E. N. Cahn.- The sense of Injustice. - note biblio ; n°4 ; vol.5, pg 759-760

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Revue internationale de droit comparé - Année 1953 - Volume 5 - Numéro 4 - Pages 759-760
2 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1953
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E. N. Cahn.- The sense of Injustice.
In: Revue internationale de droit comparé. Vol. 5 N°4, Octobre-décembre 1953. pp. 759-760.
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E. N. Cahn.- The sense of Injustice. In: Revue internationale de droit comparé. Vol. 5 N°4, Octobre-décembre 1953. pp. 759-
760.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ridc_0035-3337_1953_num_5_4_17685759 BIBLIOGRAPHIE
Les thèses ainsi soutenues par M. Cadart le sont toujours avec une
grande vigueur, une parfaite clarté et beaucoup d'ouverture d'esprit. Peut-
être comportent-elles à certains égards quelque excès, rançon difficilement
évitable d'un désir de démonstration poussé à l'extrême. L'ouvrage n'en
conserve pas moins sa valeur et son très réel intérêt.
D'utiles annexes contiennent notamment le rapport de Necker du 27
décembre 1788 et le règlement électoral de 1789.
André de Laubadère.
Edmond N. Cahn. — The Sense of Injusiice, New York, New York Uni
versity Press, 1949, 186 pages.
Le distingué professeur de philosophie du droit à New York Uni
versity vient de publier un ouvrage curieux et original, qui déroute et
qui attache, qui représente une tentative intéressante, mais non une
réussite totale.
Le « sens de l'injustice » est en effet, comme l'affirme son sous-titre, un
point de vue anthropocentrique sur le Droit : c'est donc bien un livre de
philosophie du droit, mais alors que les œuvres consacrées à ces études
s'apparentent généralement à la logique et à l'éthique, l'auteur utilise plus
ici la sociologie et la psychologie. Et surtout, il fait appel à l'induction
bien plus qu'à la déduction que nous avons coutume de voir employer. Le
postulat qui est à la base du livre apparaît extrêmement valable : le droit
est une science humaine, il est construit et appliqué pour l'homme. Les
abstractions, que les philosophes du droit et beaucoup de juristes ont
tendance à considérer, ne sont pas une fin : elles ne sont qu'un moyen,
qu'un instrument, certes très utile, souvent même indispensable, mais
toujours subordonné. Il est plus commode de raisonner sur des concepts
abstraits, mais le sujet qui finalement subira l'effet du processus intel
lectuel est toujours en définitive l'homme concret, avec ses passions et ses
réactions propres. Il importe par conséquent de ne pas perdre de vue
l'homme un seul instant et de reconstruire une théorie du droit à partir
de l'homme, à la fois individu isolé et cellule du groupe social. C'est cette
théorie, qu'on trouve déjà sous une forme voisine chez Petrajitski, que
l'auteur développe en trois antithèses successives dont chacune élargit le
débat : c'est d'abord l'opposition entre la justice et le pouvoir, puis entre
la liberté et l'ordre, enfin entre la sécurité et le changement.
A l'époque classique, la justice, c'était le droit naturel qui inspire le
droit positif; le pouvoir, le souverain de Hobbes dont les volontés cons
tituent le droit. Ces deux théories apparaissent insoutenables à l'auteur
qui, par une série d'exemples dans lesquels l'imagination de l'homme
normal se trouverait indignée, entreprend de nous montrer ce qui créerait
le sens de l'injustice, moteur du droit. L'homme sent et comprend — car
le concept est mêlé de sentiment et de raison — qu'il y a injustice quand
il est porté atteinte à l'égalité, à la dignité humaine, si les hommes ne sont
pas traités selon leurs actes, si les procédures judiciaires sont détournées
de leurs fins, si les gouvernants abusent de leurs pouvoirs de censure et
si les espérances légitimement formées sont arbitrairement déçues. Le sens
de l'injustice n'est pas simplement subjectif et relatif, car grâce à l'imagi
nation un homme peut réagir en face d'une injustice à l'égard d'autrui,
comme si elle avait été commise envers lui, et ceci donne à ce « sens »
un caractère social. L'auteur retrouve ce sens de l'injustice dans le droit
positif, aussi bien dans les institutions que dans l'analyse juridique posi- BIBLIOGRAPHIE 760
tive. Le pouvoir aussi doit tenir compte de ce sens de l'injustice, et ceci
explique son évolution depuis la force pure jusqu'au consentement du
gouverné, stage où peut se faire la synthèse entre pouvoir et justice.
La liberté, pour l'auteur, c'est la conséquence de cette réaction ins
tinctive qui fait que l'enfant a peur de se laisser enfermer ; elle se carac
térise donc par le mouvement, mouvement des choses — matérielles et
immatérielles — et des hommes, dans l'espace et dans la société, et mou
vement des idées. Les lois peuvent varier et s'adapter, mais il y a ant
inomie entre une évolution trop rapide et le sens de l'injustice éveillé par
la déception d'espérances légitimes. Le droit pourra et devra servir de
régulateur et de guide.
La sécurité est rattachée à la peur de tomber instinctive chez l'homme
depuis sa première enfance, et l'auteur en conclut, assez curieusement,
que cette troisième partie pourra être concrétisée en termes nautiques,
car quoi de plus mouvant que le plancher d'un navire et le navire lui-
même. Autant les deux premières parties étaient intéressantes, même si
l'on ne suivait pas totalement la thèse, par la richesse des remarques et
des aperçus latéraux, autant la fin est décevante. Il nous semble que mis
à part les oppositions entre quille et coque, cabine et rembarde, carte
nautique et pouvoir moteur, le défaut de ce chapitre est d'avoir été conçu
d'une manière un peu ambitieuse. En effet, comme dans le final d'une
revue, ou le triomphe romain, on doit tout y retrouver, et il voudrait se
présenter comme une synthèse et un couronnement de la thèse, ce qui lui
confère un caractère confus — qui nuit à l'ensemble du livre.
Néanmoins, M. Edmond Cahn a montré une voie dans laquelle il faudra
persévérer. Il a plus jalonné le terrain qu'établi la route à suivre, mais
c'est le propre des pionniers. Denis Lévy
René David. — Tratado de Derecho civil comparado : Introduction al
estudio de los Derechos extranjeros y al metodo comparative), Madrid,
Ed. Revista de Derecho privado, 1953, XXXVI, 632 pages.
C'est, traduit en espagnol par M. Osset, avec une très intéressante
préface du professeur Hernandez-Gil, l'ouvrage qui a été publié par
M. David, en 1950, sous le titre Traité élémentaire de droit civiil comparé,
et qui a fait l'objet dans cette Revue d'un important compte rendu de
Niboyet (1).
Il s'agit d'une traduction : après un chapitre préliminaire, Droit
comparé et méthode comparative, trois titres traitent successivement de
l' intérêt des études de droit étranger et de droit comparé, des systèmes
die droit contemporains, des renseignements d'ordre pratique pour les
études de droit comparé ; en annexe, une bibliographie sommaire des
divers droits. On retrouve naturellement dans ce volume les deux idées
directrices de l'œuvre : le droit comparé n'est pas une branche particul
ière du droit ; il n'est, comme l'indique le sous-titre, que l'application
de la méthode comparative aux études juridiques (p, 4 et s.), ce qui est la
thèse du professeur Gutteridge (2) ; le comparatiste doit, s'il veut com-
(1) 1950, p. 379 et s. V. également sur l'édition espagnole, C. Melon Infante,
Annuurio de Derecho civil, t. VI, fasc. 1, 1953, p. 211 et s.
(2) Comparative Law, An Introduction to the Comparative Method of Legal
Ftudy and Research, 2e éd., 1949 ; v. le compte rendu de la première édition par
M. David, Bulletin de la Société législation comparée, 1946, p. 222.

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