Nécrologie : Petros Vallindas - article ; n°3 ; vol.12, pg 619-620

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Revue internationale de droit comparé - Année 1960 - Volume 12 - Numéro 3 - Pages 619-620
2 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1960
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Nécrologie : Petros Vallindas
In: Revue internationale de droit comparé. Vol. 12 N°3, Juillet-septembre 1960. pp. 619-620.
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Nécrologie : Petros Vallindas. In: Revue internationale de droit comparé. Vol. 12 N°3, Juillet-septembre 1960. pp. 619-620.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ridc_0035-3337_1960_num_12_3_11691année. - N° 3 Juillet-Septembre I960 Quatre-vingt-troisième
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ
DE LÉGISLATION COMPARÉE
NÉCROLOGIE
PETROS VALLINDAS
Petros Vallindas est décédé subitement, le 10 février 1960, à Thessa-
lonique. Il était âgé de quarante-sept ans et rien ne laissait présager une
mort aussi prématurée. C'est une perte certaine pour la science juridique
grecque, ainsi que pour le droit international et pour le droit comparé,
dont il a été un serviteur inlassable. La carrière du regretté professeur
Vallindas fut particulièrement brillante. Docteur en droit de la Faculté de
droit d'Athènes en 1932, il y est nommé professeur-agrégé en 1938 ; la
même année, il devient également professeur à l'Ecole des sciences
politiques d'Athènes, où il enseigne jusqu'en 1946. En 1944, la chaire
de droit international privé à la Faculté de droit de l'Université de
Thessalonique lui est attribuée ; il est élu par deux fois doyen de cette
Faculté, en 1949 et 1959. Depuis la fin de la guerre, il est invité à don
ner des conférences dans différentes Universités étrangères, dont
celle de Paris. Jurisconsulte honoraire du Ministère royal hellénique
des Affaires étrangères, il représente la Grèce aux conférences et
congrès internationaux. Il est élu membre de la Cour permanente d'ar
bitrage de La Haye, membre du Conseil de direction de l'Institut in
ternational pour l'unification du droit privé de Rome, associé de
l'Institut de droit international, membre du Conseil supérieur de la
Faculté internationale de droit comparé, membre de l'Académie interna
tionale de droit comparé ; il participe activement à bien d'autres institu
tions ou associations internationales, dont la Société de législation compar
ée et l'Institut de droit comparé des pays latins de l'Université de
Toulouse. Il fait partie du Comité de patronage de la Revue internationale
de droit comparé, avec laquelle il entretient des rapports de la plus
confiante cordialité. Fondateur, puis directeur (depuis 1939), de l'Institut
hellénique de droit international et étranger, il dirige également (avec
M. J. Spiropoulos) la Revue hellénique de droit international et étranger, BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DE LÉGISLATION COMPARÉE 620
publiée en français et en anglais, qui permet aux juristes grecs d'établir
des contacts fructueux avec leurs collègues étrangers ; il dirige également
le Journal de jurisprudence hellénique et étrangère (en grec), qui rend des
services appréciables à la doctrine et à la pratique.
Les curiosités scienti'fiques du doyen Vallindas étaient très variées. Il
a enseigné le droit international, privé et public, la philosophie du droit,
le droit comparé ; il a publié de très nombreuses études, en grec, en fran
çais, en anglais, en allemand, etc.. sur toutes ces matières, ainsi que sur
le droit civil. Cependant, son intérêt principal a porté sur le droit inter
national. Il lui a consacré deux ouvrages importants : « Le droit interna
tional privé » (en collaboration avec Georges Streit (1), et « La
réserve de l'ordre public en droit international privé » (2). Dès ses
premiers travaux scientifiques il a saisi parfaitement l'ampleur de la
tendance universaliste, notamment à propos de l'interprétation des
conventions internationales (« Uniformité d'interprétation des convent
ions internationales de droit international privé », Athènes, 1932 ;
« L'evoluzione dottrinale intorno al problema dell' inter pretazione délie
convenzioni inter nazionali », etc.. dans VAnnuario di diritto comparato
e di studi legislativi, 1939, p. 381 à 438). Le développement du « droit
uniforme international » est devenu après la guerre l'un des motifs prin
cipaux de sa pensée ; il a exposé son point de vue avec une ardeur de mis
sionnaire dans un grand nombre d'études parues en plusieurs langues ; il
eut la satisfaction de trouver des échos favorables dans plus d'un pays.
Son attachement sincère à l'esprit international, sa conception même du
« droit international uniforme », le conduisaient de façon naturelle à
apprécier également l'efficacité des méthodes juridiques comparatives.
L'une de ses dernières études est consacrée précisément à cette question :
« Droit uniforme international et droit comparé » {Mélanges Gutzwiller,
1959 ; p. 189 et s.).
Ce même esprit d'innovation et de progrès anime les activités de Val
lindas en matière de droit interne. Il dénonce l'incohérence législative et
préconise la codification générale du droit ; il prend une part active à
l'achèvement et à la mise en application du Code civil hellénique. A une
date plus récente, il est nommé conseiller législatif du gouvernement
hellénique, chargé de la direction des travaux de codification générale de
la législation ; il y consacre une grande partie de ses activités ; il parvient
à faire adopter, il y a quelques mois, l'important texte législatif que nous
commentons dans une autre rubrique de cette Revue (3). Il confond désor
mais la vocation du juriste et l'apostolat ; et il succombe au moment d'une
tension suprême de toutes ces énergies diverses. Son oeuvre demeure ina
chevée ; mais son esprit survivra au sein des institutions qu'il a fondées
ou qu'il a servies. Il également à travers les formules, à la fois
généreuses et réalistes, de sa science. Sa forte personnalité sera toujours,
dans le souvenir de ses collègues et amis de tous les pays, celle du parfait
collaborateur à la tâche hardie de l'édification d'institutions nationales et
internationales, conformes à l'idée du droit.
Georges Vlaghos.
(1) 2 vol., 1937.
(2) 1937, 314 pages.
(3) V. supra, p. 595 et s., notre étude intitulée « La réforme de l'Etat et la
codification de la législation en Grèce ».

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