S'inscrire dans le temps et s'approprier l'espace : enjeux de pérennisation d'un évènement éphémère. Le cas du festival de la BD à Angoulème - article ; n°643 ; vol.114, pg 285-306

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Annales de Géographie - Année 2005 - Volume 114 - Numéro 643 - Pages 285-306
This paper aims at analyzing the relationship between a festival, by definition an ephemeral event, and the urban space in which it lakes place. A festival certainly (and primarily) has a cultural and art context, but also has a spatial dimension: it occupies public space, it temporary invests différent urban place that can be durably transformed. In this sense, it is a vector of spatial strategies, either deliberate and organized, or not. These can enter in contlict with the territorial
strategies of other actors on the urban scene. It is precisely this System of connections between the different local actors in relation to the production of space that we try to analyze. We have chosen the example of the city of Angoulême,
a small-size city in Western France known for its International Comic Festival (FIBD), whose impacts in terms of production and appropriation of spaces are considerable.
Dans cet article nous avons souhaité examiner les rapports entre un festival, événement culturel éphémère, et l'espace urbain dans lequel il s'inscrit. Un festival, tout en ayant un contenu culturel et artistique, présente également une dimension spatiale: c'est un événement qui prend place dans la ville, qui occupe l'espace public, qui investit des lieux de manière
provisoire et les transforme dans la durée. Dans ce sens, il est le vecteur de stratégies d'appropriation de l'espace et suscite des conflits. C'est ce jeu
d'acteurs autour d'un festival, en rapport avec la production de l'espace, que nous avons souhaité analyser dans le cadre de cet article. Nous avons
choisi de nous appuyer pour cela sur l'exemple du festival international de
la bande dessinée d'Angoulême, dont les retombées en terme de production, de marquage et d'appropriation de l'espace sonl particulièrement
spectaculaires, comme nous avions pu le constater lors d'une étude comparative entre plusieurs festivals.
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 2005
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S'inscrire dans le temps et s'approprier
l'espace: enjeux de pérennisation
d'un événement éphémère.
Le cas du festival de la BD à Angoulême
Space-time appropriation of an ephemeral event:
the case ofAngoulême comie festival
Maria Gr.wari-8arbas
CA~lA·UMR ($0 fSI'Jces lloo!':(~phiq~eset ;o..-i<!I~'s
lur rSTI1UA, lInive,sit(' d'A'\~"r$
Vincent Vcschamore
CAR1A_UMR (50 [Sp.1CCS llOOgr.lphiqlC$ el MXiélCS
O':>partell1cnt de ~L\osraphie. Univ<'rsilé d'A"g(>fS
Résumé Dans cel article nous avons souhaité C:>\Jl1liI1N les l'apports enlie un festi­
val, événement culturel éphénuhe, et l'espilce urbain dans lequel il S'iI15­
eril. Un feslival, lout ell avanlun COIlIC,lU culturel el artistique, présente
également lme dimension spatiale: ('esl un événement qui prend plJce
dans la ville. qui occupe l'espace public. qui Îtwestit des lieu); de manière
provÎsoire el les Iran~lorme d;lIlS la durée. DnllS ce ~ns, il esl te vecteur de
strJtégÎe~ d'approprÎ;llion de respace el suscite des conflits. Cest ce jeu
d'Jcteurs aulour d'un feslival, en rappon avec la pr<)duction de l'espace..
que nous ;lVOIlS souhaité analyser dan, le cadre de cel article. Nous avons
choisi de nOliS appuyer !l'lUf cela sur l'exenlple du (esli"al i nternation;:11 de
1,1 bande dessillée d',':"ngoulêll1e, donlles retombées el1 terme de produc­
tion, de marquage et d'appropriation de l'espace s,ml particulièrement
speClacul,1ires, comme nous aviom pu 1(> rOIl~1.1f@" lor~ o'ml!' Mllor' rom·
parative entre plusieurs lC$tivals.
Auslrilct rhi; p.lpeS aims al ,lna/rzing l!Je relalio/ls/lip belween a iestil'a/, bl' delÎnilion an
ephemesalel'elll, and Ille urban $pace in which illak~place. A (esUI'al ce/1ain­
Il'(alld prilllarily) lIas a cu/twa/ alJd <lI1 contexl, bUI also /Ias a spalial dimension:
it occupies public spa ce, il lemposary il1ve.<ls dif(e1elll U,./),1/1 place IIJJI ca be' dl/­
rably Ifalls(ormed. In Ih;s sense, ;1 is a veclOI" of~patial slsale.Ôes, eilhe" delibe·
raie and orsan;zl.'d, or not. The.<e CJn ellier in confliCI wilh Ihe ferrilorial
.<Isalesies or ofher ,Klors 011 the I/Iball scene. Il is precise/l' lilis s~le/ll oi COll­
IK-'CliollS betlt'l..'l?1l Ill(' di/lerenllo,:al aC/OIs ill relation 10 Ille proovc/io/l o(~paœ
Ihal Il'e I/y to allalyze. \'Ve h,we dlosell the example o( Ille cily ofAngoul~me,
a s/Rll/·size cill' il1 \'VeSlem frallce kllOWIl {Of its /Illemalionai Com;, FeSlival
rFIBD), wl105e impaCls ill terms ofproduclioll alJd approprialion o( sp"ces am
cOllsidefable.
A"". Ct'o., II" 641, 211tl5, p.l!;<!~ 285-30(" ~ JI,m,lnd CoH"286 • j\·1Jria GrJvari-13arbas, Vinccnt Ve~(hall1brc A"'Ml(~ III GtocxAPUlr, "•• (,4) • 2005
MOIS-c1ios FeSlival, appropriation, Angoulême, bande de;sillé, slratégies d'acleurs,
esp<lce urb;lin, événement festif.
Kcy-worlns Festival, appropriation, AIl.f;olllême, comia, ,K/Ol'S' str,llesies, urban sp.Ke,
cl'eut.
Introduction
Un ICstiv:11 cst" a\";l.llt" tOll( une manifestation artistique éphémère, conçue
comme lIne nlpnll"e (faire «plus» ou faire «diflërelnment») p.lr rapporr à
1':1.:ti"iro.: culturelle habiruclle de la ville dans laquelle il s'inscrit. Dans Ct'
sens, son ravonncment", son impon.mcc, sa visibiliré ml'lllc, impliquent S1
délimit":ll'ion temporelle: un n:mps JOrt, paroxysmique, bicn dém:uql1é p:1r
rapport" à lIl1 «a\'011t"» et un «après'" Un f,,:srlval fail' prioriuirement le bibn
de sa réussire (cn rennes de rerombécs culrurclks, économil:jl1cs, socialc~,
erc.) sur hl basc de cc qu'il a of1'ert ou gém;ré pendant" ks quelques jOl11'S
de SOIl déroulement". Mais les retombées à plus long t~'nJ1e ne sont pas
négligées 1. Bien que lon<:t:ionnalll" slIr des r.:mporalil'és difTéremes, les dil~
I~rems ac[('urs qui gr:lvircnr amour d'Un tèstival (ol'g:lIlis'll:curs, ll11ll1îcipa­
lités, associations, acrems économiques_ .. ) om !"clldmec à vouloir k péren­
niser: le~ organls:lrcurs du festival doivcllt S';\ssurcr du souliel] «stable» des
colkctivités t'crrirot:iaks d'accllcll, pendant que les :lo.:tcurs loo_ux, qui
vi"cm le territoire 3\"31lr ct' après LI période (csrÎvJlière, doivcnt !'.lCeucillil,
le canaliser, le réguler, Illaximalis~~r ses r..:t"ombécs, c'csr·à-dirc l'instnlllwll­
I"J]iscr dans 1.\ dméc. EI1 s'illscriv:llU ainsi durablemeilt' dans une vilk, un
festival rransfonllc il. d..:s degrés divers ..:t pendant des durées v,'lI"Î:lblcs, des
espaces 1frlmùH en esp:Kes IeJtil'fllirr.f. II oo.:eupe b ville, il consûmll1~
l'esp:H:c urbain; en même temps il produit s..:s propres liellx, il crée ses
r..:pères .:r bisse des traces {Wilkms-Braull, 1994; Gravari-B;ub'1S, 1999;.
Les f...'sti\'als PCU\'Cllt ainsi de\'enir des éléments d'orgallis;Jrion de l'cspaC,'
urbain.
Cet <nticle cherche précisém..:nt à explorer .:cm: tellSioll cllI"re le carae­
tèn: éphémèr..: de r\~\'éllc]llcnr et' les velléités de pén:nllisarion que celuI-ci
P":UI susciter. Nous cherchc_I"Olls à 1ll0l]\Ter quc b volonl'é d'in.scrire un lès­
rival d..: Illanière durabk da ilS le n:.mps pousse différents <Jeteurs à l'inscrir~
de manière durable dans l'..:spacc. Une tdle inscription sp:ltia1c pcur dc\·..:nir
le poilll: d'appui pour ..:ontrôkr, Ill:1Îtrlser l'esp~\cc urb:lin, mais aussi l'élé­
ment" déclencheur de conflits: la pér..:nnisation d'un événement représente
Ull enjeu d'appropriation de l'espace. R:lisollller en u:nne d'appropriatioa
de l'espace (Ripoll, Vesc1Mlllhre, 2002·2004) nOlis permet' de mietn cerner
le mouvcment des illlerllli1tenl~ de l'él.:i 2003 Cil fr~"ce. qui" élc ~ l'originc dc l'ann"I~li()n
d'lm grand "omble rie feSli ....1Is, ~ .:ilé lrils rév.:iI,1tem de la Illulliturle d'cnjeu". v compris ~l
nol~ll1l1l<,nl .:iconomiqucs, qui ~'~rIiClltenl aUlour de ces é\'énCIll<'lllS ;OU\,('111 con;ldénis ,1\'«
corldescend~nce.Artid"S Enjeux de pérennisatioll d'un <!"énernent éphémère· 2lJï
les ~njeux de positionnement des dif1èrcnts acteurs: la construction par
e:;cmpk d'un équllJC1l1enr (maislll1 ou palais des Ii:srivals) deSljné 3­
accueillir ks nunifcstalions est le résulrar d'aclions de n~goci'l\'ion.<;, de rr:lC­
taLions, de palTcn,l.Iüts ou de conllîts, visall( soir <'t Installer Ull ~vél1emcnt
lcstjvalicr dans 13 \'ille, soit;'\ mieux le contrùler ~t par là même, à o.:ontrôlcr
l'espace urb:lin.
Dans quelle mesure un ksti\'al, événelllCJlt éphémère, l'cm-il laisser des
naces ct être productelll" dc lieu:; ou dc Ilollvdles spatialités? Quds SOnt
les acrcms qui intcrvil?nncnt dans le processus de pércJlnisation ct qui béné­
li..:icnt des rcrombécs du fcsri\';\1 en renne de lllarqll:lgc ct d'appropriarjoll
de l'cspacd Er qu'cst cc que o.:c processus de pé.n.'.nnis~ltioll CI' d'inscription
sparialc d'é"én~mcnts culrurcls l'CUl' nOliS apprl.~ndn: sur la m:tnièn.: dom: on
fàit la ville :mjourd'hui,
Ces qucstions nous semblenr p:lllkulièremeilt pertincllres, sunOllr d;lIls
le conrexœ de la ville cot1l"empor;linc, où événemems, odrure, l>:tes, reyètent
une importance rome p:lrticulière (Gr:lvari·Barbas, 2000). Investis par ks
ethnologues ou les soo.:iologuC's, ces quesl"ions le sonr beaucoup moins par
ks g.éographes qui ne sC' SOl1\" inléressés aux (êtes, (estiv;lls ct bénelllcms
festifs que depuis peu, km dimension g.éographique étal1l sans dome jugée
«secolllhirc, \'oirc insoliJ:C" (Di Méo, 2001, p_ 244). Plusieurs na\':lllX onr
<lbordé h (juestion de l'utilisation des événements comme lllOYCll de rcvi­
ralis:ll"ion dcs cspaœs dans lesquels ils s'inscri\'cnr (Bonncmaison, 1990;
H'ugues, 1999; Grilllths. 1993) ou comml' Illoyen d'élllergSllo.:e de liCllx
(Hall, 1992; Gravari-B:ub;\s ct Violier, 2003). l)":IuLrcs s'intéressent à la.
qucstion des rapporrs cntTe groupes sociaux ct espace: \Villcms-Br:lllll
(1994) am\lysc ;linsi ks é\'él1ell1cnl:s comme élément' d'instauration du dia­
loguc soc.ial dans l'espao.:c urbain ct W:lferman (1998, 2003) ;lborde la
question de la. \'isibilit.é d..:s élites urb;lines par l'intcrmédiairc des événc·
nlentS culrurds '-lue celles-ci orga.nisenr. Atkinson Cl Lallrier (l99S) sc
rOSent la qnestÎon de 1"::u:llIsion de cert.1Îns groupes sociaux des espaCèS Cl
t:cmps de l'événement". Dans ses travan\" sur la géographie des (ères, Guy
Di Méo (200l) a a.bordé la question de l'inscription symbolique de l'é\'é·
Ile ment fî..~stir. Les ;\ppons de (CS t:r;l\';llIX sont importants ('t' 1101lS nous ills,
crÎvons d;lIlS Jeur prolongt:l1lcnl. lis n'abordellt cependa.nt. pas la quesrion
de la pérellnisation et de J'inscription spatiale de l'lÇ\'énemelH telle que nOlis
souhaitons la poser dalls le o.:adre de cet: a1.Tick 2.
Afin de confinnel ces hyporh~scs, nous an:llyserolls le {csrival de la bnde
dessinée d'Angoulême, événemellt. de Ilotoriéré l1;ltionalc, \'oirc inrcrn:ltio­
nale, org:lIlisé dalls 1:1 ville depuis 19ï4, durant" le dernier we..:k·end de j;\Ilvicr.
Le choix d..: cettc "ill\.' n'est pas le fait du hasard. Lors ,j'Ull l'ravail compa­
I<ltif SUl" plusieurs tCstivals franç;\is, réalisé dallS le ..:ad.re (k l'Uj\'1R espao.:cs
et soô.?tés (ESO), nOliS a\'iollS constaté que c'était j AngoulèmC' que la
2 NOliS n'insislerOlls donc p<lS, dans le cadre de cel article. sur l" rôle elle~ "lPI>orts enlre aC1CUfS.
analysés daM Uil lra"ail préi;<iderll, (Gra",'ri·IlJl'lJas et Ve~charl1bre, 2003) même si ccux-ci som
élroitement liés ~ des pr<.lCe>su~ d'appropriaiion de l'espace.logique de pérl'-l1l1lsal1on du f<-'SriV.1l fuit b plus forte ct b plus lisible
(DEp/CNRS UMR 6590, 1002 "~).
L'all;llvse proposée reposc sur un tr;l\"ail de re<:hcrcht: inirjé en 1998.
Depuis cette rériode nous ;1\'ons effectué plusieurs séjours er cl1quêœ$ ,\
Angoulême et nous avons rcncontré les principaux acreurs concernés par le
(estival. CC t:CXt'i:.·, focalisé sur le kst:iv;~l de hl BD d'Angou!l:me, s'inspire­
cepcn~bnt dc l';lllalyse comparati\"c cité<: ci-desslls, le tr;w;lil mcné d,ms
c..:trc ville nous ayant d'ailkurs servi pour mcun: en place une méthodo­
logie d'an;llysc des relations cnrn: vjlle c.t festival. Plus qu'une monogr<lphic
sur l'inscription spariale du 1(-:;1'1\,,11 de b lnnde dessinée d'Angoulême, il Sl~
vcut donc une rét1cxion sur les rappOrt~~ que les événemems festifs ..:t culturels
enneücnnent ""CC l'espeKe urbain, ct sur les formes d':lppropri.nion de
l'espace qui se jouenr ;lllt:OUl" de la pércnnisation de tds événements.
1 Un festival trentenaire qui bat des records
de fréquentation et investit totalement le centre-ville
La présclltarion ct l':malyse dcs diflërcJ1rs espaces occupés :Ill cours dc l~
30'" édition du fesrÎv;ll (2003) nOlis pcrmcrccnt' de donner d'emblée un:
idée de lïnscril'rioll spari:1k de ccr é"én..:m~nt.
1,1 Le succès de la trentîème édîtio/1 du festival (2003)
Dc ["avIS général, \c «rrentièmc» a été Ull succès. Un succès cn tcrme d~
fj'égucnrarîoll, avec un peu plus de 200000 billas \'cndus, cc qui t"('présent:
Ull nouveau record. Les hauts lieux du {estival, c'eH-à-dire la pbec dl]
Clulllp de Mars ;1\'C( ks «bulles» 4 ct le cœur de la yille :!LJt'OIll" de 1;1 Ill:liric,
ainsi que \cs rues piétonnes '-lui les relient" (phol:O 1 Cl fig. 1), OIU érl' enva­
his P;ll' LI Ioule, tlOr,llllmCnl' le samedi, point culmimlnt ..k 1;1 manifcstatiol:.
Depuis quelques années, le festi\ .11 semble ;{tteindre lin palier difficile à
!Î'anchir: «Le FJBI) (...) ancinl' des limites cn tcrmc de cap:Kit"i: d':!ccuci:.
Plus dc 100000 \'isitCIlI"$, <:cla fair beaucoup l'our la \'ille où ks rues, les
reSt:.Hlrams cr les hôrcls débordent» (Second Axe. 2001, p. SI).
La tn:ntièmc édirion du festivAl ;1 ':galcment été lin succès médi:ni­
que .wce des records bartus en nombre d'auteurs (900), de professionnc.ls
l6000) Ct de journalisrcs lJ 000) 5. J:onnidable COllp de projecteur sur l.t
ville, Je t<:stîval a éré lancé- par l'inallgur<ltion du buste ~t de b nlc H<:rgé,
cn présl.:nce du couple prilh:ier bclge. du mairc de Bruxelles Cl Ju lll<lire d~
Koch! (Japon), tllembn:s comme AngOlll(~mc (011 encor\' Quéhec) du du)
inrernarional des maires des villes BD: «on n'a jam:tis auum parlé
d'Angoulême ..:n France ct dans le Illonde» ('. Son présid~nt 7, le dessinateLir
3 Celle élllli", lJorl~il ~ur ~ix \'iIl6 elleu,s festival,: Angoul&mc. Auo'iUac, Lori('nL Nantes, R'.'lln"s
cl S~inl.M~IQ.
4 Nom lionné loc~lenlC'nl~ux ,1WClurm: lie loile qui ,lCcueilieOlt les èdit('urs el les ~ul~·urs.
5 Cll,lleure- Libll'. 28i01/03.
6 Id<!nl.
7 Chaqne année. I~ manif~l<11ion est présidé<.> et a"i",~'e par le I;"IUleal cl" gr.l11ri pri~ de b Il)
d"cerné r.l11""e précédenle.­
l'hulO 1 1'11010 d',llllbiallce dans 1C'5 AJe5 lliélolllle~ (pl)(){o dl.."S auteurs, janvier 2001 J.
Ambiance in a pedes/riall stree/ tpicture of Ill<! autllors, la/lU.lf}' 2001).
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Lc.licv' ot to••'flOC'" <lu 'otl","at Ob,••, .nimOl"'" <la .uet f "",, o' "'"'t>on,
[~ _ A6tI
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Fig. 1 Al'lgOll~-.e 2003: rcnll)fl~~PJliale du lestl\·AI.
The (eslil'il":: pIL"'C'flCe in A/JROlIk'lnle cirv wœts.290. Maria Gral'Jli-Barb<ls, Vineenl Ves<.:hamb.e
Fr'Ul.;ois Sehuitcn, en a prolir~ pour réaffirmer les ambitions dont la ville
l'0u\'ail sc prê\":aloÎr: -Angoulême doir à la fois s'allînncl' comme le festi\':al
des bandes dessinfc.s du monde et comme le plus grand fCSlÎ\al d ... bandcs
dessinées du mOlletl.':. Ce dOÎI être son 3111bÎtion pOllf les dÎ,; prOd\3înes
anl1êl.':SlO lAlIgolflh"f Mfllfllz;'lr, jalwier 2003, p, 19),
Scion les observ:ltcurs, le eonrcnu ;utislique Cl r ... l11bi3IKe, ::Illxquds des
moyens supplêmel1tJÎrcs a\'aicnr été conS3crés. ont contrihué à l'C succè's,
C'est ainsi quI.': le le.sti\'al a rcnouê a\cc les gr::lI\des expositÎons, au): .scêno­
graphies soignées, tclles quo.: la lransformalion du rJlêâlrc par François
So.:huilen, !'e):positioll .. mus":cs imaginaires» .1U Centre llarlo11:a1 de la bande
cll.':ssinêe Cl de l'image (CNBDl), 'lui préfigun.:- te fllrur Musee de I::i HO.
L\ rue ;1 renoué ::l\'ec la fête, grîce à la prêscnce de ~ept compagnies
belges, qui onl assuré 45 spcCLades tixes Cl déambulawires. La 1'\1(," de
GCIl~VC a à": rd)3lHjsél' le œmps du festival" rul' du lrentième" Cl inveSlie
1';11' \lne série dl' décors utilisés d ....puis ks débuts dll t~sri\'al, ainsi qll~ p<'lr
des harldCr"oles rYl'hm:11ll" les ,,0 ::lllll~CS ~cOlllées. Le samedi soir, après la
proclamation d.es rl!-Sllhal'S du gr~lIld prix, \111 bulTct gbnt gr:llllii a été pro­
posé. dans ks halles ,HlX lèsli\'alicl's el' ;Ill): habitant:s, à l'initi:Hi\"e de la mai­
rÎe cr des ~·ommcl\ants.
L',ls~lc.:Îatjon du \'Îcil Angoulême, créée pOUl' l'animation de la ru .... ct
dcs "Îlrine.s autour de b BD, :1 contribué :l la misC' .... 11 ambialKC' du ù~IHre'
ville: .. il était temps que les allg.oumoisins prenl1enr les choses en 1ll:ain
pour faire vi"ro.: la \'ilk dur-ant le festi\·al lO s,
Pendant les qU3tTe jours de son dé.roukmel1l, b trenlième ~dition du
f~Slival a mis ~n br::mle la p....tjtc cÎté Charcntai5l:.
1,2 L'investissement progressif du centre-l'We
Rj .... n ne bÎssail suppos~r un td sua"s lorsque le fè-sli\'al a ... té !::Incé en 19ï4
(illlti::J!cruenr en tant 'lue salon), par !::I ,'olonté de dl'ux passionnés, p3r
:ülleur::;: élus au conseil rulllli~'Îpal, FrancÎs GrOIlX et ]c,lIl i\brdiki.l.l1. Les
médias se som- alors êtOnnés d'Ulle telle localisation: " L'::Jo.:tjoll se dérnulc
.\ Angoulême», rÎtr:lil Il' FÎg::ll"o, ... c\'st à-dirl' llulk' parr» 9.
L'tlll des îngrédicnt's du sllccès d'AngouJ.:Jllc ~'S\, sa mille: COllUlll1lle de
moins de 50000 babit::tllLS dans une aggloméraiion d\1I1 peu plus d ....
100000, Angoulême est llllC vilk moyellllc qui ~Sl plus f;tcikm ....l1l investie
par Ull événClllCl1l festivalier qu'ulle métropolc. Le lè-sti\al appar~lîl' plus lisi­
ble ct l';lmbialKC feslÎvalièn.:: plus percqnihle 'luc d:m~ ulle grande ,'ille
C01l1llle Nantes (DEP/CNRS Ui\·1R 6590, 2002). 1...'1 vieille \'ilk implantée
~ur un sirc dtfensif r"'ll1arquahle, ~'51 le théîtr.... princll':ll dl' la 1\l:lI1Î(esl::tlion.
où ks marqueurs fCSlÎvalil'l's sonl Ics plus prtgnanrs,
L'in\'esrissclllcnr du ..:emre-ville p::tr le festival S'l'Si consrruil progressi­
'·Clllo.'nr, chaque nouvelle edicion JppOrt3111 son 101 clo.: 110U\e3UX lieux,
occupés pro\'isoircI1H'I1t, dc:toul'Ilês de leurs foncrions d'orig:ini.": musées,
8 PlllPl>S du I>n"sKiEonI de l'~~jalioo,Sud-Olle!". 28 janvier 2003.
9 VoÎr fnfo malin. En \,;nill ,lnS A"llolll~'Ie est SOfli rie son nulle part •. 26-29 j<lnvÎCl" 1'J'J5.Arlicles Enjeux de pérennisation d'un événemenl éphémère. 291
g:tl.:=rics, pal:tis de justice, b:tnqlles, grands magasins, Clltrepôts, églises,
cathédrale, écoles, boutiqucs, bars 0\1 cafés.
Pour I:t première édirion, le fesrival s'inscrit ell plein cœur de ville, à
l'intérieur d'un tri:ltlgk Hôtel de vil1e-thé~tl'c-MusécI,.ks BcaU:'h1rlS (fig. l,
espace [1]). D'emblée, cc sont des b;Îrimems publics, représentatifs du pou­
voir politique local er de ses expressions cullUrdlcs les plus «nobles», qui
sont ÎnvC"sris par la manifestation, (ontribu;"lIlt" :t la légitimer, ainsi que le
genre dom dlc sc fàir le porte-parok.
Dès 1977-1978, le Ii.:stival se dédouble 3\"ec l'Îllsl":llbriol1 de la première
«bulle» sur le vaste espace du Champ de l\hr1\, Cil limIte du centn:-villc.
L'axe qui rdie l'Hôte! de ville ;\ la place du Champ dc l\hrs, en passant par
10la place Marengo, devienr la «colonne vcnébralc» du fCstiv:l1 (phoro 1):
c'csr b quc se concerH"rent l'esseru1cl des !lux dc fcstlv.1liers r.:1 b pluparr
lIr.:s marchands ambulants lI-ig.. 1, r.:space 12]). Invcsri par llllC dcuxièmc
«bulle» fi partir de 1989, CCI" csp:rcc du Champ de Mars (qui est d':rillcurs
le pl11S proche de la g.are) esr de loin le plus ti,~quClllé, Clr c'es!" là que
s'inst::lllent ks l;dircurs ct kurs "é<.:uries» de dessinateurs, qui sc" rcla~'el1t
pour des sê:tnccs de dédicaces nès courucs.
À partir de l'hôtel de ville, l'cspacc festivalier S'cst prog,ressi,'crnenr
élargi dans trois din:ctions:
- L'espace situé entre l'Hôtel de ville cr le théâtTe a étl: renforcé à partir
de 1985 par l'installation d'Ulh~ bulle sur la place Ncw-York (fig. l, espace
[11). C'esr El qlll' salit inst:rllés depuis 2000, fi pro:ximiré des jardins de
l'hôtd de ville, ks petits chalets (ommcrciaux qui propOS\;'ïH des produits
du tCIToir.
- Les petires mr.:s piétonnisécs (tlg-. l, csp:r(('" 13 ]), sinlécs c.ntre le l\llais
de Justice er les halks, som C:tractéris':es p:lr 1:1 cOIKcntTation des reSI:;\U­
ram:;, b:rrs ct gakrics CI vivent donc au rythme du festival. Cct r.:spacl' ;1 été
le premier choisi pour créer UIlC ambi:UKC BD pcrmanente, avec la ré:tlisa­
t'ion en 199ï d\m pal"<::ours cans:rcré à Andr': JuillJrd cr hl rblisation fin
1998 du premier grand mm BD véril~,blemenr inséré dans le p:lysagc
urb:tin, à partir de l'lIniv.:rs d'Yslairc (photo 2). En 1999 (Rue H011Cq),
2000 (rues Astérix) CI: 2003 (ruc du u·cm1ème), le FlBD ;\ joué kt carte du
décor tcmpor;\irc lI:ll1s cet espa..:c intime et cOllYi,·iaL
- L'ax.: qui relie l'Hôtel de ville à l'cllsemble IIlLlsée-c:l.l"hl'dra],: (fig.. 1,
cSI);lce 14]), a hé réinvesti à polrtir d .... 1999 polr l'Ulilis;lüon du palais de
Justic(' Ct de la pbcl' qu'il domine. Cet olxe :1 été égalemellt" souligné de
manièrl' permauenœ p;u· lIne fresque_ conçue par le dessinateur Marc­
Anroine Molthieu.
j\'lis bout à bom, (CS espaces constiruelH le cœur de la manill:st:trion, ce
que souligne d'ailleurs la sonoris:rlioll (tig. J).
Il a (,11111 attendre Je début des .l11llécs 1990 Ct la misc en sel"\"jce du
Centre N:\tional de ];\ Bande Dessinéè Cl. de l'lmage (CNBDI) pour voi~ la
10 lo~ d(' !<l ,,('tlu(' en 1977, I·k~ê <lv~il il1<lu!:lIré I~ 1l0u\"<.'lI" rll" Il;~lo,,n,,, qui polI" dep'"i; 2003 wn
nOIll_ la pii!tonnisalion c>'l l'ul1(> d~'5 <:011><''qucnœs do? I"Cl1lptiw ~patial" oc œ i\.'>Cliv.ll292 • M~ria Gr.wilri-Ililrbas, Vincent VcKh~l11brc ANNA'.', J>r G'oc"",""', N" r.~3 • 200$
ll1anifl:st<1tiOI1 (kscendre sur les bords de la Ch'1n.:Il1t::, cn cOlltTcbas du plareall
qui porte le cellnc 'lilcicll: le CNBDT et l'Écok sup':rieurc de l'IIl1;lge, COIlS­
tî\"llcll\" 'llIjomd'hui un pàk sC":OIl ..hir~ de l:I nlolnifcsl:n:ion (fig. 1, espace' [5]).
Afin (le desservir .:el esp:lcc. dcs Il:l'l'CITCS om été mises en place qui fOllt" le
rOllr des ptincipaux sites (ftg. 1). CCl d:ngisscmenr d~ l'CSp2CC fcstiv'llier rh~'le
un problème urhanistique d'arLicliblion cntre villc hautc er ville bassr:.
L·év";ncm('llc n';l jamais concerne l:1. ..:om1llunc d'Angoulême dans son
ensemble, ni Il JiJ1ïillri l"agglomératioll. Si l'on excepte l'édiriotl 1977,
dULltll laquelle il a E1llll en CJL1S'roph~délocaliser Il: s.don <t11lS un gymtl.lsc
du gr,md cllScmblc Ma Campagne li, la présence du festiv'll Cil périphérie <1
toujours clé ponctuelle Cl l11<H"ginak 12.
Durant !cs quelques jours qllc dure' la nunifcstal\On, le FIBD m'lrquc
d s·'lpproprie lc ccnITt::-\'ilk dans son .:nsclllbk, à lra"crs lIcs strllctur.:s
pro\·isnîrcs l" huiles », j\b.gie miror ,.. ), des bandcroks, dcs ,\llîches, des
éebir'lgcs, unc sonoris:ltion. (fig. 1). Mais celte appropriation rcsrc fugi­
tj\"c. le FIBD n'ayant pas jusqu'à présenr bissé de tT.lCe d· réussi ,\ se pén:n­
l1iser en tant" que rel.
En in\"estiss,lllr progressivemenr les pri'l..:ipaux lieux Cl pbces publics, en
rc\'aloris'lI1\ certains CSp'ICCS. la rnanifcsution ;\ cont]"ibu~ J. r.:nforcr:r Cl. J
étendrc k ccntr..:-vilk, cr plus largement ;\ tT:1t1Sf\)nlH.'r l"itllagc d'Ango1l­
lbnc_ De b dvn:lllliqll~ ainsi créé(' proc'::d.:m tm ":<:t1'ain nomorc d't;quipemcnls
t101l\'CaUX, qui sonr alH'.tlli de pointS d'appui pour les 'lCl.:urs ]o'::l.ux. poli·
tiqu('s ct' économiques.
2 Des retombées spatiales considérables
pour Angoulême et sa région
De l'avis dc raits les ,\CtCurs 'lui évolltenr sur 1.1 s.:ènc IOC;llc. le festival
inll.'TnOllional d.: la bndc dessinée (FLBD) est J. l'origine d'instinnions Oll­
\:urelles Ct d'un rissu ':conomique qui rcprésemcm ;mjouJd'hui 10: prin.:i­
POlUX :ltouLS de dé\"dnppeI1H:nr pour Angoulême et sa r":gioll. Pour celte
ville de l''''ldition indusrriclk, lourdement pénalisée p:1r kt gestion ll1ulli..:i­
p'lk des atlt1~es 19801.;_ la dynamiquc initiée pOlr le festi",\1 r.:préselltl: cn
circ, une txclsion de recon\'ersion économiquc. :\1ous ,lIIons donc passer
Cil r,,\'ue les diflëren\:s lieux issus de la dynamiqlte fcsrlvaliè"IT, ill\'cslis par
ks principaux acteurs politiques, économiqucs Cl (ul\"ll1"<:ls loc;\ux (fig, 2).
À ..:ôté des rCLOmbé.cs m'lrérielks_ (ollCrètes, il ne filin pas perdre dr: \·lle b
dimension symboliqur: de ..:cs lieux. qui CùtlstiluCtlt ,1l1\:tlll de " rnOlrqtlèUrs"
des djllèrr:nl.cs fonncs de pouvoir .1l1 l'l'Hl lo.:al.
11 lp V""t ,wait provoqué la del"illlltl<' de la ,ulJlle. dll Ch,ullll d" I\\a'~_
12 tl? Il?Sli\l,,1 Musiques 'nO;>'iHl's. qui ('S, l'allt'e ie,ti''<ll imporl""1 dl' I.~ viII,', " im'c'I'cen]p"l "']1'
10ralisaliol1 périph<'riqlle Pt ""tr(,ti(mt tOllt au 10llg dp 1'.1",,6' d,', l'd.,tions au!,. f<!'s habit.,nt, d"s
qU;lrlier5 d'Ilolbital SOCi.1!.
13 L<' l1].li,e 'OCi.l!iste d(·I'o:.'poqu<" lAc'- Bouchel''''' n9n·19S9J.l 1.1;5;,.1 "'1 déficit ",tin~ ~ 16~ M
de F p",.la COl'" d", comptt!"$ 09891, qlli limit<' encore dt!" 'lOS jû....s la "1Mge rI<' "lal1œllVre d"
>es sucçe'S<'IIt>.Enjeux de )lérennis.ltioll d'lin événemenl éph;}me,e • 293
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(q,,;pcII"'''' ';""""""q"O
• Oepui.19~S
Fig.2 Il1ir.wructures sliscitées par le FIBD.
Ifp.IJIlp.S CfealCd b" t/Jo.' Comics festival.
2.1 De /JOUl'eauX acteurs et de nouveaux équipements d.ms la "i//e
2.1.1 le temple de la bande dessinêe ct de l'image (CNBDI) s'inSlalle à Angoulême
C'eSt" gd.œ :ILI succès du fcsüv,ll de la BD qui s'est rapidemellt imposé sur
1.1 scèlle luùonak ct illternationak, qu'Angoulême a été choisit' en 1983
pOlir a ...xucillir le Cenne Narional dl' la Bande Dessillée ct de 1'1nugc
(CNBDI), l'lin des 15 «Grands Projets» du président: Minerrand en région.
visanr j légitimer des genres culturels considérés comllle "mineurs» H. Comme
14 L'annonce oll,(,ell<;> de IJ né.llion du CNI3I)I d.lle de lam·ie, 1933 el s'~'~IIJile l,lus p...!<"i~ell1e"l
d<ln~ le cadre d'un plan promu IMI It: Mi[]i~lre de 1.1 C"hur<;> I:<<"~ L.lng, inlilulé .15 rne,UlCS pour
IJ BI)._294 • Mari,l GI,lI';ui-B;uba$, Vincenl Veschalllbre A..'NAlO:S ".: (;;OC.Ar'H>, "''' 643 • 211115
le rl'connait l';mcicn din;ncur du l1lu~':e dc la BD, si k festival n'a pas
g':néré Je CNBDI, équipcmcnt qui s'inscrivail ~ l'époque d:ll1s \lnc politique.
I:ldt'Urdle narion:\[c, «sa localisation à Angoulême eSI: une con~équcllce
dircC-tc du testinJ. S'il n'y ,w:lit p:1S cu le !l'sri\',ll, k CNBDJ aur,lit oisté,
mais ai[leurs» (Gro('n~reen, entJ:cticll, 1998).
L'ou\'erture J'un lieu phalY pOllr la BD, ~hll~ UllC vi[le dl' 1.1 raille
d'Angoulême, esr perçuc p:lr unc panil' de [:1 profcssion COl11nH:' "'un Cilter­
remcnt dl~ première classc" (Groenstcell, idem). Encor. ,mjourd'hui, le
CNBD1 :l d'<\ilkur~ unc fréqul~nralion plutôt lill1;lcC pour un équipemclll
d'Une rdle alllpkur: cdk-ci c,sr d'environ SOOOO visitl:urs p:u :Ill, dom [a
moiti':' pCl1lbnr le fcstiv;I[,
Situé dans les ;JnCiCnnl,s brasserics Ch"l11l'ignculks domill:llll la Cha­
reJ1l'c, Je b;'itill1enr;l ét.: réhabilité par Roland C1SrrO ~'I' in:lUguré en 1990_
En 2002 le CNBDI :l cnt<ll1lé Uil projet d'agr,lndisseJ11elll: sur une friche
industridk (tig. 2), L'oll"crmrc de noU\'C,lUX esp:lces en 2004 ..:omprcndra
Uil l1lUSél~ de b BD, un centre d'inrerprct;lI'ion des llouvdles images et ulle
lll~dj:Hhèque de ['imagc, Elle dolera AJlgOld{~mc d'uil éCJuipcl1leJ11' dédié à
l'image, d'imporrance natiollale, Yoire il1rcrn:ltionale,
2,1.2 Un pôle de forlll<lliOllS slruchlré <lUIOUf de l'école supérieure de l'il1l<lge
D;\11s le (;ldre du "'pl:m BD" de ). L:Lllg, ['école des Beaux-arts est de\'..:nm:
['une des toutes premières en Fr:ll1Cc \,b d<'uxi':mc ell Emopc ,'près Bruxc1­
ks) à ounir un dtp'lrrCl1len\ de «CMII1J11l11irntùm CllfniOl'iJIlt:l1e t't dt bnlln,;
des.rin(f". Devenue depuis l:cok sLlp':riellrc dc [,ll11ag~' lESn, (l'tte struc,
turc a ét~ implantée en f~H:e du CNBDl, d:\Ils UIlC :ll1eiellllC llsine sur [a
Charente (l'ig, 2), Autour de cette pr..:mièH' struülllT de fOflll:L!:ion spéci-a­
[is~e, cr du labor<lwire d'imagerie numérique (UN) du CNBDI, sont
venues progressivement sc grenier lm ensemble de formations en nlppOrt:
a\'Cc l'im:'1g.e li x", ou ;mlmé.::, qui VOllt du BEP au Bac + 6 ll'Îg., 2) 15.
L'émergence de cc pôle de fôr1l1arion est venue concrétiser la dimensiou
«image» de la \ll1e d'Angoulême, Il s'inscrit désOJl1l:lis d,lllS un ensemble
plus vaste, le Pôle im;'gl:,
2.1,3 le pôle Image autour du château de Dampierre: un projet dans 1<1 ville
La volonré d'un "prolong.emenr indusrriel» ,1U1'0Ur de l'i111,'g,e ;mimée ~
Angou[ême d:\[C de 1983, Dès cerrc ':poqtle, les acteurs ]OClUX ont cherché
~ promouvoir l'image «Si[icon Va[ley" de [a vjlle charcnl':lisc, Si la ~o(i('I~~
cré~e ~ ['épOqU'~, Im:lge Ordil1an.::ur tI.O,), n\~S\' l'in:~lcmcnr pas arrivée ;\
mobiliser les partenaires financiers l'rlv,:s, ce n'érair que pMrie remise. À la
15 Il ~'~~il de'>' muctur~"S !UII'<lnws: k' IYCl~ d~' l'imagC' et du son o'An)loul"lll<' IUS,\}, oifr~llt des fOllna·
Iioll; llTS !<'(lll1lllllt1iCi\lion, COnullllllicaliOIl \'i~uell(') el h- I\,c".' 1(.'Çlmiqlll' Ch~r1(';; Al'~u5Iin CoulOmb
(ll<lc :\11s Appliqué, ([:Isse- dC' ll1i~e à nive<l" AilS Appliquèl. Ces cl'-'tl~ structure-:> >ont 5011S Iii IUlelle
dll Minislère dl' l'ÉduCillioll; l'École de; II·Miers rlu Cil1~l11a d',]llllll,llioll IEMCA) ('1 Il' (l'nlll' rks For·
111.11io1l5 l'lofc-ssiolll1el[l'5 (OFon, rollS lutelle de la CCI d'Al\soul~nl<': (inilll'illenf, le l.ilboraloirC'
d'lm.1lJ,erie NlHllérique (UN) proposill1l un 1\-l,1s1èn' Européen de 3" cycle <êl l'I:colC' SlIl,cl'il'ure de
rlrll.l~ \ESIl, roU5 tutelle du Minislère de la Cuhure, Une 'lOuI'('Il<ê ùlil''':, l'EMClIt:coJ.' dl''' IIKliers
dl' la Ué.1liOll infographique) il .'1('> I,lneé<.> l''n 2001 pal' 1;1 CCI el lI'I.1gl'li,:. EII.' ,-is-e il rèp,,"r1rt' ,lU>.
Ill"ioins rles slUrlio; rle produclion_

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