Espace postural et espace environnant (le schéma corporel). - article ; n°1 ; vol.15, pg 1-33

de L. Lurçat (Auteur), H. Wallon (Auteur)

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Enfance - Année 1962 - Volume 15 - Numéro 1 - Pages 1-33
33 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de
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Henri Wallon Liliane Lurçat Espace postural et espace environnant (le schéma corporel). In: Enfance. Tome 15 n°1, 1962. pp. 1-33. Citer ce document / Cite this document : Wallon Henri, Lurçat Liliane. Espace postural et espace environnant (le schéma corporel). In: Enfance. Tome 15 n°1, 1962. pp. 1-33. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/enfan_0013-7545_1962_num_15_1_2278 • Espace postural et espace environnant ( le schéma corporel ) par Henri WALLON et Liliane LURÇAT INTRODUCTION L'image courante de l'espace est pour nos contemporains celle du lieu aux limites indéfinies qui contient tout ce qui existe de la réalité matérielle et toutes les forces qui agissent dans le monde. Cette image est souvent considérée comme une intuition immédiate ou comme une condition nécessaire de la réalité. Cependant la conception de l'espace varie avec les civilisations : les croyances des primitifs indiquent que dans un même lieu peuvent co exister plusieurs objets à la fois, ou au contraire que le même objet peut occuper à la fois plusieurs lieux de l'espace ; l'ubiquité ni la coexis tence locale ne sont gênants pour eux ; est une notion qualitative plutôt qu'un ordre entre les objets ou entre les êtres. La conception de l'espace varie également avec les systèmes philosophiques, d'Aristote à Descartes, de Descartes à Leibnitz, de Leibnitz à Newton, etc.. c'est- à-dire qu'elle varie aussi suivant les systèmes d'explication scientifiques. Et elle varie encore si nous considérons la genèse des conceptions usuelles de l'espace. Loin d'être une notion primitive, l'espace courant est une construction où interviennent différents facteurs que l'on peut rapporter à différentes sensibilités ; ces accords sont très précoces et ainsi ils échappent en grande partie aux investigations du psychologue. Les syn thèses élémentaires intersensorielles et interposturales commencent avec les premiers gestes de l'enfant, elles occupent les deux premières années en passant par des niveaux progressivement très différents. La réalité devant laquelle nous nous trouvons est déjà le produit de combinaisons primaires et les sensibilités kinesthésiques qui répondent aux dépla cements de notre corps sont déjà étroitement unies à l'espace ambiant où nous localisons l'existence des objets, et où se déploient nos actes. Le terme corrélatif de l'espace ambiant a été systématisé sous le nom de schéma corporel, mais les interférences des deux sont telles, par exemple entre l'image corporelle de soi et celle des autres, les impressions d'ordre proprioceptif sont si étroitement combinées, que la notion de corps propre est souvent diffile à démêler des existences object ives, que le schéma corporel reste une notion ambiguë et flottante, variable d'ailleurs avec les auteurs. On l'a considéré comme une chose existant à priori, on s'est demandé quelle était la conscience qui répondait au corps, on est parti de l'anatomie et on a eu l'air de considérer H. WALLON et L. LURÇAT 2 qu'il y avait une conscience de chaque partie du corps comme telle. Peut-être la présente étude éclairera-t-elle le problème. Nos recherches ont montré . que le schéma corporel ne coïncidait pas forcément avec le corps anatomique, mais que dans le schéma corporel il y avait des rapports d'ordres divers dans l'espace, espace postural et espace ambiant, et que l'on ne pouvait pas étudier le schéma corporel sans faire intervenir la position du corps dans l'espace et sans définir les rapports du corps avec l'acte mimé et avec l'acte sur les objets avec la personne d'autrui, avec un mannequin, et on a obtenu, suivant qu'il s'agit d'imitation ou d'ordre verbal, des résultats différents. Finalement les épreuves de notre travail ont consisté à déterminer la prise de conscience de soi et d'autrui, du geste sur soi et du geste sur objet, des directions à repérages différents. Il faudra ajouter d'autres distinctions. Dans l'espace postural, interviennent aussi des états d'équilibre, des états affect ifs, il ne coïncide pas lui non plus rigoureusement avec les organes, il s'y ajoute suivant les cas des états d'appréhension, de dilatation satisfaite ou de rétraction sur soi. L'espace postural et le schéma corporel qu'il anime n'est pas un ensemble fermé, c'est un tout dynamique qui peut varier avec les rapports de l'être vis-à-vis de soi-même et vis-à-vis d'autrui et à l'égard des objets. Deux termes en présence, d'une part l'espace ambiant où nous rangeons les choses et nous-mêmes, d'autre part, le résultat de ces sensibilités rapportées à nous-mêmes et qui constitue ce qu'on appelle communément le schéma corporel. Cette opposition entre espaces n'empêche pas que les deux termes soient étroitement imbriqués l'un dans l'autre. Deux points de vue : le point de vue génétique où ils se combinent, et le point de vue de la conscience qui les distingue et qui les éprouve d'une façon plus ou moins systématique. Notre étude va porter sur ces combi naisons des deux facteurs, l'espace postural et l'espace ambiant qui sont indivisibles et complémentaires, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de représentation de l'espace sans l'étude des relations qui existent entre ces deux termes et qui se développent encore, se précisent et se différencient à l'âge pré-scolaire. Dans les rapports de l'espace postural et de l'espace ambiant il y a différents niveaux. Il y a d'abord les gestes orientés par l'habitude ou par l'automatisme et la prise de conscience de leur adaptation aux direc tions de l'espace. Il y a les actes qui ont une motivation extérieure à et qui sont l'adaptation objective à l'espace ambiant. Il y a l'acte symbolique ou fictif qui doit se passer de la présence réelle de l'objet qui est un degré plus élevé que l'automatisme, il est conditionné, non pas par habitude, mais par un objet de l'espace, qui est supposé dans l'espace, mais qui est absent. Tout cela répond à des niveaux différents du dyna misme corporel. Dans un cas il y a autonomie relative du mouvement, dans l'autre cas, il y a adaptation nécessaire du mouvement ou des attitudes à des directions concrètes ou vers des objets situés dans l'espace, et, troisième niveau, le mouvement doit s'exécuter sans objet, mais avec objet imaginé, d'où ressemblance à la fois au mouvement automatique, qui est exécuté pour lui-même et au mouvement objectif, qui est exécuté en vue d'un but perceptible. ESPACE POSTURAL ET ESPACE ENVIRONNANT 3 Nos expériences ont porté sur quatre séries d'épreuves.' Le modèle était donné par l'intermédiaire d'un mannequin articulé auquel l'expér imentateur imprimait différentes attitudes que l'enfant devait imiter. Le modèle représentait premièrement des gestes subjectifs, appelés ainsi parce qu'ils n'ont pas d'autres motifs qu'eux-mêmes, l'enfant doit imiter ou exé cuter des mouvements des bras et des jambes mettant en jeu de façon diverse les différentes directions de l'espace. Nous avons étudié, dans cette série, des gestes croisés par rapport à l'axe du corps, droite gauche, gauche droite. La seconde série comportait des gestes que nous avons appelés objectifs parce qu'ils se référaient à des actes ou à des objets extérieurs, ici encore nous avons des épreuves de gestes croisés. Après le modèle fourni par l'expérimentateur, l'enfant est appelé à manipuler lui-même le manneq uin et à lui donner des positions diverses, puis à réaliser lui-même ces positions. Ensuite, l'expérimentateur intervient en posant des questions à l'enfant, en le priant d'indiquer sur lui-même et sur le mannequin ou sur l'expérimentateur, les différentes parties du corps. C'est un complément verbal de l'épreuve qui permet de reconnaître l'identification de son schéma corporel. Quelques-unes de ces recherches, celles relatives aux mouvements subj ectifs, se sont rencontrées, mais sans aucune influence réciproque, avec certaines de celles que Mlle Irène Lézine a poursuivies sous le nom de gestes d'imitation. Nous devons également citer, antérieurement à nous, le doc teur Tournay, qui a utilisé avec des enfants déficients moteurs, en parti culier des paralysés, un mannequin pour les rééduquer. Notre but était différent de celui poursuivi par Mlle I. Lézine, qui s'est surtout souciée d'étalonner, en fonction de l'âge, les différentes épreuves qu'elle utilisait afin de les proposer comme tests de développement moteur. Le docteur Tournay s'est attaché essentiellement à des fins thérapeutiques. Pour nous, le problème était autre, c'était de voir les rapports qui existent entre les différents espaces, celui du corps, celui de l'espace ambiant. Notre but se réfère sur tout à la Psychologie génétique, qui essaye de retrouver au cours de l'acti vité de l'enfant les différentes combinaisons d'où résultent les conceptions courantes de l'individu physique dans ses rapports avec l'espace ambiant. Pour rendre la recherche plus objective, et pour éviter l'intervention d'él éments affectifs qui pourraient être liés à des iientifications entre l'expérimenta teur et l'enfant, nous avons utilisé un mannequin articulé, d'une taille de 32 cm, susceptible de figurer toutes les combinaisons d'attitudes et de mouvements. Il était fait de pièces mobiles les unes sur les autres, sans ressemblance excessive avec 'te corps humain, de manière à isoler les gestes d'une morphologie trop figurat ive. Ainsi voyons-nous à l'état pur des gestes et leurs rapports avec les directions de l'espace. Les résultats obtenus à l'aide du mannequin ont été contrôlés et élargis par des épreuves relatives les unes au schéma corporel proprement dit, les autres à des objets appartenant à l'espace ambiant ou supposés y être, c'est-à- dire relevant de l'activité réelle ou de la fiction. Dans le relevé des résultats, nous donnerons une classification qui distingue des catégories d'enfants suivant l'âge et suivant qu'ils sont encore à l'école matern elle ou qu'ils sorit passés à l'école primaire. Certaines épreuves sont constam ment réussies par les enfants de l'école primaire, il sera donc inutile de répéter les résultats devenus tous positifs. Par contre, nous avons cru plus en rapport avec leur distribution de faire de nos tableaux d'ensemble deux groupes à l'école maternelle et trois à l'école primaire. Certains résultats présentent à l'école maternelle une progression suivant six groupes d'âge s'échelonnant de six mois en six mois, puis de trois en trois mois. H. WALLON et L LURÇAT 4 Nombre d'enfants : 356 âgés de 2 ; 11 à 13 ; Ecole maternelle 188 enfants, soit 89 de 2 ;11 à 4 ;7 et 99 de 4 ;8 à 6 ; Ecole primaire : 168 enfants, 52 de deux cours préparatoires âgés de 6; à 7;5 ; 60 de deux classes élémentaires première année, âgés de 7;6 à 8;5. 56 venant de différentes âgés de 9 et plus. Les plus âgés ayant 13 ans et en fort petit nombre. Ce dernier groupe a servi de comparaison. Pour les observations ne concernant que les enfants de l'école maternelle la répartition est la suivante. Six groupes de 2 ;11 à 6 ; groupe 1. 25 enfants de 2;11 à 3;5, groupe 2, 26 de 3 ;6 à 4 ; groupe 3, 38 de 4;1 à 4;7, groupe 4 ; 38 de 4;9 à 5;2, groupe 5 26 de 5;6 à 5 ;9 et groupe 6, 35 enfants de 5;10 à 6 ans. Classement des consignes en fonction des types d'épreuves : 1. Mouvements subjectifs des bras et des jambes : 1) Mouvements symétriques des bras a) verticaux en l'air b) horizontaux sur le côté c)de face. 2) Mouvements asymétriques des bras a) droit vertical, gauche horizontal de face b)de côté c) gauche vertical, droit horizcnta de face d)horizontal de côté 3) Mouvements croisés subjectifs a) main arotte joue gauche b)gauche droite c) main droite cuisse gauche d)gauche droite 4) Mouvements des jambes a) jambe droite horizontale b)gauche c) genou droit plié d)gauche plié IL Mouvements objectifs des bras et des jambes : 5) Gestes concrets des bras a) il porte un parapluie (main droite) b) il mange (main droite) c) il dit bonjour (main droite) d) il écrit (main droite) 6) Gestes concrets des jambes a) il donne un coup de pied (droit) b) il saute (pieds joints, bras en arrière) c) il court (jamba droite en avant, bras gauche en avant, droit en arrière) 7) Gestes concrets, mains jambes a) il lace son soulier (genou droit levé, plié, deux mains à la chaussure) ; b) il se gratte le genou (main droite genou gauche) ESPACE POSTURAL ET ESPACE ENVIRONNANT 5» 8) Mouvements croisés objectifs a) il ramasse un. papier (à gauche de la main droite au sol) b) il le pose (niveau de la taille, à droite de la main gauche) c) il prend un pot de confiture sur une étagère (niveau de la tête', à gauche, de la main droite) d) il prend un livre sur une armoire (à droite, de la main gau che, bien au-dessus de la tête). III. Manipulation et imitation : 9) Manipulation, simple a) Pais-le manger avec sa main à lui b) fais-lui dire bonjour c)mettre son chapeau. 10) Manipulation suivie d'imitation a) Penche-le en arrière a') mets-toi comme lui b) penche-le en avant b mets-toi comme lui c)sur son côté gauche à lui c') comme lui d) panche-le sur son côté droit à lui d' mets-toi comme lui e) fais-lui toucher l'épaule droite avec la main gauche e') mets-toi comme lui f) fais-lui toucher le genou gauche avec la main droite f ') mets-toi comme lui g) fais-lui montrer le chemin avec sa main g') mets-toi comme lui h) fais-lui enioncer un clou avec un marteau, de quelle main tient-il le clou ? h' mets-toi comme lui IV. Questionnaire : 1) Montre-moi sur le bonhomme : a) son épaule droite ; b) son bras gauche , c) son genou droit ; d) son pied gauche. 2): a) ton bras droit ; b) celui du bonhomme ; c) mon bras droit. 3) A quoi reconnais-tu ma main droite ? 4) Quand tu es en face de quelqu'un, est-ce que sa main droite est du même côté que la tienne ? PREMIÈRE SÉRIE, MOUVEMENTS SUBJECTIFS 1) Mouvements symétriques des bras et des jambes : Tous les mouvements symétriques (verticaux en l'air, horizontaux de côté, horizontaux de face) sont réussis par les enfants de l'école primaire, c'est-à-dire à partir de six ans. Il n'y a d'échecs, assez rares, que chez les enfants de l'école maternelle, les échecs consistant en confusions devant derrière, l'enfant portant les bras derrière lui au lieu de les porter en avant. D'autres fois, ils limiteront le geste aux seuls avant-bras ; enfin, il y a eu des refus dont la signification est étudiée plus loin. 6 H. WALLON et L. LURÇAT 2) Mouvements asymétriques des bras : Nous y relevons beaucoup plus d'erreurs. Celles des mouvements symét riques se retrouvent, confusions devant derrière assez rares, utilisation d'une seule main. Et une erreur qui ne pouvait pas se produire dans les mouvements symétriques, celle du miroir. Il est remarquable qu'elle augmente d'âge en âge et qu'elle se perpétue à l'école primaire. Il semble qu'il y ait l'âge du miroir, par influence du modèle, copié littéralement, c'est-à-dire sans rectifications par référence hétéro-posturale, et par pré pondérance des références auto-posturales sur la réalisation visuelle. 3) Mouvements croisés subjectifs : Les mouvements croisés donnent lieu à des erreurs qui varient avec l'âge. A l'âge le plus jeune (2;11 à 3;3), l'homolatéralité, c'est-à-dire l'action du bras dans le champ correspondant, droit pour les membres droits, gauche pour les membres gauches, tend à l'emporter, comme si l'axe du corps déterminait une préférence homolatérale. Ce genre d'erreur régresse avec l'âge, apparaît la réaction en miroir. Le miroir répond à la dominance sur la latéralité d'une image où intervient un contrôle visuel, il se situe donc entre les déterminations purement spatiales du mouvement subjectif et le moment où l'enfant devient capable d'interpréter une image visuelle par la notion du vis-à-vis et la rectification qui peut s'ensuivre pour l'assimilation du corps propre et du corps d'autrui. Ces mutations ne sont pas d'un bloc. Elles sont relatives au genre de mouvement, elles sont plus précoces pour les mouvements subjectifs, c'est- à-dire que chez le même enfant, elles se produisent à des dates différentes suivant la tâche à exécuter. Tableau homolatéralité et miroir dans les gestes croisés subjectifs Groupe 1 : 89 enfants de 2;11 à 4;7 Groupe 2 : 99 enfants de 4;8 à 6 a b c d a b c d Homolatéralité % ..47 47 53 47 Homolatéralité % ..43 43 48 42 Miroir % 33 33 21 27 Miroir % 61 66 61 78 Groupe 3 : 52 enfants de 6;5 à 7 ;5 Groupe 4 : 60 enfants de 7 ;8 à 8;5 a b c d a b c d Homolatéralité % .. 32 25 34 17 Homolatéralité % .. 23 25 20 18 Miroir % 65 73 61 80 Miroir % 71 73 66 70 Groupe 5 : 56 enfants de plus de 9 ans a b c d Homolatéralité % . . 0 0 0 0 Miroir % 55 60 55 55 Réussite % 33 35 41 42 Ces gestes croisés subjectifs correspondent à : a) main droite joue gauche, b) main gauche joue droite, c) main droite cuisse gauche, d) main gauche cuisse droite. ESPACE POSTURAL ET ESPACE ENVIRONNANT 7 4) Mouvements subjectifs des jambes : Les mouvements subjectifs des membres inférieurs posent de nouveaux problèmes en raison de la tendance à alterner le mouvement des deux jambes. Si la première jambe qui exécute le mouvement est la bonne, toute la série sera une réussite ; mais si, au contraire, l'enfant a levé d'abord la jambe qui ne convenait pas, l'alternance naturelle dans les mouvements des membres inférieurs entraînera l'erreur de toute la série. Il y a aussi des cas où c'est toujours la même jambe qui répète le même mouvement ceci sans doute pour des raisons d'équilibre, chaque jambe ayant une fonc tion particulière, la droite l'initiative motrice, la gauche stabilisant le corps (1). Il y a donc deux sortes de réussites, ljme fortuite, l'autre résultant d'un progrès de la conscience corporelle, la réussite fortuite ayant tendance à diminuer dans la période du miroir (2). Tableau des mouvements subjectifs des jambes pour l'ensemble des enfants Groupe 1 : 89 enfants de 2)11 à 4;7 Groupe 2 : 99 enfants de 4;8 à 6 a b c d a b c d Miroir % 41 40 47 86 Miroir % 65 58 70 63 Répétition. % 59 63 57 Répétition % 50 29 47 Réussite % 40 25 23 20 Réussite % 30 21 17 14 Groupe 3 : 52 enfants de 6)5 à 7 ;5 Groupe 4 : 60 enfants de 7;6 à 8;5 a b c d a b c d Miroir % 57 57 73 75 Miroir % 70 71 83 86 Répétition % 34 21 19 Répétition % 11 11 5 Réussite % 11 7 5 5 Réussite % 18 11 8 5 Groupe 5 : 56 enfants de plus de 9 ans a b c d Miroir % 41 51 35 32 Réussite % 55 46 62 63 La comparaison entre les enfants qui alternent le lever des deux jambes, soit en miroir, soit par réussite, celle-ci pouvant être due au hasard de la jambe levée la première ; et ceux qui répètent le lever de la même jambe, montre que les deux cas peuvent entre-mêler leurs effets. Mais certains font indiscutablement de la vraie persévération, c'est-à-dire qu'ils lèvent quatre fois de suite la même jambe, d'autres font conjointement alternance et N° i, (1)1958, Equilibre Henri statique, Wallon, équilibre Eugénie en Evart mouvement, Chmelniski double Rachel latéralisation Sauterey. in Enfance, (2) Notre travail étant déjà élaboré, nous avons pris connaissance des recherches faites par Mme Spionek de Varsovie sur les façons différentes suivant l'âge de réagir à une consigne motrice qui met en cause la distinction de la droite et de la gauche. Les enfants les plus jeunes réagissent en miroir, ensuite c'est l'alternance qui entre en jeu donnant une réussite ou un échec suivant que le premier geste initié répond à une latéra lisation correcte ou non. Enfin, l'enfant a pris conscience de la droite et de la gauche sans référence mutuelle et devient capable de se corriger si par hasard il a commencé par une erreur. H. WALLON et L. LURÇAT 8 répétition. L'alternance progresse avec l'âge, la persévération se maintient ou régresse, ainsi que la répétition partielle. L'alternance peut être du même niveau que le miroir, elle peut aussi être détachée du modèle, c'est alors une succession proche du rythme physiologique. La persévération est liée à l'équi libre de la marche. L'alternance et la répétition qui vont de pair se font le plus souvent de la façon suivante : l'enfant lève une jambe, puis l'autre, il répète le lever de la seconde jambe, puis il change de nouveau. Il semble qu'il y ait un conflit entre l'équilibre et l'alternance, qui se résoud dans le sens de l'alternance. Tableau concernant les six groupes de l'école maternelle Enfants faisant de deux à quatre répétitions de la même jambe. groupes 12 3 4 5 6 % 44 46 50 39 34 28 Enfants faisant quatre répétitions de la même jambe. groupes 12 3 4 5 6 %15 7 5 3 8 Enfants faisant de l'alternance. 6 groupes 1 2 3 4 5 % 20 34 42 52 65 68 Réussite par automatisme et réussite par choix : Ce qui paraît l'emporter, c'est l'alternance, mais ce n'est pas encore l'alternative où il y a un choix à réaliser entre l'un et l'autre côté, ceci démontre les différents niveaux de l'acte. L'alternance est un facteur en rapport avec l'activité que vient de déployer le sujet, c'est le sentiment de la dualité ou du couple qui différencie et qui unit le mouvement des deux côtés du corps. C'est en rapport en partie avec la kinesthésie, en partie avec la forme de l'acte. L'alternance est plus précoce pour les membres infé rieurs où le couple des deux jambes est plus automatique. L'alternance met en jeu la parité et la différence des deux côtés, elle suppose un changement et une ressemblance (exécution d'un côté et de l'autre). L'alternance se rencontre dans l'automatisme (alternance de la marche par exemple), et l'alternative est un acte, c'est un choix entre deux actes. Il peut y avoir à l'origine confusion partielle des deux, par exemple, dans l'a pprentissage du labyrinthe ; si ce n'est pas à droite, c'est à gauche. Mais l'alte rnative se dégage rapidement de la simple alternance, en figurant une double possibilité ou les deux termes d'une même possibilité entre lesquels il est possible de choisir. ESPACE POSTURAL ET ESPACE ENVIRONNANT 9 Commentaires sur les mouvements subjectifs des bras et des jambes : Série 4. — Gestes croisés subjectifs : les miroirs sont très rares chez les jeunes, forte proportion d'homolatéralité alternée de la gauche puis de la droite. L'évolution se fait par une augmentation progressive du pourcentage de miroirs non seulement dans la perspective génétique, mais également dans la succession des actes ; chez les enfants; les plus âgés de l'école maternelle, diminution progressive de l'homolatér alité et augmentation progressive des miroirs dans la succession des quatre gestes. Chez les enfants de l'école primaire, le miroir domine nettement. Série 6. — Gestes des jambes : les réussites sont dues chez les plus jeunes au hasard du lever de la première jambe puis à l'alternance. L'équilibre et l'alternance sont parfois en conflit, l'équilibre tendant à favoriser la répétition du lever de la même jambe, l'alte rnance étant plus proche du mouvement de la marche. Avec l'âge évolution vers le miroir. Le choix de la jambe équilibrante est nettement la gauche chez les droitiers (rôle1 de soutien et de stabilisation du côté gauche). DEUXIÈME SÉRIE : MOUVEMENTS OBJECTIFS 5) Gestes concrets : Pour les gestes concrets, on pourra s'étonner que dans l'une des séries, la série 5, toutes les épreuves sont prescrites pour la main droite. Comme il s'agissait d'actes concrets, nous n'avons pas voulu mettre en conflit, chez la plupart des enfants qui sont droitiers, les habitudes avec les faits d'imitation qui leur sont demandés. Effectivement, il est frappant de voir que, malgré cette supériorité donnée à la main habituellement dominante, les faits de miroir, c'est-à-dire la prédominance du modèle visuel, soient aussi nombreux. Nous assistons à un conflit qui tend à opposer l'image d'tin geste et la sugges tion de l'acte commandé qui se complète et se concrétise dans l'image de sa réalisation totale. L'enfant invité à dire bonjour complète le geste, invité à écrire, il cherche un crayon pour exécuter réellement l'acte. Tableau Réussite et miroir dans la série 5 Groupe 2 : 99 enfants de 4; 8 à 6 Groupe 1 : 89 enfants de 2; 11 à 4;7 à b c d a b c d Réussite % 55 57 64 60 Réussite % 24 27 31 32 Miroir % 31 23 22 16 Miroir % 71 68 64 52 . Groupe 3 : 52 enfants de 6; 5 à 7; 5 Groupe 4 : 60 enfants de 7 ; 6 à 8; 5 a b c d a b c d Réussite % 30 26 28 50 Réussite % 21 23 28 45 Miroir % 67 71 71 46 Miroir % 78-76 71 55 Groupe 5 : 56 enfants de plus de 9 ans a b c d Réussite % 37 35 64 78 Miroir % 66 64 46 21

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Type de la publication : Presse et revues

Thème : Santé et bien-être > Medecine

Nombre de pages : 34

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ENFANCE0

publié par ENFANCE0

le 09/12/2011

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