Compétitivité et élasticités du commerce extérieur - article ; n°3 ; vol.94, pg 13-22

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Économie & prévision - Année 1990 - Volume 94 - Numéro 3 - Pages 13-22
Competitividad y elasticidad del comercio exterior,
por Jean Mathis.

La competitividad es un concepto muy utilizado pero con frecuencia mal definido en el campo macroeconómico. Los resultados de exportación dependen de la competitividad, pero no pueden utilizarse como factor de evaluación ya que dichos resultados dependen a su vez del equilibrio macroeconómico general, en el que la competitividad no es más que un elemento. En este artículo se propone, en primer término, una definición de la competitividad macroeconómica y, acto seguido, se utiliza un modelo muy sencillo para determinar algunos parámetras que podrían utilizarse para evaluar la competitividad. En segundo lugar se examina la noción de estrategia macroeconómica de competitividad para, a continuación, analizar en detalle la elasticidad del comercio exterior que es uno delos paramátras fundamentales de la competitividad. Por último, se examina el problema de la variabilidad de la competitividad en las curvas de demanda.
Competitiveness and price elasticities of external trade,
by Jean Math is.

Competitiveness is a common concept yet not well defined as far as macroeconomics are concerned. The current account balance is an outcome of competitiveness and not a measurement ; in addition it depends on the general macroeconomic equilibrium and not only on competitiveness. A definition of competitiveness is suggested. Then a very simple model is used to isolate a few parameters that can be a measure of competitiveness. Next, the macroeconomic strategy of competitiveness is defined. Attention is paid to the elasticities of import demand and export demand, for those appear to be crucial parameters of competitiveness ; in particular, the question of their variability with relative prices is examined.
Compétitivité et élasticités du commerce extérieur,
par Jean Mathis.

La compétitivité est un concept largement utilisé mais souvent mal défini au niveau macro-économique. Les performances extérieures sont un résultat de la compétitivité mais ne peuvent en être une mesure, d'autant plus qu'elles dépendent de l'équilibre macro-économique général dont la compétitivité n'est qu'un élément. Une définition de la compétitivité macro-économique est tout d'abord proposée. Un modèle très simple conduit ensuite à repérer un petit nombre de paramètres susceptibles d'être considérés comme mesurant la compétitivité. La notion de stratégie macro-économique de compétitivité est alors examinée. Un développement spécifique est consacré aux élasticités du commerce extérieur qui apparaissent comme des paramètres fondamentaux de la compétitivité ; en particulier, la question de leur variabilité le long des courbes de demande est examinée.
Wettbewerbsfähigkeit und Elastizitäten des Aussenhandels,
von Jean Mathis.

Die Wettbewerbsfähigkeit ist ein weitgehend angewandter, doch in makroökonomischer Hinsicht oft unzulânglich definierter Begriff. Die Leistungen im Aussenhandel ergeben sich aus der Wettbewerbsfähigkeit, können aber nicht ihr Massstab sein, um so weniger, als sie vom allgemeinen makroökonomischen Gleichgewicht abhängen, in dem die Wettbewerbsfähigkeit nur ein Element ist. Zuerst wird eine Definition der Wettbewerbsfähigkeit vorgeschlagen. Mit einem sehr einfachen Modell wird sodann eine begrenzte Anzahl von Parametem festgelegt, die als geeignet betrachtet werden kônnen, die Wettbewerbsfähigkeit zu messen. Daraufhin wird der Begriff der wettbewerbsbezogenen makroökonomischen Stratégie untersucht. Spezifisch entwickelt wird die Untersuchung der Elastizitäten des Aussenhandels, die als grundlegende Parameter der Wettbewerbsfähigkeit herausgestellt werden ; im besonderen wird die Problematik ihrer Variabilität mittels Nachfragekurven behandelt.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1990
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Jean Mathis
Compétitivité et élasticités du commerce extérieur
In: Économie & prévision. Numéro 94-95, 1990-3-4. Aspects de la contrainte extérieure. pp. 13-22.
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Mathis Jean. Compétitivité et élasticités du commerce extérieur. In: Économie & prévision. Numéro 94-95, 1990-3-4. Aspects de
la contrainte extérieure. pp. 13-22.
doi : 10.3406/ecop.1990.5174
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ecop_0249-4744_1990_num_94_3_5174Resumen
Competitividad y elasticidad del comercio exterior,
por Jean Mathis.
La competitividad es un concepto muy utilizado pero con frecuencia mal definido en el campo
macroeconómico. Los resultados de exportación dependen de la competitividad, pero no pueden
utilizarse como factor de evaluación ya que dichos resultados dependen a su vez del equilibrio
macroeconómico general, en el que la competitividad no es más que un elemento. En este artículo se
propone, en primer término, una definición de la competitividad macroeconómica y, acto seguido, se
utiliza un modelo muy sencillo para determinar algunos parámetras que podrían utilizarse para evaluar
la competitividad. En segundo lugar se examina la noción de estrategia macroeconómica de
competitividad para, a continuación, analizar en detalle la elasticidad del comercio exterior que es uno
delos paramátras fundamentales de la competitividad. Por último, se examina el problema de la
variabilidad de la competitividad en las curvas de demanda.
Abstract
Competitiveness and price elasticities of external trade,
by Jean Math is.
Competitiveness is a common concept yet not well defined as far as macroeconomics are concerned.
The current account balance is an outcome of competitiveness and not a measurement ; in addition it
depends on the general macroeconomic equilibrium and not only on competitiveness. A definition of
competitiveness is suggested. Then a very simple model is used to isolate a few parameters that can be
a measure of competitiveness. Next, the macroeconomic strategy of competitiveness is defined.
Attention is paid to the elasticities of import demand and export demand, for those appear to be crucial
parameters of competitiveness ; in particular, the question of their variability with relative prices is
examined.
Résumé
Compétitivité et élasticités du commerce extérieur,
par Jean Mathis.
La compétitivité est un concept largement utilisé mais souvent mal défini au niveau macro-économique.
Les performances extérieures sont un résultat de la compétitivité mais ne peuvent en être une mesure,
d'autant plus qu'elles dépendent de l'équilibre macro-économique général dont la compétitivité n'est
qu'un élément. Une définition de la compétitivité est tout d'abord proposée. Un
modèle très simple conduit ensuite à repérer un petit nombre de paramètres susceptibles d'être
considérés comme mesurant la compétitivité. La notion de stratégie macro-économique de compétitivité
est alors examinée. Un développement spécifique est consacré aux élasticités du commerce extérieur
qui apparaissent comme des paramètres fondamentaux de la compétitivité ; en particulier, la question
de leur variabilité le long des courbes de demande est examinée.
Zusammenfassung
Wettbewerbsfähigkeit und Elastizitäten des Aussenhandels,
von Jean Mathis.
Die Wettbewerbsfähigkeit ist ein weitgehend angewandter, doch in makroökonomischer Hinsicht oft
unzulânglich definierter Begriff. Die Leistungen im Aussenhandel ergeben sich aus der
Wettbewerbsfähigkeit, können aber nicht ihr Massstab sein, um so weniger, als sie vom allgemeinen
makroökonomischen Gleichgewicht abhängen, in dem die Wettbewerbsfähigkeit nur ein Element ist.
Zuerst wird eine Definition der Wettbewerbsfähigkeit vorgeschlagen. Mit einem sehr einfachen Modell
wird sodann eine begrenzte Anzahl von Parametem festgelegt, die als geeignet betrachtet werden
kônnen, die Wettbewerbsfähigkeit zu messen. Daraufhin wird der Begriff der wettbewerbsbezogenen
makroökonomischen Stratégie untersucht. Spezifisch entwickelt wird die Untersuchung der Elastizitätendes Aussenhandels, die als grundlegende Parameter der Wettbewerbsfähigkeit herausgestellt werden ;
im besonderen wird die Problematik ihrer Variabilität mittels Nachfragekurven behandelt.Cet article cherche à préciser théoriquement quelques
notions qui apparaissent dans différents articles de ce numéro Compétitivité consacré au commerce international. Qu'est-ce que la
compétitivité à l'échelle macroéconomique ? Quels sont les
paramètres qui permettent de la mesurer ? Peut-on et élasticités
caractériser des stratégies macroéconomiques de
compétitivité et différencier par là les options du commerce macroéconomiques choisies ou subies par les différents
pays?
extérieur
La compétitivité est généralement associée aux
performances extérieures. En fait, ces dernières ne peuvent
être isolées des capacités globales de l'économie. Elles n'en Jean Mathis^ sont que l'une des manifestations et les indicateurs qui
servent à mesurer ces performances, tels que le taux de
couverture ou le solde du commerce extérieur, n'ont pas de
sens hors d'un bilan global de l'économie. Ainsi, une
croissance plus soutenue de la production peut être obtenue
au prix d'un déséquilibre commercial et, inversement, un taux
de couverture élevé peut refléter un freinage durable de la
croissance par rapport à celle des principaux partenaires.
Il est nécessaire, par conséquent, de rechercher, derrière les
résultats macroéconomiques, difficilement interprétables
isolément en terme de compétitivité, des paramètres
structurels à même de mesurer la compétitivité
indépendamment des objectifs macroéconomiques
contradictoires poursuivis -excédents commerciaux ou
croissance dans l'exemple ci-dessus. Parmi ceux-ci, les
élasticités du commerce extérieur apparaîtront jouer un rôle
fondamental. Ceci n'est bien sûr pas nouveau. Depuis
longtemps, le théorème des élasticités critiques enseigne que
le choix entre la dévaluation et la réévaluation dépend de la
valeur des élasticités-prix des volumes importés et exportés.
Le premier paragraphe rappelle cette analyse, dégage un
ensemble de paramètres de compétitivité et propose une
critique conduisant au rejet de l'hypothèse selon laquelle les
élasticités-prix des volumes échangés sont constantes. Le
deuxième paragraphe explore les conséquences d'une
hypothèse d'élasticités variables en fonction des prix relatifs.
Les paramètres de la compétitivité
Un modèle de base très simple est tout d'abord présenté ; il
conduit aux paramètres macroéconomiques fondamentaux
de la compétitivité. Il est ensuite utilisé pour étudier les
conditions dans lesquelles il décrit l'accès au plein emploi, la
contradiction éventuelle entre la maximisation de l'emploi et
celle du pouvoir d'achat, et le rôle du partage des revenus.
Cette analyse du modèle est menée tant pour elle-même que
pour les critiques qui peuvent en être tirées quant aux
hypothèses habituellement faites relativement aux
élasticités-prix du commerce extérieur. Sont évoquées
ensuite ce que l'on peut entendre par stratégies de
compétitivité au vu des résultats obtenus de l'analyse du
modèle. Enfin des arguments sont avancés qui rendent
vraisemblable une valeur de la somme des élasticités du
commerce du "bon côté de la valeur critique" (celui où la
dévaluation améliore le solde commercial en valeur).
Le modèle de base
Le pays considéré et le reste du monde produisent chacun (*) Centre d'études des dynamiques internationales
un bien et un seul. Il est supposé pour l'instant que chaque
Economie et Prévision n° 94-95 1990-3/4 bien est vendu au même prix sur les deux marchés (le pays
13 et valeur ("en valeur" sera omis par la suite sauf si nécessaire). le reste du monde) ; les producteurs ne différencient pas
leur prix selon qu'ils vendent sur leur marché ou à l'étranger.
(p/p*)1 "(em + ex) D*/Y (1-5) TC = (pX)/(p*M) = (x/m) p* = ep*' (1-1)
: prix du bien local ; TC : taux de couverture en valeur. p
p*' : prix du bien du reste du monde exprimé dans la Apparaît dès maintenant une expression qui joue un rôle monnaie du reste du monde ; fondamental dans toute analyse macroéconomique de la
compétitivité, la somme des élasticités-prix des volumes p* : prix du bien du reste du monde exprimé en monnaie échangés ou, plus exactement, un moins cette somme(3) : locale ; 1- (em + ex).
e : taux de change (une unité de monnaie du reste du
monde vaut e unités de monnaie locale, quand cette der Arrivé à ce stade il est possible de proposer une définition de
nière se déprécie e augmente). la compétitivité qui sera maintenue dans toute la suite du
texte. U équation (1-5) peut, en effet, être inversée pour
Dans le pays, la demande est supposée composée d'une exprimer la production en fonction du taux de couverture :
demande autonome et d'une demande induite par le revenu.
Pour simplifier on supposera que la demande autonome porte ~ (em + ex) D*/TC (1-6) Y = (x/m) (p/p*? uniquement sur le bien local de même que la demande de
consommations intermédiaires*1*. La demande induite est La comparaison des égalités (1-5) et (1-6) montre que sont supposée déterminée en deux temps. Le revenu en valeur équivalentes les deux définitions suivantes de la pY est partagé entre dépense et épargne selon des compétitivité : propensions qui sont supposées constantes. La dépense est
ensuite partagée entre le bien local et le bien du reste du - la compétitivité est la capacité de réaliser un taux de
monde en fonction du prix relatif p/p* (2). couverture élevé à production donnée ;
- la compétitivité est la capacité de réaliser une production p* M + pD = (1 -s) pY (1-2) élevée à taux de couverture donné.
(p/p*)em (1-3) M = m Y En effet, dans les deux cas, c'est la même combinaison de
paramètres et de variables qui mesure cette capacité : Y : revenu (valeur ajoutée) en volume ;
(p/p* *? ' (em + ex) M : importations en volume ; (1-7) (x/m)
D : demande intérieure de bien local (induite par le revenu) ou: en volume ;
s : propension à épargner ; (1-8) (x - m) + (1 - (em + ex) ) (p/p*) + D*
m : à importer ;
selon que l'on considère des niveaux de production et de taux em : élasticité-prix des importations. de couverture ou des taux de croissance. Un point au dessus
d'une variable note un taux de Le bien local est également demandé par le reste du monde,
en fonction du prix relatif déjà considéré et de la demande On dispose ainsi d'une mesure de la compétitivité, mais mondiale. celle-ci n'a guère de sens dans l'absolu. Elle n'en acquière
que dans une comparaison des performances de différents (1-4) X - xD* (p/p*)~ex pays. L'équivalence des deux définitions ci-dessus se
transforme alors en l'équivalence du classement des pays X : exportations en volume ; selon la valeur de Y à TC donné et du symétrique.
Ces deux classements équivalents ont, du reste, plus de sens D* : demande mondiale en volume ; en évolution, c'est-à-dire à partir des taux de croissance,
x : part de marché ; qu'en niveau. En effet, la comparaison des niveaux de
production de deux pays n'a guère de sens ; elle en retrouve ex : élasticité-prix des exportations si ces niveaux sont rendus comparables, par exemple en
étant rapportés à la population ou à la population active. Les paramètres m et x des équations ci-dessus ne sont
véritablement la propension à importer et la part de marché Les équations (1-7) et (1-8) font donc apparaître les que pour un prix relatif égal à un. On supposera qu'il en est paramètres de la compétitivité. Ils peuvent être répartis en ainsi dans les situations initiales par rapport auxquelles on se deux selon qu'ils ont trait ou non aux prix relatifs. placera en statique comparative.
A l'aide d'un modèle aussi simple il est possible de proposer Les paramètres de la compétitivité hors-prix : x, m, D*,
une première approche de la compétitivité, du moins sous ses em + ex
aspects macroéconomiques, à travers la relation simple qui
lie la production et le taux de couverture. Il convient tout La part de marché et la propension à importer n'interviennent
d'abord de préciser que ce dernier prend son sens pas séparément mais par leur rapport (ou, ce qui est
essentiellement en valeur plus qu'en volume, qu'il soit équivalent, par leur différence de taux de croissance) ; on
considéré comme un objectif ou une contrainte. Les retrouve là l'idée selon laquelle la compétitivité ne peut
demandes d'importations et d'exportations (1-3) et (1-4) s'analyser uniquement en termes de capacité à exporter ; des
conduisent à une écriture simple du taux de couverture en gains de parts de marché peuvent masquer un accroissement
14 de la pénétration des produits étrangers. Dans la suite, on configuration d'élasticité. Il est possible, par contre, de
appellera le rapport x/m la propension relative proposer la politique de change susceptible de conduire au
(sous-entendu à exporter relativement à la propension à plein-emploi.
importer). Cette propension relative est un paramètre de long
terme, c'est-à-dire dont les évolutions favorables ne peuvent L'accès au plein emploi provenir que de stratégies (d'état ou de firme) de long terme.
On suppose que l'Etat maîtrise deux instruments de politique On peut être étonné de trouver parmi les paramètres de la économique : les termes de l'échange et la dépense publique. compétitivité la demande mondiale qui, au premier abord, En d'autres termes, on suppose que les agents acceptent le paraît être une variable commune à tous les pays et, par partage des revenus correspondant aux termes de l'échange conséquent, indépendante des capacités de chacun. En fait qui leurs sont imposés et que l'Etat consent au déficit il n'en est pas exactement ainsi. Chaque pays exportateur budgétaire associé au montant de la dépense publique de rencontre une demande mondiale qui lui est spécifique. plein emploi. Certes, les demandes élémentaires qui constituent la
demande mondiale sont les mêmes quel que soit le pays Le modèle de base apporte alors une réponse claire à la exportateur considéré ; ce sont les importations par produits question de la réalisation du plein emploi. A partir d'une et par pays importateurs. Cependant, la demande mondiale situation de sous emploi, le plein emploi à taux de couverture adressée à un pays exportateur donné est une pondération donné (par exemple, mais pas nécessairement, équilibré) des demandes élémentaires tenant compte de la structure de s'obtient en combinant deux politiques économiques : ses exportations par produits et par pays de destination. La
capacité d'un pays d'orienter ses productions vers des - dévaluer ou réévaluer le change selon que la somme des produits à demande fortement croissante et d'orienter ses élasticités em + ex est supérieure ou inférieure à un. Le exportations vers des zones géographiques en forte nouveau taux de change doit être fixé de sorte que les termes expansion est donc un élément de la compétitivité.
de l'échange soient solution de l'équation (1-6) avec TC
donné et Y = Ype : Les élasticités-prix du commerce extérieur sont, elles aussi,
des paramètres de long terme, relativement inertes en courte
(D* / (Ype TC) )] "1/(1 "(em + ex)) période. Contrairement aux paramètres précédents, elles ne (1-9) (p/p*)pe = [(x/m)
sont pas à elles seules des indicateurs de la compétitivité ;
Ype : production de plein emploi ; elles interviennent en effet comme facteur multiplicatif des
termes de l'échange. Elles sont donc représentatives des (p/p*)pe '■ termes de l'échange de plein emploi (sous-entenconditions dans lesquelles peut s'exercer la politique de du pour un taux de couverture donné) ; change ; elles mesurent le degré de répercussion des
évolutions de la compétitivité-prix sur le taux de couverture. - ajuster la demande autonome à un niveau tel que la
demande totale pour le bien local soit égale à la production
Cependant elles ont une deuxième fonction, celle d'indicateur de plein-emploi.
du niveau de la compétitivité hors-prix. Celle-ci, en effet,
résulte non d'une diminution du prix d'un produit, mais de Ce qui précède conduit à une première critique du modèle à
l'obtention de caractéristiques qui le font préférer par les élasticités constantes. Les effets bénéfiques d'une variation
utilisateurs aux produits concurrents. Ces caractéristiques, de des termes de l'échange semblent sans limites. Si, par
quelque nature qu'elles soient, différencient le produit et font exemple, la somme des élasticités est supérieure à un, 1 0%
que ses producteurs sont en situation de monopole ou, plus de dévaluation améliore le taux de couverture à production
précisément, de concurrence monopolistique. Le degré de donnée (ou, ce qui est équivalent, la production à taux de
monopole peut alors être identifié à celui de la substituabilité, couverture donné) mais 20% l'améliore deux fois plus et ainsi
au signe près : à une faible substituabilité correspond une de suite... Les effets bénéfiques d'une dévaluation, dans le
forte situation de monopole. cas d'élasticités de somme supérieure à un, ou d'une
réévaluation, dans le cas d'élasticités de somme inférieure à La compétitivité prix : p/p* un, sont sans autres limites que le plein emploi, c'est-à-dire
p/p* résultent de plusieurs comportements : Les prix relatifs l'objectif recherché. On cherchera dans le second paragraphe
- la fixation du change ; à formuler des hypothèses d'élasticités qui conduisent à un
épuisement des effets bénéfiques de la dévaluation ou de la - la formation des coûts unitaires de production ; réévaluation.
- le taux de marge appliqué par les producteurs au coût
unitaire pour obtenir le prix. L'objectif du plein emploi bénéficie d'un consensus quasi
général. On sait cependant que la dévaluation a pour effet
d'amoindrir le pouvoir d'achat du bien local en bien étranger, La capacité à réduire ou freiner l'augmentation des coûts peut
autrement dit que la réalisation du plein emploi par être qualifiée de compétitivité coût, la compétitivité prix se
dévaluation n'est pas sans coût. déduisant de la coût par application des taux de
marge et du taux de change.
Le pouvoir d'achat En fin de compte, dans ce modèle élémentaire, deux
paramètres jouent un rôle sans ambiguïté dans la La demande totale du pays porte sur le bien importé pour une caractérisation de la compétitivité : la propension relative part qui est égale à la propension à importer m au voisinage x/m et la demande mondiale D*, du moins, dans le cas de de l'équilibre de la balance commerciale, hypothèse que l'on cette dernière, pour la part due au pays considéré. Plus ces retiendra dans la situation initiale. En effet, dans ce cas, la paramètres sont élevés, meilleure est la compétitivité. Le rôle valeur de la demande totale est égale à celle du revenu p Y, des élasticités, quant à lui, ne peut être analysé qu'en liaison de sorte que la part de la demande totale affectée au produit
avec la politique de change. Il n'est pas possible de dire à (p* M)/ (p Y), n'est autre que m = M/Y, compte importé, priori qu'une bonne compétitivité est liée à telle ou telle
15 tenu Les producteurs sont supposés fixer leur prixp par application de l'hypothèse selon laquelle, initialement, les prix sont
tous égaux à un. Le prix de la demande intérieure est donc : d'un taux de marge à leur coût unitaire de production. Si l'on
suppose, pour simplifier, que le travail est le seul facteur de
production, le coût par unité produite vaut w/n : p (1 " m) p *m , où pe est le prix de la demande (1-10) pe
intérieure ; w : taux de salaire ;
n i productivité de travail. Le pouvoir d'achat de l'économie est égal au revenu divisé
par le prix de la demande intérieure : Le prix fixé est alors :
(1-11) PA = pY/pe = Y(p/p*)m (1-13) p = (w/x) (1 + z)
où PA est le pouvoir d'achat de l'économie. z : taux de marge.
Le pouvoir d'achat dépend donc simultanément de la Ce qui importe pour les producteurs est que le rapport w/p production en volume et des termes de l'échange. La soit maintenu à un certain niveau qui n'est autre que ne peut donc pas être le seul critère d'appréciation n/ (1 + z). d'une politique, le pouvoir d'achat doit intervenir,
éventuellement de façon prépondérante. Les salariés, quant à eux, prennent en considération un
rapport voisin mais différent qui est le salaire réel w/pe qu'ils La distinction est importante dans la mesure où la production cherchent à maintenir à un certain niveau noté Wô. On et le pouvoir d'achat ne dépendent pas des termes de suppose qu'ils y parviennent. l'échange de la même façon et peuvent même varier en sens
opposé. En effet de (1-6), qui fournit la production à balance
(1-14) w0 commerciale donnée, on déduit, par multiplication par les
termes de l'échange à la puissance m, le pouvoir d'achat de
Le salaire réel w/pe est relié à w/p, que l'on peut appeler le l'économie à balance commerciale donnée :
salaire relatif ; compte tenu de (1 -1 0) :
(1 -1 2) PA = x/m (p/p*) 1 + m ~ (em + ex) D*/TC
(1-15) (w/p) (p/p*)
II existe donc une plage d'élasticités à l'intérieur de laquelle
La correction qui permet de passer du salaire relatif au salâife une variation des termes de l'échange a, sur la production et
réel est la même que celle qui permet de passer de la le pouvoir d'achat, des effets de sens opposés :
production au pouvoir d'achat, la multiplication par les termes
de l'échange à la puissance la propension à importer. 1 < em + ex < 1 + m
En présence de ces deux comportements, il est clair que le Dans le cas de pays assez largement ouverts sur l'extérieur,
gouvernement n'a plus la maîtrise des termes de l'échange où la propension à importer peut être élevée, on conçoit
de (1-13), (1-14) et (M 5) il vient en effet ; qu'une telle configuration des élasticités puisse se rencontrer.
p/p* = (1 + z)) Vm La politique de change optimale, du point de vue du pouvoir (1-16)
d'achat, consiste alors à réévaluer sans fin. Le pays produit
de moins en moins et voit son taux de couverture en volume Toute modification de taux de change visant à écarter les
se détériorer, mais l'amélioration des termes de l'échange termes de l'échange de leur niveau d'équilibre ci-dessus
conduit à une amélioration sans fin du pouvoir d'achat. C'est conduit de la part des producteurs et des salariés à des
ici le "sans fin" qui est critiquable. On sait bien, en effet, qu'il réajustements de prix et de salaires jusqu'au retour au
peut y avoir contradiction entre plein emploi et pouvoir partage des revenus spécifié dans (1-13) et (1-14) et aux
d'achat ; cependant il serait souhaitable que des effets du seuls termes de l'échange compatibles avec celui-ci. Une
type de celui qui vient d'être mentionné arrivent à saturation dévaluation, par exemple, conduit dans un premier temps à
lorsque les variations. des termes de l'échange sont une baisse du pouvoir d'achat des salariés qui révisent à la
suffisantes. hausse le taux de salaire. Face à ce renchérissement de leur
coût unitaire, les producteurs haussent leur prix. Cette
Les recherches du plein emploi ou d'une amélioration du dernière mesure a pour effet de provoquer une nouvelle
pouvoir d'achat ont été menées sans contrainte d'une diminution du pouvoir d'achat des salariés, donc une
réaction à un partage des revenus qui ne serait pas accepté augmentation des salaires suivie elle aussi par une nouvelle
par les agents. Il faut maintenant revenir sur cette hypothèse. de prix et ainsi de suite. Les équations (1 -1 3)
et (1-14) supposent un déroulement instantané de ce
processus puisqu'elles lient les prix au taux de salaire, ou Le partage des revenus inversement, sans retard. Au lieu de cela on aurait pu
supposer, par exemple, que les producteurs fixent leur prix L'approche précédente, que l'on peut qualifier de normative, compte tenu du taux de salaire de la période précédente et repose sur les hypothèses selon lesquelles le gouvernement les salariés le taux de salaire sur la base des prix delà période a la possibilité de fixer les termes de l'échange et les précédente. Le retour aux termes de l'échange d'équilibre producteurs satisfont la demande qui se porte sur leur bien n'est plus alors instantané et le niveau (1-16) n'est, en toute indépendamment du niveau du prix de celui-ci. Ces deux rigueur, que celui de la longue période. Cependant si les hypothèses peuvent être remises en question en attribuant ajustements s'effectuent avec des retards faibles le niveau aux salariés et aux producteurs des comportements de d'équilibre de la longue période est approché très rapidement. fixation des prix et des salaires correspondant, de la part de Pour des raisons de simplicité on continuera à supposer les chacun des deux groupes, à la tentative de s'assurer un ajustements instantanés. certain partage du revenu.
16 Par rapport au modèle normatif, l'introduction du partage des nécessairement, la production de plein emploi étant donnée,
revenus fait qu'iï n'est plus nécessairement possible une appréciation des termes de l'échange (voir (1-1 1)),
d'atteindre le plein emploi. En effet, les deux contraintes,
contrainte extérieure, TC donné, et contrainte de partage des Les stratégies élémentaires sont déterminées par le sens de
fa dépendance des termes de l'échange vis-à-vis de x, m, revenus, p/p* = ((ivo/jt) (1 + z) ) 1/m, déterminent,
D* et em + ex, Dans le cas où la somme des élasticités est compte tenu des demandes d'importation et d'exportation, le
niveau de la production.- Il suffit pour f obtenir d'inclure les deux supérieure à un le sens de cette dépendance est le même
contraintes dans (1-6} ; il vient : que celle du taux de couverture de l'équation (1-5) vis-à-vis
de ces mêmes paramètres. En effet toute évolution d'un
paramètre qui conduit, par exemple, à une augmentation du (1 -1 7) Y = x/m ( ( (Wo/n) (1 * z) )1/m ) 1 " {er" + ex) D*/TC
taux de couverture, toutes choses égales d'ailleurs,
nécessite, pour que le taux de couverture soit rétabli à sa Les paramètres de fa compétitivité de ce modèle sont alors : valeur objectif, une appréciation des termes de l'échange.
- compétitivité hors-prix : x, m, D*, em + ex Il convient donc, pour accroître les termes de l'échange,
-coût : w0 ,- ji d'augmenter la propension relativex/m ainsi que la demande
mondiale D*. Dans le cas où là somme des élasticités est - compétitivité marge : z
supérieure à un on obtient donc le résultat auquel on pouvait
s'attendre. Par rapport au modèle de base apparaît une décomposition
de la compétitivité prix en compétitivité coût et compétitivité
La modification des élasticités ne peut être envisagée sans marge. La compétitivité coût résulte aussi bien des gains de
autres précisions. On peut, à titre d'exemple, considérer la productivité que de ta capacité de la régulation salariale
demande d'exportation X telle qu'elle figure sur le graphique d'imposer aux salariés l'acceptation d'un salaire réel faible.
1-1. Pour un niveau donné du prix relatif p/p*, une variation
Une analyse du rôle des paramètres de la compétitivité coût de l'élasticité s'accompagne d'une variation, dans un sens ou
dans l'autre, de la quantité demandée sauf en un seul point et de la compétitivité marge dans ce modèle conduit
de l'échelle des prix relatifs, puisqu'une variation d'élasticité cependant, dans certains cas, à dés résultats paradoxaux. Il
provoque un pivotement de la courbe sur elle-même. Par faut, pour s'en rendre compte, à nouveau faire la distinction
entre les deux configurations d'élasticités.- Si la somme des convention, on supposera qu'en ce point de stabilité le prix
élasticités est supérieure à un, une augmentation de la relatif (p/p*) pe vaut un de sorte que la propension à exporter
productivité, par exemple, accroît la production d'équilibre ; à x reste inchangée.
l'inverse, si la somme des élasticités est inférieure à un, une
augmentation de la productivité conduit à une diminution de Au total une variation de la somme des élasticités peut
la production d'équilibre tout simplement parce que la baisse s'accompagner, toutes choses égales d'ailleurs, d'une dés termes de l'échange qui en résulte a sur le taux de augmentation ou d'une diminution du taux de couverture. Une
couverture à production donnée des effets défavorables. bonne stratégie élémentaire consiste donc à faire varier les C'est naturellement ce second résultat qui paraît paradoxal et élasticités dans un sens favorable à l'augmentation du taux
conduit à s'interroger sur les limites du modèle, de couverture, donc, à taux de couverture inchangé, à
spécifiquement sur la vraisemblance d'élasticités dé somme l'appréciation des termes de l'échange.
inférieure à un. C'est ce qui sera fait dans le paragraphe
suivant. Auparavant est examiné ce que l'on peut entendre De ce qui précède il résulte que sont favorables les quatre par stratégies de compétitivité, dans la seule hypothèse, pour stratégies élémentaires :
simplifier, où la somme des élasticités est supérieure à 1 .
- augmenter x;
Les stratégies de compétitivité -diminuer m ;
D* Une stratégie de consiste en la mise en oeuvre - augmenter ; de moyens destinés à modifier l'ensemble des paramètres de
-faire varier em + ex dans le sens de l'amélioration du taux la compétitivité, x( m, D*, em + ex et éventuellement w0 , n de couverture. et z dans le but d'accroître, à taux de couverture donné, la
production ou le pouvoir d'achat
Graphique 1-1 : accroissement de l'élasticité-prix des
exportations Une stratégie élémentaire de compétitivité consiste à faire
évoluer un des paramètres considéré isolément dans un sens
X it favorable à la production ou au pouvoir d'achat. Une stratégie
globale de compétitivité consiste à faire évoluer l'ensemble
des paramètres de sorte qu'il résulte de leurs évolutions une
augmentation de la production ou du pouvoir d'achat. Une
stratégie globale peut combiner des évolutions des
paramètres favorables et d'autres défavorables ; seul importe
le résultat global.
Dans le cadre de ce modèle à élasticités constantes et en
l'absence de contrainte de partage des revenus il est toujours
possible, par une manipulation du change, d'obtenir le plein
emploi ; c'est donc vers une amélioration du pouvoir d'achat
au plein emploi que peuvent être orientées des stratégies de
p/p* compétitivité. L'amélioration du pouvoir d'achat implique
17 partir de là il est possible de proposer une approche de la Une somme des élasticités inférieure à un conduit à attribuer A
compétitivité différente de l'approche en termes de aux gains de productivité un effet inattendu sur la production.
spécialisation dans les "bons produits" tels que les produits à De plus, une recherche des bonnes stratégies de
forte croissance de la demande mondiale, à fort contenu en compétitivité menée dans cette hypothèse aurait conduit à
des combinaisons de stratégies élémentaires dont on progrès technique, etc.. L'orientation vers les bons produits
attendrait à priori des effets défavorables : variations des considère en effet qu'il faut mettre en oeuvre de bonnes
élasticités allant dans le sens d'une diminution du taux de stratégies élémentaires.
couverture, diminution de (x/m) D*.
Dans l'approche proposée ici une stratégie de compétitivité
consiste non pas à privilégier à priori telle ou telle stratégie La deuxième des deux hypothèses ci-dessus va donc être
élémentaire ou à les suivre toutes simultanément, mais à remise en question dans la fin de ce paragraphe, tandis que,
choisir la combinaison optimale de ces quatre stratégies dans le paragraphe suivant, sera proposé un modèle à
élémentaires, optimale s'entendant compte tenu des élasticités variables et de somme supérieure à un.
avantages comparatifs du pays. La stratégie optimale peut
éventuellement conduire à aller dans le sens contraire à celui
La somme des élasticités est vraisemblablement qui correspond à une stratégie élémentaire, par exemple
supérieure à un gagner des parts de marché (augmenter x) sur des marchés
en faible expansion (diminuer la composante endogène de
Deux arguments, de nature empirique, militent en faveur
d'une somme des élasticités supérieure à un. Le premier
repose sur l'introduction de comportements de fixation des De façon générale chaque stratégie élémentaire a un coût et prix à l'importation et à l'exportation plus réalistes que il faut combiner les stratégies dont le coût global est minimal l'assimilation faite dans le paragraphe précédent entre prix à pour un objectif donné ou dont l'efficacité est maximale pour l'exportation et prix du bien local et entre prix à l'importation un coût donné. et prix du bien étranger. Le second est issu de considérations
relatives à l'élasticité-prix du volume de la demande adressée Dans le cas où les contraintes de partage des revenus aux producteurs locaux. Ces deux arguments sont imposent les termes de l'échange, l'objectif d'une stratégie de successivement présentés. compétitivité n'est plus d'accroître ceux-ci mais d'augmenter
le volume produit Y tel qu'il est donné par (1-17). Là encore
Les comportements de prix du commerce extérieur Y dépend des paramètres de compétitivité de la même façon
que TC puisque les dérivées de Y par rapport à ceux-ci, le
taux de couverture étant donné, sont les mêmes que celles Les taux de couverture, en valeur et en volume, ont été
de TC, la production étant donnée. spécifiés, jusqu'ici, comme fonction du prix relatif p/p* dans
l'hypothèse selon laquelle les producteurs de chaque pays
Dans le cas où la somme des élasticités est supérieure à un vendent au même prix sur leur marché et sur celui du reste
les bonnes stratégies élémentaires s'identifient du monde.
immédiatement :
Le retour sur cette hypothèse vient de ce que la substituabilité - augmenter x; entre le bien produit par le pays et celui des concurrents se
manifeste, s'agissant des équations de commerce extérieur, -diminuer m ;
en deux endroits. D* - augmenter ;
L'élasticité qui semble la plus directement reliée à la -faire varier em + ex dans le sens de l'amélioration du taux substituabilité est l'élasticité volume-prix qui, de façon de couverture ; habituelle, mesure la sensibilité de la demande au prix relatif,
- accroître la productivité ji ; c'est -à -dire au rapport du prix du produit considéré à celui
du produit des concurrents. - diminuer le taux de marge z ;
-le salaire réel w0. Cependant, le comportement de fixation des prix par un
producteur reflète également la dépendance au prix relatif de
Au long de ce premier paragraphe deux interrogations sont la demande qui s'adresse à lui. Ceci peut se comprendre sur
apparues : un exemple. Imaginons un producteur qui subit une
augmentation de ses coûts de production tandis que les prix
peut-on supposer que les élasticités du commerce extérieur de ses concurrents restent inchangés. Si son produit est très
sont constantes ? banalisé (très peu différencié) il est dans l'incapacité de
répercuter la hausse de ses coûts dans son prix car, s'il le
peut-on supposer que leur somme est inférieure à un ? faisait, sa part de marché s'effondrerait. A l'inverse, s'il produit
un bien très différencié pour lequel il a obtenu une certaine
L'acceptation de l'une ou l'autre de ces hypothèses a conduit fidélité de ses clients, il peut répercuter la majeure partie de
la hausse des coûts. à des résultats paradoxaux que l'on rappelle.
Les élasticités constantes conduisent à un non-épuisement Les cas extrêmes sont celui du producteur qui détient un
des effets bénéfiques de la politique de change orientée vers quasi-pouvoir de monopole et qui fixe ses prix uniquement en
le plein emploi ou le pouvoir d'achat. De plus, la contradiction fonction des coûts et celui du producteur d'un bien totalement
qui peut exister entre amélioration du plein emploi et banalisé, contraint à l'alignement sur le prix des concurrents.
amélioration du pouvoir d'achat, admissible sur une plage
limitée de variations des termes de l'échange, ne semble Entre ces deux cas extrêmes, les producteurs fixent leurs prix
pouvoir résister à d'importantes variations de ceux-ci. en fonction pour partie des coûts de production et pour partie
des prix des concurrents.
18 Compte tenu de ces comportements, il est possible de aux producteurs locaux -demande induite par le revenu non
réécrire les équations de taux de couverture en fonction de la importée + demande autonome + exportations- vaut
production ou inversement. On peut montrer que l'on obtient m (1 - (em + ex) ) (pour la démonstration voir la note 4) ; son
signe est par conséquent celui de 1 - (em + ex) de sorte
qu'elle est positive, c'est-à-dire du signe opposé à celui des
(a + b~ 1) " (aex + tem) D*/Y élasticités-prix des fonctions de demande habituelles, lorsque (1-18) TC = (x/m) (cu/cu*) la somme des élasticités du commerce est inférieure à un. Il
eu : coûts unitaires de production des producteurs du pays ; y a là un argument de plus pour rejeter la possibilité
d'élasticités-prix du commerce de somme inférieure à un.
eu* : coûts unitaires de des concurrents ;
C'est donc la configuration d'élasticités de somme supérieure
a : élasticité des prix à l'exportation aux coûts unitaires eu ; à un qui sera seule considérée dans le paragraphe deux.
b : élasticité des prix à l'importation aux coûts unitaires
eu*.
De cette équation deux conclusions peuvent être tirées. En Elasticités variables
premier lieu, aussi bien les élasticités volumes-prix que les
élasticités prix-coûts interviennent dans la détermination du
taux de couverture. En second lieu, l'expression qui intervient Pour sortir des paradoxes mis en évidence dans le premier
paragraphe, on propose tout d'abord un retour sur les en exposant du coût relatif cu/cu * diffère du traditionnel
fonctions d'exportation et d'importation qui conduira à une I - (ex + em). Il faut en tirer des conclusions quant à la
autre formulation de celles-ci faisant apparaître des vraisemblance du signe de cette nouvelle expression.
paramètres de la compétitivité pour partie différents de ceux
du premier paragraphe. Disposant d'un modèle qui remédie II est facile de montrer (voir note 4) que la condition
à certaines insuffisances de celui du premier paragraphe, il (a + b - 1 ) - (a ex + b em) < 0 est moins sévère que la
sera alors possible de réexaminer la recherche du plein condition ex + em > 1 .
emploi et la maximisation du pouvoir d'achat (les
conséquences d'un partage des revenus imposé par les Un exemple numérique montre, d'autre part, le peu de comportements des agents ne se posent pas en termes réalisme d'un exposant de cu/cu* > 0. Considérons un pays différents et les stratégies de compétitivité se déduisent de la bénéficiant d'un très fort pouvoir de monopole (production très mise en évidence des paramètres de compétitivité d'une différenciée) ; l'élasticité de la demande adressée à ses façon semblable à celle qui a été proposée dans le produits est très faible, par exemple ex = 0.2, il fixe son prix paragraphe précédent). à l'exportation essentiellement en fonction de ses coûts,
a = 0.8, l'élasticité de sa demande d'importations est plutôt
forte et simultanément le b de l'équation de prix à l'importation Retour sur les fonctions d'exportation et d'importation
plutôt élevé puisqu'il fait face à des producteurs étrangers qui,
par hypothèse, ne bénéficient pas d'un pouvoir de monopole On s'interroge sur la signification d'une élasticité-prix d'un
aussi élevé que le sien, mais, pour ne pas forcer la élément de demande. Pour ce faire, il serait possible de se
démonstration, on suppose em = 0.4 et b = 0.6. Dans ces placer dans un cas très général, mais il est aussi instructif de
conditions l'exposant de cu/cu* vaut zéro. Il faut donc, pour considérer à titre d'exemple la demande d'exportations.
obtenir une valeur positive, des valeurs numériques allant
dans le même sens que celles de cet exemple mais au delà, Deux cas extrêmes peuvent être envisagés selon que le bien
ce qui semble peu vraisemblable. exporté est parfaitement substituable à celui des concurrents
ou, au contraire, strictement complémentaire de ce dernier.
Dans le premier cas, dès que le prixp est inférieur au prixp*,la L 'élasticité de la demande adressée aux producteurs locaux
demande mondiale s'adresse en totalité aux producteurs
Quelles sont les implications des élasticités-prix du locaux de sorte que X = D* dès que le prix p est supérieur
commerce quant à la demande totale adressée aux au prixp*, par contre, les producteurs locaux sont ignorés et
producteurs locaux ? La réponse n'est pas immédiate dans X = 0. Lorsque p = p*, les locaux vendent sur la mesure où, des deux élasticités em et ex, une seulement
le marché extérieur autant qu'ils le souhaitent entre 0 et D*. a trait à un élément de demande adressée aux producteurs
locaux, l'autre caractérisant une demande adressée aux
Dans le second cas, la demande d'exportations est en producteurs étrangers. Cependant l'élasticité-prix des
proportion constante de la mondiale, X = x D*, importations n'est pas, à priori, sans lien avec celle de la
demande intérieure locale adressée aux producteurs locaux, indépendamment du prix relatif p/p*.
les deux demandes formant, une fois réunies, la demande
intérieure. Plus précisément, la demande intérieure induite en Ces deux cas extrêmes sont figurés sur le graphique 2-1 -a
valeur, (1 - s) p Y, est la somme d'une composante adressée ainsi qu'une situation intermédiaire, choisie à titre d'exemple, aux producteurs étrangers,p* M, et d'une composante des demandes à élasticités constantes non nulles, dans
adressée aux producteurs locaux, p D. Aussi bien M que D laquelle l'élasticité-prix de la demande d'exportations est
égale à 1 : dépendent du revenu Y et des termes de l'échange p/p*.
Dans la mesure où ces deux composantes sont liées par une
contrainte -leur somme est, en valeur, égale à la dépense (2-1) X = xD*
induite- il est clair que leurs dépendances vis-à-vis du revenu
et des prix ne peuvent être indépendantes. Plus précisément, (On obtient alors une hyperbole qui passe par le point
au voisinage de p/p* = 1 et de l'équilibre de la balance p = p* etX/D* = x).
commerciale, l'élasticité-prix de la demande totale adressée
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