 1967. pp. 387-402.
doi : 10.3406/crai.1967.12141
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1967_num_111_3_12141QUELQUES OBJETS RARES DU HAUT MOYEN AGE 387
l'auteur discute, choisit l'une ou l'autre leçon et donne les raisons
de son choix. J'ai pu en faire le contrôle en ce qui regarde les textes
hermétiques. Tout est de première main, tout est d'une admirable
sincérité.
Et cette sincérité apparaît aussi dans le style. Point ici de ces
grandes phrases, de ce verbiage grandiloquent et le plus souvent
inintelligible qu'on rencontrait encore, il y a quelques années, chez
maint savant. Tout est modeste parce que très proche des sources.
Et quand les sources ne permettent pas de se prononcer, Nilsson
se tait. Il a la sagesse d'admettre le non liquet. C'est ce qui fait que
son travail donne une impression de certitude, et ce qui lui assure
une valeur durable.
M. Edouard Salin présente à l'Académie quelques objets rares
du haut Moyen Age découverts dans la France de l'Est.
M. Roman Ghirshman expose à l'Académie les travaux de la Délé
gation archéologique française en Iran, pendant l'hiver 1966-1967.
COMMUNICATIONS
QUELQUES OBJETS RARES DU HAUT MOYEN AGE,
PAR M. EDOUARD SALIN, MEMBRE DE L'ACADÉMIE.
1) Sur un bronze hunnique trouvé en Champagne. L'un des objets
les plus caractéristiques du mobilier des Huns est un vase de bronze
moulé cylindrique à fond bombé, tantôt apode, tantôt reposant sur
un pied, mais offrant, de façon générale, deux anses d'un type très
particulier qui permettent de le suspendre. Il a fait, de la part de
savants hongrois et allemands, l'objet de maintes recherches qui
ont établi d'abord son âge — le ve siècle — (en Occident, car des
vases analogues et leurs prototypes plus anciens appartiennent au
pays Ordos) puis son appartenance aux Huns1. Joachim Werner
qui a donné en 1956 le détail des dix-sept exemplaires de ce vase
alors connus en Occident2 les désigne sous le nom de type de
Hockricht car cette localité de Silésie a fourni un mobilier complet8
dont l'attribution au ve siècle est hors de discussion. Ces dix-sept
vases, les uns entiers, les autres à l'état de fragments, proviennent
1. Parmi ces savants le premier en date paraît être P. Reinecke dans la revue Ethnol
ogie, 28, 1896, p. 12 sq. Puis viennent les travaux de Zoltan von Takacs, d'Alfôldi, de
Nandor Fettich et, en Allemagne, de Joachim Werner dont l'ouvrage cité ci-après donne
la référence. Plus récemment, en 1962, c'est un de ces vases, celui de Tôrtel, que Mihaly
Pârducz reproduit en tête de son ouvrage Die ethnischen Problème der Hunnenzeit,
Budapest, 1962.
2. Cf. Joachim Werner, Beitrâge zur Archaologie des Attila-Reiches, Munich, 1956,
p. 57 sq.
3. Id., pi. 27. 388 COMPTES RENDUS DE L ACADEMIE DES INSCRIPTIONS
de Hongrie, de Moldavie, de Walachie, de Silésie, de Russie méridio
nale et enfin (à propos de l'anse dont il s'agit ici) de France. Leur
zone de dispersion figure sur la carte ci-contre, dressée par Joachim
Werner (fig. 1).
Fig. 1. — Zone de dispersion des vases hunniques.
(D'après Joachim Werner.)
L'on sait combien sont rares en France les traces des Huns — qu'il
s'agisse des envahisseurs de 451 aussi bien que des contingents
hunniques pris à leur solde par les Romains, par Aétius en particulier.
Le seul mobilier qui puisse, jusqu'ici, leur être attribué avec certi
tude, est celui de Mundolsheim en Alsace1. D'autres mobiliers
funéraires, datant du ve siècle, susceptibles d'être des témoins soit
de l'invasion des Huns en 451, soit de l'invasion des Sarmates et
des Germains en 407 paraissent plutôt devoir être attribués aux
Sarmates. C'est le cas des mobiliers d'Airan en Calvados2 et de
Hochfelden en Alsace récemment présentés par J. J. Hatt à notre
Académie, de même que des bronzes de type très particulier de
mes propres collections trouvés aux environs de Nancy3.
Or je dois à l'amabilité de la princesse Juritzka de pouvoir pré
senter à l'Adadémie une anse de bronze moulé poreux, à patine
brune trouvée en Champagne qui provient manifestement d'un de
ces vases de bronze hunniques. L'anse fut acquise en France où il
s'était réfugié par le défunt mari de la princesse, collectionneur
averti ; elle fut trouvée « sur le champ de bataille des champs
catalauniques », écrivait le prince Juritzky (mais on discute toujours
sur l'emplacement de la bataille) au cours du creusement de tranchées
durant la seconde guerre mondiale.
1. Cf. J. J. Hatt, Le « Gorgte » de Mundolsheim, dans Cahiers d'archéol. et d'hist. d'Alsace.
2. Cf. Edouard Salin et Albert France-Lanord, Le Trésor d'Airan en Calvados, dan»
Mon. et Mém. Piot, t. 43, p. 119 sq.
3. Cf. Edouard Salin, Le Haut Moyen Age en Lorraine, Paris, 1939, p. 73 sq. QUELQUES OBJETS RARES DU HAUT MOYEN AGE 389
Fio. 2. — Anse de vase hun trouvée en Champagne. Face vue.
(Attribuée à l'invasion de 451.)
Fio. 3. — Anse de vase hun trouvée en Champagne. Revers. (Face interne.)
(Attribuée à l'invasion de 451.) 390 COMPTES RENDUS DE L ACADEMIE DES INSCRIPTIONS
Ce bronze a été signalé par Joachim Werner avec l'attribution
erronée de Chalon-sur-Saône1 ; il avait fait, auparavant l'objet d'une
étude très complète de la part de Zoltan von Takacs2. Mais jusqu'ici
il n'en a jamais été question en France.
Fig. 4. — Vase hun trouvé à Tôrtel en Hongrie.
(D'après Mihâly Pârducz.)
C'est (fig. 2 et 3) une anse de forme rectangulaire d'où se détachent
quatre protubérances en forme de champignons, constituées chacune
par une tige coiffée d'une tête semi-circulaire. Technique très caracté-
1. Op. cit., n» 17, p. 59.
2. Catalaunischer Hunnenfund und seine ostasiatischen Verbindungen, dans Acta
orientalia hungarica, t. V, fasc. 1-2, Budapest, 1955, p. 143 à 173 avec 41 figures. L'auteur
revient, à cette occasion, sur ses travaux antérieurs publiés de 1913 à 1915 dans la revue
Turân et dans Sinno-hunica, Budapest, 1934, où il rattache les vases de ce type alors
connus en Occident à des prototypes sino-hunniques trouvés en Extrême-Orient (fig. 16,
Loulan ; fig. 19, Kansu ; fig. 20, Noin-Ula ; fig. 23, vase acquis à Pékin ; fig. 24, Mongolie
intérieure). OBJETS RARES DU HAUT MOYEN AGE 391 QUELQUES
ristique de tels vases, un bourrelet étroit qui fait office de renfort
court le long des contours de ce bronze à l'exception toutefois des
quatre têtes semi-circulaires. Très saillant sur la face vue, il est
beaucoup moins apparent sur la face interne. Au centre de chaque
tête semi-circulaire un bourrelet tangent au précédent dessine un
cercle. Se référant à des documents provenant d'Extrême-Orient,
Zoltan von Takacs attribue à ces cercles un caractère apotropaïque.
A ses yeux — et la chose est vraisemblable — les différents vases
de ce type sont des vases rituels.
Quoi qu'il en soit l'anse trouvée en Champagne est exactement
de même type que les anses des divers vases hunniques connus en
Europe centrale et orientale. Elle est très proche, en particulier,
des anses du vase de Tôrtel en Hongrie (fig. 4). On retrouve sur
elle les quatre protubérances en forme de champignons le long des
bords desquelles court un étroit bourrelet, sauf sur la tête semi-
circulaire du champignon.
Il ne semble donc pas douteux que l'anse trouvée en Champagne
doive être attribuée aux Huns ; elle est très probablement un témoin,
rarissime, de l'invasion des Huns en 451.
2) Sur deux fibules du VIe siècle témoins du courant du Nord
venu de Russie méridionale en Occident. L'image hellénistique sous
l'influence iranienne de la tête humaine représentant le soleil entre
deux griffons solaires est bien connue en Russie méridionale, témoin
par exemple (fig. 1) la plaquette
d'or antérieure à notre ère trouvée
en Crimée et appartenant à l'an
cienne collection Massoneau. Cette
image a été déformée et diffusée
vers l'Occident par le canal du
monde des steppes. J'ai eu, anté
rieurement, l'occasion d'y insister
à propos de la remarquable fibule
ansée trouvée en Meurthe-et-Mos
elle au Champ des Tombes à Pom- FlG> L _ piaquette d'or trouvée
pey en 1942 dans un cimetière où en Crimée. (Ancienne collection
reposent à la fois des Gallo-Romains Massoneau.)
et des Alamans1. Une découverte
faite il y a deux ans au Danemark au Nord de l'île de Sjaelland
me conduit à revenir et sur l'image précitée et sur cette fibule.
Voici côte à côte (fig. 2 et 3) la fibule de Pompey et la fibule de
Sjaelland. Malgré quelques différences de détail l'analogie de leurs
1, Cf. GaUia, 1946, p. 246 à 254. COMPTES RENDUS DE l' ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS 392
formes et de leurs décors est frappante. On retrouve sur la tête de
l'une comme sur la tête de l'autre le masque humain entre deux
monstres antithétiques stylisés (il regarde vers l'intérieur sur l'une,
vers l'extérieur sur l'autre). On retrouve de même sur leurs anses
un détail très particulier constitué par un médaillon saillant (rond
Fig. 2. — Fibule Fig. 3. — Fibule
du champ des Tombes à Pompey de Sjaelland en Danemark.
(Meurthe-et-Moselle) vers 575. (Cliché du Musée national
de Copenhague.)
et géométrique sur la fibule danoise, ovale et à décor animalier
sur la fibule lorraine) ; sur leurs pieds deux hydres marginales et
deux médaillons ronds à décor géométrique encadrant un losange
également à décor géométrique, avec, à l'extrémité, un médaillon
au masque humain accosté de deux dragons.
De qualité remarquable la fibule danoise offre le faire propre aux
orfèvres Scandinaves ; elle doit leur être attribuée avec certitude ;
les savants danois ne la datent pas exactement. Plus petite et moins
chargée que les grandes fibules Scandinaves de style analogue mais
plus évolué, je suppose qu'elle leur est antérieure et qu'on peut QUELQUES OBJETS RARES DU HAUT MOYEN AGE 393
l'attribuer comme première hypothèse à la seconde moitié du
vie siècle.
La fibule lorraine, remarquablement composée et exécutée, offre
un style qui n'est pas courant dans la France de l'Est et pas davan
tage dans la région rhénane1 où les fibules sont infiniment moins
élégantes et offrent un faire germanique. Par contre dans le cimet
ière de Villey-Saint-Étienne, non loin de Pompey, et également
sur la Moselle qui, lui, est entièrement alaman à l'origine, j'ai trouvé
de très belles fibules ansées2 de même style que la fibule de Pompey
et sorties très vraisemblablement du même atelier ; celui-ci aurait
donc travaillé au moins depuis le début du vie siècle (les plus
anciennes fibules de Villey appartiennent au premier quart de ce
siècle) jusque vers 575, âge de la fibule de Pompey. Une attribution
de ces bijoux aux Alamans est insoutenable : il suffit de jeter un
coup d'œil sur les fibules du pays alaman pour s'en assurer3. S'agit-il
d'ouvrages dus à l'un de ces orfèvres ambulants venus des rives
du Pont-Euxin pareils à ceux que la reine des Ruges, épouse du
roi Felecteus, maintenait arda custodia pour les obliger à lui fabriquer
des bijoux ? ou au contraire d'une officine gallo-romaine encore
très habile travaillant au goût du jour dans un centre tel que Metz
et expédiant ses produits par la voie de la Moselle ? (Venus par cette
voie les vases de Villey proviennent des officines syriennes de
Cologne). Je ne saurais à ce jour proposer une hypothèse suffisam
ment fondée. Je rappellerai seulement que l'analyse spectrale pra
tiquée sur la fibule de Pompey n'a rien révélé de particulier : elle
est faite comme beaucoup d'autres d'un « alliage blanc » (argent,
cuivre, étain) et a été dorée au mercure.
Mais la comparaison des deux fibules de Sjaelland et de Pompey
met en évidence un fait hors de discussion : il existe entre elles une
parenté étroite qui peut être soit directe (échange direct entre cette
région de la Gaule mérovingienne et la Scandinavie), soit indirecte
par l'intermédiaire d'un même modèle de qualité reproduit avec exac
titude suivant le faire de chacun dans l'un et l'autre pays.
Le fait doit être souligné car les échanges de toute nature entre
le Nord-Est de la Gaule mérovingienne et la Scandinavie ne devien
nent actifs que sous les premiers carolingiens4 à un moment où
1. L'examen des planches des ouvrages classiques de Herbert Kûhn, Die germanischen
Bûgelflbeln des Viilkerwanderungszeit in der Rheinprovinz, Bonn, 1940 et de Kurt Bôhner,
Die frânkischen Altertùmer des Trierer Landes, Berlin, 1958, en témoigne.
2. Cf. Le Haut Moyen Age en Lorraine, Paris, 1939, PI. XVI, fig. 1, 2, 3 ; la fibule 4
est banale et se trouve partout ; la fibule 5, tardive, est dégénérée.
3. Cf. Walter Veeck, Die Alamannen in Wurtemberg, Berlin et Leipzig, 1935.
4. Ils ont fait en particulier l'objet de l'ouvrage de Holger Arbman, Schweden und
das Karolingische Reich, Stockholm, 1937 : l'auteur remarque en particulier (p. 239)
que les plus anciennes monnaies de Charlemagne ont servi de prototypes aux monnaies
suédoises.
1967 26 394 COMPTES RENDUS DE L ACADEMIE DES INSCRIPTIONS
dans notre pays le pouvoir se déplace vers le Nord-Est et où la
voie de la Méditerranée se ferme à la suite des conquêtes de l' Islam
cependant que le commerce frison devient un intermédiaire extrême
ment actif1 sans oublier les marchands juifs dont Ibn Khordadhbets
décrit les agissements dans son Livre des routes et des royaumes2.
Fia. 4. — Fibule de Galsted.
(D'après H. Zeiss.)
Un autre fait doit être également souligné : on connaît en Europe
centrale diverses fibules un peu plus tardives que la fibule de Pompey
qui ont manifestement puisé aux mêmes sources, mais sur la tête
desquelles la figuration qui nous intéresse est stylisée et dégénérée
au point de devenir à peu près méconnaissable ; c'est par exemple
1. Rappelons que dès le temps de Dagobert des Frisons fréquentent les foires de Saint-
Denis et qu'en Angleterre leur activité est mentionnée dans la vie de saint Ludger et
dans les poèmes d'Alcuin, cf. P. Le Gentilhomme, La circulation des sceattas, p. 71.
2. Voyez le texte cité par Holgen Arbman, p. 12. Ce texte est tardif (ixe siècle), mais
le commerce s'était certainement développé antérieurement. QUELQUES OBJETS RARES DU HAUT MOYEN AGE 395
le cas d'une fibule de Niederbreisig en Rhénanie1 ; on pourrait en
citer d'autres assez nombreuses qui offrent sur leur pied les deux
hydres marginales et, à son extrémité, un décor stylisé qui dérive
du masque humain. Il est hors de doute qu'un prototype de qualité
est parvenu en Occident par la voie du Nord et qu'il a donné nais
sance par des diverticules secondaires à une série de variantes
d'autant plus stylisées et déformées que le temps passait. Voyez,
par exemple, la fibule d'Engers en Hesse-Nassau2. Ceci nous conduit
à étudier les cheminements suivis par l'image du soleil entre deux
griffons depuis les rives du Pont-Euxin jusqu'en Extrême-Occident.
Il est aisé d'en mettre deux en évidence, tous deux bien connus.
Le premier emprunte comme il vient d'être dit la voie du Nord.
Parti de la Crimée (Panticapée), il remonte le cours du Dniepr,
gagne la vallée du Volkhov, atteint le lac Ladoga, le golfe de Fin
lande et longe les côtes Scandinaves cependant qu'un embranche
ment longe les côtes frisonnes de la Mer du Nord et atteint l'Anglet
erre. Il passe à Dorestadt, centre frison par excellence sur le Leck,
d'où un autre embranchement remonte la vallée du Rhin, ce qui
permet des contacts avec nos régions lorraines par la voie de la
Moselle.
Au long de ce cheminement a été trouvée en Schleswig du Nord,
à Galsted (cercle de Hadersleben) (fig. 4), une fibule dont j'ai rappelé
antérieurement l'existence, mais sur laquelle il convient de revenir.
Sa tête moins stylisée qu'à Sjaelland et à Pompey offre très exacte
ment le masque humain entre deux monstres qui remplacent mais
rappellent bien les deux griffons solaires ; son pied circulaire offre
lui aussi le masque humain dans un médaillon. Cette fibule plus
ancienne que les nôtres a été daté des abords de l'an 500. Comparée
par A. von Jenny et par Hans Zeiss à une plaque d'or sibérienne3,
elle est manifestement sous l'influence scythique : la steppe a traité
à sa manière l'image iranienne et l'a transmise à l'Occident qui l'a
progressivement déformée au point de la rendre souvent méconnaiss
able. Quoi qu'il en soit nous avons là sous les yeux une preuve de
plus — irréfutable — de l'influence exercée par l'art des steppes
sur l'art mérovingien.
Jusqu'à la découverte des fibules de Sjaelland et de Pompey les
fibules mérovingiennes de ce type connues au Nord de l'Occident
étaient dénommées anglo-saxonnes car elles apparaissent en Anglet
erre vers 525 (types de Suffolk 525-575 et de Finglesham 525-600)4.
1. Au Metropolitan Muséum, cf. Herbert Ktihn, op. cit., pi. 44, n° 155.
2. Id., pi. 81, fig. 14,2. Au Landesmuseum de Bonn.
3. Cf. A. von Jenny, Archâlogischer Anzeiger, 1934, p. 296-311 et fig. 8. Hans Zeiss,
Das Heilsbild in der germanischen Kunst des frtihen Mittelalters, dans Sitzungsberichte
der bayerischen Akademie der Wissenschaften, Munich, 1941, p. 29 et pi. 5,2.
4. Je suis, ici, la classification de Herbert Ktihn.

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