Le dessin idéographique chez l'enfant normal et chez le déficient intellectuel. - article ; n°3 ; vol.23, pg 397-416

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Enfance - Année 1970 - Volume 23 - Numéro 3 - Pages 397-416
Les résultats de cette expérience inspirée des travaux de Wallon et Lurçat nous ont permis de préciser un certain nombre de points :
1) II semble que les idéogrammes produits par les enfants entre 3 et 4 ans apparaissent essentiellement lors de la copie de modèles où l'aspect morphologique l'emporte sur l'aspect dynamique. De ce point de vue la catégorie des sujets qui nécessitent la représentation du mouvement et de l'attitude (personnages et animaux tels que le cheval au trot de la feuille de Prudhommeau) s'oppose à celle qui englobe les objets et les animaux immobiles et sans attitude marquée (poisson et, dans une mesure moindre, oiseau de la même feuille de Prudhommeau). 2) Parmi les graphiques présentant tous les caractères d'un dessin idéographique, certains permettent la reconnaissance et l'évocation du modèle proposé (véritables idéogrammes) alors que d'autres ne le permettent pas (pseudo-idéogrammes). Or si l'on considère l'ensemble de ces graphismes ayant une structure formelle d'idéogrammes on vérifie : que les enfants normaux de 4 à 7 ans font plus de vrais idéogrammes que les enfants de 3 à 4 ans et que les déficients intellectuels ; qu'il n'y a pas de différence significative entre le groupe d'enfants de 3 à 4 ans et celui des arriérés. Les résultats obtenus à l'épreuve d'évocation semblent indiquer que ces faits sont à mettre en rapport avec des carences de la fonction sémiotique.
3) L'analyse qualitative a montré que l'on ne peut identifier purement et simplement les idéogrammes obtenus par dégradation à deux produits immédiatement et que la détérioration est donc autre chose qu'une genèse inversée ; elle a montré également que s'il y a bien ressemblance entre les idéogrammes des enfants déficients intellectuels et ceux des enfants normaux, il n'y a pas identité stricte dans la mesure en particulier où ces derniers présentent seuls une catégorie d' idéogrammes consistant à utiliser la partie pour représenter le tout du modèle à copier et un mode de combinaison des « graphèmes » qui s'apparente à « l'agrégat logique ».
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1970
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André Guillain
C. Charpentier
R. Durand
Le dessin idéographique chez l'enfant normal et chez le
déficient intellectuel.
In: Enfance. Tome 23 n°3-5, 1970. pp. 397-416.
Résumé
Les résultats de cette expérience inspirée des travaux de Wallon et Lurçat nous ont permis de préciser un certain nombre de
points :
1) II semble que les idéogrammes produits par les enfants entre 3 et 4 ans apparaissent essentiellement lors de la copie de
modèles où l'aspect morphologique l'emporte sur l'aspect dynamique. De ce point de vue la catégorie des sujets qui nécessitent
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Prudhommeau) s'oppose à celle qui englobe les objets et les animaux immobiles et sans attitude marquée (poisson et, dans une
mesure moindre, oiseau de la même feuille de Prudhommeau). 2) Parmi les graphiques présentant tous les caractères d'un
dessin idéographique, certains permettent la reconnaissance et l'évocation du modèle proposé (véritables idéogrammes) alors
que d'autres ne le permettent pas (pseudo-idéogrammes). Or si l'on considère l'ensemble de ces graphismes ayant une structure
formelle d'idéogrammes on vérifie : que les enfants normaux de 4 à 7 ans font plus de vrais idéogrammes que les enfants de 3 à
4 ans et que les déficients intellectuels ; qu'il n'y a pas de différence significative entre le groupe d'enfants de 3 à 4 ans et celui
des arriérés. Les résultats obtenus à l'épreuve d'évocation semblent indiquer que ces faits sont à mettre en rapport avec des
carences de la fonction sémiotique.
3) L'analyse qualitative a montré que l'on ne peut identifier purement et simplement les idéogrammes obtenus par dégradation à
deux produits immédiatement et que la détérioration est donc autre chose qu'une genèse inversée ; elle a montré également que
s'il y a bien ressemblance entre les idéogrammes des enfants déficients intellectuels et ceux des enfants normaux, il n'y a pas
identité stricte dans la mesure en particulier où ces derniers présentent seuls une catégorie d' idéogrammes consistant à utiliser
la partie pour représenter le tout du modèle à copier et un mode de combinaison des « graphèmes » qui s'apparente à « l'agrégat
logique ».
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Guillain André, Charpentier C., Durand R. Le dessin idéographique chez l'enfant normal et chez le déficient intellectuel. In:
Enfance. Tome 23 n°3-5, 1970. pp. 397-416.
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